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  • il y a 49 minutes
Ce vendredi 10 juillet, les inquiétudes des pays européens autour de la candidature de Marine Le Pen à l'élection présidentielle de 2027 et le bilan financier de l'année 2026, ont été abordés par Laurent Vronski, directeur général d'Ervor et secrétaire général de Croissance Plus, Erwan Le Noan, fondateur d'AKA Strategy et directeur de l'IREF, et Rayan Nezzar, professeur à Sciences Po, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Vous êtes toujours en direct sur BFM Business, c'est les experts pour une demi-rencore de débats et de
00:07controverses là.
00:08On va sortir un peu des frontières françaises pour s'intéresser à ce que pensent nos voisins européens
00:14de l'égibilité de Marine Le Pen qui était donnée pour morte politiquement dans beaucoup de capital
00:22et aujourd'hui à Bruxelles comme à Berlin notamment, le retour de Marine Le Pen dans la course à l
00:29'Elysée inquiète davantage
00:32qu'une candidature de Jordan Bardella, c'est ce qu'on voit dans pas mal de coupures de presse.
00:40Pourquoi Ryan Neza ? C'est le même parti, c'est le même programme après tout ?
00:45En réalité aujourd'hui, je me suis replongé dans le programme présidentiel de 2022 de Marine Le Pen pour préparer
00:50cette émission
00:51et en réalité, je pense que tous les diplomates européens en poste à Paris ou à Bruxelles sont en train
00:55de faire la même chose
00:57et quand on se plonge, quand on décortique, le programme de Marine Le Pen représente un risque systémique pour l
01:04'Europe en réalité.
01:05Je vais prendre trois exemples. En matière économique et budgétaire, la grande proposition de Marine Le Pen, c'est la
01:10retraite à 60 ans.
01:11Oui. L'Institut Montaigne avait chiffré cette réforme entre 25 et 30 milliards d'euros.
01:1662 ans aujourd'hui et 60 ans pour les carrières longues.
01:20Ceux qui ont commencé...
01:21Pas que les carrières longues, en réalité.
01:24Effectivement, leur projet a changé, mais le projet de 2022, c'était la retraite à 60 ans avec 40 annuités.
01:29C'est un coût qui représente deux fois le budget de nos universités.
01:34Deuxième proposition, il y a des propositions d'augmentation de dépenses publiques dans tous les secteurs.
01:39Les retraites, la santé, les EHPAD, l'école, la justice, la police, les armées, tous les secteurs.
01:45Et des baisses d'impôts pour tout le monde. Au total, toujours l'Institut Montaigne, avait chiffré à plus de
01:50100 milliards d'euros par an le coût de ce projet présidentiel.
01:54Troisième élément en matière économique, la sortie du marché européen de l'électricité.
01:58Alors que la France était excédentaire de 5 milliards l'an dernier, puisqu'on exporte plus d'électricité qu'on
02:03en apporte grâce à notre parc nucléaire historique.
02:08Et donc, l'ensemble de ce projet économique conduirait, s'il était appliqué aujourd'hui en 2027,
02:14conduirait la France à avoir un déficit public de plus de 8% de sa richesse nationale.
02:18Très concrètement, c'est un risque d'accident sur les marchés financiers pour la France,
02:23et une exposition pour à la fois l'euro et nos partenaires européens sur les marchés financiers.
02:29Je poursuis avec les risques politiques et géostratégiques.
02:32Le risque politique, il est que dans le projet présidentiel de Marine Le Pen,
02:36alors il n'y a plus le Frexit en tant que tel, puisque...
02:38Oui, c'est ça, c'était la principale menace sur l'euro.
02:41Bon, ça a été écarté, puisque le RN a bien vu que le reste ne voulait pas.
02:44Pour le dire très cash, c'est très hypocrite.
02:46En 2017, c'était en fait assez sincère, parce que c'était un référendum,
02:49un peu comme les Britanniques l'ont fait,
02:52pour la sortie ou contre la sortie de l'Union Européenne qui était proposée.
02:55En 2022, il n'y avait pas cette idée de référendum, il y avait l'idée de dire
02:58on ne va pas respecter les règles du marché intérieur,
03:00donc on va rétablir le contrôle des marchandises, des personnes aux frontières,
03:03il y aura des files d'attente, etc.
03:04Mais on ne veut pas sortir formellement de l'Union Européenne.
03:07De la même manière, on va baisser de 25 milliards, nous dit le projet du RN,
03:11on va baisser de 25 milliards d'euros sur le quinquennat
03:13la contribution de la France au budget européen,
03:15mais on ne veut pas sortir du budget européen.
03:16On veut bien continuer à toucher la PAC, parce que c'est important pour nos agriculteurs.
03:20Donc si je résume, ne pas respecter les règles, ne pas payer sa part du budget,
03:24concrètement, ça veut dire une crise politique majeure
03:26entre la France et la Commission Européenne,
03:28entre la France et ses partenaires, notamment l'Allemagne et l'Italie.
03:31Et puis enfin, au plan géostratégique, je rappelle qu'en 2022,
03:35ça peut surprendre aujourd'hui,
03:37mais le projet du RN, c'était l'alliance militaire avec la Russie.
03:40C'était écrit noir sur blanc dans leur projet.
03:43Je doute qu'ils osent proposer ça pour 2027,
03:45mais ça veut dire quand même qu'à la table du Conseil Européen,
03:48ils auront un droit de veto.
03:49Et donc comme M. Orban le faisait quand il était à la tête de la Hongrie,
03:53ils pourront, s'ils sont à la tête du pays,
03:55bloquer des décisions de soutien financier, militaire à l'Ukraine,
03:58et bloquer de manière générale le fonctionnement de l'Union Européenne.
