00:00Et dans le studio d'Europe 1, et là nous allons en venir aux choses sérieuses, nous sommes également avec Pierre Noisa, merci d'être avec nous Pierre Noisa, vous êtes président fondateur de Paymium, qui est une société dans la crypto-monnaie, et votre fille, il y a quelques mois, a subi une tentative d'enlèvement, c'était en plein cœur de Paris, en mai 2025, et notre premier thème ce matin, et je le propose aux auditeurs, c'est sur l'insécurité,
00:27et la question qu'on pose, c'est qu'attend Emmanuel Macron ? Ça fait 9 ans qu'il est à la tête du pays, et l'insécurité explose en France, les chiffres de l'indélinquance également, et notamment des violences sur les personnes, mais peut-être qu'aux yeux de l'Elysée, nous allons pendant les prochaines minutes brainwacher sur les faits divers.
00:48J'ai fait une promesse à Florence hier, Florence est la maman de Théo, Théo qui a été, vous le savez, chers auditeurs d'Europe 1, si vous nous suivez quotidiennement, agressé il y a tout juste une semaine,
01:00violemment agressé, pour un téléphone, des individus, des lâches, des barbares se sont attaqués à Théo à coups de pied sur la tête, Théo 19 ans s'est vu partir.
01:10Et une semaine plus tard, qu'est-ce qu'on apprend ? Eh bien que les 5 suspects qui sont impliqués dans l'agression de Théo ont été relâchés, placés sous contrôle judiciaire.
01:23Et pour la maman de Théo, c'est absolument insupportable de voir à quel point la victime dans cette affaire est délaissée par la justice.
01:33Et la maman de Théo n'est absolument pas dans un désir de vengeance, il n'y a aucune haine, aucune volonté de diviser les Français,
01:42mais de réveiller l'État, et notamment le chef de l'État, en lui disant, écoutez-nous, aidez-nous, parce que vous avez une France honnête,
01:53une France qui travaille, une France qui avance, qui aspire à de belles choses,
01:56et qui voit sa vie basculer parce qu'elle est confrontée à cet ensauvagement de la société.
02:04Et cette émission, Eliott de Vallée-Vous, cette promesse qu'on fait, c'est de donner la parole, bien sûr, aux auditeurs,
02:09de donner la parole à la France silencieuse, et on a l'honneur et la chance d'avoir une marraine pour cette émission.
02:15Cette marraine, c'est Harmonie Commine.
02:17Et dans l'histoire, Harmonie Commine, il y aura finalement un avant et un après,
02:24puisque Harmonie Commine est la veuve d'Éric Commine, gendarme tué en 2024 après avoir été percuté par un chauffard,
02:30un délinquant multirécidiviste, et Harmonie Commine a eu le courage de prendre la parole pour dire
02:38« La France a tué mon mari », elle parle de l'État français qui n'a pas su protéger, justement,
02:43la société de ces bombes à retardement.
02:47Et depuis la prise de parole d'Harmonie Commine,
02:50beaucoup de maires ont décidé de prendre la parole,
02:53et on les appelle désormais les maires courage.
02:55On pense à la maman d'Elias, on pense aussi à la maman de Lola, qui a pris la parole,
03:00les parents de Philippines également.
03:03Je pense à Claire Géronomy, qui n'est pas maman, mais qui elle-même a été victime d'un viol
03:08par un individu qui était sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français.
03:13Et à chaque fois que je prends l'antenne sur Europe 1, j'ai une pensée pour Harmonie Commine,
03:19qui est en direct avec nous aujourd'hui.
03:21Cher Harmonie Commine, merci d'être avec nous.
03:24Bonjour Idiot, et bonjour à toute l'équipe.
03:26Ça me fait plaisir de vous avoir en direct, cher Harmonie.
03:30C'est toujours évidemment un bonheur de pouvoir échanger avec vous.
03:35Et vous ne pouvez pas imaginer l'honneur que j'ai de pouvoir échanger à chaque fois,
03:45et de vous donner la parole.
