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  • il y a 5 jours
Nous avons suivi SOS Racisme pour des tests d'accès aux plages privées et aux discothèques du sud de la France. Une plage sur six et un club sur trois discriminent les clients racisés. L'association va déposer des plaintes pour chaque discrimination constatée sur le terrain. Les gérants de ces établissements risquent trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amendes.

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Transcription
00:02Ces personnes viennent de se prendre une porte en boîte de nuit parce qu'elles sont noires.
00:06Nous avons suivi SOS Racisme dans leurs tests pour évaluer la discrimination à l'entrée des boîtes.
00:12Ok, il est 1h42, on est à Nice, on va tester le *** avec Grégory, Caritza et Califra.
00:19Mais aussi des plages privées à Nice et Antibes.
00:21Plages toutes noires, Califra, Alexandre.
00:24Et les résultats de ces tests sont sans appel.
00:26Moi je me suis rendu à une plage où on a eu un monsieur qui était vraiment désagréable avec nous
00:30et qui nous a fait ressentir qu'on n'était vraiment pas les bienvenus.
00:32On n'a éprouvé aucune difficulté, on a toujours été reçus dans les établissements qu'on a testés en tant
00:37que groupe blanc.
00:38Il a directement fermé la porte et puis on est tout simplement reparti.
00:43À Antibes, il y a des plages.
00:44Et il y a ces plages, séparées des autres par une clôture.
00:48Y louer un transat à la journée coûte cher.
00:50Qu'est-ce que vous pourriez savoir le prix ?
00:51C'est 45 euros le bac là.
00:53Par personne donc après, ça fait 97.
00:54Et leur accès est parfois refusé aux personnes racisées.
00:57C'est en tout cas ce qu'a démontré SOS Racisme.
01:00Leur méthode est simple.
01:01D'abord, un couple de testeurs identifiés comme noirs se présentent à un établissement
01:05et demandent des transats en première ligne, c'est-à-dire au plus près de la mer.
01:12Puis, un couple identifié comme arabe se présente au même établissement avec la même demande.
01:20Si la plage refuse l'accès à un des deux premiers couples,
01:23un couple identifié comme blanc est envoyé en dernier avec la même demande
01:27pour voir s'il est reçu de la même manière.
01:29Pour le France, vous aviez des places pour des transats au premier rang ?
01:34Tout est filmé en caméra cachée par les testeurs.
01:36Et des observateurs sont postés à proximité pour veiller au bon déroulement du test.
01:40La méthode du texting, notamment dans les boîtes de nuit,
01:43ça a été reconnu comme une preuve recevable devant les juridictions
01:46par la cour de cassation en 2002.
01:48Les trois couples sont également habillés de façon similaire.
01:51Ils ne peuvent pas nous sortir l'alibi de là c'est les chaussures qui ne vont pas ou c
01:54'est le short.
01:55C'est vraiment un uniformisme des tenues, que ce soit pour les jeunes femmes ou pour les jeunes hommes.
02:00Et que derrière, ce ne soit vraiment que le critère racial et ethnique qui rentre en compte.
02:05Sur sept établissements testés à Antibes,
02:07un a refusé les transats aux couples perçus comme noirs.
02:10Puis aux couples perçus comme arabes.
02:12Alors qu'il les a donnés aux couples perçus comme blancs.
02:15On m'a demandé s'il y avait une place en premier rang.
02:17On nous a dit que non.
02:19On ne nous a même pas proposé de place en second et deuxième rang.
02:21Non, après, c'est le premier rang, on l'a fait.
02:24Merci, merci.
02:25On a à peine dit au revoir et on est parti.
02:27Ça a été la même expérience pour les personnes noires.
02:29On a trouvé un groupe de place au restaurant pour un temps de temps à te faire un à boire.
02:34Et le groupe de personnes blanches, on s'est adressé à eux directement.
02:37On leur a demandé où est-ce qu'ils voulaient être placés.
02:39Alors au premier rang, non, mais j'ai de la place en plage.
02:42C'est-à-dire ?
02:43J'ai de la place en troisième ligne sur le sable.
02:45Il y avait des places qui étaient disponibles pour le groupe blanc,
02:47alors que pour les groupes noirs et arabes, on ne nous a pas proposé de place.
02:50J'ai une annulation en première ligne.
02:52Ah d'accord.
02:52Les transats, ils sont à 50 euros pour la journée.
02:54Les mêmes plages avaient été testées la veille
02:57et deux avaient alors refusé l'accès à l'un des deux couples racisés.
03:04Le soir venu, les testeurs troquent leurs claquettes contre des tenues de soirée.
03:08Une robe noire toute simple, en talons, pour pas qu'on puisse nous refuser
03:12parce qu'on n'a pas de chaussures à talons, on est en basket.
