- il y a 27 minutes
Avec Guénaëlle Gault, directrice générale de l’Observatoire Société et Consommation et enseignante, et Jean Viard, sociologue et directeur de recherches CNRS au Centre de recherches politiques de Sciences Po Paris, pour leur essai : "Le livre des vacances... et ce qu'elles disent de nous" (l'Aube).
Retrouvez « L'invité de 8h20 » sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien
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00:00Un grand entretien ce matin pour ouvrir le livre des vacances.
00:04C'est le titre d'une enquête passionnante qui vient de paraître,
00:07réalisée par la fondation Utopia en partenariat avec l'Observatoire Société et Consommation.
00:144000 français interrogés représentatifs de la population,
00:18plus de 100 questions pour comprendre ce que les vacances disent de nous
00:22et en quoi elles sont un fait social total.
00:26Et pour en parler ce matin, nous recevons leurs auteurs.
00:30Bonjour Ghena Elgo.
00:31Bonjour Ali.
00:32Et bienvenue, vous êtes directrice générale de l'Observatoire Société et Consommation,
00:37chargée d'enseignement à Paris, spécialiste des modes et de l'analyse des modes de vie et du changement social
00:42et en duplex Jean Viard. Bonjour.
00:46Bonjour Ali.
00:47L'un de nos grands sociologues, directeur associé au Cévis-Pof,
00:50vous présidez ce tout premier observatoire des vacances des Français.
00:54questions, réactions, chers auditeurs,
00:57toutes les questions que vous vous posez au sujet de ces vacances
01:00et de notre rapport aux vacances au 01 45 24 7000
01:05ou l'application Radio France.
01:07Les vacances sont un miroir de la société
01:10et pourtant elles ont rarement été analysées comme telles, Jean Viard ?
01:15Oui, c'est très curieux parce que c'est à la fois un miroir de la société,
01:18c'est presque 10% du PIB,
01:21donc c'est important à différents points de vue.
01:22On reçoit 100 millions d'étrangers, on est 72% à partir en vacances régulièrement,
01:27puis c'est une autre partie qui partit régulièrement.
01:30Donc je veux dire, c'est vraiment un événement majeur, social total,
01:33comme dirait les sociologues.
01:35Oui.
01:35Et au fond, il n'y a quasiment pas de somme de recherche,
01:37il y a dans les universités un peu de travail.
01:40C'était extrêmement curieux.
01:41Il y a beaucoup plus de chercheurs sur l'agriculture ou sur les banlieues
01:44qui sont des sujets importants, attendez, mais qui n'ont pas l'importance sociale.
01:48Donc c'est pour ça d'ailleurs que j'ai voulu, à un moment où je cherchais quelqu'un
01:51qui pourrait porter un observatoire.
01:53Je trouve que le groupe Utopia l'a proposé, c'était vraiment très bien.
01:56Iguana Elgo m'a fait le boulot, avec moi, elle m'a fait l'essentiel du boulot.
02:00Et donc si vous voulez, c'est bien parce qu'il faut se rendre compte
02:02à quel point ça change nos modes de vie, ça change nos rapports à travail, à la nature,
02:07même à nos vies privées, parce que les vacances c'est le grand moment des amours, etc.
02:10Donc je trouve que c'est tout ça qu'il faut essayer de rendre compte
02:13dans le moment qui est le grand moment de l'année pour beaucoup de Français.
02:16Et on va rentrer dans le détail de cette enquête.
02:19Iguana Elgo, puisque vous avez fait l'essentiel du travail,
02:21vous avez posé plus de 100 questions à 4000 Français.
02:25Pourquoi les Français tiennent-ils tant à leurs vacances ?
02:27Comment les préparent-ils ? Où vont-ils ?
02:29Pourquoi certains reviennent-ils toujours sur les mêmes lieux ?
02:33Pour en citer quelques-unes de ces questions,
02:35qu'est-ce qui vous a le plus surpris en enquêtant ?
02:38Ce qui m'a le plus surpris, c'est effectivement ce que disait Jean.
02:41C'est-à-dire d'abord que c'était un sujet qui n'était pas très pris au sérieux.
02:45Et que quand on a fait justement cet observatoire
02:47et quand on a écrit ce livre avec Jean,
02:49on s'est aperçu qu'au contraire, c'était un sujet qui était extrêmement sérieux.
02:54C'est-à-dire, comme le disait Jean, c'est un fait social total.
02:57C'est-à-dire que ça dit beaucoup économiquement, démographiquement, sociologiquement
03:01et même psychologiquement des Français.
03:04Et notamment parce qu'on a procédé avec justement cette vaste enquête
03:09avec la Fondation Utopia à des analyses statistiques un peu secondaires
03:13où on voit que toutes choses égales par ailleurs.
03:14C'est-à-dire, quel que soit votre revenu, quel que soit votre métier,
03:17et bien plus vous vous investissez dans les vacances,
03:20plus vous les préparez, plus vous en parlez, etc.
03:22Plus vous partez, et bien plus vous êtes heureux.
03:27Et ça, c'est extrêmement important.
