- il y a 21 minutes
David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes publics, est l'invité de Questions Politiques, présenté par Victoria Koussa. Il revient notamment sur le rapport alarmant (ou alarmiste ?) de la Cour des comptes sur les finances publiques en France. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/questions-politiques/questions-politiques-du-dimanche-28-juin-2026-9249136
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:03Générique
00:10Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Questions politiques.
00:14Des voyants clignotent rouge sur le tableau de bord du gouvernement, la canicule bien sûr, les températures retombent, on respire.
00:22Enfin, sauf dans deux départements, toujours en vigilance rouge dans l'est du pays, mais la chaleur extrême laisse des
00:29traces.
00:29Un traumatisme même et un premier bilan tragique.
00:331000 morts de plus que la normale depuis mercredi.
00:35Comment faire face aux prochains épisodes ?
00:37Ce n'est qu'un début d'après les scientifiques dans les écoles, les EHPAD, les hôpitaux.
00:42Comment rattraper notre retard en termes d'adaptation au réchauffement climatique ?
00:47Que compte faire l'exécutif sous pression des oppositions et en pleine alerte rouge sur les finances publiques ?
00:52La France est au pied du mur pour la Cour des comptes.
00:56Le prochain budget s'annonce explosif en pleine campagne.
00:59Une présidentielle à l'automne.
01:00Notre invité sera dans le chaudron pendant tous ces débats.
01:03Le ministre de l'Action et des Comptes Publics, David Amiel, macroniste de la première heure,
01:09est avec nous sur France Inter, France Info, le canal à 16 de la télévision et en partenariat avec le
01:15journal Le Monde.
01:16Nous sommes ensemble jusqu'à 13h.
01:17France Inter, questions politiques, Victoria Coussa.
01:24Bonjour David Amiel, merci d'avoir accepté notre invitation à mes côtés pour vous interviewer.
01:29Comme toujours, bonjour, Alex Bouillaguet de France Télévisions.
01:32Bonjour Victoria, bonjour à tous.
01:34Avec vous tout à l'heure, on fera le portrait d'un marcheur historique.
01:37Oui, puisque vous êtes l'incarnation de la génération Macron, une ascension rapide dans l'ombre du président,
01:41au cœur même du logiciel macroniste dont vous avez défini la doctrine en 2019 dans un essai.
01:47Mais pour quel héritage ?
01:48Et Françoise Fressos du journal Le Monde est avec nous.
01:51Bonjour Françoise.
01:51Bonjour à toutes et tous.
01:53On ira vers 2027 avec vous, vers midi 50, avec une question.
01:56Quelle tonalité donner à la campagne présidentielle face à un tel mur de difficultés que vous avez si bien décrit
02:02?
02:03Faut-il plaider le sang et les larmes au risque de se faire sèchement battre ?
02:06Ou promettre que tout reste encore possible, au risque d'alimenter, une fois dans l'exercice du pouvoir,
02:12la longue corde des déçus de la politique ? Où est le bon chemin ?
02:16D'abord, quelques questions d'actualité, monsieur le ministre.
02:18On commence à souffler en France après une semaine éprouvante,
02:22mais ces températures extrêmes jamais atteintes jusque-là ne sont qu'un début.
02:26Santé publique France parle de 1000 morts de plus qu'en temps normal depuis mercredi.
02:30Est-ce que vous avez un bilan précis au gouvernement ?
02:33Non, il n'y a pas à ce stade de bilan plus précis que celui qui a été publié ce
02:37matin par Santé publique France,
02:38tout simplement parce qu'il faut pouvoir maintenant consolider les remontées des différents chiffrages.
02:43Les certificats de décès, la ministre de la Santé y est d'ailleurs revenue ce matin.
02:48Et donc c'est plutôt dans trois semaines, un mois qu'on connaîtra le bilan définitif.
02:51Et donc on saura s'il est plus lourd ou si on se dirige vers un plus lourd bilan que
02:552003 avec 15 000 morts.
02:59Est-ce que le gouvernement a pris un peu la mesure de ce qui s'est passé ?
03:02Il y a eu depuis le début et avant même le début de cette vague de chaleur,
03:06dès que les prévisions ont été faites par Météo France,
03:09une mobilisation générale qui va d'ailleurs bien au-delà du gouvernement, du Premier ministre,
03:13des ministres qui ont été en première ligne,
03:15mais qui a aussi concerné l'ensemble des agents publics.
03:18Et je tiens à ce micro à remercier les personnels des hôpitaux, les élus locaux, les services de l'État
03:26qui depuis de longues journées se sont mobilisés pour permettre à notre pays de tenir au mieux.
03:31Ça, vous parlez de l'urgence, mais cela fait longtemps que les scientifiques alertent.
03:362015, l'accord de Paris sur le climat, 197 pays qui s'engagent à réduire leurs émissions,
03:41à s'adapter aux effets du changement climatique.
03:43Pourquoi on en est là aujourd'hui, 12 ans après deux mandats d'Emmanuel Macron que vous soutenez ?
03:48Il y a eu des efforts considérables en matière d'adaptation.
03:51Quand on regarde les montants qui sont consacrés à l'adaptation au changement climatique,
03:55ils ont augmenté de 50% dans les cinq dernières années.
03:59On a eu des investissements considérables en matière de rénovation énergétique.
04:03Je vous rappelle qu'il y a sept ans, MaPrimeRénov' par exemple n'existait pas.
04:07MaPrimeRénov' qui subit de nouvelles coupes encore.
04:09Comment vous pouvez justifier ce genre de coupes budgétaires ?
04:12Madame, à combien s'élevait MaPrimeRénov' il y a sept ans ?
04:14Vous allez me dire ?
04:15À zéro.
04:15Tout simplement parce qu'elle n'existait pas.
04:18À combien s'élevait le fonds vert il y a quatre ans ?
04:23À zéro.
04:24Et vous avez mis au départ 2 milliards et demi d'euros.
04:27Oui, il y a eu des investissements très importants.
04:28On en est à 800 millions avec d'encore sans geler.
04:31Comment vous pouvez l'expliquer ?
04:32Il faudra évidemment dans les années qui viennent continuer à poursuivre.
04:35Finalement, MaPrimeRénov' est supérieure aujourd'hui de 3,6 milliards à ce qui était investi en 2022, 3,2 milliards.
04:42Il faut continuer.
04:433 000 écoles ont été rénovées grâce au fonds vert.
04:45Mais c'est aussi une mobilisation générale.
04:47Également, d'ailleurs, des collectivités locales.
04:49Et elles ont besoin de ce fonds vert ?
04:50Il se trouve que je suis élu à Paris.
04:53Paris est une ville qui a des moyens financiers importants.
04:56Il a fallu attendre sept canicules pour que la mairie de Paris se décide à commander des climatiseurs pour les
05:01écoles.
05:01Donc c'est de la faute des collectivités ?
05:03Non, ce que je dis, c'est qu'il faut une mobilisation générale de tous ceux,
05:05qui ont en charge des politiques publiques, de l'État et des collectivités locales.
05:09Sauf, pardon, je reviens sur le fonds vert parce que c'est quand même emblématique de la situation.
05:12On coupe, on gèle 20% du budget actuel du fonds vert juste après la dernière canicule il y a
05:18quelques semaines.
05:19Et aujourd'hui, on se retrouve dans cette situation.
05:20Il y a des Français qui ont vraiment du mal à comprendre.
05:23Il faut d'abord préciser qu'il n'y a aucune annulation de crédit en ce qui concerne le fonds
05:28vert.
05:28Il n'y a aucun projet.
05:29Ce fonds vert qui sert aux collectivités, à s'adapter au réchauffement climatique notamment.
05:32Et qui a été créé par Emmanuel Macron il y a de cela 4 ans, qui n'existait pas avant.
05:36Précisément parce que, quand bien même on a des projets qui relèvent des collectivités locales,
05:40il faut aider celles qui en ont besoin financièrement pour pouvoir accélérer et pour pouvoir aller plus vite.
05:44En ce qui concerne les mesures que vous évoquez, aucun projet lancé cette année n'est arrêté.
05:50Il y a simplement un réexamen des enveloppes parce qu'il y a eu des élections municipales qui ont amené
05:54un certain nombre de collectivités à revoir leurs projets.
05:57Au contraire, on va accélérer les investissements dès l'été prochain.
06:01Ça a été également annoncé ces derniers jours.
06:03100 millions d'euros pour nos hôpitaux, faire face aux grandes chaleurs.
06:07100 millions d'euros pour les EHPAD.
06:09Mais on continue de joler une partie du fonds vert.
06:11Mais c'est de l'argent supplémentaire qui est déclenché en urgence.
06:14Il y a l'adaptation, on en parle beaucoup, mais il y a aussi l'atténuation.
06:17La France améliore, c'est vrai, sa trajectoire, en réduisant ses émissions de gaz à effet de serre.
06:22Mais il faudrait aller trois fois plus vite.
06:24Là encore, c'est un choix politique.
06:26On arrive par exemple à trouver 36 milliards d'euros sur 5 ans pour le budget des armées,
06:32face notamment à la menace russe, mais pas pour l'écologie.
06:36Là aussi, on a un budget de l'écologie.
06:37Vous le savez, qui fait partie de ceux qui ont augmenté considérablement depuis 10 ans.
06:42Et d'ailleurs, le Premier ministre a lancé, il y a de cela plusieurs semaines,
06:47un plan nouveau d'électrification du pays.
06:49À la fois la relance du parc nucléaire,
06:51qui sera, je crois, un des éléments majeurs du bilan d'Emmanuel Macron et de son deuxième mandat,
06:57parce qu'on a besoin de pouvoir produire davantage d'électricité pour pouvoir sortir.
07:01D'ailleurs, ça fait un peu le lien entre les deux crises que nous avons connues.
07:03À la fois la guerre dans le détroit d'Hormuz,
07:05qui a montré tout ce que l'on subissait sur le plan économique et social
07:09à être dépendant des importations de pétrole et de gaz.