03:15Donc voilà.
03:17Et là, l'idée, ça va être de faire deux hommes et une femme.
03:20Grégory et...
03:21Sortez les flashs !
03:22On va commencer les testings des boîtes de nuit.
03:25Sur la boîte 4 et 5, il y a Grégory, Khalifa et Karidja.
03:29En arabe, il y a Mohamed, Ismaël et Maria.
03:31En blanc, il y a Raphaël, Laurie, Clémentine.
03:33Juste sur le rôle d'observateur, je trouve que c'est important vraiment,
03:35ce qui est important de noter aussi, c'est est-ce que, par exemple,
03:38vous voyez d'autres personnes arabes, noires, qui se font sortir ?
03:42En tout, dans la nuit, un bar d'encens et quatre discothèques vont être testées à Nice,
03:46avec toujours la même méthode.
03:48Lorsqu'on est arrivés, alors la vitre a été teintée, du coup,
03:52je crois que le videur, un homme en tout cas,
03:55a directement ouvert la porte dès qu'il nous a vus
03:56et il nous a dit directement que ce qu'on voulait,
04:00on lui a dit, bah oui, non, vous voulez entrer, etc.
04:01Il nous a dit que ce n'était pas possible, uniquement sous réservation.
04:08Le videur nous a regardés et tout de suite nous a dit que ça n'allait pas être possible.
04:15Il a refermé la porte sur nous et après, dès qu'on est partis,
04:18il a réouvert la porte pour faire rentrer d'autres personnes.
04:21Et donc le groupe blanc, donc le groupe contrôle, qui est passé juste après nous,
04:25eux ont pu rentrer.
04:26Vous pouvez les entrer à 4 euros avec un chômage.
04:29Ok, ça marche.
04:32Super, merci beaucoup.
04:34Nous, on a été acceptés, sans problème.
04:37Et notre ami du groupe blanc est allé à l'intérieur
04:41pour savoir si c'était vraiment vide.
04:44Dans une autre boîte testée, la discrimination se fait dans les prix pratiqués.
04:48On nous a parlé de 200 euros.
04:52Si on prend une table, c'est oui, sinon c'est pas possible.
04:56C'est combien la table ?
04:58200 euros pour une table.
04:59Alors que pour le groupe blanc, on était plutôt autour de 15 euros.
05:04Qu'est-ce que c'est bon ?
05:0515, avec un poids de temps.
05:06Même pour avoir accès à une boîte de nuit seulement pour s'amuser,
05:09on subit de la discrimination sans même s'en rendre compte.
05:11Au cours de la soirée, les groupes noirs et arabes remarquent aussi des différences
05:14dans la manière dont le videur s'adresse à eux.
05:16Certains militants ont même essuyé des remarques fondées sur des préjugés racistes.
05:20Quand on est arrivé, le vigile, encore une fois, a regardé mon collègue garçon et moi
05:26et nous a dit de manière assez agressive qu'il fallait que, je cite,
05:30on reste tranquille, qu'on ne fasse pas de vagues et qu'on reste à notre place.
05:34Merci beaucoup déjà à toute l'équipe d'avoir pu finaliser les testings.
05:38Dès demain matin, on ira au commissariat pour présenter les faits.
05:42Donc il y a plusieurs personnes, et notamment des Noirs et des Arabes,
05:46qui ont été discriminés par rapport à des personnes blanches
05:48dans l'accès à un service, alors qu'on a demandé la même chose à la base.
05:52SOS Racisme déposera des plaintes pour chaque discrimination constatée sur le terrain.
05:56Les gérants risquent 3 ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende.
06:00Mais dans les faits, les condamnations sont rares.
06:02Il y a moins de 3 condamnations pour discrimination chaque année en France.
06:07Le week-end dernier, les mêmes tests ont été effectués dans deux autres villes,
06:11à Montpellier et Marseille.
06:12Sur les 3 secteurs, plus d'une plage sur 6 a pratiqué une discrimination.
06:16Pour les boîtes, c'est même 1 test sur 3 qui a mis en avant une discrimination.
06:20SOS Racisme demande des réponses concrètes de la part de l'État.
06:24De la même manière qu'on peut tester, par exemple,
06:26des établissements de restauration, etc., sur la question d'hygiène et compagnie,
06:30qu'aujourd'hui aussi, il y a une action de l'État concrète
06:32sur la question du contrôle de ces pratiques discriminatoires ou non.
06:36Parce qu'il y a une réelasticité aujourd'hui,
06:38à ce que les choses changent, évidemment,
06:40alors que tout nous laisse penser et tout nous laisse croire
06:42que tout l'inverse est en train de se produire.
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