03:28C'est-à-dire, plus vous êtes heureux, plus vous êtes satisfait de votre vie,
03:31plus vous vous sentez reconnu.
03:32Oui, la question du bonheur est fascinante.
03:33On pourrait dire qu'on le trouve au travail.
03:35Mais en fait, non, on le trouve plutôt dans les vacances, à en croire les Français.
03:397 Français sur 10 sont partis en vacances en 2025.
03:427 sur 10 prévoient de partir cet été-ci.
03:4686% des Français jugent les vacances importantes.
03:49Et 60% les considèrent comme très importantes,
03:52voire la période la plus importante de l'année.
03:54C'est quasiment une institution, Guénard Elgaud.
03:56Oui, c'est ça.
03:57Ce qui était au départ, il y a 90 ans, un projet de loi
04:01est rentré complètement dans le quotidien des Français.
04:04Et je pense que c'est au-delà de ça.
04:06Et si on monte un peu en généralité...
04:07Mais c'est une exception française, ça ?
04:08Alors, la place que ça prend est un peu une exception française.
04:12Et ce que je trouve intéressant, c'est que, si vous voulez,
04:15depuis le XXe siècle, on mesure souvent la réussite à ce que l'on possède.
04:20C'est-à-dire à ce que l'on accumule.
04:22Plus de revenus, plus d'objets, plus de confort, plus d'accumulation, en fait.
04:28Et donc, c'est assez normal dans une société un peu économiciste,
04:31un peu productiviste, où l'avoir est toujours un peu l'horizon.
04:35Et ce qui se joue là, en fait, et ce qu'on voit de plus en plus,
04:38c'est qu'il y a quelque chose qui se déplace en profondeur dans nos vies,
04:40et que beaucoup recherchent désormais plutôt des expériences,
04:45plutôt du lien, plutôt des moments à vivre,
04:48y compris dans le travail d'ailleurs.
04:49Du coup, il y a la question du sens.
04:51Et on est en train de passer un peu, alors progressivement,
04:55d'une société de l'avoir à une société de l'être.
04:57Et les vacances, c'est un laboratoire de ça qui est très intéressant.
04:59Alors, 1936, juin 1936, juin 2026, janvier,
05:05vous revenez sur ce livre, sur les congés payés,
05:08et vous appelez ça un malentendu magnifique.
05:11J'adore l'expression, parce que quand on pense aux congés payés,
05:14on pense à cette conquête du Front populaire,
05:17et pourtant, ce n'était pas du tout le point de départ des revendications.
05:21Non, pas vraiment.
05:22Alors moi, ça fait 50 ans que je travaille sur ce sujet.
05:24J'avais fait ma thèse auprès d'Edgar Morin là-dessus,
05:26donc il y a bien 50 ans.
05:28En fait, si vous voulez, il y a une histoire de l'invention des temps.
05:31Le temps, c'est une construction.
05:33Il y a des sociétés qui ont d'abord construit du temps dans la religion,
05:36plein de sociétés qui fonctionnent encore dans le temps religieux.
05:38Puis après, après la Révolution française,
05:40le temps s'est construit dans le travail.
05:42On pourrait dire « time is money » pour faire moderne.
05:44Et puis, petit à petit, à cette époque-là,
05:47il y a les anciennes aristocraties,
05:48qui au fond vont découvrir, on va les appeler les rentiers,
05:51qui vont voyager, créer les stations,
05:53découvrir le voyage, etc.,
05:54et créer les guides touristiques,
05:57construire les corniches au-dessus de Nice.
05:58Enfin, petit à petit, on construit un monde pour ces élites-là.
06:01Et puis, il y a la guerre de 14-18.
06:04On invente l'alternance parce qu'il y a des permissions.
06:06Tout le monde est soldat.
06:07Alors, il y en a qui sont devant, il y en a qui sont derrière, sans doute.
06:09Mais enfin, tout le monde a l'uniforme.
06:11Les hommes.
06:11Voilà, les hommes.
06:12On invente les permissions.
06:13Les hommes vont voir les femmes, etc.
06:15Et puis, après, petit à petit,
06:17les anciens militaires vont prendre le pouvoir partout,
06:20en Russie,
06:21ils sont fascistes ou communistes,
06:23mais enfin, c'est des sous-officiers en général.
06:25Et au fond, ils vont garder cette idée du temps alternant.
06:28Et la France va d'abord le voter en 1925,
06:30au moment du cartel des gauches.
06:32La gauche est beaucoup plus à lente.
06:33La gauche, surtout la gauche radicale,
06:35si vous voyez des gens comme Léon Blum,
06:37Jean Zell, etc.
06:38C'est-à-dire, en gros, des avocats, on va dire bourgeois,
06:41de gauche,
06:42qui avaient eux-mêmes,
06:43ils partaient déjà en vacances, dans leur milieu,
06:45et ils trouvaient ça tellement fantastique
06:47qu'ils voulaient que le peuple en profite.
06:48Mais le peuple, lui,
06:49il voulait surtout la semaine de 40 heures,
06:51et puis les conventions collectives,
06:53parce que l'idée d'avoir 15 jours où il n'y a rien à faire,
06:55c'est difficile à penser, si vous voulez.