07:12Les canicules qui nous rappellent, évidemment, l'urgence de lutter contre le changement climatique.
07:16Donc, investissement à la fois dans la production d'électricité.
07:20C'est la production, relance du parc nucléaire, nouveau parc nucléaire,
07:25relance des énergies renouvelables, ce qu'on appelle la programmation pluriannuelle de l'énergie.
07:29N'en déplaise au Rassemblement national,
07:31qui a mené une campagne véhémente contre ce soutien renforcé aux énergies renouvelables.
07:37Et soutien à l'électrification, avec un doublement des montants sur les prochaines années dédiés à l'électrification.
07:42C'est aussi le plan qui avait été annoncé par le 1er ministre, il y a quelques semaines,
07:46et qu'il est urgent de mettre en place.
07:47Avec des moyens qui seront conséquents ?
07:49Oui, bien sûr.
07:50Vous y engagez aujourd'hui ?
07:51Parce que là, les températures retombent.
07:53Peut-être qu'on peut se dire, bon, ben voilà, encore une fois, le dossier va retomber du dessus de
07:57la pile.
07:58Mais vous voyez, ce qui est très important, ce que j'évoquais dans le plan d'électrification,
08:00c'est qu'il n'a pas été annoncé pendant la canicule.
08:03Il a été annoncé il y a de cela plusieurs semaines,
08:06parce qu'évidemment, en matière de transition écologique,
08:08ce qui compte, c'est de donner de la visibilité dans le temps.
08:11C'est ce que nous avons fait pour le nucléaire, ce que nous avons fait pour les renouvelables,
08:14parce qu'à nouveau, derrière, ce sont des énergies à la fois souveraines,
08:17on ne dépend pas des autres, on ne dépend pas des importations qui nous prennent à la gorge.
08:20Rappelons-nous de l'Ukraine, rappelons-nous de l'Iran.
08:22Et puis évidemment, qui sont décarbonées.
08:24Et par ailleurs, il faut continuer à électrifier, soutenir l'achat de voitures électriques,
08:29soutenir la rénovation des logements, soutenir l'installation de pompes à chaleur.
08:32Alex Bouilleguet.
08:33Le Rassemblement national propose un plan massif de climatisation pour les établissements scolaires,
08:39les hôpitaux, les maisons de retraite.
08:41Est-ce que le RN n'a pas raison de vouloir protéger et les plus jeunes, et les plus fragiles,
08:46même si ça a un coût ?
08:48Qui peut être contre le soutien à la climatisation ?
08:52Personne.
08:52D'ailleurs, nous-mêmes, nous engageons ici un certain nombre de mesures.
08:56J'évoquais celles d'abord que nous avons prises ces derniers mois, ces dernières années,
08:59et celles pour lesquelles nous accélérons.
09:01Mais le problème du Rassemblement national, c'est son immense hypocrisie.
09:05Il annonce des dépenses qu'il n'est pas capable de financer.
09:09Ils vont présenter en conférence de presse en début de semaine.
09:12Bien sûr.
09:13Ils font la guerre aux énergies renouvelables,
09:16et donc à tout ce qui permet de freiner contre le changement climatique,
09:19dont on voit aujourd'hui les conséquences.
09:21Donc, je crains malheureusement qu'il y ait de cela, comme toujours,
09:25beaucoup de mensonges dans le Rassemblement national,
09:27qui n'est d'ailleurs même pas capable de chiffrer son plan.
09:29Mais j'en reviens au principe.
09:30Qu'il a présenté il y a pour cent, plusieurs semaines.
09:32J'en reviens au principe.
09:33Est-ce qu'il faut climatiser ?
09:34Et qu'est-ce qu'il faut climatiser en priorité ?
09:36Tout ou une partie de certains établissements ?
09:41Quelle est la stratégie du gouvernement là-dessus ?
09:43Bien sûr qu'il faut développer la climatisation,
09:46et d'abord dans les lieux qui accueillent les personnes les plus vulnérables.
09:49C'est le cas évidemment des établissements scolaires,
09:52c'est le cas des hôpitaux, c'est le cas des EHPAD.
09:55Et puis, il faut évidemment aider aussi les Français à rénover leurs propres logements.
09:59Il y a la question de la climatisation.
10:01Ça ne s'y résume évidemment pas.
10:02Et c'est tout ce que porte Vincent Jean-Bruns en matière de logement.
10:05Oui, j'ai parlé des établissements scolaires.
10:063 et 10 milliards d'euros d'investissement pour climatiser ces endroits sensibles,
10:10sachant que les dépenses publiques s'élèvent à 1 700 milliards d'euros chaque année.
10:13C'est donc techniquement finançable ?
10:16C'est finançable tant qu'on fait des choix.
10:17Je pense qu'on aura l'occasion d'y revenir.
10:19Donc c'est un choix politique.
10:19Vous le faites ?
10:20On aura l'occasion d'y revenir dans le cadre, je pense, de l'ensemble de l'émission.
10:25Mais il y a beaucoup de choix, Françoise.
10:27Vous connaissez qu'il y a beaucoup de choix à faire.
10:28Mais bien sûr.
10:29Et qu'on est quand même structurellement face à des choses qu'on constate,
10:33c'est-à-dire qu'il y a des guerres idéologiques dont on s'aperçoit qu'au fond elles sont
10:36assez improductives.
10:37Et on voit aussi tout un système de planification écologique que vous aviez essayé de monter,
10:41qui se révèle finalement pas du tout efficient.
10:44On a une guerre entre l'État et les collectivités locales.
10:47Qu'est-ce qui fondamentalement n'a pas marché dans ce système ?
10:50Mais d'abord, je ne tirerai pas le même bilan que vous.
10:53Vous avez évoqué la question de la planification écologique.
10:55Par nature, une planification, elle se déploie dans le temps.
10:58Donc il y a des mesures d'urgence qu'il faut prendre tout de suite.
11:01Oui, mais il y a des allers-retours, c'est-à-dire que vous faites des crédits, vous les enlevez.
11:04On en a évoqué un certain nombre.
11:07Quand on regarde, j'ai évoqué la question de l'adaptation au changement climatique,
11:10je ne parle même pas de la transition écologique en s'ensemble, ce serait encore plus vrai.
11:13Mais quand on regarde la seule question d'adaptation, l'augmentation de 50% des budgets qui sont dédiés,
11:17ce sont des documents qui sont publics.
11:19D'ailleurs que le gouvernement a rendu public, c'était aussi une nouveauté de pouvoir avoir un document
11:23qui recense l'ensemble des investissements budgétaires.
11:25Plus de 50% entre 2021 et aujourd'hui.
11:28Est-ce que ça suffit ? A l'évidence, non.
11:31Il va falloir continuer à investir.
11:32Et taxer ce qui pollue le plus, par exemple.
11:34Est-ce que ça peut être une piste ?
11:35Le réseau Action Climat propose de taxer les comportements les plus polluants des plus riches
11:40et leurs investissements dans des entreprises polluantes.
11:42Ça pourrait rapporter, selon le réseau Action Climat, 7 milliards et demi d'euros.
11:47Vous en pensez quoi ? Est-ce que ça peut être une piste ?
11:51Écoutez, on est le pays qui a le taux de prélèvement obligatoire le plus élevé au monde.
11:54Est-ce qu'il faut continuer à adapter notre fiscalité ?
11:59Est-ce qu'il faut pouvoir continuer à la verdir ?
12:01Bien sûr.
12:02Mais vous me posez aujourd'hui une question sur la transition écologique.
12:05Je comprends évidemment bien pourquoi.
12:07Je ne doute pas que vous me poseriez également des questions
12:10si on avait été il y a un mois autour des investissements militaires.
12:14Parce qu'on aurait vu la guerre en Iran, l'aggravation du conflit en Ukraine.
12:18Est-ce qu'il y a des domaines dans lesquels on a besoin d'investissements publics majeurs ?
12:23Oui.
12:24Qu'ont en commun ces domaines qui préparent l'avenir ?
12:27On parle de la question de la défense.
12:29Ça, c'est pour des intentions.
12:30Mais concrètement, est-ce que vous ne pouvez pas retenir des mesures ?
12:34Madame Koussa, ce n'est pas des intentions.
12:36Parce que quand vous regardez ce qui s'est passé ces dernières années,
12:38ça fait précisément partie des domaines dans lesquels on a investi davantage.
12:42Est-ce que c'est suffisant ?
12:44Non. Mais dans ce cas-là, il va falloir aussi choisir à ce à quoi on renonce.
12:48Si on veut pouvoir financer des investissements prioritaires dans l'avenir,
12:52il faudra faire des économies ailleurs.
12:54Et à quoi on pourrait renoncer pour l'environnement, par exemple ?
12:56Vous savez, ça fait 50 ans que la dépense publique augmente massivement dans ce pays.
13:01Et moi, plein de Français qui m'interrogent en disant
13:05comment ça se fait qu'on paye de plus en plus d'impôts, de cotisations sociales,
13:11et pourtant, on voit autant de services publics qui ont des difficultés.
13:16Depuis les armées jusqu'à la justice, en passant par la transition écologique.
13:20La réponse est très simple.
13:22C'est que 80% de l'augmentation de la dépense publique depuis 50 ans,
13:26elle n'est pas allée dans les investissements d'avenir.
13:29Et elle est allée dans les dépenses sociales.
13:32En premier lieu, d'ailleurs, les retraites.
13:34Et donc, c'est la raison pour laquelle je suis convaincu,
13:36ce sera d'ailleurs un des débats, je n'en doute pas, de l'élection présidentielle de 2027,
13:40que si on veut renforcer les investissements d'avenir, il faudra réformer notre modèle social.
13:44Les acteurs économiques s'inquiètent dans ce contexte, notamment après cette canicule,
13:49comme le nouveau gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, il était sur France Inter.
13:54Du point de vue économique, à court terme, les effets sont à peu près un peu ambiguës.
13:59On ne sait pas très bien si ça a un effet.
