00:00On peut comprendre bien évidemment votre émotion Dominique, surtout en étant infirmière et infirmière en soi palliatif.
00:10Sacha Oulier, le député de la Vienne qui est avec nous, rappelait juste avant cette courte pause
00:16que la loi visant à développer les soins palliatifs avait été décorrélée de celle qui administrait la mort
00:25et qui a été votée hier. Jules Torres dit que ça n'était pas le cas, à juste titre, vous
00:31le dites, ça n'était pas le cas au début.
00:33Dominique, est-ce que vous avez une question à poser à Sacha Oulier ?
00:38Justement, je voulais demander, justement, est-ce que vraiment ils vont développer des soins palliatifs ?
00:42Parce que moi, autrefois, quand j'ai travaillé, on ne les avait pas vraiment développés.
00:48Ça coûtait un coût, enfin c'était un coût énorme.
00:51Et vu l'état de la France actuellement, je me demande si ça va être possible d'augmenter encore plus
00:59les soins palliatifs.
01:02Sacha Oulier, la réponse du député que vous êtes.
01:06Bonjour madame. Alors, il y a effectivement des crédits qui sont alloués dans la loi qui a été votée
01:10et qui est promulguée le 26 mai 2026, donc il y a deux mois de cela désormais.
01:15J'avais évoqué les 1,8 milliard d'euros qui sont consacrés à l'ouverture de moins une unité de
01:21soins palliatifs par département
01:23et avec un objectif d'atteindre un minimum de deux unités par région.
01:27L'échéance fixée pour ça, c'est la fin de l'année 2030.
01:31Sur ce que vous aviez dit sur le sujet de la décision qui doit être prise par le malade dans
01:38un délai de 48 heures,
01:39je voudrais vous apporter une précision, puisque le patient qui remplit les conditions
01:44et dont le médecin doit vérifier qu'il remplit les conditions, il présente une première demande,
01:48le médecin examine sa demande, il réunit un collège de professionnels,
01:53ensuite il a 15 jours après la réunion de ce collège de professionnels pour donner son avis
01:57et ce n'est qu'après l'avis du médecin que le patient qui a présenté une première demande
02:02doit la confirmer dans un délai de 48 heures.
02:04Donc on a bien un délai qui est suffisamment, en tout cas qui est organisé pour être long
02:08pour que le patient qui se ravise puisse le faire et ce à tout moment de la procédure.
02:12C'est-à-dire que même s'il se ravise à la toute fin de la procédure,
02:16il peut finalement renoncer à l'aide à mourir quand bien même il l'a sollicité à plusieurs reprises dans
02:21le processus.
02:23Je vais devoir apporter une précision, mais on parle de 15 jours maximum.
02:28Donc c'est un délai qui est maximal et donc ça peut être bien moindre
02:33et sachant encore une fois qu'on ne réunit pas de collège pluriprofessionnel
02:36puisque tout ça peut s'opérer à distance et sans examen du patient.
02:41Et sur votre deuxième point, encore heureux que la personne puisse se raviser
02:46même si on a vu notamment récemment au Canada une personne qui le jour dit ne voulait plus bénéficier de
02:53l'euthanasie
02:54et qui a été poussée par ses proches et par les soignants.
02:56C'est tout le problème d'une procédure létale.
02:58À partir du moment où on est dans un processus, évidemment qu'on est poussé à aller jusqu'au bout.
03:04La question qui se posait, c'est est-ce que dans ce processus de collégialité,
03:09et je mets des guillemets à collégialité puisqu'il y a le médecin généraliste qui suit le patient
03:15et qui va donc suivre la procédure d'euthanasie ou du suicide assisté,
03:20mais il doit avoir également un avis de deux autres professionnels de santé,
03:27mais parmi ces professionnels de santé, il n'y a pas une obligation par exemple
03:31d'avoir un psychothérapeute ou un psychiatre.
03:34Non, alors on a effectivement un avis qui n'est pas contraignant d'un autre médecin,
03:38qui n'est pas obligé d'examiner la personne,
03:40donc vous pouvez appeler un collègue qui vous donnera son avis
03:44et même ne pas en tenir compte puisque ça n'est pas contraignant,
03:47et effectivement d'un autre soignant ou auxiliaire médical.
03:52Et donc c'est une catégorie assez large,
03:54et encore une fois sur des personnes qui ne connaissent pas la personne,
03:57des personnes qui ne font pas partie de l'équipe soignante,
04:01et ce qu'on voit dans les autres pays, c'est que généralement,
04:03certains médecins se spécialisent dans cet acte et deviennent un peu des référents,
04:08et avec, je pense, une question psychologique très lourde pour ces médecins
04:11qui vont devoir assumer et effectuer plusieurs actes létaux assez régulièrement.
04:19Et donc je pense que, bien loin de renforcer les droits des patients,
04:23là on renforce une forme de toute puissance médicale
04:26contre laquelle on se bat depuis des décennies,
04:28mais malheureusement c'est aujourd'hui un retour en arrière.
04:30Je vous propose d'écouter, allez-y Sacha Oulier, député de la Vienne,
04:34qui a voté favorablement pour la loi sur la fin de vie.
04:37C'est un point où je ne serai pas forcément en accord avec ce qui vient d'être dit par
04:40vous,
04:40monsieur le professeur, parce que d'abord le médecin qui réunit le collège,
04:45il se réunit avec un spécialiste de la pathologie,
04:48donc il doit connaître l'état de santé du patient en lien avec l'affection qu'il présente,
04:53et puis il doit se réunir aussi avec un soignant,
04:55qui certes est peut-être un paramédical,
04:57mais qui, dans les conditions posées par le texte,
05:00est un paramédical qui intervient dans le traitement.
05:02Non, pardon, il est écrit, ou à défaut, un autre auxiliaire médical.
05:07Mais qui intervient dans le traitement.
05:08Non, non, non, mais c'est là où, pardon,
05:11mais c'est un texte qui est excessivement mal rédigé,
05:14et sur un sujet comme ça, je pense qu'il aurait fallu un peu plus de sérieux.
05:17Alors, sur les travaux des législateurs,
05:19il a été clairement explicité que c'était une...
05:21Enfin, pour le coup, il avait le paramédical en question,
05:23il était un intervenant auprès du patient qui présente la demande.
05:28Voilà.
05:29Non, non, il est bien écrit, ou à défaut, d'un autre auxiliaire.
05:32Et on voit là aussi une difficulté, tout de même,
05:37et ce qui peut-être explique le manque de consensus
05:43jusqu'à l'intérieur de la société,
05:45c'est-à-dire cette division qui peut se faire.
05:46Vous êtes sûr de vous, l'Eurofrément ?
05:48Tout à fait.
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