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  • il y a 6 semaines
Méga-feu, canicule interminable, manque d'eau : ces phénomènes extrêmes ont fortement perturbé les vacances des uns, les soirées et les festivals des autres. Tout ce qui faisait jusqu'à maintenant l'insouciance de ces mois de juillet et d'août. Les deux mois de l'été vont-ils changer de visage ?

Retrouvez « L'invité de 8h20 » sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien

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Transcription
00:01France Inter, Alexis Morel, le 6-9.
00:07T'as pas eu trop chaud toi ? Ce sera sûrement la question de la rentrée au moment de se
00:11raconter nos vacances.
00:12A l'issue d'un été percuté par la crise climatique, méga feu, canicule interminable, manque d'eau.
00:17On a raconté évidemment ici l'impact dramatique sur les agriculteurs, sur les habitants, sur les entreprises des communes touchées.
00:24Mais plus globalement, ces phénomènes extrêmes ont aussi fortement perturbé les vacances des uns, les soirées et les festivals des
00:32autres.
00:32Bref, tout ce qui faisait jusqu'à maintenant l'insouciance de ces mois de juillet et d'août, devenu désormais
00:37synonyme d'éco-anxiété.
00:40Alors comment vous êtes-vous adapté ? A l'avenir, comment repenser nos étés, qu'on parte en vacances ou
00:44pas ?
00:45Destination, loisirs, activités pour moins subir, mais aussi ne pas aggraver cette crise climatique.
00:51On en parle ce matin avec nos trois invités. Vangelis Panayotis, bonjour.
00:55Vous présidez le cabinet MKG Consulting, spécialisé en tourisme et en hôtellerie.
01:00En ligne avec nous aussi Christelle Chassagne, présidente du comité régional de tourisme Nouvelle-Aquitaine, bonjour.
01:06Et Joël Zasque, vous êtes philosophe et vous avez notamment travaillé sur l'impact des incendies.
01:11Bonjour à vous également.
01:13Chères auditrices et auditeurs, je vous rappelle que vous pouvez aussi nous contacter 0145 24 7000 et sur l'appli
01:19Radio France.
01:19Pour vos témoignages, le changement climatique a-t-il eu raison de vos projets estivaux ?
01:24Comment avez-vous changé ou non vos plans, vos activités ? Quelles sont vos solutions ? Racontez-nous.
01:29Vangelis Panayotis, je vais peut-être commencer avec vous.
01:31Quand je parlais d'adaptation à cette nouvelle donne climatique, est-ce qu'elle se voit déjà cette année ?
01:36Dans les choix des destinations touristiques cet été, il y a des chiffres tout frais qui viennent de sortir.
01:41Oui, tout à fait. D'abord, juste pour rappeler un peu le contexte, vous parliez d'éco-anxiété, mais globalement,
01:46il y a de l'anxiété géopolitique, de l'anxiété économique, sociale.
01:50Et les Français ont besoin de partir, ont besoin de sortir d'un quotidien qui les percute fortement.
01:56Et pour ça, on n'a pas envie de rater grand-chose dans sa vie, mais certainement pas ses vacances.
01:59Donc, tout ce qui va pouvoir impacter la qualité et l'expérience qu'on va avoir, y compris la canicule
02:04et ces vagues de chaleur qui font que l'expérience globalement n'est pas très bonne, vont avoir un impact.
02:09Aujourd'hui, ce n'est pas massif, parce que les grands classiques au bord de mer, on parlera peut-être
02:12de l'Espagne ou autre, ça fonctionne toujours très bien.
02:14Mais on a vu, là, dès cet été, la Manche, les Alpes du Nord, tout ce littoral de la Manche,
02:22de la Côte d'Opale, tout ça, il y a eu un regain, il y a eu un boom, quasiment
02:2510% en deux ans.
02:26Oui, la Manche, c'est flagrant.
02:27Exactement, Manche, Normandie, ça s'explique certainement par le côté de climat plus tempéré, ça s'explique aussi par des
02:34sujets de pouvoir d'achat.