04:02Donc c'est pour ça que je dis, j'ai essayé de le montrer avec quelques exemples,
04:04pour être objectif et factuel.
04:07Ce projet présidentiel est un risque systémique pour l'Europe.
04:10Oui, le risque, c'est une urbanisation finalement de la France, effectivement,
04:14sauf que la France n'est pas la Hongrie,
04:16on est la deuxième puissance européenne,
04:18et que c'est un risque beaucoup plus majeur.
04:21Alors, si je résume,
04:22on n'est plus sur un risque de sortie de la France,
04:26mais que la France soit au sein de l'Europe,
04:28le maillon faible en termes budgétaires,
04:30Erwin Lenore.
04:31Oui, puis au-delà, comme on le disait très justement à l'instant,
04:34au-delà du budgétaire,
04:35que ce soit non seulement le maillon faible,
04:37mais le plus gros facteur de risque et de déstabilisation.
04:43Dans votre question, il y avait aussi,
04:45pourquoi, de toute façon,
04:48la candidature de Marine Le Pen inquiète plus...
04:50plus que Jordan Bardella ?
04:51Que celle de Jordan Bardella.
04:52Je pense que c'était assez une illusion
04:55qui avait pu être entretenue,
04:57que Jordan Bardella et Marine Le Pen
04:59n'auraient pas les mêmes visions de l'économie.
05:03Quand leur entourage discute en privé,
05:06ils expliquent qu'ils ont la même vision,
05:08mais c'est un discours pour expliquer
05:09à quel point ils sont proches.
05:10L'image a été que Jordan Bardella
05:13serait plus pro-business que les Marine Le Pen,
05:16qui, elle, a quand même une vision très interventionniste,
05:20très souverainiste et très dépensière
05:22du rôle de l'État dans l'économie.
05:25Il était plus conciliant, Jordan Bardella,
05:27avec l'Europe.
05:28Il a donné notamment, au mois d'avril,
05:30une interview à la Frankfurter Allgemeine Zeitung
05:33où il expliquait que le président français
05:35devait fonctionner main dans la main
05:37avec le chancelier allemand
05:39et qu'il y avait beaucoup de points de convergence
05:41sur l'immigration, la compétitivité, etc.
05:45avec la TNU allemand.
05:47C'était la converse allemand, non ?
05:49Non, mais il y a eu tout un travail
05:50d'une tentative de normalisation du RN
05:53sur les questions économiques et européennes.
05:55Cela étant, moi, je pense qu'ils se sont
06:01considérablement nuits en termes d'image
06:03et de positionnement économique,
06:05avec un sujet qu'on évoquait tout à l'heure
06:07qui est le projet de loi de finances pour 2026.
06:10Quand ils ont eu, dans l'hémicycle,
06:13le discours sur la réforme des retraites
06:17et la retraite de 60 ans,
06:18quand ils ont voté des augmentations d'impôts,
06:20notamment sur les plus riches,
06:21avec un discours...
06:22Sur les grandes entreprises.
06:24...qui était quand même anti-riches,
06:26anti-grandes entreprises,
06:27qui, je crois, a refroidi un certain nombre
06:31de dirigeants économiques français
06:34ou internationaux,
06:35qui s'étaient dit,
06:35« Bon, ce n'est pas notre tasse de thé spontanément,
06:40mais ils vont faire quelque chose
06:41comme ce qui s'est passé en Italie,
06:44où il y a une leader populiste qui est élue,
06:47mais qui a derrière une crédibilité économique. »
06:48L'effet Mélanie a beaucoup joué.
06:50Oui, l'effet Mélanie a beaucoup joué.
06:51...d'avis du Rassemblement national.
06:52...et qu'ils en ont joué.
06:53Mais ils se sont nuits
06:55et ils ont quand même assez joué eux-mêmes
06:58contre leur camp avec le projet de loi de finances.
07:00Et Marine Le Pen, apparaissant comme étant...
07:02et affichant elles-mêmes un discours économique
07:05beaucoup plus interventionniste,
07:06ça augmente l'incertitude et l'inquiétude.
07:09Mais je ne suis pas convaincu
07:10qu'il y ait des si grandes différences,
07:11en réalité, dans la façon
07:14qu'ils pourraient avoir de gouverner.
07:16Bon, Laurent ?
07:18On parlait d'incertitude.
07:19Donc, moi, je suis dans la concrétude
07:22et je me dis, finalement,
07:23c'est quoi le programme économique du Rennes ?
07:25C'est très flou encore.
07:26Voilà, c'est très flou.
07:28Donc, du coup, finalement,
07:29moi, je serais incapable de le définir
07:31parce que je dois dire qu'il est assez émouvant.
07:33Alors, après, on peut croire
07:36que ça sera comme ce qui se passe à côté,
07:38mais on n'en sait absolument rien.
07:39Donc, ça rajoute une incertitude
07:42puisque je veux dire qu'elle est donnée
07:43largement gagnante dans les sondages.
07:45Mais moi, aujourd'hui,
07:46je suis incapable de vous dire
07:47quelle est la ligne claire,
07:48quelle est l'épine d'orce à l'économique.
07:50On a ces deux têtes
07:51avec un Jordan Bardella
07:52qui est vu comme plutôt pro-business
07:53et une Marine Le Pen social-étatiste.
07:55Sauf que là, c'est Marine Le Pen
07:57qui reprend très clairement les clés du camion.
07:59Rien n'est un.
07:59Juste là-dessus, on disait
08:00les deux n'ont pas la même vision de l'économie.
08:02Je suis encore plus dur.
08:04Je pense que les deux n'ont pas
08:04de vision de l'économie.
