- il y a 6 minutes
Avec Jérôme Guedj, député PS de l'Essonne et candidat à l'élection présidentielle
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NewsTranscription
00:01Sud Radio, l'invité politique, Jacques Cardoze.
00:06Jérôme Guedj, bonjour, vous êtes député PS de l'Essonne, l'une des figures de ce parti et candidat à
00:12la présidentielle de 2027.
00:13Merci d'avoir accepté l'invitation de Sud Radio.
00:16C'est l'actualité du jour et c'est un fait inédit sous la Vème République.
00:19Dans 6 heures maintenant, une décision de justice scellera peut-être le destin du pays.
00:23Je parle là du jugement de la Cour d'appel de Paris dans l'affaire des assistants parlementaires du FN.
00:27Êtes-vous à l'aise avec ce calendrier et ce pouvoir des magistrats ?
00:32Par principe, je suis à l'aise avec la justice parce que je suis un légaliste, je suis un républicain.
00:38La justice est lente, tous les Français l'expérimentent tous les jours.
00:43Et il n'y a pas de situation différente s'agissant du Rassemblement National.
00:47Il y a la force de la loi.
00:48De fait, nous connaîtrons l'identité du candidat du RN à l'élection présidentielle avec cette décision des magistrats.
00:54Évidemment, mais encore une fois, il ne faut pas inverser l'accusation.
00:58S'il y a une incertitude, c'est parce qu'il y a eu un comportement qui a été sanctionné
01:02par la loi et un comportement qui heurte les Français.
01:05Entre 2004 et 2016, il y a eu de manière permanente, organisée, répétée, un détournement de fonds publics,
01:12c'est-à-dire de l'argent de l'ensemble des Français, avec l'affaire des assistants parlementaires au Parlement
01:17européen.
01:18Donc, c'est ça qui a été sanctionné aussi sévèrement par la justice.
01:21Donc, je veux bien qu'on se pose la question de savoir si c'est opportun, si c'est le
01:25gouvernement des juges.
01:26Mais c'est la concomitance des deux agendas ?
01:28Mais attendez, il y a des élections présidentielles tous les cinq ans.
01:31Donc, si on veut pouvoir se présenter, on ne commet pas de délit financier, ce qu'a fait Marine Le
01:39Pen.
01:39Je sais bien que tous les adversaires disent que c'est pareil, ou entre les deux candidats, vous, votre point
01:45de vue, c'est pareil ou ce n'est pas pareil ?
01:46Non, ce n'est pas pareil. Incontestablement, c'est le même parti, mais on voit bien qu'il y a
01:50deux sensibilités, deux tonalités, deux styles, deux histoires, deux générations.
01:55Est-ce que Marine Le Pen est plus coriace que Jordan Bardella ?
01:57Je voudrais dire, l'expérience est toujours quelque chose qui est utile dans une élection présidentielle, et d'ailleurs, en
02:04général, dans la vie.
02:06Il y a une force de la jeunesse, je ne vais pas vous dire le contraire, j'ai été élu
02:09jeune, mais je sais qu'on apprend des choses précisément par l'expérience.
02:14Donc, écoutez, mais sur le fond, ça reste le même parti politique qui devra donc être combattu de la même
02:21manière.
02:21Jordan Bardella, lui, il est plus fort.
02:23C'est différent. Dans tous les cas de figure, il faudra avoir le débat avec eux.
02:26Et est-ce que ça changera pour la gauche, d'un point de vue ?
02:29Non, il n'y a rien qui change pour moi. Vous l'avez dit, je suis candidat à l'élection
02:32présidentielle.
02:33Et quand on est candidat à l'élection présidentielle, on s'adresse à tous les Français.
02:36Et moi, j'assume une chose, c'est que je m'adresse aussi à ceux des électeurs qui sont tentés
02:40par le Rassemblement National
02:42pour essayer de formuler des propositions aux colères qui sont souvent à l'origine du vote pour le RN,
02:49aux sentiments de relégation, de ressentiment parce que les services publics ne fonctionnent pas,
02:55parce qu'on n'arrive pas à avoir un rendez-vous chez le médecin,
02:57parce que la fiche de paix n'est pas à la hauteur des besoins pour nourrir sa famille.
