00:00Mais d'abord, faut-il un congé climatique ? Qu'est-ce que vous êtes pour ?
00:04Déjà, bonjour, merci pour l'invitation.
00:07Et merci, M. le Président, d'être venu parler de votre organisation représentative,
00:11vous représentez les petits patrons, les PME, les petites boîtes, et les entrepreneurs.
00:17Et moi, vous savez, je pense que déjà, il faut arrêter de toujours penser que la solution, c'est de
00:22travailler moins.
00:23Ça, j'ai l'impression qu'à chaque fois, dès qu'il y a quelque chose, la solution, c'est
00:25de travailler moins.
00:26Enfin, il faut faire confiance aux entreprises, à leurs salariés, il faut faire confiance aux filières.
00:33Parce que, vous savez, dans les métiers, on a des solutions à chaque fois.
00:36Je vous donne un exemple, mais la filière du bâtiment, lorsqu'il fait très chaud, ils ont des règles.
00:41Ça veut dire qu'ils travaillent très tôt le matin, et puis ils travaillent plus tard le soir.
00:44Et après, dans les heures où il fait très chaud, ils ne travaillent pas.
00:46Ce sont des négociations collectives qui ont lieu avec les organisations syndicales,
00:50où vous adaptez la loi aux contraintes du métier.
00:54Quand vous êtes en extérieur en charpente, ce n'est pas la même chose qu'en vous êtes dans une
00:57boucherie climatisée.
00:58Exactement.
00:59Et encore une fois, en France, on veut faire une loi pour tout le monde,
01:02alors qu'on pourrait juste faire confiance aux entreprises, aux salariés,
01:06alors aux représentants des salariés, donc aux syndicats de salariés,
01:08pour trouver les bonnes réponses en fonction des cas.
01:11Dans les entreprises, dans vos entreprises,
01:14est-ce qu'il y a de la négociation dans les entreprises sur
01:17« on s'arrange quand il fait trop chaud, on récupère plus tard, quand il fera meilleur »,
01:21comment ça fonctionne ? Expliquez ça aux Français, comment ça marche dans vos boîtes ?
01:25Vous savez, dans les entreprises de 1, 2, 5, 10, 15, 20, 30 salariés,
01:29le chef d'entreprise, il parle directement avec les salariés.
01:31On trouve des solutions, parce que l'intérêt du chef d'entreprise, c'est quoi ?
01:35C'est que les salariés, ils soient bien dans le travail,
01:37ce n'est pas qu'ils se retrouvent avec un arrêt maladie
01:39parce qu'ils ont travaillé en pleine canicule.
01:41Donc, à chaque fois, le dialogue, il est direct.
01:43On trouve des solutions, c'est la vraie vie, en fait.
01:45La vraie vie, c'est ça.
01:46La vraie vie, c'est des chefs d'entreprise avec des salariés dans ces entreprises-là
01:48qui parlaient, qui trouvent des solutions ensemble.
01:50Alors, en Espagne, le gouvernement socialiste, l'année dernière,
01:54de M. Sanchez, a créé un congé climatique de 4 jours.
01:57C'est une sorte de droit de tirage,
01:58parce que l'Espagne est un pays qui est difficile pour la chaleur,
02:02notamment dans le sud.
02:04Mais c'est un pays qui connaît 3,5% de croissance en 2024,
02:092,8% en 25, c'est-à-dire presque 3 fois ce que nous connaissons en France,
02:14qui a un déficit public de 2,2%,
02:16où on est à 5,5%, bientôt 6%,
02:18et qui va connaître un excédent primaire qui permet de diminuer la dette.
02:22En fait, c'est la réussite européenne.
02:24Ils sont à l'origine de 40% de la croissance européenne.
02:29Le gouvernement a dit, les problèmes climatiques,
02:32on va les régler par la loi pour tout le monde.
02:34Là, ils ont fait le contraire de ce que vous suggérez.
02:37Mais il y a des augmentations de salaires de 3,5% en 2025.
02:41C'est vous dire que c'est un pays qui devient de plus en plus prospère.
02:44Nous n'avons pas cette prospérité.
02:46Donc, comment on fait quand on n'a pas cette prospérité ?
02:49Et que néanmoins, il y a des revendications qui s'exercent.
02:52Comment vous régler le problème des salaires ?
02:54Comme les Espagnols sont en train de redistribuer une partie pour les salariés
02:57de cette prospérité collective.
02:59C'est une très bonne question parce que, comme vous l'avez dit,
03:01c'est un pays qui a de la croissance.
03:03C'est un pays qui crée de la valeur.
03:04Et quand on crée de la valeur,
03:05après on peut débattre de la répartition qu'on fait.
03:08Or, le problème en France, c'est qu'on n'arrête pas de parler de répartition
03:11au lieu de parler de créer de la valeur.
03:12Alors, regardez aujourd'hui, dans tous les débats politiques,
03:16dans tous les débats publics, est-ce que quelqu'un dit
03:17comment on fait pour atteindre 2% de croissance pour le pays ?
03:20Parce que si on atteint 2% de croissance,
03:21oui, à ce moment-là, on peut parler de comment on crée des nouveaux droits,
03:25comment on fait pour que cette richesse soit mieux répartie.
03:28Mais aujourd'hui, personne ne parle de ça.
03:29On parle à chaque fois de nouveaux droits,
03:30sans parler de créer de la valeur pour financer ces nouveaux droits.
03:33Et donc, ça, c'est le mal français.
03:34Ce que nous, on dit, les entrepreneurs,
03:35c'est que l'objectif qu'il faut se fixer pour la France,
03:38c'est que dans le prochain quinquennat,
03:40il faudra faire 10% de croissance du PIB.
03:42Ça veut dire 2% par an.
03:43Pourquoi faire 2% par an ?
03:44Parce que si on fait ça,
03:45on peut enfin financer mieux notre modèle social,
03:48on peut enfin parler de comment on redistribue la valeur.
03:51Et c'est comme ça qu'on peut également mieux payer les salariés.
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