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Retrouvez Grand bien vous fasse sur le site de France Inter : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/grand-bien-vous-fasse

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00:15Bonjour à toutes et à tous, soyez les bienvenus dans Grand main vous face et ce matin une émission en
00:19direct d'Annecy à la veille du festival international du film d'animation qui débute dimanche et de l'inauguration
00:27ce matin de la cité internationale.
00:30Personale de l'animation à l'affiche ce matin, pourquoi les films d'animation nous font du bien ? De
00:35Persepolis à Ratatouille, du voyage de Chihiro à Goldorak, de Princesse Mononoke à Ma vie de courgette, une courte sélection
00:42forcément subjective, concoctée par le directeur du festival Michael Marin, son délégué artistique Marcel Jean et par le journaliste Laurent
00:49Vallière.
00:50Dites-nous sur l'appli Radio France quels sont les films d'animation qui vous font le plus de bien
00:55ainsi que dans le public il y aura un micro qui circulera dans la salle.
00:59Ce sont les Rocks et Rookie du vendredi, Thibaut de Saint-Maurice et Guimet Odissino.
01:03Bonjour Thibaut, chercheur en philosophie, quel est le menu de votre punchline philo ?
01:08Bonjour Ali, ce matin on fait comme si on regardait un film d'animation avec le philosophe allemand Frédéric Nietzsche,
01:13nous avons l'art pour ne pas mourir de la vérité.
01:16Vous auriez pu dire Prince Ali quand même, je suis déçu.
01:18Bon bref, bonjour Guimet, chef de rubrique cinéma à Télérama.
01:22Oui bah moi j'aurais pu être une princesse Disney au lieu d'être un renard.
01:28Et bien moi je vais expliquer pourquoi l'animation c'est à la fois pour enfants, avec des enfants dedans
01:34et aussi des images réelles d'enfants.
01:36Allez bienvenue dans Grand Bien Vous Fasse, le vendredi on prend un peu de recul avec notre vie quotidienne.
01:40France Inter
01:43Grand Bien Vous Fasse
01:45Allez rébéir
01:48Écoute, je n'aime pas te faire la morale mais je vais te donner un conseil qui te servira à
01:52jamais.
01:53Dans la vie, tu rencontreras beaucoup de cons, s'ils te blessent, dis-toi que c'est la bêtise qui
01:59les pousse à te faire du mal, ça t'évitera de répondre à leur méchanceté, car il n'y a
02:05rien de pire au monde que l'amertume et la vengeance, reste toujours digne et intègre à toi-même.
02:15Extrait de Persepolis, de la regrettée Marjane Satrapi, un film sorti en 2007 avec la voix de Daniel Darieux.
02:22Bonjour Michael Marin, bienvenue, vous êtes le directeur du festival international d'animation d'Annecy et vous êtes également le
02:31directeur de la cité internationale du film d'animation inauguré ce matin.
02:35Et vous l'avez inauguré ce matin avec des gamins de CP, c'est génial, 300 mômes qui ont découvert
02:40Kirikou il y a quelques minutes.
02:42Oui, j'ai encore beaucoup d'émotions parce que c'est vrai qu'on avait à cœur de commencer avec
02:47les enfants, cette cité elle est d'abord pour eux, avec Michel Oslo avec un film qui est très symbolique
02:52pour l'animation française avec Kirikou.
02:55Et c'est vrai que quand on a vu arriver les premiers enfants, la salle se remplir, moi j'ai
02:59eu du mal à dire mon discours derrière et à faire la présentation.
03:01Bonjour Marcel Jean, vous êtes délégué artistique du festival, vous êtes également réalisateur, scénariste, producteur et auteur de nombreux ouvrages.
03:10Bonjour Laurent Vallière, vous êtes producteur de l'émission 42e rue sur France Musique et vous avez publié Cinéma d
03:16'animation, la French Touch aux éditions La Martinière et Arte Édition.
03:20Et une réédition est en cours ?
03:21Oui, on est en train de l'écrire, elle sortira dans un an.
03:24Alors, quelle est la vocation de cette cité internationale du cinéma d'animation qui est inaugurée aujourd'hui, qui sera
03:31ouverte toute l'année au public et aux professionnels, Michel Marin ?
03:36Sa vocation c'est de célébrer l'animation toute l'année et pas une semaine par an comme on le
03:41fait depuis 1960.
03:42C'est vraiment un lieu qui est pour le public d'abord, c'est à dire qu'on va pouvoir
03:47avec cette cité montrer des films,
03:50tout type de films d'animation comme on le fait une semaine par an encore une fois.
03:54Et puis montrer les coulisses de fabrication d'un film avec des très très belles expositions.
04:01Là on a la chance d'avoir trois expositions qui ouvrent en même temps, une exposition autour de l'univers
04:05d'Ankama,
04:06le fameux studio français, une exposition autour des studios Leica qui est un studio américain qui fait des films en
04:14animation volume stop motion magnifiques.
04:16Et puis une exposition permanente pour donner des clés à travers les collections du musée château d'Annecy.
04:22Et puis on va aussi accueillir des artistes puisqu'on a une résidence d'artistes.
04:25Donc ça va vraiment être un lieu de découverte, d'imaginaire, de croisement entre les publics.
04:31J'ai hâte de voir aussi dès dimanche le public du festival se mélanger aux années siennes et aux années
04:37siens.
04:38Et encore une fois on a vraiment pensé cette cité pour toutes et tous.
04:41Alors Marcel-Jean, quels seront les temps forts de ce festival qui débute donc dimanche ?
04:47Les temps forts seront très nombreux puisqu'on a d'abord une compétition officielle qui est d'un niveau jusqu
04:55'ici inégalé, je dirais cette année,
04:57avec notamment beaucoup de longs-métrages français, certains ayant été présentés déjà à Cannes,
05:04mais d'autres étant toujours inédits, je pense au Dossier de l'Aube par exemple, qui sera en compétition ici.
05:14On a aussi Rogue Trooper, la première mondiale du film de Duncan Jones, bien connu comme cinéaste de science-fiction,
05:23de prise de vue réelle.
05:24Et c'est quelque chose qu'on voit de plus en plus maintenant, ces passages entre la prise de vue
05:29réelle et l'animation,
05:30dans un sens comme dans l'autre, parce que Brad Bird, qui est l'un des grands noms du cinéma
05:38d'animation depuis déjà plus de 30 ans,
05:42est passé, lui, à la prise de vue réelle.
05:45Vous citiez Marjane Satrapi tout à l'heure, qui a fait les deux aussi.
05:50Donc, on a une édition cette année absolument remarquable.
05:56Alors, pourquoi le film d'animation est-il si important dans vos vies ?
06:00Tiens, Laurent Vallière, quels sont peut-être les tout premiers films qui vous ont durablement marqué ?
06:04Je pense que le film d'animation est marquant dans nos vies, parce que c'est le premier film qu
06:08'on regarde enfant, tout simplement.
06:09En fait, ça nous transporte, je ne sais pas, des dessins animés comme Tom & Jerry, ça vous embarque pour
06:14toute la vie.
06:15Des dessins animés comme, je ne sais pas, Goldorak, Bugs Bunny, et puis c'est vrai qu'il y a
06:21une poésie.
06:24C'est drôle parce qu'Amélie Perrier parlait de Sean, c'est vrai que tous ces dessins animés humoristiques, on
06:29grandit avec, ça nous aide à vivre.
06:31Et après, on grandit, on découvre que, c'est très important que vous ayez montré Persepolis, parce que le dessin
06:39animé peut aussi très très bien sublimer la réalité
06:42et montrer des choses que parfois, en prise de vue réelle, on ne pourrait pas montrer.
06:46Pensez simplement à la plus précieuse des marchandises, le film de Michel Azanaviscus qui parlait de la Shoah, qui parlait
06:51de l'extermination des Juifs.