08:06Je prends un exemple
08:06qui est le sujet de l'énergie
08:08qui est aujourd'hui fondamental
08:09à la fois pour la compétitivité
08:11des entreprises françaises
08:12et plus largement
08:13pour l'avenir du continent européen.
08:15Les propositions qui sont faites,
08:17je le disais,
08:17à la sortie du marché européen
08:18de l'électricité,
08:19c'est quand même...
08:20On se tire une balle dans le pied.
08:22Voilà un domaine
08:22dans lequel on est meilleur.
08:23Philippe Tanguy
08:23qui est le grand spécialiste
08:24au Rassemblement National
08:25vous explique
08:26qu'il n'a jamais été question
08:28de couper les câbles
08:29que ce serait idiot
08:30mais de revoir
08:31les règles de tarification
08:33au niveau européen.
08:35Je confirme également
08:35que ces règles
08:36ont été revues en 2024
08:37et que leurs eurodéputés
08:38ont voté contre
08:39la révision de ces règles
08:40donc il faut être
08:41un petit peu cohérent
08:41dans la vie.
08:42Et par ailleurs,
08:43je confirme que c'était écrit
08:44noir sur blanc.
08:44Je me suis encore rendu
08:45sur leur site hier soir
08:46pour préparer nos échanges
08:47de ce matin.
08:49Il faut quand même
08:49être assez factuel
08:50quelles que soient
08:51les opinions des uns
08:51et des autres.
08:52Chacun a le droit
08:53d'avoir des opinions
08:53mais j'essaie d'être objectif.
08:56Deuxième exemple
08:56sur l'énergie,
08:57la TVA 5.5 sur le carburant.
08:59Oui, c'est sympathique
09:00pour les automobilistes,
09:01ça j'en doute pas
09:01et je comprends
09:02que ça puisse être fait
09:03en période d'augmentation
09:04des prix du pétrole
09:05mais je rappelle
09:06que ce sont des énergies fossiles
09:07qu'on importe.
09:09On ne produit pas
09:09de pétrole en France.
09:10On n'extrait pas
09:11de pétrole en France.
09:12Donc c'est là encore
09:13une dépendance vis-à-vis
09:14notamment du Moyen-Orient
09:15qu'on renforcerait
09:16avec cette proposition.
09:17Dernier élément,
09:18la fin des investissements
09:19dans les énergies renouvelables.
09:20Là aussi,
09:21on se tire une balle
09:21dans le pied.
09:22On peut très bien se dire
09:23qu'il y a des investissements
09:24qui coûtent trop cher,
09:25qu'il faut renégocier
09:26des contrats,
09:26notamment sur les énergies solaires,
09:28qu'il faut accélérer
09:29des procédures.
09:30Je suis complètement d'accord
09:31avec tout ça.
09:32Mais de dire
09:33la France va arrêter
09:34l'énergie solaire,
09:35va arrêter l'éolien,
09:36mais c'est au moment
09:37où tous nos voisins
09:38sont en train d'accélérer.
09:39C'est quand même là aussi
09:40une balle dans le pied
09:41qu'on se tire.
09:42Et si vous regardez
09:44les unes de presse
09:45internationales
09:46au lendemain
09:47de la condamnation
09:48en appel
09:48et de l'annonce
09:49du pourroi en cassation
09:50de Marine Le Pen,
09:51vous constatez en fait
09:52l'ampleur
09:52du problème de confiance
09:54que représenterait
09:55son élection
09:55à la tête du pays.
09:57En même temps,
09:57les droits populistes
09:58augmentent absolument
09:58de partout en Europe.
10:00On a beaucoup d'élections
10:02très importantes
10:02qui arrivent l'année prochaine.
10:03Et vous avez la moitié
10:05des textes au Parlement européen
10:06qui sont aujourd'hui
10:07votés entre le PPE,
10:08le parti de droite
10:11traditionnel européen.
10:12Et avec beaucoup
10:12de retours en arrière.
10:13Et avec beaucoup
10:14de retours en arrière.
10:15Je prends juste,
10:15pardon,
10:16je suis un peu long,
10:16mais pour terminer,
10:17je me suis noté
10:18les quelques exemples
10:19d'une de presse
10:19parce que je trouve
10:20que c'est intéressant
10:20aussi de se décaler
10:21par rapport à une vision
10:22franco-française,
10:23de voir comment nos voisins
10:25regardent le débat politique français.
10:26C'est le sujet de ce débat.
10:27Der Spiegel en Allemagne
10:28qui dit
10:29c'est quand même étonnant,
10:30elle est condamnée deux fois,
10:31elle se présente quand même,
10:32elle avait dit
10:33qu'elle ne se présenterait pas
10:34si elle était condamnée
10:35une de deux fois.
10:37Ils ne sont pas provocateurs
10:40parce qu'ils n'ont pas
10:41ce registre-là,
10:43mais ils disent
10:43qu'il y a quand même
10:43un petit problème de confiance.
10:45La BBC,
10:45alors certes,
10:46ils ne sont plus dans l'Union Européenne,
10:47les Britanniques,
10:47mais enfin bon,
10:48c'est quand même un partenaire,
10:49y compris en matière de défense,
10:51inquiète
10:51de l'euroscepticisme du RN,
10:53notamment de Marine Le Pen,
10:54et inquiète
10:55des conséquences
10:56que cela pourrait avoir
10:57pour la guerre
10:58entre la Russie et l'Ukraine.
11:00Coriore della Sera,
11:01en Italie,
11:02qui dit
11:02il y aura encore un Le Pen
11:03comme depuis 45 ans en France,
11:05donc finalement
11:05la classe politique française
11:06ne se renouvelle pas.
