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Mickaël Dorian, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0013h-14h, Europe Info.
00:02Il est 13h47, Europe Info avec Mickaël Dorian.
00:05Dernier quart d'heure d'émission avec vos invités.
00:07Karine Maloum, journaliste et directeur de publication du journal en ligne Rupture.
00:11Et Jules Torres, journaliste politique au JDD.
00:14Marine Le Pen reprend la main dans sa carrière politique
00:19et annonce se présenter à la campagne à l'élection présidentielle de 2027.
00:24Elle balaye finalement d'un revers de main le plan B comme Bardella
00:28qui était l'hypothèse qui semblait privilégiée dans l'attente de la décision
00:33rendue hier par la cour d'appel de Paris.
00:36Toujours est-il que Jordan Bardella reste, si je peux dire, dans la course
00:41puisqu'il va faire campagne à ses côtés.
00:43Marine Le Pen a même parlé de binôme.
00:46Le fameux ticket gagnant dont souhaite nous parler Karine Maloum,
00:50on va l'écouter dans un instant.
00:51Mais d'abord justement Marine Le Pen qui s'exprimait sur ce sujet hier soir dans le 20h de TF1.
00:55Jordan Bardella et moi-même, nous nous battons pour la France.
00:58Nous nous battons pour les Français.
01:00Cette cause clairement nous dépasse.
01:02Et donc nos ambitions personnelles ne rentrent absolument pas en ligne de compte.
01:07Nous sommes, encore une fois, complémentaires.
01:09Nous nous sommes préparés, moi, à ce rôle imminent de président de la République
01:14dont les Français détiennent la clé.
01:16Et Jordan au rôle non moins imminent de Premier ministre
01:19qui nécessite beaucoup de volonté et beaucoup d'énergie.
01:23Et je pense que ce couple politique que nous formons
01:27peut vraiment changer les choses.
01:29Il peut représenter un nouveau souffle pour notre pays
01:32et changer la vie quotidienne des Français.
01:35Marine Le Pen, hier soir aux 20h de TF1,
01:39le binôme donc Jordan Bardella.
01:41Marine Le Pen, Jordan Bardella, Premier ministre,
01:43c'est très à l'américaine finalement, j'ai envie de vous dire.
01:46On vote pour un président et un vice-président aux Etats-Unis.
01:49En France, ça n'a jamais existé.
01:51Il me semble qu'un candidat à la présidentielle fasse campagne finalement,
01:53ou en tous les cas, ça a été très, très rare,
01:56fasse campagne directement avec son Premier ministre.
01:58En quoi est-ce que c'est dangereux selon vous, Karim Maloum ?
02:01Tout d'abord, on n'est pas aux Etats-Unis, on est en France.
02:03Chaque pays a ses traditions politiques.
02:07Ça, c'est un point.
02:08Je pense que l'élection présidentielle...
02:10Personne n'est obligé de faire comme les autres.
02:12Absolument.
02:12Mais il y a l'histoire, il y a les pratiques.
02:14Les Français sont très attachés à l'élection présidentielle.
02:17Très, très attachés.
02:18Ils veulent avoir un homme ou une femme, bien sûr.
02:21Pas un binôme.
02:22Ça n'a pas de sens.
02:24Dans la Ve République, c'est une personne, un homme ou une femme qui parlent à un peuple.
02:29Ils s'adressent à un peuple et le peuple vote pour lui.
02:32Ils ne votent pas pour un parti.
02:33À l'élection présidentielle, on ne vote pas pour un parti.
02:35C'est la rencontre d'un homme ou d'une femme avec les Français.
02:39C'est comme ça que le général de Gaulle l'a défini.
02:41Les institutions de la Ve République.
02:43Bien sûr, c'est comme ça.
02:44C'est un homme, ce n'est pas un groupe.
02:45Sinon, on est en Troisième République.
02:47Sinon, on revient à la Quatrième République.
02:49C'est des combinards, c'est des partis politiques, des groupes de personnes qui vont s'entendre entre eux.
02:54C'est l'union des droits, c'est l'union des gauches.
02:56Non.
02:56C'est un homme qui s'adresse, avec H majuscule, à un peuple.
02:59C'est ça, la vraie élection démocratique.
03:02Avec des grandes idées.
03:03Un grand dessin pour les Français.