14:01Certes, la productivité peut baisser, parce que c'est difficile de travailler quand il fait chaud,
14:06mais en même temps, on peut utiliser plus d'énergie à cause de la climatisation.
14:09Donc, à court terme, il y a un effet qui est un peu ambiguë.
14:12Mais à moyen terme, clairement, ça a un effet négatif sur la croissance.
14:16Est-ce que la France a tourné au ralenti, comme l'assure le patron du MEDEF, Patrick Martin ?
14:20Et est-ce que vous avez chiffré les conséquences économiques de cet épisode de chaleur ?
14:25Non, là aussi, il est un peu tôt.
14:26D'ailleurs, le gouverneur de la Banque de France rappelle bien, d'un strict point de vue statistique,
14:30ce qui peut jouer dans les deux sens.
14:32Mais enfin, il est évident qu'on a eu, depuis le début de l'année,
14:35une série de chocs sur l'économie française.
14:38Il y a d'abord eu, évidemment, l'impact de la guerre en Iran.
14:41On a désormais une période caniculaire.
14:44Et c'est la raison pour laquelle, le 7 juillet, nous réunirons un comité d'alerte des finances publiques
14:49pour pouvoir tirer un premier bilan de ces premiers six mois de l'année 2026 en matière macroéconomique.
14:55Alors, vous, vous n'avez pas chiffré, pas chiffré encore.
14:57En revanche, l'assureur Alliance a chiffré, lui, le coût des canicules.
15:02Les canicules pourraient coûter plus de 200 milliards à l'économie française pour les années 2026 à 2030.
15:08Donc, on voit clairement, la chaleur pèse aussi sur la productivité.
15:12Pourquoi ne pas mettre le paquet maintenant ?
15:14On parlait tout à l'heure des 3 à 10 milliards pour, notamment, climatiser les établissements sensibles.
15:19Et ce que vous dites, on prépare l'avenir parce qu'à l'avenir, ça nous coûtera encore plus cher.
15:24Oui, c'est exactement ce que je vous disais à l'instant.
15:27On a investi de manière importante ces dernières années, malgré un contexte économique difficile.
15:33Et après 2027, il faudra continuer à le faire.
15:37Et d'ailleurs, j'espère bien que les candidats à l'élection présidentielle présenteront des plans d'investissement ambitieux.
15:42Mais pour que ces plans se réalisent, il faudra aussi présenter les économies que l'on met en face
15:47parce qu'on a un déficit qui est extrêmement important.
15:51Il est le plus élevé d'Europe ou presque à 5%.
15:54Il faut évidemment pouvoir dégager des économies en face.
15:57Juste maintenant, parce que vous renvoyez la balle à plus tard.
16:00Mais le budget qui arrive, est-ce que vous allez mettre 10 milliards pour climatiser les établissements sensibles ?
16:06On aura le débat avec les parlementaires.
16:09Je pense qu'il ne faut surtout pas attendre le budget prochain et donc l'année 2027.
16:15C'est la raison pour laquelle j'ai évoqué ces déblocages d'urgence pour les EHPAD, pour les hôpitaux.
16:19Françoise Fressos.
16:20À propos du ralentissement de l'activité, les commerçants particulièrement souffrent
16:24parce que personne n'était dans les magasins.
16:25Il y a eu une demande de repousser la date de fin des soldes.
16:29Le Premier ministre y est ouvert.
16:31Est-ce que vous pouvez nous annoncer la date de cette fin de solde qui devait être, je crois, le
16:3528 juillet ?
16:36Est-ce que c'est prolongé d'une semaine, d'un peu plus ?
16:38Non, ça je laisserai le Premier ministre et Serge Papin, qui est le ministre en charge,
16:43pouvoir donner tous les éléments en matière de soldes.
16:46Je comprends évidemment très bien cette demande des commerçants.
16:48Je voulais revenir très rapidement sur cette date du 7 juillet que vous venez de nous donner
16:51pour ce nouveau comité d'alerte des finances publiques.
16:54Déjà, juste pour comprendre, c'était prévu le 30 juin, pourquoi décaler ?
16:58La date du 7 juillet permettra de tirer toutes les conséquences des six premiers mois de l'année.
17:03Parce que ce n'est pas n'importe quelle date.
17:04Le 7 juillet, c'est quand même un jour très politique.
17:06On attendra l'arrêt de la Cour d'appel dans l'affaire des assistants parlementaires du RN, Marine Le Pen.
17:12Il n'y a pas de lien avec cette journée pour parler de ces mesures-là,
17:17de s'en servir peut-être d'un point de vue politique ?
17:19Non, d'ailleurs, j'aurais même du mal à tisser le lien entre les deux, je crois.
17:24Au contraire, il va falloir dans les prochains...
17:25Nous, on le tisse très bien, on le tisse très bien.
17:27Très bien que vous avez l'intention de voir que l'opinion sera plutôt tournée vers l'espace au RN
17:32que l'annonce des économies qui risque d'être conséquente, non ?
17:35J'y reviendrai, Madame Fresseuse, mais dans les prochains mois,
17:37on sait très bien que l'action du gouvernement, les débats budgétaires
17:41se dérouleront en parallèle de la campagne présidentielle et de tous ces rebondissements.
17:47Il faut qu'on puisse continuer à tenir l'action gouvernementale
17:50et avoir ces deux calendriers qui avancent en parallèle.
17:54Les écologistes vont déposer une proposition de loi
17:56pour instaurer un congé climatique de 5 jours maximum par an.
18:00C'est un dispositif qui permet aux salariés de s'absenter en cas de canicule.
18:04L'Espagne le fait, le fait depuis 2024.
18:07Et pourquoi pas la France ?
18:09Non, moi je n'y crois pas.
18:11Il y a évidemment des secteurs d'activité
18:14qui doivent pouvoir s'organiser en période de grande canicule.
18:19C'est évidemment le cas pour les travaux publics,
18:20pour le monde du BTP, quand on fait des travaux en extérieur.
18:23Il est évident que quand il y a une canicule,
18:24vous ne pouvez pas les conduire.
18:25Pour le reste de l'économie française,
18:27je crois au contraire, mais ça revient le début de notre conversation,
18:30que ce qu'il faut pouvoir permettre de faire,
18:32c'est de s'adapter, adapter nos lieux de travail,
18:35adapter nos pratiques de travail.
18:37Mais précisément parce qu'on sait qu'on va vers des années
18:39où les températures continueront à augmenter,
18:41c'est plutôt la façon d'organiser le travail qu'il faut pouvoir repenser.
18:44Donc pas de congé climatique ?
18:45Non.
18:46Pour la Cour des comptes, la situation budgétaire française est alarmante.
18:50Les derniers efforts fonctionnent.
18:52Le déficit passe de 5,8% à 5,1% du PIB,
18:56mais sont insuffisants.
18:58Êtes-vous inquiet, comme votre collègue l'est, Roland Lescure ?
19:01La Cour des comptes a 100 fois raison.
19:03Et d'ailleurs, je lui ai répondu par voie officielle pour le lui dire.
19:07Parce qu'évidemment, nous sommes dans une situation très préoccupante.
19:11On est assis sur un baril de poudre.
19:12On a eu un déficit qui est parmi les plus élevés d'Europe.
19:18On a la situation politique la plus instable depuis le début de la 5e...
19:21Vous vous rendez compte que vous parlez comme ministre des comptes publics,
19:23c'est quand même une bombe, ce que vous dites.
19:25Depuis le début de la 5e République.
19:27Et on voit bien, dans une partie de la classe politique,
19:30la tentation de mettre la tête dans le sable.
19:33C'est de la faute des autres partis, du coup ?
19:35Oui, parce que depuis le début,
19:37le gouvernement de Sébastien Lecornu a fait le choix
19:40d'un discours à la fois de vérité et de courage.
19:42Rappelez-vous ce qui s'est passé au moment de la guerre en Iran.
19:45Tout le monde nous a pressés, au bout de quelques jours
19:49après le déclenchement de la guerre dans le détroit d'Hormuz,
19:51d'ouvrir grand la vanne aux milliards d'euros,
19:54malgré ce contexte que l'on sait tous pour autant difficile.
19:57Ce n'est pas le choix qu'a fait le Premier ministre.
19:58Si on vous entend bien ce matin, vous dites qu'on est assis sur un baril de poudre,
20:03est-ce que vous diriez aujourd'hui que la France est en faillite ?
20:05François Fillon, après tout, l'avait assumé en 2007.
20:08Non, la France n'est évidemment pas en faillite.
20:12Nous avons une signature qui est crédible sur les marchés financiers.
20:16Le baril de poudre.
20:17Nous avons une économie qui est résiliente, malgré l'ensemble des crises.
20:23Et donc, il ne sert à rien d'avoir des mots qui seraient déconnectés de la réalité.
20:27En revanche, je le dis, oui, la situation est très préoccupante,
20:30parce que regardez ce qu'on évoque, les besoins d'investissement dans l'avenir.
20:34Eh bien, si on veut pouvoir les faire, il faut pouvoir se dégager des marges de manœuvre.
20:37Est-ce que, vous savez combien s'élève la charge de la dette ?
20:40C'est-à-dire simplement ce qu'on paye chaque année pour rembourser les créanciers.
20:43C'est 77 milliards.
20:45C'est passé, c'est aujourd'hui le premier poste avant tous les autres ministères,
20:48y compris l'éducation nationale et de la défense.
20:50C'est 78 milliards d'euros.
20:51On parlait du fonds vert à l'instant.
20:54La charge de la dette, uniquement ce qu'on paye en intérêt à nos créanciers,
20:57c'est un fonds vert tous les trois jours.
21:00C'est cela que nous pôtre la charge de la dette.
21:01Mais qui est responsable, David Amiel ?
21:04Est-ce que ce n'est pas le gouvernement ?
21:06Est-ce que ce n'est pas le parapluie qu'on a ouvert énergétique ?
21:09Est-ce qu'il n'y a pas eu, peut-être, ici ou là, dans votre parcours,
21:12en tout cas celui de Bruno Le Maire à l'époque,
21:15des choix qui n'étaient peut-être pas les mieux ?