02:36Et paradoxalement, enfin paradoxalement peut-être pas, vous allez nous le dire, comme vous le disiez, les destinations chaudes, entre
02:41guillemets, et classiques, résistent malgré tout.
02:44Je pense, si on ne parle que de la France, la Côte d'Azur, par exemple, alors ça augmente moins
02:48que la Manche, mais ça reste stable.
02:50Alors, il y a du contraste en fait, les grands classiques fonctionnent très bien, il y a aussi un contexte,
02:54ça ne nous a pas échappé dans votre chronique avant, il y a un contexte géopolitique.
02:59Le conflit en Iran fait que finalement l'Europe, c'est un peu un abri pour beaucoup de touristes internationaux,
03:04y compris pour des touristes européens qui auraient voulu partir plus loin.
03:07Finalement, on se dit, on n'est pas si mal en Europe, on a une stabilité politique, c'est plutôt
03:11un endroit safe, entre guillemets.
03:14Donc tout ça, ça fait que malgré tout, les grands classiques fonctionnent très bien. Et au final, il n'y
03:19a pas de perdant cet été.
03:20On voit qu'il y a eu une, on va dire, une irrigation du territoire en termes d'économie qui
03:26a bien fonctionné.
03:27Alors c'est peut-être un peu tôt, mais est-ce que vous arrivez à déterminer s'il y a
03:30eu des changements de destination en cours de route à la dernière minute, justement en fonction de la météo ?
03:35Alors malheureusement, on l'a vu dans le cadre des incendies, et à chaque fois qu'on a des événements
03:38de cet ordre-là, on a effectivement une réactivité qui est très forte.
03:41On a vu dans les comportements des voyageurs, des touristes, une polarisation des comportements, c'est-à-dire ceux qui
03:47vont vraiment réserver très en amont, parce qu'ils veulent une garantie de prix, ils veulent avoir de la place,
03:51etc.
03:52Et puis ceux qui attendent, c'est un peu le réflexe Covid, on va dire, qui nous reste de cette
03:55période, la dernière minute pour voir coup sûr, est-ce qu'il n'y a pas un problème ?
04:00Ou voilà, se laisser tenter par la dernière minute, par un contexte qui est peut-être plus intéressant pour eux.
04:04Alors Christelle Chassagne, vous présidez, je le rappelle, le comité du tourisme en Nouvelle-Aquitaine.
04:08On parlait de la Gironde, vous avez été évidemment les plus touchés en Gironde, dans les Landes, avec ces incendies.
04:14L'impact a été immédiat pour le coup, là vous avez des chiffres qui sont très clairs sur la fréquentation
04:18locale ?
04:19Oui, d'abord sur les zones qui ont été évacuées, évidemment, et pendant les jours évacués, on est déjà à
04:2760 millions d'euros, juste sur cette période-là.
04:31Mais les pertes, elles seront largement supérieures, parce qu'il y a tout l'impact en dehors des zones touchées,
04:39avec notamment la question des fumées.
04:41Et donc, quelques jours après, en plus des départements 33 et 40, d'autres zones ont été complètement percutées par
04:50les effets secondaires de ces évacuations.
04:53Même si, je le rappelle, c'est 4% de la Gironde qui a été touchée par les incendies.
04:59Mais l'effet est bien plus large.
05:02Exactement.
05:02Et est-ce que vous constatez que depuis que les feux ont été fixés, que la situation s'est calmée,
05:07que les habitants évacués ont pu revenir chez eux,
05:09est-ce que les touristes reviennent ou cette résilience touristique, si je puis dire, après les feux, elle mettra du
05:15temps à se mettre en place ?
05:17Oui, on a eu un retour de fréquentation progressive qui s'est effectué, puisque en plus, étant évidemment sur place,
05:26on a pu, avec les acteurs locaux, les offices de tourisme et toutes les zones touchées,
05:31on a très rapidement remis en place une campagne de réassurance, pour dire, les vacances continuent,
05:38venez en Gironde, venez dans les Landes, on est en capacité de vous accueillir, parce que c'est le cas.