06:57Mais alors, expliquez-nous pourquoi c'est un malentendu ?
06:59Il y a 90 ans, c'était les accords de Matignon,
07:02les congés payés,
07:03deux semaines de congés payés pour les salariés.
07:05Pourquoi ?
07:06C'était d'abord pour casser les grèves ?
07:09Oui, parce qu'en réalité,
07:10ce n'était pas vraiment dans le programme de 36,
07:12il y en a qui n'en voulaient pas,
07:13on ne va pas en parler ce matin,
07:14ce n'est pas vraiment le sujet.
07:16Et à un moment, il a fallu arrêter les grèves,
07:18parce que non, pas seulement les grèves,
07:19les ouvriers occupaient les usines.
07:22Donc, il y a eu un consensus,
07:23et toute la Chambre, y compris la droite,
07:25a voté pour les congés payés.
07:27Il y a eu une voix d'opposition,
07:28avec l'idée que si on donnait les vacances le 1er août,
07:31les gens allaient partir avec leur bicyclette et tout.
07:34Et à l'époque, on appelait ça la semaine des 7 dimanches,
07:37pour que ça rentre, je dirais, dans la tête.
07:38C'était 7 fois de suite un dimanche,
07:40ce n'était pas une période de 15 jours,
07:42mentalement, vous voyez ce que je veux dire ?
07:44Et effectivement, c'est un malentendu,
07:46parce qu'au fond, ça a été fait pour arrêter les occupations d'usines,
07:48par certains, il y en a qui étaient pour les vacances,
07:50bien sûr, notamment à gauche,
07:51mais ceux à droite, évidemment, étaient contre,
07:53ils avaient été contre,
07:54au moment du cartel des gauches.
07:55D'ailleurs, si vous reprenez la lune du Figaro,
07:58cette semaine-là,
07:59c'est des ouvriers qui saucissonnent comme des cochons
08:01sur la place de Nice,
08:02en laissant les papiers, machin et tout.
08:04Donc, vraiment, le peuple arrive,
08:06et ça va être monstrueux.
08:07Et puis voilà, c'est ça qui est important.
08:09Et puis se dire que ça,
08:10ça s'est construit.
08:11Après, bon, il y a Fichy, évidemment,
08:12a suspendu,
08:13mais c'est reparti en 1945.
08:15Mais à l'époque,
08:15on les donne aussi en Australie,
08:17ils sont déjà en Allemagne,
08:18Hitler les a donnés,
08:19c'est à l'inocie, etc.
08:20C'est-à-dire,
08:20c'est un phénomène de toutes ces sociétés européennes,
08:23surtout l'Europe de l'Ouest,
08:24il faut bien le dire,
08:24encore aujourd'hui.
08:25Et donc, après,
08:26effectivement,
08:27vous avez la progression après-guerre,
08:29avec les mouvements catholiques,
08:30les comités d'entreprise ont joué un rôle énorme,
08:32les colonies de vacances, etc.
08:34Et on va apprendre à partir.
08:35Oui, mais qu'est-ce qu'on fait ?
08:37Oui, justement,
08:38qu'est-ce qu'on fait de ce temps vide,
08:40de ce temps libre ?
08:41Mais d'abord, par exemple,
08:43à Strasbourg,
08:44nos amis ont très chaud aujourd'hui,
08:45mais à l'époque,
08:46ils sont sortis de Strasbourg
08:47avec l'évêque devant
08:48et les camarades syndicalistes.
08:51Ils sont montés jusqu'à la Chlourde,
08:52qui est le col en haut sur les Vosges,
08:54à plusieurs milliers,
08:56parce qu'il fallait un projet.
08:57Et donc,
08:58comme on avait peur que les gens paniquent,
08:59il y a eu des tas d'endroits
09:00où aussi bien les églises
09:02que les politiques ou les syndicalistes
09:04ont organisé des grandes manifestations,
09:06si vous voulez,
09:06pour donner du sens à ce temps.
09:08C'est cette invention du sens
09:10qui est fantastique,
09:11parce qu'on s'est approprié le temps.
09:13C'est la première fois
09:14qu'on a un temps libre.
09:15Partir en vacances,
09:16ça veut dire partir dans le vide.
09:18de vacances et un lieu vacant.
09:19Le mot « vacances »,
09:20c'est quand les tribunaux étaient fermés,
09:21on disait que les tribunaux sont vacants.
09:22Le siège est vacant, oui.
09:24Alors justement,
09:24vous avez une très belle phrase,
09:26Jean Viard,
09:26« Le travail nous dit
09:27ce que nous devons faire,
09:28les vacances disent
09:30ce que nous voulons être ».
09:31Question de Johanna Guenaelgo
09:33sur l'appli de Radio France.
09:35Elle demande
09:36si les gens qui partent
09:37plus en vacances
09:38sont plus heureux.
09:39Et c'est effectivement
09:40une question
09:41qui est revenue régulièrement
09:42dans cette enquête.
