- il y a 5 semaines
Entre 1980 et 1983, quatre cadavres de femmes dénudés sont retrouvés à proximité de la RN20, qui relie Paris à la frontière espagnole. Pour la brigade criminelle de Versailles, un seul et même tueur est responsable. Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties. Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau, Victor Beaunoir et Damien Delseny - Production : Barbara Gouy, Clara Garnier-Amouroux, Thibault Lambert et Marin Guillon Verne - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network.
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NewsTranscription
00:01Bonjour, je suis Claudia Prolongeau et vous écoutez Crime Story, le podcast fait divers du Parisien.
00:07Un jeune garçon de 10 ans a été tué par balle.
00:10Des aveux, 33 ans après.
00:12Son corps a été retrouvé un mois plus tard.
00:15Des hommes cagoulés ont tiré sur les mariés.
00:17Chaque semaine, je vous raconte une grande affaire criminelle avec le chef du service polyjustice du Parisien, Damien Delsenis.
00:31Bonjour, Damien.
00:32Bonjour, Claudia.
00:33Aujourd'hui dans Crime Story, le mystère des meurtres de la RN20.
00:37Entre 1980 et 1983, une portion de cette route qui relie Paris à Orléans devient un cimetière de jeunes femmes
00:45blondes.
00:46Plusieurs cadavres de femmes sont découverts.
00:48Les enquêteurs de la brigade criminelle de Versailles sont convaincus qu'un seul et même tueur est derrière tous ces
00:54meurtres.
00:57Le mardi 11 mars 1980, au petit matin, Martin, un chauffeur routier, quitte Paris en direction d'Orléans.
01:04Il emprunte la RN20, une route nationale qui relie la capitale à la frontière franco-espagnole,
01:10en passant par Orléans, Limoges, Toulouse et Foix.
01:13Après avoir roulé plusieurs dizaines de minutes, il décide de faire une pause pour soulager une envie pressante.
01:19À 8 kilomètres des Tempes, une commune de l'Essonne en Ile-de-France,
01:22il remarque une petite aire de repos aménagée autour d'un château d'eau abandonné.
01:27La peinture de l'édifice s'écaille et la rouille se développe autour des barres de fer qui le traversent.
01:32Martin se gare, descend de son camion et s'avance vers le château d'eau.
01:37À l'intérieur du château d'eau, il aperçoit une forme qui se balance,
01:41mais l'obscurité ne lui permet pas tout de suite de voir ce que c'est.
01:44En s'approchant encore, il a une vision d'horreur.
01:47Cette forme est en fait le corps d'une femme totalement nue, pendue par un nœud coulant,
01:53à une sorte de piton métallique traversant la paroi.
01:56En s'approchant d'un peu plus près, Martin réalise que la femme est en fait plutôt une adolescente.
02:02Elle a les cheveux blonds, longs et bouclés, les yeux bleus, aucun bijou et aucun vêtement donc.
02:09Le routier repère cependant une chaussette bleue par terre, à quelques mètres d'elle,
02:13et se dit qu'elle lui appartient sans doute.
02:16C'est la brigade criminelle de Versailles qui arrive en premier sur les lieux.
02:19Face à ce tableau sordide, les policiers restent sans voix.
02:23Ils ne savent absolument pas ce qu'il faut comprendre de cette mise en scène abominable.
02:28Est-ce une vengeance ? Un jeu macabre ? Un message codé ?
02:32Les enquêteurs vont même jusqu'à se demander si l'endroit n'a pas été choisi pour son nom.
02:37Il est situé pile entre deux lieux dits, Mont-Désir et Ville Sauvage.
02:42Le corps de la jeune fille est envoyé dans un laboratoire pour une autopsie.
02:46Elle mesure 1,52 m et pèse 48 kg.
02:50Des traces de sperme sur son ventre et sur le haut de son corps sont prélevées.
02:53Il est certain qu'elle est morte étranglée,
02:56mais on n'arrive pas à déterminer si c'est à cause de la corde serrée autour de son cou
03:00ou si quelqu'un l'a étranglée avant de l'accrocher.
03:04Les analystes toxicologiques révèlent que la jeune femme a consommé de l'héroïne.
03:08Une habitude, si l'on en croit les marques de piqûres relevées sur ses bras.
03:12Pour tenter de l'identifier, les policiers cherchent à savoir si la disparition d'une jeune fille blonde
03:16a été signalée les jours précédents, la macabre découverte.
03:20Mais ce n'est pas le cas.
03:22Au bout de quelques jours de recherche, ils doivent se rendre à l'évidence.
03:25Pour donner un nom à cette jeune fille, il va falloir user de tous les moyens possibles.
03:31L'émission télévisée Les Dossiers de l'écran offre aux policiers une opportunité de médiatiser l'affaire.
03:36Profitant des fortes audiences de ce programme,
03:39ils leur demandent de diffuser un signalement et un appel à témoignage.
03:42Mais ça ne débouche sur rien.
03:44Les enquêteurs ont alors une autre idée.
03:47Celle de publier dans des revues spécialisées à destination des dentistes
03:50le schéma dentaire de l'adolescente.
03:53Si la denture de la jeune fille présente une particularité,
03:56comme la pose d'une couronne,
03:58un praticien pourra peut-être la reconnaître.