05:43Mais évidemment, il y a un effet, un impact.
05:45Là, aujourd'hui, on n'est pas encore en capacité de le calculer, mais on sait que, même si le
05:50taux d'occupation sur les hébergements de plein air,
05:52où on est très fort en Nouvelle-Aquitaine, dans les hôtels, etc.,
05:56le taux d'occupation a remonté, mais on sait aussi qu'il y a eu un impact très fort,
06:00et pas que pour les hôteliers, pour les restaurateurs, pour les boulangers,
06:04pour tous ceux qui travaillent autour du tourisme, l'impact, il est énorme.
06:09On va y revenir tout à l'heure sur les enseignements que vous allez en tirer pour la suite.
06:14Vangelis Panayotis, on parlait des destinations plus ou moins prisées.
06:17Est-ce que la forme des vacances change aussi sous l'effet de ces conséquences climatiques ?
06:23Je pense à l'hébergement, par exemple.
06:24Est-ce que les exigences sont différentes ?
06:26On voit émerger pas mal de faisceaux.
06:28Désolé, parce qu'il y a un anglicisme pour tout comportement.
06:31On parle de « coolcation », c'est « vacances au frais ».
06:33On a de plus en plus envie de fragmenter, de vivre des expériences qui sont différentes.
06:37C'est terminé ce comportement de baby-boomer, de se mettre sur un transat pendant deux semaines,
06:42ou au bord de la piscine, ou au bord de la plage.
06:45On va démultiplier les différentes expériences.
06:47On voit qu'il y a un regain très fort de la ruralité.
06:50On voit que la montagne aussi fonctionne très bien.
06:53Il y a deux très grandes tendances, c'est Bretagne et Alpes du Nord,
06:56qui sont en train de devenir les nouvelles côtes d'Azur de l'été.
06:59Ça ne veut pas dire qu'il y a moins de monde sur la côte d'Azur,
07:01mais c'est-à-dire qu'on voit que ça se propage un petit peu différemment.
07:03Et clairement, c'est pour vivre d'autres expériences aujourd'hui que celles du soleil en plein été.
07:09Joël Zasque, vous êtes philosophe.
07:12Je le disais, ce n'est pas le premier été percuté par le changement climatique,
07:16mais disons peut-être qu'on a passé un nouveau cap cette année.
07:19Est-ce que c'est la fin ou le début de la fin de l'insouciance estivale,
07:23de cette représentation qu'on avait de l'été, de la légèreté ?
07:28On pourrait le souhaiter parce que tout change autour de nous.
07:32Le dérèglement climatique bouleverse nos comportements et nos possibilités de vie.
07:38Et en fait, mentalement, rien ne change si visiblement que cela.
07:45Le tourisme en soi est déjà un problème.
07:49Donc est-ce qu'on va continuer à se déplacer de la manière dont on le fait ?
07:52Est-ce qu'on aura besoin de temps libre de la manière dont on l'occupe aujourd'hui ?
07:58Je pense qu'effectivement, face aux bouleversements climatiques et environnementaux qu'on connaît,
08:04il faudrait qu'on reprenne notre copie, qu'on change de grille d'appréciation, de grille de valeur, de grille
08:12de plaisir, de grille de jouissance.
08:14Mais est-ce que c'est en train de se produire ? Je ne sais pas.
08:17On s'adapte, on essaie de s'adapter.
08:19Il y a encore le réflexe de se dire non mais c'était exceptionnel, ça ira mieux l'an prochain.
08:22Oui, alors de toute façon, il y a ça, ça je l'entends beaucoup autour de moi.
08:26C'est un accident, ça ne s'est pas bien passé cette année mais bon, rebelote l'année prochaine et
08:33on va retomber sur nos pieds.
08:34Il y aura un retour à la normale mais en fait, il ne va pas y avoir de retour à
08:38la normale.