06:52Et la façon dont il montre ça est d'une poésie absolument incroyable, et c'est très difficile, on sait
06:58très bien, de représenter ça
07:00simplement en prenant des acteurs réels, dans des décors réels.
07:04Donc il y a quelque chose qui est plus que de la peinture, qui est une façon d'atteindre la
07:11réalité, mais d'une façon un peu sublimée.
07:13Michael Marat.
07:15Je pense aussi que c'est l'une des premières expériences qu'on peut vivre avec ses parents, donc ça
07:22crée des souvenirs avec ses grands-parents.
07:24Et puis c'est aussi les premiers souvenirs d'expérience collective, d'aller dans un endroit.
07:30Et moi, je me souviens encore, le premier film que j'ai vu, c'est, alors j'avais eu très
07:34peur, c'était Blanche-Neige.
07:37En 1938 ?
07:38Alors, non, je suis, non, non, un peu plus tard, puisque Disney ressortait régulièrement les classiques, et j'avais eu
07:47peur.
07:47Un peu plus tard, nettement plus tard.
07:48Ouais, nettement plus tard, pas en 1942.
07:52Et je me rappelle d'avoir eu peur, mais d'avoir été dans un endroit magique pour moi, comme un
07:56spectacle.
07:57C'est peut-être aussi le premier spectacle qu'on voit, le cinéma.
07:59Et moi, je n'ai pas cité Roxée Rookie par hasard, parce que c'est le tout premier film d
08:02'animation que j'ai vu en 1981 au cinéma.
08:06Marcel Jean.
08:06Moi, ce que je considère qui est important aussi, c'est que tous les enfants dessinent.
08:12Et quand on demande aux adultes, dessinez-vous, je ne sais pas, c'est 5-10 % des gens qui
08:18dessinent, mais tous les enfants dessinent.
08:20Alors, ils ont une relation au dessin qui est très particulière.
08:26Et l'animation, c'est au départ des dessins qui bougent.
08:31Et ça, c'est quelque chose de magique, qui réfère directement à l'imaginaire de l'enfant dans sa relation
08:37à sa propre création au dessin.
08:40Et pour moi, ça joue un rôle particulier, oui.
08:43Guimet.
08:44Oui, mais c'est même d'ailleurs fou.
08:47Regardez, on dit, notre premier rapport au cinéma quand on est enfant, la plupart du temps, effectivement, c'est un
08:53film d'animation.
08:53Et après, pourquoi soudainement, parce qu'on devient grand, on va pouvoir quitter ce rapport privilégié, ne le retrouver que
09:03plus tard quand on a soi-même des enfants ?
09:05C'est complètement ridicule, alors que dès l'origine, pour nous, enfants, le cinéma, c'est l'animation.
09:11Et ça devrait continuer comme ça, sans avoir de pause, disons, adulte entre.
09:17Il faudrait continuer tout le temps.
09:19Thibault Saint-Maurice, il y a un film d'animation qui vous a durablement marqué dans votre enfance.
09:24La mort de la mère de Bambi, la fin de Toy Story 2.
09:29Oui, moi, j'ai eu l'impression de pile entre les grands classiques et une sorte de réinvention avec Pixar,
09:38etc.
09:39Alors, je n'étais plus tout à fait enfant, mais vraiment là où je me suis dit, waouh, en fait,
09:43on change de dimension, c'est avec l'âge de glace.
09:48Il y a eu toute une période où, effectivement, je ne regardais plus de films d'animation.
09:51Et l'âge de glace, ça m'a ramené, en fait.
09:54Et du coup, c'était avant même que j'ai des enfants, et quand j'en ai eu, j'ai
10:01effectivement recommencé à en regarder, mais avec vraiment cet œil très différent.
10:09Et donc, c'est ça qui est intéressant, c'est que tu dis, il ne faut pas s'arrêter de
10:14regarder.
10:14Et j'étais très content d'être tombé sur l'âge de glace entre deux.
10:20Oui, parce qu'il faut dire, alors bon, Thibaut est nettement plus jeune que moi, mais moi, j'appartiens à
10:24cette génération, quand on était enfant, c'était ou le roi et l'oiseau, ou le roi et l'oiseau,
10:29ou le roi et l'oiseau, et Disney.
10:32Voilà, et c'est tout.
10:34Nos enfants, et puis maintenant, les enfants d'aujourd'hui, mais ils ont un bol, ils ont une chance.
10:38Il y a tellement plus de films d'animation, de cinéma d'animation extraordinaire.
10:42Donc, en fait, maintenant qu'on est vieux, en fait, on pédale derrière les gosses pour regarder la même chose
10:47qu'eux, mais la génération des années 60, on n'était pas très gâté, quoi.
10:51Laurent Laliard.
10:52Et c'est vrai, pour corroborer ce que dit Thibaut, en fait, il se passe quelque chose de très important
10:56en l'an 2000, c'est qu'il y a Shrek qui arrive.
10:58Et tout d'un coup, comme dit Guillemette, pendant très longtemps, on était avec la morale de Walt Disney, quand
11:04même, des films avec une morale.
11:06Et tout d'un coup, Shrek arrive, qui reprend les codes de Friends, qui reprend les codes des sitcoms, c
11:11'est les Sipsons.
11:12Et tout d'un coup, on arrive à des dessins animés extrêmement impertinents, qui se moquent même de Disney.
11:16On se rappelle que dans Shrek, il y a une parodie de Disney World.
11:19Et donc, à ce moment-là, l'animation prend un nouvel envol.
11:22Marcel Jean.
11:24Il y a quelque chose aussi, Mickaël disait tout à l'heure qu'il avait vu Blanche-Neige un peu
11:30plus tard qu'à sa sortie originale.
11:32Mais il y a un test que je faisais avec mes étudiants à l'université, c'est que je leur
11:38demandais, bon, Blanche-Neige, selon vous, ça a été fait en quelle année?
11:43Bon, dès le début.
11:44Et ils référaient toujours à peu près au moment où ils avaient 4 ou 5 ans.
11:48Et tu prenais Blanche-Neige ou tu prenais Bambi ou autre chose, c'est qu'on dirait que ça ne
11:55vieillit pas.
11:57Et contrairement au cinéma de prise de réel, qui est très daté à cause de la mode, à cause de
12:04tout ça, des décors et tout.
12:06Mais en animation, il y a une sorte de permanence dans le temps qui est totalement différente.
12:12Mais ça va même plus loin, les Simpsons.
12:15En fait, les personnages de dessin animé, les Simpsons ont 40 ans, les personnages de dessin animé sont les seuls
12:21acteurs qui ne vieillissent pas.
12:23C'est un truc de fou.
12:24Et comme la voix, on le connaît, nous en radio, ne vieillit pas non plus, on peut faire des dessins
12:29animés éternels.
12:30C'est incroyable.
12:31Vous êtes un personnage de dessin animé, Guimet Odissino.
12:34Une question dans le public peut-être.
12:36Bonjour madame.
12:37Oui, ce n'était pas tant une question qu'une contribution.
12:40Quand je suis arrivée à Annecy il y a une trentaine d'années, je n'étais pas très fanat des
12:44dessins animés, considérant que c'était plutôt pour un public d'enfants.
12:48Et puis finalement, je m'y suis prise, à l'occasion notamment des projections sur le paquet, qui sont gratuites
12:54et accessibles à tous, le soir.
12:56Et j'ai trouvé ça vraiment passionnant en termes d'émotions.
13:02En fait, ils savent faire passer des émotions comme nulle part dans aucun autre film.
13:08Il y a, je crois que c'était la courgette là.
13:12Ma vie de courgette.
13:13Ma vie de courgette, je crois qu'il n'y a pas une parole.
13:16Je crois que c'est celui-ci, vous me corrigez.
13:19Et vous comprenez tout, tout passe dans l'émotionnel.
13:23C'est vraiment hyper fort.
13:24Merci beaucoup Colette, on m'a soufflé votre prénom dans le casque.
13:29Qui veut réagir, Guimet peut-être ?
13:30Je suis complètement d'accord.
