- il y a 6 jours
Pour comprendre l'état de la France, sans avoir à se plonger dans l'économie, l’analyse fine d’un secteur agit comme un révélateur. C’est le cas du secteur de la mobilité, décrypté par Mediatransports dans Ligne(s). Regards croisés sur cette publication.
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00:12Bonjour, nous sommes ici pour parler mobilité, la mobilité qui est un peu le carbone 14 des
00:17transformations de la société française, de la métropolisation à la transition écologique,
00:22en passant par les nouvelles organisations du travail, les inégalités potentiellement
00:26territoriales ou la révolution numérique. Finalement, à travers l'analyse des flux, des usages et des
00:32infrastructures dont on va se parler, on voit un peu se dessiner une nouvelle géographie sociale et
00:38économique. C'est le sujet qui nous réunit et l'objet quelque part qui nous réunit s'appelle
00:43Ligne. Vous le voyez derrière nous en plateau pour ceux qui ont l'image. Ligne, c'est un contenu
00:48éditorial qui a été publié par Médiatransport et on va justement en parler tous ensemble à
00:54l'initiative de Valérie Descamps, qui est directrice générale de Médiatransport. Bonjour Valérie.
00:58Bonjour Charlotte.
01:00Je précise qu'avant de devenir directrice générale de Médiatransport, vous avez œuvré en presse et
01:07notamment à la tête et au lancement d'un titre bien connu du secteur des transports puisqu'il
01:11s'agissait de métro et avant cela aussi à la tribune. Depuis, vous avez donc pris la tête de
01:16Médiatransport qui, pour ceux qui ne le savent pas, est la seule régie française qui est exclusivement
01:20dédiée aux transports. Donc, c'est à la fois celle de la RATP, de la SNCF avec chacune des
01:27entités qu'on pourra nommer, qu'il s'agisse de Métrobus ou de Médiagare. Nous sommes aussi
01:32entourés de Raphaël Pauly. Bonjour Raphaël. Bonjour.
01:35Raphaël, vous êtes aujourd'hui directeur général adjoint de SNCF Gare et Connexion et président
01:40de Retail et Connexion. C'est ça, c'est en fait l'infrastructure et l'expérience en gare.
01:45Deux entités donc du groupe SNCF que vous avez rejoint en 2014, notamment en travaillant à la
01:51transformation du groupe et à la transformation digitale du groupe.
01:56Tout à fait, j'étais directeur de la stratégie du groupe SNCF au moment où il y avait des réformes
02:01en matière d'ouverture de la concurrence ou de reprise de dettes, enfin tout sujet qui nous occupe au
02:07quotidien. Et un sujet que vous n'avez pas lâché depuis, après l'avoir embrassé après un parcours,
02:11des expériences plutôt, au service de l'État, notamment en collectivité territoriale ou en
02:16cabinet interministériel. Et puis Éric Chariron. Bonjour.
02:19Bonjour Éric. Vous êtes un spécialiste de ces questions, un spécialiste à la fois des
02:24transports et de l'aménagement du territoire. Deux sujets qui vous ont occupé de nombreuses
02:29années, dont les dernières passées chez Keolis, à travailler à la direction de la prospective
02:36des modes de vie et de la mobilité et finalement au croisement de ce que ces deux sujets peuvent
02:43raconter sur l'époque.
02:45Absolument.
02:46Alors peut-être qu'on peut commencer justement par se parler de lignes et essayer de comprendre
02:51ce qui a poussé cette démarche et ce que vous avez voulu raconter à travers cette publication.
02:58Eh bien pour toutes les raisons que vous avez énoncées lors de votre introduction, parce que
03:02les mobilités aujourd'hui touchent beaucoup plus que les transports en eux-mêmes. Ça
03:07touche à nos modes de vie, à l'économie, à l'urbanisme, à l'environnement, au numérique
03:12et c'est devenu le véritable système nerveux en fait d'une certaine façon de nos modes
03:16de vie, de nos villes, voire de certaines nations. Donc ça nous paraissait intéressant
03:22de pouvoir avoir une approche beaucoup plus pédagogique parce qu'aujourd'hui c'est vrai
03:27que quand on parle des mobilités ou des transports, ce sont souvent des experts qui
03:31s'adressent à d'autres experts. Et si le grand public utilise largement et de plus
03:36en plus d'ailleurs les transports quotidiens, ils ne savent absolument pas tout ce qui se
03:42joue derrière en termes d'infrastructures, en termes de projets, en termes de rénovations.
03:48On reparlera j'imagine du projet que moi je considère comme le projet du siècle qui est
03:53le Grand Paris. Je crois qu'aujourd'hui les Parisiens et les Franciliens se plaignent
03:58des travaux mais se rendent-ils compte du service qu'ils auront demain grâce à ça.
04:04Donc on a eu envie aussi de saluer en fait toutes ces entreprises, beaucoup publiques
04:10mais pas que, qui œuvrent sur ce segment. Et puis on s'est senti totalement légitimes
04:16parce que, vous l'avez dit aussi, nous sommes une régie qui aime les transports. C'est notre
04:22univers, on ne fait que ça, que les transports publics, la RATP, la SNCF qui sont des grands
04:27contrats, mais aussi beaucoup en région. Nous sommes partout présents et donc on s'est
04:31senti légitimes pour pouvoir justement proposer cette publication qui a été nourrie en grande
04:38partie par des experts dont Éric est avec nous aujourd'hui et qui, je pense, apporte
04:44aux lecteurs une véritable nouvelle version, en fait une nouvelle lecture de ce que peut
04:51représenter aujourd'hui ce secteur, le secteur des transports publics.
04:55Je confirme pour ne pas être experte du secteur et pour l'avoir lu, puisqu'on y trouve à la
04:59fois un instantané du sujet, une lecture, un décryptase des gens structurants du marché
05:05et puis c'est l'occasion aussi de découvrir, pour mon cas, redécouvrir pour certains l'histoire
05:11de nos mobilités avec beaucoup de chiffres clés, d'anecdotes aussi amusantes. Moi, je ne
05:18savais pas que, par exemple, Paris avait vu l'apparition des carrosses aux cinq sous,
05:22c'était en 1662, aux cinq sols, les sols étant des sous, en tout cas, la bonnet de
05:29l'époque, oui absolument, où les chevaux et finalement les problèmes, bien représentés,
05:34les 80 000 chevaux qui peuplaient Paris dans les années 1900. C'est mon billet de parisienne,
05:39excusez-moi, mais du coup, peut-être si jamais je devais vous demander quel est-vous
05:43le chiffre ou l'année clé que vous auriez retenue et que vous auriez partagée, laquelle
05:49serait-ce ? Alors, qui se lance ?
05:51Alors, moi, je choisirais plutôt une date qui n'est pas forcément en rapport avec la
05:54publication ligne, qui est en rapport plutôt avec nous. 1949, c'est la création de la Régie
06:01autonome des transports parisiens et c'est la création aussi de notre société
06:04Métrobus qui, depuis nativement, comme on dit aujourd'hui, nous étions donc la Régie
06:09publicitaire de la RATP. Une autre date très importante, 2008, puisque c'est l'année du
06:17gain de la SNCF, cette fois-ci, contrat extrêmement important parce qu'il nous a permis de rayonner
06:22sur l'ensemble de l'Hexagone. Et puis, plus récemment, 2025, le gain de la Société des
06:29Grands Projets ou du Grand Paris, vous savez pas comment on dit ? Donc, ça nous positionne
06:33vraiment, je parlais tout à l'heure de légitimité, depuis 1949, on intervient dans ces environnements
06:40du quotidien, on connaît les contraintes, on connaît les rythmes, on connaît les publics qui ont
06:46énormément évolué, évidemment, ces dernières années. Et voilà, ça nous pose, en tout cas, comme un
06:53exploitant fiable et solide et qui nous permet aujourd'hui de faire part de ce débat, à ce débat.
06:59Absolument. Qui se lance ? Raphaël ?
07:03Alors, peut-être en remontant un peu plus dans le temps, pour prendre un peu de recul temporel, c'est
07:091827.
07:101827, c'est la création de la première ligne de chemin de fer entre Saint-Étienne et Andrézieux.
07:16Il s'allait vers un port, en fait, pour transporter du charbon. Et je pense au XIXe siècle, il est
07:22fondateur
07:22aussi, puisque tout le monde a entendu parler de la comtesse de Ségur, j'imagine. Mais est-ce que vous
07:27avez
07:27entendu parler du mari de la comtesse de Ségur ?