08:38Parce qu'on a connu et on monte derrière nous et il faudrait vraiment qu'on repense effectivement
08:43mais de manière communautaire aussi, de manière collective, de manière raisonnée nos modes de vie qu'il s'agisse du
08:54travail ou des vacances d'ailleurs.
08:55Et d'ailleurs, quand je parlais d'insouciance estivale et de légèreté estivale, l'été c'est la vie en
09:00extérieur aussi.
09:01C'est le plaisir de l'été qu'on soit en vacances ou pas et on parlera évidemment de ces
09:044 Français sur 10 qui ne peuvent pas partir en vacances tout à l'heure.
09:08C'est la vie en extérieur qui était le plaisir de l'été qui aujourd'hui peut devenir un facteur
09:13d'inconfort voire de danger.
09:15Ça aussi c'est une bascule, un changement majeur dans la représentation qu'on se fait de cette saison.
09:20Oui, c'est très problématique parce que beaucoup d'événements estivaux ont lieu en extérieur.
09:25On peut penser au festival en particulier, on peut penser au camping, on peut penser aux randonnées, etc.
09:31Et l'extérieur est aussi généralement un moyen de créer une connexion avec notre milieu, avec notre environnement, avec les
09:40lieux que nous traversons.
09:41Et si on doit rester à l'intérieur pendant nos loisirs, pendant nos vacances,
09:46et bien cette occasion finalement de faire avec la nature sera perdue si tant est qu'on l'est fait.
09:52Donc c'est grave, oui, c'est très problématique.
09:54Et il est vrai que rester entre quatre murs dans un espace climatisé peut générer des attitudes qui seront encore
10:03plus catastrophiques
10:05à l'égard du tournant écologique qu'il est urgent de prendre que si on va dehors.
10:09Voilà, il faudrait aller dehors, il faudrait beaucoup dehors pour comprendre le milieu qui est menacé aujourd'hui.
10:15Vous parliez des festivals, il y a eu une des dizaines d'annulations de festivals fin juin et en juillet.
10:21Je pense aussi, c'est peut-être un peu plus anecdotique, mais au feu d'artifice, c'est un été
10:25sans feu d'artifice.
10:26Donc ça, c'est des symboles liés à l'été, des fêtes de villages sans feu d'artifice.
10:31Et oui, oui, oui, tout à fait.
10:33Et en fait, ce n'est pas un spectacle de drones comme l'expliquaient les artificiers sur vos antennes d
10:38'ailleurs.
10:40Ce ne sont pas les spectacles de drones qui vont remplacer les feux d'artifice.
10:44Il y a quelque chose d'extraordinairement spécifique et beau dans le feu d'artifice.
10:49Et voilà, effectivement, ça semble être une pratique menacée, très menacée pour l'avenir.
10:54Donc comment finalement accompagner la transition écologique tout en restant inventif, imaginatif, en procurant des grandes émotions ?
11:03Eh bien, vous posez les termes du débat qui va se poursuivre parce que le tourisme, et vous le disiez,
11:09est aussi responsable, est aussi vecteur de changement climatique.
11:13L'empreinte touristique, l'empreinte carbone du tourisme est 75% plus intense en carbone que la consommation classique en
11:21France.
11:21Alors comment on accompagne ça ?
11:23Vangelis Panayotis, on ne pourra plus aller à la plage par 45 degrés, faire, je ne sais pas, de l
11:30'acrobranche en plein cagnard.
11:33Où en est la réflexion là-dessus des acteurs du tourisme ?
11:36D'abord, pour revenir un peu sur ce qui a été dit, il y a un vrai paradoxe.
11:39Aujourd'hui, tout le monde a bien conscience de l'empreinte carbone quand il voyage.
11:43Ça devient de plus en plus quelque chose de prégnant dans l'esprit des gens.
11:46Sauf que la réalité, c'est que partir en famille en train, ça coûte beaucoup plus cher que de partir
11:51en voiture, même avec 100 euros de plus à la pompe.