13:31Alors si ma vie de courgette, il y a des paroles.
13:34C'est pas l'île de la tortue ?
13:37Ah, ou Flo !
13:38Flo !
13:39Flo, le petit chat qui est confronté à la montée des eaux.
13:44Mais je suis complètement d'accord avec vous Colette.
13:47Cette notion d'émotion.
13:48Mais c'est aussi ce que Laurent disait tout à l'heure.
13:51Franchement, dans certains films en prise de vue réelle, certains sentiments, c'est tellement casse-gueule de les filmer.
13:57Mais ça peut être tellement cucu, tellement mièvre.
13:59Et dans l'animation, il y a ce miracle qui fait qu'on peut réinventer certaines émotions, les redonner, mais
14:06comme si elles étaient fraîches de la veille.
14:08L'humour est totalement frais, la grâce est fraîche.
14:13C'est ça le miracle de l'animation.
14:14Avec un pinceau, on peut tout faire.
14:16Thibault ?
14:16Mais aussi parce qu'on a en fait un registre de possibilités qui est beaucoup plus large.
14:21En prise de vue réelle, on ne va pas faire parler une courgette, ni un chat, ni une théière.
14:27Et donc, en fait, on peut animer précisément, c'est le terme, on peut donner une âme, un supplément d
14:32'âme à tout un ensemble d'êtres qui peuplent le monde
14:35et qui d'habitude ne sont pas investis de cette animation.
14:38Marcel Jean.
14:39Mais c'est une réalité stylisée aussi, l'animation.
14:41C'est-à-dire que ce n'est pas le monde, c'est une représentation du monde et on choisit
14:48ce qu'on représente,
14:49de sorte que l'émotion, on peut décider de la représenter et on ne se retrouve pas dans un rapport
14:57immédiat à la réalité comme en prise de vue réelle.
14:59Ce qui fait qu'une déclaration d'amour en prise de vue réelle, comme le disait Guimet, c'est très,
15:04très casse-gueule.
15:04Ce qui l'est beaucoup moins en animation est parce qu'on est ailleurs.
15:10Moi, j'ai produit un film à l'époque où il y avait une marionnette qui se suicidait,
15:14ce qui est quelque chose d'assez complexe parce que si tu n'es pas en soi un être vivant,
15:23donc comment tu arrives à t'enlever la vie?
15:27Et ça nous amène à aller dans une représentation qui n'est pas du tout réaliste à ce moment-là.
15:33Allez, il est 10h22, il est déjà l'heure de retrouver la ciné-thérapie de Guimet au Dicino.
15:39France Inter.
15:40Les films sont plus harmonieux que la vie, Alphonse. Il n'y a pas d'embouteillage dans les films, il
15:43n'y a pas de temps mort.
15:44Grand bien vous fasse.
15:44Au cinéma, c'est comme ça et pas autrement.
15:47Ha ha.
15:49Alors, cher Ali, moi qui aime le cinéma d'animation avec passion,
15:53je sais, je sais qu'il n'est pas seulement dessiné aux enfants et je voudrais parler justement des gosses
16:01qui ne sont pas devant l'écran mais dedans.
16:05Avec un crayon, un pinceau, une tablette graphique, l'animation a créé des minots, des bouts de choux à faire
16:12fondre les cœurs les plus secs.
16:14Franchement, est-ce qu'on peut faire plus croustifondant que Bou, le petit machin qui colle à la fourrure violette
16:21et verte de Jacques Sullivan et rend dingue Bob Razowski dans Monstres et compagnie.
16:27Ce sommet de mignonnerie à couettes là, qui babille et court partout, ça, c'est un miracle de l'animation.
16:33Et le bébé, de la plus précieuse des marchandises de Michel Azanavissus, c'est un bouton de rose.
16:39Et Mirai, la petite sœur de Kuhn dans le chef-d'œuvre de Mamorio Soda.
16:44Et Russell, le petit scout rondouillard de là-haut.
16:48Bonjour madame, monsieur, je m'appelle Russell et je suis un explorateur de la tribu des Wapiti, section 54, douzième
16:55campement.
16:56Avez-vous besoin que je vous rende un service aujourd'hui, monsieur ?
16:58L'animation, c'est l'enfance de l'art, c'est l'art de l'enfance avec drôlerie et sans
17:04mièvrerie.
17:05Mais Ali, comme ce matin, on ne parle que de ça, d'animation, et que j'ai un peu l
17:09'esprit de contradiction tout comme ça,
17:11qu'on ne parle que de la grâce d'un dessin pour réinventer le mouvement ou l'émotion au jou
17:15d'un enfant,
17:16je voudrais dire que certains films ont prise de vue réelle, et bien ils y parviennent aussi.
17:21Et mon petit doigt me dit que vous avez choisi un film japonais.
17:25Mais votre petit doigt, c'est incroyable.
17:27Mais il faudrait faire un film d'animation sur votre petit doigt, allez-y.
17:32Oui, car les cinéastes japonais en animation, bien sûr, mais aussi en image réelle,
17:36sont les empereurs de la délicatesse dès qu'il s'agit de parler de l'enfance.
17:40Dans ce registre, il faut voir l'un des chefs-d'oeuvre de Hirokazu Koreeda,
17:46Tel père, tel fils.
17:47Alors c'est la même histoire que La vie est un long floffe tranquille d'Étienne Châtiez,
17:51mais bon, mais alors c'est vraiment pas du tout, mais alors pas du tout traité de la même manière.
18:04Oh mon dieu, mais vous avez envie, non mais moi, enfin, alors je l'ai gardé en japonais,
18:07parce que c'est pas possible ça, moi déjà je suis sous la table de mignonnerie.
18:11Donc vous avez entendu cette petite voix craquante, alors c'est un petit garçon de 6 ans,
18:14il est tout doux, il est tout fier de se présenter devant son papa, qui lui est tout fier aussi.
18:21Bah sauf qu'il a été échangé à la naissance, donc papa c'est pas vraiment papa.
18:26Et Koreeda capte avec une douceur sans pareil le conflit entre l'inné et l'acquis,
18:31et met en lumière le sentiment de paternité, mais c'est tellement bouleversant, Ali,
18:37voilà je vous oblige tous à voir ce film si vous l'avez pas vu, c'est clair et net.
18:41Et l'enfance c'est aussi l'aventure.
18:45Alors là, vous savez, l'aventure c'est extra.
18:48Alors c'est aussi l'aventure, donc on se tourne vers un américain, mais pas n'importe lequel,
18:52puisque c'est Wes Anderson qui a réalisé quand même deux grands films d'animation,
18:55L'îlot chien et Fantastique Mr Fox.
18:58Entre les deux, il y a Moonrise Kingdom, dont les prises de vue réelles ressemblent
19:03aux plus beaux des cartoons des années 60.
19:06Il était une fois un scout orphelin et une fille de bourgeois qui fugue un jour d'été 65.
19:14Cher Suzy, voilà mon plan.
19:16Cher Sam, ma réponse est oui.
19:18Cher Suzy, quand ?
19:20Cher Sam, où ?
19:21Cher Suzy, marche sur 400 mètres plein nord depuis ta maison,
19:25jusqu'au chemin de terre qui n'a pas de nom indiqué.
19:27Tourne à droite et va jusqu'au bout.
19:29Je te retrouverai dans la prairie.
19:34Il manque qui ?
19:35Chakouski, tu es là ?
19:38Ça perd les popettes, l'oiseau s'est envolé.
19:43Alors tout le monde les cherche.
19:44Les adultes paniquent, ils sont désorganisés, ils sont tragicomiques, évidemment c'est des adultes,
19:49pendant que les merveilleux fugueurs discutent de la vie sur la plage et écoutent du François Zardy.
19:54Avec Wes Anderson, vous avez du texte à vrilles, un peu d'égounise et la nostalgie qui s'anime comme
20:00jamais.
20:01Parce que finalement, c'est quoi le cinéma depuis ses origines, depuis Edison et les Frères Lumière ?
