00:00– Parfaitement stable, oui, parce que la semaine sera chargée.
00:04Et pour nous éclairer ce matin, c'est Florian Elpo en charge de la macroéconomie
00:07chez Lombard-Odier IM.
00:08Bonjour Florian, merci de prendre quelques minutes ce matin
00:11pour regarder un petit peu l'agenda de la semaine
00:13qui est en effet chargé avec le symposium de Sintra,
00:16avec donc les chiffres de l'emploi qui seront publiés aux États-Unis.
00:20Ça sera donc vendredi, et puis dans le même temps,
00:23on aura également quelques ISM qui seront publiés du côté des États-Unis.
00:28Bon, commençons peut-être par les banques centrales, oui,
00:31qui vont prendre la parole, que ce soit la BCE, bien sûr,
00:34qui organise ce symposium, et puis également Kevin Warch,
00:37puisque ça sera mercredi que le président de la FED prendra la parole.
00:41– Absolument, bonjour Étienne, merci de me recevoir.
00:45Effectivement, c'est un meeting important, on peut le voir comme,
00:48vous savez, au mois d'août, on a ce fameux symposium de Jackson Hole aux États-Unis,
00:53c'est un petit peu son pendant en Europe.
00:55Normalement, c'est plutôt un meeting qui est euro-centrique,
01:00qui est généralement l'occasion pour la BCE d'en dire davantage,
01:03en sa fonction de réaction, de guider un petit peu les investisseurs,
01:07les marchés, les entreprises vis-à-vis de cette politique monétaire.
01:11Cette fois-ci, il y a deux éléments qui frappent.
01:13Le premier de ces éléments, pardon, c'est la présence de Kevin Warch.
01:16Warch, c'est sa première apparition internationale déjà,
01:21ça a le mérite d'être remarquable.
01:23Et puis le deuxième élément, c'est de bien avoir en tête
01:25que ça va nous permettre d'en savoir un peu plus sur ce qu'on appelle la doctrine Warch,
01:28c'est-à-dire Warch se positionne comme quelque part un apporteur de changements
01:34vis-à-vis de la fonction de réaction de la réserve fédérale
01:37à l'inflation, l'emploi, la productivité.
01:41Le meeting de Sintra a comme thème justement la technologie et la productivité.
01:48Kevin Warch a répété de façon récurrente
01:52qu'il attendait cette productivité de devenir une force désinflationniste.
01:58Et cette force désinflationniste, c'est elle qui lui permettrait,
02:02d'ici quelques mois, de baisser ses taux d'intérêt
02:04et donc de donner un petit peu de souffle.
02:07À l'économie américaine.
02:09Donc vous voyez, on devrait en savoir plus sur deux choses.
02:11Un, sa façon de voir la politique monétaire dans les prochains mois.
02:14Et deux, comment est-ce qu'il appréhende finalement l'IA
02:17et le rôle de l'IA dans le rôle qu'ont les banques centrales aujourd'hui
02:20dans le contrôle de l'inflation ?
02:22Et puis la BCE, peut-être qu'il va éclaircir un petit peu les choses.
02:25On se souvient qu'il y a une semaine, lundi dernier,
02:28Christine Lagarde était devant la Commission européenne.
02:30Elle s'est montrée plutôt prudente sur une éventuelle seconde hausse de taux
02:37dans le sens où elle estimait que pour l'instant,
02:38il n'y avait pas de panique sur l'inflation.
02:40Le problème, c'est que deux jours plus tard,
02:41il y avait Isabelle Schneider qui a dit
02:42non, mais il faut continuer à remonter les taux.
02:47Souvenons-nous toujours que le principal combustible
02:50qui fait monter l'inflation, c'est la croissance.
02:52S'il y a un endroit sur Terre où la croissance est plutôt en phase d'accélération,
02:57ce sont les États-Unis et non pas l'Europe.
