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  • il y a 28 minutes
Ce lundi 29 juin, une semaine chargée avec le symposium de Sintra, la publication des chiffres de l'emploi aux États-Unis, et le doute de la Bourse concernant le pricing power, ont été abordés par Florian Ielpo, en charge de la macroéconomie chez Lombard Odier IM, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00– Parfaitement stable, oui, parce que la semaine sera chargée.
00:04Et pour nous éclairer ce matin, c'est Florian Elpo en charge de la macroéconomie
00:07chez Lombard-Odier IM.
00:08Bonjour Florian, merci de prendre quelques minutes ce matin
00:11pour regarder un petit peu l'agenda de la semaine
00:13qui est en effet chargé avec le symposium de Sintra,
00:16avec donc les chiffres de l'emploi qui seront publiés aux États-Unis.
00:20Ça sera donc vendredi, et puis dans le même temps,
00:23on aura également quelques ISM qui seront publiés du côté des États-Unis.
00:28Bon, commençons peut-être par les banques centrales, oui,
00:31qui vont prendre la parole, que ce soit la BCE, bien sûr,
00:34qui organise ce symposium, et puis également Kevin Warch,
00:37puisque ça sera mercredi que le président de la FED prendra la parole.
00:41– Absolument, bonjour Étienne, merci de me recevoir.
00:45Effectivement, c'est un meeting important, on peut le voir comme,
00:48vous savez, au mois d'août, on a ce fameux symposium de Jackson Hole aux États-Unis,
00:53c'est un petit peu son pendant en Europe.
00:55Normalement, c'est plutôt un meeting qui est euro-centrique,
01:00qui est généralement l'occasion pour la BCE d'en dire davantage,
01:03en sa fonction de réaction, de guider un petit peu les investisseurs,
01:07les marchés, les entreprises vis-à-vis de cette politique monétaire.
01:11Cette fois-ci, il y a deux éléments qui frappent.
01:13Le premier de ces éléments, pardon, c'est la présence de Kevin Warch.
01:16Warch, c'est sa première apparition internationale déjà,
01:21ça a le mérite d'être remarquable.
01:23Et puis le deuxième élément, c'est de bien avoir en tête
01:25que ça va nous permettre d'en savoir un peu plus sur ce qu'on appelle la doctrine Warch,
01:28c'est-à-dire Warch se positionne comme quelque part un apporteur de changements
01:34vis-à-vis de la fonction de réaction de la réserve fédérale
01:37à l'inflation, l'emploi, la productivité.
01:41Le meeting de Sintra a comme thème justement la technologie et la productivité.
01:48Kevin Warch a répété de façon récurrente
01:52qu'il attendait cette productivité de devenir une force désinflationniste.
01:58Et cette force désinflationniste, c'est elle qui lui permettrait,
02:02d'ici quelques mois, de baisser ses taux d'intérêt
02:04et donc de donner un petit peu de souffle.
02:07À l'économie américaine.
02:09Donc vous voyez, on devrait en savoir plus sur deux choses.
02:11Un, sa façon de voir la politique monétaire dans les prochains mois.
02:14Et deux, comment est-ce qu'il appréhende finalement l'IA
02:17et le rôle de l'IA dans le rôle qu'ont les banques centrales aujourd'hui
02:20dans le contrôle de l'inflation ?
02:22Et puis la BCE, peut-être qu'il va éclaircir un petit peu les choses.
02:25On se souvient qu'il y a une semaine, lundi dernier,
02:28Christine Lagarde était devant la Commission européenne.
02:30Elle s'est montrée plutôt prudente sur une éventuelle seconde hausse de taux
02:37dans le sens où elle estimait que pour l'instant,
02:38il n'y avait pas de panique sur l'inflation.
02:40Le problème, c'est que deux jours plus tard,
02:41il y avait Isabelle Schneider qui a dit
02:42non, mais il faut continuer à remonter les taux.
02:47Souvenons-nous toujours que le principal combustible
02:50qui fait monter l'inflation, c'est la croissance.
