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  • il y a 9 heures
Eliot Deval revient, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Vous voulez réagir ? Appelez le 01.80.20.39.21 (numéro non surtaxé) ou rendez-vous sur les réseaux sociaux d’Europe 1 pour livrer votre opinion et débattre sur grandes thématiques développées dans l'émission du jour.

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Transcription
00:01Europe 1
00:0311h-13h, Elliot Deval et vous ?
00:06Midi 3 sur Europe 1, on poursuit notre échange après la disparition atroce, dans des conditions atroces du jeune Louis,
00:1417 ans, tué à Narbonne.
00:16Sa mère sort du silence, affirme avoir alerté en vain. Son papa également a pris la parole.
00:22Vous avez entendu ses premières déclarations exclusives pour SC News et pour Europe 1.
00:28Estelle Laffont est toujours avec nous, les auditeurs veulent réagir à la question.
00:32Est-ce que vous considérez que la société est ensauvagée ?
00:35L'ensauvagement de la société est un terme que récuse Laurent Nunez, parce qu'il serait connoté politiquement.
00:42En revanche, le fond du sujet, c'est-à-dire la violence des mineurs, cette société qui n'a plus
00:48aucune limite,
00:49il la voit, il en est préoccupé et justement il souhaite mettre en place des mesures pour lutter contre cela.
00:55Et si vous souhaitez donc réagir en direct à ce sujet à l'émission, vous le savez, c'est un
00:58appel non surtaxé.
00:59Le standard d'Europe 1 vous est ouvert jusqu'à 13h au 01-80-20-39-21.
01:04Sébastien Ligné est toujours avec nous, Eric Leu révèle également.
01:08Jules Laurence est présent.
01:10Jules Laurence, journaliste à frontières, qu'on peut aussi voir dans 100% frontières du lundi au vendredi sur CNews
01:18de 11h à 13h.
01:19Et si vous êtes avec nous, Jules Laurence, c'est parce que c'est vous qui avez échangé avec la
01:25famille du jeune Louis, 17 ans.
01:28Grégory et Jean-Philippe sont en direct avec nous.
01:31Prenons la direction d'Orléans pour échanger avec Jean-Philippe.
01:34Bonjour à Jean-Philippe.
01:35Oui, bonjour M. Deval.
01:37Merci d'être en direct avec nous et d'avoir appelé au 01-80-20-39-21.
01:43Quand je vois cette litanie des prénoms Louis, Philippine, Lola, Liana, Thomas, évidemment les drames sont différents.
01:56Mais à chaque fois, il y a une sorte de fil conducteur qui est, est-ce que ce drame aurait
02:01pu, aurait dû être évité ?
02:02Et c'est ça qui est frappant, Jean-Philippe.
02:07Écoutez, je ne sais pas si ces drames auraient pu être évités.
02:09De tout temps, il y a toujours eu des meurtres, il y a toujours eu des crimes.
02:13Une chose est sûre, c'est qu'aujourd'hui, moi je constate, quand M. Nunez dit qu'il ne veut
02:20pas parler d'ensauvagement,
02:22ce n'est pas une question de droite ou de gauche dans les années 80.
02:24Je pense que nos politiques de gauche auraient eu les mots justes.
02:29L'ensauvagement de la société, moi je pense qu'il est réel.
02:31Aujourd'hui, moi j'ai des enfants de l'âge à peu près du petit Louis, je suis atterré par
02:36ce qui se passe et j'ai vraiment peur pour mes enfants.
02:39Et qui tous les jours rencontrent cette violence qui ne vit pas son nom, mais c'est dans les regards,
02:45c'est dans les attitudes, c'est dans le non-respect.
02:47On n'a plus de valeur commune aujourd'hui dans notre société.
02:50Alors, c'était effectivement dans les années 70-80, on était encore sur les reliquats de la chrétienté, du catholicisme,
02:58etc.
02:58Et donc on avait encore des valeurs communes et on n'avait pas trop de communautarisme.
03:02Moi j'ai eu par mon métier la chance de beaucoup voyager dans le monde et de passer du temps
03:07dans d'autres pays,
03:08où je vous assure qu'il y a un vrai choc de civilisation.
