00:00Et 16h33, vous êtes bien sur Europe 1 et vous retrouvez notre Deval.
00:03Les réactions se multiplient après l'exfiltration en urgence cette nuit du maire d'Alès,
00:09exfiltré de son domicile parce qu'il y avait, selon les services de la DGSI,
00:15une menace imminente le concernant liée, pourquoi pas, au trafic de stupéfiants.
00:22La semaine dernière, il avait déjà reçu Deval de 9 mm et des tags à son domicile.
00:27Il serait la cible d'un groupe criminel lié à la drogue, la fameuse DZ Mafia.
00:35Et les réactions politiques se sont multipliées pour apporter son soutien au maire d'Alès, Christophe Rivenc.
00:46Gérard Larcher, par exemple, président du Sénat, je redis à Christophe Rivenc,
00:50maire d'Alès, victime d'une nouvelle vague de menaces de mort de la part de la DZ Mafia,
00:53est contraint de quitter son domicile. Tout mon soutien. Marine Le Pen également apporte son soutien à Christophe Rivenc.
01:01Le narco-trafic et la grande criminalité ne menacent plus seulement la sécurité et la tranquillité des Français.
01:07Il constitue aujourd'hui plus que jamais une menace pour notre démocratie.
01:11Bruno Retailleau, j'apporte tout mon soutien à Christophe Rivenc,
01:15exfiltré cette nuit aux menaces de la DZ Mafia.
01:20Et je voyais un message, parce que le débat va s'engager non pas sur le soutien au nom de
01:27Christophe Rivenc,
01:29c'est est-ce que les hommes politiques, quelles que soient leurs idées politiques,
01:34vont parler d'une seule et même voie pour lutter contre une menace qui est existentielle ?
01:40Formule qui avait été employée l'année dernière par les renseignements généraux.
01:45Il y avait un rapport qui présentait deux menaces existentielles pour la France,
01:49le narco-banditisme, le narco-terrorisme et l'islamisme.
01:53François-Xavier Bellamy a fait un parallèle,
01:57et là il entre dans justement la question politique.
02:01Il dit qu'en France aujourd'hui, il y a donc des maires comme Christophe Rivenc,
02:05qui doivent être exfiltrés par le RAID parce qu'ils s'opposent au narcotrafic,
02:10et des maires comme Bali Bagayoko qui considèrent qu'il faut,
02:14et il le cite, respecter le parcours des narcotrafiquants
02:18qui font partie de la communauté de nos amis et qu'il faudrait protéger de la justice.
02:23Il nous reste une chance, termine-t-il, de choisir notre destin,
02:27soutien au maire d'Alès et à ceux qui, avec lui, combattent sans relâche cette mafia ?
02:35Bon, c'est un message qui, j'imagine, fera beaucoup parler dans les prochaines heures.
02:40La question, c'est de savoir, cette fameuse loi qui voulait lutter contre le narco-terrorisme,
02:46notamment l'année dernière, portée par Gérald Darmanin,
02:49est-ce qu'elle a été votée à l'unanimité à l'Assemblée Nationale ?
02:52Je ne crois pas.
02:52Et qui a voté contre ?
02:53En plus, il y a eu des annulations par le Conseil constitutionnel
02:59de dispositifs qui auraient été bien utiles aux enquêteurs,
03:02notamment, vous savez, le fameux dossier coffre dont on parlait à l'époque,
03:05c'est-à-dire des pièces qui restaient vraiment secrètes
03:07pour éviter des fuites à l'instruction
03:09et permettre aux enquêteurs de mettre des écoutes téléphoniques, etc.
03:12Donc, il y a eu des mesures annulées et il y a eu aussi des discussions.
03:15Vous savez, la gauche, celle dont vous venez de parler, l'extrême gauche,
03:18en réalité, elle est fille,
03:19elle vous dira, bien sûr, qu'il faut lutter contre le trafic du mas à manières,
03:22elle le dira, mais dans un autre côté, elle vous dira,
03:25attention, les peines, réinsertions, etc.
03:27Mais il n'y a pas de volonté véritable
03:30de s'en prendre à ces narcotrafiquants
03:32qui sont des très très grands criminels.