21:17Ça fait 40 ans que la dette publique augmente en France.
21:21On a eu une période, entre 2017 et 2019,
21:25où on a réduit très courageusement le déficit.
21:28Il y a eu ensuite des périodes de crise.
21:29Après le Covid.
21:30Il y a eu des périodes de crise.
21:31Crise sanitaire, crise énergétique.
21:34Il était évidemment normal de pouvoir protéger les Français à ce moment-là.
21:37La difficulté qu'on a en France, c'est qu'on protège beaucoup pendant les crises
21:42et on a du mal ensuite à réduire les dépenses.
21:44On est dans cette période-là.
21:45On voit qu'on sort de la période des très grandes crises sanitaires, énergétiques,
21:50des Trois-Dormous.
21:50Et c'est la raison pour laquelle il faut qu'on puisse maîtriser nos comptes clés.
21:52Alors, vous dites, des choix seront nécessaires sur le budget actuel.
21:57On parle de 6 milliards.
21:59Certains disent qu'il faut peut-être monter à 10 milliards d'euros.
22:01Mais même sur la réalité, c'est 6 milliards.
22:04Certains doutent parce qu'on voit qu'au fond, vous dégagez des crédits au fur et à mesure des crises.
22:08Est-ce que vous pouvez nous faire un état des lieux exact ?
22:11Combien d'annulations de crédits aujourd'hui ?
22:14Et qu'est-ce que vous visez pour cette année ?
22:16Alors oui, vous avez raison de le rappeler.
22:19On a, dès le mois d'avril, peu de temps après le déclenchement de la guerre en Iran,
22:25fait un premier bilan, une première estimation de ce que pourrait coûter le conflit.
22:29Et donc, des mesures à prendre.
22:31Donc, il y a eu, à date, en termes de aides supplémentaires apportées en réponse à la guerre en Iran,
22:361,4 milliard d'euros.
22:38Il y a un impact supplémentaire lié à la hausse de la charge d'intérêt, etc.,
22:43qui faisait qu'on avait chiffré à 6 milliards l'ensemble au mois d'avril dernier.
22:49On a eu d'ores et déjà 4 milliards d'euros de dépenses de l'État qui ont été stoppées.
22:53Nous avons également gelé l'augmentation...
22:574 milliards sur les 6 milliards annoncés, c'est ça ?
22:59Oui, mais j'y viens.
22:59D'accord.
22:59Non, pas sur les 6 milliards.
23:00Enfin, 4 milliards, ce qui concerne les dépenses des ministères.
23:02Et puis ensuite, nous avons gelé l'augmentation qui était demandée par les organisations patronales
23:08des allégements de charges au 1er juin liés à la hausse du SMIC.
23:11Et cela correspond à un peu plus de 2 milliards d'euros.
23:14Donc 4 plus 2 font 6.
23:16Maintenant, il y a eu effectivement un certain nombre d'événements depuis le mois d'avril.
23:21Il y a la justice, il y a la canicule.
23:24Certains dans le bon sens, puisque guerre en Iran connaît Nakelmi.
23:32Disons, on verra ce qui se passera dans les prochains jours.
23:34Mais les prix s'accumulent.
23:35On a vu quand même la baisse des prix du baril.
23:38On voit la baisse des prix à la pompe.
23:41On a parlé de la canicule.
23:42Donc c'est la raison, je le redis, pour laquelle le 7 juillet nous ferons un état des lieux exhaustifs.
23:46Et alors attendez, vous pensez, vous, que ce soit 10 milliards, 12 milliards, vers quoi on va ?
23:51Non, mais on ne fait pas les choses aux doigts mouillés.
23:52C'est pour ça qu'on fera le chiffrage exhaustif.
23:55Et on le présentera aux parlementaires, aux organisations syndicales, aux organisations patronales, aux collectivités.
24:02Et oui, il faudra sans aucun doute des nouveaux efforts.
24:05Donc votre objectif de 5% reste votre objectif ?
24:09Il faut faire le maximum pour maîtriser le déficit public, évidemment, cette année.
24:14Et il faudra réduire le déficit public en 2027.
24:17Mais est-ce que pour réduire ce déficit de manière significative, est-ce qu'on peut faire l'impasse sur
24:21le modèle social français ?
24:24J'ai évoqué à moyen terme, et notamment dans les débats qui seront tranchés par les Français en 2027,
24:32effectivement la nécessité, je crois, de pouvoir faire évoluer notre modèle social,
24:35sans quoi on étouffera les dépenses d'investissement dans l'avenir et dans le fonctionnement des services publics.
24:40Vous savez, je ferai, pour éclairer aussi le débat de tous, la transparence dans les dépenses de l'État.
24:46Quand on parle du budget de l'éducation nationale, on dit 90 milliards d'euros.
24:50Et donc c'est comme ça qu'on se compare par rapport aux autres pays.
24:53Mais en réalité, dans ces 90 milliards d'euros, vous en avez près d'un tiers à 25 milliards
24:57qui ne financent pas les écoles, les salaires des enseignants,
25:01mais qui vont payer les retraites passées.
25:05Et donc je pense que ce bilan, cet état des lieux, il devra aussi faire partie des discussions politiques.
25:10Très rapidement. Mais juste, quelle leçon vous en tirez ?
25:12Parce que là, vous parlez de la surcotisation de l'État pour payer les retraites des fonctionnaires.
25:16Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'à l'avenir, il y aura moins de...
25:20Au fond, les retraités fonctionnaires seront moins payés ou qu'il faudra trouver un autre financement.
25:25Qu'est-ce qu'il faudra faire ?
25:26Non, d'abord, je vais vous permettre, Françoise Fresseau, vous avez raison de me poser cette question.
25:29Ça me permet de déclarcir.
25:30Ce n'est pas lié à une générosité particulière à l'égard des fonctionnaires par rapport au secteur privé.
25:35Parce qu'ils ont quand même le droit à la retraite.
25:36Les fonctionnaires, en moyenne, bénéficient d'un système comparable à celui du secteur privé.
25:43Ce n'est pas exactement les mêmes règles.
25:45Il y a des choses en plus, il y a des choses en moins.
25:47Mais toutes les études de l'INSEE le montrent.
25:49Les fonctionnaires ne sont pas privilégiés par rapport aux salariés du privé en matière de retraite.
25:52Non, ce que ça montre, c'est le déséquilibre global de notre système de retraite,
25:56privé comme public, qui pèse sur l'ensemble de nos dépenses.
25:59Avant le prochain budget discuté à l'automne,
26:03la France Insoumise demande un projet de loi de finances rectificative.
26:06Notamment pour financer la justice après l'affaire Liana.
26:10On écoute Éric Coquerel, le président insoumis de la commission des finances de l'Assemblée nationale.
26:15Plus que jamais, nous on dit que nous devons pouvoir discuter à l'Assemblée nationale,
26:20pas seulement d'annulation de crédit, mais aussi de recettes supplémentaires pour faire face à la situation.
26:25Donc avec un projet de loi de finances rectificative.
26:28Et il serait d'autant plus nécessaire qu'il ne vous a pas échappé que sur la question de l
26:33'affaire Liana,
26:33la question des moyens de la justice a été mise sur la table.
26:37Il est évident qu'on ne peut pas attendre 2027.
26:39Et j'aurais du mal à penser qu'on ait trouvé de l'argent pour le Covid
26:45quelques mois après que le président de la République ait dit qu'il n'y avait pas d'armes magiques.
26:49Et que sur une affaire aussi importante que la protection de l'enfance,
26:53nous ne serions pas capables d'anticiper les délais pour mettre l'argent nécessaire au niveau de la justice.
26:58Donc un projet de loi de finances rectificative sur la justice, sur le coût budgétaire de la guerre, vous dites
27:04ces noms ?
27:06Je dis plusieurs choses. D'abord, on parle du budget de la justice.
27:08À la fin du mandat de François Hollande, à la fin de cinq ans de mandat de gauche,
27:13un ministre avait déclaré que la justice était en voie de clochardisation.
27:17Est-ce qu'on se rend compte de ces mots qui ont été prononcés à la fin des cinq ans
27:21du dernier mandat socialiste ?
27:23Et donc il y a eu une augmentation très importante du budget de la justice ces dernières années.
27:27Vous le savez, chaque année, il augmente encore 1 600 recrutements cette année.
27:313,9 milliards augmentés depuis 2017.
27:36Et quand à Éric Coquerel, il demande un projet de loi de finances rectificatif depuis le début de l'année.
27:41C'est simplement la raison qui change.
27:43Non mais là, il y a eu quand même la justice et il y a quand même eu le coup
27:46de la guerre.
27:47Il y a eu des événements nouveaux.
27:48Donc est-ce que vous le voulez ou est-ce que vous ne voulez pas ce projet de budget rectificatif
27:52?
27:52Non, mais vous savez pourquoi ? Parce que ce que veut Éric Coquerel, la raison, et d'ailleurs il est
27:55honnête,
27:55il le dit en réalité dans l'interview.
27:57Augmenter les impôts.
27:58Exactement.
27:58Il dit qu'il faut faire des recettes.
28:00Ceci dit, ça peut être un débat pour tenir la situation.
28:02C'est une manière pudique, c'est une manière pudique de dire, et Éric Coquerel est cohérent avec le programme
28:06de la France insoumise,
28:07qu'il considère que la réponse est une augmentation massive des impôts.
28:10Parce que c'est ce que, il faut que les auditeurs nous comprennent bien,
28:14ce qu'un projet de loi de finances rectificatif permet de faire que le gouvernement ne peut pas faire de
28:18lui-même,
28:19c'est pas augmenter des crédits ici, en baisser là, c'est augmenter massivement les impôts.
28:25Et c'est la raison pour laquelle Éric Coquerel, je n'en doute pas, le demande.
28:27Et donc vous dites non ?
28:28Et je dis non, parce que la ligne du gouvernement n'est pas d'augmenter massivement les impôts.