07:30C'est bien, pour une fois que c'est dans ce sens-là, excusez-moi.
07:32Oui, je n'en souviens plus.
07:33Alors, le mari de la comtesse de Ségur, en fait, c'est un dénommé Louis Hachette et il a voulu
07:38imprimer
07:39les livres de sa femme, les fameux contes de Sophie, et les vendre en gare. Donc, c'est la première
07:44fois
07:45qu'on a à la fois l'infrastructure au milieu du XIXe siècle et les activités, on va dire, le
07:50deuxième pied de
07:51de gare et connexion, à savoir toutes les activités commerciales, culturelles qu'on peut avoir en gare.
07:56Donc, dès le départ, on a les deux pieds de la gare, à la fois l'infrastructure et la vie
08:00en gare.
08:01Super, j'adore ces anecdotes.
08:02Eric ?
08:03Moi, j'aurais tendance à privilégier 1973.
08:081973, c'est le coup de semence qui a tétanisé un peu le monde occidental à l'époque, avec la
08:14crise du pétrole,
08:15mais une crise majeure, comme on n'imagine pas aujourd'hui quelles étaient les conséquences et le nombre de pénuries,
08:20etc.
08:21Et ça a permis, effectivement, celle-ci a eu un effet politique derrière, c'est-à-dire que c'est
08:26de là que date
08:27la création de ce qui s'appelait à l'époque le versement de transport, qui est devenu le versement de
08:32mobilité,
08:32et qui était une fiscalité dédiée au financement des transports publics, uniquement dédiée à ça.
08:38Et c'était prélevé sur la masse salariale des entreprises, à l'époque, de plus en salariés, à un taux
08:44de 1%,
08:45et qui était, je dirais, pour les villes de plus de 100 000 habitants.
08:49Donc ça a été mis en place progressivement, puis étendu.
08:51Et à partir de là, il y a eu un bouleversement absolu.
08:54C'est-à-dire que les réseaux urbains dans les villes de cette taille-là étaient des réseaux qui étaient,
09:00quelque part,
09:00qui étaient dans une spirale descendante, parce que c'était de la période des années 60, la place aux toutes
09:06automobiles.
09:07Le tramway, il gênait, donc on le virait, le tramway.
09:09Oui, on mettait des bus à la place, où les bus, on les virait, et c'était toute la place
09:15aux voitures.
09:15Et à partir de ce moment-là, il y a eu renouvellement des flottes, modernisation,
09:19nouveau type de contrat, tarification unique et simplifiée, etc., dans la quasi-totalité des villes,
09:25doublement, voire triplement de l'offre offerte aux citoyens.
09:29Et de là a commencé, en fait, la régénération de ce qui est aujourd'hui un élément clé de la
09:35qualité de vie dans les grandes villes,
09:37que sont les transports publics modernes.
09:39Et c'est ce qui a permis la deuxième innovation, je dirais, pour moi, majeure,
09:43alors que l'île-louin me pardonne, parce que je pense que c'est 1982,
09:46c'est le lancement du métro automatique, du premier métro automatique,
09:50sur la ligne 1, entre 4 cantons, le Villeneuve-d'Asse, et d'autre part, l'hôpital, le CHU.
09:57Donc, la communauté urbaine de Lille lance ça, et c'est effectivement un tapis roulant.
10:02C'est-à-dire qu'on a affaire, avec un métro automatique,
10:05à un système qui permet d'offrir, quelle que soit l'heure, quel que soit le jour,
10:09quelle que soit l'affluence des événements,
10:11une bonne fréquence qui peut satisfaire les besoins
10:15qui commencent à être en évolution de la société.
10:17C'est une excellente introduction, finalement, à ce dont on va continuer à parler,
10:21à la fois en termes de financement, puisque c'est un vrai sujet aujourd'hui,
10:24un des principaux enjeux, d'ailleurs, à adresser,
10:26et puis parce que, finalement, on se rend compte aussi à quel point
10:28nos mobilités ont littéralement été bouleversées,
10:35et notamment assez récemment.
10:36On peut parler, puisque vous parliez de la voiture,
10:39mais on peut parler aussi de l'explosion de la marche à pied,
10:41qui devient aussi le premier mode de transport dans certaines villes.
10:44On peut parler, bien sûr, de la place du vélo,
10:46même si en fonction, à nouveau, des territoires, elle est inégale.
10:49Et puis, on pense aussi à l'explosion des mobilités partagées,
10:53qui est assez nouvelle, en tout cas à l'échelle des dates qu'on vient de citer.
10:58Si on s'attache à, cette fois, notre monde contemporain,
11:03je pense qu'on a tous une vision assez claire,
11:05en tout cas ceux qui ont une ligne et qui le feront,
11:08de l'état de nos mobilités à date.
11:11Mais qu'est-ce que ça raconte, finalement,
11:13sur l'évolution de la société, sur l'époque ?
11:16Qu'est-ce qu'est la partie immergée de l'iceberg pour vous ?
11:19Pour moi, dans les grands oubliés de la mobilité,
11:24ou les éléments qu'on voit peu ou qu'on ne voit pas,
11:27pour tout un tas de biais qu'on verra peut-être après,
11:29moi, je dirais le premier, c'est l'effacement des individus derrière les flux.
11:34Dire que la politique de la mobilité,
11:36elle a été conçue d'abord pour dimensionner une infrastructure,
11:40qui date d'ailleurs de cette réflexion des années 70.
11:43Est-ce qu'il faut construire un métro de quatre caisses comme à Marseille ?
11:47Ou est-ce qu'il faut construire un métro de trois voitures,
11:502,90 mètres de large comme à Lyon ?
11:51Ou un métro rapide de 2 mètres ?
11:53Ou un tramway, un grand tramway, etc.
11:55Et donc, tout est basé sur le dimensionnement d'infrastructures
11:59dont ce qui nous intéresse, souvent, ce sont les flux.
12:03Mais derrière les flux, il y a des individus.
12:06C'est-à-dire que nous, on a tendance à croire
12:08que quand on voit des bus, des métros, des trains,
12:11des échangeurs routiers qui sont pleins aux mêmes heures le matin
12:14et le même soir, très facilement, on a tendance à penser
12:17que ce sont les mêmes personnes.
12:18Mais non.
12:19C'est-à-dire que si un jour, vous voyez 10 000 voitures sur un échangeur,
12:23si vous mettez des lectures automatiques de plaques d'immatriculation
12:27à l'entrée de certaines villes,
12:29ce qu'a fait la métropole européenne de Lille à une époque,
12:31vous vous rendez compte que 35 % des plaques d'immatriculation
12:34sont différentes d'un jour sur l'autre à la même heure.
12:36Et le volume est identique.
12:38Et c'est pareil dans les transports pliques, dans les métros, les tramways.
12:41On a à peu près 30 à 35 % des gens qui sont présents un jour,
12:45qui ne sont plus là le lendemain, mais qui sont remplacés par l'autre.
12:48Et c'est encore plus fort sur les moments où on a l'impression qu'on ne voit personne.
12:52C'est-à-dire que vous vous dites, par exemple,
12:54« Oh, le dernier trajet, il y a 10 personnes dedans, ce n'est pas beaucoup. »
12:58Et en général, quel que soit, que ce soit un TER, que ce soit un quart,
13:01que ce soit un bus, que ce soit un tramway,
13:03quand vous avez 10 personnes, des individus physiques,
13:06en chair et en os, comme vous et moi, un soir,
13:08ça veut dire qu'ils sont à peu près 50 différentes
13:10à être bénéficiaires du service sur une semaine,
13:13et entre 120 et 150 sur un mois.
13:15Ce n'est plus du tout la même histoire.
13:1810 un soir, c'est ce qui permet de dimensionner.
13:20Est-ce qu'il faut mettre un grand bus, un petit bus,
13:23un quart au lieu d'un train, etc.
13:25Mais par contre, 150, on voit bien l'utilité sociale.
13:28Mais ça ne s'applique pas à la mobilité.
13:29Ça s'applique à tous les équipements publics d'une ville.
13:32Et donc, il y a un peu un effacement, je dirais,
13:35une invisibilisation du nombre d'individus différents
13:38parce qu'on résonne sur des grandes masses.
13:41Et le masse transit est d'ailleurs un mot qui n'est pas très bon.
13:43Alors, le deuxième point, si je peux me permettre...
