00:00On s'intéresse au président libanais Joseph Aoun Annalisa qui va rencontrer Donald Trump à Washington aujourd'hui.
00:06Un but précis dans cette visite, s'assurer du soutien américain dans la lutte contre le Hezbollah et la reconstruction
00:11du pays.
00:12Est-ce que Donald Trump, lui, veut réellement débloquer la situation ?
00:15Tout dépend d'une question. Est-ce que Donald Trump va accepter de faire pression sur les Israéliens qui sont
00:21ses alliés
00:22pour qu'ils se retirent progressivement du sud du Liban ?
00:25En fait, le nœud de la question est lié évidemment au désarmement du Hezbollah
00:29parce que les Libanais considèrent qu'il sera très difficile de désarmer le Hezbollah
00:33tant que l'armée israélienne restera présente sur une partie du territoire.
00:37Et pour l'instant, les Israéliens, eux, refusent de se retirer tant que le Hezbollah n'est pas désarmé.
00:41Donc vous voyez que la situation est bloquée.
00:44C'est pour ça que Joseph Aoun mise tout sur cette visite.
00:47Visite à laquelle il va arriver avec un plan très précis, plan de désarmement du Hezbollah
00:51avec un calendrier d'application pour montrer que lui fait ce qu'il peut.
00:56Le but, justement, c'est de sortir de ce blocage, de débloquer la situation.
00:59En faisant la pression nécessaire sur Israël.
01:01Je cite Joseph Aoun, ces mots avant le début de son voyage.
01:05Et Donald Trump est peut-être le seul à avoir le poids politique pour le faire.
01:08Oui, parce que le Liban a besoin des Etats-Unis pour reconstruire le pays.
01:11Oui, ça sera un chantier immense la reconstruction
01:13parce que la guerre a eu un coût économique immense.
01:16Le gouvernement estime que les derniers combats ont causé
01:19entre 3 et 4 milliards de dollars de dégâts directs seulement
01:23qui s'ajoutent aux plus de 8 milliards de dollars du précédent conflit.
01:26Donc voici pour l'ampleur de la destruction.
01:29Vous imaginez bien l'ampleur de la reconstruction.
01:31La Banque mondiale estimait qu'il faudrait 11 milliards de dollars.
01:35Cette estimation date du 7 mars 2026.
01:38Donc c'était au tout début de la guerre.
01:39Vous imaginez bien que ce chiffre a gonflé.
01:42Et surtout, cette reconstruction, il faut savoir qui peut la financer.
01:46En 2018, on avait promis au Liban 11 milliards de dollars de prêts et de dons
01:49pour soutenir l'économie libanaise, pour relancer la croissance du pays.
01:52Cet argent n'a jamais été versé.
01:54C'est pour ça que ce que demande Joseph Aoun aujourd'hui
01:56n'est pas un chèque, n'est pas une promesse.
01:59Ce qu'il espère, c'est que le soutien de Donald Trump
02:01va rassurer les investisseurs et les entreprises privées
02:04qui, elles, pourront ensuite investir sur place et participer à la reconstruction.
02:08Mais a priori, le Hezbollah n'est pas prêt à céder, Annalisa.
02:11Absolument pas.
02:11Au contraire, le Hezbollah refuse toujours de rendre les armes
02:14et rejette les négociations directes entre Beyrouth et Tel Aviv.
02:17Sur le terrain, donc, ça reste compliqué.
02:20Et en même temps, du côté de Washington,
02:22on commence à sceller les efforts diplomatiques de Beyrouth.
02:24Marco Rubio, le chef de la diplomatie américaine
02:26qui a rencontré Joseph Aoun il y a quelques heures
02:29en amont de la visite avec Donald Trump
02:31pour préparer justement cette rencontre,
02:33a félicité le gouvernement libanais pour son courage,
02:36je le cite, dans les efforts visés à désarmer le Hezbollah
02:40et à progresser vers la paix.
02:41Donc aujourd'hui, toute la stratégie de Joseph Aoun repose sur un pari,
02:45c'est celui de renforcer progressivement l'État
02:47grâce au soutien américain
02:49pour essayer de convaincre les Libanais aussi
02:50que l'armée peut remplacer le Hezbollah.
02:52Et donc, c'est précisément ce que Donald Trump devra décider aujourd'hui,
02:55jusqu'où lui et les États-Unis sont prêts à accompagner ce pari.
02:58Merci.
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