09:44Alors oui,
09:45déjà ce qu'il faut dire aussi,
09:47c'est que dans l'enquête
09:49comme dans le livre,
09:50on parle des vacances
09:51et on ne parle pas
09:51que du tourisme.
09:52C'est-à-dire,
09:53les vacances,
09:54ce n'est pas forcément partir.
09:56Et donc ça,
09:56c'est une première chose.
09:57Mais comme le dit Johanna,
09:59en effet,
10:00ce qu'on a voulu voir,
10:01c'est que plus on s'investissait
10:01dans ces vacances
10:02et en général des vacances
10:03où l'on part,
10:04plus on est heureux.
10:05Et effectivement,
10:06c'est ce qu'on a pu mesurer
10:07comme je vous le disais tout à l'heure,
10:08c'est-à-dire
10:09indépendamment
10:09de sa situation socio-économique.
10:12Et ça,
10:12c'est un vrai enseignement
10:13de l'enquête.
10:14Parce que ça dit beaucoup.
10:15Et même 8 Français sur 10
10:16sont prêts à faire des sacrifices
10:17pour s'offrir les vacances
10:19dont ils rêvent,
10:21quitte à réduire
10:21leurs loisirs au quotidien,
10:22quitte à moins aller au restaurant,
10:24quitte à...
10:24Enfin bref,
10:25à ressentir une pression sociale
10:27pour réussir ces vacances.
10:29Exactement.
10:29Alors là,
10:30il y a deux choses effectivement.
10:31C'est-à-dire que les vacances,
10:32c'est ce qu'on va sacrifier en dernier
10:33ou c'est ce qu'on va choisir en premier.
10:35Vous savez,
10:35on pose souvent la question
10:36à l'Obsoco,
10:36si on vous donnait
10:38une somme d'argent
10:39qui correspond
10:40à un mois de votre salaire,
10:42qu'est-ce que vous en feriez ?
10:43Et bien voilà,
10:44comme ça,
10:44ça tombe tout de suite.
10:45La première des choses,
10:47on voit,
10:47c'est l'épargne,
10:48mais la seconde,
10:49en fait,
10:49la deuxième,
10:50ce sont les vacances.
10:51En fait,
10:51bien avant,
10:52toute autre dépense,
10:54tout autre achat.
10:54Et donc,
10:55on voit l'importance
10:56en fait de ces vacances.
10:57Et après,
10:58oui,
10:58c'est vrai,
10:58il y a une forme de pression.
11:00Comme c'est devenu
11:01très important,
11:03et bien c'est devenu
11:03aussi très important
11:04dans une société
11:05qui est quand même
11:05une société de la performance,
11:07les vacances n'ont pas échappé à ça.
11:08C'est-à-dire qu'il faut aussi
11:09être performant
11:10sur ces vacances.
11:11Il faut réussir,
11:11je le disais,
11:12ces vacances.
11:13Il faut les réussir, oui.
11:13Parce que quelles vacances,
11:15quand on parle
11:15de vacances des Français,
11:17Jean Viard,
11:17une large majorité,
11:19alors en France d'abord.
11:21En France,
11:22c'est surtout vers la mer.
11:23Oui,
11:24l'été,
11:24c'est surtout vers la mer.
11:25Et puis c'est en famille.
11:26Vous savez,
11:26les vacances,
11:27c'est cool.
11:27C'est en voiture.
11:27Ce qu'on veut,
11:28c'est être en famille,
11:29être dans la nature,
11:31mener une vie
11:31assez paisible,
11:32ce n'est pas une activité
11:33débordante,
11:34les vacances.
11:35Il faut bien se dire ça.
11:36Et après,
11:37un Marseillais va très rarement
11:38en Bretagne,
11:39un Bordelais a plutôt tendance
11:41à descendre vers le sud,
11:42etc.
11:42C'est-à-dire,
11:43en réalité,
11:43on fait 5 ou 6 heures
11:44de voiture
11:45à partir de chez soi,
11:46un peu plus
11:47si on est belge ou autre,
11:48parce qu'évidemment,
11:48il faut arriver.
11:49On va vers la mer,
11:50on va vers le sud.
11:51C'est vrai,
11:51pareil,
11:51en Chine et aux Etats-Unis.
11:52Mais vous avez dressé
11:53un portrait robot
11:54du vacancier français,
11:55Jean-Pierre.
11:56Il y a plusieurs profils.
11:58Parmi les partants,
11:59quels sont-ils ?
12:00Il y a les décélérateurs.
12:02Décrévez-vous.
12:02Demandez à Guénaëlle,
12:03celle-ci.
12:03Alors Guénaëlle,
12:04les décélérateurs.
12:05Alors il y a ceux
12:06qui, effectivement,
12:07sont plutôt dans une période
12:10de leur vie.
12:11Ils ont des enfants,
12:12ils travaillent
12:12et eux,
12:13ils aspirent aux vacances
12:13surtout pour déconnecter
12:15et ralentir.
12:17Ce sont les plus nombreux.
12:18Voilà, exactement.
12:19Il y a les explorateurs.