03:34Quand vous avez un député qui se vantait il y a quelques années
03:38de dealer de la drogue,
03:40ou alors que vous avez un autre député
03:41qui a été pris en train de commander de la drogue
03:44à un mineur dans les transports en commun,
03:48c'est sûr que vous n'êtes pas forcément les plus crédibles
03:50pour lutter contre le narco-banditisme.
03:55Patrick est en direct avec nous.
03:56Bonjour Patrick.
03:58Vous le appelez du Gard.
04:00Bonjour cher Patrick.
04:01Alors, qu'est-ce qu'il vous fait ?
04:02Est-ce que cette situation vous inquiète, Patrick ?
04:04Je suis en colère, moi.
04:06Il n'y a rien qui m'inquiète.
04:07C'est une question de moyens.
04:07Je suis vraiment en colère.
04:08Parce que la République recule.
04:10Quand on est arrivé à un moment donné,
04:12on doit exfiltrer un maire.
04:13On a exfiltré, il me semble, la directrice des Beaumet.
04:16C'est-à-dire que c'est la République qui recule.
04:18C'est inacceptable.
04:20Et les hommes politiques qui disent,
04:22qui sont d'accord, on le soutient, on le soutient,
04:24c'est les mêmes qui refusent des moyens.
04:26En fait, la drogue, il faut taper les consommateurs.
04:29Mais les taper méchamment.
04:30Et puis après, moi je connais un juge de droite.
04:33Donc il y a des juges de droite.
04:34Il me dit, mais je ne peux pas mettre les gens en prison.
04:36Il n'y a pas de place dans les prisons.
04:37Donc il faut construire 60 000 palaces de prison.
04:40Et après, on pourra exiger de nos juges qu'ils fassent leur boulot.
04:44Parce qu'ils ne le font pas.
04:45La gendarmerie, les policiers, je pense, font très bien leur travail.
04:49Mais derrière, ça ne suit pas.
04:50Et quand bien même, il y a un juge un peu de droite qui voudrait suivre,
04:53il n'y a pas de place dans les prisons.
04:54Qu'est-ce qu'on fait ?
04:55Il faut la volonté.
04:56Il faut juste la volonté de régler le problème.
04:58Et de taper les consommateurs.
05:00Bon, mieux vaut en rire qu'en pleurer.
05:02Vous avez dit, je connais un juge, un juge de droite.
05:04Vous connaissez le seul.
05:05Il faudrait me donner son numéro, cher Patrick.
05:07Ben, j'en connais un.
05:10J'en connais un.
05:10J'en connais un.
05:11J'en connais un, voilà.
05:12Et bien, il est de droite.
05:13Il va se sentir seul.
05:15Je vais discuter avec lui.
05:16Mais oui, ça vous fait marrer.
05:18Non, mais Patrick, c'est intéressant.
05:20Vous dites, je discute avec lui.
05:21Alors là, je m'écarte un peu du sujet.
05:24Mais est-ce que, justement, il considère que ses collègues sont politisés ?
05:30Est-ce qu'il se sent un peu seul ?
05:32Est-ce qu'il arrive d'ailleurs, lorsqu'il sanctionne, à mettre son idéologie politique,
05:38puisque vous dites que c'est un magistrat de droite, à mettre son idéologie de côté ?
05:42Oui, oui, oui.
05:43Il me dit, moi, j'applique.
05:45Parce que les juges appliquent le droit.
05:47À un moment donné, si on n'est pas content des juges, il faut aussi regarder les lois.
05:50Parce qu'il y a des lois qu'il faut peut-être modifier.
05:52Les juges appliquent la loi.
05:54Donc, quand on dit, les juges, ils appliquent la loi.
05:57Donc, quand ils ne font pas tout à fait ce qu'il faut, c'est peut-être que la loi
05:59n'est pas parfaite.
06:00Mais moi, il me dit, des fois, quand bien même je voudrais, ce n'est pas possible.
06:05Ce n'est pas possible.
06:05Donc, il me dit, moi, quelqu'un qui est condamné à un an, il ne va jamais en prison.
06:10Jamais, jamais.
06:11Ce n'est pas possible.
06:11Tu fais ce que tu veux, tu n'iras jamais en prison.
06:14Et pour être condamné à un an de prison ferme en France,
06:17il faut déjà avoir fait plus qu'insulter un agent de police.