11:07Elle paillisse en Espagne,
11:09Marine Le Pen a trahi sa parole
11:10de ne pas se représenter
11:11et donc là aussi
11:12problème de confiance.
11:13L'Espagne est quand même
11:14un des parties
11:15qui terminent de l'Union Européenne.
11:16New York Times,
11:18avec le président Trump
11:19à la tête des États-Unis,
11:20New York Times
11:20fait une comparaison
11:21très directe
11:22entre la manière
11:23dont les dirigeants du RN
11:24ont parlé de la justice française,
11:26la manière dont ils ont essayé
11:27de mon point de vue
11:28de faire pression
11:28pour qu'il n'y ait finalement
11:29pas de décision de cassation
11:31avant l'élection présidentielle,
11:32donc en fait tout ça
11:33passe un peu sous le tapis,
11:35ils ont comparé ça
11:36avec le comportement
11:36de Donald Trump.
11:37Donc vous voyez,
11:38l'image qu'on est en train
11:39de renvoyer à l'international,
11:41ça compte aussi,
11:42ça compte pour la crédibilité
11:43du pays,
11:43ça compte pour son poids
11:45à l'international
11:46et je pense quand même,
11:47malgré toutes les critiques
11:48qu'on peut faire
11:48au président Macron,
11:49que c'est un des éléments
11:50sur lesquels il y a
11:51des points positifs
11:52dans son bilan
11:53et enfin ça va compter aussi
11:54pour les entreprises françaises
11:55parce qu'à chaque fois
11:56qu'on va exporter,
11:57on va regarder aussi
11:58quels sont les dirigeants
11:59de notre pays.
12:00Thierry Ruel réagit
12:01sur le compte Twitter,
12:02n'hésitez pas à réagir.
12:03Les gens votent
12:04pour le rêve
12:05de voir Trump
12:06qui allait faire baisser
12:08les prix
12:08et finalement,
12:09tout augmente.
12:11Voilà.
12:12Je...
12:13Non mais absolument d'accord
12:15avec tout ce qui vient d'être dit,
12:16c'est-à-dire qu'effectivement,
12:17Marine Le Pen inquiète,
12:19l'élection de Marine Le Pen
12:20et du RN de manière générale,
12:21inquiète nos partenaires.
12:24Plus largement,
12:25l'élection présidentielle française
12:26inquiète nos partenaires
12:27parce qu'il voit comme nous
12:30qu'il y a Jean-Luc Mélenchon
12:31de l'autre côté
12:31et que le bloc central
12:32ne brille pas nécessairement
12:34par une vision très claire,
12:36un projet très enthousiasmant
12:37et une dynamique électorale
12:39très forte.
12:40Mais je pense que tout ça
12:41n'a aucun effet
12:42sur les électeurs
12:43qui s'apprêtent à voter RN,
12:44de savoir que les Allemands
12:45ne sont pas contents
12:46ou que les Espagnols non plus,
12:47ça...
12:48Ils s'en moquent complètement.
12:49Ils s'en moquent complètement.
12:50Par contre,
12:50il faut leur faire comprendre
12:52sur les...
12:53pour mesurer
12:54ce que serait une élection
12:56de Marine Le Pen,
12:56de Jean-Luc Mélenchon ou pas,
12:59c'est les risques
13:00que cela emporte
13:01pour eux,
13:02pour leur épargne,
13:03pour l'économie
13:03parce que,
13:04comme on le disait
13:04très justement à l'instant,
13:06il y a un risque
13:08de crise
13:09qui dépasse la France
13:10en cas de politique budgétaire,
13:12quel que soit le gouvernement,
13:13mais de politique budgétaire
13:15irresponsable
13:15et que nos partenaires,
13:17la BCE,
13:17y sont attentifs,
13:18qu'ils commencent
13:19à se répéter
13:20la petite musique
13:21dans Paris
13:21qu'à partir de juillet 2027,
13:24la Banque Centrale Européenne
13:25sera très vigilante
13:27sur ce qui se passera
13:28en France
13:28et qu'au bout d'un moment,
13:30on va arrêter de...
13:31elle sifflera
13:32à la fin de la récréation.
13:35Une crise budgétaire,
13:36une crise politique européenne,
13:38ça veut dire concrètement
13:39une France
13:40qui s'affaiblit politiquement,
13:41mais ça veut dire
13:42des...
13:43comment...
13:43de la croissance en moins,
13:44ça veut dire
13:45de l'épargne des Français
13:46qui est menacée.
13:48Le risque,
13:48il est là.
13:49Et ça,
13:50je pense,
13:50ça a plus d'impact
13:51sur les électeurs
13:52au demeurant
13:52et très financièrement
13:53que le fait
13:55que les Allemands
13:55ne seront pas contents.
13:56Bon, Laurent,
13:56des électeurs
13:57qui vous diront
13:57en même temps
13:58qu'on a mis
13:59mi-milliard de dettes
14:00supplémentaires
14:01sur leur dos
14:01ces dix dernières années,
14:03que l'État budgétaire
14:04est absolument catastrophique
14:05et que finalement,
14:06les seuls
14:07qu'on n'ait pas essayés,
14:08c'est le Rassemblement
14:08National
14:09ou la France Insoumise.
14:10Là,
14:11nous,
14:11on a un débat
14:12très rationnel,
14:13on a quand même
14:14un peu de compétence économique,
14:15donc tous les arguments
14:16qui sont soulevés
14:17sont probants,
14:18mais je veux dire
14:18qu'il y a beaucoup
14:19de colère dans le pays.
14:21Il y a beaucoup de colère
14:22concernant des sujets
14:23de la vie de tous les jours.
14:24Ce n'est pas des gens
14:25qui sont en train
14:26d'analyser le PIB,
14:27la dette française.