04:00Et ça marche.
04:02Un dentiste de La Rochelle contacte les policiers.
04:04Il connaît cette jeune fille.
04:06Elle s'appelle Michèle Coutura.
04:14Damien, qu'apprennent les enquêteurs à propos de cette jeune fille ?
04:18Que Michèle Coutura avait 17 ans
04:20et qu'un an plus tôt, elle avait fugué de chez elle.
04:24Elle vivait juste à côté de La Rochelle avec ses parents.
04:27En fait, son rêve, c'était de devenir artiste peintre
04:30et de vivre de la vente de ses tableaux.
04:32Lorsqu'elle arrive à Paris,
04:33Michèle Coutura tente de s'en tenir à son plan initial.
04:37Mais rapidement, la vente des tableaux se révèle difficile.
04:40Ce n'est pas assez lucratif.
04:41Et Michèle Coutura se reporte sur différents petits boulots.
04:45Alors, elle est très jeune à ce moment-là.
04:47Elle a quitté le domicile en étant mineure.
04:48Elle a 16 ans.
04:49Elle a évidemment beaucoup de mal à se faire des contacts sur Paris,
04:53du mal à gagner de l'argent.
04:54Elle arrive à peine d'ailleurs à se payer
04:56une petite chambre de bonne dans le sud de Paris.
05:00Donc, la vie est quand même très très vite précaire.
05:04Michèle Coutura fait la rencontre de plusieurs personnes
05:07dans des situations difficiles, elles aussi.
05:09Elle se lie d'amitié avec eux.
05:11Et c'est comme ça que peu à peu,
05:13elle se met à consommer de l'héroïne.
05:14Oui, elle va en quelque sorte se marginaliser.
05:17C'est un peu le début de la descente aux enfers quand même.
05:19La toxicomanie dure, la drogue dure.
05:22Michèle va commencer à se prostituer
05:24pour se procurer de l'argent pour acheter ses doses de drogue.
05:27Alors, elle a encore quelques contacts avec sa famille à ce moment-là
05:30qu'elle va voir de temps en temps.
05:32Et quand elle va les voir, elle fait du stop
05:34pour aller de Paris jusqu'à La Rochelle.
05:36Mais à chaque fois qu'elle est à La Rochelle,
05:38elle finit toujours par revenir vers Paris.
05:40Elle est comme aimantée par la capitale.
05:41jusqu'au mois de mars 1980,
05:44où là, elle va prendre une décision importante.
05:50Au début du mois de mars 1980,
05:53après une année passée à Paris dans ce contexte difficile,
05:56Michèle Coutura se confie à un ami.
05:58Elle a pris une grande décision.
06:00Elle va repartir de zéro
06:01et s'offrir une seconde chance.
06:03Pour cela, elle va rejoindre La Rochelle
06:06et renouer pour de bon avec ses parents.
06:09Le samedi 8 mars 1980,
06:12Michèle Coutura se rend donc porte d'Orléans,
06:14au sud de Paris,
06:15pour trouver une voiture
06:16qui voudra bien l'emmener en stop
06:17en direction de sa ville natale.
06:20Trois jours plus tard,
06:21son corps est retrouvé dans le château d'eau,
06:24au sud des Tempes,
06:25à seulement une soixantaine de kilomètres de Paris.
06:28Après l'avoir identifiée,
06:29les policiers veulent comprendre
06:30ce qui est arrivé à cette jeune fille.
06:32Ils apprennent que Michèle Coutura se prostituait,
06:35essentiellement dans des quartiers du nord-est de Paris,
06:37et suivent une première piste.
06:40Et si, la jeune fille avait été tuée par son proxénète
06:43après lui avoir annoncé qu'elle quittait la capitale,
06:46définitivement.
06:47Mais la mise en scène du meurtre
06:48ne va pas dans le sens de cette hypothèse.
06:51À cette époque,
06:52si un proxénète parisien veut se débarrasser d'une prostituée,
06:54ce qui arrive souvent,
06:55il fait ça d'une balle dans la tête
06:57et abandonne le corps dans le bois de Vincennes
06:59ou dans le bois de Boulogne.
07:01Les enquêteurs de la brigade criminelle de Versailles
07:03laissent finalement tomber cette piste.
07:06Plusieurs semaines passent,
07:07et ils n'avancent pas.
07:09Les recherches effectuées dans la vie personnelle
07:11de Michèle Coutura n'ont mené à rien.
07:13La jeune fille a probablement été assassinée
07:15par un automobiliste
07:16qui l'a récupérée porte d'Orléans,
07:17ou plus loin, sur la RN20.
07:20Une voiture arrêtée au pied du château d'eau,
07:22abandonnée,
07:23a d'ailleurs été aperçue
07:24à peu près au moment du meurtre par un témoin.
07:26Mais si des traces de pneus
07:28semblant appartenir à une Peugeot 504
07:30ont bien été relevées sur les lieux,
07:33impossible d'identifier le véhicule
07:35et de retrouver son propriétaire.
07:37Neuf mois plus tard,
07:38les policiers en sont là
07:39de l'enquête sur la mort de Michèle Coutura
07:41quand un autre événement
07:43vient tout bouleverser.
07:44Le jour de Noël,
07:45le jeudi 25 décembre 1980,
07:48la découverte d'un autre cadavre
07:50est signalée.