13:45Oui, j'allais demander peut-être un regard.
13:47Non, non, mais je vous redonne la parole.
13:49Mais quand je vous entends parler, justement, de flux et de ces données,
13:52j'ai envie de poser la question à Valérie de savoir si les données
13:56que vous exploitez...
13:58C'est fondamental.
14:00On reviendra peut-être encore plus précisément sur la data
14:02et le rôle essentiel.
14:04Mais nous, en fait, effectivement, les flux,
14:07dont Éric Charire, on parle, en fait, pour nous,
14:09on les traduit en flux d'audience.
14:11Donc, c'est vrai qu'aujourd'hui,
14:14les transports, les mobilités représentent des flux
14:17extrêmement importants d'audience,
14:20souvent assimilés, effectivement, à du masse média,
14:23comme on dit aujourd'hui,
14:24au même titre que la télévision, etc.
14:26Nous, ce qu'on fait depuis quelques années
14:28avec différents partenaires,
14:30c'est que, justement, on travaille maintenant
14:32sur le ciblage de masse.
14:34C'est-à-dire qu'on arrive aujourd'hui,
14:36à la demi-heure, par gare, par station,
14:39à reconstituer des groupes d'individus.
14:41Je dis bien des groupes d'individus,
14:42parce qu'il y a des règles RGPD
14:43qu'il faut strictement respecter.
14:45Donc, on ne peut pas descendre à l'individu.
14:47Mais, effectivement, je confirme totalement
14:49que, par demi-heure, par jour nommé,
14:52on ne trouve pas forcément
14:53les mêmes groupes d'individus.
14:55Et donc, c'est un sujet pour nous
14:56en termes de ciblage publicitaire,
14:59parce que, par ailleurs,
15:00les annonceurs sont de plus en plus exigeants
15:02sur des capacités de ciblage.
15:04Donc, nous, il faut qu'on intègre
15:05le plus de data possible,
15:07les nôtres, mais aussi celles de nos partenaires,
15:10pour pouvoir, justement, définir,
15:12redonner de la visibilité, justement,
15:14à l'individu.
15:15Oui, oui, c'est intéressant. Pardon, je vous ai interrompu.
15:17Non, non, mais pas du tout.
15:18Et justement, pour rebondir là-dessus,
15:21l'invisibilité qui est générée
15:24par cette espèce d'invisibilisation,
15:26ce sont les occasionnels.
15:27Toutes les politiques de mobilité,
15:29la majorité d'entre elles,
15:30on ne parle que des abonnés.
15:32Mais pensez que sur TER,
15:3496% des passagers du TER
15:37ne sont pas abonnés.
15:38Ils l'utilisent moins d'une fois par semaine.
15:41Ils l'utilisent une fois par quinzaine,
15:43une ou deux fois par mois,
15:44ou moins souvent.
15:46Et vous avez de l'autre côté,
15:474% des passagers
15:48qui font 55% du trafic.
15:50Et on confond le poids
15:52qu'ils représentent en trafic
15:53avec le poids des individus.
15:56Or, bien évidemment,
15:57ça veut dire que ce sont eux
15:58qui ont besoin de plus d'attention aussi,
16:00parce que quelquefois,
16:01ils le prennent peu souvent.
16:02Donc, ils ont besoin de plus d'aide.
16:04Ils ont besoin de comprendre
16:05comment l'intermodalité fonctionne,
16:07quels sont les tarifs adaptés.
16:08Et donc, ça, c'est vraiment
16:09quelque chose d'important.
16:11Et derrière ces individus,
16:12il faut aussi comprendre
16:13que les individus,
16:15ils sont différents les uns des autres.
16:16Et il y a un aspect aujourd'hui
16:17qui, à mon avis,
16:19trop absent des politiques publiques
16:21et de mobilité,
16:22c'est la prise en compte
16:23de la fragilité
16:25dans une société
16:26de la fragilisation croissante.
16:28C'est-à-dire que, d'une part,
16:29le nombre de personnes
16:30en infection de longue durée,
16:32dans les protocoles
16:33de la sécurité sociale,
16:35atteint aujourd'hui 13 millions et demi.
16:36C'est-à-dire qu'il y a 13 millions de personnes
16:38dont la majorité,
16:40c'est des tumeurs malignes,
16:41cancers,
16:42c'est des maladies cardiaques
16:43et coronaires graves,
16:44c'est effectivement du diabète
16:45ou ce sont des infections psychiatriques
16:47de longue durée.
16:48Je le dis parce qu'à chaque fois,
16:49on peut associer des gens
16:50qui ont aidé à faire connaître
16:52au grand public
16:54la réalité de ce qu'on peut traverser.
16:57Et chaque vécu individuel
16:58est d'ailleurs différent.
17:00Mais qu'est-ce qui caractérise
17:01les gens qui sont malades, d'une part ?
17:03Et là, je ne parle que des infections
17:04en longue durée.
17:05Et d'autre part,
17:06on a aussi la transition démographique.
17:09C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
17:09vous vous rendez compte
17:10qu'en 10 ans,
17:11entre 2015 et 2025,
17:13la société française,
17:15la France,
17:15a progressé d'un peu plus
17:162,5 millions d'habitants.
17:18En 10 ans.
17:2085% d'augmentation,
17:21ce sont des 70-80 ans.
17:23Et ça ne va pas aller en s'arrangeant.
17:25Or, bien évidemment,
17:26ça ne va pas aller en s'arrangeant.
17:28Ça veut dire qu'ils peuvent être
17:29en pleine forme apparente.
17:30Mais on est dans une société
17:32du déni,
17:33du déni en quelque sorte
17:34de la perte
17:35de forme,
17:38d'autonomie, etc.
17:39Donc, on a tendance
17:40qu'on soit malade
17:41ou qu'on ait quelques problèmes
17:44d'audition,
17:45de vue,
17:45d'arthrose, etc.
17:46On avance en âge.
17:47On a tendance
17:48à ne pas vouloir le dire
17:49par estime de soi,
17:51par peur d'embêter les gens
17:52et puis de ne pas avoir envie
17:54d'être enfermé
17:54dans la case de malade
17:56ou de vieux.
17:56Et donc, du coup,
17:57la majorité de ces gens-là
17:59qui prennent de plus en plus
18:00d'importance à la société,
18:01on ne prend pas assez en compte
18:03leurs besoins
18:04tout simplement
18:04parce qu'ils s'effacent
18:06en partie,
18:06en partie d'eux-mêmes,
18:08parce qu'ils ne veulent pas
18:09qu'on en parle.
18:10Voilà.
18:10Et puis,
18:10la quatrième invisibilisation,
18:13on a une vision
18:13qui est très tournée
18:14vers les villes,
18:15mais quand on parle
18:15de villes entre nous,
18:16on pense à Toulouse,
18:17à Bordeaux,
18:18à Lyon,
18:18à Paris,
18:19les métropoles, etc.
18:20Mais il y a 20 millions
18:21de Français,
18:22ils vivent dans des toutes
18:22petites villes,
18:23des bourgs
18:23ou des villages.
18:25Et on parle de précarité,
18:27de la mobilité aussi.
18:28Et on parle de villes
18:29pour des communes
18:30qui n'ont pas de lycée.
18:31Ce ne sont pas des villes.
18:33Je veux dire,
18:33il n'y a pas de lycée,
18:34il n'y a pas un médecin généraliste.
18:36Quelquefois,
18:36il n'y a même pas
18:36de chirurgien dentiste.
18:38Ce ne sont pas des villes
18:39où nous, on l'entend.
18:40Et ce que je veux dire,
18:41c'est que quelque part,
18:41il y a une espèce
18:42d'effacement
18:44des 25 millions de Français
18:45qui vivent
18:46dans des petites villes,
18:47dans des bourgs,
18:48des petits bourgs
18:49ou des communes rurales
18:50dans la France aujourd'hui.
18:51Raphaël,
18:52beaucoup d'informations
18:53partagées par Éric.
18:54J'avais une question pour vous
18:55pour revenir sur le premier point
18:56qui était celui de la masse
18:57et des individus
18:58et qui se traduit aussi
18:59par une explosion
19:00vous concernant
19:01du nombre de personnes
19:02qui empruntent chaque jour
19:04aussi bien les TGV
19:05que les trains.
19:06Et puis,
19:07sur les infrastructures
19:08héritées de ces périodes
19:09qu'on évoquait tout à l'heure
19:10et leurs transformations.