20:06C'est donner l'illusion du mouvement à partir d'une suite d'images fixes.
20:11Donc on va le dire au fond, tous les films sont des films d'animation et donc vive Amsi !
20:17Guilhemette Odissino, rappel de votre ciné-thérapie.
20:23Alors Moonrise Kingdom de Wes Anderson et tel père, tel fils de Corée et d'un.
20:27La ciné-thérapie de Guilhemette Odissino a podcasté, a partagé sur l'appli Radio France.
20:32Je ris parce que la tradition au Guilhemette Odissino, c'est que le public du festival d'Annecy lance des
20:39avions papiers.
20:40On vient de nous envoyer un avion papier sur la scène.
20:42Merci beaucoup au public du festival international du film d'Annecy.
21:09Des mignons et des monstres qui sera diffusé en ouverture du festival international du film d'animation d'Annecy.
21:17C'est bien ça, Michel Marin, vous en êtes son patron ?
21:20Oui, c'est bien ça, je confirme.
21:21Bon, mais merci beaucoup.
21:22Allez, on va commencer notre sélection de films d'animation qui font du bien avec Persépolis de Marjane Satrapie,
21:28l'adaptation de son roman graphique.
21:31Persépolis qui prend évidemment une résonance particulière avec la mort de Marjane Satrapie le 4 juin dernier.
21:3720 ans après sa sortie en salle, pourquoi Persépolis ne cesse de vous émerveiller, Laurent Vallière ?
21:43Vous êtes producteur à France Musique, grand spécialiste du film d'animation.
21:50C'est tellement compliqué souvent d'adapter.
21:53Il y a eu toute une vague à partir des années 2000, l'adaptation de bandes dessinées ou de romans
21:58graphiques en dessin animé.
22:00Et c'est toujours très compliqué parce qu'à chaque fois on dit, oui, le personnage à l'écran ne
22:04ressemble pas au personnage dans la BD,
22:06il ne bouge pas comme le personnage dans la BD, il n'a pas la même voix que le personnage,
22:10c'est hyper compliqué.
22:12Et Marjane Satrapie, lorsqu'elle l'a adapté, je crois qu'elle a mis tout son cœur et toute son
22:17énergie parce que ça a duré des années et des années.
22:19Ça c'est comme Alain Chabat, vous lui demandez ce qu'est-ce qui se rappelle d'Astérix,
22:22c'est juste qu'il sait qu'en fait ce n'est pas du tout comme un tournage de film,
22:25au bout de six mois c'est en boîte et c'est fini.
22:27Là, pendant des années et des années, et elle a voulu vraiment que ça soit parfaitement rendu.
22:33Donc elle a choisi des voix extraordinaires, on a parlé de Daniel Darieux pour la grand-mère,
22:38c'est Chiara Mastroianni qui jouait la voix de Marjane Satrapie, Catherine Deneuve qui jouait sa maman,
22:44et il y avait notamment le trait de Marjane Satrapie, il y a un gros, je me rappelle que j
22:49'avais une grande discussion avec elle,
22:50il y a un grand contour pour chaque personnage dans son style.
22:54Et elle a passé des heures à expliquer aux animateurs, parce que c'était encore une époque où il n
22:59'y avait pas trop d'animation sur ordinateur,
23:01donc tout était fait à la main, et elle corrigeait à chaque fois le contour autour des visages pour que
23:08ça ressemble à un personnage qu'elle avait créé.
23:11Et en fait, le film a eu le prix spécial du jury au festival de Cannes en 2007, et c
23:19'est juste un petit bijou en fait.
23:20C'est en noir et blanc, ça respecte parfaitement l'oeuvre, et puis surtout ça raconte l'histoire de la
23:26révolution islamique en Iran,
23:30et toute sa vie. Donc c'est extrêmement autobiographique et très puissant et fort.
23:35Marcel Jean, je rappelle que vous êtes le délégué artistique du festival.
23:38Oui, moi j'ai vu ce film-là, ma fille à l'époque avait deux ans, et ce qui m
23:45'a beaucoup marqué,
23:46c'est toute cette émancipation, cette quête de liberté qu'il y a à travers le film,
23:53et je me souviens que je me répétais tout au long du film, dès que ma fille sera assez grande
24:00pour voir ça,
24:01je veux qu'elle le voie. Parce que je trouve qu'il y a un propos qui est absolument essentiel,
24:07et à la fois ce propos sur l'histoire de la révolution islamique, l'Iran,
24:10mais c'est la destinée individuelle là-dedans qui est pour moi quelque chose qui ne se date pas.
24:19Voilà, c'est un grand film politique, c'est un grand film féministe, c'est un grand film esthétique,
24:25c'est aussi l'un des films qui a contribué, grâce au festival de Cannes,
24:33à montrer que le cinéma d'animation était un cinéma tout court,
24:38et n'était pas des petits Mickey dans les coins.
24:41Et puis de toute façon, Punk is not dead.
24:44Mickaël Marin, directeur du festival.
24:46Oui, moi ce qui m'avait touché, c'est effectivement cet espace de liberté, d'émancipation,
24:51et puis il ouvre la voie à un autre film qui arrive quelques années après,
24:54Vols avec Bachir aussi, dans cette veine de films d'animation,
24:59effectivement politiques, ou qui traitent de sujets qui ne sont pas effectivement des sujets,
25:04a priori pour des enfants, même comme le dit Marcel, moi aussi je suis papa,
25:10et quand on regarde des films d'animation, on se dit vivement qu'on puisse partager ça,
25:16et qu'ils puissent avoir aussi ces messages.
25:19Allez, écoutons un souvenir d'enfance pour des millions d'enfants des années 1970-1980.
25:35Le générique de la série animée japonaise Goldorak, interprétée par Noam.
25:40Goldorak, 74 épisodes de 24 minutes conçus, réalisés, produits par Toei Animation.
25:46Pourquoi ce choix, Mickaël Marin ?
25:48Alors ce choix, parce que c'est Actaru, c'est le héros de mon enfance, j'ai regardé...
25:54Qui est l'ami de...
25:55Qui conduit, qui pilote, je ne sais pas comment on peut dire, qui pilote Goldorak, exactement,
26:00et donc c'est vrai que c'est une série que j'ai vue, vue et revue,
26:03et je vais faire une petite confidence, il m'arrive encore de temps en temps,
26:07quand je ne sais pas trop quoi regarder, de regarder un épisode,
26:11et puis bon, je suis de cette génération, j'aurais pu mettre aussi,
26:15j'aurais pu dire Ulysse 31, Capitaine Flamme, Albator, voilà,
26:17je suis de cette génération qui regardait ça avec beaucoup d'envie, d'excitation,
26:23et qui le regarde encore, oui.
26:24Guilmette Dicino ?
26:25Moi, je ne regarde pas en douce les trucs de mon enfance,
26:29mais je regarde en douce les trucs de l'enfance de mes enfants,
26:31un petit Bob l'Éponge de temps en temps, ça fait un bien fou, hein.
26:41Alors, Marcel Jean, Guilmette Dicino, vous avez choisi
26:44Princesse Mononoke de Miyazaki, sorti en 2000.
26:49Pour moi, Princesse Mononoke, c'est vraiment toute une mythologie qui s'installe,
26:57et on entre dans un univers panthéiste qui est absolument formidable,
27:03une ode à la nature, mais autant, on disait tout à l'heure,
27:09Disney, c'est la morale, mais c'est une morale judéo-chrétienne,
27:13bon, avec toute une série de symboliques où on a l'impression que la fée marraine,
27:19c'est une apparition de la madone ou des choses comme ça.
27:22Quand on arrive chez Miyazaki et dans Princesse Mononoke,
27:26là, on est dans un autre tableau de référence, on est complètement ailleurs.