03:04Ce n'est pas, je fais compagnie, nous sommes tous les deux à faire compagnie.
03:07Là, je vous comprends et je vous suis totalement.
03:10Donc, en tous les cas, la Constitution ne l'a pas prévu ainsi.
03:14Mais en quoi est-ce que c'est dangereux ?
03:16C'est dangereux parce que le discours sera dilué, tout simplement.
03:18Il peut y avoir deux avis, déjà.
03:20Et deuxième point, mais pourquoi deux candidats ?
03:24Ça n'existe pas, c'est un candidat.
03:26Non, non, non.
03:26C'est un binôme, c'est comme ça.
03:30Il n'y a que sa photo à elle sur l'affiche.
03:32Mais d'accord, mais au fait, je comprends parfaitement dans sa démarche.
03:36Elle sait très bien, M. Bardet, elle était candidat.
03:38Et tout d'un coup, hier à 21, il n'est plus candidat.
03:40Il fallait bien trouver une porte de sortie.
03:42Il n'a jamais été candidat à l'élection présidentielle, Bardet.
03:44Oui, mais c'était annoncé de manière naturelle que M. Bardet était candidat.
03:49Il y avait deux options, il faisait partie des deux options.
03:52Oui, oui.
03:53Sans en sérieux, il était candidat.
03:55Il s'est préparé.
03:56Pas officiellement, Karim Malou.
03:57Il a toujours dit qu'il se préparait au poste de Premier ministre.
04:02Il a toujours dit qu'il était candidat au poste de Premier ministre.
04:08Il s'est aussi le deuxième point dangereux.
04:09Pourquoi ?
04:10C'est-à-dire qu'on va enjouer un peu l'élection présidentielle.
04:13Ça veut dire qu'on va parler déjà des législatives.
04:16Parce qu'il faut être Premier ministre, il faut avoir une majorité à l'Assemblée nationale.
04:20Absolument.
04:20Pas nécessairement.
04:21Une majorité relative, si vous voulez.
04:23On va avoir la Troisième République, une combinaison des partis.
04:26Ce n'est pas la Cinquième République.
04:27Est-ce que c'est obligé, ça, la majorité relative à l'Assemblée nationale ?
04:32C'est-à-dire que le Président nomme le Premier ministre.
04:33En réalité, le Président a le pouvoir de nommer le Premier ministre.
04:37Oui, si Marine Le Pen veut nommer Christiane Taubira, elle fait ce qu'elle veut.
04:40Mais par contre, il faut avoir après le soutien de l'Assemblée nationale.
04:43Donc, ce n'est pas un jeu.
04:43La politique, ce n'est pas un jeu.
04:45C'est quelque chose de sérieux.
04:46Ce qui est vrai, Jules Thorez, c'est qu'à l'élection présidentielle,
04:50on vote pour un Président de la République.
04:51On ne vote pas pour un Premier ministre.
04:53Et que, d'une certaine façon, en affichant ce binôme,
04:58on pourrait imaginer que ça voudrait dire que Marine Le Pen s'engage
05:01à, tout au long de son mandat, avoir Jordan Bardella comme Premier ministre.
05:06Oui.
05:08La Constitution n'a pas prévu ce cas de figure.
05:10Non, mais la Constitution n'a pas prévu le cas de figure inverse.
05:14Et je pense qu'on a tort de réfléchir.
05:15On est dans la Ve République, vous avez raison.
05:17La Constitution a été écrite par le général de Gaulle.
05:19Et ça fait bien longtemps que l'esprit du général de Gaulle
05:22a quitté la vie politique française.
05:23Je parle des institutions.
05:24Oui, bien sûr, mais les institutions sont les mêmes.
05:26Mais je veux dire que la rencontre entre un homme et un peuple
05:28depuis le général de Gaulle,
05:29on a quand même l'impression qu'elle se fait de moins en moins.
05:32Que le général de Gaulle avait prévu la Constitution,
05:34et notamment l'Assemblée nationale,
05:35ça va vous faire plaisir comme la majorité absolue.
05:38Or, on voit bien qu'actuellement, depuis 2024,
05:41il n'y a pas de majorité absolue.
05:42Depuis 2022, il n'y a même plus de majorité absolue.
05:44Il y avait une majorité relative.
