00:00Europe 1, Eliott Deval et vous.
00:03Il est presque 11h20, merci à vous de nous rejoindre sur Europe 1 pour Eliott Deval et vous jusqu'à
00:0813h.
00:09La canicule et ce qui en découle c'est le sujet de ce début d'émission.
00:12On a parlé de l'interdiction de la vente d'alcool à Paris, les mesures annoncées par Sébastien Lecornu.
00:16Entre 2003 et 2026, qu'est-ce qui a vraiment changé ?
00:19Appelez-nous pour réagir au 01 80 20 39 21.
00:23On est avec en plateau Alexandre Devecchio et Georges Fenech, le duo du samedi,
00:26et également journaliste réseau social Tony Pitaro.
00:29Et nous sommes nombreux au standard à attendre vos appels au 01 80 20 39 21.
00:37Je rappelle l'information quand même de la journée, c'est cette canicule qui se poursuit,
00:42les hôpitaux qui se sont débordés à tel point que vous avez des plans blancs qui sont déclenchés.
00:49Je lis dans les colonnes du Figaro, canicule en Europe, plus de 35 degrés prévus
00:53pour au moins 193 millions de personnes samedi.
00:5734 départements sont toujours placés en France en vigilance, 37 en vigilance rouge,
01:04et 34 désormais c'est les orages maintenant qui nous inquiètent.
01:07Céline et Brigitte sont en direct avec nous.
01:10Brigitte qui nous appelle du centre Val-de-Loire et non du palais de l'Elysée.
01:15Bonjour Brigitte !
01:16Non, je ne sais pas du palais de l'Elysée.
01:18On ne sait jamais si Madame Brigitte Macron nous écoute.
01:22Elle est la bienvenue.
01:24Je serais ravi de faire une émission avec elle.
01:26On changerait l'émission, ça s'appellerait Brigitte Macron et vous.
01:30Et on ferait deux heures avec elle, les priorités.
01:33Ça serait passionnant, tiens.
01:35Il faudrait essayer.
01:36Peut-être qu'elle vous écoute et que ça lui donnera des idées.
01:39Bah, pourquoi pas.
01:40Écoutez, moi, 2023-2026, ça me fait penser au Covid.
01:44Quand d'un seul coup on s'est dit, oh là là, on n'a pas de masque, il faut
01:47des masques.
01:47Et bien, en 2003, on n'avait pas de ventilateurs.
01:50Dans 2026, on les commande.
01:52Peut-être qu'il n'aurait pas vu les commander avant.
01:55Et puis, moi, si j'ai appelé, c'est pour rendre hommage à tous les soignants.
02:03Bravo ! Vous avez bien fait Brigitte.
02:05Et je le fais pour mon mari qui est malade, qui est assis à côté de moi et qui a
02:12eu un traitement cette semaine.
02:13Et malgré la souffrance qu'il a, ses pensées vont aux soignants.
02:19Parce qu'il m'a dit, jusqu'à quand vont-ils tenir ?
02:22Et c'est vrai que c'est la question qu'on se pose.
02:23Mais jusqu'à quand les pompiers vont tenir ?
02:25Jusqu'à quand les policiers vont-ils tenir ?
02:29Votre mari va bien quand même, Brigitte ?
02:32Écoutez, il n'est pas bien aujourd'hui parce que c'est la semaine du traitement.
02:37Et puis, il n'est pas bien depuis sept semaines parce qu'il y avait de la forte chaleur et
02:44les traitements qui le culbutent.
02:47Et puis, vous voyez, comme on supprime les postes partout, il est obligé d'aller faire ses traitements, pas dans
02:54notre région.
02:55Et au lieu de rester une nuit là-bas, ce qui le fatiguerait peut-être moins, il fait un aller
03:01-retour le mardi et il retourne le mercredi.
03:04Et avec une chaleur pareille, c'est...
03:06C'est éreintant parce que les hôpitaux étant surchargés, il ne peut pas être hospitalisé, c'est ça, Brigitte ?
03:13Eh bien, disons qu'il n'a pas pu être soigné dans notre département parce que l'hôpital le plus
03:20proche n'a pas accepté de le prendre parce qu'il n'y a pas assez de place.
03:23Donc, il a été transféré dans un hôpital à 60 kilomètres de chez nous.