14:29Donc,
14:29le problème de ça,
14:30c'est que quand vous avez
14:31de la colère,
14:31c'est là pour toutes les situations,
14:33elles vous aveuglent.
14:33Ça n'est pas rationnel.
14:34Ça n'est pas rationnel.
14:35Et donc là,
14:36on court le risque
14:37d'avoir un vote
14:38qui soit un vote contestataire
14:40de colère,
14:41etc.,
14:41qui sera motivé
14:42par de l'émotion,
14:44qu'on peut tout à fait comprendre.
14:46Et puis,
14:48après,
14:48l'argument,
14:48c'est de dire
14:49qu'on verra.
14:49Donc,
14:50on est tous d'accord
14:50que,
14:51et on vient de l'évoquer,
14:52ce programme économique
14:53assez fluctuant
14:54comporte énormément de risques,
14:56mais il faut bien comprendre
14:57ce qui est à l'origine de ça
14:58et ce qui est à l'origine
14:59des votes populistes
15:00dans le monde occidental.
15:01La France n'est pas,
15:02comme vous l'avez souligné,
15:03Raphaël,
15:04n'est pas une anomalie.
15:05Donc,
15:06si on ne s'adresse pas
15:07à ces sujets
15:08qui sont concrets,
15:09c'est quoi la première préoccupation
15:10des gens ?
15:11C'est le pouvoir d'achat.
15:12C'est le pouvoir d'achat.
15:13Voilà.
15:14Globalement,
15:14je vais au supermarché.
15:15Est-ce que je peux acheter plus ?
15:16Avec un taux de pauvreté
15:17qui atteint des recours.
15:18Je vais à la pompe.
15:18Et après,
15:19c'est la sécurité.
15:20On est dans la concrétude,
15:21on n'est pas dans les grands
15:22concepts philosophiques.
15:23Tant que ces sujets-là
15:24ne seront pas traités,
15:25on courra le risque
15:26d'avoir,
15:27je dirais,
15:27des discours très populistes
15:30qui exploitent cette colère.
15:31Vous êtes d'accord avec ça,
15:32Ryan ?
15:32Complètement d'accord.
15:33Et il va falloir que
15:34dans l'ensemble du débat public,
15:36ceux qui sont candidats
15:37comme ceux qui n'étant pas candidats,
15:39mais comme vous,
15:40ont quand même une voix qui porte,
15:42puissent mettre des propositions
15:43sur la table concrètes
15:44qui parlent à l'ensemble des Français
15:46et qui apportent des solutions.
15:48Bon,
15:48ce sera certainement,
15:49ce sera évidemment
15:51l'un des grands sujets
15:53des prochains mois
15:54et on suivra tout ça
15:55de très près
15:56dans le cadre
15:56de la campagne présidentielle.
15:58Mais pour terminer,
15:59je voulais votre avis
16:00sur ce qui vous avait marqué,
16:02le fait économique
16:03de l'année,
16:04selon vous,
16:05et ce que vous allez surveiller
16:07l'année prochaine,
16:08les signaux faibles
16:11qui dicteront
16:12la conduite de l'économie
16:13dans un sens
16:14ou dans l'autre
16:15en 2026-2027,
16:17Erwan Lenoan.
16:18Le fait économique
16:20macro-majeur
16:21pour moi,
16:21c'est évidemment
16:22le conflit au Moyen-Orient
16:24qui,
16:25pour ce qu'il a eu
16:26comme effet immédiat
16:27sur les prix de l'hydrocarbure,
16:28sur la perturbation
16:30des chaînes de valeur
16:31et du commerce international
16:32et pour ce que ça révèle
16:33du niveau
16:34de tensions géopolitiques,
16:37d'incertitudes géopolitiques,
16:39aujourd'hui,
16:40on en parlait tout à l'heure,
16:41les conflits reprennent
16:44ou en tout cas
16:44les échanges militaires
16:45reprennent.
16:46On est dans une phase
16:48qui est très périlleuse,
16:53très dangereuse
16:54et très incertaine.
16:56Ça, pour moi,
16:57c'est le fait majeur
16:58des derniers mois
17:00et pour ce que ça révèle aussi
17:02des limites
17:03de la puissance américaine
17:04à certains égards,
17:06de l'attitude de Donald Trump,
17:08la stratégie de Donald Trump
17:09vis-à-vis des mouvements
17:11de révolution en Iran
17:13qu'il a finalement
17:15échoué à soutenir.
17:17À mon avis,
17:18un fait structurel
17:19et structurant
17:20des prochaines années.
17:21Sur les prochains mois,
17:23je vais dire quelque chose
17:24de très banal.
17:25Moi, ce que je vais surveiller,
17:26c'est le projet
17:27de loi de finances
17:28et le positionnement
17:29des candidats
17:31à l'élection présidentielle
17:32et de leur parti
17:33qui vont nous annoncer
17:34des grandes réformes
17:35ou des grands changements
17:37politiques,
17:38quels qu'ils soient
17:38pour mars,
17:39mais qui,
17:40en trois mois
17:41ou quatre mois avant,
17:42vont voter un budget
17:43qui sera comme tous les autres,
17:44fait de fiscalité accrue
17:45et de dépenses publiques
17:47probablement au mieux stables.
17:50Même question,
17:50Laurent Monski.
17:51Écoutez,
17:52moi,
17:52je vais vous en donner
17:52pour votre argent.
17:53Il y a trois faits
17:54qui m'ont expliqué vraiment.
17:55Alors,
17:56si je prends ma lunette internationale,
17:58il y en a deux.
17:58Il y a évidemment
17:59le conflit au Moyen-Orient,
18:00mais il y a aussi
18:01la guerre commerciale.