05:45Donc, l'esprit de la Ve, elle est encore là,
05:47mais on ne vit plus tout à fait dans la Ve.
05:49On vit dans une version parallèle de la Ve République
05:51qui n'existe pas.
05:52Et c'est pour ça, je vous les ai laissés terminer,
05:54que je trouve le ticket entre Jordan Bardella
05:56et Marine Le Pen extrêmement intéressant.
05:59Et pardonnez-moi, ce n'est pas la première fois que ça arrive.
06:01Jacques Chirac a fait toute sa campagne de 1995
06:03en disant que son Premier ministre, ça allait être Alain Juppé.
06:06Personne ne l'a reproché.
06:07Nicolas Sarkozy, en 2007, a fait toute sa campagne présidentielle
06:10en disant que son Premier ministre allait être François Fillon.
06:13Et François Fillon est resté cinq ans à Matignon.
06:15C'est son record.
06:16Il n'y a pas eu d'autres Premiers ministres.
06:18Donc, moi, j'ai du mal à voir cela comme quelque chose de mauvais.
06:22Au contraire, je pense que les Français voient très bien
06:24que les rôles sont absolument partagés.
06:26Si Marine Le Pen, je serais d'accord avec vous,
06:27si Marine Le Pen disait, nous faisons un ticket,
06:29mais que les rôles n'étaient pas bien inscrits.
06:32Là, Marine Le Pen, elle disait très clairement,
06:33je serai présidente de la République,
06:35je serai le Premier ministre.
06:36Et moi, je me mets à la place des journalistes.
06:38Les journalistes, sinon, ils vont faire...
06:40Moi, j'ai vécu une campagne présidentielle,
06:41je l'ai suivie, notamment celle d'Éric Zemmour.
06:43Il n'y a pas une seule conférence de presse.
06:45On ne demandait pas à Éric Zemmour,
06:47ce sera qui, votre Premier ministre ?
06:48Là, au moins, Marine Le Pen,
06:49elle balaie d'un revers de main
06:50toutes les questions qui vont arriver.
06:52On a bien compris qu'il va faire toute la campagne à ses côtés.
06:55Il était même présent hier soir dans les coulisses
06:58du 20h de TF1.
07:00On comprend aussi, Jules,
07:02que l'objectif aujourd'hui du Rassemblement national
07:04et l'objectif de Marine Le Pen,
07:05avec ce binôme et cette campagne en duo,
07:11finalement, c'est de ratisser le plus large possible.
07:12Mais bien sûr, et d'ailleurs, elle le conçoit comme ça.
07:14Marine Le Pen parle à la France périphérique,
07:17au tissu social qu'elle a tissé depuis maintenant une quinzaine d'années,
07:20depuis qu'elle a repris le parti en 2011 au Congrès de Tours.
07:23Et elle ne prend pas un certain électorat,
07:26notamment un électorat de droite.
07:27D'ailleurs, elle, elle assume même de ne pas parler à la droite.
07:29Jordan Bardella, c'est l'inverse.
07:30Il dit qu'il veut recréer et faire du Rassemblement national
07:33une forme de RPR.
07:34Bon, c'est extrêmement clair.
07:36Et ça, Marine Le Pen, elle ne touche pas.
07:37De même que Jordan Bardella,
07:39dans les catégories CSP+,
07:41il est bien meilleur que Marine Le Pen.
07:42Chez les retraités, il est aujourd'hui bien meilleur que Marine Le Pen.
07:45Donc, c'est là le ticket.
07:47C'est pour ça qu'il est intéressant,
07:47c'est qu'il ne touche pas les mêmes catégories sociales
07:49et les mêmes catégories socioprofessionnelles.
07:51Est-ce qu'on peut imaginer aussi
07:52que c'est une assurance pour le parti d'aller à la présidentielle
07:55en cas, évidemment,
07:56en cas de problème, encore une fois,
07:59avec la justice ?
08:00Bien sûr, c'était le cas.
08:02Mais je crois que Marine Le Pen a été extrêmement claire
08:04que ce soit hier ou aujourd'hui,
08:06lors de son déplacement à La Flèche,
08:07elle sera candidate à l'élection présidentielle.
08:09Oui, enfin,
08:10elle n'a pas toutes les cartes entre ses mains non plus.
08:12C'est-à-dire, ça reste un pari aujourd'hui.