11:54Donc aujourd'hui, il y a un choix pragmatique.
11:57On a également, je crois qu'on va de record en record depuis 2022 sur le nombre d'avions en
12:02simultané dans le ciel, dans le monde.
12:04Donc bon, ça raconte une histoire qui est un peu différente, c'est des vraies réalités.
12:10Et il ne faut pas opposer, enfin, ce n'est pas les touristes ou l'activité touristique qui a été
12:14la cause des incendies.
12:15Mais évidemment que le tourisme a un impact sur la sécheresse.
12:18La sécheresse augmente l'intensité des feux.
12:21Et donc, il y a un vrai travail collectif de la filière, parce que je crois que ça concerne tout
12:25le monde.
12:26Il faut qu'on fasse notre autocritique.
12:27Quand on est à l'hôtel, on met un peu plus la clim, on passe peut-être un petit peu
12:30plus de temps dans la douche.
12:32Il y a des spas.
12:33Enfin, il y a quand même tout.
12:33Ça devient un critère, la clim, clairement, pour l'hébergement.
12:36Oui, pour beaucoup de clientèles.
12:37Il n'y a pas de débat, pour le coup, chez les touristes sur la clim.
12:39Voilà, donc il y a beaucoup de paradoxes qu'on doit adresser.
12:42Mais ça reste un secteur qui prend ce sujet de façon très sérieuse.
12:45Il y a beaucoup d'initiatives qui sont faites aujourd'hui de la part des opérateurs et des professionnels du
12:49secteur.
12:50Parfois, on rembourse des éléments pour ceux qui ne viennent pas en voiture, en voiture électrique.
12:54On installe des bornes sur les parkings.
12:56On essaie de dire le fameux « jetez pas votre serviette » ou « on ne change pas les draps
13:00».
13:00Il y a quand même plein de réflexes qui sont en train d'évoluer,
13:02parce qu'il y a une vraie prise de conscience de l'ensemble de la filière sur le sujet.
13:05Alors justement, exemple très concret avec vous, Christelle Chassagne, en Nouvelle-Aquitaine.
13:09Comment vous accompagnez ça ?
13:10Par exemple, comment pour les étés prochains, quand on pense aux feux de forêt,
13:15comment une activité touristique est-elle encore viable, proche de la forêt des Landes ?
13:21Déjà, on ne peut pas répondre aux problématiques du XXIe siècle avec les moyens du XXe.
13:25Donc il faut effectivement prendre en compte, s'adapter au climat.
13:28C'est aussi anticiper ces risques plutôt que de les subir.
13:31Et le problème, ça n'est pas le tourisme, c'est comment on conçoit le tourisme.
13:35Donc je reviens sur ce qui a été dit, mais c'est important aussi de retravailler le récit des vacances.
13:41C'est quoi les vacances ?
13:43Comment on peut les concevoir autrement qu'avec les modèles que nous avons toujours eus ?
13:49Alors aujourd'hui, il y a des phénomènes, la canicule.
13:53Effectivement, le changement climatique ne fait pas disparaître le tourisme,
13:56mais il redessine la carte.
13:58On l'a vu tout à l'heure avec des destinations qui sortent évidemment leur épingle du jeu là-dessus.
14:02Donc il y a deux sujets, il y a l'atténuation et puis comment on s'adapte.
14:06Il faut s'adapter absolument, mais ce n'est pas suffisant.
14:10Donc il faut atténuer aussi, notamment la question des émissions de gaz à effet de serre,
14:15des ressources, l'imitation des déchets.
14:17En Nouvelle-Aquitaine, ça va faire plusieurs années,
14:20nombreuses années qu'on travaille avec Alain Rosset
14:22sur le sujet des vacances les plus responsables possibles
14:26pour qu'en Nouvelle-Aquitaine, on ait justement cette possibilité.
14:30Et comment on repense l'offre d'activités ?
14:32Je voyais par exemple que le Colisée à Rome propose désormais des nocturnes.
