Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 heures
Avec ses invités, Thierry Cabannes débattent des thèmes forts de la journée.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00On va changer d'affaire, mais on va parler de la petite Liana.
00:04Autre affaire, Jean Delacoste est avec nous ce soir sur Europe 1 et sur CNews.
00:06Merci d'être avec nous, Jean.
00:08Donc, après la mort de la petite Liana, une inspection a été donc diligentée
00:13pour cerner et analyser les défaillances dans les procédures
00:15qui visaient déjà Jérôme Barrella avant ce drame.
00:17Et après un pré-rapport rendu mi-juin, un second nous arrive aujourd'hui.
00:22Et que nous dit ce second rapport, Jean Delacoste ?
00:26Ce second pré-rapport qui arrive avant le rapport qu'on attend normalement.
00:29En septembre, 45 pages, revient sur d'autres plaintes visant Jérôme Barrella,
00:35notamment celle déposée à Béthune, dans le Pas-de-Calais, en octobre 2022.
00:41Et ce rapport relève que l'enquête sur des accusations de viol sur mineurs,
00:45je cite, a pâti d'un manque de moyens et de délais manifestement excessifs.
00:51Donc, la mère de la victime de 9 ans qui s'était rendue à l'époque
00:53chez les policiers pour faire état d'un viol survenu deux ans plus tôt
00:57dans le Gers par Jérôme Barrella, on découvre aujourd'hui des premiers manquements
01:01puisque l'audition de la victime, qui est une mineure, n'a pas été effectuée dans les règles
01:06en raison d'une pénurie de personnel spécialisé.
01:09L'enfant avait été entendu par une psychologue non-habilité
01:12qui avait signalé des incohérences dans les propos de l'enfant.
01:15Donc, à ce moment-là, le dossier était fragilisé.
01:17Il n'est pas devenu prioritaire.
01:20Il a été transmis au parquet d'Auches par courrier,
01:22puis renvoyé à Béthune sans explication.
01:25Dix mois de perdu.
01:26Puis classement sans suite.
01:28Il y a d'autres manquements qui sont soulignés, notamment dans l'affaire Rosa.
01:30Et il y a aussi ce fait étonnant que je vous relève,
01:34qui le fait d'un signalement fait par l'aide sociale à l'enfance,
01:38donc l'ASE du Tarn-et-Garonne en mars dernier
01:41pour l'agression de deux mineurs.
01:43Et ce signalement est arrivé, il était adressé au parquet d'Auches.
01:47Il n'a jamais été, il n'est jamais parvenu à son destinataire
01:50puisqu'il est arrivé dans les spams de la messagerie du parquet d'Auches.
01:54Philippe de Gestas, ancien officier et sous-préfet.
01:57C'est terrible, c'est accablant.
02:00Accablant.
02:00C'est accablant, alors ça dit non sur plusieurs choses.
02:03Le pré-rapport, le second pré-rapport parle de manque de moyens, par exemple.
02:07Il ne faut pas qu'on se trompe.
02:08La question n'est pas seulement du moyen.
02:10La question, c'est simplement de l'intérêt que l'on porte à la question.
02:13Il faut savoir aussi qu'aujourd'hui,
02:18la chaîne pénale au complète est déficiente dans cette affaire,
02:21que ce soit depuis les enquêteurs ou ceux qui ont pris les plans.
02:23Il y a tout dedans.
02:24Exactement, jusqu'au traitement.
02:26Il ne faut pas qu'on se trompe en se focalisant par...
02:29Vous citiez Jean Lacoste tout de suite, le parquet d'Auches,
02:33mais l'Auches n'est qu'à la fin d'un processus
02:35où il y a des manquements à toutes les étapes.
02:37Alors, on est étonné aussi qu'en 2026,
02:40il y ait encore des spams possibles dans une boîte.
02:44Ça, c'est lunaire, quand même.
02:46Alors, ça traduit quand même à une espèce de paupérisation,
02:50quand même, il faut le dire,
02:51à la fois intellectuelle et morale,
02:53et puis matérielle, de notre pays,
02:55et notamment dans un domaine qui est très important pour les Français,
02:59qui est celui de la justice.
03:00Paul Sugy.
03:01Il y a tous les ingrédients de tout ce qu'on dénonce
03:03sur nos antennes, sur Europe 1, sur CNews,
03:05dans cette affaire, il y a un arbre.
03:06Comme le souligne très bien Philippe de Gestas,
03:08effectivement, on n'a pas seulement le parquet d'Auches.
03:10Le parquet d'Auches a été très largement fautif,
03:12ça a été montré dans un premier temps,
03:14mais on a une succession de problèmes
03:18qui, imbriquaient les uns dans les autres,
03:20créent des trous dans la raquette de la justice pénale
03:23qui sont affolants.