19:11Peut-être,
19:12vous avez envie d'abord
19:12de réagir.
19:13Effectivement,
19:13ça résonne beaucoup
19:14parce qu'en chiffres,
19:15on a 10 millions de personnes
19:16qui, matin et soir,
19:18passent dans l'au-garre.
19:19Et sur l'année,
19:20on a plus de 25 millions
19:21de visiteurs uniques
19:21qui passent avec,
19:22effectivement,
19:24des partages
19:24qui sont non récurrents.
19:27Après,
19:27l'adaptation des gares
19:29à chaque type de public
19:30et effectivement
19:31à la question du vieillissement,
19:32c'est quelque chose
19:33qui est pris en compte
19:34à travers les schémas
19:35d'accessibilité.
19:36On a à l'heure actuelle
19:37plus de 90%
19:38de nos gares
19:39qui sont accessibles,
19:39enfin,
19:39toutes celles qui veulent l'être
19:40sont en train
19:41de devenir accessibles.
19:43Le sujet va s'accentuer
19:44mais ce travail-là,
19:46il est déjà entamé.
19:47ça correspond à une partie
19:51significative
19:52de nos investissements.
19:53On investit environ
19:53un milliard d'euros par an
19:54et une partie liée
19:56à la question
19:56de cette accessibilité-là.
19:58Et par rapport
19:59à votre question
20:00sur l'évolution,
20:02c'est bien en fait
20:02que les gares
20:04sont au cœur
20:06de la transformation
20:07des mobilités
20:07et ont évolué
20:09en fait avec la société.
20:10La gare,
20:11le centre-ville,
20:12la société,
20:13c'est des choses
20:13qui évoluent
20:14depuis l'invention
20:15des mobilités.
20:15vous avez l'invention
20:16des gares par exemple
20:18sur le Paris-Orléans-Blois,
20:21enfin,
20:21sur cette ligne
20:21de l'ouest de la France.
20:23Et là,
20:23vous aviez les gares
20:24avec du ferroviaire,
20:26avec du tramway
20:27et du cheval,
20:28entre guillemets.
20:29C'est un lieu
20:29où les gens se retrouvaient.
20:31Et au fur et à mesure
20:32dans l'histoire,
20:34quand la mobilité
20:35ne va pas bien,
20:36les villes ne vont pas bien.
20:37Et les cœurs de villes
20:38ne vont pas bien.
20:39Et depuis quelques années,
20:40qu'est-ce qu'on voit ?
20:41On voit que les pouvoirs publics
20:43se préoccupent
20:44et des centres-villes
20:45et de la mobilité.
20:46Et on est sur un cycle
20:48de développement
20:48ultra positif
20:50depuis 2015-2018
20:52où il y a vraiment
20:53un investissement
20:54qui est fait
20:54dans les mobilités
20:56tel que ça n'a jamais été fait
20:58depuis des années.
21:00Et c'est vraiment
21:00quelque chose
21:00qui est au cœur
21:01de la vie.
21:04du coup,
21:05qu'est-ce qui se passe ?
21:05C'est que les gares
21:07et les gens
21:08qui passent dans les gares,
21:08c'est toute la France.
21:10On a toutes les catégories
21:12de français,
21:12on a toutes les catégories
21:15d'âge,
21:15tous les goûts,
21:16tous les couleurs
21:16et on a en fait
21:18cette capacité,
21:19on doit s'adapter
21:20aux attentes diversifiées.
21:23Et on le voit effectivement
21:24en termes de consommation.
21:25On voit très bien
21:26à quel moment de la journée,
21:28par exemple,
21:28il y a telle revue
21:30qui est plus achetée
21:30qu'une autre revue.
21:31Donc, vous voyez très bien
21:32auquel type de produit
21:33il y a acheté,
21:34même dans nos boissons.
21:35Donc, on voit bien
21:36que dans la journée,
21:37on a l'ensemble
21:38de la France
21:38qui y passe
21:39et c'est un lieu
21:40de mixité
21:41tel que ça n'existe pas ailleurs.
21:44La gare
21:45est plus mixte,
21:46j'allais dire,
21:46que les toilettes publiques
21:47des autoroutes
21:48parce que dans la gare,
21:49vous retrouvez vraiment
21:50toutes les populations
21:51en fonction
21:52de leur appétence.
21:53Et pour le coup,
21:54sur les transformations
21:55en cours,
21:56on parle notamment
21:57beaucoup des gares
21:57comme de nouveaux lieux
21:58de vie.
21:59On entend d'ailleurs
21:59des champs sémantiques
22:01variables.
22:02On entend lieu de vie,
22:03on entend espace de commerce,
22:05on entend hub d'expérience.
22:07Qu'est-ce que sera
22:08la gare de demain ?
22:09Alors,
22:10la gare n'est pas
22:11un centre commercial.
22:12Vous ne venez pas
22:12à la gare
22:13avec votre caddie.
22:14Il n'y a pas de débat.
22:15La gare reste prioritairement
22:16un lieu de mobilité.
22:18Après,
22:18la partie expérientielle,
22:20la partie,
22:21on va dire plaisir,
22:22la partie achat,
22:23la partie commerce,
22:24elle est intrinsèque
22:25à la gare.
22:25Je vous parlais tout à l'heure
22:26de la chette.
22:28Vous avez toutes les photos,
22:29comme je ne sais pas,
22:30c'est les cartes postales
22:31du 10e siècle
22:32où vous voyez
22:33les buffets de gares.
22:34C'est intrinsèque.
22:35Vous avez des photos
22:35de la gare Saint-Lazare
22:36où il y avait un coiffeur.
22:38Donc,
22:38on est par nature là-dedans.
22:40Après,
22:40la question,
22:41c'est là aussi
22:43la transformation
22:44de la société
22:45qui se reflète
22:46dans la transformation
22:46de nos commerces en gares.
22:48Le fameux sandwich
22:51triangle SNCF
22:52chanté par Renault
22:53a disparu
22:54avec un éclatement
22:55complet
22:56de la restauration.
22:57Vous avez
22:57tout type de restauration,
22:59la restauration ethnique,
23:00la restauration
23:00du food street,
23:01des choses très différentes.
23:03Et du coup,
23:03on retrouve dans la gare
23:06cette transformation
23:07de la société.
23:09Et nous,
23:10qu'est-ce qu'on fait ?
23:10On adapte simplement
23:11notre offre
23:12aux attentes du client.
23:13Y compris sur le numérique
23:15puisque forcément,
23:16impossible de parler
23:16de transformation
23:17sans penser à celle
23:18qui est silencieuse
23:19mais qui guide nos vies.
23:20Alors,
23:21on a une double transformation
23:22numérique d'abord
23:22dans la gestion de la gare
23:23comme toutes les infrastructures
23:24puisqu'on se dirige
23:26vers des systèmes
23:26d'operating system
23:27où en fait,
23:28tous les équipements
23:29de la gare
23:29auront au fur et à mesure
23:30dans le temps
23:31des formes de jumeaux numériques
23:32ou du moins
23:32une dimension numérique
23:34et aussi de dimension digitale
23:35puisque ces dernières années,
23:37on a créé un problème
23:37de fidélité
23:38pour les clients en gare.
23:40On les anime
23:41et il y a des choses
23:42qui vont arriver encore
23:43dans les mois à venir
23:45pour nos clients.
23:47Et peut-être,
23:48je reviens en ligne
23:49parce que j'ai lu
23:49l'interview du président,
23:52dans la SNCF
23:52de Christophe Panichet
23:53qui parle des CERN
23:55et qui explique
23:56donc les services express
23:58régionaux
23:59et des mois
24:00pour les agréments
24:00de police.
24:03En plaçant vraiment
24:04la gare
24:05au cœur
24:05de ce projet
24:06qui fait couler
24:07beaucoup d'encre
24:07et qui mobilise
24:08beaucoup d'énergie,
24:09qu'est-ce qu'il entend par là ?
24:11En fait,
24:12vous partez
24:12d'une gare
24:13et vous arrivez
24:14dans une gare
24:14et ça,
24:16même à l'heure
24:17du métaverse
24:17que dans le métaverse
24:18aussi les gens
24:19voulaient créer des gares,
24:20ça existera toujours.
24:21Et du coup,
24:21ce qu'est-ce que ça veut dire
24:22c'est que la gare
24:24devient le lieu
24:25de l'interconnexion.