07:55Damien, un jeune homme
07:56qui promène son chat,
07:57tombe sur un corps
07:58dissimulé sous une bâche
08:00le long de la RN20.
08:01Ça se passe au lieu dit
08:02Rougemont,
08:03c'est une colline
08:04qui est juste à côté des tempes,
08:06encore une fois.
08:07Le jeune homme en question,
08:08le jeune promeneur,
08:09aperçoit au loin,
08:10derrière des arbres,
08:11une masse de couleur blanche
08:13qui se détache un peu
08:15dans le paysage forestier.
08:16Il est intrigué
08:17par ce qu'il voit,
08:18il s'approche,
08:19il voit la bâche
08:20et il remarque
08:21que de cette bâche
08:22dépasse une tête
08:23et des bras.
08:24Le corps est celui
08:26d'une femme,
08:27petite,
08:28blonde
08:28et avec des yeux bleus.
08:29Les enquêteurs
08:30de la brigade criminelle
08:31de Versailles
08:32sont de nouveau appelés
08:33pour cette nouvelle
08:34découverte macabre.
08:35Quand ils arrivent
08:36sur les lieux,
08:37les yeux de la victime
08:38sont encore grand ouvertes.
08:39Elle est morte
08:40depuis quelques heures à peine
08:42selon les premières analyses
08:43et évidemment,
08:45ils font le rapprochement
08:46quasi immédiat
08:47entre l'affaire
08:48Michel Coutura
08:49et celles qui démarrent
08:50là sous leurs yeux.
08:51Ça leur semble possible
08:53notamment parce que
08:53les deux victimes
08:54se ressemblent
08:55comme deux sœurs.
08:56Surtout,
08:57l'autopsie sur le corps
08:59de la nouvelle victime
09:00révèle qu'elle a été tuée
09:01de la même manière
09:03que Michel Coutura.
09:04Oui,
09:04elle a été tuée
09:05par strangulation,
09:07étranglée,
09:07puis traînée ensuite
09:08sur une trentaine de mètres,
09:10dénudée également
09:11et dépouillée
09:12de toutes ces affaires
09:13qui peuvent permettre
09:14notamment son identification.
09:16on s'imagine
09:17que l'auteur du meurtre
09:19fait ça effectivement
09:19pour retarder
09:20l'identification
09:22de la victime
09:22par la police.
09:24Alors,
09:24la mise en scène
09:24elle est un peu moins,
09:26j'allais dire,
09:27développée
09:28que sur la première scène
09:29de crime
09:30mais peut-être simplement
09:31que le tueur
09:31n'a pas eu le temps
09:32de procéder
09:33à un rituel particulier.
09:37Les policiers
09:38ne disposent pas
09:38des éléments matériels
09:39permettant d'écarter
09:40la possibilité
09:41qu'il y a deux tueurs différents
09:42mais ils ont l'intime conviction
09:44que c'est la même personne
09:46qui a commis ces deux crimes.
09:47Ils sont persuadés aussi
09:49que le temps
09:49qu'ils ont mis
09:50à identifier
09:51Michel Coutura
09:51a été un énorme frein
09:53dans la résolution
09:54de l'enquête
09:55et ils ne veulent pas
09:56revivre cette situation.
09:58Ils décident
09:59de diffuser dans la presse
10:00un portrait dessiné
10:01de la jeune femme
10:02élaboré
10:03à partir des photos
10:04de son cadavre.
10:05Le jeudi 12 mars 1981
10:07les enquêteurs
10:08reçoivent l'appel
10:09d'un patron de bar
10:09qui a reconnu la victime.
10:11C'est selon lui
10:12une femme originaire
10:13des Côtes d'Armor.
10:14Elle s'appelle
10:15Sylvie Le Héloco.
10:16Comme Michel Coutura
10:18Sylvie Le Héloco
10:19entretenait des relations
10:20difficiles avec sa famille.
10:22Deux ans et demi plus tôt
10:23à l'été 1978
10:24elle a perdu sa mère.
10:26Sylvie a alors 19 ans
10:27et elle décide
10:28de quitter
10:29le domicile familial
10:30de Gosson
10:30une commune
10:31à 30 km au sud
10:33de Saint-Brieuc
10:33pour découvrir le pays.
10:35Comme Michel
10:36elle veut s'émanciper.
10:38Sylvie commence
10:39par parcourir
10:39la Bretagne
10:40et la Normandie.
10:41Elle travaille
10:42comme serveuse un temps
10:43puis se rend
10:44dans le nord de la France
10:45avant de redescendre
10:46et de se stabiliser
10:47finalement
10:47à Issy-les-Moulineaux
10:49une banlieue proche
10:50de Paris.
10:51Là
10:51elle trouve un emploi
10:52comme serveuse
10:53et une chambre
10:54chez un homme
10:54qui la fait travailler
10:55comme femme de ménage.
10:56En décembre 1980
10:58alors qu'elle n'a pas
10:59revu sa famille
11:00depuis plusieurs mois
11:01Sylvie décide
11:02de rentrer
11:02à Gosson
11:03pour Noël.