03:47Et si aujourd'hui je fais cette émission, et si aujourd'hui je souhaite donner la parole aux Français,
03:55c'est aussi parce que vous êtes en quelque sorte une boussole pour moi, Harmonie Commine.
04:00Je vous propose d'écouter, cher Harmonie, Florence.
04:04Je ne sais pas si vous avez entendu parler de cette agression de son fils,
04:08et je ne sais pas si vous avez pu entendre hier ces mots absolument bouleversants.
04:13Je vous propose qu'on la réécoute pour les auditeurs d'Europe.
04:16Un jour, on m'a posé mon enfant sur le ventre,
04:18et je me suis promis de le protéger jusqu'à sa mort.
04:20Et je ne pensais pas, vous voyez, on a eu un enterrement familial hier,
04:23et on a eu cette cérémonie difficile.
04:26Et là, en fait, mon fils, pendant tout l'enterrement de son cousin,
04:29m'a dit, maman, ça devrait être moi là, et je suis là.
04:32Voilà la réponse de mon fils de 19 ans, et après il est allé sur la radio,
04:36et il a eu le courage de dire, il ne faut pas de haine.
04:39Il ne faut pas de haine, donc, ce n'est pas un fait divers.
04:41Je suis brisée, on est brisés.
04:43M. Macron, c'est une honte, c'est une honte, votre réponse.
04:47J'attends un appel et des excuses.
04:50Harmonie Commine, est-ce que lorsque vous entendez la colère de Florence,
04:54en quelque sorte, vous vous retrouvez dans ces mots ?
04:59Oui, oui, oui, bien évidemment.
05:03J'aimerais, Elliot, si vous me permettez, faire un petit retour en arrière dans le passé.
05:08Avant, Badinter, on punissait les personnes, l'auteur,
05:11à cause du fait qu'il avait commis, que ce soit une agression,
05:14que ce soit un vol, que ce soit un viol.
05:16J'en passe.
05:17Badinter, lui, il a voulu initier une prise en charge globale de l'auteur dans son action,
05:21faire une action un peu plus d'une approche plus humaniste.
05:24On est passé d'une approche, eh bien, d'effet à une logique de l'auteur.
05:29Et il a aussi initié le début de la suppression des peines planchées.
05:34Et ses démarches ont signé le début d'une débandade de notre justice.
05:382014, on a Taubira, garde des Sceaux,
05:40qui fait passer la suppression des peines planchées,
05:42dans une objectivité de continuité,
05:44mais aussi une économie du taux et des diminutions d'emprisonnement.
05:48Et par ailleurs, on considère que l'auteur, il est victime d'une société,
05:53victime d'un échec social.
05:56Il n'a pas connu, puis il n'a pas connu son père.
05:59On va lui trouver toutes les excuses du monde.
06:02Et en l'occurrence, je pense à ses adolescents de 14 et 15 ans
06:05qui ont agressé ce jeune Théo.
06:08La justice, elle, elle a multiplié les alternatifs aux sanctions,
06:11bracelet électronique, contrôle judiciaire, stage de réinsertion,
06:15accompagnement social.
06:16Et le top du top, je vous dirai, Eliott, c'est le sursis.
06:19Le sursis qui ne sert strictement à rien.
06:22Dans ses démarches, l'auteur, lui, il est vu comme une victime de la société.
06:28Et dès lors, aujourd'hui, les infractions, les délits, les crimes
06:31ne font plus peur aux auteurs, car il n'y a plus de vraies sanctions pénales.
06:37C'est ça, en fait, le problème aujourd'hui.
06:39C'est qu'il n'y a plus de sanctions pénales.
06:41Les auteurs n'ont pas peur de la justice.
06:43Il suffit de voir le taux de récidive qui atteste de l'échec global de notre justice
06:49depuis 40 ans, 4 décennies.
06:53Le constat, c'est un constat, c'est une vision humaniste qui est franchement candide.
