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  • il y a 9 heures
Au 83e jour de la guerre au Moyen-Orient ce jeudi 21 mai, les relations sont toujours tendues entre les États-Unis et l'Iran mais Téhéran a affirmé continuer à "examiner" une nouvelle proposition américaine de cessez-le-feu. Sébastien Lecornu doit mener une conférence de presse autour de la situation au Moyen-Orient dans l'après-midi.

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Transcription
00:00Merci d'être avec nous. Le dossier du 13h, vous avez eu un mini-aperçu, c'est Donald Trump.
00:03Donald Trump est-il en train de fâcher tout le monde, de dégoûter ses alliés ?
00:07À voir comme ils traitent les uns et les autres, il y a de quoi se poser effectivement des questions.
00:11On va voir ça avec tous nos envoyés spéciaux. On va commencer par Israël.
00:14Oui, car ils se sont appelés hier, Benyamin Netanyahou et Donald Trump, et ça a été pour le moins houleux
00:19comme coup de fil.
00:20Écoutez le résumé qu'en fait le président américain devant les caméras. C'est très intéressant. Écoutez Donald Trump.
00:27Netanyahou fera tout ce que je lui dis de faire. C'est un gars bien. En tout cas, c'est
00:32sûr qu'il fera ce que je lui demande de faire.
00:34N'oubliez pas qu'il est Premier ministre en temps de guerre. Et il n'est pas traité d'une
00:38façon correcte en Israël, à mon avis.
00:40Je suis populaire à 99% en Israël. Si je le voulais, je pourrais prétendre au poste de Premier ministre
00:47dans ce pays.
00:47Peut-être qu'après avoir fini tout cela, j'irai en Israël et me porterai candidat à ce poste de
00:53Premier ministre.
00:53Voilà. Vous imaginez, les Israéliens ont apprécié cette sortie. Clément Zibou, on vous retrouve en direct de Tel Aviv avec
00:58Sébastien Savoie.
00:59On dit même que Benyamin Netanyahou était hors de lui après ce coup de fil.
01:07Aucune communication officielle sur ce coup de fil. Aucun commentaire sur ce coup de fil.
01:11Alors que d'habitude, Benyamin Netanyahou aime à faire savoir aux Israéliens et aux médias israéliens qu'il a parlé
01:16souvent avec son ami Donald Trump,
01:17comme il le qualifie. Aujourd'hui, pas un mot, évidemment, parce que si l'on liblie entre les lignes dans
01:22la presse israélienne,
01:23on comprend que ce coup de fil a été assez dévastateur pour les Israéliens, en tout cas pour Benyamin Netanyahou.
01:29On était à une manifestation anti-Benyamin Netanyahou, anti-Premier ministre israélien ici à Tel Aviv avec Sébastien Savoie samedi.
01:36Et c'est vrai qu'il y a une image qui nous a marquées et qui fait résonance aujourd'hui.
01:38Il y avait un monsieur qui était déguisé en Donald Trump géant.
01:41Et il tenait dans les bras un bébé à l'effigie de Benyamin Netanyahou en expliquant que c'était Donald
01:45Trump qui décidait de la politique en Israël.
01:47C'est un peu ce qu'on a comme sentiment quand on voit le résumé de ce coup de fil
01:51par Donald Trump.
01:52Comment on réagit de manière générale ?
01:54Donc je vous l'ai dit, un silence radio au niveau du gouvernement, au niveau des politiques.
01:57Mais c'est désormais l'armée qui prend la communication, l'armée israélienne.
02:01Le chef d'état-major israélien a fait savoir que l'armée israélienne, l'armée de l'air israélienne,
02:06elle était toujours en vigilance maximale, qu'elle était prête en cas d'éventuelles frappes,
02:10que les discussions, que les réunions quasi quotidiennes entre les états-majors israéliens et les états-majors américains, eux, continuaient.
02:17Pourtant, même l'état-major a qualifié ce coup de fil de tournant stratégique.
02:22En fait, ce qu'il faut comprendre, c'est qu'Israël essaye de préparer sa population,
02:25non pas à la fin d'un conflit avec l'Iran, mais peut-être un report des frappes dans les
02:30semaines, dans les mois à venir,
02:31parce que les gouvernements israéliens ne croient absolument pas à la volonté de négocier des Iraniens.
02:38Et Benjamin Netanyahou, même s'il n'a plus l'oreille de Donald Trump, c'est désormais l'armée israélienne
02:43qui veut faire savoir
02:44qu'elle est toujours prête si d'aventure Donald Trump changeait d'avis.
02:48Peut-être aussi un mot sur la popularité de Donald Trump ici.
02:50C'est vrai qu'évidemment, on l'imagine mal se présenter Premier ministre,
02:53mais sachez que c'est vrai, il est très populaire Donald Trump ici aux Etats-Unis,
02:57parce que pour beaucoup d'Israéliens, c'est celui qui a permis de ramener les otages du 7 octobre en
03:02partie, ici, en Israël.