11:04Le matin du 24 décembre
11:05elle se rend
11:06à l'entrée
11:07de l'autoroute
11:07de l'ouest
11:07afin de trouver
11:08un automobiliste
11:09qui voudra bien
11:10la rapprocher
11:11de sa côte d'armor natale.
11:13Des témoins
11:13affirment
11:14l'avoir vu
11:14le pouce levé
11:15le long de la route.
11:17Son corps
11:17est retrouvé
11:18le lendemain.
11:20Comme Michel
11:21Sylvie a été étranglée.
11:23Des traces laissent penser
11:24que ses boucles d'oreilles
11:25ont été arrachées.
11:26Une fois qu'ils en ont appris
11:27plus sur la victime
11:28les policiers commencent
11:30par soupçonner
11:30l'homme qui l'héberge.
11:32Ce breton
11:33âgé d'une quarantaine d'années
11:34est placé en garde à vue.
11:36Il reconnaît tout de suite
11:37avoir pris Sylvie
11:38dans sa voiture
11:39mais il assure
11:40l'avoir déposée
11:40au pont de Saint-Cloud
11:41comme elle le lui avait demandé
11:43avant de rejoindre sa famille
11:44pour le soir de Noël.
11:46Son alibi est vérifié
11:48et il est relâché.
11:49Les policiers usent alors
11:51de diverses techniques
11:51pour appréhender le meurtrier.
11:53Ils effectuent des contrôles
11:54aux portes de Paris
11:55où les victimes ont commencé
11:56leur voyage en stop
11:57dans le but d'obtenir des indices.
12:00Sans succès.
12:01Ils font aussi faire du stop
12:02à des collègues policières
12:03espérant que le tueur
12:05s'intéresse à elles.
12:06Là encore,
12:07en vain.
12:08L'année 1981 s'écoule
12:10sans qu'aucun de ces deux crimes
12:12ne soit résolu.
12:13Mais aussi sans qu'aucun nouveau meurtre
12:15ne soit constaté.
12:17À la brigade criminelle de Versailles,
12:19on se dit que le meurtrier
12:20a peut-être été tué
12:21ou emprisonné.
12:27Damien,
12:28rien ne se passe
12:29pendant un an et demi
12:30jusqu'au jeudi 14 juillet 1982.
12:33Ce jour-là,
12:34un couple de jeunes retraités
12:35qui est parti la veille
12:36en vacances en camping-car
12:38vers le sud-ouest de la France
12:40emprunte la RN20
12:41et ils se réveillent
12:43là où ils se sont arrêtés
12:44pour la nuit,
12:44c'est-à-dire sur un petit chemin
12:46qui se trouve
12:46juste à côté
12:48de l'aérodrome
12:49de Mont-Désir
12:50au sud des Tempes.
12:51Et à quelques kilomètres à peine
12:53du vieux château d'eau
12:54abandonné
12:55où a été retrouvé
12:56le corps de Michel Coutura
12:58deux ans plus tôt.
12:59La femme décide
13:00d'aller se dégourdir les jambes
13:01avant de reprendre la route.
13:03Elle marche sur le chemin
13:04quand son regard
13:05est attiré par une forme
13:07qui semble être cachée
13:08dans un buisson.
13:09Elle s'approche
13:10et fait une découverte
13:12glaçante sous les branches
13:13et dissimule une jeune femme
13:15nue, blonde
13:17avec une bague au doigt.
13:19La brigade criminelle de Versailles
13:20est alertée de cette nouvelle découverte.
13:22Et encore une fois,
13:23la victime ressemble
13:24physiquement
13:25aux deux précédentes.
13:26Elle est morte aussi
13:27par strangulation.
13:28Alors,
13:29il ne semble pas cette fois
13:30qu'elle ait été violée,
13:31mais la position fétale
13:33dans laquelle
13:34elle est retrouvée
13:35laisse penser
13:35qu'elle a peut-être
13:36été déposée
13:37en voiture ici
13:39après un séjour
13:40dans un coffre,
13:40par exemple.
13:41Alors,
13:41est-ce encore
13:42une autostoppeuse
13:43comme les deux premières ?
13:44En tout cas,
13:45pour les enquêteurs,
13:46ça signifie que de manière
13:47presque certaine,
13:48le meurtrier
13:49est le même.
13:50Ils se disent
13:51qu'il faut agir
13:52très vite
13:53avant qu'il ne recommence,
13:54mais l'identification
13:55de la troisième victime
13:57va,
13:57elle aussi,
13:58prendre
13:59beaucoup de temps.
14:01La brigade criminelle
14:02de Versailles
14:03est donc sur la trace
14:04de celui qu'on surnomme
14:05désormais dans les médias
14:06l'étrangleur de la RN20,
14:08le sadique de la RN20
14:10ou le tueur de blonde.
14:12On est en mars 1983.
14:14Les policiers sont encore
14:15en train de chercher
14:16l'identité de la dernière victime.
14:17Ils ont décidé
14:18depuis plusieurs semaines déjà
14:20de se plonger dans les riffs,
14:22ces fiches dites de recherche
14:23dans l'intérêt des familles
14:24consignées dans les commissariats
14:26quand on vient signaler
14:27la disparition
14:28d'une personne majeure.
14:29Ça met du temps,
14:30car à l'époque,
14:31les fichiers ne sont pas
14:32informatisés.