28:32Le budget qui va arriver, du coup, vous sentez que ça va être très compliqué de le faire passer à
28:36quelques mois de l'élection présidentielle ?
28:39Vous vous redoutez ce moment ?
28:40Ça va évidemment être un moment compliqué, on le sait évidemment très bien.
28:46Mais ce qu'on a besoin de mettre en œuvre dans la période, c'est un budget de sauvegarde républicaine.
28:52C'est pas de faire un budget qui serait un règlement de compte idéologique.
28:56Pour ça, il y a l'élection présidentielle.
28:57Mais vous y croyez quand vous voyez l'état des débats aujourd'hui ?
29:01La sauvegarde républicaine ?
29:03Mais il y a une chose dont je suis sûre, Françoise Fresseau, c'est qu'en ce moment, vous avez
29:06plein de partis politiques,
29:07plein de candidats qui préparent leurs programmes.
29:10Si on n'a pas de budget cet automne, et si on n'a pas un budget raisonnable, c'est
29:13-à-dire qui continue à réduire les déficits,
29:15tous les programmes, toutes les promesses que vous entendez aujourd'hui sur le plateau de télévision,
29:18elles seront jetées à la poubelle dès le mois de janvier.
29:21Parce que ça enverrait nos finances publiques dans le décor.
29:27La loi spéciale, comme on dit, c'est quand même un élément très important,
29:30la loi spéciale dont on parle beaucoup, c'est-à-dire ce qui se passerait s'il n'y avait
29:33pas de budget,
29:35ce serait une explosion considérable des déficits.
29:37Philippe Brun, le député socialiste, il prépare une loi spéciale qui permettrait de tenir six mois,
29:42qui serait un peu plus adaptée.
29:44Ça vous dites, vous écartez.
29:45Il n'y aurait plus aucune marge de manœuvre.
29:49Et donc en réalité, la seule question qui serait posée au candidat,
29:51c'est comment comptez-vous, dans les premières années de votre mandat,
29:58rattraper en quelque sorte les conséquences de ce que vous aurez créé à l'automne 2026 ?
30:02Je pense que ce serait très grave pour le pays.
30:03Donc vous faites un deal avec qui, juste ?
30:06Est-ce que les socialistes, vous pensez qu'à quelques mois de la présidentielle,
30:08vous pourriez trouver un compromis avec eux ? C'est crédible ?
30:11Moi, je n'ai pas changé d'interlocuteur politique.
30:14Moi, je ne négocierais jamais, ni avec le Rassemblement national.
30:17Avec le Rassemblement national, jamais ?
30:18Jamais.
30:18Donc vous ne les recevrez pas au ministère ?
30:22Ni avec le Rassemblement national, ni avec la France insoumise.
30:25Et donc oui, j'espère que les partis de la gauche républicaine, de la droite...
30:28Alors on est loin de l'ambition républicaine que vous visiez juste avant,
30:30c'est-à-dire de faire un budget républicain.
30:34Est-ce républicain de ne pas recevoir deux partis ?
30:36Non, mais je suis à la disposition de l'ensemble des partis qui le souhaitent.
30:42C'est mon devoir comme ministre.
30:43Là, vous me posez une question différente.
30:44Mais est-ce que vous êtes déjà en train de négocier ?
30:46Est-ce que vous recevez les socialistes pour tomber d'accord sur quelque chose ?
30:50Excusez-moi, les questions s'enchaînent sur des questions différentes.
30:53C'est quand même des questions très importantes.
30:54Il y a évidemment, quand on est ministre, que des parlementaires vous auditionnent,
31:00vous posent des questions techniques, vous êtes responsable devant l'Assemblée nationale.
31:04Et donc vous leur répondez.
31:06En revanche, de savoir avec qui vous avez une discussion de nature politique,
31:11c'est-à-dire une négociation, un compromis, ça oui, moi je ne changerai jamais.
31:16La ligne du gouvernement est claire.
31:18On négocie avec la droite républicaine, avec la gauche républicaine, avec le bloc central.
31:23Moi, je ne négocierai pas avec le Rassemblement national et la France insoumise.
31:25Et est-ce que vous pensez qu'une négociation est encore possible
31:28ou qu'au fond, il ne faut pas passer par le 49-3 ?
31:30C'est la proposition de Yael Brunpire, la présidente de l'Assemblée nationale,
31:34en disant qu'au fond, il faut passer le plus vite possible cette période
31:38pour éviter les accidents dont vous parlez.
31:41Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs.
31:43Je vois bien la tentation de parler tout de suite de la procédure.
31:46Ce qui compte aujourd'hui, c'est de savoir si des partis politiques
31:50qui ont beaucoup de différences, évidemment de fond,
31:53qui auront des programmes très différents, j'en doute pas à l'action présidentielle,
31:56mais qui ont exercé des responsabilités au sein de l'État,
32:00peuvent se mettre d'accord, en ce qui est un budget de sauvière républicaine,
32:03c'est-à-dire de se dire qu'il faut permettre à la campagne présidentielle
32:05de se dérouler sereinement, de permettre donc à notre économie de fonctionner,
32:10à nos entrepreneurs, à nos administrations, d'avoir la visibilité nécessaire
32:14et d'éviter un dérapage qui conduirait au fond à hypothéquer
32:18tout le débat présidentiel de la campagne.
32:21Non, mais bon, si je vous entends, pourquoi ne pas recourir tout simplement aux ordonnances ?
32:24Parce que les ordonnances, il y a un avantage, le gouvernement tombe,
32:26mais la France, elle a un budget, donc elle peut faire campagne.
32:29Mais là aussi, on n'échappera pas collectivement à la nécessité d'avoir un compromis
32:35et cette discussion-là.
32:37Et je pense à nouveau que des partis qui ont le sens de l'État,
32:41quelle que soit leur différence, peuvent se retrouver autour de ce principe,
32:45permettant à la campagne présidentielle de se dérouler sereinement
32:47et permettant au prochain président de la République, à la prochaine majorité,
32:51de pouvoir mettre en œuvre son programme, quel qu'il soit,
32:54sans avoir eu un dérapage des finances publiques
32:57qui hypothétiquerait toute possibilité de le faire.
32:59Et très rapidement, c'est en bonne voie avec ces partis dont vous parlez,
33:01le PS, les LR, les écologistes, est-ce que ça avance,
33:05cette co-construction que vous espérez ?
33:07La discussion va évidemment durer pendant de nombreuses semaines,
33:12plusieurs mois, mais je vous espérais que ce sens de l'État prévoudra.
33:16Dans ce contexte plus que contraint, vous, David Amiel,
33:20vous vous attaquez aux bonus des hauts fonctionnaires.
33:22Quand on regarde dans le détail, c'est plus pour conditionner ces bonus aux économies,
33:26donc aux résultats réalisés par, par exemple, les directeurs d'administration,
33:31économisés, mais finalement récompensés quand même.
33:33Il n'y a pas grand-chose qui change dans cette volonté de s'attaquer aux bonus ?
33:38Non, c'est simplement que je crois qu'il faut une culture
33:41de la responsabilité budgétaire collective.
33:43Et donc, quand vous avez des personnes qui ont en charge l'exécution d'un budget,
33:47puisque c'est les personnes dont je parle,
33:49qui ont une rémunération variable, d'ores et déjà, c'est ce que vous évoquez,
33:53je trouve étrange que cette rémunération variable n'intègre pas le fait de tenir son budget,
33:58et c'est ce que j'ai proposé.
34:00Il y aurait des économies à faire, par exemple, dans cette régulation des bonus ?
34:03Je crois surtout qu'il y a une culture de la responsabilité budgétaire à avoir.
34:08Un budget, ce n'est pas seulement ce qu'on vote lors du projet de loi de finances.
34:09Et en fait, quand on vous entend, elle n'existe même pas au sein du gouvernement et de l'administration
34:17centrale ?
34:17Il faut renforcer cette culture de la responsabilité budgétaire.
34:21C'est celle que d'autres pays ont.
34:22Je pense qu'on a encore, effectivement, des progrès à faire en la matière.
34:25C'est le cas, d'ailleurs, des responsables politiques eux-mêmes.
34:28C'est le cas des ministres, de moi-même.
34:30C'est une discipline qu'il faut, évidemment, qu'on s'applique tous.
34:33Là, on ne parle pas de bonus, mais plutôt de salaire.
34:36Des syndicats de la fonction publique appellent à la grève le 29 septembre
34:39pour exiger une revalorisation significative.
34:42Vous estimez vous-même que le système est arrivé en bout de course.
34:45Qu'est-ce qu'il faut faire ?
34:47D'abord, je pense que c'est très important de le dire.
34:50J'évoquais la hausse des dépenses publiques, la question des déficits.
34:55Moi, je refuse que les fonctionnaires soient les boucs émissaires
34:58de nos difficultés de finances publiques.
35:01Comment les augmenter ?
35:02Ce n'est pas de la faute des fonctionnaires.
35:06Ce n'est pas une question de nombre d'emplois dans la fonction publique de l'État
35:09qui a creusé les déficits publics ces dernières années.
35:11J'évoquais le poids, à l'inverse, des dépenses sociales.
35:15Maintenant, nous avons un dialogue avec les organisations syndicales.
35:19On est dans une situation de finances publiques compliquée.
35:22Je recevrai évidemment les organisations syndicales au début du mois de juillet
35:26pour avoir la discussion avec eux.
35:27Mais quand il y a des salaires très bas, notamment en catégorie C,
35:31et qu'on parle de bonus de l'autre côté,
35:33qui en plus aujourd'hui, si je comprends bien, ne sont pas versés en fonction des objectifs,
35:37vous comprenez qu'il y a une forme de colère au sein des fonctionnaires ?
35:40Il y a eu, vous le savez, ces dernières années, des augmentations
35:43pour un certain nombre d'agents publics, pour les enseignants en début de carrière.
35:47On a eu le 1er juin, même si je sais que c'est évidemment insuffisant,
35:52l'augmentation de l'indemnité différentielle.