03:13Enfin, il y aurait tellement à dire, à l'ONU, les pays, alors c'est pas pour caricaturer une certaine
03:20frange, une certaine religion,
03:22mais les pays musulmans à l'ONU n'ont pas signé la même charte des droits de l'homme que
03:27nous autres.
03:28Et j'ai bien vu, moi, dans ces pays-là, pour y vivre, enfin pour y avoir vécu quelque temps,
03:33c'est qu'ils ne règlent pas les problèmes de la même façon et la société n'est pas la
03:38même.
03:38Et aujourd'hui, nous n'avons pas les mêmes valeurs.
03:40Et on le voit bien, on ne peut plus aujourd'hui arrêter quelqu'un pour lui dire
03:43« Vous avez jeté votre papier par terre ou votre chewing-gum »
03:45parce qu'on se fait insulter, limite on se fait tabasser, et ça c'est une réalité.
03:52Alors, la manière dont vous le présentez, cher Jean-Philippe, c'est votre manière de le faire.
03:58En revanche, là, dans la disparition, dans des conditions absolument atroces du jeune Louis,
04:05la question de l'immigration et du communautarisme n'est absolument pas liée.
04:10Absolument pas.
04:11Donc, il faut faire attention également à ne pas faire d'une généralité des cas spécifiques.
04:21Là, on parle de l'ensauvagement de la société.
04:23On est face à des garçons, des bourreaux, qui, pour trois auteurs présumés sont mineurs,
04:35qui étaient connus déjà des services de police.
04:37Très peu.
04:37Très peu.
04:39Et qui ont commis le pire dans des conditions atroces.
04:42Et la question qui se pose, c'est pourquoi cette société s'en veut sauvage ?
04:45C'est ça la vraie question, Sébastien Ligny.
04:48Oui, mais parce que la société a changé, mais l'État français, lui, est resté dans un carcan qui date
04:54des années 50.
04:55Quand on prend le droit et la justice des mineurs, qui a été, pour la grande partie, instauré à partir
05:01de 1945 et l'après-guerre,
05:02comment croire aujourd'hui qu'un mineur de 1945 est le même qu'un mineur de 2026 ?
05:08Ce n'est plus du tout la même jeunesse, le même rapport à l'autre.
05:12On n'a jamais statué là-dessus.
05:14On n'a jamais, je pense, encore réellement pris conscience l'impact ultra négatif des réseaux sociaux et des nouvelles
05:21technologies.
05:22Quand je passe parfois, moi, devant des écoles primaires, on a quoi ?
05:25On a 6, 7, 8 ans et qu'à 6 ans, je vois des gosses qui ont déjà des smartphones
05:30dernier cri
05:31et qui passent leur journée à scroller sur des réseaux sociaux ou en trois clics avec un algorithme qui est
05:37parfois vicieux
05:37pour tomber sur des images horribles.
05:39Mais vous pensez bien que ça, c'est en train de détruire le cerveau de notre jeunesse
05:43et qu'on n'a plus du tout le même rapport à la violence.
05:46Si on reprend les années 45-50, puisque c'était à cette époque-là qu'on avait le droit qui
05:51est toujours actuel,
05:52bon, il n'y avait pas de réseaux sociaux, il n'y avait pas de smartphone,
05:54on ne voyait pas des gens frapper d'autres personnes comme ça,
05:57alors qu'aujourd'hui, pardon, en 5 secondes, vous pouvez tomber sur des images atroces de meurtre, de violence.
06:04Je ne parle même pas de la question sexuelle.
06:06Donc, évidemment que ça change votre rapport à l'autre quand vous avez de telles images à 5, 6, 7,
06:128 ans.
06:12Et quand en plus, vous rajoutez la strat soit communautaire, soit intra-familiale,
06:17avec de plus en plus de cercles familiaux qui sont déstructurés,
06:20il n'y a plus de maman, il n'y a plus de papa, ou ça se passe très mal
06:23au sein de la famille,
06:24il ne faut pas s'étonner ensuite que vous avez une partie importante de la jeunesse,
06:27soit qui est de plus en plus violente, soit qui a des problèmes psychologiques extrêmement graves,
06:31parce que la question psychologique aussi est très importante.
06:34La vague, effectivement, psy, c'était l'autre vague à post-Covid qu'on pouvait découvrir et qui a été
06:42tue.