03:25Et là, effectivement, il est permis de se demander,
03:28parce qu'il peut y avoir circonstanciellement
03:29des moyens, de personnel, etc., qui peuvent manquer,
03:32mais on peut se demander si, au global,
03:34l'intention, effectivement, de lutter
03:37contre toutes les formes possibles de violences
03:39faites aux enfants, sur ce dossier-là en particulier,
03:43sont véritablement présentes.
03:45Moi, j'entends beaucoup comme un slogan,
03:47vous savez, des justiciables dire
03:49« Je préfère faire confiance à la justice de mon pays ».
03:51Quand j'entends tout ça, j'ai du mal à vous dire
03:53ce soir sur ce plateau que je fais totalement confiance
03:55à la justice de mon pays.
03:57André Valédy, monsieur le ministre, avocat.
04:01Moi, je pense que dans cette affaire,
04:03on aura le résultat définitif
04:05de toutes les enquêtes qui ont été diligentées,
04:07des inspections qui ont été commandées.
04:10Je pense qu'on ne peut pas exclure
04:12qu'il y ait des défaillances individuelles,
04:14ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas aussi
04:16un manque de moyens réciproquement.
04:17Il peut y avoir les deux.
04:18Il peut y avoir un manque de moyens
04:20du début à la fin de la chaîne pénale,
04:22notamment au Parc et d'Auches.
04:24Et puis, il peut y avoir des défaillances individuelles.
04:26Mais pour ce qui est de la confiance
04:27dans la justice de son pays,
04:29me revient en mémoire ce qu'avait dit
04:30Pierre Méhaniori,
04:32qui n'était pas du tout juriste,
04:33il était ingénieur agronome.
04:35Et il avait été nommé ministre de la justice
04:37sous le gouvernement Balladur.
04:39Et à la fin de ses deux ans,
04:40à la chancellerie,
04:41on lui avait demandé
04:42ce qu'il retirait de cette expérience.
04:44Méhaniori avait dit
04:45« Je retire de cette expérience
04:47qu'il vaut mieux ne pas avoir affaire
04:49à la justice de mon pays. »
04:51Ah oui.
04:52Et c'était en quel année ça ?
04:5493-95.
04:55Voilà.
04:55Et nous sommes en ?
04:572026, nous.
04:58C'est bien cela.
04:58Nous sommes d'accord.
04:59Donc les choses n'ont pas beaucoup évolué.
05:01Et bien au contraire,
05:02j'aurais plutôt tendance à dire
05:03que les ont peut-être empirés,
05:04François Puponi, non ?
05:05Il y a un deuxième pré-rapport
05:07qui est quand même terrible.
05:09Le problème,
05:10parce qu'on est dans le rapport définitif,
05:12mais quand on voit
05:12les deux premiers pré-rapports...
05:13Ils sont accablants.
05:15Je pense que celui-là
05:15va être terrible pour la justice
05:17et pour les différentes fautes.
05:19Alors effectivement,
05:19il y aura à la fois
05:20des manques de moyens,
05:21des fautes personnelles.
05:22Mais ce que ne comprennent pas les gens
05:24et le fossé qui est en train de se créer
05:26entre le peuple et la justice
05:27qui se rend au nom du peuple,
05:29c'est le manque de sanctions.
05:30C'est qu'à la fin,
05:31on dit que c'est la faute à pas de chance,
05:33oui, il n'y a pas de moyens,
05:34ils n'étaient pas formés.
05:36Les premières sanctions
05:37que j'ai pu voir sur les gendarmes
05:38et sur une procureure,
05:40je crois,
05:40en étant déplacés,
05:43les gens ne peuvent pas comprendre ça.
05:45Vous vous souvenez,
05:46au moment de la marche
05:47et des hommages,
05:48etc.,
05:49nos équipes étaient sur place
05:50et certains habitants,
05:53et pas uniquement que des habitants,
05:54ils disaient,
05:54mais si ça continue,
05:56on va se faire justice nous-mêmes.
05:58Et puis on va demander
05:59le retour de la peine de mort.
06:00C'est ça qu'on a entendu.
06:01C'est ça qu'on a entendu.
06:02Et ça,
06:03après,
06:04je ne dis pas
06:04qu'il faut sanctionner tout le monde.
06:06Non, non, bien sûr.
06:06Mais ce sentiment
06:07d'irresponsabilité
06:09et d'incapacité
06:11à l'institution
06:11à se sanctionner elle-même,
06:14je pense que c'est audible
06:16pour les Français.
06:16Les gens ne peuvent plus le comprendre.