03:03– Divergence que l'on soupçonnait en coulisses et qui éclate donc au grand jour entre Américains et Israéliens,
03:09Amiral Villemont-Roussel, on comprend que l'un, Donald Trump, veut en finir au plus vite,
03:13que l'autre a envie de mener, de terminer le travail, si j'ose l'expression.
03:16Est-ce qu'on peut encore parler d'alliés dans cette guerre, en tout cas ?
03:19– Oui, oui, je pense qu'il y a des moments forcément difficiles quand il faut gérer des situations comme
03:25celle-là,
03:27mais je pense que, bien évidemment, ils sont alliés.
03:30D'ailleurs, les Israéliens ont besoin des Américains, ils ne peuvent pas faire cette opération tout seuls,
03:35donc ils savent bien qu'ils doivent bien sûr coopérer.
03:39Mais il y a des hauts et des bas, parce que c'est normal, il y a des décisions extrêmement
03:43difficiles à prendre,
03:44notamment celles qui peuvent arriver, on a compris que s'il y avait une nouvelle attaque du territoire iranien,
03:52elle serait supérieure à la précédente.
03:54Alors ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faut trouver des cibles qui soient importantes,
03:58qui soient... Or, toutes les cibles militaires, a priori, ont été traitées,
04:02donc ça veut dire qu'on va se tourner vers le monde civil, ce qui n'est quand même pas
04:05la même chose.
04:07Allons-nous détruire des ponts ? Est-ce qu'on va détruire ? Etc.
04:10Donc je pense que pour l'armée américaine, ce n'est pas très facile de trouver de nouvelles cibles
04:15qui, en plus, au vu du public, vont être considérées quand même, en plus, plus importantes que celles qui vont
04:21être traitées.
04:22Manel Mirkan, on le sent bien, depuis le début, ce n'est pas la même guerre,
04:24ils n'ont pas les mêmes objectifs.
04:26Il y en a pour qui Israël, c'est existentiel, ils sont juste à côté, ils sont voisins,
04:29et les États-Unis, on est à des milliers de kilomètres.
04:32Oui, du côté israélien, c'est existentiel.
04:36La stratégie du régime iranien, la stratégie des gardiens de la Révolution,
04:39non seulement n'a pas changé, ne changera pas concernant Israël,
04:43ça risque même de se renforcer.
04:44En fait, la seule possibilité pour qu'Israël puisse être, j'allais dire,
04:51puisse accepter un accord de paix avec les gardiens de la Révolution, avec le régime iranien,
04:55ce serait qu'ils reconnaissent l'État d'Israël.
04:57Mais ça, c'est à des années-lumière.
04:59Donc, la menace est existentielle, ils ne peuvent pas avoir d'autres objectifs que la chute du régime.
05:04Et de l'autre côté, pour les Américains, ça n'a jamais été une question de changement de régime.
05:08En revanche, la stratégie de la République islamique,
05:12la manière dont ils se sont accaparés, le détroit d'Hormoz,
05:15dont ils poussent les Américains à sortir de la région,
05:21fait peser aussi une menace existentielle maintenant sur la diplomatie américaine.
05:25Pas sur l'Amérique même, mais la diplomatie américaine.
05:27Et c'est là la question, c'est là où on ne voit pas encore Trump agir par rapport à
05:34cette menace
05:35qui pèse sur le positionnement géopolitique des Américains au Moyen-Orient.
05:41Alors, il y a aussi la question des monarchies du Golfe,
05:44qui sont, elles, en première ligne, évidemment, face à l'Iran.
05:47Anjil Ouata, on vous retrouve en direct du Qatar.
05:50On sent, là aussi, une sorte de défiance montée vis-à-vis des Américains.
05:58Oui, alors, peut-être pas au même niveau que ce qu'on vient de dire sur Israël, effectivement,
06:04parce que, déjà, il y a moins de communication.
06:06Si Donald Trump, lui, communique beaucoup dans les pays du Golfe,
06:09il y a beaucoup moins de communication, beaucoup moins de passe d'armes,
06:13et on s'en tient globalement plutôt aux faits, et notamment aux faits économiques.
06:17Ici, la question centrale, c'est celle du détroit d'Hormuz,
06:21c'est celle de la reprise de l'exportation des hydrocarbures de manière plus pérenne.
06:26Voilà ce qui hante réellement les esprits ici.
06:30Ce que l'on peut dire, notamment, c'est que, certes, il y a quelques signaux,
06:33notamment, il y a quelques semaines, vous le savez,
06:35l'Arabie saoudite avait refusé le survol de son territoire par des avions de chasse américains.
06:41On sait également, je vous le disais, on parle toujours ici,
06:44notamment en termes économiques, les Américains sont les alliés, effectivement, des monarchies ici même.
06:52En revanche, ce que l'on sait, par exemple, pour l'Arabie saoudite,
06:54c'est que le premier partenaire commercial aujourd'hui, ça n'est plus les États-Unis d'Amérique,
06:59mais c'est la Chine.