14:33Un policier finit alors
14:34par découvrir
14:35qu'en juillet 1982,
14:37un homme avait déclaré
14:39la disparition de sa femme.
14:40Et il avait précisé
14:42qu'elle portait une bague,
14:43comme la troisième victime
14:44découverte.
14:46Les policiers se rendent
14:47à Paris,
14:48au domicile du mari
14:49ayant déclaré
14:50sa disparition.
14:51Il est concierge,
14:52vit dans une loge
14:53de gardien de 15 mètres carrés
14:54avec son fils de 5 ans.
14:56Et en effet,
14:57il y a 8 mois,
14:58alors qu'il regardait
14:59un match de football
15:00à la télé.
15:01Sa femme est sortie
15:02prendre l'air.
15:03Et elle n'est jamais revenue.
15:07Damien Delceny,
15:08la victime,
15:09la troisième officielle
15:10est donc identifiée.
15:12Elle s'appelle
15:13Christine Devauchel.
15:14Elle avait 27 ans
15:15et comme pour les précédentes
15:17victimes,
15:18les policiers analysent
15:19sa vie,
15:20son entourage.
15:21Alors,
15:21ils apprennent quand même
15:22assez vite
15:22que c'était une relation
15:24assez compliquée
15:25avec son mari,
15:26c'est le moins qu'on puisse dire.
15:27Il était décrit comme
15:28alcoolique et violent.
15:30Et quand les policiers
15:31vont l'interroger
15:31sur les circonstances
15:33de la disparition
15:34de sa femme,
15:35il va finir par reconnaître
15:36que ce soir-là,
15:38ce n'est pas vraiment elle
15:39qui a décidé
15:39de sortir prendre l'air.
15:41mais c'est plutôt lui
15:42qui l'a mise dehors.
15:43Il va donner
15:44comme explication,
15:46tenez-vous bien,
15:47qu'elle n'arrêtait pas
15:48de passer devant la télé
15:50et que ça le gênait.
15:50Les policiers s'en tiennent
15:52à cette explication
15:52du mari dans un premier temps
15:54mais en enquêtant
15:55sur ce meurtre,
15:56un témoignage extérieur
15:57au couple arrive jusqu'à eux
15:59et change la donne.
16:00Ce témoignage,
16:01il provient de l'institutrice
16:03du petit garçon de 5 ans,
16:05du fils du couple
16:06qui va,
16:07cette institutrice,
16:08signaler aux policiers
16:09que cette enquête
16:11a des comportements étranges.
16:13Notamment,
16:14il a déjà plusieurs fois
16:15simulé un auto-étranglement.
16:19Suite à ce témoignage,
16:20la brigade criminelle de Versailles
16:21perquisitionne
16:22le logement du gardien,
16:24le mari de la victime
16:26et décide finalement
16:27de le placer en garde à vue.
16:29Oui,
16:29ils vont découvrir
16:30au cours de cette perquisition
16:31plusieurs coupures de presse
16:33avec des articles
16:34sur le tueur de la RN20.
16:37Alors,
16:37il laisse penser sans doute
16:38que c'est peut-être
16:39cet homme,
16:39ce gardien d'immeuble
16:41qui finalement a tué sa femme
16:42et s'est débarrassé du corps
16:44en s'inspirant
16:45de ce qu'il avait lu
16:46sur le tueur de la RN20,
16:47d'où ses coupures de presse
16:49retrouvées chez lui.
16:50Alors,
16:50en criminalité,
16:51c'est ce qu'on appelle
16:52normalement un copycat,
16:53c'est-à-dire un tueur
16:54qui s'inspire des méthodes
16:56et du mode opératoire
16:57d'un autre
16:57pour essayer de masquer
16:59son propre crime.
16:59Cette hypothèse
17:00ne convainc pas
17:01le magistrat
17:02chargé de l'enquête.
17:03En tout cas,
17:03selon lui,
17:04il y a trop peu
17:05d'éléments concrets
17:06qui sont rassemblés.
17:07Surtout,
17:08on arrive au bout
17:08du délai
17:09de la garde à vue.
17:10Il va ordonner
17:11aux enquêteurs
17:12de relâcher
17:13ce suspect.
17:14Alors,
17:14évidemment,
17:15ceux-ci vont quand même
17:16le garder à l'œil.
17:17Mais enfin,
17:18l'enquête,
17:18elle repart quand même
17:19globalement
17:20encore une fois de zéro.
17:25Quatre mois plus tard,
17:26en août 1983,
17:28l'été bat son plein
17:29et les policiers
17:30de Versailles
17:30se cassent toujours
17:31les dents
17:31sur le dossier
17:32des meurtres
17:32de la RN20
17:33quand,
17:34le matin du dimanche
17:357 août,
17:36un agriculteur
17:37du village
17:38de Brouillère-le-Châtel
17:39dans l'Essonne,
17:39à une vingtaine
17:40de kilomètres des Tempes,
17:42contacte la police locale.
17:44Quelques dizaines
17:44de minutes plus tôt,
17:46alors qu'il faisait
17:46le tour de ses terres,
17:47il a découvert
17:48dans le lieu dit
17:49le bois renard
17:49le corps d'une femme nue,
17:51allongée au bout du champ.