35:55Mais effectivement, le problème majeur qu'on a dans la fonction publique,
35:59c'est ce sentiment que parfois, et même souvent, les efforts ne payent pas assez.
36:02C'est-à-dire que les promotions viennent trop tardivement, trop lentement,
36:06qu'elles ne vont pas avec une augmentation de la rémunération.
36:10On aura évidemment tous ces débats-là avec les organisations syndicales.
36:12Dans un contexte qui, je le rappelle, de finances publiques est extrêmement contraint
36:16pour l'ensemble de nos dépenses.
36:17Et très certainement, pendant cette campagne de la présidentielle 2027
36:21qui va débuter, Alix Bouillaguet.
36:22Vous êtes ministre du gouvernement Lecornu.
36:24Est-ce que vous allez vous-même vous engager derrière quelqu'un dans cette campagne ?
36:29Je pense naturellement à Gabriel Attal et pourquoi pas à Edouard Philippe.
36:31Lequel des deux a votre préférence ?
36:33Je l'ai déjà évidemment indiqué que Gabriel Attal était le candidat naturel
36:38de notre parti politique.
36:40Je me suis rendu à son meeting qui s'est déroulé il y a quelques semaines.
36:44Maintenant, je n'aurai pas un rôle opérationnel dans cette campagne présidentielle.
36:49Je suis ministre de l'Action et des Comptes Publics.
36:51100% de mon temps est consacré aux questions que nous avons évoquées.
36:54C'est Gabriel Attal ? Ça ne peut pas être Edouard Philippe ?
36:57Moi, je n'ai aucun doute sur le fait qu'à la fin, il y aura un rassemblement.
37:02Le slogan de Gabriel Attal, c'est « la force d'agir ».
37:05Est-ce que ça veut dire qu'Emmanuel Macron, il n'a pas eu de force pour agir ?
37:08Non, il y a eu énormément d'actions qui ont été prises ces dix dernières années.
37:14Certaines d'ailleurs approuvées, d'autres très contestées.
37:17On évoquait la question économique, des réformes majeures
37:20qui ont permis d'avoir le taux d'emploi le plus élevé depuis 50 ans.
37:24On voit encore aujourd'hui sur la scène internationale
37:26à quel point la voie de la France est devenue centrale,
37:30à quel point des combats que nous portions seuls sur le plan européen en 2017
37:34ont maintenant entraîné d'autres pays.
37:36Mais évidemment, il faudra continuer à agir.
37:39Est-ce que vous pensez que des ministres peuvent rester au gouvernement
37:42tout en soutenant un candidat ?
37:43Parce que, par exemple, vous, personnellement, vous allez devoir faire passer un budget
37:46qui sera très politique.
37:47Est-ce qu'en soutenant Gabriel Attal, vous pouvez rester au gouvernement ?
37:51Non, mais dans le gouvernement, nous sommes très nombreux à être des élus,
37:57à venir d'un parti politique.
37:59Donc, évidemment, on a des préférences pour l'élection présidentielle.
38:02Ce serait même étrange.
38:03Il n'y a pas une forme de...
38:04Mais est-ce qu'on ne va pas vous le reprocher ?
38:05Est-ce que ça ne va pas être un élément de faiblesse dans la campagne présidentielle ?
38:10Je pense que si votre question serait légitime,
38:15si nous étions un gouvernement technique, ce n'est pas le cas.
38:18C'est un gouvernement avec des femmes et des hommes qui viennent de partis politiques.
38:21En revanche, effectivement, je vous le redis,
38:23moi, mon temps, il est consacré à 100%, non pas à une élection présidentielle.
38:27Pour ça, il y a des candidats, ils ont des équipes de campagne,
38:29ils ont des porte-parole, ils ont des personnes qui s'occupent des programmes,
38:33de l'ensemble de la structuration territoriale.
38:35Ça, ce n'est pas mon affaire.
38:36Moi, je suis ministre et donc 100% de mon temps est consacré aujourd'hui aux priorités du gouvernement.
38:41Alex Bouillaguet.
38:42Je reviens à Gabriel Attal.
38:43Lors de son premier meeting de campagne, il a lancé « Je laisse à d'autres le sang et les
38:47larmes ».
38:47Donc là, on voyait clairement qu'il s'adressait à Édouard Philippe.
38:51Qui va porter dans cette campagne le fardeau de la dette ?
38:55Qui va avoir le courage de dire que peut-être la France va dans le mur ?
38:58Puisque visiblement, je laisse à d'autres le sang et les larmes,
39:02ça veut dire que ce n'est pas lui qui va porter ce message-là, Gabriel Attal.
39:06Non mais je ne vais pas commenter une à une des déclarations,
39:09en plus je crois un peu tirées de leur contexte.
39:11Moi, je suis sûr en tout cas d'une chose, c'est que les candidats, quels qu'ils soient,
39:15devront tenir un discours de vérité autour des finances publiques.
39:18Et je pense d'ailleurs que l'opinion publique en est extrêmement consciente.
39:23Elle voit bien le poids de la dette,
39:26elle voit bien que l'ensemble des urgences que nous évoquons,
39:29parfois les unes après les autres,
39:31ne peuvent être traitées en réalité que si on a une approche globale
39:34pour nos finances publiques.
39:35Sinon, on arrivera toujours à un problème de financement.
39:39Et donc je crois qu'effectivement,
39:41il y aura dans cette élection présidentielle,
39:43une prime à celui qui dira la réalité qui n'est pas forcément…
39:49Et vous estimez que ça viendra de votre camp ?
39:49Mais qui n'est pas forcément…
39:51En tout cas, je suis assez certain que ça ne va ni du Rapprent-Journ national,
39:54ni de la France insoumise.
39:55Et c'est l'heure, dans Questions politiques,
39:57de mieux vous connaître, David Damiel.
39:58Oula !
40:06Et c'est Alix Bouillaguet qui va nous aider justement à vous connaître aujourd'hui.
40:12Le 22 février 2026,
40:13vous êtes nommée ministre de l'Action et des Comptes publics.
40:16Vous prenez du grade puisque vous étiez alors,
40:18depuis trois mois, ministre de la Fonction publique à 33 ans.
40:22Vous êtes donc le plus jeune membre du gouvernement Lecornu,
40:25celui qui va, on l'a bien entendu,
40:27conduire le dernier budget du quinquennat Macron.
40:29C'est votre fidélité sans faille à Emmanuel Macron qui a été récompensé ?
40:34Écoutez, j'étais député depuis 2022 à l'Assemblée nationale.
40:41J'étais siégé à la Commission des finances
40:43et j'étais responsable à la Commission des finances des questions budgétaires
40:45pour le groupe Renaissance.
40:47Et d'ailleurs, le premier budget où j'ai eu un rôle supplémentaire,
40:52c'était non pas ce budget 2026, non pas le budget 2027,
40:56c'était le budget 2025 où j'étais rapporteur de la Commission mixte paritaire,
41:01c'est-à-dire rapporteur du compromis pour l'Assemblée nationale.
41:03Donc, je suis toujours investi sur les questions budgétaires et financières.
41:06Donc, vous dites qu'il y a une forme de logique.
41:07Mais quand même, votre première rencontre avec le Président,
41:10elle remonte à loin.
41:10En 2015, vous avez 22 ans et vous entrez au ministère de l'Économie
41:14en tant que simple stagiaire.
41:16À l'époque, c'est Emmanuel Macron qui est ministre.
41:18Le courant passe entre vous.
41:20Selon vous, pourquoi est-ce qu'il vous repère ?
41:23Là aussi, vous savez, c'est des questions vertigineuses.
41:26Parce qu'est-ce qu'on s'intéresse à un petit stagiaire de 22 ans
41:28quand on est ministre de l'Économie ?
41:29Oui, j'ai été...
41:31Moi, je faisais de la recherche en macroéconomie.
41:34C'était ce à quoi je me destinais.
41:38de la recherche en histoire économique, en macroéconomie financière.
41:41Et donc, effectivement, je me mets à travailler.
41:44Vous avez raison.
41:44D'abord en stage, puis ensuite comme jeune conseiller
41:47sur les questions macroéconomiques.
41:48Ça veut dire quoi ?
41:48Ça veut dire les prévisions de croissance,
41:50les prévisions d'emploi, d'inflation.
41:53Voilà, c'était mon métier
41:54quand Emmanuel Macron était ministre de l'Économie.
41:57Vous êtes vraiment un Parisien pur jus.
42:00Vous en avez parlé tout à l'heure.
42:02Vous avez un parcours académique sans faute,
42:04formé dans les lycées les plus parisiens,
42:07les plus prestigieux, Louis-le-Grand, Henri IV,
42:08avant de passer par l'école normale supérieure
42:11et l'université de Princeton aux États-Unis.
42:13Est-ce que ce parcours ne fait pas de vous, finalement,
42:16le prototype de celui qui est décrié par les oppositions,
42:20c'est-à-dire le techno-macroniste déconnecté du terrain ?
42:24Écoutez, toutes les écoles que vous avez mentionnées
42:27sont des écoles publiques.
42:30Et en tout cas, ce que ça m'a donné,
42:31c'est effectivement un sentiment de gratitude.
42:33J'ai eu beaucoup de chance
42:34de pouvoir bénéficier du système public français,
42:38les lycées que vous avez évoqués,
42:40les classes préparatoires,
42:42les écoles, les concours.
42:44Et donc, tout ça, en tout cas,
42:45crée, je crois, une charge, une dette.
42:47C'est la raison pour laquelle, d'ailleurs,
42:49je voulais enseigner, faire de la recherche.
42:52J'ai travaillé sur les questions économiques.
42:54Quand j'ai quitté les cabinets ministériels,
42:56j'ai travaillé au sein du groupe La Poste
42:58parce que là aussi, je voulais pouvoir contribuer
43:01d'une manière différente aux services publics.
43:05Je ne suis pas énarque, je ne suis pas aux fonctionnaires,
43:07mais effectivement, je faisais de la recherche en économie.