06:58Elle ne fonctionne pas.
06:59Ça, c'est la réalité, ça ne fonctionne pas.
07:02Et qu'on ne me dise pas que les tribunaux sont surchargés,
07:06parce qu'en fait, ce sont les magistrats qui ont suivi cette ligne de conduite,
07:09qui ont une vision à court terme.
07:13Donc, il n'y a pas de sanctions pénales.
07:15Donc, limite, s'il y avait une vraie sanction pénale,
07:17il y aurait certainement moins de récidives,
07:20et donc moins de procédures, et donc moins d'engorgements des tribunaux.
07:23Aujourd'hui, Théo est victime de notre société qui est totalement défaillante.
07:28Elle ne nous protège pas, elle ne nous protège plus depuis bien des années.
07:31Mais les récidivistes, qui sont âgés seulement de 14 et 15 ans,
07:36n'ont pas peur, car ils savent pertinemment qu'ils n'auront pas ou peu de sanctions pénales.
07:41Cette approche trop humaniste est encore plus flagrante avec les auteurs mineurs,
07:45parce que l'excuse de la minorité les déleste complètement de la responsabilité civile,
07:50la responsabilité, pardon, des actes qu'ils ont commis.
07:53Moi, je me sens concernée, effectivement, parce que mon mari a été tué.
07:59Mais je m'imagine à la place de cette maman qui doit être abîmée, vraiment.
08:06Et surtout, ce pauvre gamin qui ne peut certainement plus oser sortir.
08:11Vraiment, j'ai beaucoup de peine pour eux.
08:13Et c'est pour ça que je voulais vous avoir, chère Harmonie Comine, ce matin,
08:16parce que, naturellement, quand j'ai entendu Florence prendre la parole,
08:22avec beaucoup de courage, beaucoup de dignité,
08:24quand Théo a pris également la parole, lui aussi avec beaucoup de dignité,
08:29j'ai directement pensé à vous.
08:33Et je le pense, mais vraiment du plus profond de mon être,
08:35je crois que l'acte de courage que vous avez eu au moment de la mort de votre mari,
08:45a réveillé des consciences, a éveillé les Français qui se taisaient
08:50lorsqu'ils étaient victimes de cet ensauvagement de la société,
08:55victimes d'une injustice avec un grand I,
08:58et aujourd'hui préfèrent prendre la parole, se mobiliser.
09:03Et je sais que Florence souhaite lancer une mobilisation à Lyon, mardi,
09:10avec plusieurs familles lyonnaises, avec les politiques, avec la presse,
09:13mais peut-être qu'un jour, dans les prochains mois, vous, famille de victimes,
09:18vous lancerez une grande mobilisation nationale, avec une grande marche,
09:22une grande manifestation, que sais-je, pour aussi réveiller un État qui est défaillant.
09:29Georges Frenec.
09:30Je ne suis pas sûre qu'une marche blanche suffirait,
09:34je pense sincèrement que c'est un collectif de victimes et de familles et de victimes
09:38qui doit être créé, et qu'on mène une action contre l'État.
09:42Et ça, moi, je ne vous cache pas que c'est un de mes projets,
09:44une bataille après l'autre,
09:47mais je pense que sincèrement, il faut qu'on crée un collectif,
09:50et qu'on aille beaucoup plus loin, parce qu'une marche blanche, ça va...
09:53J'imaginais pas tant une marche blanche, chère Harmonie Comine,
09:57mais quand on a une France en danger, comme aujourd'hui,
10:01avec des Français qui sont en grande difficulté aujourd'hui,
10:04d'avoir une mobilisation regroupant des dizaines de milliers de personnes,
10:10que sais-je, non pas dans la violence, bien sûr,
10:13mais j'ai pensé à ça au moment de la déclaration de Florence hier,
10:19qui souhaitait se rassembler.
10:20On est au-delà du « vous n'aurez pas ma haine »
10:22ou d'une marche blanche.
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