17:53Sur place,
17:54les enquêteurs constatent
17:55que le meurtrier
17:55s'est acharné sur elle.
17:57Les traces de sang
17:58sont encore fraîches,
17:59le meurtre vient
18:00d'être commu.
18:01L'autopsie révèle
18:02que cette femme,
18:03qui semble être très jeune,
18:04a été étranglée
18:05et assommée
18:06avant d'être frappée
18:07avec un tournevis.
18:09Les enquêteurs
18:10de la brigade criminelle
18:11de Versailles
18:11ne trouvent aucun témoin,
18:12mais ils parviennent
18:13à faire analyser
18:14des traces de pneus
18:15dont ils imaginent
18:16qu'elles sont celles
18:17du véhicule du tueur.
18:18C'est une voiture
18:19très commune à l'époque,
18:20une Renault R5.
18:21Près du corps
18:22de la jeune femme,
18:23les policiers retrouvent
18:24aussi des mouchoirs
18:25maculés de sperme,
18:26deux près de la victime
18:27et un troisième
18:28coincé dans son aisselle.
18:30Mais à cette époque,
18:31l'ADN n'est pas encore
18:32exploitable.
18:34Rien ne leur permet
18:35d'identifier le tueur
18:36ni la victime.
18:37Jusqu'à ce que le lendemain,
18:39le lundi 8 août,
18:40Ghislaine Lecam
18:41se rende dans un commissariat
18:42parisien
18:43pour déclarer
18:43la disparition de sa sœur.
18:46Pascale Lecam,
18:47originaire de la ville
18:48de Carnoë,
18:48dans les Côtes d'Armor,
18:49a 21 ans
18:50et termine ses études
18:51en gestion
18:52quand elle décide
18:53de rejoindre sa sœur,
18:54Ghislaine,
18:54à Paris,
18:55afin de faire un stage
18:56à l'INA,
18:57l'Institut national
18:57de l'audiovisuel.
18:59Moins d'une semaine
18:59après son arrivée à Paris,
19:01le vendredi 5 août,
19:02Pascale a rencontré
19:03un garçon blond
19:04qu'elle a montré
19:04de loin à sa sœur.
19:06Cette dernière sait
19:06qu'ils ont passé
19:07plusieurs heures ensemble,
19:08mais rien de plus.
19:09Le samedi 6 août,
19:11les deux filles
19:11passent la matinée
19:12toutes les deux,
19:15avec des amis
19:15dans un café.
19:16Après quoi,
19:17Pascale part faire
19:18des courses seul.
19:20Ghislaine ne la reverra plus.
19:26Damien,
19:27les enquêteurs
19:27ont encore une fois
19:28du mal à trouver
19:29une piste solide.
19:30Oui,
19:31et comme pour les autres
19:32meurtres de la RN20,
19:33si les policiers
19:34sont quasi sûrs
19:35que ces affaires,
19:36elles sont liées entre elles
19:37et sont surtout l'œuvre
19:38d'un seul et même assassin,
19:40ils n'ont pas grand-chose
19:42pour mener l'enquête,
19:42pas beaucoup d'éléments.
19:43Alors,
19:43on a les traces de pneus,
19:45mais la voiture,
19:46la R5,
19:47c'est probablement
19:47l'une des voitures
19:48les plus vendues à l'époque,
19:49donc c'est une piste
19:50très compliquée à suivre.
19:52On est plus dans la précision
19:53que dans l'indice.
19:54Les policiers décident
19:55de se concentrer
19:56sur la seule piste
19:58qu'ils ont,
19:59celle du garçon blond
20:00que Pascal a rencontré.
20:02Oui,
20:02d'après le témoignage
20:03de sa sœur,
20:03alors ce garçon
20:04d'environ 1m80
20:06qui accompagnait Pascal
20:07le vendredi soir,
20:08mais en réalité,
20:10ils ne le retrouveront jamais.
20:11Encore une fois,
20:11le signalement
20:12est quand même très vague.
20:13Les recherches
20:14sur les quatre meurtres
20:15de la RN20
20:16durent encore cinq ans
20:17sans que les policiers
20:18n'arrivent à trouver
20:18la moindre piste
20:19et en 1988,
20:22l'enquête est classée.
20:23Oui, cette décision,
20:24elle est prise par le juge
20:25d'instruction.
20:26Alors, pour les policiers,
20:27évidemment,
20:28c'est un véritable crève-cœur,
20:30c'est un échec
20:31de ne pas avoir trouvé
20:32et pour les familles
20:33des victimes,
20:34c'est encore pire.
20:34Le dossier de la RN20,
20:36il va rejoindre
20:37l'appel
20:38de ces grandes affaires
20:39non résolues
20:40de l'histoire
20:41de la police criminelle,
20:42de la police judiciaire.
20:45En 2008,
20:46la police technique
20:47et scientifique
20:47a fait des progrès.
20:48Les enquêteurs
20:49de la brigade criminelle
20:50de Versailles
20:51espèrent que cela pourra relancer
20:53le dossier des meurtres
20:53de la RN20
20:54qui dort depuis 10 ans.
20:56En 2006,
20:57l'OCRVP,
20:58l'Office central
20:59de répression
21:00des violences aux personnes,
21:01est créée.
21:02L'une de leurs premières missions
21:03est d'exhumer
21:04d'anciennes enquêtes
21:05abandonnées
21:05faute d'indices.