18:02Oui,
18:02et ça,
18:03c'est quelque chose
18:04avec lequel nous,
18:04nous vivons.
18:05C'est-à-dire que
18:05si on veut exporter,
18:06il faut pouvoir exporter
18:07dans de bonnes conditions.
18:09Nous,
18:09on s'est quand même
18:10réveillés un matin,
18:10je dis bien un matin,
18:11avec 35% de taxes
18:12sur nos produits.
18:13Donc ça,
18:14on peut appeler ça
18:14un fait marquant.
18:15La guerre au Moyen-Orient
18:17a aussi des conséquences
18:18très importantes
18:19en termes de logistique.
18:20Ça va du transport
18:22des marchandises,
18:23ce n'est pas que
18:23les hydrocarbures,
18:24il faut le savoir.
18:25Je veux dire que ça impacte
18:26toutes les chaînes
18:27logistiques industrielles.
18:28Donc ça,
18:28c'est un petit peu
18:29où on revit
18:30en moins spectaculaire
18:32ce qu'on a vécu
18:32pendant le Covid.
18:33Et le troisième fait
18:35qui m'a marqué,
18:35alors ça n'a pas vraiment
18:36commencé en 2026,
18:38mais c'est qu'en clair,
18:39on est allé
18:40au musée économique
18:41et on a sorti
18:43des idées
18:44complètement préhistoriques
18:46que je pensais
18:47définitivement enterrées
18:48et qu'on allait
18:49définitivement laisser
18:50dans la section
18:51préhistorique
18:51du musée de l'économie.
18:53Et c'est tout ce débat
18:54auquel on a assisté.
18:55Il faut taxer les riches,
18:57c'est ça le problème.
18:58Il n'y a pas
18:58la dépense publique,
18:59on n'a pas besoin
19:00de s'y intéresser
19:01et de la rendre plus efficace.
19:03Les problèmes
19:03viennent du fait
19:04que globalement,
19:05depuis 10 ans,
19:06on fait des cadeaux
19:06aux entreprises
19:07et aux riches.
19:08Et donc,
19:08on va sortir
19:09le carnet de chèques
19:10de l'État
19:11pour taxer
19:12tous ces gens-là
19:13et tout va bien se passer.
19:15Donc ça,
19:16je dois dire
19:16que j'ai été
19:17assez surpris
19:19et c'est un euphémisme.
19:20Oui,
19:21et ça a été très rapide.
19:22Très rapide.
19:23Bon,
19:23Brian Nezard.
19:24Peut-être deux événements,
19:26un qui concerne
19:27nos voisins allemands.
19:29Il y a quelques semaines,
19:30le chancelier Merz,
19:32vous savez que c'est
19:32une coalition
19:33qui gouverne l'Allemagne,
19:34ça va des sociodémocrates
19:35aux conservateurs.
19:36Le chancelier Merz
19:37a annoncé
19:38un plan de réforme
19:40assez majeur
19:41qui m'a fait penser
19:42à ce que Schröder,
19:43social-démocrate,
19:44avait fait
19:44dans les années 2000.
19:44Absolument.
19:45En mettant tout sur la table.
19:46Avec les réformes Hartz.
19:47En disant,
19:47en gros,
19:48on a deux problèmes.
19:48On n'investit pas assez
19:49dans l'avenir
19:50et on n'investit pas assez
19:51dans la défense.
19:52Et donc,
19:52ce qu'ont mis sur la table
19:54les Allemands,
19:55c'est toutes les réformes
19:56sur les retraites
19:57et la santé.
19:58Donc,
19:59ajustement automatique
20:00du niveau des retraites
20:01en fonction
20:02de la situation démographique,
20:04allongement de la durée
20:05sur les pages de départ,
20:08sur la santé,
20:09des mesures très fortes
20:10pour limiter
20:11le coût des arrêts de travail
20:12et le nombre
20:13d'arrêts de travail.
20:14Oui,
20:14on a le même débat
20:14en France actuellement.
20:16Finalement,
20:17on voit qu'on a quand même
20:18beaucoup de similitudes
20:19avec le Résar.
20:19Deux prennent des mesures
20:20assez fortes.
20:22Réduction de la surconsommation
20:23de médicaments.
20:24Toutes ces économies,
20:26en leur donnant plus du sens,
20:27c'est-à-dire politique,
20:28sociétale,
20:29pour dire,
20:30on va,
20:30avec ces réformes,
20:32pouvoir financer
20:33un pays,
20:34en l'occurrence l'Allemagne,
20:36plus autonome
20:36du point de vue
20:37de sa défense,
20:38avec un budget de la défense
20:39qui va revenir en fait
20:40au niveau que l'Allemagne
20:41de l'Ouest à l'époque
20:42avait au moment
20:43de la guerre froide
20:43dans les années 70-70.
20:443,5% de PIB.
20:47Et sur les infrastructures
20:48et le climat,
20:49un fonds énorme
20:50de 500 milliards d'euros
20:51pour,
20:52il est vrai qu'il y avait
20:53beaucoup de retard,
20:54notamment sur le,
20:55on pense aux lignes
20:55à grande vitesse
20:56qui ne fonctionnent pas.
20:57Toutes les infrastructures
20:58en Allemagne
20:58ont eu un défaut
20:59d'investissement
21:00absolument majeur.
21:01Mais donc,
21:01avec un plan
21:01qu'on n'a pas du tout
21:02en France
21:02parce qu'on n'en a pas
21:03les moyens malheureusement,
21:04mais un plan
21:04de réinvestissement
21:05dans les infrastructures
21:07et la transition climatique
21:08qui ferait pâlir d'envie
21:10l'ensemble des autres pays
21:11de l'Union Européenne.