24:26D'ailleurs,
24:26on s'appelle
24:26gare et connexion.
24:28Historiquement,
24:28il n'y avait que
24:29des trains SNCF,
24:30il y a maintenant
24:30des trains
24:30de toutes les compagnies.
24:32Autour du ferroviaire,
24:33il y a tous les modes
24:34de transport
24:34et notre rôle
24:35n'est pas d'opposer
24:36les modes de transport.
24:37En gare,
24:38on accueille les gens
24:39qui viennent en voiture,
24:40on accueille les gens
24:40qui viennent en taxi,
24:41on accueille les gens
24:42qui viennent en bus,
24:43on accueille les gens
24:44qui viennent à pied,
24:44à vélo, à trottinette.
24:46Peu importe,
24:46on doit en fait
24:47être un lieu
24:48d'intégration
24:50des différentes attentes
24:52de la population
24:52pour favoriser
24:53le transport collectif
24:55non carboné.
24:56Et le CERM,
24:57en ça,
24:58mais en fait,
24:58par rapport à ce que vous disiez
24:59dans la révolution territoriale,
25:01c'est d'essayer
25:02d'avoir une dimension
25:04territoriale
25:04beaucoup plus poussée.
25:06Le CERM,
25:06c'est la possibilité
25:07pour des agglomérations,
25:10on va dire,
25:10après les capitales régionales,
25:12de deuxième
25:12ou troisième
25:14cercle régionaux,
25:15d'accéder à la mobilité.
25:16Vous avez des articles
25:18qui sont dans la presse
25:18en ce moment
25:19sur New York
25:19ou sur d'autres villes
25:20où on voit bien
25:21que pour les jeunes,
25:22la question de la mobilité centrale.
25:23Demain,
25:24si on arrive
25:24à faire le pari
25:25de la densification
25:26de l'offre
25:29avec du matériel
25:30qui va bien
25:30et des horaires
25:32qui sont respectés,
25:32et du coup,
25:33les gens reprendront
25:34beaucoup plus le train.
25:36Donc,
25:36c'est une forme
25:36de révolution
25:38et d'investissement
25:39des pouvoirs publics
25:39tel qu'on ne l'a jamais vu
25:41ces dernières années.
25:42Éric,
25:42je vous vois opiner du chef
25:43et on a parlé,
25:44vous avez dit,
25:45le mot décarbonation.
25:47Forcément,
25:47ça me fait penser
25:48à la transition environnementale
25:49qu'il est urgent d'embrasser.
25:51On sait qu'aujourd'hui,
25:53c'est un tiers
25:53des émissions
25:54de gaz à effet de serre
25:55qui proviennent du secteur
25:56du transport
25:57et de la mobilité.
25:58Quel est votre regard
25:59sur la vitesse
26:01de mouvement
26:02de ce sujet
26:03et sur ce qui se joue
26:05actuellement ?
26:06Alors,
26:06si vous me permettez,
26:07je vais faire un pas de côté
26:08pour répondre à la question.
26:10Tant que vous employez
26:11le vocabulaire
26:12de la mobilité,
26:13on est bien prêts.
26:14Mais je pense qu'effectivement,
26:15on ne peut pas déconnecter
26:16la mobilité
26:17de la politique
26:18d'aménagement
26:19du territoire
26:20et d'urbanisme.
26:21C'est-à-dire,
26:21bien évidemment,
26:22on ne pourra pas lutter
26:23contre la décarbonation
26:24en faisant peser
26:25ce poids-là
26:27uniquement
26:27à l'organisation
26:28des mobilités.
26:30Mais c'est également
26:31en fonction
26:31de l'admagement
26:32du territoire.
26:33Je vais juste vous prendre
26:33trois exemples
26:34avec le premier
26:35sur le plaisir
26:37d'être en ville.
26:37Deux villes
26:38qui en 1968
26:40avaient exactement
26:41le même nombre
26:42d'habitants.
26:43Grenoble d'un côté
26:44et Montpellier de l'autre.
26:46162 000 habitants
26:48des deux côtés.
26:5055 ans après,
26:51Grenoble
26:52a toujours
26:52160 000 habitants
26:54et Montpellier
26:55a dépassé
26:56300 000 habitants.
26:57Grenoble
26:58a construit
26:5950 %
27:00de logements supplémentaires
27:01comme Lyon,
27:03comme Bordeaux,
27:04comme Caen
27:04et ces villes-là
27:05n'ont pas offert
27:07pour tout un tas
27:07de raisons.
27:08C'est un constat.
27:09Elles n'ont pas pu offrir
27:10de logements supplémentaires.
27:11Elles ont juste
27:12pu faire face
27:13à ce qu'on appelle
27:13la décohabitation,
27:15dire au fait
27:16qu'il y ait de moins en moins
27:17d'habitants par logement.
27:19Donc,
27:19dans le même temps,
27:20en gros,
27:20on est passé
27:21de 3,2 à 2,2
27:23personnes par logement
27:24et les 50 %
27:25de logements
27:26maintiennent la population.
27:27À Montpellier,
27:28comme à Toulouse,
27:29comme à Nantes,
27:30comme à Rennes
27:30ou à Orléans,
27:32il y a eu
27:32une volonté
27:33de construire
27:34et une possibilité aussi
27:35de construire
27:36beaucoup plus.
27:37Donc Montpellier
27:37a dépassé
27:38les 300 000 habitants
27:39mais en multipliant
27:40par 3,5
27:41son nombre de logements.
27:42Alors,
27:42ça veut dire deux choses.
27:43D'une part,
27:44c'est qu'il ne faut pas
27:45essentialiser.
27:46Tout le monde
27:46ne veut pas vivre
27:47dans le périurbain.
27:48S'il y a des choix
27:49de logements,
27:49c'est-à-dire qu'il faut
27:50construire une ville
27:51désirable,
27:52abordable dans laquelle
27:53on a envie de vivre
27:53et là,
27:54il y a des gens
27:55qui effectivement
27:56peuvent choisir
27:57de vivre en ville.
27:58Et si je prends
27:58le cas de Montpellier
27:59ou de Nantes,
28:00par exemple,
28:00si on prend ce qu'on appelle
28:01les aires d'attraction
28:03des villes,
28:0440% des habitants
28:06supplémentaires
28:07sont en dehors
28:07des métropoles.
28:09Si je prends
28:10Lyon ou Bordeaux,
28:11c'est 60%.
28:13Or,
28:13quand on est au-delà
28:14des limites
28:15de la métropole,
28:16vous avez à peu près
28:1755 à 60%
28:18des familles
28:19qui n'ont pas
28:19une,
28:20mais deux ou trois voitures.
28:22Alors que quand
28:22vous êtes dans
28:23les villes-centres,
28:24les cordes,
28:24dans la ville de Grenoble,
28:26de Montpellier,
28:26de Lyon,
28:27de Bordeaux,
28:27vous êtes à 35,
28:2840% de gens
28:30qui n'ont pas
28:30de voitures.
28:32Et donc là,
28:32il y a un enjeu
28:33essentiel
28:34sur la politique
28:35résidentielle.
28:36Le deuxième,
28:36c'est créer
28:37de la couture.
28:38Entre ces espaces
28:39qui ont été créés
28:40dans les années
28:4070-80,
28:44Raphaël parlait
28:44tout à l'heure
28:45des gares.
28:46Les gares,
28:46elles ont évolué.
28:47Quand elles se sont
28:47implantées dans les villes
28:48au 19e siècle,
28:49c'était une frontière,
28:50la gare.
28:51C'est-à-dire que globalement,
28:52les chemin de fer
28:53évitait la partie centrale
28:54et les gares étaient
28:55au bout de
28:57à Perrache,
28:58au bout de l'avenue
28:58Janvier à Rennes,
28:59etc.,
29:00en bordure
29:01d'urbanisation.
29:02Et c'était même
29:02des zones
29:04où on passait
29:04difficilement
29:05de l'autre côté.
29:06Aujourd'hui,
29:06les gares,
29:07elles s'ouvrent.
29:07Dans le côté
29:08Homme,
29:09c'est aussi des lieux
29:09qu'on traverse
29:10à Rennes,
29:10à Nantes,
29:11à la part d'yeux,
29:12etc.
29:12Ce sont des lieux
29:13qui viennent traverser.
