00:00RTL Matin
00:03A 7h19, l'édito d'RTL Matin, Etienne Jarnel. Dans la fable du lièvre et de la tortue, il a
00:07choisi d'être la tortue.
00:09Parti de loin, il y a longtemps, tel un cycliste du Tour de France qui se serait échappé dès les
00:13premiers kilomètres d'une très longue étape.
00:15Bon, visiblement, sinon on regarde les sondages et les ralliements autour de lui, s'il y a une stratégie qui
00:20paye pour Edouard Philippe, en tout cas pour l'instant.
00:21Oui, Edouard Philippe a recueilli hier deux nouveaux soutiens, Maude Bréjon et Eric Wörth, mais son principal allié, je vais
00:30vous dire, ce sont les calculatrices.
00:31On entend parfois dire de lui, Edouard Philippe, qu'il ne ferait pas rêver, alors on en prend ce qu
00:37'on veut sur le fond.
00:38Gardons en tête que cette élection ne se jouera pas forcément sur le rêve, mais aussi et beaucoup sur le
00:44calcul.
00:44En clair, l'hypothèse d'un deuxième tour entre d'un côté Marine Le Pen ou Jordan Bardal, je ne
00:49sais pas encore, et de l'autre Jean-Luc Mélenchon,
00:52poussent les électeurs du bloc central ou du socle commun, ou plus généralement ceux qui ne veulent vraiment ni de
00:58l'un ni de l'autre,
00:58à faire leurs petits calculs en amont et à se regrouper très tôt derrière celui des leurs, qui est le
01:04mieux placé.
01:05Il y a donc une prime colossale à celui qui est en tête, les gens comptent, calculent, et pour l
01:10'instant, le candidat des calculatrices, c'est Edouard Philippe.
01:13Donc ça veut dire que pour vous, la fragmentation dans le bloc central n'est pas destinée à durer ?
01:17Regardez ce qui s'est passé en 2022, souvenez-vous Valérie Pécresse, qui commence sa campagne à 16-17%
01:22dans les sondages.
01:23Alors elle démarre mal, elle baisse au profit d'Emmanuel Macron, il y a un jeu de vase communiquant,
01:28puis il y a la guerre en Ukraine qui favorise probablement le président.
01:31Mais regardez les derniers sondages, juste avant le premier tour de la présidentielle, quelques jours avant.
01:36Il donnait Valérie Pécresse entre 8 et 9,5%.
01:40Deux jours plus tard, elle termine à 4,7% des voix dans les urnes.
01:44La menace d'un deuxième tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon à marché à plein,
01:49c'est la calculatrice qui a parlé dans l'isoloir.
01:52Et cette fois-ci, il y a fort à parier que ce phénomène sera encore amplifié,
01:56et surtout anticipé, car la force cumulée des candidats RN et LFI
02:01est probablement plus importante que la fois dernière.
02:03Bon, mais qu'il y ait une prime au leader, certes,
02:05mais selon vous, Edouard Philippe, peut-il être rattrapé ?
02:07Alors d'abord, en politique, tout est toujours réversible.
02:10Vous êtes prudent.
02:11Voilà, les exemples sont nombreux de favoris à un an de l'élection
02:15qui se sont effondrés, à commencer par le mentor d'Edouard Philippe,
02:18c'est-à-dire Alain Juppé.
02:20Disons toutefois que la configuration de cette élection est un peu différente
02:24et que le jeu des calculs pourrait figer un peu la situation un peu plus vite.
02:29Et donc, pour détrôner Edouard Philippe dans le classement des calculatrices,
02:33il faut à ses rivaux du centre ou de la droite émerger relativement vite.
02:38Alors, après, oui, restons prudents,
02:40même si le calcul prend une place plus importante dans cette campagne,
02:43tout peut se passer dans une élection,
02:44et les affects aussi peuvent reprendre le dessus.
02:47Vous savez, Isaac Newton le reconnaissait lui-même,
02:49et je le cite,
02:50« Je peux calculer le mouvement des corps célestes,
02:53mais pas la folie des hommes ».
02:54Eh bien, notez que le candidat des calculatrices,
02:57comme vous l'appelez, je ne sais pas s'il va adorer ça,
02:58mais il sera l'invité d'Hertel matin demain à 7h40,
03:01et on lui demandera ce qu'il en pense,
03:02et si pour lui les comptes vont être bons.
03:05À 7h22.
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