03:00En Europe, comme en Chine aujourd'hui, les chiffres que l'on reçoit,
03:03vous savez, il existe ces indices de surprises économiques.
03:07Les chiffres que l'on lit en ce moment sont plutôt marginalement source de déception
03:12plutôt qu'une source de surprises positives comme c'est le cas aux États-Unis.
03:16Donc ce facteur-là devrait jouer à plein et éviter en tout cas
03:21que l'inflation énergétique ne devienne de l'inflation pure,
03:24c'est-à-dire une élévation globale du niveau des prix.
03:26C'est ce qui explique aujourd'hui quelque part un peu la dissension
03:30qui semble animer l'Europe autour de la nécessité de monter les taux.
03:33Après, monter les taux une fois, deux fois, trois fois,
03:36ça n'est pas monter les taux de territoire négatif vers 4%.
03:39On n'en est pas là, on n'est pas en 2022, loin sans faux.
03:42Et on parle vraiment d'ajustement fin de la politique monétaire.
03:45Il n'y a pas de point à faire paniquer les marchés.
03:48Non, à court terme, ce qui interroge un petit peu, c'est le segment technologique.
03:52Alors, il faut bien sûr dézoomer dans le sens où, comme on le disait en préambule,
03:55le segment des semi-conducteurs a connu un parcours spectaculaire.
03:58Néanmoins, Apple a perdu un peu plus de 6% jeudi après avoir annoncé des hausses de prix.
04:03Ce matin, SK, Unix et Samsung annoncent 1000 milliards d'investissements.
04:07Alors, ça avait déjà fuité dans la presse vendredi,
04:09mais ces deux titres ont également corrigé sur une baisse marquée.
04:12Comment vont regarder ces plans d'investissement ?
04:15Et puis, surtout, ces pénuries de mémoire RAM qui se reflètent dans les prix pour les industriels.
04:20Et donc, in fine, typiquement chez Apple, chez le consommateur.
04:24C'est le grand déséquilibre de l'IA.
04:28C'est-à-dire qu'on a besoin de capacité de calcul,
04:31on a besoin de mémoire et on a besoin d'énergie.
04:33On a beaucoup investi dans la capacité de calcul.
04:37Côté mémoire, on voit des plans d'investissement survenir,
04:41mais on comprend aussi que ce sera probablement un goulot d'étranglement.
04:44Et on ne parle pas encore d'énergie qui sera potentiellement le prochain goulot d'étranglement
04:48du développement de ce narratif IA.
04:52C'est une révolution industrielle.
04:54Lorsqu'on est face à une révolution industrielle,
04:57l'histoire ne s'écrit pas de façon linéaire.
04:59C'est-à-dire qu'on va avoir des vagues d'investissement,
05:04des graves d'investissement qui vont se succéder
05:06pour desserrer des goulots d'étranglement.
05:08Mais on parle d'investissement industriel, de capacité physique de production.
05:13Donc ça prend du temps, ça coûte de l'argent
05:15et les marchés aujourd'hui doivent réconcilier aujourd'hui
05:20où les choses coûtent, l'investissement a un coût,
05:23avec demain où cet investissement sera une source de profit.
05:26Donc la question, c'est incroyablement difficile de répondre à telle question.
05:32La question, c'est est-ce que ces investissements sont suffisants
05:35pour pouvoir générer les profits qu'on en attend
05:37et est-ce que nos anticipations de profit ne sont pas exagérées ?
05:40Pour l'instant, on ne pense pas que ce soit le cas.
05:42Loin s'en faut, dans l'ensemble,
05:44on voit plutôt une fonction de réaction rapide
05:46de ces grands acteurs de l'IA
05:47pour desserrer un à un ces goulots d'étranglement.
05:51Et dans ce contexte, comment aujourd'hui vous allouez
05:53les portefeuilles Florian Elpeau chez Lombard-Rodier IM ?