27:32Et ce qui est fou, ce qui est fou, c'est que, bah, donc il y a la princesse,
27:37mais il y a ce qu'on pense être son ennemi, enfin, il y a deux personnages féminins
27:41dans ce film d'animation, je pense que, et qui ne sont ni gentilles ni méchantes,
27:47il n'y a ni vraiment la sorcière, il y a juste quelqu'un qui essaye d'être capitaliste,
27:51et l'autre qui est écolo, mais, en fait, toutes les références,
27:54au-delà, effectivement, de ces références japonaises qui, tout d'un coup, nous envahissent
27:59de beauté et même de mystère, c'est-à-dire qu'on est un peu perdu au début
28:02dans toute cette beauté, mais les deux personnages féminins,
28:07j'ai rarement vu des personnages féminins aussi complexes,
28:10et qui s'affrontent pour des raisons complexes,
28:13et qui ont toutes les deux de bonnes raisons de s'affronter.
28:17C'est magnifique.
28:18On n'est pas dans cet affrontement, donc, le bien, le mal, Dieu, le diable,
28:26on est complètement ailleurs, là, dans, justement, quelque chose qui fait plus yin et yann,
28:32où il y a une sorte de complément entre les personnages, oui.
28:37Princesse Molonoke de Miyazaki.
28:39Ézéchiel nous écrit sur l'appli Radio France.
28:41Bonjour à tous, je voudrais citer le magnifique étrange Noël de Mr. Jack.
28:45J'avais une dizaine d'années, et ce film a été pour moi un véritable tournant
28:48dans mon rapport au film d'animation.
28:50Il y avait bien autre chose que Disney et le roi et l'oiseau.
28:53Et Fabienne, qui m'a dit, il y avait dans les années 80 toutes les séries,
28:56comme il était une fois l'homme, il était une fois la vie.
29:00Laurent Vallière, vous avez choisi.
29:02Je voulais juste dire Henri Selyc, qui a réalisé l'étrange Noël de M. Jack,
29:05c'est lui qui a créé le studio Laïka, dont la cité des arts du dessin animé.
29:10Parce que c'est Pat Humberton.
29:12Voilà, à qui la cité des arts consacre une exposition à partir d'aujourd'hui ?
29:17Laurent Vallière.
29:17Vous avez choisi un film qui m'a effrayé quand j'étais enfant,
29:21et que j'avais vu dans l'émission Temps X des Frères Bogdanov sur TF1,
29:26je crois que c'était en 1979,
29:28La planète sauvage de René Lalou et Roland Topor,
29:32sorti en 1979, un cauchemar d'enfance.
29:35Mais oui, mais vous savez que René Lalou, il disait,
29:37alors pour revenir à la thématique de votre émission,
29:39René Lalou disait que le vrai cinéma, c'est le cinéma d'animation.
29:43Alors il était provocateur, parce que c'était un réalisateur qui ne savait pas dessiner,
29:46un peu comme Isao Takahata, un grand réalisateur japonais.
29:50Conventez-moi de le revoir aujourd'hui, parce qu'il m'avait vraiment effrayé à l'époque.
29:53Oui, parce que ça commence avec un personnage qui est haut,
29:56comme 80, il doit faire 80 mètres de hauteur,
29:58qui joue à la piche nette avec un humain,
30:01et donc il s'amuse à taper dessus, et à la faire rouler.
30:04Et en fait, c'est un film de science-fiction,
30:08qui se déroule donc un peu plus tard, dans le temps,
30:12qui joue exactement aussi avec le yin et le yang dans sa thématique,
30:16et qui surtout bénéficie, comme René Lalou n'était pas réalisateur,
30:22d'un graphiste absolument incroyable, qui était Roland Toporan.
30:26Et donc, ça va donner un univers...
30:28En fait, c'est un film qui marque dans l'histoire du cinéma d'animation en France,
30:32parce qu'on n'avait jamais vu ça.
30:34Le film, lui aussi, reçoit un prix au Festival de Cannes.
30:36Il faudra attendre Persepolis, 20 ans plus tard, pour qu'il y en ait un autre.
30:41Et qui raconte...
30:42En plus, ça n'avait rien du cartoon...
30:45Ah oui, je vous confirme.
30:46...dont on avait l'habitude avec les studios Disney.
30:49C'était même plutôt une animation un peu K1K,
30:52on appelle ça du papier découpé.
30:54Et donc, c'était même pas des couleurs...
30:56Je crois que Roland Topor et René Lalou ne voulaient pas dessiner
31:00sur des celluloïdes, comme on fait des dessins animés cartoon.
31:04Et donc, du coup, il y avait une couleur un petit peu délavée.
31:07Et c'était un film très étrange,
31:09mais qui était un génial film de science-fiction.
31:11Marcel Jean.
31:12Oui, on a ces personnages bleus,
31:14qui annoncent Avatar, pratiquement,
31:17qui sont totalement différents.
31:20Mais ce qui est, pour moi, la tension dans La planète sauvage,
31:24c'est entre la beauté surréelle de ces images-là
31:28et la cruauté du discours et du propos.
31:32Et ce qui fait que moi, je l'ai vu, j'étais assez jeune,
31:34j'avais 10-12 ans,
31:35et c'est un film, effectivement,
31:38qui est à la fois fascinant et effrayant.
31:41Et c'est très fort, ça, comme tension.
31:43La planète sauvage de René Lalou et Roland Teport.
31:47Les rêves des amoureux sont comme le bon vin.
31:52Ils donnent de la joie au bien du chagrin.
31:58Affaibli par la faim, je suis malheureux.
32:03Pas longtemps chemin, tout ça que je parle,
32:09car rien n'est gratuit dans la vie.
32:10La voix d'Olivier Ruiz dans Ratatouille.
32:13Michael Marin, je partage votre bonheur de voir, revoir, re-revoir Ratatouille
32:19de Brad Bird, sorti en 2007.
32:23Oui, c'est un film que j'ai adoré, parce que je suis un grand gourmand.
32:28Un grand gourmand.
32:29D'ailleurs, Ratatouille, qui sera présenté dimanche matin
32:32par le chef et le chef sommelier du Clos d'Essence,
32:34très bien restaurant étonné, bien connu à Annecy,
32:36donc à la cité.
32:38On va avoir le plaisir de le redécouvrir sur grand écran.
32:41Et c'est vrai que pour la réalisation de ce film,
32:44ils avaient été allés à Paris,
32:46ils avaient rencontré des chefs,
32:48ils avaient été vraiment dans des restaurants.
32:50Il y a vraiment un sens du détail.
32:52Et puis encore une fois, d'avoir ce petit rat
32:55qui aide Linguini à faire de grandes choses et à se révéler.
32:59Voilà, il y a une histoire qui est très belle.
33:02Et puis j'en profite pour Salut l'équipe d'On va Déguster
33:04qui enchante tous mes dimanche matin.
33:07Le dimanche matin sur Inter, guillemette Odissino.
33:10Non, mais Ratatouille, c'est un chef-d'oeuvre.
33:11Et puis dedans, il y a un critique.
33:12Oui.
33:13Pardon, mais oui, mais c'est la critique gastronomique.
33:15Mais c'est la première fois qu'en fait,
33:17il y a un film qui intègre la notion de critique à l'intérieur.
33:21Antoine Ego.
33:22Oui, exactement.
33:22Et Antoine Ego, évidemment.
33:25Et c'est quelqu'un de sombre.
33:28Il est vraiment, il est coincé, il est méchant.
33:31Et soudainement, le miracle de quelque chose d'extrêmement réussi
33:35va le rendre gentil.
33:36Il va se souvenir qu'il était un petit garçon
33:38qui était tombé, qui avait mal aux genoux.
33:40Tous les critiques sont en fait des enfants
33:42qui se sont un jour fait mal aux genoux.
33:43C'est pour ça qu'ils sont méchants.
33:45Il ne faut pas leur en vouloir.
33:46Sauf Guilhemette, d'ici nous, de Télérama.
33:50Guilhemette, pourquoi Ma vie de courgette de Claude Barras,
33:53sorti en 2016, reste l'un de vos points de repère essentiels
33:56dans le domaine de l'animation, Ma vie de courgette ?
