Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 heures
C'est une parole rare : celle d'une enquêtrice au cœur des 70.000 dossiers de plaintes touchant des mineurs qui doivent être recensés d'ici le 14 juillet. Une demande du ministre de la Justice après l'affaire Lyhanna, marquée par des dysfonctionnements judiciaires. Et c'est dans les commissariats que ces dossiers sont repris un par un, au sein des brigades des atteintes aux personnes notamment.
Regardez RTL Événement avec Sophie Neumayer du 29 juin 2026.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:01RTL événement
00:02Il y a des dossiers qu'on n'avait pas regardé depuis des années.
00:06Voilà exactement le genre de phrases que l'on entend en ce moment dans les commissariats ou les palais de
00:10justice
00:10alors que Gérald Darmanin a demandé le réexamen en urgence de 70 000 affaires concernant des violences sur enfants.
00:18Ce matin, et c'est notre événement sur RTL, vous allez entendre le témoignage exceptionnel d'une enquêtrice de la
00:23police judiciaire.
00:24Elle a accepté de se confier à Sophie Neumayer.
00:26Elle est soumise à un droit de réserve, raison pour laquelle nous avons préservé son anonymat et transformé sa voix.
00:32Mais aujourd'hui, cette femme veut parler et elle ne mâche pas ses mots.
00:36Pour commencer, elle raconte comment elle a repris chacun des dossiers dont elle s'occupe et ils sont très très
00:42nombreux.
00:43J'ai pris le temps d'appeler des victimes qui attendaient des nouvelles depuis parfois 4 ans, 3 ans, depuis
00:49leur dépôt de plainte.
00:50On ne peut faire qu'une chose, c'est de s'excuser au nom de l'institution, au nom de
00:54la justice.
00:54Ils ont tout simplement été laissés de côté avec parfois des affectations de fonctionnaires qui avaient ces dossiers à portefeuille,
01:01qui sont partis dans d'autres services, les départs à la retraite.
01:04Donc finalement, il n'y a pas eu de suivi, c'est pour ça qu'il est important.
01:06Ce point d'étape avec les magistrats pour ne pas recommencer ces mêmes erreurs.
01:10Et donc autant d'enquêtes à reprendre, comment vous vous êtes organisé ?
01:13Nous, la brigade des atteintes aux personnes, on est 10 enquêteurs pour une ville de 150 000 habitants.
01:18Nous avons donc chacun en portefeuille 10 faits d'agressions sexuelles ou de viols sur mineurs par fonctionnaire.
01:24Donc 10 dossiers à traiter en urgence.
01:27Et pour chaque dossier, on nous demande de prendre des mesures de garde à vue à l'encontre des mises
01:31en cause identifiées.
01:32Et donc vous enchaînez les gardes à vue ?
01:34Oui, bien, encore hier, effectivement, mes collègues en parallèle demandent aussi comment j'avais pour un violin sexueux.
01:40Ils avaient en fait une personne en garde à vue pour adolescent sexuel sur une petite voisine
01:43qui consultait dans le domicile familial des vidéos pédo-criminelles alors qu'il était père de famille avant.
01:48Les autorités vous ont donné trois mois pour mettre en ordre toutes ces enquêtes. Est-ce réaliste ?
01:53Ah non, c'est absolument pas réalisable.
01:55Il faut en fait que l'on puisse avoir le rendez-vous en Salle-Mélanie pour les petites victimes.
01:59C'est un parcours avec le pédiatre plus le médecin qui va ausculter la petite victime.
02:04Ensuite, il faudra un expert psychiatre pour le futur mis en cause de la salle en garde à vue.
02:09Et puis nous sommes en période estivale, donc il ne faut pas négliger que les enfants partent en vacances.
02:14Donc tout ça en trois mois, ça nous ramène à mi-septembre, ce n'est pas possible.
02:18Et pendant ce temps, on imagine que vos autres dossiers sont mis en attente ?
02:21Effectivement, ces autres dossiers, on va devoir les prêter avec du retard.
02:25Je pense donc à tout ce qui est violences conjugales, voire sénon scolaire.
02:29Il faut savoir qu'il y a la rentrée qui va arriver en septembre.
02:32Si on n'a pas résolu, par exemple, des cas de harcèlement scolaire lourd d'enfants qui souffrent dans le
02:38rétablissement scolaire,
02:39ça va nous poser problème à la rentrée.
02:41Donc en fait, je dirais que tout est urgent.
02:43Malheureusement, on n'est pas assez nombreux.
02:45On n'a pas les moyens de traiter tout de manière urgence.
02:48Parce que tout ça, en fait, malheureusement, ça prend du temps.
02:50On travaille sur deux lunas encore une fois.
02:53Voilà pour ce témoignage exceptionnel au micro de Sophie Nomméyer.
02:56Alors, on vous a raconté comment ça se passe dans les services de police judiciaire.
02:59La Voix du Nord, elle a fait une immersion au cœur d'un tribunal après cette affaire Liana
03:03et raconte, là encore, le travail titaneste qui bouscule le quotidien des magistrats
03:08avec un exemple très précis à Boulogne-sur-Mer.
03:10Merci.
Commentaires

Recommandations