00:00Sud Radio, 7h10h, Jacques Cardoz.
00:02Il est 7h54, soyez les bienvenus sur Sud Radio.
00:06Et si vous nous rejoignez seulement maintenant, vous avez choisi le bon moment.
00:09Pourquoi ? Parce que Guy Carlier est là, comme chaque jour de l'été,
00:12pour nous embarquer plein Sud avec celles et ceux qui font vivre cette antenne.
00:16Aujourd'hui, Guy a choisi de nous emmener et de vous emmener plein Sud
00:20avec Philippe David, que vous entendez chaque jour en compagnie de Cécile de Minibus
00:24dans les vraies voix de Sud Radio. Bonjour Guy.
00:26Bonjour Jacques, bonjour à tous. Vérification des portes opposées, armement des toboggans.
00:32Oui, là, j'avais une métaphore interminable sur le décollage d'un Airbus,
00:35mais on s'en fout, on est en retard. Allez John, envoie le générique.
00:43Si l'on accepte la chronique d'hier, réalisée sous la contrainte de notre directeur
00:48et sous ses menaces, je voudrais commencer cet été au cœur de Sud Radio avec Philippe David.
00:53Car cet homme constitue le symbole de Sud Radio tant il vit dans l'empathie et l'échange avec les
01:00auditeurs.
01:00Lorsqu'on le voit toujours enthousiaste, toujours heureux de rencontrer les gens,
01:04on se demande après quoi il court.
01:06La réponse est simple, Philippe David court après ses rêves d'enfant
01:10qu'il rattrape les uns après les autres.
01:13Simon Signoret disait pour parler d'un enchaînement harmonieux de la vie,
01:17c'est rond.
01:17Tout ce que fait Philippe David est rond.
01:20Ce sont les cercles de son enfance qu'il referme avec jubilation les uns après les autres.
01:25Il y a quelque chose de romanesque, presque balsacien dans son parcours.
01:29Philippe c'est un adolescent à qui l'on a expliqué qu'il n'y arriverait pas
01:32et qui finit par présenter les émissions qu'il écoutait en cachette sous les draps d'un internat
01:37à une époque où les radios libres n'existaient même pas encore.
01:41Aujourd'hui les ados regardent des vidéos sur leur téléphone jusqu'à 2h du matin.
01:45Philippe lui faisait déjà du streaming avant l'invention d'internet l'été dans les Hautes-Pyrénées.
01:50Il écoutait Radio Andorra sans imaginer qu'un jour cette radio deviendrait Sud Radio,
01:55que ce serait lui qui parlerait dans ce micro.
01:58Après le bac, il annonce qu'il veut devenir journaliste.
02:00Un conseiller d'orientation lui explique qu'il n'y arrivera pas
02:03et qu'au mieux il couvrira peut-être les chiens écrasés.
02:06Mais guère davantage.
02:07J'espère simplement que cette personne écoute Sud Radio aujourd'hui.
02:11Alors Philippe choisit le commerce international.
02:14Pendant 25 ans il parcourt l'Europe, l'Asie, les avions, les hôtels, les décalages horaires.
02:18Le soir dans les chambres d'hôtels il écrit.
02:21Parce qu'il existe des patients qui refusent de dormir.
02:24Et puis arrive 2014.
02:26La radio diffuse une émission consacrée à la coupe du monde de foot.
02:29Philippe intervient à l'antenne.
02:30Il connaît tout.
02:31Les équipes, les buteurs, les ballons d'or, les anecdotes.
02:34Comme d'autres connaissent les tables de multiplication.
02:37Bill Shankly, entraîneur mythique de Liverpool disait
02:39Le football n'est pas une question de vie ou de mort.
02:42C'est bien davantage.
02:43Pour Philippe David, oui, c'est bien davantage.
02:46Puisque c'est tout simplement le sens de sa vie.
02:49A la fin de l'émission, quelqu'un lui dit simplement
02:51Vous revenez demain.
02:53Les plus belles histoires commencent souvent par ces mots-là.
02:56Vous revenez demain.
02:57Le football pour Philippe n'est qu'un prétexte.
03:00Ce qu'il aime dans le foot, ce sont les souvenirs.
03:02Toujours reliés à des gens qu'il aime.
03:04Un père qui emmène son fils au stade.
03:06Des amis avec qui on refait le match 40 ans plus tard.
03:09Une femme que l'on aime à qui on explique pour la 15ème fois la règle du hors-jeu.
03:14Ceux qui prétendent que Philippe David est nostalgique se trompent.
03:18La nostalgie est une sorte de lac aux eaux stagnantes.
03:21Philippe David, lui, est un torrent de transmission.
03:24Il ne raconte pas le passé parce qu'il le regrette.
03:26Il le raconte pour que tous les bonheurs qu'il a vécus continuent de circuler.
03:31Pourtant, si vous rencontrez Philippe David, vous verrez au hasard d'une ombre qui passe furtivement dans son regard
03:37que la vie a laissé chez lui comme chez nous tous de sérieuses cicatrices.
03:41Ce sont les blessures de l'injustice qui ne cicatrisent jamais tout à fait.
03:46Alors il trimballe avec lui les plaies ouvertes de ceux qu'il aimait, qui ne sont plus là.
03:50Et d'autres blessures plus petites, diront certains, comme une nuit andalouse dans la chaleur de Séville à l'été
03:5782.
03:58Avec tout ça, on ne s'étonne pas que sa chanson préférée évoque le premier copain, le premier amour, la
04:03première voiture, la première chanson.
04:05Toutes ces choses qui semblent éternelles avant de disparaître.
04:08La chanson s'appelle « C'est de l'eau, c'est du vent ».
04:11Mais elle ne se termine pas sur le regret, mais au contraire sur un formidable esprit, un formidable appétit de
04:18vivre comme Philippe David.
04:20Alors écoutez-le chaque après-midi et n'oubliez jamais que les rêves d'enfant sont faits pour être rattrapés.
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