06:21Vous voyez, il faut avoir agressé.
06:23Donc, non, il faut juste la volonté de dire, la République doit arrêter de reculer.
06:29On n'a pas à reculer.
06:31On nous avait promis 15 000 places de prison supplémentaires.
06:33On en aura à la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron, à peine 4 500 de plus.
06:39C'est ça, dans ces années, il nous en manque 40 000.
06:41Donc, c'est aussi les promesses non tenues.
06:46Permettez-moi d'ouvrir et de fermer une parenthèse,
06:48et il faudrait avoir plus de précisions sur cette actualité,
06:51mais on apprend la mort de deux pompiers.
06:56Deux pompiers sont décédés en tentant d'éteindre un important incendie
07:01près de l'aéroport de Bordeaux,
07:04annonce faite par le ministre de l'Intérieur.
07:08Et il y a quelques instants,
07:09l'Assemblée nationale a rendu hommage à ces deux sapeurs-pompiers
07:13engagés contre un incendie à Mérignac.
07:16Et pensons à tous les sapeurs-pompiers
07:18qui sont sur le terrain depuis le début de ces épisodes,
07:23qui se répètent malheureusement trop souvent.
07:26On est en train de vivre une période extrêmement dure,
07:29avec des feux de forêt qui se propagent un peu partout,
07:33plus de 40 000 hectares qui ont brûlé depuis le début de l'année.
07:38C'était inédit de par son ampleur,
07:41et notamment la rapidité avec laquelle ces incendies se propagent.
07:46Et donc, cette information,
07:47deux pompiers sont décédés en tentant d'éteindre un important incendie
07:50près de l'aéroport de Bordeaux,
07:52annonce faite par le ministre de l'Intérieur.
07:56Revenons à l'actualité qui nous concernait juste avant,
08:01c'est-à-dire ce narcoterrorisme qui gangrène nos villes,
08:04jusqu'à peut-être menacer la vie d'un édile,
08:07l'édile d'Alès, au nord-ouest de Nîmes,
08:12ville de 45 000 habitants,
08:14qui a été exfiltrée par le RAID,
08:18l'unité d'élite de la police, dans la nuit de lundi à mardi.
08:22Gérard nous appelle de la région PACA.
08:23Bonjour Gérard.
08:25Oui, bonjour.
08:27Merci de nous appeler.
08:28Vous, cette formule de la mexicanisation de la France,
08:31mexicanisation de la France...
08:32Ça me gêne, parce que c'est très péjoratif pour un pays et un peuple.
08:37Alors oui, il y a des mafias là-bas,
08:39il y a des guerres entre les mafias, la police et l'armée,
08:42comme ça pourrait très bien arriver chez nous.
08:44Mais en dehors de ça, pour le citoyen lambda
08:46qui ne fait pas partie de ces mafias,
08:48à la limite, la vie est beaucoup plus paisible au Mexique.
08:51C'est-à-dire que les rues sont beaucoup plus sûres au Mexique qu'en France.
08:55Alors vous dites ça parce que vous avez vécu au Mexique ?
08:58Actuellement, on a un ennemi,
08:59puis tous les gens qui sont venus, qui ont vécu,
09:02qui ont resté plusieurs semaines, voire plusieurs mois,
09:04ils ont tous été surpris par le changement,
09:06et où on se sentait beaucoup plus en sécurité dans les rues au Mexique
09:11qu'en France.
09:12Donc voilà, moi-même, je me pose la question
09:14de vendre ce que j'ai ici pour aller m'installer définitivement là-bas,
09:17parce que la vie est beaucoup plus paisible.
09:19Après, on parle de prison, on parle de place de prison en France,
09:21j'ai entendu avec votre interlocuteur précédent,
09:26mais on n'est pas obligé de construire des prisons.
09:28On peut faire sous-traiter nos détenus,
09:31notamment certains types de délinquants et de mafieux.
09:36On pourrait très bien les faire sous-traiter
09:38dans des pays comme Madagascar.
09:39Le SMIC est à 48 euros par mois là-bas.
09:42Je connais aussi très bien ce pays,
09:44pour y avoir passé du temps.
09:46Ils seront très contents de recevoir nos détenus,
09:49et nous, on va faire des très très grosses économies
09:51sans avoir besoin de construire des prisons,
09:53et en plus même sur les salaires des surs-tres prisons,
09:55on va faire une économie énorme.