08:14Ça reste un pari,
08:16mais quand on fait un pari,
08:17généralement, c'est qu'on est sûr de soi.
08:18Et elle est sûre d'elle, visiblement.
08:20En réalité, quand on parle du Premier ministre,
08:23ça rime avec législatif.
08:24Quand on parle d'un président,
08:26ça rime avec l'élection présidentielle.
08:28Ce n'est pas la même chose.
08:31Les législatives suivent toujours la présidentielle.
08:33Je ne vous ai pas coupé.
08:34Je termine.
08:36Une façon d'enjambler, quelque part, le premier tour.
08:40Édouard Balladur l'a fait en 1995.
08:42Il n'était même pas au deuxième tour.
08:47Jospin, il a enjambé le premier tour.
08:48Il croyait qu'il était en train de faire le deuxième tour.
08:50Il n'était même pas au deuxième tour.
08:52Je préfère m'arrêter là.
08:53Donc, je pense qu'il faut respecter les Français et les électeurs.
08:56Je pense que le premier tour n'a pas eu lieu.
08:58C'est un candidat ou un candidat.
09:01Ce n'est pas une tombouille politique.
09:03Après, ça reste une candidate.
09:05Oui.
09:10Le ticket, ce n'est pas ça, la Vème République.
09:12Le ticket, c'est la IVème République
09:14qui a bien fait,
09:16parce qu'elle a ramené la France à la faillite.
09:18Je ne crois pas à la combinaison des partis
09:20et à des individus.
09:21On a besoin d'un homme, d'une femme,
09:23capable de nous dire,
09:24de nous montrer un dessin pour y aller.
09:26Avec ce slogan pour la France, la renaissance.
09:28Voilà, la campagne est lancée.
09:30On a pu voir l'affiche.
09:31Et sur l'affiche, effectivement, Marine Le Pen est là.
09:33On parlait de paris tout à l'heure.
09:35Vous me dites, quand on met un pari sur la table,
09:37on est sûr de le gagner.
09:38Vous avez déjà perdu des paris, Jules Thoreau ?
09:40J'en ai perdu plein.
09:40Plein, ben voilà.
09:41Ça arrive.
09:42On peut être sûr de le gagner et le perdre.
09:43Oui, mais excuse-moi, je n'ai jamais été candidat à l'élection.
09:46Vous avez perdu beaucoup d'argent, d'ailleurs, dans les paris.
09:47Je n'ai jamais été candidat à l'élection présidentielle, moi.
09:49Bien sûr, mais on peut perdre gros aussi.
09:52Et pardonnez-moi, mais...
09:53Et puis, je n'ai pas eu l'avis de Marine Le Pen.
09:54Enfin, rappelons quand même,
09:55passons quand même quelques instants sur l'avis de Marine Le Pen.
09:58En 15 secondes.
09:58En 15 secondes, ça va être très difficile,
10:00mais ça commence...
10:02Ça commence quand elle est toute petite
10:04avec un attentat à la Villa Poirier en 1976.
10:07Ça commence avec des guerres internes.
10:08Ça commence avec la rupture familiale,
10:10avec la création du MNR en 1998,
10:12avec sa propre sœur et Philippe Olivier,
10:15qui était son beau-frère.
10:16Ça passe par une guerre interne
10:18pour prendre le parti en 2011.
10:19Ça passe par le fait de virer son propre père du parti.
10:22Ça passe par un débat raté en 2017.
10:24Ça passe par le fait que Éric Zemmour
10:25a failli la remplacer en 2022.
10:27Ça passe par le fait que...
10:28Elle n'a évidemment pas le même vécu que Jordan Bardella.
10:30Je suis d'accord avec vous.
10:31Et que les 66 millions de Français.
10:33C'est aussi pour ça qu'elle utilise ce mot « Renaissance ».
10:35Merci Jules Torres, merci à Karim Maloum
10:37et merci à Marie-Lyne Hérault.
10:39À demain.
10:39Merci Michael Dorian.
10:40On vous retrouve à 13h.
10:41Et demain, et tout de suite après les infos de 14h,
10:44plongée dans le meilleur des podcasts criminels sur Europe 1.
10:46C'est au cœur du crime jusqu'à 15h.
10:48Belle après-midi sur Europe 1.
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