12:20Alors les explorateurs,
12:21eux,
12:21vont vouloir profiter
12:23justement des vacances
12:23pour au contraire
12:24découvrir autre chose.
12:25D'ailleurs,
12:25ce sont les trois motivations
12:27principales des vacances.
12:28C'est déconnecter,
12:30découvrir,
12:31explorer
12:32et puis se reconnecter
12:33aux autres,
12:33en fait,
12:34être avec les autres.
12:35Découvrir,
12:35ce sont les plus aisés.
12:36Il y a les prudents.
12:38Les prudents qui sont-ils ?
12:40Les prudents,
12:40alors justement,
12:40c'est intéressant
12:41parce qu'on a développé
12:43aussi la notion
12:43de capital vacancier
12:45qui est assez intéressante.
12:47Comme on parle
12:48de capital culturel,
12:49de capital symbolique
12:50ou de capital financier.
12:51Vous vous souvenez
12:52de Bourdieu
12:53qui parlait
12:54du capital social,
12:56du capital symbolique
12:58ou du capital culturel.
13:00Et le capital
13:01est de Jacques Lévy
13:02qui a ajouté
13:03la notion
13:03de capital spatial.
13:05Il y a un capital vacancier.
13:07Il y a un capital vacancier,
13:08c'est-à-dire l'ensemble
13:08de ces ressources
13:09qui ne vont pas être
13:10également réparties
13:11et qui vont en fait
13:14dire comment les gens partent
13:15ou profitent de leurs vacances
13:18et en font une expérience riche.
13:19Et là,
13:20on retrouve en fait
13:20des pratiques,
13:23c'est-à-dire être capable
13:23de partir en vacances,
13:25savoir comment choisir,
13:27être autonome en vacances,
13:29des dimensions symboliques
13:31sur quel lieu
13:32il faut partir en vacances,
13:33quel hébergement
13:34nous correspond le mieux,
13:35relationnel,
13:36c'est-à-dire qu'on dit souvent,
13:38on parle beaucoup du tourisme
13:39et du côté économique
13:42mais énormément de Français
13:44partent en vacances
13:45chez leurs proches,
13:46par exemple.
13:47Et puis il y a les routiniers
13:49d'ailleurs parmi les profils
13:50des vacanciers,
13:50ceux qui retournent
13:52par fidélité familiale
13:54par exemple,
13:55au même endroit,
13:56génération après génération,
13:57année après année.
13:58Et les prudents,
13:59c'était ceux qui ont appris
13:59à partir que dans le capital vacancier
14:01en fait est assez récent.
14:02Et les routiniers,
14:03c'est ceux qui font
14:04en fait de leurs vacances
14:05un lieu où la temporalité
14:07retrouve une temporalité,
14:09retrouve des lieux
14:09et retrouve leurs amis.
14:12Figurez-vous qu'il y a 16%
14:13des Français
14:13qui ont des amis
14:14de vacances seulement.
14:16C'est-à-dire qu'ils ne les voient
14:16que...
14:16Ah, des familles de vacances !
14:17C'est joli comme expression.
14:19Oui, voilà.
14:20Jean Viard,
14:20les vacances ça se transmet
14:22quasiment comme une forme
14:23d'héritage ?
14:24Oui, c'est ça
14:25qui est important à dire.
14:26On voit très bien
14:26dans cette étude
14:28que plus les gens appartiennent
14:29à des milieux aisés,
14:30plus donc ils sont partis
14:31en vacances tôt
14:31puisque la démocratisation
14:32en gros ça se passe
14:33depuis la dernière guerre.
14:34Et donc quasiment
14:35une génération d'écart, quoi.
14:37Et à dire,
14:37les bourgeois,
14:37ils sont même déjà
14:38partis en vacances
14:39avant la guerre de 40.
14:40Donc ceux-là,
14:41on voit bien
14:42Saint-Tropez et tout ça.
14:43Et donc on voit là
14:44et ça fait deux ou trois générations
14:45qu'on part en vacances.
14:46Puis après,
14:46les autres,
14:47ils rentrent dans le jeu.
14:47C'est-à-dire en fait,
14:48on part avec ses parents
14:49la plupart du temps.
14:51Et la grande question
14:52qu'on a aujourd'hui,
14:53si je peux dire,
14:53c'est le départ des jeunes.
14:55Notamment des jeunes
14:55de milieu populaire.
14:56Parce qu'avant,
14:57il y avait 4 millions
14:58de jeunes qui partaient en colo.
14:59Il n'y en a plus qu'un million
15:00pour des tas de raisons.
15:01Parce qu'on n'a plus envie
15:02de se mélanger,
15:03parce qu'on a peur
15:03de la pédophilie,
15:04que ce soit chez les curés
15:05ou chez les autres, etc.
15:06Donc les jeunes,
15:07notamment les jeunes
15:08de milieu populaire,
15:09dont les parents ne partaient pas,
15:10les immigrés,
15:11alors ils arrivent en France,
15:12évidemment,
15:12ils ne sont jamais partis en vacances.
15:14Leurs enfants n'ont pas appris
15:15à partir.
15:16Or là,
15:16le travail d'éducation
15:17ne se fait plus.