06:43Éric Revelle.
06:44Alors, moi je partage ce qu'a dit Sébastien, et je vous conseille la lecture d'un livre qui vient
06:48de parler,
06:49qui s'appelle Un cerveau sans mémoire, le tsunami nommé smartphone.
06:52L'idée de ce livre est très simple, c'est de montrer comment, en fait, le véritable cerveau de cette
06:58génération-là
06:59ne va plus être le leur, mais leur smartphone.
07:02En réalité, on est en train de faire une génération, je ne vais pas dire desservelée,
07:07mais où votre cerveau que vous développiez avec des lectures, des rapports humains, du lien social, de la culture,
07:16en fait, est remplacé par votre smartphone pour cette génération.
07:19Et ce que vous allez développer, ce n'est pas la mémoire et le développement intellectuel de votre propre cerveau,
07:24mais celui de votre smartphone.
07:26Donc ce cerveau qui se substitue à l'origine, peut-être, oui, explique aussi, au-delà des images qui sont
07:34vues, la violence.
07:35Et qui le filme.
07:36Et qui le filme directement.
07:38Un, parce qu'ils sont fiers de leurs gestes.
07:40Deux, parce qu'ils n'ont absolument pas peur des conséquences s'ils le diffusent.
07:42Et trois, parce que c'est devenu inné, c'est la société spectacle.
07:45La violence doit être mise en lumière, mise en spectacle, diffusée au plus grand monde.
07:49C'est dramatique.
07:50Jules Laurence.
07:51Parmi les agresseurs, on a eu des comportements qui relèveraient, je pense, de la psychopathie.
07:56Il va falloir l'analyser, évidemment, tout ça.
07:58Notamment par le fait qu'à partir du moment où il tabasse mortellement Louis,
08:02cette nuit du 19 juin à 23h30,
08:04il faut savoir qu'il quitte ce chantier.
08:06Ils s'en vont, ils repartent.
08:07Et quelques minutes plus tard, ils décident de revenir pour aller filmer le corps inerte de Louis
08:13pendant plusieurs minutes et s'extasient devant.
08:16C'est-à-dire qu'ils sont revenus, ils n'ont pas eu une seule fois à l'esprit le
08:21fait d'aller appeler la police,
08:23appeler les pompiers, se rendre compte qu'on a quelqu'un qui est en train de mourir, en fait, face
08:27à nous.
08:27Mais leur seul réflexe a été de filmer le corps inerte de Louis,
08:32qui était déjà dans un état, finalement, de mort cérébrale,
08:35et de s'extasier, de rire, de rapprocher leur téléphone avec des flashs à 5 centimètres du visage.
08:42Et un visage qui, nous, on a dû flouter les images,
08:45parce que le visage était complètement ensanglanté, détruit, le cerveau abîmé.
08:50Enfin, c'est terrible.
08:51Jules Laurence, quel âge a le plus âgé parmi les mises en cause ?
08:5619 ans.
08:57Et le plus jeune ?
08:5816 ans.
08:59Je rappelle cette phrase de la maman de Louis,
09:01je veux qu'il soit jugé comme des adultes,
09:03je veux que Louis soit le dernier,
09:06je veux que les lois soient revues,
09:08quand on tue comme un homme,
09:09on paie comme un homme.
09:11Il risque la réclusion criminelle à perpétuité,
09:14ces individus, ces bourreaux,
09:16s'ils sont condamnés comme des adultes, Jules.
09:18Tout à fait, parce qu'il va y avoir cette dimension d'assassinat,
09:21de préméditation,
09:22puisque c'est un guet-apens qui a été tendu à Louis.
09:26Et surtout, il faut le prendre en compte
09:28par le fait que Louis a passé seulement quelques mois
09:30au sein de l'aide sociale à l'enfance.
09:31Et pendant ces quelques mois, Louis,
09:33c'est finalement des humiliations,
09:34du harcèlement,
09:36d'autres tabassages par lesquels il est passé.
09:38Donc il y a une notion même de répétition,
09:40finalement, de ces violences vis-à-vis de Louis,
09:41sur lesquelles il y avait eu des alertes.
09:43Et le drame dans le drame,
09:45c'est que Louis,
09:45il allait quitter l'aide sociale à l'enfance
09:48en cette fin juin.