03:31Il y est resté six semaines et je peux vous dire qu'il a pu voir en six semaines tout
03:39ce qui pouvait se passer
03:40et ô combien il valorise le corps médical de l'hôpital où il était parce que...
03:48Quand je dis la petite main, je n'aime pas employer ce mot-là, mais néanmoins, du plus petit au
03:53plus grand, ils ont tous été à l'écoute.
03:55Et sans vouloir vanter mon mari, je pense qu'il a été un malade relativement agréable parce que jamais il
04:02s'éclame malgré une sonde gastrique qu'il a eue pendant six semaines.
04:06Et je peux vous dire qu'il les a vus, tous ses soignants, et il m'a dit mais comment
04:11vont-ils tenir ?
04:13Eh bien, écoutez, on a une pensée pour votre mari.
04:17Vous avez bien fait de nous appeler pour saluer le travail extraordinaire des soignants
04:22qui, les pauvres, avec peu de bras et peu de moyens, tiennent justement cette maison comme ils peuvent,
04:29avec la volonté, avec le talent, parce que c'est un système de santé.
04:34On a encore la chance d'avoir des soignants extraordinaires.
04:38Mais c'est vrai qu'on se demande où sont passés les milliards quand on voit qu'après la canicule
04:45de 2003,
04:46vous avez des hôpitaux sans clim et qu'aujourd'hui, vous avez hier Matignon qui, à la hâte, débloque un
04:55budget de 100 millions d'euros en plus.
04:57Donc c'est pas grand-chose pour, à l'échelle d'un État bien sûr, 100 millions d'euros pour
05:01débloquer 30 000 climatiseurs.
05:03En fait, je vous assure, c'est désespérant quand on entend ça. Je ne sais pas si vous pensez la
05:08même chose que moi, Brigitte, mais c'est désespérant.
05:10Ce que je voulais vous dire aussi, Elliot, c'est que quand je travaillais, je voyais ces petites affiches qu
05:15'on avait pendant le Covid,
05:16qu'il fallait bien se laver les mains, bien entre les doigts et tout.
05:19Là, on voit les mêmes affiches pour la chaleur.
05:22Mais écoutez, on n'est pas des imbéciles quand même.
05:24On sait bien qu'il faut boire de l'eau.
05:26On sait bien qu'il faut aller s'exposer.
05:28Mais je pense aussi à tous nos professionnels.
05:30Moi, j'ai un fils qui est paysagiste.
05:33Je peux vous dire que quand il rentre, il dit que c'est épouvantable.
05:37Là, en ce moment, votre fils, j'imagine qu'il change ses horaires.
05:42C'est-à-dire qu'il doit commencer beaucoup plus tôt.
05:45Peut-être que la journée...
05:47Vous savez, cette semaine, il nous a dit, de toute façon, il commençait les 10 heures,
05:51mais à 10 heures, les machines se mettent en sécurité parce que c'est trop chaud.
05:55Jean-Chefenec voulait réagir.
05:58Et un grand merci, Brigitte.
06:00Depuis 2003, combien il y a eu de suppression de lits dans les hôpitaux en France depuis 2003 ?
06:04Depuis 2003 ? 120 000 ?
06:06Oui, à peu près.
06:07C'est ça, hein ?
06:07Plus de 100 000, en tout cas.
06:08Plus de 100 000.
06:09Donc, ne vaut pas nous étonner, ensuite...
06:11120 000, me dit-on, Brigitte.
06:13120 000, c'est énorme.
06:15Alors, au profit, soi-disant, d'une médecine plus ambulatoire, à domicile et tout,
06:19mais enfin, le problème, c'est qu'il y a des gens qui ne peuvent pas être hospitalisés à côté
06:22de chez eux.
06:23Et que nos impôts n'ont pas baissé, donc la question, on s'est beaucoup moqué des gilets jaunes,
06:26enfin, c'est beaucoup, pas moi, mais on a méprisé les gilets jaunes.
06:29Leur question, où va l'argent, était la question.
06:33Céline nous appelle de Paris, une Parisienne.
06:35Bonjour Céline.
06:36Oui, bonjour à tous.
06:38Comment allez-vous ?
06:39Comme tout le monde, je souffre.
06:42Mais est-ce que vous avez une alternative ?
06:45C'est-à-dire, est-ce que vous avez acheté un climatiseur ?