43:10Et puis, j'ai ensuite voulu, disons,
43:12passer à des questions plus pratiques.
43:13Et vous êtes aujourd'hui l'incarnation
43:15de la génération Macron,
43:16au cœur même du logiciel macroniste,
43:18dont vous avez défini la doctrine en 2019
43:20dans un essai qui s'appelait
43:22« Le progrès ne tombe pas du ciel ».
43:23Vous l'avez co-écrit avec Ismaël Emelien,
43:25qui était aussi à l'époque conseiller du président.
43:28Qu'est-ce qui va rester du macronisme
43:29à l'aune d'une campagne
43:31dans laquelle aucun candidat ne souhaite revendiquer
43:34l'héritage d'Emmanuel Macron ?
43:36Rapidement.
43:37Quand je regarde les débats qu'on avait en 2017
43:41et que je vois ce qu'on a aujourd'hui,
43:43je trouve qu'on lit en creux aussi
43:45ce qui a marché ces dix dernières années.
43:47Je pense que la première question
43:48qui animait le débat public en 2016-2017,
43:51c'était la question du chômage de masse.
43:53Le chômage est-il encore trop élevé ?
43:54À l'évidence, oui.
43:55Mais on a le taux d'emploi
43:57qui est le plus élevé depuis 50 ans.
43:59Et on pensait que c'était une malédiction française
44:01auquel personne ne pouvait rien.
44:03Je crois que c'était le président Mitterrand
44:04qui disait qu'en matière de chômage,
44:05on avait tout essayé.
44:06Ben non, on n'avait pas tout essayé.
44:08Et on voit quand même ce que ça a apporté
44:10aussi à l'économie, à la société française.
44:12Pareil, on disait au fond,
44:13jamais la France, elle pourra assumer
44:16de porter le combat européen.
44:18La société française n'est pas prête.
44:20La souveraineté européenne s'est faite
44:21pour les colloques ou pour les secrets
44:23des cabinets ministériels.
44:24On a un candidat qui a porté
44:26le combat européen en 2017.
44:27Et on voit à quel point
44:28cette idée de souveraineté européenne
44:30a infusé, y compris dans les pays
44:31qui étaient les plus réticents en 2017,
44:33l'Allemagne.
44:34Et donc, je pense que ça,
44:34ça fait partie des piliers essentiels.
44:36Et d'ailleurs, tous les candidats
44:37que vous évoquez ne remettent en cause
44:39ni ces engagements européens,
44:41ni au fond, ces fondamentaux
44:42de la politique économique.
44:43On vous a demandé de devenir
44:44avec un sujet sur lequel vous voulez
44:45braquer les projecteurs.
44:47Et vous avez choisi, David Damiel,
44:48de nous parler de laïcité
44:50minute où on vous écoute.
44:51Oui, parce que je pense
44:52qu'elle est en péril.
44:53Et moi, je suis très inquiet
44:54quand je vois l'élection présidentielle
44:56de 2027, de voir un peu
44:57ces deux camps face à face.
44:59Celui de la France insoumise
45:00avec ce concept funeste
45:02de la Nouvelle France.
45:03Celui de l'extrême droite
45:04avec le Rassemblement national.
45:06Et donc, je pense que ceux
45:07qui ont à cœur l'universalisme républicain,
45:10le pays dans lequel on a grandi,
45:12vont devoir se mobiliser.
45:14Et des choses qui pouvaient
45:15paraître évidentes,
45:17c'est-à-dire le fait
45:17qu'il fallait être intransigeant
45:19contre le racisme,
45:20intransigeant contre l'antisémitisme,
45:23intransigeant contre l'islamisme.
45:24Ça veut dire qu'il faut renforcer
45:27fortement les mesures de répression
45:28contre tout ce qui peut être
45:30une atteinte à la laïcité ?
45:31Je pense qu'il y a évidemment
45:32des mesures de politique publique
45:33à prendre.
45:33Il y a un projet de loi
45:34qui est en préparation
45:35par Aurore Berger aussi
45:37pour lutter contre le racisme
45:38et l'antisémitisme.
45:38Mais pour être franc,
45:40je crois que ça va bien au-delà
45:41de mesures techniques.
45:42Je pense que c'est une discipline
45:43collective et c'est presque,
45:44François Espresso,
45:45une discipline qui va bien au-delà
45:46de la classe politique.
45:47Je pense que c'est un sursaut
45:49de la société.
45:50C'est-à-dire que c'est aussi à nous
45:51de se dire
45:52comment cesse-t-on
45:54de mettre en avant
45:55des identités particulières
45:57et comment mettons en avant
45:58ce qui nous rassemble,
45:59quelles que soient nos religions
46:00et nos origines.
46:01Et je pense que
46:02pour l'avenir de la France,
46:03pour l'avenir de son tissu social,
46:04c'est le combat décisif.
46:05France 2027 avec vous,
46:07Françoise Fressos.
46:08Une question qui sera au cœur
46:09des débats
46:10de cette campagne présidentielle.
46:13Vous avez choisi aujourd'hui
46:14la question de la tonalité
46:16de la campagne
46:16et ça tombe bien
46:17parce qu'on en parlait juste avant.
46:18C'est vraiment le fil conducteur
46:19de cette émission.
46:20C'est-à-dire,
46:21qu'est-ce qu'on peut encore
46:23promettre aux Français
46:24en 2027
46:25sans les tromper ?
46:26Vous leur dites
46:27qu'il faut la vérité
46:28mais la vérité,
46:30on sent quand même
46:30que c'est la sueur et les larmes
46:31et je trouve que c'est assez proche.
46:33Votre diagnostic est assez proche
46:34de celui que dresse
46:35Édouard Philippe.
46:36Est-ce que c'est la transgression
46:38par rapport au bilan
46:39d'Emmanuel Macron ?
46:40Qu'est-ce que c'est la bonne tonalité
46:41de la campagne ?
46:45Vous savez,
46:45Pierre d'Indès France
46:46avait cette formule
46:47que j'aime beaucoup
46:47où il disait
46:49les électeurs valent mieux
46:50que ce que croient les démagogues.
46:51Oui, mais il n'a jamais réussi
46:52non plus à aller au-delà
46:54de ce qu'il a pu essayer de faire.
46:56Je crois qu'il a sauvé aussi
46:58l'honneur de la République
46:59à plusieurs moments
47:01et qu'il a mené
47:02des entreprises
47:03extrêmement courageuses
47:04alors que ce soit
47:04en matière de finances publiques
47:05ou en matière
47:07de décolonisation à l'époque
47:08évidemment la sortie
47:09de la guerre d'Indochine.
47:10Mais au-delà de ça,
47:11je crois que
47:12l'un et l'autre
47:13vont ensemble.
47:14C'est précisément
47:15parce qu'on tient
47:16un discours de vérité
47:17sur la situation actuelle
47:19que quand on fera
47:22des annonces,
47:22des promesses électorales,
47:25les Français sauront
47:26qu'elles peuvent être tenues.
47:27Parce que je crois
47:27qu'on en a beaucoup soupé
47:28aussi collectivement
47:29comme électeurs
47:30de la multiplication
47:32des promesses
47:33au risque qu'à la fin
47:33elles perdent
47:34de leur crédibilité.
47:35Donc je crois
47:35qu'il faut faire
47:35l'un et l'autre.
47:36Il faut montrer
47:37tout ce qu'on peut améliorer.
47:38Moi je crois
47:38que la question
47:39des services publics
47:40doit être au cœur.
47:40Pour vous,
47:41c'est au cœur
47:41de la campagne
47:41des services publics ?
47:42J'ai eu l'occasion
47:43de le dire souvent.
47:44Je pense que
47:44la question des services publics
47:46doit être de l'école.
47:46C'est-à-dire l'amélioration
47:47qui comprennent
47:48leur fonctionnement interne,
47:50une remise en cause
47:51de leur organisation.
47:52De l'école,
47:53de la santé,
47:54de ce qui fait le cœur
47:55et d'ailleurs
47:55qui rejoint beaucoup
47:56des discussions
47:56qu'on a eues
47:57à la fois le sentiment
47:58parfois de déclassement,
48:00ce qui abîme aussi
48:01le lien commun
48:02quand on ne se retrouve plus
48:07pour autant,
48:07évidemment,
48:08il faudra dégager
48:08puisque je suis ministre
48:09du budget
48:10des moyens financiers
48:11pour le faire
48:12et donc ça voudra dire aussi,
48:13j'évoquais la question
48:13du modèle social,
48:14de pouvoir tenir
48:15un discours de vérité.
48:18Donc non,
48:18je ne crois pas
48:19à une forme
48:19de masochisme
48:21dans la campagne.
48:21Je pense qu'il faut tenir
48:22un discours de vérité
48:23là où on en est,
48:24quelles sont nos priorités
48:25et du coup
48:25ce qu'on choisit.
48:26Vous mettez le doigt
48:27sur le modèle social
48:28qui est quand même
48:28un acquis
48:29pour énormément de Français.
48:30C'est-à-dire
48:31c'était leur fierté
48:32et vous dites
48:33non,
48:33il va falloir revoir
48:34en profondeur
48:35le financement
48:36des retraites,
48:37sans doute peut-être
48:38aussi celui de la santé.
48:39Comment faire en sorte
48:40de ne pas inquiéter
48:41les Français ?
48:41C'est quoi le nouveau
48:42modèle social
48:43que vous préconisez ?
48:44Je crois au contraire
48:45que c'est l'immobilisme
48:46qui inquiéterait les Français.
48:47Vous avez aujourd'hui
48:47une majorité de jeunes
48:48qui pensent
48:49qu'ils n'auront pas
48:49de retraite du tout.
48:51Donc précisément
48:52si on veut pouvoir
48:54aussi redonner
48:55de la confiance
48:56dans l'avenir
48:56François Césteau,
48:57je crois au contraire
48:57qu'il faut montrer
48:58non pas qu'on n'abandonne
48:59Mais par exemple
48:59travailler plus,
49:00ça a été le fil conducteur
49:02du deuxième quinquennat
49:03et ça a été
49:04complètement rejeté
49:06par les Français.