21:07Près de 25 ans
21:08après les faits,
21:09les enquêteurs
21:09de l'OCRVP
21:10reprennent donc l'affaire
21:11et s'intéressent
21:12particulièrement
21:13aux mouchoirs
21:14retrouvés
21:14à proximité
21:15du corps de Pascal Lecam,
21:17la dernière victime connue.
21:18C'est le seul scellé
21:20qui reste
21:20car à cette époque,
21:21les scellés
21:22des enquêtes résolues
21:23ou abandonnées
21:24sont systématiquement détruits.
21:26Sur ces quelques centimètres
21:27carrés de Kleenex,
21:28une trace ADN
21:29est identifiée.
21:30Dans la foulée,
21:32le parquet d'Evry
21:32autorise les enquêteurs
21:33à pousser plus loin
21:34leurs investigations.
21:36L'empreinte ADN
21:37peut alors être comparée
21:39à celle du FNAEG,
21:40le fichier national
21:41automatisé
21:42des empreintes génétiques
21:43qui a été créé
21:44entre temps.
21:44Mais en l'état,
21:46la science ne permet pas
21:47de reconstituer
21:47totalement cette empreinte ADN.
21:50Concrètement,
21:51les chances de retrouver
21:52un meurtrier soupçonné
21:53d'avoir frappé
21:53à quatre reprises
21:54s'amenuisent.
21:56Un temps,
21:57Michel Fourniré,
21:58le tueur en série
21:58qui habitait alors
21:59à la frontière
22:00des Yvelines
22:01et de l'Essonne,
22:02sera soupçonné,
22:03sans que rien de probant
22:04ne puisse être établi.
22:06Malgré cet échec,
22:07l'enquête reste ouverte.
22:08« Nous continuons
22:10à travailler dessus »,
22:11explique-t-on
22:11à l'OCRVP.
22:12Il n'y a plus
22:13de scellés à exploiter,
22:14mais la relecture
22:15de ces dossiers
22:15nous conduit
22:16à vérifier
22:17plusieurs éléments.
22:18Fin juillet 2008,
22:20les enquêteurs
22:21font un nouvel essai
22:22avec l'ADN.
22:23Le mouchoir
22:24est envoyé
22:25à la police technique
22:26et scientifique
22:26d'Eculi,
22:27à la pointe
22:28sur ces sujets-là.
22:29En 2009,
22:30son travail est terminé.
22:32Cette fois-ci,
22:33un ADN complet
22:34a pu être isolé.
22:36Mieux que ça,
22:37il matche
22:38avec celui d'une personne
22:39enregistrée
22:40dans le FNAEG.
22:41L'homme
22:42dont le sperme
22:43est présent
22:43sur les mouchoirs
22:44est connu
22:45des services de police.
22:46Il s'appelle
22:47Philippe L,
22:48il a 47 ans
22:49et il a déjà
22:50été confondu
22:51pour divers délits.
22:53Les enquêteurs
22:54le placent en garde à vue
22:54et les éléments
22:55contre lui
22:56s'accumulent.
22:57Il côtoyait
22:58le pub
22:59où Pascal
22:59avait retrouvé
23:00le garçon blond
23:01dont elle avait parlé
23:02à sa sœur.
23:02Il conduisait
23:03à l'époque des faits
23:04une R5
23:05et il dit aussi
23:06connaître le lieu
23:07du meurtre
23:08et s'y être déjà rendu,
23:09d'où la présence
23:10de son ADN.
23:15Damien,
23:16pour autant
23:16et malgré
23:17ces éléments,
23:18Philippe L,
23:19nie avoir
23:20connu Pascal
23:21et dément
23:21toute implication
23:22dans ce meurtre
23:23et dans les autres.
23:24Sa défense,
23:25elle peut paraître
23:25quand même
23:26assez légère
23:27mais finalement,
23:27son meilleur argument
23:28il est autre,
23:29il est juridique,
23:30c'est la prescription.
23:31En France,
23:32les règles sont assez claires,
23:34elles sont dans le code,
23:35un an de prescription
23:35pour les contraventions,
23:37trois ans pour les délits,
23:3820 ans en principe
23:39pour les crimes,
23:4030 ans dans certains cas
23:41très précis.
23:42Ici,
23:42on est dans le cadre
23:43d'un meurtre prescrit
23:44donc au bout de 20 ans.
23:45Ça veut dire que
23:45si depuis 20 ans,
23:47il ne s'est rien passé
23:48dans un dossier
23:50comme celui
23:50des meurtres
23:51de la RN20,
23:52on considère
23:53que l'affaire
23:53est terminée
23:54d'un point de vue judiciaire,
23:55d'un point de vue juridique,
23:56on ne peut plus
23:57poursuivre personne
23:58si aucun acte
23:59n'a été fait
24:00sur cette période
24:01de 20 ans.
24:02Pourtant,
24:02dans des cas connus
24:04comme avec les meurtriers
24:05en série
24:06Émile Louis
24:06ou Michel Fourniret,
24:08on a réussi
24:08à rouvrir
24:09des enquêtes
24:10sur des affaires
24:11qui semblaient prescrites.