29:14Et demain,
29:15comment on va faire
29:15avec ces échangeurs routiers,
29:18ces recats
29:18qui entourent la ville,
29:20qui aujourd'hui
29:20coupent les quartiers
29:22d'habitants
29:22avec les zones
29:23d'activité commerciale,
29:24etc.,
29:25comment on va en faire
29:26quelque chose,
29:26d'une unité urbaine
29:27dans laquelle on va y aller
29:28en vélo,
29:29en train de transplique.
29:30Et là-dessus,
29:31l'exemple de Mérignac,
29:33de la métropole
29:34de Bordeaux-Mérignac,
29:35est assez intéressant.
29:37Mérignac-Soleil,
29:38inaugurée en 1985,
29:40c'est la zone commerciale
29:41typique.
29:42Le grand hypermarché
29:43qui a 15 millions
29:44de visiteurs par an
29:45avec tout un tas
29:46de magasins à côté.
29:47Et à l'occasion
29:48du lancement
29:49de lignes de tramway,
29:49il a été décidé
29:50de construire
29:51plus de 3 000 logements
29:53sur cette zone-là,
29:54de végétaliser,
29:56de privilégier
29:58les modes d'eau,
29:58etc.
29:59C'est-à-dire que là,
30:00la densité,
30:01elle ne gêne personne
30:02puisque c'est sur des lieux
30:03où personne n'habite
30:04et de créer
30:05un vrai quartier multifonctionnel.
30:07Voilà.
30:07Donc ça,
30:08ce sont des exemples.
30:09Et le troisième,
30:09c'est la localisation
30:10de nouvelles activités.
30:12Il y a des maires,
30:12alors je vais parler
30:13de celui
30:14qui a eu un prix
30:15de la Gazette des Communes
30:16dans une petite commune
30:18au Nohémerie,
30:19c'est dans la communauté
30:19d'agglomération
30:20de Maubeuge-Valdecent,
30:22qui a décidé
30:23qu'ils sont Leclerc.
30:24Il n'allait pas être
30:24en périphérie,
30:25il allait être
30:26au cœur de la ville
30:27et c'est lui
30:27qui allait faire vivre
30:28les commerces autour
30:29et les rues piétonnes
30:30en prenant les codes
30:31d'ailleurs
30:32des centres commerciaux,
30:34c'est-à-dire qu'entre
30:34la gare de Nohémerie
30:35et le centre-ville
30:36où il y a Leclerc,
30:37il y a d'ailleurs,
30:38comme dans les galeries marchandes,
30:39la rue piétonne est couverte
30:41pour être protégée
30:41des intempéries
30:42et là, effectivement,
30:44on a bien un écosystème,
30:45il s'est battu
30:46pour que le cinéma
30:47qui va s'installer
30:47l'année prochaine
30:48soit également en centre-ville.
30:50Donc ça,
30:50c'est ces éléments-là,
30:51c'est pour ça
30:51que je ne suis pas de côté,
30:53de dire bien sûr
30:53la mobilité doit jouer
30:55parce qu'on doit permettre
30:56d'offrir des services
30:57qui vont être adaptés
30:58aux nouveaux modes de vie
30:59des Français et des Françaises,
31:01mais il faut aussi
31:01qu'elles ne soient pas déconnectées,
31:03la déconciliation
31:04de cette politique
31:05d'aménagement du territoire
31:06et d'urbanisme.
31:07Vous parliez de nos modes de vie,
31:08on parlait également
31:09de l'impact du numérique
31:10et des transformations
31:13en cours.
31:14Concrètement,
31:15ça me fait penser aussi
31:16aux affiches
31:17qui peuplent
31:18les gares
31:18autant qu'en effet
31:19les métros
31:21et les arrêts de bus.
31:22Qu'est-ce que
31:22le numérique
31:23a changé
31:24dans la façon
31:25dont vous vous servez
31:27de ce qui peut naître
31:28comme interaction
31:29avec votre média
31:30et les usagers ?
31:31Alors,
31:31ce qui a changé surtout,
31:33ça a été parfaitement dit,
31:35c'est les modes de vie
31:36et les modes de déplacement.
31:38Donc,
31:38avant de numériser
31:40des espaces publicitaires,
31:42il faut bien comprendre
31:43comment les flux,
31:45pour revenir sur les flux,
31:47vont s'organiser.
31:48Raphaël l'a dit aussi
31:49par ailleurs,
31:50une gare,
31:51aujourd'hui,
31:51c'est devenu un lieu
31:52de connexion,
31:53c'est un hub.
31:54Donc,
31:55nous,
31:56on est obligés
31:56de prendre ça
31:57en considération
31:58pour comprendre
31:59comment,
32:00justement,
32:01le voyageur,
32:02l'individu,
32:02va se déplacer
32:03dans les gares.
32:04Donc,
32:05on a eu,
32:05effectivement,
32:06une première époque,
32:09j'allais dire,
32:11d'installer des écrans numériques.
32:13Pourquoi d'installer
32:13des écrans numériques ?
32:14Parce qu'ils nous permessaient
32:15d'être beaucoup plus agiles,
32:17d'autant qu'on les a équipés
32:18tout de suite
32:19de collecteurs
32:20de data.
32:22C'est-à-dire
32:22qu'on sait
32:23à quel moment,
32:25je ne sais pas
32:26qui se déplace,
32:27mais je sais comment
32:27les flux se déplacent
32:29par gare.
32:30Et c'était absolument
32:32important pour nous,
32:33vu les changements profonds
32:35qui ont été
32:36expliqués
32:36juste avant,
32:39de devenir
32:40beaucoup plus agile.
32:41On ne pouvait pas
32:41le faire avec du papier,
32:42donc on était obligés
32:43de passer
32:43sur un mode
32:45digital.
32:47Il y a
32:48des changements profonds,
32:49on le dit,
32:49dans les transports.
32:50Il y a des changements
32:51profonds,
32:51également,
32:52dans la publicité,
32:54puisque les plateformes,
32:56les réseaux sociaux,
32:57pour ne parler qu'eux,
32:59qui sont arrivés
32:59vraiment
33:01il y a une quinzaine
33:02d'années,
33:02ont quand même
33:03tout bouleversé
33:05d'un point de vue,
33:06là aussi,
33:07mode de vie,
33:07mode de consommation
33:08des médias,
33:09cette fois-ci.
33:10Donc nous,
33:10on a dû gérer
33:11en fait deux choses
33:11en même temps,
33:12de bien comprendre
33:13ce qui est en train
33:14de se passer,
33:14les conséquences
33:15des transformations
33:17des transports
33:18quotidiens,
33:18plus une révolution
33:21numérique
33:21absolument gigantesque
33:23en France,
33:24puisque
33:25juste un chiffre,
33:27quand même,
33:27en moins de 15 ans,
33:29quatre plateformes
33:30non européennes
33:32ont capté
33:3260% des recettes
33:34publicitaires
33:34en France.
33:35Donc soit on regarde
33:36les trains passer,
33:37ça en avait jeu de mots,
33:37soit on essaie de réagir.
33:39Donc il a fallu absolument
33:40d'abord digitaliser
33:41ce qu'on appelle
33:42chez nous le hardware,
33:43c'est-à-dire
33:43l'installation d'écrans,
33:45et ça a été un pari
33:46qu'on a pu faire
33:47grâce à Raphaël,
33:49puisqu'on a décidé
33:50de digitaliser
33:51toutes les gares
33:52en 2022.
33:53Donc on a 3000 écrans
33:55qui sont présents
33:56dans 600 gares,
33:57les 600 gares
33:58les plus importantes,
33:59on va dire,
34:00en termes de flux.
34:01Ça, c'est le premier
34:01niveau de la fusée.
34:02Et le deuxième niveau
34:03de la fusée,
34:04c'est effectivement,
34:05c'est de rendre
34:06intelligents ces écrans
34:09pour justement pouvoir,
34:10je parlais tout à l'heure
34:11de ciblage d'individus
34:13ou de groupes d'individus,
34:14c'est pertinent
34:15quand vous pouvez le faire.
34:16Et vous pouvez le faire
34:17malheureusement
34:18pas sur de l'analogique,
34:19pas sur du papier,
34:20mais sur du numérique.
34:21Donc c'est des investissements
34:22importants qu'on fait,
34:25qu'on supporte à 100%,
34:26qui doivent parfaitement
34:27s'intégrer dans les travaux
34:29par ailleurs
34:30de rénovation des gares
34:31ou des stations de métro
34:32avec des contraintes
34:34architecturales, etc.