15:18L'école ne le fait pas.
15:19Il y a encore des écoles
15:20qui font des classes vertes,
15:22etc.
15:22Mais il n'y en a plus beaucoup.
15:23Il y a encore des écoles
15:24qui font des voyages
15:25à l'étranger.
15:25Donc si vous voulez,
15:26c'est important de se dire ça.
15:27Moi souvent,
15:28quand je regarde les jeunes
15:29qui font les cons,
15:29excusez-moi,
15:30après les matchs de foot,
15:31je me dis combien d'entre eux
15:32vont partir en vacances
15:33cette été.
15:34Je pense que c'est une vraie question.
15:35Il faut qu'on reprenne en main
15:36la question,
15:37apprendre à partir
15:38aux jeunes de milieu populaire.
15:39Avec une question,
15:40c'est que les vacances
15:41ce n'est pas qu'une question
15:42d'argent.
15:43Il faut le dire,
15:43parce que là,
15:43quand on nous écoute,
15:44on va dire,
15:45oui, ils sont bien ces bobos-là.
15:46Donc pas que.
15:53de partir,
15:54j'allais dire,
15:54à pied,
15:54en vélo,
15:55en train.
15:56Il y a moyen de dormir dehors.
15:57Les vacances,
15:58ce n'est pas uniquement du fric,
15:59surtout quand on est jeune.
16:00C'est une appétence
16:01à la découverte.
16:02Bien sûr,
16:03mais il faut penser
16:03à ceux qui ne peuvent pas partir.
16:06Ils étaient 30%
16:07à ne pas prendre de vacances
16:08en 2025.
16:10Et parmi ces 30%,
16:12il y a la moitié
16:13qui a choisi
16:14de ne pas partir,
16:15l'autre moitié
16:16qui l'a subie.
16:18Et puis,
16:19il y a ceux
16:19qui ne sont jamais partis
16:20de leur vie.
16:21On peut mesurer
16:22à peu près
16:23leur nombre.
16:23Oui,
16:24alors ce qu'on a vu,
16:25c'est qu'effectivement,
16:26il y a un Français sur 10
16:27qui n'est pas parti
16:27depuis 5 ans.
16:29Un Français sur 10,
16:30ça veut dire 4,6 millions.
16:32C'est à peu près ça.
16:34Et c'est très diversement réparti.
16:36Pour le coup,
16:36on voit que
16:38les familles les plus aisées
16:39partent évidemment
16:41davantage
16:41que les plus modestes.
16:429 sur 10,
16:43les plus aisées,
16:43un peu plus de la moitié
16:44des plus modestes.
16:44On voit aussi
16:45que les familles monoparentales,
16:46un tiers des familles monoparentales
16:48ne partent pas,
16:49contrairement aux familles
16:49qui sont...
16:50Oui,
16:50un tiers des familles monoparentales
16:51qui sont souvent
16:52d'ailleurs des femmes
16:53à 85%.
16:55Et puis en effet,
16:57on a ce million de Français
16:58qui n'est jamais
16:59parti en vacances.
17:00Ce qui me semble aussi important,
17:02sur quoi il me semble important
17:03de revenir,
17:04parce qu'on parle beaucoup
17:04des bénéfices individuels,
17:06de ce bien-être
17:06et de ce que cela construit
17:09aussi en termes
17:10de personnalité,
17:11de rapport à la vie,
17:13de rapport à l'avenir.
17:14Ce qui me semble important
17:15de mentionner aussi
17:16par rapport à ces vacances,
17:17c'est le bénéfice collectif.
17:18On n'en a pas parlé,
17:19mais...
17:20Oui,
17:20par le moment,
17:21on a abordé d'abord
17:21la question individuelle.
17:23Il y a un bénéfice collectif.
17:24Je cite Jean-Louis
17:25sur l'application d'Inter
17:27qui dit que les Français
17:28ne cherchent pas des lieux,
17:30ils cherchent d'abord
17:31des états de soi-même
17:33durant leurs vacances.
17:35Exactement.
17:35Sur le point collectif,
17:36ça se mesure comment
17:37ou qu'est-ce que ça donne ?
17:38Justement,
17:39ça donne...
17:40Des citoyens,
17:41des Français
17:42qui sont plus heureux,
17:43c'est quand même
17:44l'objectif d'une société,
17:45aller bien en fait.
17:46Donc, justement,
17:47si on accumule
17:48ce bonheur individuel
17:49que l'on retrouve en vacances,
17:51évidemment,
17:52cela produit quelque chose,
17:53une externalité extrêmement...
17:54Le bonheur individuel,
17:55mais le malheur collectif,
17:56dirait Jean-Viar.
17:56Oui, mais là,
17:57justement,
17:58ça peut contribuer
17:58au bonheur collectif.
18:00Ça contribue aussi,
18:01si vous voulez,
18:01ce qui est très important
18:02à construire du lien.
18:03Et quand chacun,
18:04et on le voit
18:05à un niveau familial,
18:06mais c'est également le cas
18:07à un niveau plus collectif,
18:09chacun est dans son couloir de nage
18:10tout au long de l'année.
