00:00Messieurs, il nous reste 5 minutes à partager ensemble.
00:02J'aimerais qu'on parle du budget, du budget 2027 qui s'annonce.
00:05On en a parlé tout à l'heure avec la sénatrice.
00:08Je disais, budget de tous les défis, budget de tous les enjeux.
00:11Est-ce que vous partagez mon diagnostic ?
00:13Tiens justement, Georges Fenech.
00:15Moi, je ne me fais aucune illusion.
00:17Alors là, je ne vois pas comment, avec l'état de nos finances,
00:21l'état du chômage aussi qui est en train de remonter.
00:26Les défaillances d'entreprises.
00:27Les défaillances d'entreprises, vous avez raison, qui s'enregistrent tous les jours.
00:31Notre agriculture qui va très très mal.
00:34Je ne vois pas comment on pourra présenter un budget à nouveau en équilibre.
00:40Et commencer à...
00:40En équilibre, là, on est loin du...
00:41Non, je veux dire, voilà.
00:43Au moins, en tout cas, un déséquilibre qui ne soit pas catastrophique comme les précédents.
00:48Non, je ne sais pas, malheureusement,
00:50enfin, ma conviction, c'est qu'on pourra retrouver peut-être un oxygène budgétaire.
00:57À condition qu'il y ait une majorité, qu'il y ait une volonté politique,
01:01qu'il y ait un nouveau président, qu'il y ait...
01:03Ça fait beaucoup de si, hein ?
01:05De toute façon, il y aura un nouveau président.
01:06Vincent Roi.
01:06Il faut l'espérer.
01:07Ah bah oui, je vous laisse la parole.
01:08Ça fait une bonne certitude.
01:10Vincent Roi.
01:11Non, il y aura un nouveau président.
01:12Alors, après toute la question, et Georges a bien pointé le problème,
01:17toute la question, c'est la question de la majorité.
01:19Parce qu'on peut très bien avoir un nouveau président,
01:21et continuer de ne pas avoir de majorité.
01:24Même après d'éventuelles nouvelles élections législatives,
01:26qui sont probables, qui ne sont pas obligatoires.
01:29On ne sait pas encore s'il y aura automatiquement des législatives.
01:32C'est quand même probable.
01:34C'est la coutume.
01:34C'est la coutume.
01:36Et on ne sait pas si, effectivement, on pourrait avoir une majorité.
01:40Parce que toute la difficulté de la Ve République, c'est que,
01:43quand il n'y a pas de majorité, ça bloque, ça grippe, ça.
01:46Ce n'est pas fait pour, quoi.
01:47La Ve, elle est faite pour un président qui a une majorité,
01:52et qui, par conséquent, peut prendre un certain nombre de mesures.
01:55Vous avez vu que là, tout était bloqué.
01:56Ça fait des mois et des mois qu'il n'y a plus que des mesurettes qui sont prises,
02:00que des ordonnances qui sont prises.
02:02Il y a des choses, mais c'est à la marge.
02:05Vous avez bien vu qu'on n'avait pas changé les rayures du zèbre.
02:08Donc, par conséquent, on peut se dire,
02:11au léqueur, on va avoir un nouveau président,
02:14il aura une majorité, et auquel cas,
02:17alors les difficultés financières seront les mêmes,
02:19mais il y aura beaucoup plus de facilité à faire passer un budget.
02:22On fera, surtout qu'il faudra faire des réformes structurelles.
02:25Parce qu'il va accueillir, ce nouveau président,
02:283600 milliards d'euros de dette.
02:29Donc, il faut faire la réforme de l'État,
02:32évidemment, lutter contre ce qui nous coûte
02:34beaucoup, beaucoup d'argent,
02:35notamment, je pense aussi à l'immigration.
02:37Ah !
02:38Eh oui, ben oui !
02:39Il va falloir la chiffrer !
02:40Eh ben oui, voilà !
02:42Et donc, tant qu'on n'aura pas des réformes de structure,
02:44avec des suppressions de toutes ces agences
02:47qui nous coûtent très cher,
02:49ces doublons entre le département,
02:51les intercommunalités,
02:53enfin, on voit bien que nous sommes
02:54dans un fonctionnement aujourd'hui étatique,
02:57et d'une manière générale,
02:59dans toutes nos administrations,
03:00on est bloqués, quoi !
