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00:00– Bonjour Bertrand. – Salut Seb.
00:14– Merci d'être venu ce matin prendre un café, à l'Influencia Café.
00:19C'est un rendez-vous qu'on avait prévu de faire il y a déjà quelques mois.
00:23Je t'avais invité pour me parler des gains d'Initiative Média.
00:27Et finalement la fusion Média Branche d'Omnicom a été sur le fil plus rapide que prévu.
00:34Et donc je suis ravi de pouvoir refaire ce café qui a été annulé à l'époque.
00:40Et en plus tu vas pouvoir nous parler de ta nouvelle actualité.
00:44Donc je suis d'autant plus content.
00:46Même si on est là ce matin pour parler du Décam qui va fêter, dans les jours qui viennent,
00:53qui va fêter ses 30 ans et les 15 ans des rencontres.
00:57Et ça me faisait doublement plaisir de t'inviter pour en parler,
01:02qu'on a démarré les rencontres ensemble,
01:06puisque tu étais à l'époque vice-président et moi président du Décam.
01:09Et puis ensuite tu as continué et institutionnalisé très bien les rencontres,
01:15dans les éditions 3, 4 puis 5 et ainsi de suite.
01:19Donc pour commencer, je me demandais justement si tu avais gardé quelques souvenirs comme ça,
01:25marquants, des rencontres que tu avais lancées et ouvertes après.
01:31On va rappeler un peu les années, on est entre 2013 et 2015.
01:35Absolument.
01:36Ben oui, des souvenirs j'en ai eu plein.
01:39J'en ai un assez lunaire, c'est ma première rencontre avec Martine Sorel,
01:44qu'on avait réussi à faire venir, je crois que l'année d'avant c'était Maurice Lévy.
01:49C'était assez facile de s'imaginer que ça n'allait pas être le même genre de bonhomme.
01:53Mais effectivement, en tant que président du Décam,
01:56je venais d'être élu président du Décam à ta suite.
02:00Donc moi, on m'explique que je suis au premier rang,
02:02on m'explique que Martine Sorel est arrivée, donc je vais le chercher.
02:06Et à l'époque, c'est chez Omnicom.
02:07Et à l'époque, je suis chez Omnicom.
02:10Et Martine Sorel arrive, je me lève pour l'accueillir avant qu'il monte directement sur scène.
02:15Et je lui dis les 2-3 mots de bienvenue.
02:18En tant que président du Décam, je suis très heureux de vous accueillir, etc.
02:21Et il me dit, you're Omnicom, so you're a piece of shit.
02:24Et là, il monte.
02:26Et là, je reste comme un con comme ça.
02:29Il monte sur scène et il fait son speech tout naturellement.
02:32Et la première phrase, c'est il me remercie, cher président,
02:35de l'accueil et de l'honneur qui lui est fait de l'accueillir.
02:38Alors qu'il venait de m'insulter une seconde avant de monter sur scène.
02:41Je me suis dit, c'est quoi ce bonhomme ?
02:42Et après, son discours a été absolument passionnant et très visionnaire d'ailleurs
02:46de ce que le monde des médias est devenu depuis.
02:49A l'époque, je me souviens très, très bien de son discours.
02:51On le prenait tous pour un fou sur le poids que la data est en train de prendre,
02:56sur le fait que les GAFA allaient tout bouffer.
02:59Et donc, son discours était d'une clairvoyance absolument incroyable déjà à l'époque.
03:03Mais ça, c'est l'un des souvenirs les plus bizarres que j'ai pu avoir
03:06de cette rencontre avec lui au pied de la scène.
03:08Puis après, on avait lancé aussi, en parallèle des rencontres,
03:15on avait lancé un bouquin de prospective que j'ai continué.
03:21Tu avais fait la première édition et moi, j'avais fait la seconde.
03:24C'était le paysage en 2020.
03:26Le paysage 2020 des médias.
03:28On était en 2012.
03:30Exactement.
03:30Et puis moi, j'avais fait la suite qui était « Les Français, les médias et les marques »,
03:35qui était l'édition d'après.
03:37Et je me suis amusé il n'y a pas très longtemps à lire si on avait raconté des conneries
03:41quand on avait fait ce truc-là.
03:43Et en fait, là aussi, c'était d'une véracité absolument incroyable.
03:46Donc, le prospectiviste qu'on avait fait bosser, Alain Busson, que je salue si jamais
03:54il nous écoute, était d'une clairvoyance absolument incroyable parce qu'il avait prévu
03:58ce qui était en train de se passer sur la plateformisation de notre métier, sur les
04:05tuyaux qui allaient devenir à terme des médias ou des tech.