18:11Et donc,
18:12on voit qu'au moment
18:13des vacances,
18:13on se retrouve,
18:14les parents,
18:15les enfants se retrouvent
18:16avec les grands-parents,
18:17mais aussi avec ses amis
18:18ou avec l'autre.
18:20On voit que les vacances
18:21produisent de l'ouverture
18:22à l'autre.
18:23Et donc,
18:23ça construit ça,
18:24un collectif qui est aussi
18:25très positif.
18:26C'est-à-dire l'ouverture
18:27au monde.
18:28Et ça,
18:29c'est notamment le cas
18:31des gamins
18:32ou de ceux qui partaient gamins
18:34loin,
18:36rencontraient la diversité culturelle
18:37avec leurs parents.
18:38Alors,
18:38il y a des mutations
18:39parce qu'on ne part plus
18:40en vacances aujourd'hui
18:41comme on partait hier.
18:42Vous avez cette formule
18:43de janvier dans le livre,
18:44moins de kilomètres,
18:45plus de présence,
18:46moins de performance,
18:47plus de résonance,
18:49moins d'accumulation,
18:50plus d'expérience.
18:52Expliquez-nous
18:52comment ça se traduit ça.
18:54Mais si vous voulez,
18:55alors d'abord,
18:56il y a deux choses,
18:57si vous voulez.
18:57Moi,
18:57je trouve que l'été,
18:58c'est d'abord
18:59une grande transhumance.
19:00On part avec les enfants,
19:01le ballon,
19:02le chien,
19:02la voiture et tout,
19:03puis on fait quelques centaines
19:04de kilomètres.
19:05Souvent,
19:05on va à un endroit
19:06qu'on connaît déjà,
19:06etc.
19:07Ça,
19:07au fond,
19:07c'est la grande transhumance
19:08d'été qui est une transhumance
19:10au fond du lien.
19:11Ce qu'on veut,
19:12c'est être bien,
19:13se retrouver,
19:13avoir une vie intime
19:14un peu plus intense
19:15dans les couples,
19:15etc.
19:16Et puis,
19:16il y a ce qu'on fait avant
19:17quand on n'est pas encore,
19:18quand on n'a pas d'enfants,
19:19puis après,
19:20on n'a plus d'enfants,
19:21on grandit,
19:21on part en voyage.
19:22Là,
19:22c'est les gens
19:23qui vont visiter le monde,
19:24ils vont à Venise,
19:24à New York,
19:25etc.
19:25Donc,
19:26il y a un phénomène
19:26d'âge,
19:28les jeunes,
19:28ils aiment bien découvrir
19:29des lieux symboliques
19:30de la planète,
19:31c'est vrai qu'ils ont
19:31les moyens de se payer
19:32un week-end,
19:34une semaine à New York
19:35ou une semaine à Venise,
19:36ça fait partie
19:37du capital vacancier,
19:38ça n'est pas toujours
19:39donné à tout le monde,
19:39bien sûr,
19:40donc c'est clair.
19:41Et ça produit des effets
19:42comme le surtourisme,
19:43par exemple.
19:43Ça produit des effets,
19:45parce que le surtourisme,
19:46c'est surtout parce qu'il n'y a
19:47pas de politique touristique,
19:48excusez-moi de le dire,
19:49mais qu'un secteur économique
19:50aussi puissant
19:50n'est pas une politique structurée,
19:52c'est un peu comme
19:53si on lâchait tout le monde
19:53sur les autoroutes
19:54sans mettre des panneaux.
19:55On veut venir
19:56100 millions d'étrangers,
19:57il y a 180 millions
19:58de voyages des Français
19:59en France,
20:00évidemment la question
20:01c'est qu'il ne faut pas
20:02qu'ils soient tous
20:02au même moment,
20:03au même endroit.
20:04Et surtout,
20:04il faut se dire
20:05que les gens voyagent
20:06énormément,
20:06plusieurs fois.
20:07Donc un voyage
20:08doit préparer le suivant.
20:09Si le Japonais
20:10qui vient à Paris,
20:11il vient voir Paris,
20:12la Savoie,
20:13et s'il a un petit
20:135 minutes,
20:14la Côte d'Azur.
20:14Mais si on lui donne
20:15une information
20:16sur la Bretagne
20:17ou sur la Normandie,
20:18peut-être la fois d'après,
20:18il y aura.
20:19Donc ça se construit.
20:20Et je voudrais dire
20:21une formule,
20:22mais avant on partait
20:23en vacances,
20:23on était dans un monde
20:24du travail,
20:25fordiste,
20:25organisé,
20:26assez masculin.
20:27Aujourd'hui,
20:27j'ai tendance à dire
20:28on vit dans l'espace-temps
20:29du temps libre
20:30et on va travailler.
20:31Et c'est ça
20:32qui a complètement changé.
20:33Et du coup,
20:34on va travailler
20:35avec le costume des vacances,
20:36regarder tout le monde
20:37a les baskets autour de nous,
20:38c'est incroyable,
20:39les gens sont en short.