33:59D'abord parce que là, effectivement,
34:01on est sur des marionnettes animées, en pâte à modeler.
34:06Je pense que je n'oublierai jamais la première fois
34:08que j'ai vu les grands yeux de courgette.
34:11C'est une espèce de dieu ouvert sur le monde,
34:16totalement bouleversant.
34:17Et là aussi, il faut rappeler que Ma vie de courgette,
34:19ça commence quand même sur un drame.
34:21C'est un petit garçon qui, évidemment,
34:24accidentellement, provoque la mort de sa mère
34:26et qui se retrouve orphelin,
34:28dans une petite maison d'accueil
34:29où il y a plein d'enfants, etc.
34:31Donc, c'est un truc.
34:32Normalement, c'est impossible
34:35de raconter ça à des enfants.
34:36Et là, tous les détails,
34:40même la moindre frite à la cantine,
34:42ça devient quelque chose d'émouvant.
34:45La moindre tresse blonde
34:47d'une des petites copines,
34:49je ne sais pas,
34:49c'est un miracle de grâce, en fait.
34:51C'est réussir avec de la pâte à modeler
34:54à capter la chair de l'enfance.
34:57Voilà.
34:57Ça, Claude Barras, chapeau.
34:59Et puis, Céline Sciamma, chapeau.
35:01Ah, bien sûr.
35:02En fait, moi, ça faisait longtemps
35:05que je n'avais pas vu un dessin animé
35:07autour d'enfants
35:07avec des vraies répliques d'enfants.
35:09Tous les dialogues sont civils.
35:11La vérité.
35:11Et bravo à celui qui a fait
35:14le casting d'enfants
35:15parce qu'ils étaient tous réels.
35:17Donc, ce n'était pas de la prise de vue réelle,
35:19mais ils jouaient tellement bien, ces gosses.
35:22Ma vie de courgette de Claude Barras.
35:24Marcel Jean, racontez-moi votre engouement
35:26pour le film J'ai perdu mon corps
35:28de Jérémy Clapin,
35:30sorti en 2019.
35:32Je ne l'ai pas vu.
35:33Racontez-moi un petit peu pourquoi.
35:34Pourquoi élevez-vous ce film ?
35:35Jérémy Clapin avec J'ai perdu mon corps
35:37nous raconte une histoire
35:38totalement improbable, en fait,
35:42de quelqu'un qui, par accident,
35:45perd sa main
35:46et se retrouve donc avec le corps,
35:52l'humain se retrouve à un endroit
35:54et la main, elle, dans un hôpital.
35:57et cette main, donc, va prendre vie
36:01et partir à la recherche de son corps.
36:04Et ce qui m'emporte dans ce film,
36:09c'est justement ce caractère improbable.
36:13C'est une histoire qui, au départ,
36:15on se dit, mais ça ne va pas le faire.
36:18C'est dans un livre, OK, on ne voit rien,
36:22mais dès qu'on le verra,
36:23ça ne tiendra pas la route.
36:25Et oui, ça tient la route.
36:26Et oui, on a peur pour cette main
36:28attaquée par des rats.
36:29Oui, mais ça, c'est incroyable.
36:31C'est une scène extraordinaire.
36:33Non, mais dans ce film de Jérémy Clapin,
36:35moi, il y a des scènes de thrillers,
36:37les scènes de thrillers
36:38les plus incroyables que j'ai vues.
36:39Non, mais avoir la trouille
36:40qu'une main s'est écrasée par un train
36:42ou que les rats la bouffent,
36:44mais on est à fond, quoi.
36:46C'est pire qu'Indiana Jones,
36:47on est à fond.
36:48Les cadrages sont cinématographiques.
36:49Moi, je m'en rappellerai toute ma vie
36:51de la main.
36:52Il y a une contre-plongée,
36:53la main, et en dessous, l'autoroute,
36:56et on a vraiment peur que la main tombe.
36:58Et il y a, à la fin,
37:00tout cet échange,
37:03par voix enregistrée,
37:06qui nous emporte,
37:07qui est extraordinairement émouvante,
37:09qui me ramenait, moi,
37:11à l'émotion ressentie.
37:13Je me souvenais de Boy Meets Girl
37:15de Léo Carax,
37:16alors qu'on avait ce dialogue
37:23par intercom, là.
37:24Oui, c'est ça, intercom.
37:25Et puis, il y a aussi une scène
37:27qui est très belle avec Alain Terphone,
37:29où il y a les deux personnages,
37:31la livraison de la pizza,
37:32il y a comme un début d'histoire d'amour,
37:34et d'ailleurs, ça contrebalance
37:35avec ce que vous racontez,
37:38mais moi, c'est une scène
37:38qui m'a beaucoup touché.
37:40Mais on aimerait vraiment
37:41que Jérémy Clapin,
37:41il recommence à faire des dessins animés.
37:43Ben, disons, vous m'avez vraiment
37:43donné envie de voir
37:45J'ai perdu mon corps
37:46de Jérémy Clapin.
37:47Une question dans le public.
37:49Bonjour, madame.
37:50Oui, bonjour.
37:51Bonjour.
37:51Je m'appelle Leïla.
37:52Ce n'est pas vraiment une question.
37:54Oui.
37:55C'est ce que vous racontez
37:56depuis tout à l'heure.
37:57Ça réveillit beaucoup de choses en moi,
37:58parce que moi, je suis d'Annecy.
38:01Et peut-être que vous...
38:02Je ne me souviens plus de votre nom,
38:03monsieur qui est le directeur.
38:05Vous allez pouvoir répondre
38:06à un de mes questionnements,
38:07parce que moi, quand j'étais petite,
38:09il y a bien longtemps,
38:11avec l'école,
38:12on allait au festival d'animation.
38:14Alors, ce n'était pas du tout comme ça.
38:16Il me semble,
38:17vous pourrez peut-être me dire,
38:19ce n'était pas à Bonlieu.
38:20Bonlieu n'existait pas.
38:22C'était sur le paquet.
38:23Il y avait, je crois, un truc.
38:25Et on allait là-bas,
38:26on voyait des films.
38:27C'était merveilleux.
38:28Et petit à petit,
38:29ça a pris de l'ampleur.
38:31Et puis aujourd'hui,
38:32c'est un truc énorme.
38:33On se retrouve dans les rues
38:34avec des gens qui parlent
38:36de toutes les langues.
38:36C'est magnifique.
38:38Beaucoup, beaucoup de monde
38:38pour nous, Anestien.
38:39Mais c'est vraiment très chouette.
38:41Voilà.
38:42Et cette année,
38:42il y aura 19 000 accréditations,
38:44c'est ça ?
38:45Oui, on doit frôler
38:46ou on va atteindre les 19 000.
38:48Oh mon Dieu.
38:48Et je voudrais juste rajouter
38:50une petite chose
38:50qui m'est remontée à l'esprit.
38:51C'est Fulgur au point.
38:53Fulgur au point.
38:54C'est l'une des armes de Goldorak.
38:57Voilà.
38:57Alors où ça se passait avant ?
39:00Alors ça se passait...
39:02Alors Jean-Claude...
39:03Jean-Pierre,
39:03non pas Jean-Pierre
39:04qui est juste derrière
39:05pourrait le raconter.
39:07Mais effectivement,
39:08il y avait le casino,
39:09je crois,
39:09qui était sur le paquet.
39:11Et c'est là où vous alliez.
39:12Merci.
39:25Laurent Vallière,
39:26racontez-nous votre émerveillement
39:28pour Kirikou
39:29et la sorcière de Michel Oslo
39:30sorti en 1998
39:32et qui a donc été présenté
39:33ce matin à l'inauguration
39:35de la Cité internationale
39:36du film d'animation
39:37ici à Annecy
39:38à des CP,
39:38à 300 CP.
39:40Pourquoi est-ce que vous,
39:41ça vous émerveille toujours ?