03:02Il y a une colère dans le pays.
03:04Certains pensent que le Rassemblement National est la bonne solution parce qu'ils n'ont jamais été aux responsabilités.
03:07Donc le rôle de ceux qui seront dans le débat politique, et moi je veux y être,
03:11c'est de s'adresser aux électeurs, à tous les électeurs, sans les trier.
03:14Alors, autre actualité, c'est la non-censure du gouvernement au sein,
03:19et, pardon de le dire comme ça, un peu ce cafarnaum au sein du Parti Socialiste.
03:23Il n'y a pas de censure, mais il y a encore plus de fractures au PS.
03:27C'est une formule qui, je crois, résume assez bien la séquence qu'on vient de vivre.
03:30Sans surprise, la motion de censure, je le raconte,
03:34a été initiée par des députés écologistes et co-signée par LFI
03:38pour dénoncer la gestion de la canicule par le gouvernement,
03:40mais elle a échoué, et surtout, ce que ça révèle, c'est à nouveau une division,
03:45puisque M. Fort a été mis d'une certaine façon en minorité.
03:48Peu l'ont suivi.
03:50Vous-même, est-ce que vous l'avez suivi ? Est-ce que vous avez voté cette motion ?
03:53Non, on peut le raconter maintenant.
03:55On a eu un débat, comme à chaque fois, dans le groupe socialiste.
03:57On est 69 membres.
03:59On a eu un débat très long.
04:01En deux temps, il y a eu la veille et puis le lendemain matin.
04:05Et la décision qui a été prise avec un vote,
04:07parce qu'on est un parti démocratique,
04:09a été, au deux tiers, de refuser la censure.
04:12Oui, mais enfin, le dimanche soir, c'est on part pour voter,
04:13et puis le lendemain matin, c'est on ne vote plus.
04:15Non, non, pas du tout.
04:16Le dimanche soir, il y a eu une discussion où se sont exprimées les positions...
04:18Comment vous expliquez qu'il soit mis en minorité, alors, le lendemain matin ?
04:22Dans les expressions qui ont eu lieu, comme vous dites, le dimanche soir,
04:25une très large majorité s'était exprimée contre le fait de censurer le gouvernement.
04:29Vous diriez qu'il était désavoué ?
04:31Olivier Faure a été désavoué ?
04:32Objectivement.
04:33Non, mais il a le droit d'avoir une position,
04:35mais dès l'instant où il y a un fonctionnement démocratique,
04:37là où c'est problématique, je le dis,
04:39c'est de ne pas avoir respecté la position majoritaire qui s'est dégagée dans le groupe,
04:43et d'avoir entraîné avec lui une petite vingtaine de députés.
04:47Il y a des propos quand même un petit peu forts de la part d'un certain nombre de députés.
04:53Rémi Branco, vice-président du département du Lot,
04:55et proche de Boris Vallaud,
04:58dit, Olivier Faure n'a plus d'autre choix que de démissionner.
05:01Non, mais vous savez, je ne suis pas certain que les affaires du Parti Socialiste passionnent nos concitoyens,
05:05ils ont bien d'autres sujets.
05:07La politique passionne les concitoyens.
05:09Tant mieux, alors on va rentrer dans le cœur des choses.
05:12Il y a aujourd'hui une ligne de division à l'intérieur du Parti Socialiste.
05:17Et aujourd'hui, Olivier Faure,
05:18qui lors du dernier congrès en 2025 a été en effet élu par les militants,
05:23mais n'a plus de majorité dans le fonctionnement du Parti.
05:26Dans les instances, au Conseil National et au Bureau National,
05:28il est minoritaire, il est dans une sorte de cohabitation,
05:31et on vient de le vérifier, y compris à l'intérieur du groupe.