24:12Oui,
24:13mais dans ces deux cas
24:13comme dans quelques autres,
24:15on réussit en fait
24:15à raccrocher
24:16certains crimes
24:17non prescrits
24:18à d'autres
24:18et en fait
24:19à juger
24:20deux meurtriers
24:21en considérant
24:22que comme ce sont
24:23des tueurs en série,
24:24il y a l'aspect sériel
24:25qui vient en quelque sorte
24:26interrompre,
24:27perturber
24:28la prescription.
24:29Donc ça vient casser
24:30ce système de prescription
24:31et on peut juger
24:32ces meurtriers.
24:33Pourquoi est-ce qu'on ne peut
24:34pas le faire ici ?
24:35Alors les enquêteurs
24:36ont essayé
24:36mais ne sont pas parvenus
24:38à associer cet homme,
24:39ce suspect,
24:40Philippe L,
24:41à d'autres crimes
24:42plus récents.
24:43Et d'ailleurs,
24:43c'est ce que demandent
24:44les familles des victimes,
24:45notamment celle de
24:46Pascal Lecam,
24:47que l'enquête
24:48soit tout simplement
24:49rouverte,
24:50que les avocats
24:50des familles
24:51puissent fouiller
24:52eux-mêmes
24:52dans la procédure
24:53à la recherche
24:54de quelque chose,
24:55d'un acte
24:56qui permettrait
24:56d'annuler
24:57ou en tout cas
24:57de combattre
24:58cette prescription.
25:02Philippe L est relâché
25:03après 37 heures
25:04de garde à vue
25:05malgré les éléments
25:06très probants
25:07retenus contre lui
25:08pour le meurtre
25:08de Pascal Lecam
25:09dont une phrase
25:10lâchée pendant une audition
25:12et qui ressemble
25:13à un aveu en creux
25:14« Il y a des gens
25:15qui se sont doutés
25:16que c'était moi ».
25:17Les policiers sont sûrs
25:18et certains
25:19d'avoir mis la main
25:20sur le tueur
25:20de Pascal Lecam.
25:22Ils n'auront pas
25:22le loisir de creuser
25:23pour les trois autres victimes
25:25à cause de la prescription.
25:27Leur enquête
25:27doit s'arrêter là.
25:29Cette affaire
25:29a eu un impact
25:31retentissant
25:31dans le débat public
25:32autour de la question
25:33de la prescription
25:33et de ses conditions
25:35d'application en France.
25:36En 2021,
25:37un pôle consacré
25:38aux affaires sérielles
25:39et non élucidé
25:40qu'on appelle communément
25:41le « Paul Colcase »
25:42a été créé
25:43et s'est saisi
25:44du dossier de la RN20.
25:45À l'heure qu'il est,
25:47des enquêteurs
25:47continuent
25:48à creuser cette affaire.
25:50S'ils trouvent
25:50de quoi interrompre
25:51la prescription,
25:52le dossier
25:53pourrait être rouvert.
25:55En octobre 2024,
25:57le journal Marianne
25:58révèle que Philippe L
25:59a été jugé
26:00dans une toute autre affaire
26:02devant la cour d'assises
26:03de l'Essonne.
26:04Il a été condamné
26:05à 8 ans de prison
26:06pour avoir violé
26:07sa fille à répétition
26:08entre ses 8
26:09et ses 15 ans.
26:11Interrogé au micro
26:12de l'heure du crime
26:13sur RTL,
26:14Gilles Leclerc,
26:14le patron de la police
26:15judiciaire de Versailles
26:16à l'époque des faits,
26:17dit considérer cette affaire
26:18comme un échec.
26:19« C'est quelque chose
26:20qui nous est resté
26:21sur le cœur, »
26:22dit-il.
26:22« Si seulement on avait eu
26:24l'ADN,
26:24la téléphonie,
26:25la vidéosurveillance,
26:26toutes les possibilités
26:27du numérique,
26:28on a sûrement
26:29raté quelque chose. »
26:44Vous venez d'écouter
26:45Crime Story,
26:46le mystère des meurtres
26:47de la RN20.
26:48Ce récit était écrit
26:49par Claudia Prolongeau
26:50et Victor Bonnoir
26:51et raconté avec
26:52Damien Delsenis.
26:53Pour écouter
26:54tous nos autres podcasts,
26:55c'est sur le site
26:56leparisien.fr
26:57et sur n'importe quelle
26:58plateforme d'écoute.
26:59Cette semaine,
27:00il y avait à la production
27:01Thibault Lambert,
27:02Clara Garnier-Amourou,
27:04Marin Guillon-Verne
27:05et Clémentine Spiller
27:06et à la réalisation
27:07Julien Moncouquiole.
27:09Jules Lavi
27:09est le rédacteur en chef.
27:11Si vous aimez
27:12Crime Story,
27:12vous pouvez vous abonner
27:13et nous laisser
27:14des commentaires
27:14ou des petites étoiles.
27:16Vous pouvez m'écrire
27:17à l'adresse
27:17crimestory
27:18at leparisien.fr
27:19ou directement
27:20sur mon compte Instagram
27:21et surtout,
27:23vous pouvez écouter
27:24Code Source,
27:24notre podcast d'actualité
27:26qui propose
27:26un nouvel épisode
27:27chaque jour
27:28du lundi au vendredi.
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