09:49Parce qu'en juillet,
09:50il avait eu une promesse d'embauche.
09:51Le fait de son départ,
09:53son départ de l'aide sociale
09:54était conditionné au fait qu'il retrouve un travail.
09:56Donc il avait retrouvé cette promesse d'embauche,
09:58et là, finalement, il s'est retrouvé
10:00dans ce guet-apens mortel
10:02à quelques jours de son départ
10:04de l'aide sociale à l'enfance.
10:05Aide sociale à l'enfance
10:06dans laquelle il s'était retrouvé prisonnier
10:08d'un groupe d'individus
10:09qui l'avaient pris pour le mouton noir.
10:11Mais les responsables de cet établissement
10:14seront peut-être, eux aussi,
10:17tenus pour responsables de ce drame,
10:19en partie, du moins,
10:19pour non-assistance à personne en danger,
10:22que sais-je,
10:23de ne pas avoir alerté
10:26alors qu'ils étaient au courant du signalement
10:28parce qu'il avait déjà été agressé en juin, début juin.
10:30Exactement.
10:31En fait, il y a deux éléments qui sont accablants.
10:33Le premier, c'est qu'autour du 12 juin,
10:36Louis est entendu au commissariat
10:38et il y a un gendarme
10:39qui indique à l'un des éducateurs de Louis
10:42la situation.
10:43Il lui fait un état des lieux
10:44sur le harcèlement, les violences,
10:46les agressions que reçoit Louis.
10:47Donc l'aide sociale à l'enfance
10:49est tout à fait au courant.
10:51Autre élément,
10:52on a interrogé, nous, beaucoup les amis de Louis
10:54qui disaient qu'évidemment
10:55qu'au sein de l'aide sociale à l'enfance,
10:56tout le monde savait que Louis était la personne
10:59qui était violentée, insultée, humiliée
11:02depuis plusieurs mois.
11:04Donc cette réalité-là, elle existait.
11:06Et Louis avait déjà porté plainte
11:07en mai, le 11 mai.
11:09Donc on a différentes plaintes
11:10qui sont portées.
11:12On a un signalement des gendarmes
11:14directement au sein de l'aide sociale à l'enfance.
11:16Et l'élément révélateur,
11:17ça l'explique la maman
11:19au sein de l'entretien du JDD,
11:21c'est qu'après cette plainte du 12 juin,
11:22Louis a fait une fugue.
11:23A fait une fugue parce qu'il a eu peur
11:24finalement d'être retrouvé par ses bourreaux.
11:26L'aide sociale à l'enfance
11:28n'est pas allée voir la gendarmerie
11:31pour disparition inquiétante.
11:33C'est la mère qui, le 18 juin,
11:35a décidé d'aller à la gendarmerie
11:37pour disparition inquiétante
11:39sans que les éducateurs
11:40qui soient en charge de Louis
11:41ne s'en soient chargés.
11:42Je voudrais dire aussi
11:43la grande solitude
11:45qu'il a dû être celle de Louis.
11:46Parce que Jules Laurence rappelle
11:48les cas de harcèlement
11:49dont il a été victime,
11:51les cas de début de lynchage
11:53dont il a été victime.
11:54et quand vous entendez
11:55les mots de détresse du père
11:56et il dit
11:57à aucun moment
11:58lorsque je l'avais,
11:59il ne me disait
12:01ce qu'il était en train de vivre,
12:02il était toujours joyeux et souriant.
12:04Vous imaginez
12:04la souffrance de ce garçon ?
12:06C'est une souffrance qui est terrible
12:07et on ne peut qu'avoir
12:11une pensée tendre pour la famille.
12:13On n'imagine même pas
12:14la douleur de cette famille.
12:16Et au-delà d'une pensée tendre,
12:18c'est la promesse
12:19de tendre toujours le micro
12:22aux victimes,
12:23aux familles des victimes
12:24et de ne pas avoir
12:28une couverture
12:30des traitements médiatiques
12:31à géométrie variable
12:33en fonction
12:34de la victime
12:36et de parler du réel.
12:39La famille vous remercie, Elliot.
12:40Bon, écoutez,
12:41c'est la moindre des choses
12:43que de leur donner la parole.
12:44Il est midi 16.
12:46C'est la moindre des choses.
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