02:52S'il y a un endroit sur Terre où la croissance est plutôt en phase d'accélération,
02:57ce sont les États-Unis et non pas l'Europe.
03:00En Europe, comme en Chine aujourd'hui, les chiffres que l'on reçoit,
03:03vous savez, il existe ces indices de surprises économiques.
03:07Les chiffres que l'on lit en ce moment sont plutôt marginalement source de déception
03:12plutôt qu'une source de surprises positives comme c'est le cas aux États-Unis.
03:16Donc ce facteur-là devrait jouer à plein et éviter en tout cas
03:21que l'inflation énergétique ne devienne de l'inflation pure,
03:24c'est-à-dire une élévation globale du niveau des prix.
03:26C'est ce qui explique aujourd'hui quelque part un peu la dissension
03:30qui semble animer l'Europe autour de la nécessité de monter les taux.
03:33Après, monter les taux une fois, deux fois, trois fois,
03:36ça n'est pas monter les taux de territoire négatif vers 4%.
03:39On n'en est pas là, on n'est pas en 2022, loin sans faux.
03:42Et on parle vraiment d'ajustement fin de la politique monétaire.
03:45Il n'y a pas de point à faire paniquer les marchés.
03:48Non, à court terme, ce qui interroge un petit peu, c'est le segment technologique.
03:52Alors, il faut bien sûr dézoomer dans le sens où, comme on le disait en préambule,
03:55le segment des semi-conducteurs a connu un parcours spectaculaire.
03:58Néanmoins, Apple a perdu un peu plus de 6% jeudi après avoir annoncé des hausses de prix.
04:03Ce matin, SK, Unix et Samsung annoncent 1000 milliards d'investissements.
04:07Alors, ça avait déjà fuité dans la presse vendredi,
04:09mais ces deux titres ont également corrigé sur une baisse marquée.
04:12Comment vont regarder ces plans d'investissement ?
04:15Et puis, surtout, ces pénuries de mémoire RAM qui se reflètent dans les prix pour les industriels.
04:20Et donc, in fine, typiquement chez Apple, chez le consommateur.
04:24C'est le grand déséquilibre de l'IA.
04:28C'est-à-dire qu'on a besoin de capacité de calcul,
04:31on a besoin de mémoire et on a besoin d'énergie.
04:33On a beaucoup investi dans la capacité de calcul.
04:37Côté mémoire, on voit des plans d'investissement survenir,
04:41mais on comprend aussi que ce sera probablement un goulot d'étranglement.
04:44Et on ne parle pas encore d'énergie qui sera potentiellement le prochain goulot d'étranglement
04:48du développement de ce narratif IA.
04:52C'est une révolution industrielle.
04:54Lorsqu'on est face à une révolution industrielle,
04:57l'histoire ne s'écrit pas de façon linéaire.
04:59C'est-à-dire qu'on va avoir des vagues d'investissement,
05:04des graves d'investissement qui vont se succéder
05:06pour desserrer des goulots d'étranglement.
05:08Mais on parle d'investissement industriel, de capacité physique de production.
05:13Donc ça prend du temps, ça coûte de l'argent
05:15et les marchés aujourd'hui doivent réconcilier aujourd'hui
05:20où les choses coûtent, l'investissement a un coût,
05:23avec demain où cet investissement sera une source de profit.
05:26Donc la question, c'est incroyablement difficile de répondre à telle question.
05:32La question, c'est est-ce que ces investissements sont suffisants
05:35pour pouvoir générer les profits qu'on en attend
05:37et est-ce que nos anticipations de profit ne sont pas exagérées ?
05:40Pour l'instant, on ne pense pas que ce soit le cas.
05:42Loin s'en faut, dans l'ensemble,
05:44on voit plutôt une fonction de réaction rapide
05:46de ces grands acteurs de l'IA
05:47pour desserrer un à un ces goulots d'étranglement.