05:56Sachant qu'on le voit bien, certes la tech est en hausse,
05:59mais tout le monde n'est pas immunisé.
06:00Quand vous regardez les Microsoft qui sont sur les plus bas de 2023,
06:04Apple retour à la case départ depuis le début de l'année,
06:07et puis cette industrie des semi-conducteurs qui a beaucoup monté,
06:10et puis on vient de l'évoquer,
06:11qui est désormais en pleine phase de doute.
06:13Oui, absolument.
06:14Pour nous, nous n'avons pas une vision négative des marchés.
06:19Loin s'en fout.
06:20On continue d'être surpondérés à l'action vis-à-vis des obligations.
06:23On pense que l'exposition au marché action
06:27est toujours nécessaire à ce stade.
06:29Et quand on dit marché action,
06:30on pense à la tech aujourd'hui qui occupe une part importante
06:34dans des allocations globales,
06:35mais pas seulement, vous en parliez précédemment,
06:38la santé par exemple.
06:39Il y a plein de secteurs aujourd'hui
06:40qui n'ont que très peu répondu
06:42à l'appel des surprises positives de profits
06:47au premier et potentiellement deuxième trimestre de cette année.
06:50Donc on pense qu'il y a toujours
06:52ce qu'on appelle un investment case.
06:54Il y a toujours, si vous voulez,
06:55on est toujours dans un environnement
06:56qui est propice à la progression des actions.
06:59Simplement, cette progression,
07:00elle ne peut s'appuyer probablement
07:02que sur une progression des profits.
07:03Pourquoi ?
07:04Parce que les taux réels,
07:05les taux d'intérêt sont très élevés.
07:07Et quand les taux d'intérêt sont très élevés,
07:09ils empêchent ce qu'on appelle l'expansion de multiples,
07:11c'est-à-dire le fait que le price-earning ratio des actions
07:15se met à progresser avec les earnings,
07:17avec les profits.
07:18Donc on ne peut s'appuyer que sur
07:20l'amélioration économique globale.
07:23Et bonne nouvelle,
07:23parce que l'environnement aujourd'hui
07:25pointe plutôt en ce sens-là.
07:27Donc on reste pour le moment
07:28positivement positionné sur les actions.
07:30Avec quel secteur aujourd'hui,
07:32en termes de zone géographique également,
07:35à quoi ressemblent les portefeuilles, Florian Alpeau ?
07:38Les portefeuilles,
07:39ils ne vont pas spécialement chercher de biais géographiques.
07:41Ils vont plutôt refléter
07:43une surpondération pour les actions mondes.
07:45Parce que les actions mondes,
07:45elles contiennent de la tech,
07:46mais pas seulement.
07:47Elles contiennent beaucoup d'actions américaines,
07:49mais pas seulement.
07:50Mais elles contiennent également de l'Europe, du Japon.
07:52Elles contiennent un certain nombre de pays
07:54également qui ont des chances
07:55de voir leurs actions
07:56se connaître à un momentum positif.
07:58dans les semaines à venir.
08:00Donc n'oublions pas,
08:01on s'approche du début de l'été.
08:03Le début de l'été,
08:04c'est plutôt une période positive également
08:05en termes d'augmentant de l'action.
08:08Et disons qu'aujourd'hui,
08:09la situation économique
08:12ne nécessite pas nécessairement
08:15de correction en termes de sentiments.
08:17Vous voyez,
08:17le risque principal,
08:18c'est les taux réels.
08:19Mais les taux réels,
08:19c'est quelque chose qui met du temps,
08:20justement,
08:21à impacter négativement les valorisations.
08:23Donc on n'en est pas encore là pour le moment.
08:25L'économie doit être même trop bien
08:27pour son propre bien.
08:28Merci beaucoup.
08:29Florent-Helpo nous a accompagné ce matin
08:31en charge de la macroéconomie
08:32chez Lombard-Rodier IM.
Commentaires