05:33Donc on est dans cette situation baroque,
05:35où on a un chef de parti qui n'a plus les coudées franches dans son propre parti,
05:42et qui est désavoué par ses collègues députés à l'Assemblée Nationale.
05:46Lui-même dit qu'il ne faut pas confondre minorité et légitimité sur ceux qui réclament son départ.
05:49Je ne conteste pas, il a été élu par les militants.
05:53Mais encore une fois, je m'en fiche de savoir si Olivier Faure reste ou ne reste pas premier secrétaire
05:57du Parti,
05:58puisque c'est la question que vous ne posez pas.
06:00ce qui est important, moi je vais vous dire, c'est qu'on soit en capacité de s'adresser aux
06:03Français.
06:03Et moi je le fais indépendamment, si j'ose dire, de ce que pense ou de ce que ne pense
06:07pas Olivier Faure.
06:09Je constate malheureusement que depuis huit ans, qu'il est premier secrétaire du Parti Socialiste,
06:13il y a eu une sorte de glissade permanente.
06:17Moi je m'adresse à l'ensemble des Français.
06:20Je suis le candidat de cette gauche républicaine,
06:23d'une gauche qui doit être digne et d'une gauche qui doit être crédible.
06:25Je viens de vous le dire à l'instant, je m'en contrefiche de savoir s'il démissionne ou s
06:28'il ne démissionne pas,
06:29mais il y a un moment où on constate qu'on est désavoué.
06:34Dans le Parti, il n'a plus de majorité,
06:35et dans le groupe, il n'arrive pas à convaincre les députés du groupe.
06:39Bon voilà, mais encore une fois, ça ce n'est pas grave.
06:41Parce que ce qui est important, c'est la manière avec laquelle on va s'adresser aux Français.
06:45Et pendant qu'on fait tout ça, on ne parle pas des sujets de préoccupation.
06:48Et moi ça m'agace qu'on ne parle pas des questions de pouvoir d'achat,
06:51des questions de comment je remplis le frigo ou le pain d'essence,
06:56et comment on traite ce qui préoccupe nos concitoyens.
06:59Mais vous le savez, il y a aussi l'actualité interne des partis politiques,
07:02et on est en plein là-dedans, évidemment, dans la perspective de la présidentielle 2027.
07:05L'actu, c'est aussi le vote interne qui doit décider entre deux formes de primaires plus ou moins ouvertes.
07:11Comment vous voyez cette perspective-là jeudi, compte tenu de ce qui s'est passé en début de semaine ?
07:15Je pense que ce qui s'est passé hier, la seule motivation d'Olivier Faure,
07:19c'est essayer de gagner le dernier vote qui lui permet, encore une fois, d'asseoir son autorité.
07:26La question qui est posée, c'est de savoir, aux militants socialistes,
07:30c'est de savoir quelle est la manière avec laquelle le candidat de l'élection présidentielle sera désigné,
07:35avec un système de départage.
07:37On rappelle que vous-même, vous ne voulez pas participer à cette primaire.
07:40Non, moi j'avais indiqué, au moment de l'annonce de ma candidature,
07:43que je ne voulais pas participer justement à la primaire que propose Olivier Faure.
07:46La pré-primaire.
07:46Non, non, c'est une primaire à terme avec Marine Tondelier, François Ruffin, Clémentine Autain, etc.
07:53C'est-à-dire une primaire qui délimite un espace politique.
07:56Oui, parce que lui demande une alliance de Ruffin avec Luxman.
07:59Non, mais moi je suis pour le rassemblement le plus large de la gauche.
08:02Mais on ne peut pas commencer en se confrontant avec certains qui continuent à entretenir une relation ambigüe avec Jean
08:10-Luc Mélenchon.
08:11Moi, vous savez, j'ai assumé ma position.
08:13C'est une rupture totale avec la France insoumise.
08:15Olivier Faure, malheureusement, a godillé pendant toute la période.
08:19Rappelez-vous, pendant les municipales, il ne dit plus d'accord avec la France insoumise
08:22en raison des propos relents antisémites de Jean-Luc Mélenchon.