07:00Mais effectivement, ce que l'on ressent dans le fond de la communication des monarchies pétrolières ici,
07:06c'est tout simplement la volonté que la guerre en tant que telle et les frappes ne reprennent pas,
07:11parce que, tout simplement, d'un point de vue géographique, ils sont juste en face de l'Iran
07:15et on s'en souvient, fin février, lorsque les hostilités ont débuté,
07:20toutes les monarchies pétrolières ici ont été ciblées d'une manière ou d'une autre
07:24et en grande partie précisément parce qu'il y avait des bases américaines
07:27et parce qu'ils sont alliés des Américains.
07:29Angile Ouatta, sur des images de Caroline Bertolino-Manelli.
07:31– Oui, alors sur la position de ces pays, effectivement, du côté d'Arabie Saoudite,
07:37du côté de Qatar, on sait qu'ils œuvrent vraiment activement pour la fin de cette guerre.
07:43En revanche, les Émirats sont dans une posture très, très compliquée.
07:47Ils viennent d'avoir le message des Iraniens du contrôle de leurs eaux territoriales.
07:52Donc, ce n'est pas rien, c'est un encerclement des Émirats.
07:56Et les Émirats se retrouvent aujourd'hui dans la même posture que les Israéliens,
08:00qui aient une menace existentielle, vraiment sur leur…
08:03en tout cas économiquement, mais aussi géopolitiquement.
08:07– Avec Adèle, des gouvernements qui ne sont pas prévenus, pas tenus au courant par Donald Trump.
08:12Il a dit qu'il avait renoncé à ses frappes, à la demande de ses monarchies,
08:16sauf qu'en fait, elles derrière disent « mais non, mais on ne nous a jamais prévenus ».
08:19– Le seul pays qui a remercié officiellement Donald Trump,
08:23c'est le ministre des Affaires étrangères saoudien.
08:26Le Qatar, les Émirats, surtout les Émirats,
08:28l'homme le plus proche de MBZ, Mohamed Benzaïd, a tweeté pour dire
08:32comment la victime pourrait jouer le rôle d'intermédiaire.
08:36C'est impossible.
08:37Mais par contre, le Qatar a gardé le silence.
08:40Par contre, l'Arabie saoudite, si, si, officiellement,
08:42a remercié Donald Trump pour le report des frappes.
08:46Et on comprend très bien parce qu'il y a le hajj,
08:48et parce qu'il y a du…
08:49– Le pèlerinage à la Mecque.
08:50– Exactement, du dimanche.
08:52Et ensuite, il y a la fête du sacrifice, jeudi, jeudi, ou plus tard vendredi.
08:56Et donc, il y a tous ces événements qui concernent l'Arabie saoudite.
08:59Et aussi, dans les colis, il y a un diplomate saoudien qui me dit à moi
09:03qu'il est temps…
09:04Enfin, là, on voit que le torchon brûle entre les Émirats et l'Arabie saoudite.
09:09Il est temps que les Émirats cessent de considérer l'initiative saoudot-Qatari comme une trahison.
09:17Il est temps que les Émirats cessent de considérer les Pakistanais comme des traîtres.
09:22Le moment est très, très sensible.
09:24Il faut se comporter avec beaucoup de responsabilité.
09:27– Alors, parmi les alliés des Américains qui s'interrogent,
09:30il y a donc Israël, il y a les pays du Golfe,
09:32et puis il y a nous, pays membres de l'OTAN.
09:35Les ministres des Affaires étrangères de l'OTAN se réunissent en Suède
09:37pour un sommet de deux jours dans un contexte de fortes incertitudes.
09:42C'est vrai qu'il n'y a pas un mois sans une critique de Donald Trump
09:44contre l'alliance atlantique qu'il aime qualifier de tigre de papier.
09:48– Et on se pose la question, si jamais nous étions attaqués, nous, Européens,
09:51est-ce que les États-Unis interviendraient ?
09:52Les Européens qui ont de plus en plus de doutes,
09:54écoutez les mots du secrétaire général de l'OTAN, le Hollandais Marc Routte.
09:58– L'OTAN sera et restera toujours une alliance transatlantique.
10:03Pour maintenir la force de cette alliance,
10:04il est essentiel de répartir les responsabilités,
10:08de passer d'une dépendance excessive et néfaste envers un seul allié
10:12à un partage équitable des responsabilités en matière de sécurité collective.
10:17– Vous faites général, bah oui, dépendance excessive et néfaste,
10:21on ne l'entend pas souvent comme ça, Marc Routte ?
10:23– Non, justement, il avait qualifié Donald Trump…
10:27– Non, Dadi, enfin, bon, il a cessé de flatter en fait Donald Trump depuis des mois.
10:35Je pense que les pays membres de l'OTAN lui ont demandé de changer de posture,
10:42parce que dire néfaste, c'est quand même un mot très fort en langage diplomatique au sein de l'OTAN,
10:47et c'est un véritable enjeu, sachant qu'il y a un sommet de l'OTAN, je crois, en Turquie,
10:53bientôt.
10:56Et donc, la question de cette relation transatlantique est totalement posée.
11:01Je rappelle aussi que, durant ces jours, on n'en a pas beaucoup parlé,
11:05mais Washington en a remis une couche sur le Groenland,
11:08donc ça va être, après la guerre en Iran, ça sera l'autre sujet de friction au niveau international.
11:15– Laurent ?
11:16– Et je rappelle que…
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