14:36Il y a même un terme qui s'appelle le nocturisme,
14:38c'est-à-dire de bouger la nuit, si je puis dire, de faire des activités la nuit.
14:41Ça, c'est des pistes de travail ?
14:43Ça, c'est des choses qui sont déjà en place aussi en Nouvelle-Aquitaine
14:46où on propose évidemment des parcours, par exemple,
14:49qui vont être en intérieur sur du géocatching.
14:53Par exemple, notre jeu Terra Aventura,
14:55qui est une chasse au trésor incroyable.
14:58Là, on l'a proposé aussi en intérieur, à l'intérieur d'un musée.
15:01Vous avez des professionnels qui s'adaptent aussi,
15:03qui modifient leurs horaires d'ouverture.
15:06On a évidemment toute une organisation,
15:11une diversification aussi des activités,
15:13comme la montagne, parce qu'évidemment,
15:16il y a plus de fraîcheur sur ces endroits-là qu'ailleurs.
15:22Mais on le disait aussi,
15:23les professionnels, ça va faire des années qu'ils sont résilients.
15:27La filière est résiliente.
15:28C'est même la base des professionnels du tourisme.
15:31C'est leur capacité d'adaptation.
15:33Et puis, je rappellerai quand même
15:35qu'on est sur des risques climatiques qui sont avérés,
15:40qui augmentent, mais ils arrivent aussi sur nos domiciles,
15:44enfin, nos lieux de domicile, pas forcément qu'en vacances.
15:47Donc, aujourd'hui, on s'adapte, on s'organise,
15:51on essaie effectivement d'impacter le moins possible le territoire que l'on visite.
15:57Moi, je pars du principe qu'il faut aussi que les destinations,
16:00elles vendent ce qui est bon pour le territoire.
16:01Est-ce que ça veut dire ?
16:02Alors voilà, justement, parce que, évidemment,
16:05il faut qu'on parle du surtourisme,
16:06ces visiteurs qui s'agglutinent sur les mêmes sites
16:09parce qu'il y a une photo sur Instagram, etc.
16:11Est-ce que vous, par exemple, vous êtes prêts,
16:12peut-être que vous le faites déjà,
16:13à ne plus promouvoir certaines destinations surfréquentées
16:17pour, si je veux dire, lisser tout cela ?
16:19On le fait déjà, en fait, on le fait déjà.
16:22C'est-à-dire qu'on ne fait plus de campagne sur la dune du Pila
16:26pour dire, venez, etc.
16:29Parce que, par définition, par nature,
16:32cette zone, elle est déjà fréquentée.
16:33Et puis, on a un outil qui est à notre disposition
16:35qui est extraordinaire.
16:37C'est aujourd'hui la possibilité de pré-réserver.
16:40Il y a des destinations qui ont cette capacité
16:43de pré-réserver des créneaux pour éviter la surfréquentation.
16:46Je vous dirais que ça, ça peut marcher
16:49pour, justement, le respect de la biodiversité,
16:51des espaces naturels.
16:52On va aussi mettre en avant des mobilités décarbonées.
16:56On a fait des séjours, ce qu'on appelle bas carbone.
16:58Ce n'est pas très sexy,
16:59mais c'est comment on vient en vacances sans sa voiture,
17:02comment on utilise le moins possible de mobilités carbonées.
17:06Et puis, on n'est pas obligé de partir loin pour se dépayser.
17:09Le voyage commence, finalement, au bout de la rue
17:12quand on prend autre direction.
17:13C'est ça aussi, rendre des vacances différentes.
17:17C'est aussi proposer, peut-être, d'aller moins loin
17:20et de découvrir aussi des choses incroyables.
17:23Même si moins loin, il a fallu aussi s'adapter.
17:26J'ai le témoignage d'Isabelle.
17:27Lors des feux de Gironde, nous avons dû, nous,
17:29dans le Cantal, rester cloîtrés chez nous
17:30à cause de la pollution.
17:31Nous avons dû adapter nos déplacements de visite
17:33en fonction de la chaleur, lors des pics,
17:36pour éviter de souffrir.