08:25Et puis trois semaines après, il s'assied sur sa propre parole.
08:28Et certains des partenaires avec lesquels il veut faire une primaire
08:31sont, eux, tentés de faire des accords avec Jean-Luc Mélenchon.
08:36Il suffit d'écouter les débats qui traversent, par exemple, le parti des écologistes.
08:39Donc, à un moment donné, moi, je veux de la clarté.
08:41La gauche républicaine, une gauche digne, une gauche crédible,
08:44c'est une gauche, à un moment donné, qui est capable de dire
08:45le bruit et la fureur, ça ne permet pas de gagner les élections.
08:48Au contraire, ça déroule le tapis rouge pour le Rassemblement National.
08:51On peut avoir des convictions solidement trempées.
08:53Moi, je propose, par exemple, demain, une sécurité sociale intégrale
08:56pour tous les Français qui n'auraient plus besoin de se payer une assurance privée.
08:59Ça, c'est une réforme systémique majeure de l'organisation de la santé.
09:02Parlons de ça plutôt que de la petite tambouille politicienne.
09:04Les Français ont besoin de réponses claires.
09:06On peut avoir des ruptures.
09:07On peut être radicalement de gauche,
09:08mais on peut être digne et crédible dans la manière de faire de la politique.
09:12Refus de la brutalisation
09:13et le refus d'une sorte de fuite à l'avant qui mène nulle part.
09:16Mais l'électorat du Parti Socialiste n'est pas extensible.
09:18Comment ça va se passer si François Hollande se déclare,
09:21si M. Glucksmann confirme ce que tout le monde pense,
09:24c'est-à-dire qu'il va se lancer ?
09:26Vous allez être nombreux dans cet espace-là.
09:28Je vous rassure, à la fin, il n'y en aura qu'un seul dans cet espace-là.
09:32Parce que nous sommes des gens responsables.
09:33Et bien sûr qu'il ne faut pas qu'il y ait la multiplication des candidatures dans cet espace-là.
09:37Moi, je suis candidat à l'élection présidentielle.
09:39Il n'y en aura qu'un seul, mais pas des Jean-Luc Mélenchon.
09:41Des gens qui sont résolument laïcs, qui sont de gauche, qui sont féministes,
09:45qui sont pour la construction européenne, en y mettant des exigences fermes,
09:49cet espace-là, il a besoin d'une incarnation.
09:51Si d'autres se présentent dans cet espace-là, on se mettra d'accord.
09:55C'est le sens éventuellement du départage qui peut être organisé.
09:59Mais évidemment, il ne faut pas qu'il y ait la multiplication de ces candidatures.
10:01Mais il faut que dans cet espace-là, on dise les choses clairement.
10:05Voilà.
10:05Et moi, je vous le dis, ce dont a besoin le pays, c'est d'une gauche qui est capable
10:10de dire
10:10il y a des colères, il y a des situations indignes, il y a des situations injustes dans le pays.
10:15Et on ne peut pas les accompagner de manière molle,
10:16ce qui est le reproche qu'on a fait parfois dans le passé à la gauche.
10:19Mais dans le même temps, on ne passe pas par-dessus bord ce que moi j'appelle les principes républicains.
10:23Moi, je suis laïc.
10:24Je ne suis pas pour reconnaître ni le communautarisme, ni l'essentialisation du débat dans la société.
10:29Donc on peut être à la fois très républicain et pour une transformation sociale.
10:33C'est cet espace-là qui manque probablement d'incarnation aujourd'hui.
10:35Alors justement, Jean-Luc Mélenchon et la LFI fait pas mal parler d'elle et de lui ces dernières 48
10:42heures.
10:43Il y a deux affaires, l'affaire France Culture-Guillaume Herner, l'affaire aussi Rima Hassan.
10:47Et puis il y a les propos de Karim Bouhamran du Parti Socialiste qui dit
10:51« Moi, ce sera ni Goebbels ni Hitler ».
10:54C'est une formule assez choc.
10:56Est-ce que vous aussi, vous renvoyez le RN et LFI dos à dos de ce point de vue-là
11:01?