21:13Et donc,
21:13moi,
21:13j'ai été marqué,
21:14si vous voulez,
21:15par cette,
21:16au fond,
21:16par une forme
21:16de maturité démocratique
21:18aussi parce que,
21:19d'abord,
21:19c'est une coalition,
21:20je l'ai dit,
21:20entre des pays,
21:21des partis,
21:22pardon,
21:23de gauche de gouvernement
21:23et de droite de gouvernement
21:24qui sont loin
21:25d'être d'accord sur tout
21:26mais qui arrivent
21:27pour l'intérêt général
21:28et vous allez voir
21:29où j'en arrive après,
21:31mais qui arrivent,
21:31pour l'intérêt général
21:32à se mettre d'accord
21:33sur un agenda de réforme
21:35et par ailleurs,
21:35ils se sont appuyés
21:36sur des faits.
21:37Vous parliez à très juste titre,
21:38évidemment,
21:38de la colère
21:39qui travaille la société française.
21:41Il y a une colère aussi
21:41dans la société allemande
21:42avec une montée aussi
21:43des partis extrêmes là-bas.
21:45Ils se sont dit,
21:46face à cette colère,
21:46on va analyser de manière
21:47très froide les éléments.
21:48Ils ont demandé,
21:49pour être très concret,
21:50des rapports d'experts
21:51sur la situation des retraites
21:52et dire,
21:52écoutez,
21:53on va vous dire la vérité.
21:55La différence entre les populistes
21:56et nous,
21:56c'est que nous,
21:57on va vous dire la vérité.
21:58Et après,
21:58vous ferez vos choix aux élections,
21:59mais on va vous dire la vérité.
22:00On va avoir le courage
22:01d'assumer les conséquences
22:02de ces choix.
22:03On va mettre en œuvre
22:04ces réformes.
22:04Et ensuite,
22:05si elles ne vous conviennent pas
22:06que vous voulez revenir en arrière,
22:07vous pouvez voter
22:07pour d'autres options.
22:09Mais au moins,
22:09ils ont la cohérence
22:10de leur projet.
22:10Vous voulez dire
22:11que c'est rationnel,
22:11c'est moins passionnel.
22:12Ce n'est pas juste rationnel,
22:13ce n'est pas juste
22:14une question de raison.
22:15C'est courageux
22:16et c'est lucide.
22:17Et j'en termine
22:17avec le deuxième événement
22:18beaucoup plus bref
22:20qui est à venir,
22:21qui concerne évidemment la France.
22:23Ce sera le,
22:23vous l'avez dit,
22:24Erwan,
22:25le révélateur
22:25que sera le débat budgétaire
22:27pour 2027.
22:27Et on verra
22:28ce que les uns et les autres
22:29proposent sur les retraites.
22:30On verra qui dira
22:31qu'il ne faut absolument pas
22:32toucher à l'indexation
22:33des retraites
22:33ou à la suspension
22:35de la réforme des retraites.
22:36Et je pense que c'est
22:37un révélateur.
22:37Et ce sera aussi,
22:38pour terminer,
22:39pour le prochain
22:40ou la prochaine présidente
22:40de la République.
22:41En fait,
22:42le point de départ,
22:43ça dictera
22:44les marges de manœuvre
22:45du prochain quinquennat.
22:46Si on commence
22:47le prochain quinquennat
22:48avec un déficit public
22:49au-delà de 5%
22:50de notre richesse nationale,
22:52autant vous dire
22:52que toutes les promesses
22:54qui seront faites
22:55pendant la campagne
22:55ne verront pas le jour
22:56parce qu'il n'y aura pas
22:57les marges de manœuvre.
22:57Bon, suivre le modèle allemand,
22:59nous propose Ryan Nezard
23:00pour la suite
23:01des débats publics
23:01qu'on aura en France.
23:02Et en même temps,
23:03Laurent Wonski,
23:04j'ai envie de vous dire,
23:05ils ont peut-être
23:06la maturité démocratique,
23:09mais les performances économiques
23:11sont quand même
23:11bien moins bonnes
23:13que celles de la France.
23:14Le modèle économique allemand
23:15est en train d'exploser
23:17pour différentes raisons
23:18qu'on a beaucoup évoquées
23:20à l'antenne.
23:20C'est pour ça qu'ils font
23:21ces réformes, en fait.
23:22Et voilà,
23:22finalement,
23:23ils sont au pied du mur
23:24alors que l'économie française
23:26continue, elle,
23:27bon en malen,
23:27de tourner trop doucement,
23:29bien sûr,
23:29mais continue de tourner, non ?
23:31Oui, mais on ne peut pas
23:31faire fi
23:32des différences culturelles.
23:33Et je pense que
23:34vous parlez de coalition,
23:35écoutez,
23:35si on veut voir
23:36la version française
23:37de la coalition,
23:38je vous invite
23:38à lire Astérix
23:39après chaque aventure.
23:41C'est bientôt l'été,
23:42les vacances, profitez.
23:44Je trouve que c'est
23:45un excellent,
23:46si vous voulez,
23:47condenser...
23:48Le village gaulois.
23:49Eh bien,
23:49à la fin de chaque aventure
23:50d'Astérix,
23:51vous avez un banquet.
23:52Tout le monde s'embrasse
23:53et qu'est-ce qui se passe
23:54à la fin du banquet ?
23:55Tout le monde se tape dessus.
23:56Donc ça,
23:57c'est la version française
23:58de la coalition.
23:59La deuxième chose,
24:00et ça,
24:00je pense que c'est
24:00beaucoup plus grave.
24:01Vous avez dit,
24:02il faut un discours de vérité.