49:06Mais qu'on le fait évoluer.
49:08Ça a été complètement
49:09rejeté par les Français,
49:10l'idée de travailler plus,
49:11de faire de la retraite
49:12par capitalisation.
49:14Souvenez-vous
49:14du débat sur les retraites
49:15qu'a animé
49:16le deuxième quinquennat.
49:17Comment vous surmontez
49:18cette difficulté-là ?
49:20Il y aura sans doute
49:21des différentes pistes
49:22de réformes
49:23qui seront mises
49:23sur la table
49:24par les candidats.
49:25Je ne vais pas ajouter
49:26du trouble
49:27en ayant un avis
49:28sur une question
49:29qui sera débattue
49:30pour le coup
49:30dans le cadre
49:30de l'élection présidentielle.
49:31La question de la réforme
49:32du système de retraite.
49:33Mais je pense qu'effectivement
49:35il faudra travailler plus.
49:36Après, il y a différentes manières
49:37de pouvoir le faire.
49:38Quand vous voyez
49:39Jordan Bardella
49:40et Jean-Luc Mélenchon
49:41au fond attirer
49:42un nombre important
49:44de jeunes,
49:45est-ce que vous ne dites pas
49:46que c'est là
49:46le principal échec
49:47d'Emmanuel Macron
49:48qui en 2017
49:49justement incarnait
49:51l'espoir
49:52d'une société
49:53plus mobile
49:54qui donnait sa chance
49:55à chacun ?
49:56Qu'est-ce qui s'est passé
49:57pour qu'on soit bloqué
49:58à ce point-là ?
49:59Il s'est passé
50:00d'abord,
50:00vous l'avez évoqué,
50:01vous-même,
50:02énormément de crises
50:03et par ailleurs
50:04une crise au fond
50:05plus diffuse
50:06qui touche l'ensemble
50:07du monde occidental.
50:08Parce que quand vous regardez
50:09ce qui se passe
50:10au Royaume-Uni,
50:10une situation politique
50:11extrêmement difficile,
50:13quand vous voyez
50:13ce qui se passe
50:14aux États-Unis
50:15avec le retour
50:15de Donald Trump
50:16au pouvoir,
50:16on sait très bien
50:17qu'il y a
50:18un malaise
50:20au fond
50:21dans le monde occidental.
50:22Il y a un sentiment
50:23de déclassement,
50:24des classes moyennes
50:25liées à une jeunesse
50:26qui a le sentiment
50:27je pense assez réel
50:28que depuis 50 ans
50:30les grands choix
50:31socio-économiques
50:32ne se font pas
50:33à son bénéfice
50:34qui, malgré tous
50:35les efforts
50:36qu'elle fait,
50:37ne parvient pas
50:37à acheter un logement
50:38en tout cas
50:40bien plus âgé
50:41que ses parents
50:42à pouvoir
50:43s'en sortir
50:44par le travail.
50:44Je l'ai dit,
50:45il y a des choses
50:45importantes
50:46qui ont été réalisées
50:47mais évidemment
50:47c'est le combat
50:48à un demi-siècle.
50:50Ceux qui vont payer
50:50la facture
50:51ce sont les boomers.
50:53Non mais là aussi
50:54je pense que ces termes
50:57sont souvent un peu
50:57caricaturaux
50:58mais je pense qu'effectivement
50:59dans le débat
51:01de 2027
51:02je pense que dans le débat
51:03de 2027
51:03la jeunesse
51:04doit être au cœur
51:05parce qu'effectivement
51:06on a des générations
51:07qui se sentent
51:08depuis de trop
51:09nombreuses années
51:10à l'écart
51:11des priorités collectives.
51:12Vous parlez beaucoup
51:13de cette colère
51:14qu'on ressent.
51:16Est-ce que la campagne
51:17de 2027
51:18y compris dans le bloc central
51:19doit être une campagne
51:21transgressive
51:22et assez offensive ?
51:23On voit bien
51:24y compris le centre
51:25Barraud
51:26dit oui
51:27il faut être vraiment
51:27offensif
51:28sur des propositions.
51:29Vous c'est quoi
51:29votre position ?
51:31Est-ce que c'est plutôt
51:31de dire
51:32non non
51:32restons calmes
51:33on va dire la vérité
51:34ou est-ce qu'il faut dire
51:35non non
51:36il faut renverser la table
51:37sinon on va se faire renverser ?
51:39D'abord je pense que
51:40l'un et l'autre
51:41vont plutôt ensemble
51:42parce que
51:43seule la vérité révolutionnaire
51:44disaient certains
51:45je pense qu'au contraire
51:46il faut pouvoir
51:47dire la vérité
51:48il faut pouvoir être
51:49offensif dans cette campagne
51:50il y a une chose
51:50en tout cas qui est certaine
51:51c'est que croire
51:52qu'on pourrait gagner
51:53en 2027
51:53par un simple vote
51:54barrage
51:55c'est-à-dire en disant
51:56non RN
51:57non LFI
51:58ce serait se mettre
51:59le doigt dans l'oeil
51:59jusqu'au coude
52:00parce que ce qu'il faut
52:01c'est pouvoir donner
52:01aux gens
52:02des raisons de voter
52:03pour
52:04et donc de porter
52:05en ce sens
52:06un projet positif
52:07et si vous parliez
52:08des campagnes
52:10présidentielles
52:10vous parliez beaucoup
52:11de 2017
52:12je pense que
52:13c'est une leçon
52:14de 2017
52:15c'est que quand on porte
52:17un projet positif
52:18un projet courageux
52:20parce qu'il y a quand même
52:20des réformes économiques
52:21que beaucoup disaient
52:22impossibles
52:23dans le programme
52:23présidentiel de 2017
52:25et bien on est capable
52:26de changer la donne
52:28par rapport à ce qui est
52:29prévu dans les sondages
52:30un an avant
52:30David Amiel
52:31question politique
52:31touche à sa fin
52:33et on termine avec
52:34notre traditionnel
52:35vrai ou faux
52:35c'est simple
52:36je vous propose
52:37quelques affirmations
52:38vous me dites très rapidement
52:39vrai ou faux
52:40vous vous trouvez plus utile
52:42en étant ministre
52:43que député
52:44vrai évidemment
52:45parce que quand on est
52:46ministre
52:47on a une responsabilité
52:48une charge très importante
52:49vous refusez de négocier
52:50le budget avec l'URN
52:51vous nous avez dit vrai
52:52en cas de second tour
52:53Jean-Luc Mélenchon
52:54Jordan Bardella
52:54vous voteriez Jean-Luc Mélenchon
52:57je ferai tout
52:57pour que ça n'arrive pas
52:58donc vrai
52:59je ferai tout
53:00je ferai tout
53:00pour que ça n'arrive pas
53:01Emmanuel Macron a affaibli
53:02votre famille politique
53:03avec la dissolution
53:04vrai ou faux ?
53:06je pense qu'en tout cas
53:07ce qui a montré la dissolution
53:08c'est que notre famille politique
53:09n'était pas en bonne forme avant
53:11bon donc vrai
53:12en partie vrai
53:14la dissolution a été un révélateur
53:16d'une fragilité
53:17qu'on a retrouvée
53:18dans les urnes
53:19qu'on avait déjà vu
53:19aux élections européennes
53:20et donc évidemment
53:21ça doit aussi nous inciter
53:22en 2027
53:23à en tirer un certain nombre de leçons
53:24vous comprenez du coup
53:25que vos collègues macronistes
53:26soient démobilisés
53:27dans l'hémicycle
53:27par rapport à tout ce qui s'est passé
53:28ces derniers mois
53:29ces dernières années ?
53:31ah bah vrai
53:32c'est difficile
53:33non mais
53:33laissez-moi juste expliquer
53:35c'est difficile
53:35et j'en ai bien conscience
53:36d'être parlementaire
53:38dans une période
53:39où on a cette assemblée
53:40qui est fracturée
53:41on a des députés
53:41on a la chance
53:42sur la Renaissance
53:42d'avoir des députés
53:43très courageux
53:44très engagés
53:45qui ont défendu
53:46des réformes
53:47très difficiles
53:48qui continuent à le faire
53:49merci beaucoup
53:50David Amiel
53:51ministre de l'Action
53:52et des Comptes Publics
53:53d'avoir répondu
53:54à nos questions politiques
53:55pour la toute dernière émission
53:58de la saison
53:59un grand merci
54:00à vous
54:00auditeurs
54:01téléspectateurs
54:02d'avoir suivi
54:03questions politiques
54:04merci pour votre fidélité
54:06merci à nos deux fidèles camarades
54:08Alex Bouillaguet
54:09de France Télévisions
54:10merci à vous
54:10pour tout ce temps
54:11passé avec nous
54:12Françoise Fressos
54:13également du journal Le Monde
54:14merci
54:15d'avoir été à nos côtés
54:17toute cette année
54:18et bien plus
54:19notamment pour vous
54:20Françoise
54:21un grand bravo
54:22à Alexandra Ben Saïd
54:23qui était aux manettes
54:24toute cette saison
54:25un grand bravo également
54:26à la rédactrice en chef
54:28de cette émission
54:28Fabienne Lemoy
54:30à la Marius Serriès
54:31bravo et merci
54:32à toute l'équipe
54:33son et vidéo
54:34qui a assuré
54:35en régie
54:36sans eux
54:36on n'est rien ici
54:38pour l'année présidentielle
54:39à venir
54:40France Inter
54:40vous proposera
54:41un tout nouveau
54:42rendez-vous politique
54:43évidemment
54:43ce sera présenté
54:45par Benjamin Duhamel
54:46toujours le dimanche
54:47mais petit changement
54:48notez bien
54:48parce que ce sera
54:49après le journal
54:50de 13h
54:51donc à 13h20
54:52d'ici là
54:53passez un bel été
54:54et bien sûr
54:55un bon dimanche
54:56merci
54:56merci
54:56merci
Commentaires