11:01Moi, je l'ai dit depuis des mois.
11:03Aujourd'hui, et je leur en veux beaucoup pour ça d'une certaine manière,
11:08Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise, par leur proposition et leur incarnation,
11:17en réalité déroulent un tapis rouge au Rassemblement National.
11:19Et donc s'il est au deuxième tour de l'élection présidentielle,
11:22alors là, que ce soit Bardella ou Le Pen, je vous parie en effet qu'il gagnera.
11:26Parce que le niveau de rejet de Jean-Luc Mélenchon dans l'opinion publique,
11:30y compris à gauche, est tel que ce qui fonctionne d'habitude,
11:33qui est le Front Républicain, ne fonctionnera pas.
11:35Et donc, aujourd'hui, pour combattre ce qui est mon objectif,
11:38le Rassemblement National sur le fond,
11:40il faut contenir LFI, y compris sur le fond.
11:44Et donc, il faut avoir cette incarnation et ces propositions fortes
11:47venant de la gauche républicaine.
11:48Une réaction à une actualité judiciaire différente,
11:52c'est celle de Rima Hassan, on en parle peu.
11:53Elle est jugée pour apologie du terrorisme aujourd'hui,
11:55via un tweet qui a été retiré.
11:57Bref, Jean-Luc Mélenchon, lui aussi, sera poursuivi,
12:01puisqu'il y a quatre victimes du 7 octobre
12:05qui ont porté l'affaire devant les tribunaux.
12:09Comment vous réagissez face à cela ?
12:10Mais je dis une chose, ça prolonge ce que je viens d'évoquer.
12:13Ça ne fait que renforcer votre conviction.
12:15Évidemment, on ne peut pas,
12:17cette fait la cerise politiquement,
12:19et cette dit, tiens, on va pouvoir s'adresser
12:22à une partie de la population,
12:23en flirtant avec l'apologie du terrorisme.
12:27Quand j'ai entendu Jean-Luc Mélenchon,
12:28il y a quelques jours,
12:29en allant soutenir un militant anticapitaliste
12:32qui était lui-même poursuivi pour ses motifs,
12:35en disant, écoutez, ça se discute de savoir
12:37si les attaques du 7 octobre étaient terroristes.
12:39Moi, un des éléments de la rupture définitive et radicale avec eux
12:42a été ce qui s'est passé le 7 octobre.
12:44Et on rappelle qu'il a été votre ami,
12:46et il est devenu votre meilleur ennemi, d'une certaine façon.
12:48En tous les cas, j'ai milité dans ma jeunesse avec lui,
12:50et aujourd'hui, j'ai quelqu'un qui délibérément fait le choix
12:52de conflictualiser, de brutaliser,
12:54d'essentialiser dans le débat public.
12:56Franchement, le pays n'a pas besoin de ça.
12:58Quand il appelle au boycott de la matinale de France Culture,
13:00vous réagissez comment ?
13:01Est-ce que c'est vraiment une méthode démocratique ?
13:03Est-ce que ça ne préfigure pas de quelque chose d'inquiétant ?
13:05Écoutez, moi, je vais vous dire une chose.
13:07Je n'ai pas envie de passer ma vie à parler de Jean-Luc Mélenchon.
13:10Il fait tout ça pour qu'on parle de lui.
13:12Comprenez, ne tombons pas dans le piège.
13:14Il met des provocations en permanence dans le débat
13:17pour qu'on vienne les commenter.
13:19Donc, quand ce n'est pas des ambiguïtés sur le terrorisme
13:21ou sur l'antisémitisme,
13:23c'est un rapport aux journalistes, etc.
13:25Bien sûr qu'il est en permanence dans l'incarnation
13:28d'une forme d'autocratie.
13:29Mais, encore une fois,
13:31le meilleur moyen de ne pas le mettre au centre du jeu,
13:33c'est de dérouler ce qu'on a à dire.
13:35La liberté d'expression, la liberté de travail des journalistes,
13:38elle doit être sacrée dans ce pays.