05:51Et dans ce contexte, comment aujourd'hui vous allouez
05:53les portefeuilles Florian Elpeau chez Lombard-Rodier IM ?
05:56Sachant qu'on le voit bien, certes la tech est en hausse,
05:59mais tout le monde n'est pas immunisé.
06:00Quand vous regardez les Microsoft qui sont sur les plus bas de 2023,
06:04Apple retour à la case départ depuis le début de l'année,
06:07et puis cette industrie des semi-conducteurs qui a beaucoup monté,
06:10et puis on vient de l'évoquer,
06:11qui est désormais en pleine phase de doute.
06:13Oui, absolument.
06:14Pour nous, nous n'avons pas une vision négative des marchés.
06:19Loin s'en fout.
06:20On continue d'être surpondérés à l'action vis-à-vis des obligations.
06:23On pense que l'exposition au marché action
06:27est toujours nécessaire à ce stade.
06:29Et quand on dit marché action,
06:30on pense à la tech aujourd'hui qui occupe une part importante
06:34dans des allocations globales,
06:35mais pas seulement, vous en parliez précédemment,
06:38la santé par exemple.
06:39Il y a plein de secteurs aujourd'hui
06:40qui n'ont que très peu répondu
06:42à l'appel des surprises positives de profits
06:47au premier et potentiellement deuxième trimestre de cette année.
06:50Donc on pense qu'il y a toujours
06:52ce qu'on appelle un investment case.
06:54Il y a toujours, si vous voulez,
06:55on est toujours dans un environnement
06:56qui est propice à la progression des actions.
06:59Simplement, cette progression,
07:00elle ne peut s'appuyer probablement
07:02que sur une progression des profits.
07:03Pourquoi ?
07:04Parce que les taux réels,
07:05les taux d'intérêt sont très élevés.
07:07Et quand les taux d'intérêt sont très élevés,
07:09ils empêchent ce qu'on appelle l'expansion de multiples,
07:11c'est-à-dire le fait que le price-earning ratio des actions
07:15se met à progresser avec les earnings,
07:17avec les profits.
07:18Donc on ne peut s'appuyer que sur
07:20l'amélioration économique globale.
07:23Et bonne nouvelle,
07:23parce que l'environnement aujourd'hui
07:25pointe plutôt en ce sens-là.
07:27Donc on reste pour le moment
07:28positivement positionné sur les actions.
07:30Avec quel secteur aujourd'hui,
07:32en termes de zone géographique également,
07:35à quoi ressemblent les portefeuilles, Florian Alpeau ?
07:38Les portefeuilles,
07:39ils ne vont pas spécialement chercher de biais géographiques.
07:41Ils vont plutôt refléter
07:43une surpondération pour les actions mondes.
07:45Parce que les actions mondes,
07:45elles contiennent de la tech,
07:46mais pas seulement.
07:47Elles contiennent beaucoup d'actions américaines,
07:49mais pas seulement.
07:50Mais elles contiennent également de l'Europe, du Japon.
07:52Elles contiennent un certain nombre de pays
07:54également qui ont des chances
07:55de voir leurs actions
07:56se connaître à un momentum positif.
07:58dans les semaines à venir.
08:00Donc n'oublions pas,
08:01on s'approche du début de l'été.
08:03Le début de l'été,
08:04c'est plutôt une période positive également
08:05en termes d'augmentant de l'action.
08:08Et disons qu'aujourd'hui,
08:09la situation économique
08:12ne nécessite pas nécessairement
08:15de correction en termes de sentiments.
08:17Vous voyez,
08:17le risque principal,
08:18c'est les taux réels.
08:19Mais les taux réels,
08:19c'est quelque chose qui met du temps,
08:20justement,
08:21à impacter négativement les valorisations.
08:23Donc on n'en est pas encore là pour le moment.
08:25L'économie doit être même trop bien
08:27pour son propre bien.
08:28Merci beaucoup.
08:29Florent-Helpo nous a accompagné ce matin
08:31en charge de la macroéconomie
08:32chez Lombard-Rodier IM.
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