34:35Mais oui,
34:36c'est une révolution numérique
34:37et elle est plutôt porteuse
34:40puisqu'on parlera
34:42un peu plus tard
34:42de la question du financement,
34:44j'imagine.
34:45Mais les entreprises
34:47publiques de transport
34:48ont besoin
34:49et vont avoir besoin
34:50de plus en plus
34:52de recettes,
34:53de financement
34:54pour pouvoir financer
34:55tout ça.
34:56Et le fait d'être passé
34:57en mode numérique,
34:58nous, nous permet également
34:59d'accélérer la croissance.
35:01Mais parlons-en justement,
35:02parce que je pensais,
35:03moi,
35:03plutôt en écoutant ce sujet
35:04de la digitalisation
35:05des écrans
35:06à la demande d'infos
35:08en temps réel
35:09qui est au cœur des attentes,
35:10je pense,
35:11de beaucoup d'usagers,
35:12notamment pour la SNCF.
35:13Mais en fait,
35:14on se rend compte
35:14que c'est davantage
35:15de réactivité
35:18ou en tout cas
35:18d'instantanéité
35:20dans la communication.
35:21C'est davantage
35:21de services,
35:22on en parlait
35:23au niveau des attentes.
35:24C'est davantage de trains.
35:25On parlait de chiffres,
35:26je disais que c'est
35:27plus 40% de voyageurs
35:28dans les trains régionaux
35:31et plus 18%
35:32dans les TGV
35:33juste depuis 2019.
35:36Concrètement,
35:37voilà,
35:37on demande plus
35:38de tout,
35:40mais on sait
35:41qu'on est dans un contexte
35:44contraint budgétairement.
35:45Donc,
35:46comment est-ce que
35:47vous envisagez
35:48cette question
35:48du financement
35:49que vient de mentionner
35:51Valérie ?
35:53À GER,
35:53comme toute entreprise,
35:54le premier sujet,
35:55c'est la productivité.
35:56Enfin,
35:56je ne vais pas faire
35:56d'économie ici,
35:58mais on se doit
36:00d'être,
36:00de fournir
36:01le meilleur tarif
36:02au coût le plus bas.
36:03Et ça,
36:04c'est un chantier
36:05sur lequel tout le groupe
36:06SNCF,
36:07évidemment,
36:07il y a la connexion,
36:08mais c'est valable partout
36:09et je pense dans
36:09toutes les entreprises
36:10de transport.
36:12c'est,
36:12je vous dis,
36:13on a un milliard d'euros
36:13d'investissement par an,
36:15c'est de faire
36:15le maximum
36:16de choses,
36:17de travaux
36:18avec ces un milliard d'euros.
36:20Et après,
36:21il y a une question
36:21de partage,
36:22effectivement,
36:22du poids financier
36:24entre les différents acteurs,
36:25les clients
36:26et les collectivités locales
36:28et l'État.
36:29Et les entreprises aussi.
36:31Les entreprises,
36:32oui,
36:32avec le versement de mobilité
36:33qui était notamment mentionné
36:34tout à fait.
36:35Par Éric,
36:36votre contribution,
36:37justement,
36:37donc là,
36:38on parlait d'un.
36:39Oui,
36:39nous,
36:39on est fiers,
36:40en fait,
36:40on est fiers de contribuer
36:42au développement
36:42de l'intérêt général.
36:43C'est sans démagogie,
36:45je le dis vraiment.
36:46Ça rend nos publicités utiles
36:48puisqu'on reverse
36:50une part significative,
36:52très significative
36:53de notre outil d'affaires
36:53pour donner un chiffre
36:55sur les dix dernières années
36:56à l'ensemble
36:57de nos opérateurs.
36:58c'est plus d'un milliard
36:58d'euros qu'on a reversé.
37:00Alors,
37:00c'est vrai que
37:01quand on compare
37:01aux milliards d'euros,
37:03rien que la SNCF
37:04d'investissement par an,
37:05ça paraît petit.
37:06Mais en termes
37:07de contribution
37:08aux résultats
37:09ou d'accompagnement
37:10sur des plans
37:11d'investissement,
37:12ça compte.
37:13Donc,
37:14on est plutôt fiers
37:15de ça.
37:16C'est une très bonne chose.
37:18Ça permet de filtrer
37:19les travaux au global
37:20pour un taux de transparence.
37:22Les revenus dits commerciaux
37:23dont les revenus
37:24de Mediagar
37:25ont cru de 40%
37:27ces dernières années
37:28par rapport à avant Covid
37:28alors qu'on a augmenté
37:29les surfaces commerciales
37:30que de 20%.
37:31Donc,
37:32on a aux environs
37:32de 340 millions d'euros
37:33de revenus.
37:35Et ces 340 millions d'euros,
37:36c'est quoi ?
37:36C'est des escalators,
37:38c'est de l'information
37:38aux voyageurs,
37:39c'est des portes de gares
37:40qui sont refaites.
37:42Donc,
37:43c'est un système
37:43qui est vertueux.
37:44Et on parlait
37:45du rôle des entreprises
37:47et en fait,
37:47quand j'entends parler
37:48de publicité utile
37:49et aussi de la part
37:51finalement du marché
37:52qui a été capté
37:53par des acteurs
37:56qui ne payent pas
37:57d'impôts en France,
37:58il faut le rappeler en plus.
37:59Est-ce que c'est
37:59un argument qui est entendu ?
38:00On parlait aussi
38:01de transition environnementale.
38:02Je crois que vous avez
38:04justement diligenté
38:05une étude pour prouver
38:06que vous étiez
38:06plutôt pas trop mal passée.
38:08C'est des arguments
38:09que les annonceurs
38:10aujourd'hui
38:11entendent,
38:12mais défendent.
38:14Entendent.
38:15Mais je trouve
38:16n'intègre pas suffisamment.
38:17Volontairement,
38:18dans la publication
38:19en ligne,
38:19on s'est pas mal effacés
38:21parce qu'on voulait
38:21vraiment donner
38:22plein phare
38:23aux experts
38:24du transport.
38:26Là,
38:26c'est l'occasion
38:27pour moi
38:27effectivement
38:28de rappeler
38:28aux annonceurs
38:29en marché
38:29de la publicité
38:30qu'investir
38:32dans les environnements
38:33de transport
38:34du quotidien,
38:35c'est participer
38:36justement
38:37au développement
38:37des mobilités,
38:38donc de l'intérêt général,
38:39qui est quand même
38:40un vrai sujet.
38:41On l'a dit aussi
38:42s'agissant
38:43de la transition
38:43écologique.
38:44Je rappelle
38:44que quand il y avait
38:45eu la Convention
38:46citoyenne
38:47pour le climat,
38:48une des demandes
38:49qui avait été faite
38:49par les citoyens,
38:50c'était développer
38:51les transports
38:52du quotidien.
38:53Donc oui,
38:55les annonceurs,
38:56les entreprises
38:56le savent,
38:58elles ont perçu,
38:58elles savent maintenant
39:00que le média
39:00que je représente,
39:02publicité extérieure,
39:03c'est le média
39:04le moins énergivore.
39:05pour autant,
39:07les arbitrages
39:08se font encore
39:09beaucoup
39:11vers les plateformes
39:11digitales,
39:12donc ce sont
39:13des habitudes
39:13qu'il faut casser,
39:14qu'il faut réorienter,
39:15mais ça nous oblige,
39:17nous,
39:17régie publicitaire,
39:18d'être au même niveau
39:20des indicateurs
39:21de performance
39:21que nos concurrents
39:23américains.
39:24Peut-être qu'on peut
39:25terminer justement
39:26par quelque chose
39:27d'un tour de table
39:28un peu prospectif,
39:29on parle là
39:29de peut-être
39:30un argument
39:31sous-estimé.
39:32j'avais envie
39:32de vous demander,
39:33Eric,
39:33quel était le facteur
39:34le plus sous-estimé
39:35par les acteurs
39:36de la mobilité
39:37à l'heure
39:38d'imaginer
39:39la suite
39:39de l'histoire ?
39:42J'aurais tendance
39:43à dire,
39:44pour revenir
39:44à mon premier point
39:45et à l'expliquer,
39:46c'est quand même
39:47l'effacement
39:48des individus
39:51par le poids
39:52du trafic,
39:52c'est-à-dire
39:53que c'est
39:53l'invisibilisation
39:54de ces individus,
39:56c'est-à-dire
39:56qu'on n'arrive pas
39:57à prendre conscience
39:58réellement
39:59du nombre
40:00de personnes
40:01bénéficiaires
40:02d'un service
40:03et de là
40:04la désynchronisation
40:05de leur mode
40:06de vie,
40:06c'est-à-dire
40:06pourquoi en fait
40:07les flux
40:07ne sont plus réguliers ?