13:40Et on ne peut pas, d'un côté, condamner ce que fait Bolloré
13:42et se dire que, dans le service public,
13:45il y aurait une forme d'organisation systémique contre lui.
13:48Alors, terminons par le fond, si vous le voulez bien,
13:51et la question du budget,
13:53qui peut être un nouveau blocage.
13:55Sébastien Lecornu, c'est une initiative qui paraît intéressante,
13:59propose une nouvelle taxe qu'il a expliquée ce week-end
14:05lors des journées économiques à Aix-en-Provence.
14:07Une nouvelle taxe qu'on appelle faussement nouvelle taxe Zuckmann,
14:10qui est en réalité une sorte de mécénat forcé.
14:13Il s'agit de faire quelque chose pour que les transmissions du grand capital
14:17aillent alimenter des fonds d'investissement.
14:19Est-ce que c'est une bonne piste ?
14:20Est-ce que vous reprenez cette idée ?
14:22C'est probablement insuffisant par rapport à l'ampleur de l'enjeu.
14:24C'est une idée de Philippe Aguillon, d'ailleurs, qui est prix Nobel de l'économie.
14:26Donc, ce qu'on a réussi à faire, notamment l'année dernière,
14:29c'est de pointer l'inégalité majeure
14:31dans l'extrême concentration du patrimoine
14:33et des inégalités de patrimoine.
14:34Ça, ce sera au cœur de votre campagne ?
14:35Là, ce sera évidemment au cœur de la campagne que je mettrai sur la table,
14:38parce que pour financer les services publics,
14:39pour avoir des hôpitaux décents,
14:41pour avoir des lignes de transport qui sont réouvertes,
14:44il y a besoin de la solidarité nationale.
14:46Et pourquoi tout s'est délité ?
14:48Parce que ces dernières années, on a baissé les impôts
14:50d'une petite catégorie de la population.
14:52Et les inégalités de patrimoine,
14:54encore une fois, ça ne concerne pas les auditeurs de Sud Radio.
14:57Ce n'est pas eux qui sont concernés
14:59par une éventuelle taxe sur les très hauts patrimoines.
15:01C'est clair.
15:01Donc, Sébastien Lecornu, qui est habile,
15:05a compris qu'il fallait apporter une réponse sur ce terrain-là.
15:07Donc, le mécénat volontaire ou forcé,
15:11je n'ai toujours pas compris,
15:12c'est probablement insuffisant.
15:14Et moi, je suis convaincu...
15:15C'est une façon de flécher l'argent des grandes fortunes.
15:17On peut le dire comme ça.
15:18Oui, mais vous savez quoi ?
15:19Moi, je crois au principe de l'impôt.
15:21Voilà.
15:21On ne demande pas aux gens, volontairement,
15:24de payer l'impôt et de le flécher vers l'école,
15:27vers l'hôpital, etc.
15:28On paye l'impôt,
15:29et c'est le propre de la démocratie des parlementaires
15:31de répartir le produit de cet impôt.
15:34Donc, moi, ce que je veux, je vais être très clair,
15:36c'est que les très grandes fortunes
15:38payent proportionnellement autant d'impôts que les autres.
15:40Et s'ils ont du patrimoine,
15:41s'ils ont de l'optimisation,
15:42s'ils ont des holdings,
15:43qu'ils n'échappent pas.
15:44Voilà.
15:44Moi, je suis un patriote.
15:46J'aime mon pays.
15:47Et le patriotisme républicain,
15:49il commence d'abord par un patriotisme économique
15:51et un patriotisme fiscal.
15:52Merci infiniment, Jérôme Guedj.
15:53Vous êtes candidat à l'élection présidentielle pour 2027.
15:56Et merci infiniment d'avoir accepté l'invitation
15:58de Sud Radio ce matin.
15:59Très bonne journée.
16:00Les 8h34.
16:01On poursuit dans un instant la discussion
16:03pour le Grand Débrief.
16:04A tout de suite.
16:04A tout de suite.