06:47Est-ce que vous avez un ventilo ?
06:50Si vous voulez, comme l'a dit Brigitte, nous ne sommes pas débiles.
06:54Donc moi, je n'ai pas de climatiseur parce que je trouve ça absurde d'ouvrir la fenêtre
07:00pour faire sortir le tuyau, faire rentrer de la chaleur pour rafraîchir une pièce.
07:05Et puis de toute manière, là où je me situe, ce n'est pas possible.
07:08Mes ventilateurs, je les ai achetés en amont il y a plein, longtemps.
07:12Et donc, je n'attends pas qu'on me dise, il faut vous hydrater, il faut aérer les pièces le
07:19matin très tôt
07:20et très tard le soir, encore que le soir, en ce moment, ce n'est plus possible.
07:23Voilà.
07:24En revanche, ce que je voulais dire, moi, c'est que, bon, évidemment, en 23 ans, rien n'a changé,
07:31voire pire.
07:31Et que, non, on n'a pas les chiffres, mais le gouvernement les a et que, quand il les annoncera
07:37dans l'été,
07:39on verra que la catastrophe de 2003 aura été certainement atteinte.
07:43Et moi, je vais être plus cynique, c'est-à-dire que ça les arrange.
07:47Il y a des économies à faire, ça sera des retraites en moins.
07:52Et puis, on trouvera des arguments.
07:56Alors oui, on se préoccupe de ceux qui font des bêtises,
08:00qui ont dit qu'il ne faut pas le faire, mais qu'ils le font quand même.
08:02Donc, après tout, ce sont pour beaucoup des adultes.
08:05Donc, ils sont responsables d'eux-mêmes.
08:06Tant pis si ça tourne mal.
08:09En revanche, les personnes fragiles, dont je fais partie,
08:13eh bien, on ne s'en occupe pas trop, voilà.
08:16Ah, mais c'est ça.
08:17Tout à l'heure, j'étais avec le docteur Jean-Paul Hamon.
08:20Il disait, mais ce n'est pas tant, évidemment, les climatiseurs,
08:23c'est important d'en avoir.
08:24Mais la vraie solution, c'est d'avoir un système de soins
08:29avec un médecin généraliste qui va finalement gérer tout un secteur.
08:36Ensuite, une aide soignante qui peut venir sur place.
08:40Ensuite, une troisième personne qui pourrait assister au quotidien
08:46les personnes fragiles qui sont à la maison.
08:48Mais tout cela, ça demande évidemment énormément de moyens.
08:52sauf qu'on ne s'intéresse pas à la santé de nos seniors.
08:56La parole, elle est libre sur Europe 1, vous le savez, Céline.
09:00Mais c'est vrai que quand vous avez dit que je suis cynique,
09:01je résume grossièrement, ça va satisfaire certains
09:05parce que ça va apaiser le budget retraite s'il y a des morts cet été.
09:09Bon, c'est votre avis.
09:12Je ne pense pas que le gouvernement ne réfléchisse comme ça, franchement.
09:16En revanche, ce que je voulais dire, c'est que moi, ma maman qui a 86 ans,
09:20on n'habite pas loin l'une de l'autre.
09:22elle vient coucher chez moi parce que j'ai un petit peu moins choqué qu'elle.
09:26Mais c'est la solidarité.
09:28Mais oui, mais si vous voulez, c'est de la solidarité.
09:30Et c'est tout à fait naturel.
09:31Le sujet n'est pas là.
09:33Mais le sujet est que, comme disait Brigitte précédemment,
09:38on demande à tout le monde d'être sur le pont,
09:41mais même eux, ils sont épuisés.
09:44J'entends.
09:45Il est 11h29.
09:47Chère Céline, un grand merci.
09:48Et quand je vous parlais du triptyque de docteur Hamon,
09:52il disait médecin généraliste, infirmier, auxiliaire de vie.
09:55Voilà ce sur quoi il faut investir pour aider nos soignants.
09:59Il est 11h, nos seniors.
10:01Il est 11h29.
10:01On revient dans un instant.
10:0201 80 20 39 21.
10:05Je vous rappelle que c'est le numéro du standard.
10:06Si vous souhaitez réagir en direct dans l'émission,
10:08et le devalez-vous, ça continue bien sûr jusqu'à 13h.
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