17:36Ce n'est plus le Cantal que j'ai connu en grandissant.
17:40Joël Zasque, ce sont aussi des images de paysages
17:43auxquels il faut peut-être renoncer
17:47lors de ces vacances estivales.
17:50En effet, beaucoup des paysages auxquels on était habitués
17:54dans le passé, y compris en haute montagne,
17:56il faut le préciser, tendent à disparaître.
17:59Là, cette année, à la limite des Alpes de Haute-Provence
18:03et des Hautes-Alpes, les paysages étaient complètement grillés.
18:06Il y a eu d'ailleurs des feux très importants,
18:08dans l'Ivoire en particulier.
18:11Donc, on sent que la montagne ne sera pas une solution
18:15à long terme.
18:16La montagne est grignotée par le dérèglement climatique
18:20et ça va extrêmement vite.
18:21C'est d'ailleurs une des zones, les Hautes-Alpes,
18:23qui vont être le plus impactées par le dérèglement climatique.
18:26Donc, il n'y a pas de solution.
18:28On ne va pas pouvoir s'adapter à ça.
18:31Je crois qu'il faut quand même prendre conscience
18:33que l'adaptation, évidemment, elle est très juste
18:37à l'échelle individuelle et à l'échelle finalement
18:39du lustre qui nous sépare d'une échéance.
18:44Mais en fait, à l'échelle de nos enfants,
18:47de nos petits-enfants, ça n'a pas fonctionné.
18:48Donc, que faire ?
18:50Je crois qu'il y a vraiment un signal d'alarme à tirer.
18:53Par exemple, le tourisme, est-ce que l'adapter ?
18:56Je ne sais pas.
18:57Mais en tout cas, je pense qu'il est absolument nécessaire
19:01que le tourisme soit repensé en profondeur.
19:04Mais d'une manière très concrète,
19:07que les touristes soient aussi, je veux dire,
19:10éduqués, informés, disons,
19:14introduits à la nature des milieux
19:17qu'ils vont fréquenter.
19:17Parce que je vois beaucoup de touristes
19:20qui sont totalement ignorants des lieux,
19:22de la fragilité des lieux qu'ils traversent.
19:26Je vais faire réagir, pardon, Vangelis Panayotis là-dessus,
19:29qui est une espèce de responsabilisation,
19:31une forme de responsabilisation, de conscientisation,
19:34que désormais, quand on va visiter un lieu,
19:36on ne le fait pas, si je puis dire,
19:38gratuitement ou tout simplement légèrement,
19:39mais qu'il y a une vraie réflexion là-dessus.
19:41Est-ce que le secteur est prêt à ça ?
19:42Bien sûr, le secteur est là pour valoriser
19:44ce que sont les attraits.
19:45On va quelque part, parce qu'il y a une mer
19:48qui est translucide, parce qu'il n'y a pas de déchets.
19:51Enfin voilà, ça fait partie de l'attractivité,
19:53de la valeur.
19:53Donc les professionnels du tourisme, la nature,
19:55c'est leur outil de travail.
19:56Donc ils ont évidemment...
19:57Et puis en plus, beaucoup d'entre eux sont des vrais passionnés.
19:59Ils ont investi, ils ont fait un choix de vie
20:01d'être installés dans ces endroits.
20:02Souvent, c'est des gens locaux
20:03qui ont créé une activité touristique.
20:05Donc ils sont très attachés à valoriser ça.
20:07On parlait de la montagne, le recul des glaciers.
20:10C'est le drame chaque année.
20:11Quand on parle, par exemple, de la Chamonix Watt,
20:13tout le monde regarde ça avec beaucoup d'attention.
20:15Donc je crois qu'il y a une vraie...
20:17Enfin aujourd'hui, c'est le paradoxe qu'on évoquait.
20:19Il y a à la fois une envie, une prise de conscience de tout le monde.
20:22Tout le monde.