09:56Alors Gérard, permettez-moi juste,
09:59parce que lorsque la France est comparée au Mexique,
10:02il faut le comparer avec les chiffres à l'appui.
10:05Alors là, ça dépend des chiffres,
10:07et puis ça dépend ce qu'on arrête ici,
10:09ça dépend du nombre de personnes qu'on arrête et qu'on condamne.
10:13Oui, mais Gérard, juste une chose,
10:16l'idée n'est pas de critiquer ou de peindre un tableau noir,
10:21ni de la France, ni du Mexique,
10:23mais de regarder chiffres à l'appui,
10:26ça dépend des régions bien sûr au Mexique,
10:28mais dans les régions, disons, les plus dures,
10:32ou touchés par le narco-banditisme,
10:36le rapport ou le risque d'être victime d'un homicide,
10:39c'est un rapport de 1 à 10 entre la France et le Mexique.
10:41C'est pour ça que...
10:42C'est uniquement chez les trafiquants,
10:44pas dans les citoyens lambda.
10:45Dans les citoyens honnêtes, il n'y a pas de victime.
10:49Dans les citoyens honnêtes, il n'y a pas de victime, évidemment, chez...
10:52Pas de victime collatérale,
10:53parce que c'est uniquement les familles des mafias
10:55qui s'attaquent à l'armée,
10:56ou l'armée qui s'attaque aux familles des mafias,
10:58mais tous les gens normaux dans la rue,
11:00ceux qui travaillent, ceux qui vont en vacances,
11:02personne n'est en danger quand on va en vacances,
11:05par exemple, là-bas.
11:06Au Mexique, ils avaient des...
11:07Elisabeth Assaïa.
11:08C'est important de faire la nuance,
11:09vous voyez, il y a une différence,
11:09tout n'est pas blanc, tout n'est pas noir,
11:13ni en France, ni au Mexique.
11:15Et je pense qu'il faut apporter justement
11:19cette nuance quand même qui est assez importante.
11:21Elisabeth Assaïa.
11:21Au Mexique, pour lutter contre le narco-terrorisme,
11:24ils avaient, dès 2006, déployé énormément,
11:28des dizaines de milliers de militaires.
11:31L'armée avait été envoyée pour reprendre le contrôle
11:35des régions dominées par les cartels.
11:37C'est-à-dire qu'il y avait eu des gros moyens.
11:39Après, ils ont arrêté, éliminé les chefs des cartels
11:42avec les fameuses stratégies de décapitation.
11:45C'est comme ça qu'ils l'appellent.
11:46Ce n'est pas moi qui le dis comme ça.
11:47Et après, il y a eu, comme le disait Georges tout à l'heure,
11:50la force de la coopération entre les différents services
11:55de renseignement, coopération avec les Etats-Unis.
11:57Les Etats-Unis, bien sûr.
11:59Et ils avaient lutté aussi contre les laboratoires contestants.
12:01C'est-à-dire que c'est un travail de longue haleine.
12:04Il faut tout débroussailler, là.
12:07Enfin, permettez-moi encore d'imaginer
12:09qu'en France, on n'est pas arrivé au niveau...
12:12On n'en est pas là, j'espère pas, évidemment.
12:13Non, mais on peut s'en inquiéter.
12:15Vous avez les prémices, là.
12:16Oui, mais c'est ce qu'on a dit au début.
12:18C'est ce qu'on a dit au début.
12:18Vous vous rendez compte ?
12:19C'est quand même sans précédent.
12:21Ça veut dire que vous avez des gens
12:22qui sont capables, effectivement,
12:23de passer à l'acte-là.
12:24Mais le témoignage de Gérard est intéressant
12:26puisque lui, il dit...
12:27Il dit que ça va beaucoup mieux.
12:28Là où je vais au Mexique,
12:30déjà, un, ça va mieux,
12:31et deux, je me sens plus en sécurité
12:33et j'envisage de tout vendre pour allure.
12:35C'est encourageant, ce qu'on entend.
12:36Merci, Gérard, de nous avoir appelé
12:38au 01-80-20-39-21, 16h45.
12:43On revient dans un instant sur Europe 1.
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