00:00Bonjour tout le monde, alors tous les jours moi dans cette émission, je rends un hommage
00:03et aujourd'hui j'ai décidé de rendre hommage à mon co-auteur.
00:08Et non, ce génie quotidien n'est pas tout seul.
00:11Non, c'est bien de le dire aussi pour les plus jeunes qui nous écoutent
00:14et qui rêvent de devenir intermittentes du spectacle,
00:16d'écouter tous les jours la même chanson d'Oldelaf,
00:19de faire des blagues moyennes, voire médiocres et vulgaires face à des invités
00:23qui n'ont rien demandé.
00:24Alors si vous aussi c'est votre rêve, sachez, mes puces, que vous avez le droit de rêver.
00:28Et je suis la preuve que sky's the limit, on n'est pas obligé de coucher pour réussir.
00:32Non mais j'aimerais le rappeler, une simple branlette dans les loges du festival du film policier à Cognac.
00:36C'est bien, ça peut suffire.
00:38Non, je dois parler de mon co-auteur parce qu'il est quand même responsable à 50% de mon
00:41oeuvre
00:41et 70% des tentaires de mes droits et sa CD.
00:43Et oui, par exemple, hommage au carrelage, c'était nous.
00:47Moi j'ai pas honte de le dire.
00:49Hommage au placard également.
00:51Et aussi hommage à la petite boule de crasse récupérée sous l'ongle du gros pouce
00:54qui pue de ouf et en même temps qui nous enivre un peu quand c'est la nôtre.
00:57C'était encore nous.
00:58Et vous le savez, autour de cette table, écrire dans une quotidienne,
01:01ça donne vite l'impression qu'on fait ça depuis des décennies en fait.
01:04C'est vrai, j'ai l'impression qu'avec mon co-auteur, en fait, on taffe depuis 1972.
01:08J'ai l'impression de l'avoir rencontré à la belle époque.
01:10Ah, tu penses bien, c'était le temps de la belle époque.
01:12Un soir au Sacré-Cœur, alors que j'ai cherché le luron, il m'a dit,
01:15hé, non, il n'a plus le temps.
01:16Il m'a dit de rencontrer l'autre là qui traîne tout le temps au flipper chez Momone.
01:19Mais non, parce que celui-là qui a les cheveux longs, lui c'est Daniel Morin, l'autre.
01:22Et l'histoire était lancée.
01:24N'empêche, j'ai une pensée pour lui, mon co-auteur, parce qu'il fait plein de trucs dans la
01:27vie.
01:27Mais dites-vous que quand il bosse avec moi, son taf consiste essentiellement à m'empêcher de dire
01:31« Hé, Old Olaf, pas mal la chemise à carreau de bûcheron, j'espère qu'il y a la bûche
01:35qui va avec ! »
01:35C'est 80% de son taf.
01:38Vous n'imaginez pas les conversations qu'on a eues avec lui, elles sont absurdes.
01:41Je vais vous citer des phrases qui ont vraiment été prononcées entre lui et moi.
01:45Etienne, j'ai relu là, je ne me sens pas de dire que Tanguy Pastureau a dorsissé si c'est
01:48par rapport à Dracula.
01:50Vraie phrase.
01:51Il m'a aussi dit, Emma, tu n'étais pas réveillée pendant la chronique de ce matin ou t'imité
01:54Baldetti ?
01:58Mec, la vanne sur Nagui qui est riche, elle ne marche pas.
02:00Non, ce n'est pas du mauvais goût, c'est juste vrai en fait.
02:03Alors, j'aime bien ton axe sur le cul d'Old Olaf, mais tente de la prendre sur Peky plutôt.
02:08Et Emma, pour Daniel, tu préfères dire le destructeur de Sylvie ou le foudroyeur de Sylvie ?
02:13Ah non, on en a trouvé des vannes sur vous.
02:15Dites-vous par exemple, non mais ce n'est pas facile parce que lui, il ne vous connaît pas bien.
02:17Lui, il ne vous connaît pas du tout, c'est moi qui balance des dingueries.
02:20Un bon exemple, moi, des fois, je lui dis, par exemple, des fois, Old Olaf, ça pique les yeux quand
02:23il se rapproche de moi.
02:24Et il me dit, tu devrais dire, Old Olaf, ça va, tu es revenu de croisade, c'est ça ?
02:29Vous n'avez pas trouvé de savon là-bas ?
02:31Ah, c'est dommage, voilà son travail, c'est dingue.
02:33Et puis, être auteur, c'est parfois devoir raconter les histoires de quelqu'un d'autre.
02:37Mettez-vous à la place du gars qui reçoit un coup de fil et qui dit,
02:39Hello, ça va ? Ouais, pour mardi, je pensais raconter la fois où j'ai bu de l'eau croupie
02:42en pensant que c'était du thé.
02:43Ça te va ? Ouais ? Comment ça, il s'est passé quoi ?
02:45J'ai chié en spray en fait, quelle question !
02:47Ah ouais, et j'ai lu, tu avais un sur mon date avec le mec qui puait de la gueule,
02:50c'est pas mal.
02:51Mais je pense que tu n'as pas vraiment saisi la mesure d'à quel point ce mec puait en
02:54fait.
02:54Tu vois, tu dis parmesan, mais c'était plutôt sandwich, j'aurai crevé en fait, tu vois ?
02:58Ah, et au fait, pour la soirée de Nagui, je suis désolée, je ne vais pas pouvoir te ramener.
03:01Non, non, je suis désolée, ce n'est pas de plus sain.
03:02Je sais, trop deg pour toi, tu aurais trop kiffé la course de jet ski dans sa baignoire.
03:06On écrit énormément de blagues ensemble, beaucoup de mauvaises, quelques supers et pour la plupart chaotiques.
03:11Mais rendez-vous compte, quand même, c'est absurde ce métier.
03:13Tous les jours, on doit venir avec un petit bout de nous en disant, si, je vais vous faire rire,
03:16bien sûr.
03:16Je suis supérieure et déplacez quelque chose en vous.
03:19Et ça, même si quelqu'un est en train de mourir en fait, je veux dire, quelqu'un qu'on
03:22connaît, c'est absurde.
03:24Parce que le monde, il brûle aussi d'autres gens que plein, plein de gens qu'on ne connaît pas,
03:26ils sont en train de mourir.
03:27Et nous, on est là, on fait le parallèle entre une brique de lait écrémée et le coudol de lave.
03:30C'est absurde.
03:31Moi, je vois les chroniques un peu comme un sujet qui ne mérite pas de lancer une manif à République,
03:36mais qui pourtant m'empêche de dormir.
03:38Et pour ça, il a fallu un partenaire de crime.
03:40Alors, salut, que je rends hommage. Merci de m'avoir écouté.
03:42Merci, bravo !
03:45Et nous devons en tournée, elle sera du côté d'Avignon, au Festival d'Avignon, les lundis 6, 13 et
03:5120 juillet.
03:52Autrement, ce sera le retour à Paris, au Lepic.
03:55Absolument.