20:23Globalement, personne ne dit qu'on veut aller polluer,
20:25qu'on veut être un mauvais touriste et profiter de quoi que ce soit.
20:28Donc tout le monde a cette conscience-là.
20:29Mais ensuite, il y a les arbitrages de pouvoir d'achat
20:32qui s'invitent à la discussion.
20:33J'ai une question de David sur l'appli Radio France.
20:36La solution serait-elle de réduire la durée du break de juillet ou de août ?
20:39Ça, c'est une vraie question, Joël Zas.
20:41On a ces deux mois d'été qui ont toujours été un peu sacralisés.
20:44Est-ce que ça devrait nous conduire à revoir ce calendrier
20:47s'il faut faire des festivals,
20:49organiser des festivals en automne ou au printemps, par exemple ?
20:52Absolument.
20:53Je crois qu'il va falloir revoir complètement le calendrier, d'une part,
20:56et notamment le calendrier scolaire.
20:58Le calendrier scolaire qui est intouché depuis 60 ou 70 ans,
21:02ou peut-être davantage, mais en réalité,
21:04les deux mois d'été, là où les enfants sont un peu livrés aux parents
21:10ou à des systèmes de garde plus ou moins banquos,
21:15c'est quelque chose qui pourrait être réfléchi.
21:18C'est un vrai sujet.
21:19L'école en été, dans la nature, par exemple,
21:21une classe dehors, une classe dans la forêt,
21:24une classe sur un glacier, une classe en spéléo,
21:27enfin, qui est une pédagogie active,
21:29qui par ailleurs sensibilise les enfants
21:32à ce que c'est que la nature,
21:33à ce que c'est que le milieu,
21:34à ce que c'est que l'écologie,
21:36finalement, que les enfants fassent partie d'un écosystème
21:38à la fois, je dirais, urbain, villageois et naturel.
21:43Christelle Chassagne, on sait que ce sujet du calendrier,
21:45c'est très sensible parmi les acteurs touristiques.
21:49Est-ce que vous seriez prêts à entamer cette réflexion
21:52sur une révision du calendrier,
21:54peut-être une pause moins longue l'été ?
21:56Je pense qu'effectivement, c'est une vraie question.
21:59Elle est essentielle dans la gestion des flux touristiques
22:02et c'est une question qui intéresse vivement les professionnels
22:04puisqu'aujourd'hui, on essaie de trouver des solutions
22:07pour optimiser aussi ce qu'on appelle les ailes de saison.
22:10Par ailleurs, je rappelle que nous sommes le 20 août,
22:13donc la saison estivale est loin d'être terminée.
22:15La Gironde et les Landes attendent encore leurs touristes
22:18puisqu'il y a encore de la place.
22:20Il faut continuer à venir.
22:21Mais c'est un sujet qui a été de nombreuses fois mis sur la table.
22:26Je pense qu'à l'aube de prochaines élections présidentielles,
22:29il faudra interroger les futurs candidats sur ce sujet
22:32qui est essentiel.
22:34Ça permettrait vraiment de pouvoir optimiser aussi
22:37toute cette gestion des flux, on l'évoquait,
22:40mais aussi peut-être la question du dérèglement climatique
22:44puisque cette période estivale de canicule
22:47pose un grand nombre de sujets et de problématiques
22:51auxquels on répondrait certainement mieux aussi,
22:53en dehors du fait aussi que cela occuperait peut-être plus nos enfants
22:57que ces deux mois de coupure.
22:59Notamment pour ceux qui ne peuvent pas partir,
23:01on n'oublie pas aussi ces quatre Français sur dix
23:03qui ne peuvent pas partir.
23:04On a Carole au standard qui dit
23:05« Je ne pars pas en vacances, j'ai aussi subi des grosses chaleurs ».
23:08Il faut aussi penser à ceux qui ne partent pas en vacances.
23:10Merci beaucoup à tous les trois.
23:12Christelle Chassagne, Vangelis Panayotis et Joël Zasque.
23:15Bonne journée.
23:15Merci.

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