39:43Mais c'est un ovni ce film
39:44quand il est arrivé.
39:44D'ailleurs, je crois que Michel Oslo,
39:45il a du mal
39:46à convaincre les chaînes de télé
39:47et de ne pas faire
39:48un dessin animé
39:49très cartoon.
39:50Lui, il voulait vraiment...
39:51Moi, j'ai l'impression
39:51presque que c'est comme
39:52la ligne claire
39:53de Tintin.
39:54C'était un dessin animé
39:56très naturaliste
39:57avec un petit personnage
39:58tout nu noir,
39:59un conte africain.
40:00On n'avait jamais vu ça
40:01dans un long métrage
40:03d'animation.
40:04Et le film est sorti
40:05tout petit.
40:06Il n'y avait même pas
40:06de bande-annonce
40:07parce que le distributeur
40:07n'avait pas d'argent pour ça.
40:09Face à lui,
40:09il y avait Le Prince d'Égypte
40:10de Dreamworks
40:11et Mulan de Disney.
40:12Et le film a fait
40:131,6 million,
40:14100 000 entrées.
40:14Regardez, 26 ans plus tard,
40:16on en parle encore.
40:18Le rêve, moi,
40:19vous savez,
40:19Walt Disney a créé
40:21un studio avec un label
40:22parce que les parents
40:23ont besoin de labels
40:24pour être sûrs
40:25qu'ils peuvent emmener
40:25voir leurs enfants
40:26voir un film.
40:27Disney avait créé
40:28ce label.
40:29Et en fait,
40:30le rêve de tout le monde,
40:31c'est qu'il y aurait
40:31un label Kirikou
40:32qui fait que tous les films,
40:33les stampillés
40:34d'un studio Kirikou
40:35puissent permettre
40:36à tous les enfants
40:37d'aller voir des films
40:38réalisés en Europe
40:40qui soient de cette qualité-là.
40:42Mais malheureusement,
40:42ce n'est pas arrivé.
40:58Guimet Odissino,
40:59pourquoi est-il nécessaire
41:00de voir ou revoir
41:01Fantastique Mister Fox
41:03de Wes Anderson,
41:05un film sorti en 2009 ?
41:07Parce que c'est...
41:09Parce que je crois
41:10que c'est l'un des films
41:11d'animation les plus drôles.
41:13Bien sûr qu'on parle
41:14tout le temps
41:14de Monstres et Compagnie,
41:15on parle tout le temps
41:16de Shrek et tout,
41:17mais Fantastique Mister Fox,
41:19c'est d'une drôlerie folle.
41:20Il y a quand même
41:21la voix de Georges Clounet,
41:22le papa renard.
41:23Donc, regardez-le en VO.
41:27Et c'est surtout,
41:28là aussi,
41:28un grand film politique,
41:30social.
41:30C'est quand même
41:31l'histoire d'une famille renard
41:32qui lutte
41:33contre le grand capital.
41:35Voilà.
41:36Et c'est sautillant.
41:38C'est incroyable
41:39quand un...
41:41Marcel le disait tout à l'heure,
41:42quand un cinéaste
41:43qui vient des prises
41:44de vue réelles
41:45s'attaque à l'animation.
41:46Mais de toute façon,
41:47Wes Anderson,
41:47il a toujours adoré
41:49faire des films
41:49avec des gens
41:50dans des petites cases,
41:51dans des petits carrés,
41:52avec des petites décos,
41:53etc.
41:54C'est un miniaturiste.
41:56Donc,
41:57quand il s'attaque
41:57à l'animation,
41:59ça galope partout,
42:00ça rebondit.
42:01Il y a des plans-séquences
42:03absolument incroyables.
42:05La moindre botte de foin
42:07est un truc
42:08sur lequel
42:08il devient un trampoline.
42:10C'est d'une fantaisie.
42:12Et c'est vraiment...
42:12Alors,
42:12à regarder
42:13par toute la famille,
42:15souvent,
42:16on dit qu'évidemment,
42:17Pixar,
42:17ça peut se regarder
42:18à trois niveaux,
42:19les parents,
42:19les enfants,
42:20les grands-parents,
42:21mais les films
42:22d'animation
42:22d'Oss Anderson aussi,
42:24et sans que les références
42:25soient aussi marquées
42:26que chez Pixar.
42:27C'est-à-dire,
42:27en fait,
42:27c'est pour tout le monde,
42:29sans qu'il y ait
42:29les étiquettes
42:30dessus.
42:31C'est d'une intelligence
42:32rare, quoi.
42:33Marcel Jean ?
42:34Oui,
42:35ce qu'on voit
42:35chez Wes Anderson,
42:38c'est vraiment
42:38la manière
42:39dont son univers
42:41ne dépend pas
42:43de ses choix techniques.
42:45Absolument.
42:45Dans la mesure
42:46où c'est
42:46d'une même
42:47cohérence esthétique
42:48qu'il s'agisse
42:49de l'animation
42:50ou de la prise de vue réelle.
42:51Fantastique,
42:52Mr. Fox
42:52de Wes Anderson.
42:54Et une question
42:55de Bérénice,
42:56je crois,
42:57dans le public.
42:57Bonjour, Bérénice.
42:58Bonjour.
42:59Ce n'est pas vraiment
42:59une question,
43:00mais c'est juste
43:01pour partager
43:01mon expérience
43:03du cinéma
43:04d'animation.
43:05Donc moi,
43:05je suis à Nessienne
43:06et le premier film
43:07que j'ai vu au cinéma,
43:09je pense,
43:10est Shrek 2.
43:11Et après,
43:12ça a été
43:14une référence
43:14tout le long
43:15de ma vie
43:15que je regarde encore.
43:17Et aussi,
43:18le film qui m'a
43:18beaucoup marqué
43:19aussi,
43:20c'est
43:21Azure et Asmar.
43:22Ah oui.
43:24que j'ai vu
43:24à 5 ans
43:25au cinéma.
43:26Des Michel Oslo.
43:27Oui.
43:28Donc ça m'a bien
43:30impressionnée
43:30et j'ai eu la chance
43:31en plus de pouvoir
43:32le voir en ciné-concert.
43:33Donc c'était super.
43:34Merci beaucoup
43:35pour votre intervention
43:37et il est temps
43:38de retrouver
43:40notre sage philosophe
43:41Thibaut de Saint-Maurice
43:42et sa punchline philo.
43:44France Inter.
43:45Nietzsche.
43:46Allez.
43:46Rends bien vous face.
43:47L'homme qui a des remords
43:48est pareil au chien
43:49qui mord une pierre.
43:50Qu'est-ce qu'il dit ?
43:51Il dit que l'homme
43:52n'est pas toujours
43:52un loup pour l'homme.
43:54Ah bon ?
43:54Si.
43:55Si.
43:55Alors mon cher Thibaut
43:57de Saint-Maurice
43:57nous sommes donc
43:58à la veille
43:58de l'ouverture
44:00du festival du film
44:01d'animation
44:01et vous avez choisi
44:02une punchline
44:03de Nietzsche.
44:04Nous avons l'art
44:05pour ne pas mourir
44:07de la vérité.
44:07Nous avons l'art
44:08pour ne pas mourir
44:09de la vérité.
44:10Mais oui elle dit
44:11c'est une formule
44:11un peu étrange
44:12et vous avez raison
44:13de la répéter
44:13parce que avant
44:14de parler de l'art
44:14et par exemple
44:16de l'art de l'animation
44:17elle dit une première chose
44:19on pourrait mourir
44:20de la vérité.
44:21Alors vous comme moi
44:22je pense on nous a pourtant
44:23appris l'inverse
44:24depuis l'école
44:25les parents etc.
44:27La vérité c'est plutôt
44:28ce qui pourrait nous sauver
44:29c'est ce qui éclaire
44:30c'est ce qui nous rend libre
44:31on nous a dit
44:32qu'il fallait la chercher
44:33la regarder en face
44:35ne jamais s'en détourner
44:36et voilà
44:37que Nietzsche nous prévient
44:38à trop la regarder en face
44:40justement
44:40on risque d'en mourir.