04:11Et le seul truc qu'il n'avait pas tout à fait prévu, c'est la vitesse à laquelle
04:14ça allait aller, puisque quand on se projetait en 2020, finalement, quand tu te projettes
04:20cinq ans après, en fait, ça a été beaucoup plus vite.
04:22La prise de pouvoir des GAFA, on était beaucoup plus vite que ça.
04:25Et on n'avait pas prévu à l'époque la nouvelle révolution qui est en train de nous
04:29arriver, qui est l'intelligence artificielle, qui était absolument imprévisible à l'époque.
04:33Et qui n'était pas du tout dans le radar.
04:34Pas du tout dans le scénario et dans les radars.
04:36Mais le reste, sur l'évolution du paysage média, c'était vraiment d'une très belle
04:40véracité.
04:40J'invite tout le monde à relire cette relique, parce qu'elle était pleine de vérité.
04:45Vraiment.
04:46Ça, c'était un de mes chouettes souvenirs.
04:47Puis le troisième, c'était quand on avait réussi à faire venir Aurélie Filippetti.
04:54C'était un moment très important de notre histoire d'agence média, parce que c'était
04:58en pleine négociation de l'extension de la loi Sapin sur le numérique.
05:03Et Dieu sait si ça a été une grosse partie de ton taf d'abord, puis du mien, quand j
05:08'étais
05:08président du DECAM, c'était d'aller à Bercy très, très souvent pour aller plaider
05:13la cause du numérique et de la rémunération des agences et du modèle.
05:20Du danger qu'il y avait à laisser trop les GAFA prendre une trop grande part dans le
05:26gâteau publicitaire et du risque que ça faisait courir à l'écosystème français.
05:31On y était plutôt arrivé.
05:32On avait à l'époque une oreille, une vraie oreille à Bercy qu'on avait réussi à trouver.
05:38Oreille que l'UDECAM a eu du mal à reconstituer, à retrouver quelques années après, enfin dix
05:44ans après. Et pourtant, Dieu sait si c'est extrêmement important, puisque maintenant,
05:50on parle d'un monde où les GAFA se sont arrogés 60% ou 80% de la dépense publicitaire
05:57mondiale, où le rôle des agences est encore plus challengé qu'ils ne pouvaient l'être
06:01à l'époque, quand ils représentaient 20 ou 30, et que le rôle de l'agence média,
06:08la valeur conseil qu'on essayait de défendre, ce rôle d'intermédiaire qu'on essayait
06:11de défendre à l'époque, on y est encore plus. Maintenant qu'au fond, une agence n'achète
06:17plus que 20 ou 30% de ce qu'un annonceur achète. Donc on est à un moment d'une
06:23révolution
06:24qu'on avait prévue, mais pas prévue pour arriver aussi vite. Et donc, et je me souviens
06:30que la ministre avait commencé à évoquer, reprenant nos thèses, ce qui nous avait beaucoup
06:35plu, reprenant, on sentait que le lobbying qu'on faisait à l'époque et l'explication
06:40et ce travail de transparence qu'on faisait auprès des pouvoirs publics sur l'importance
06:43de notre métier passait petit à petit dans le discours du politique. Et l'un des grands
06:49moments de fierté qu'on avait eus, c'est quand on l'avait vu sur scène reprendre nos
06:54thèses et l'importance de défendre l'écosystème média français. Ça voulait dire que tout
06:58ce travail qu'on avait fait dans l'ombre était en train de passer dans la bouche
07:05du politique. Et ça, c'était une des plus grandes fiertés qu'on avait partagé d'ailleurs
07:09à l'époque. Je me souviens très bien, Sébastien.
07:11Je rebondis justement sur deux notions que tu as évoquées. La première, c'est l'interprofession.
07:16Est-ce que tu la juges plus solide ou plus fragile ? Tu parlais du rapport avec les pouvoirs
07:25publics. C'est un travail que fait la filière communication beaucoup maintenant. Est-ce
07:29que tu sens que tout le monde est un peu en silo ou tout le monde arrive vraiment à
07:33travailler ensemble ? Et est-ce que justement le poids des GAFA impacte le fonctionnement
07:38de l'interprofession ? Et puis tu as évoqué le côté effectivement très challenging pour
07:44les agences, le modèle économique des agences qu'est la situation actuelle, l'environnement
07:48actuel. Est-ce que les agences qui ont traversé tant de mutations, tant de bouleversements,
07:55sont encore aussi importantes et solides justement face à cette énième révolution
08:03qu'est l'IA ?