24:03Il y a un mythe
24:04qui circule en France
24:05et je pense qu'il est
24:06assez toxique,
24:07c'est de dire,
24:08bon,
24:09il râle toujours,
24:10on joue à se faire peur,
24:11mais finalement,
24:12la France est un pays riche,
24:14ça ne va pas si mal que ça,
24:16regardez,
24:17on est toujours là,
24:18les trains partent toujours,
24:19etc.
24:19Et ça,
24:20je crois que c'est
24:20très très dangereux
24:21parce que c'est un mythe
24:22qui est très très ancré
24:23dans la culture française.
24:26Et je pense
24:26qu'il y a vraiment
24:27des gens qui y croient
24:27et il y a beaucoup
24:28de gens qui y croient.
24:29Ce que vous nous dites,
24:30c'est qu'on est en train
24:30de s'enfoncer
24:31sans qu'on le voit ?
24:33Ce que je dis,
24:33c'est qu'on est en train
24:34de choisir le morceau
24:35que va jouer l'orchestre
24:36sur le Titanic.
24:37Armane Noor.
24:39Je rejoins tout ce qui a été dit
24:40avec une nuance,
24:41c'est-à-dire que je pense
24:41que ce discours sur
24:43finalement ça ne va pas si mal,
24:45c'est en réalité
24:46le discours
24:46en grande partie
24:47de l'élite aujourd'hui.
24:49De dire,
24:49voyez,
24:50finalement,
24:50on ne résiste pas si mal.
24:52Regardez nos voisins,
24:54on a des institutions
24:54qui tiennent le coup,
24:57l'économie,
24:58ça pourrait être pire.
24:59Et ça rejoint
25:00ce que vous disiez
25:00tout à l'heure
25:00sur la colère.
25:01Les électeurs français,
25:02je ne crois pas du tout
25:03qu'ils aient cette conscience
25:04de ça ne va pas si mal.
25:06Et je pense qu'au contraire,
25:08sur un autre fait
25:08marquant des derniers mois,
25:10c'est cette accélération
25:11d'une idée
25:13de défaillance
25:13de l'action publique.
25:14C'est-à-dire que
25:15les questions
25:18qui pourraient être
25:20des faits divers,
25:21mais de violence,
25:23d'émeute
25:24ou de meurtre
25:27de cette jeune fille
25:28Yana, pardon,
25:32ont touché aussi fortement
25:33la société française
25:34parce que je crois
25:35que ça a été perçu
25:37comme la preuve
25:37que l'État
25:39n'assure plus
25:40ses missions premières.
25:42Ça a été l'école avant,
25:44mais là,
25:44on n'en entend pas parler
25:45parce que les élites
25:46ont leurs enfants
25:47dans les bonnes écoles de Paris
25:48et que ça ne va pas ailleurs,
25:50ce n'est pas un problème.
25:51Là, je pense qu'il y a un cap
25:53qui a été passé
25:54ces derniers mois
25:54où une partie
25:56beaucoup plus large
25:56de l'opinion se dit
25:57que ça ne fonctionne plus.
25:58Alors, ça ne veut pas dire
25:59qu'ils savent comment
26:00on en sort,
26:01ça ne veut pas dire
26:01que l'offre politique
26:02est là aujourd'hui
26:03pour leur permettre
26:04d'en sortir
26:04et de donner une voie
26:06qui permette d'en sortir.
26:07Mais je pense que
26:07cette conscience
26:08est beaucoup plus forte
26:09et que l'un des enjeux
26:10pour nous,
26:11pour la France
26:12de manière générale
26:13dans les mois qui viennent,
26:13ça va être de savoir
26:14si on en sort
26:16en se tapant dessus
26:17ou en se tenant
26:20à la première partie
26:21du banquet.
26:21Ce sera l'enjeu.
26:22Juste pour l'illustrer
26:23en deux mots
26:24sur le terrain économique,
26:25évidemment,
26:25je partage tout ça.
26:26Si vous étiez américain,
26:28je parle aux personnes
26:29qui nous écoutent,
26:30vous gagneriez
26:3050% de plus.
26:313 300 euros
26:32si on avait
26:33la productivité américaine
26:34et plutôt que
26:35des 1 200 euros
26:36en France.
26:38Vous gagneriez
26:3850% de plus
26:39parce que vous auriez
26:40moins de prélèvements sociaux.
26:42Après,
26:42il y a des sujets
26:43de couverture maladie.
26:44Vous payez plus cher
26:44la santé aussi.
26:45Vous auriez une productivité
26:47supérieure,
26:48notamment les investissements
26:49dans l'IA
26:49qui explosent aux Etats-Unis
26:50et par ailleurs,
26:51on n'a pas réformé
26:52notre modèle social.
26:53Le déclassement,
26:54il est salarial,
26:55il est économique,
26:56il est réel.
26:56Trois secondes,
26:57Laurent,
26:57ce qui est pour le mois de la fin.
26:58Oui,
26:58je pense que les gens
27:01perçoivent qu'il y a
27:02de la mauvaise foi.
27:03Je veux dire que
27:03si moi aujourd'hui,
27:04je vais dans un bureau
27:05où il fait 35 degrés
27:06et je dis
27:07mais non,
27:07mais non,
27:07mais non,
27:08il ne fait pas si chaud
27:08que ça,
27:08etc.
27:09Je veux dire que
27:09je crée de l'électricité
27:11instantanément.
27:11Et c'est ce qui explique
27:12le désaccouplement
27:13entre des élites
27:13qui vous disent
27:14mais non,
27:14tout va bien mal
27:14dans l'anarquise
27:15et des gens
27:16qui vivent les choses
27:16dans le concret.
27:17de l'anarquise.
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