03:02Oui, ah ben, totalement !
03:03Et puis, on laisse rentrer 500 000 personnes
03:05dans notre pays par an,
03:07est-ce que ça va continuer ?
03:09C'est une question que les Français
03:11sont en droit de se poser.
03:13Et avec des services publics qui ne fonctionnent pas,
03:14que ce soit la santé, l'éducation nationale,
03:17la justice, voilà !
03:19Donc, il y a tout à renverser, quoi !
03:21Si on veut avoir un budget,
03:23un budget qui soit un budget
03:25qui redresse la France,
03:26il faut qu'il y ait un budget de courage,
03:29peut-être aussi de quelques restrictions
03:31et quelques sacrifices,
03:33parce qu'il faudra en faire,
03:34et puis être capable de faire cette réforme des retraites,
03:37sans quoi on ne se sentira jamais !
03:38Ah ben ça, on est bien d'accord !
03:39C'est facile à dire de là où on est aussi, Jean-Chané !
03:41Mais il faut avoir le courage à un moment,
03:42bien sûr que c'est facile !
03:44On n'élit pas des politiques pour faire des politiques faciles !
03:46On leur demande de redresser le pays !
03:48C'est ce qu'a proposé Philippe Juvin ce matin même !
03:51Exactement, je l'ai écouté !
03:52Un amendement sur l'amendement
03:55qui a mis à l'arrêt la réforme des retraites !
03:57Absolument, tout à fait !
03:58Et ça, c'est la mère des batailles, les retraites !
04:01La priorité des priorités pour vous, Vincent Roy !
04:03Et il y a aussi une chose qu'il ne faut pas oublier
04:08en 2027,
04:09dans l'année qui s'annonce,
04:10c'est que, Français, encore un effort de plus,
04:13vous allez devoir vous déterminer
04:15est-ce que vous voulez renverser la table ?
04:17Constatez-vous, comme nous,
04:19que dans un certain nombre de domaines,
04:20plus rien ne va !
04:21Eh bien, si vous pensez que plus rien ne va,
04:23eh bien alors il faut renverser la table !
04:25Avant que les politiques ne renversent la table
04:28et qu'ils soient courageux, etc.,
04:29encore faut-il qu'ils soient élus
04:31et que les Français leur donnent leur suffrage !
04:34Donc si les Français veulent que ça change
04:36parce qu'ils constatent qu'il y a beaucoup de choses qui ne vont pas,
04:37eh bien, c'est dans les urnes que ça se passe !
04:40– Oui, je crois que c'est dans les urnes !
04:42– Bien sûr, on est en démocratie !
04:43– Oui, non mais je vous dis ça parce qu'ils ont quand même élu deux fois Emmanuel Macron !
04:46– Oui !
04:47– Bon, entre le 1er et le 2e septennat,
04:49les choses ne se sont pas arrangées !
04:51Donc, après le 1er septennat, ça veut dire que,
04:53moi je regarde les chiffres,
04:54ça veut dire qu'ils n'ont peut-être pas totalement compris
04:56où ça allait aller !
04:57Aujourd'hui, voilà, on est à 3600 milliards d'euros de dette publique !
05:02Voilà, c'est aussi ça la réalité !
05:05– Et les intérêts de la dette qui sont le premier poste budgétaire aujourd'hui
05:08ou qui sont sur le point de le devenir,
05:09quelques 100 milliards, c'est plus que l'éducation,
05:12c'est plus que tout le reste,
05:13ça fait une feuille de route sacrément complexe !
05:15– Et comme disait Lacan, la réalité c'est quand on se cogne !
05:18Eh bien là, on se cogne !
05:19Donc il faut réagir !
05:20– Ah oui, ou alors on va se retrouver sous la tutelle
05:23des instances internationales,
05:24des FMI et de la Banque Centrale !
05:26– Les Français, on l'écarte en main !
05:28– La feuille de route de Georges Fenech et Vincent Roy
05:31pour le Président qui sera élu dans neuf mois maintenant.
05:34Merci à vous messieurs d'avoir été avec nous.
05:36Georges Fenech, ancien magistrat, Vincent Roy,
05:38écrivain et consultant pour CNews et Europe.
05:41– Sous-titrage Société Radio-Canada
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