44:43Alors de quelle vérité
44:44parle-t-il ?
44:44Alors pas de l'erreur
44:45dans un calcul
44:46ou de la date d'une bataille
44:472 plus 2 égale 4
44:48ou Marignan 1515
44:49n'ont jamais tué personne
44:51enfin à Marignan
44:52il y a eu des morts
44:52sur une bataille
44:53sinon le fait de le savoir
44:54ça n'a jamais tué personne
44:55il parle d'une vérité
44:57plus existentielle
44:58la vérité que l'on découvre
45:00dès que l'on sort
45:00de l'enfance
45:01que la vie est toute fragile
45:02que l'on va tous mourir
45:04et que cela peut même arriver
45:05à tout moment
45:06et que le monde tourne
45:07le plus souvent
45:08sans nous demander
45:08notre avis
45:09et que nous n'y pouvons rien
45:11et puis que le sens de nos vies
45:13on passe plus de temps
45:14à le chercher
45:14qu'à en profiter
45:15voilà
45:16toutes ces vérités là
45:17elles sont en fait
45:18de grandes désillusions
45:19et si on n'a rien
45:21pour nous en sauver
45:22alors elles finiront
45:23par tuer en nous
45:25la puissance de la vie
45:26et donc l'art
45:27pourrait nous sauver
45:28oui parce que
45:29de ce point de vue
45:30l'art qui raconte
45:31de belles histoires
45:31et qui crée
45:32de belles images
45:33prend ce qu'il y a
45:34de plus dur
45:35à accepter dans la vie
45:36et lui donne une forme
45:37que l'on peut enfin
45:38regarder en face
45:40la douleur d'un deuil
45:42dans une chanson
45:42la peur dans un conte
45:44la mort elle-même
45:44dans un tableau
45:45l'art en fait
45:46ne supprime pas
45:47la vérité
45:48il la rend
45:49regardable
45:50habitable
45:51il transforme
45:52ce qui nous tuerait
45:53en quelque chose
45:54que l'on peut traverser
45:55et puis l'art de l'animation
45:56au cinéma
45:57particulièrement
45:58s'inscrit dans cette perspective
45:59en faisant le choix
46:01de l'animation
46:02par rapport à la prise
46:03de vue réelle
46:03ce cinéma d'animation
46:05il redouble
46:06sa critique du réel
46:07il nous sauve
46:08deux fois
46:08la première
46:09parce qu'il nous raconte
46:10une histoire
46:10et la seconde
46:11parce qu'il prend soin
46:12de l'inscrire
46:13dans une esthétique
46:14qui réveille la vie
46:15en nous
46:16au lieu de risquer
46:16de la faire mourir
46:17la puissance du dessin
46:19la richesse d'un imaginaire
46:20la précision des mouvements
46:21tout ce qu'on s'est dit
46:22ce matin
46:22et toutes ces qualités
46:23révèlent le supplément
46:25d'âme
46:26des univers
46:26et des personnes
46:27dans l'animation
46:28il y a animus
46:29et l'animus
46:30évidemment c'est l'âme
46:31voilà
46:31le dessin
46:32n'édulcore pas le réel
46:34il nous prête des yeux
46:35pour le supporter
46:36et l'animation
46:37redonne donc
46:38de la puissance
46:39à la vie
46:39voilà pourquoi
46:40cette phrase
46:41nous avons l'art
46:42pour ne pas mourir
46:43de la vérité
46:43n'est pas triste
46:44elle dit que
46:45nous ne sommes pas
46:46condamnés à choisir
46:47entre nous mentir
46:48et nous effondrer
46:49il y a une troisième voie
46:51et cette troisième voie
46:52c'est l'art
46:53pendant une semaine
46:54ici à Annecy
46:55la ville va se remplir
46:56de mondes dessinés
46:57de monstres
46:57et de personnages ordinaires
46:59de héros minuscules
47:00et de bêtes immenses
47:02elle va se remplir
47:03d'univers animés
47:04qui viendront nous ouvrir
47:05les yeux sur le nôtre
47:06sur ses écrans
47:08vont passer ainsi
47:09des rêves d'enfants
47:09des peurs d'adultes
47:10mais nous pourrons
47:11enfin les regarder
47:12parce que quelqu'un
47:13a pris la peine
47:14de les animer
47:15c'est ça
47:16vivre avec la vérité
47:18plutôt que d'en mourir
47:19alors si vous êtes
47:20parfois tenté
47:21de fermer les yeux
47:22pour ne plus voir
47:23cette triste réalité
47:24vous pourrez toujours
47:26compter sur l'art en général
47:27et sur le cinéma
47:28d'animation en particulier
47:29pour vous permettre
47:30de garder
47:31les yeux ouverts
47:32et de réanimer
47:33en vous
47:34la joie d'être vivant
47:35parce que
47:36l'imagination
47:37ne nous éloigne pas
47:38du réel
47:38au contraire
47:39elle nous apprend
47:40à le vivre
47:40j'aime beaucoup
47:41le visage
47:42de Marcel Jean
47:43très pénétré
47:45devant la chronique
47:46philo
47:47de Thibaut de Saint-Maurice
47:48guillemette en un mot
47:49grâce à Thibaut de Saint-Maurice
47:51je viens de m'apercevoir
47:52qu'en fait
47:52Nietzsche
47:53a co-écrit
47:55le scénario
47:56du roi lion
47:57et de Bambi
47:58on a cette année
48:00pour la première fois
48:01à Annecy
48:02programmé
48:03une séance
48:04qui s'appelle
48:05les petits frissons
48:06et c'est du cinéma
48:07d'horreur
48:08mais pour enfants
48:09et on va très exactement
48:11dans ce que vous dites
48:12dans la mesure où
48:13on les aide là
48:15à affronter
48:16ce qu'ils ne
48:18cèdent pas
48:18merci beaucoup
48:20aux amis du vendredi
48:21Thibaut
48:22et guillemette
48:22et merci au formidable
48:23public
48:24du centre
48:25Bonlieu
48:27à Annecy
48:28merci
48:29Laurent Vallière
48:30on attend avec impatience
48:32la nouvelle édition
48:33de votre livre
48:34cinéma d'animation
48:35la Friend Touch
48:36aux éditions La Martinière
48:37merci Marcel Jean
48:38et Mickaël
48:39Marin
48:40la cité internationale
48:42du film d'animation
48:42est inaugurée aujourd'hui
48:44elle est ouverte
48:45toute l'année
48:45si vous passez par Annecy
48:46et le festival international
48:48du film
48:48commence dimanche
48:50jusqu'au 27 juin
48:51merci aux équipes
48:52de Radio France
48:53merci à Patrick
48:54Muller
48:54Sandrine Malon
48:56et Benjamin Thuot
48:57merci à Sandrine Bréchot
48:58à toutes les équipes
48:59merci à Valentine
49:00Guédiguian
49:01et à Gaëlle Michel
49:02des partenariats
49:02France Inter
49:03merci à Joseph Ascal
49:04Anna Massardier
49:05et Cyrine Benyounès
49:06à France Inter
49:06qui m'ont aidé
49:07à préparer cette émission
49:08tout au long de la semaine
49:09merci à Claire Destacan
49:10notre réalisatrice
49:11et Maria Pasquet
49:13pour la réalisation
49:14merci à Valentine
49:15Cheux-de-Bois
49:16pour la programmation musicale
49:17demain
49:18je vous attends
49:19à 9h30
49:19sur France 2
49:20dans Bel et Bien
49:20en compagnie
49:21d'Agathe Le Caron
49:22et lundi
49:23dans Grand Main Vous Fasse
49:23on s'intéresse au bienfait
49:24de la spiritualité
49:26prouvée par la science
49:27de la façon
49:27Politique
49:27Sous-titrage Société Radio-Canada
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