06:17Et c'est ce que disait
06:18Philippe de Gessas
06:19quand l'affaire de Liana a éclaté,
06:21il y a tout
06:22dans cette cocotte minute,
06:24tout ce qu'on dénonce
06:25sur l'antenne de CNews
06:26et sur Europe 1.
06:27Le manque de moyens,
06:29la sécurité,
06:30il y a tout.
06:30Il y a tout dedans,
06:31dans cette affaire.
06:32Elle résume tout.
06:33Et puis,
06:33n'oublions pas
06:33que ça se passe
06:35non pas dans un quartier difficile
06:37d'une grande métropole.
06:38Ça se passe à Béthune,
06:40ça se passe dans le Gers.
06:42Ce qui veut dire
06:42que cette paupérisation,
06:45comme je disais,
06:46à la fois morale et matérielle,
06:47elle concerne
06:48l'ensemble du territoire français.
06:49C'est-à-dire qu'elle nous concerne tous.
06:51C'est-à-dire qu'en réalité,
06:53on ne peut pas se dire
06:55qu'on est préservé
06:55parce qu'on habite ici ou là.
06:57Moi, je rejoins vraiment
06:59ce que vous disiez à l'instant,
07:00François,
07:00c'est-à-dire que
07:01c'est la question du régime
07:02de l'irresponsabilité.
07:04Je voudrais qu'on explique
07:05pourquoi est-ce qu'il y aurait
07:06des métiers,
07:07où il y aurait des fonctions
07:08dans lesquelles
07:09on serait irresponsable.
07:11Et véritablement,
07:12parce que c'est une exception en réalité.
07:14Alors, je ne dis pas
07:15que les responsabilités
07:16doivent être calculées
07:17de la même façon
07:17qu'on soit dans la fonction publique
07:19préfet ou magistrat.
07:21Mais personne ne peut comprendre
07:22pourquoi est-ce qu'il n'y a pas
07:24aujourd'hui
07:28de capacité à rendre compte
07:30des conséquences
07:31de ce qu'on a fait
07:32ou qu'on n'a pas fait.
07:33Mais ça, c'est insupportable
07:33pour les Français aujourd'hui.
07:34Et c'est à la fois moral
07:36et c'est à la fois juridique.
07:38François Puchini.
07:38Juste, le ministre hier
07:39a annoncé des chiffres
07:40qui m'ont horrifié.
07:41Il a demandé
07:42est-ce qu'il y a
07:43les fameuses études
07:44des 70 000 cas
07:45qui seraient...
07:46Il y a eu 800 incarcérations.
07:49Et en reprenant les dossiers,
07:50on s'est dit
07:50ah bah oui.
07:51Oui, 800 qui étaient en liberté.
07:53Peut-être qu'il y en a 800
07:53qui étaient en liberté
07:54qui ne devraient pas y être.
07:56Sur la relative responsabilité
07:57dont jouissent les magistrats,
07:58moi ce qui me fascine,
07:59c'est le parallèle
08:00que l'on peut faire
08:01avec ce qui se passe
08:01à l'intérieur de la police.
08:03Et c'est très sain d'ailleurs.
08:05Mais il y a un processus
08:07d'enquête
08:07à l'intérieur de la police
08:09avec l'inspection générale
08:10de la police nationale,
08:11notamment l'IGPN
08:12qui est saisi
08:13avec une rapidité extraordinaire
08:15dès que lors
08:16qu'il y a la moindre suspicion
08:18sur un acte commis
08:20par un membre
08:20des forces de l'ordre
08:21qui aurait pu
08:22d'une façon ou d'une autre
08:24intervenir
08:24pas dans la façon
08:25dont il aurait dû s'y prendre.
08:27C'est systématique,
08:28rapide
08:29et ça peut entraîner
08:31des sanctions
08:32d'une gravité exemplaire
08:34et je suis surpris
08:35alors qu'en réalité
08:36les magistrats
08:37tout comme les forces
08:38de l'ordre
08:39ont la vie
08:40des Françaises
08:40et des Français
08:41entre leurs mains
08:42qu'il n'y ait pas
08:43d'équivalent
08:45au sein de la magistrature
08:46et qu'il ne puisse pas
08:47y avoir des sanctions
08:48disciplinaires
08:49prises avec la même rapidité
08:50et avec la même fermeté
08:51lorsqu'il est établi
08:53que par leur décision
08:55ou par leur absence
08:56de décision
08:57des magistrats
08:57ont mis en danger
08:58des vies humaines.
08:59Et on verra
09:00le programme
09:01des candidats potentiels
09:03ou annoncés déjà
09:04pour 2027
09:05s'ils tiennent compte
09:07de tout cela.
Commentaires

Recommandations