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  • il y a 14 minutes
Les plages privées et les boîtes de nuit accueillent-elles vraiment tous les clients de la même manière ? SOS Racisme affirme avoir mis en évidence plusieurs discriminations lors d'une campagne de testings menée à Montpellier, Marseille, Nice, Antibes, Palavas-les-Flots, La Grande-Motte et Aix-en-Provence. Focus sur la méthodologie de l'association, les résultats de cette enquête, un dépôt de plainte à Montpellier et ce que prévoit la loi en matière de discrimination.

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00:00Discrimination sur la plage ou en boîte de nuit, SOS Racisme dévoile une nouvelle enquête choc dans le sud de
00:05la France.
00:11Chaque été, des milliers de personnes affluent vers les plages privées et les boîtes de nuit du littoral méditerranéen.
00:16Mais tout le monde est-il accueilli de la même manière ?
00:19C'est ce qu'a voulu vérifier SOS Racisme en menant une vaste campagne de tests durant l'été 2026.
00:24Au total, 40 établissements ont été mis à l'épreuve, notamment à Montpellier, Marseille et Nice.
00:29Selon l'association, ces opérations ont mis en évidence plusieurs cas de discrimination fondés sur l'origine supposée des personnes.
00:35Pour saisir tout l'enjeu de cette enquête, il faut d'abord comprendre comment sont réalisés ces tests.
00:39Le principe est simple. Plusieurs groupes de personnes se présentent successivement dans un même établissement.
00:44La seule différence entre eux est leur origine supposée.
00:47Le reste est identique. Leur tenue, le nombre de personnes ou même la demande formulée auprès de l'établissement.
00:52On est donc trois groupes. Un groupe, d'ailleurs dans lequel je fais partie, qui va être typé plutôt arabe,
00:57maghrébin.
00:58Un deuxième groupe noir d'Afrique subsaharienne ou que sais-je.
01:01Et un troisième groupe, qu'on appellera le groupe test, qu'on envoie en dernier, qui est donc le groupe
01:06blanc.
01:06Et qui va venir confirmer ou pas s'il y a discrimination.
01:10Et puis il y a un dress code. L'objectif c'est de faire en sorte qu'il n'y
01:12ait pas de différence trop grande.
01:13Donc l'objectif c'est d'avoir une méthodologie la plus rigoureuse possible.
01:17Le test est filmé et à l'issue de chaque opération, SOS Racisme l'évalue.
01:21Pour garantir l'objectivité de l'enquête, SOS Racisme écarte les établissements réellement complets
01:26et les cas où les conditions d'accueil ont varié entre deux passages.
01:29Résultat, parmi les 24 tests jugés exploitables réalisés dans les plages privées,
01:334 ont révélé un cas de discrimination.
01:36Autrement dit, selon SOS Racisme, près d'une plage sur six testée a présenté une différence de traitement.
01:41Du côté des boîtes de nuit, 4 discriminations ont été relevées parmi 13 tests exploitables.
01:46Soit près d'un test sur trois.
01:48Mais les discriminations prennent plusieurs formes.
01:50Si certains se voient opposer un refus pur et simple, d'autres subissent un traitement différencié.
01:55Entrée plus chère, consommation obligatoire ou remarque fondée sur des préjugés.
01:5915, avec la moisson.
02:0115 euros pour l'entrée ?
02:02Merci !
02:04Si on prend une table, c'est plus, sinon c'est pas possible.
02:07Ça veut dire que c'est pas possible pour une entrée sans plus.
02:10200 euros pour une table ?
02:13Par exemple, dans une boîte de nuit à Nice, toujours, il y a le groupe arabe.
02:18On le laisse entrer, mais on lui dit « pas de bagarre ce soir ».
02:21Qu'est-ce que ça veut dire ?
02:23C'est des gens qui ne sont jamais venus dans cette boîte de nuit.
02:25C'est des militants de SOS Racisme.
02:27Ils ne sont jamais venus.
02:28Pourquoi on leur dit à eux « pas de bagarre ce soir »
02:30si ce n'est que l'on présume que des personnes d'origine maghrébine
02:34sont plus susceptibles de provoquer des bagarres que d'autres ?