20:40Alors on dirait
20:40qu'aujourd'hui,
20:41c'est de bon goût,
20:41c'est une urgence
20:44de mettre un short
20:45par les températions.
20:47On voyait,
20:48l'évêquement a changé,
20:50tous les rapports au corps,
20:51au respect,
20:52etc.,
20:52des vacances
20:53sont devenus la norme
20:54même dans le monde du travail.
20:55On vous demande
20:55quel est le sens de votre travail,
20:57à moi vous aurez demandé
20:57combien j'allais gagner,
20:58etc.
20:59Donc je pense que
21:00les valeurs du temps libre,
21:02les valeurs du temps à soi,
21:03le temps m'appartient.
21:04Et donc qu'est-ce que j'en fais ?
21:05Bien sûr que je vais travailler,
21:06je vais étudier,
21:07je vais dormir,
21:08mais je veux savoir
21:09à quoi ça mène.
21:10Et je crois que,
21:10si vous voulez,
21:10il y a cette espèce
21:11d'immense inversion
21:12entre un monde dominé
21:14par le travail
21:14qui est sorti
21:15de la Révolution française,
21:16qui était quand même,
21:17on ne peut pas oublier
21:17que la Révolution française
21:18a supprimé les dimanches
21:19et les jours fériés.
21:20Je veux dire,
21:20on avait des tas
21:21de valeurs positives,
21:22je ne veux pas les rejeter du tout.
21:23Enfin, c'était aussi
21:24une volonté des artisans
21:25d'augmenter le temps de travail
21:26des salariés.
21:27Et ça a duré jusqu'en 1906,
21:29où nous,
21:29on est dans une nouvelle culture,
21:31cet espace-temps
21:32de la créativité.
21:33Et vous savez,
21:33le patron Bernard Charlès,
21:35le patron de Dassault Systèmes,
21:36dit, c'est Hollywood
21:37qui a créé la Silicon Valley.
21:38C'est ça qu'il faut se dire.
21:40C'est-à-dire que c'est
21:40dans ce moment extraordinaire
21:42d'invention,
21:43de découverte,
21:43d'amour,
21:44de rapport à la nature,
21:46etc.,
21:46que se pense
21:47la société de demain.
21:48Il ne faut pas simplement
21:49se dire,
21:49on ne fout rien,
21:50il faut se dire,
21:51attendez,
21:51on est en train
21:52de penser le monde
21:53qui arrive.
21:53Justement,
21:54Jean Vierre,
21:54ce qui est passionnant,
21:55c'est dans cette étude
21:56de Ghena Elgo également,
21:57c'est le rapport à l'amour,
21:59c'est le rapport
22:01aux mutations
22:01comme celles
22:02qu'apporte
22:02de l'intelligence artificielle.
22:04C'est devenu
22:04un nouveau prescripteur
22:05de vacances.
22:06Il y a 10%
22:06des personnes
22:07qui vous ont dit
22:08qu'ils utilisaient
22:08l'IA générative
22:09pour préparer
22:10leurs vacances.
22:12Et puis,
22:12il y a quelque chose
22:14qui est un peu plus compliqué,
22:16un peu plus dur.
22:17C'est-à-dire que
22:18la génération actuelle,
22:19c'est la dernière
22:20à avoir vu
22:21le progrès des vacances
22:22comme une évidence
22:22et la première à douter
22:24qu'ils se poursuivent.
22:25Bena Elgo.
22:26Là,
22:27on retrouve un doute
22:27qui est beaucoup plus global.
22:29Est-ce qu'il y a
22:29une projection
22:30dans le futur
22:31pour l'essentiel
22:32des Français aujourd'hui ?
22:34La flèche du progrès
22:35s'est inversée.
22:36On est dans un moment
22:37où, de manière générale,
22:38les Français,
22:39une majorité de Français
22:40estiment que leurs enfants
22:41vivront moins bien qu'eux,
22:42ce qui est quand même
22:43un changement
22:43assez important.
22:45Et évidemment,
22:46cette crainte
22:47s'applique aux vacances.
22:49Et ce que je trouvais intéressant
22:51par rapport
22:52à votre auditeur,
22:53c'était aussi ça,
22:55c'est-à-dire qu'on est
22:55dans cette bascule
22:56de l'avoir vers l'être.
22:58Il va falloir soutenir ça
22:59pour passer
22:59à un autre moment
23:01de notre civilisation.
23:02En tout cas,
23:03c'est passionnant.
23:03Avant de partir en vacances,
23:05je recommande chaleureusement
23:06la lecture
23:07du livre
23:08des vacances.
23:09C'est donc cette enquête
23:10qui vient de paraître
23:11réalisée par la Fondation Utopia
23:13en partenariat
23:13avec l'Observatoire Société
23:15et Consommation.
23:16Merci infiniment,
23:17Guénaëlle Gault.
23:18Merci, Jean Viard.
23:19Je ne sais pas
23:19si vous partez en vacances
23:21tout de suite
23:21ou si vous êtes des haussiens.
23:23Mais merci à tous les deux
23:24et très bonne journée.
23:25Merci.
23:25Merci.
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