40:09On est dans une société
40:10aujourd'hui
40:10où dans les modèles
40:12de la mobilité,
40:13dans les fondamentaux,
40:14on parle toujours
40:14beaucoup du travail
40:16et c'est fondamental
40:17le travail,
40:17mais il n'y a qu'un adulte
40:19sur deux
40:19qui travaille
40:20et quand je travaille
40:21cinq jours
40:22par semaine
40:23et que j'ai
40:2415 jours
40:24de RTT
40:24pour ceux
40:25qui ont des RTT
40:2635%
40:26des salariés
40:27à peu près,
40:28je ne travaille
40:29que 57%
40:30des jours
40:30de l'année,
40:31c'est 43%
40:32des jours
40:33où je ne travaille
40:34pas et je ne peux
40:35pas être
40:36essentialisé
40:36et réduit
40:37uniquement à mon
40:38statut d'actif.
40:39Je m'occupe
40:39peut-être
40:40parce que j'ai
40:4155 ans
40:41d'un de mes parents
40:44qui est malade
40:44et qui a mes besoins
40:45de mois
40:45après le travail.
40:46Donc ça,
40:47par exemple,
40:47aujourd'hui,
40:48il y a à peu près
40:4811 millions
40:49des dents familiaux
40:51dont la majorité
40:53d'entre eux
40:53sont encore
40:54dans le monde du travail.
40:55Donc la régularité
40:56des flux du travail
40:57qu'en associe
40:58à ça en plus
40:59au fait que
41:00près de 10 millions
41:01des 27 millions
41:02de gens qui travaillent
41:03sont en 3 ou 4 jours,
41:05soit à temps partiel,
41:06soit à temps plein.
41:07Vous avez aujourd'hui
41:08beaucoup de gens
41:09à temps plein
41:10qui travaillent
41:11sur 4 jours.
41:11Donc en fait,
41:12tout ça fait
41:13qu'il y a un fractionnement
41:15et une cassure
41:16du modèle
41:17qui était vu avant.
41:18Les explosions
41:19des métiers
41:20de la santé,
41:21de l'aide à domicile,
41:22etc.,
41:23de la logistique,
41:24de la restauration
41:25font que
41:25les horaires réguliers
41:27à des lieux réguliers
41:28sont un peu
41:29en voie de vitesse.
41:30Alors vous rajoutez
41:30à ça les aidants familiaux,
41:32le nombre d'apprentissages
41:34qui sont passés
41:34de 300 000 avant le Covid
41:35à plus d'un million après,
41:37ce qui fait que
41:37les étudiants aujourd'hui
41:39qui sont dans
41:40les contrats d'apprentissage
41:41sont certains
41:42sur 2 jours par semaine,
41:43donc c'est une semaine
41:44sur 2,
41:44enfin c'est des rythmes
41:45qui évoluent,
41:46sans compter les retraités
41:48dont on a parlé tout à l'heure,
41:49dont les îles de vie
41:50n'ont plus rien à voir
41:51aujourd'hui,
41:52tels qu'ils étaient
41:53auparavant.
41:54Or on a toujours là aussi
41:55tendance à dire
41:56voilà les retraités
41:57ils rentrent à 19h,
41:5818h,
41:58ils ne font pas ci,
41:59ils ne font pas ça.
42:00Mais non,
42:00aujourd'hui,
42:01les gens qui ont 75 ans
42:03ont conservé à peu près
42:04la même mobilité
42:05que quand ils avaient 65 ans.
42:07C'est-à-dire que
42:08globalement,
42:09tous les 5 ans,
42:10une génération
42:11elle ne dure pas 15 ans,
42:12on est très à la mode
42:13avec la GNZ,
42:13etc.
42:14Mais en fait,
42:15c'est en 5 ans
42:15que les choses bougent.
42:16Soit j'ai fait la guerre
42:17des géris quand j'étais jeune
42:18que j'étais retraité,
42:19soit j'étais contemporain
42:20de 1968,
42:21soit j'étais contemporain
42:22de la réforme du cas familial
42:24et quand j'étais une femme
42:24j'avais le droit
42:25de travailler
42:25sur la carte de mon mari.
42:26Mais de 5 ans
42:27en 5 ans,
42:28ça change.
42:28Nos expériences
42:29de tradéenne
42:30telles qu'on l'a connue
42:31dans la jeunesse,
42:32ça change
42:32et c'est pareil
42:33pour les jeunes aujourd'hui.
42:34Vous vous interrogez
42:35des gens de 25 ans
42:36et vont dire
42:36mais les jeunes de 15 ans
42:37ils ne ressemblent pas
42:38dans la maîtrise.
42:39C'est pas pareil.
42:40Et c'est d'ailleurs intéressant
42:42quand on se parle
42:42de prospective,
42:43on a tendance à toujours
42:44regarder très très loin
42:45en pensant qu'on a aussi
42:46peut-être beaucoup de temps
42:47pour mener les transformations
42:48en cours
42:49et en fait non.
42:49Peut-être qu'on pourra
42:50d'ailleurs demander
42:52à Raphaël
42:53à l'horizon
42:54de ces 5 ans
42:55qui changent tout
42:56et par rapport
42:57aux enjeux
42:58qui sont à embrasser,
42:59comment vous voyez la suite ?
43:00Déjà,
43:00est-ce que vous avez l'impression
43:01que l'offre à demande
43:02va continuer à exploser ?
43:04Oui,
43:05on est sur un marché
43:05en croissance
43:06et ça c'est,
43:07on peut se le dire,
43:08enfin il n'y a aucune raison
43:09qu'il y ait moins de mobilité
43:11dans les années à venir
43:12donc on ne peut que croître
43:14et c'est quelque chose
43:14qui est assez rare.
43:16Le deuxième,
43:17c'est les connexions
43:19c'est-à-dire qu'on passe
43:20de plus en plus
43:21une logique de ferroviaire
43:23à une logique d'interconnexion
43:24avec une capacité
43:25justement de rabattement
43:27de tous les modes de transport
43:28pour avoir une meilleure
43:29coordination entre eux
43:30et ça on n'en est qu'au début
43:31de la révolution.
43:32Ok,
43:33je termine avec Valérie
43:34puisqu'on a commencé ensemble.
43:36L'avenir de votre média,
43:38ce serait quoi ?
43:40De comprendre
43:41et d'intégrer
43:42tout ce qui a été dit
43:44par Raphaël
43:45et par Eric.
43:48Nous,
43:49c'est une très bonne nouvelle,
43:50c'est vrai que
43:50l'envie de train
43:52ne faiblit pas,
43:54ça a augmenté
43:54je crois de 19%
43:56en moins de
43:57ces dix dernières années
43:58et ça va continuer.
44:00Donc,
44:01nous,
44:02on en profite
44:02puisque c'est un média
44:04que nous défendons finalement.
44:05On traduit encore une fois
44:06en audience.
44:07Et effectivement,
44:09Raphaël
44:10fait bien le souligner,
44:11c'est rare aujourd'hui.
44:12les médias de masse
44:14qui peuvent dire
44:15qu'on est encore à la hausse.
44:17Donc,
44:18nous,
44:18il faut qu'on arrive,
44:20qu'on continue
44:20à bien accompagner,
44:22à s'intégrer
44:23en proposant
44:24des solutions
44:25de plus en plus efficaces
44:26et donc en reversant
44:26plus de recettes
44:27encore
44:28pour contribuer
44:29au financement
44:30des mobilités de demain.
44:32Merci beaucoup
44:32à tous les trois.
44:33Je pense qu'il y aurait
44:34encore beaucoup à dire
44:35sur ce sujet.
44:36En tout cas,
44:36beaucoup à lire,
44:37vous l'aurez compris,
44:38sur l'Inn
44:39que vous pouvez retrouver
44:40en ligne.
44:40Voilà,
44:41pour les jeux de mots
44:42faciles,
44:43mais toujours agréables
44:45il en faut.
44:46Merci de nous avoir suivis aussi
44:47et bonne journée.
44:49Merci.
44:49Merci.
44:50Au revoir, Charlotte.
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