02:39Et si c'est ce que vous pensez des personnes d'origine maghrébine,
02:43évidemment que vous allez être plus réticents à les laisser entrer dans votre boîte de nuit.
02:47Pour autant, le cas décrit à l'instant par Dominique Sopo
02:49n'a pas été comptabilisé comme une discrimination
02:51parce que tous les groupes ont finalement pu entrer.
02:54L'enquête de SOS Racisme expose par ailleurs une toute autre facette des discriminations,
02:58la dimension judiciaire.
03:00Victime de discrimination à l'entrée d'une boîte de nuit du centre de Montpellier,
03:04deux membres de SOS Racisme décident d'aller porter plainte.
03:07Mais au commissariat, la scène prend une autre tournure.
03:09Dans un enregistrement que nous nous sommes procurés,
03:12les policiers multiplient les arguments pour les décourager.
03:14Selon les agents, sans insultes racistes explicites,
03:17impossible de caractériser l'infraction.
03:31En fait, le traitement, il est très choquant,
03:38et dans la piste audio, on l'entend.
03:40En fait, dès les premières secondes, c'est quasiment non.
03:43En fait, si on remet en cause ce que vous pensez,
03:46et surtout, on fait tout pour vous dissuader de porter plainte.
03:49Alors, c'est important pour ceux qui nous écoutent,
03:50parce que c'est interdit de ne pas prendre de plainte.
03:52Notamment, il me semble qu'à un moment donné,
03:54il y a même le policier qui dit,
03:55vous me discriminez parce que je suis policier.
03:58Parce que là, vous me discriminez, moi.
03:59Après, à un moment donné, il faut arrêter.
04:00Non, mais franchement, en sérieux.
04:01Vous me discriminez parce que je suis policier,
04:02parce que si je vous dis sur le code pénal
04:04que discrimination, ça ne ressort pas,
04:06je ne pourrai pas prendre la plainte.
04:07C'est incroyable l'inversion qui est faite du stigmate, en fait.
04:12Vous me discriminez parce qu'il est policier,
04:14alors qu'en fait, on a le malheur d'insister pour que notre plainte passe.
04:19Mais on est militant.
04:20En fait, on sait ce que l'on fait.
04:21On sait pourquoi on va approfondir.
04:23Mais un individu lambda ne fait pas ça.
04:26Et c'est aussi la raison pour laquelle
04:27beaucoup de gens qui vivent ce que l'on vit
04:28ne vont pas porter plainte.
04:30Si la plainte a finalement été prise en compte,
04:32cet échange met en lumière, selon SOS Racisme,
04:34les obstacles lors des dépôts de plainte pour discrimination.
04:37En droit français, un lieu privé qui accueille du public
04:39n'a pas le droit de trier ses clients comme il le veut.
04:42La seule exception, c'est s'il a un motif valable.
04:44Une salle déjà pleine, une personne alcoolisée,
04:47violente ou qui ne respecte pas les consignes d'accès.
04:50S'en servir comme prétexte pour écarter certains clients
04:52en raison de leur origine
04:53est une discrimination clairement sanctionnée par le code pénal.
04:57Il y a plein de lieux, notamment les boîtes de nuit,
04:59qui se sont historiquement arrogés un droit
05:02de sélectionner leur clientèle.
05:04Quand on regarde le nombre de condamnations tous les ans
05:06en France par la justice pénale en matière de discrimination raciale,
05:11c'est entre 0 et 10 sur toute la France.
05:13Donc ça veut dire qu'on a un droit antidiscrimination,
05:16mais qu'en réalité, il est très très peu appliqué,
05:19il est méconnu.
05:20Il y a une forme de refus de fait de l'appliquer pleinement
05:23et c'est pour ça qu'on interpelle les pouvoirs publics.
05:26Aimer la France, c'est aimer la devise de la République,
05:29c'est aimer la liberté, c'est aimer l'égalité,
05:32c'est aimer la fraternité.
05:33Et c'est de se battre pour que l'égalité, chaque jour,
05:35elle soit un peu plus effective.

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