08:05Alors sur l'interprofession et la situation de l'interprofession, la situation s'est
08:12considérablement durcie en disant. Et du coup l'intensité concurrentielle et la nécessité
08:18absolue de prouver notre valeur ajoutée et notre importance dans l'écosystème.
08:25est extrêmement challengée par le poids qu'on représente désormais dans l'achat
08:29d'espace d'un annonceur. Donc il y a deux réponses possibles. La première réponse
08:33possible c'est ce que je viens de vivre de l'intérieur, c'est les grands groupes
08:38qui se mettent ensemble pour peser plus lourd par rapport au GAFA parce que c'est une demande
08:43des annonceurs. Il y a une deuxième réponse possible qui est plutôt la voie des indépendantes
08:53qui vont être nombreuses en face des trois ou quatre gros soldings qui vont se marier dans
09:00les deux années qui viennent. C'est d'augmenter la valeur conseil. Et pour revenir à ta question
09:06sur l'importance de l'IA, l'IA va fournir une capacité de développer un conseil augmenté qui révolutionne
09:20complètement notre métier et je pense nous donne une capacité de délivrer encore plus et mieux cette valeur conseil
09:27et plus vite avec un système de mesure en temps réel, avec une capacité d'analyse data quasi infinie
09:33qu'on n'aurait même pas pu imaginer même dans nos rêves les plus fous il y a dix ans.
09:39Et donc cette révolution-là aide finalement la dimension conseil des agences.
09:46Et ça tombe bien parce qu'en face, le poids qu'on pèse, même en se mariant tous les uns
09:54entre les autres,
09:54les Holco ont maintenant perdu la bataille de la taille face aux GAFA et du poids qu'on peut représenter
10:02par rapport à elle. Ce qui a engendré d'ailleurs depuis dix ans et ce qu'on n'avait pas
10:05tout à fait vu venir
10:07il y a dix ans, c'est qu'il y a dix ans la demande elle était il faut que
10:11tu sois très digital et très tech.
10:13Maintenant la demande elle est clairement, je sens vraiment qu'il y a un balancier qui s'est opéré depuis
10:18deux trois ans chez les annonceurs, même les plus grands internationaux, c'est aide-moi à reprendre la main
10:23sur ton ciblage et donc quelle data opérable et activable et inter-plateforme, toi monsieur agence,
10:31tu me proposes. C'est ce que j'ai vécu quand j'étais chez Interpublic avec le rachat d'Axiom
10:36qui a été vraiment un game changer dans notre capacité à attirer de nouveaux clients
10:40qui nous choisissaient essentiellement parce qu'on était capable de redonner la main à l'annonceur
10:46sur son ciblage quelle que soit la plateforme qu'on activait.
10:50ça a été le cas pour Publicis aussi avec Epsilon et la demande aujourd'hui de la part des annonceurs
10:59est en fait aide-moi à devenir moins dépendant des GAFA, ce qui n'était pas du tout le cas
11:04depuis dix ans
11:06où on les a laissé monter, monter, monter avec des stratégies de pricing qui étaient limite intenables
11:12pour les vieux médias et où du coup s'imposaient à nous des briefs dans lesquels il fallait mettre minimum
11:20qu'on réfléchisse ou pas, minimum temps chez l'un, temps chez l'autre, ce qui laissait une part du
11:24gâteau
11:25de plus en plus réduite aux régies et aux partenaires locaux.
11:31Là où on a passé un cap et là où les rôles et où l'interprofession se retrouvent,
11:35il y a toujours la défense de notre valeur et qu'il faut démontrer, de notre valeur conseil
11:40et il y a encore plus que jamais l'importance des agences médias françaises pour défendre l'écosystème français
11:49parce qu'aujourd'hui la part du gâteau laissée à l'écosystème des médias français
11:54qui produisent du contenu ou qui ont une tech franco-française, c'est réduit considérablement.
12:01D'abord parce que les GAFA en ont pris une part absolument majoritaire et partout dans le monde,
12:0660% en gros en France, ce qu'on n'avait pas vu venir, et où en plus TF1 et
12:12M6 se sont organisés
12:13pour plateformiser leur offre publicitaire, fournir toutes les solutions d'attaque
12:19qu'on n'aurait même pas pu imaginer qu'ils nous fournissent il y a encore 5 ans
12:23pour essayer de lutter contre cet envolé et contre ce raz-de-marée des GAFA.
12:31Force est de constater deux ans après que là où on avait espéré que ça allait enfin prendre des parts
12:35de marché aux GAFA,
12:36ça a encore plutôt fait l'inverse, c'est-à-dire que ça a encore plutôt réduit la part du
12:42gâteau
12:44laissée aux médias digitaux ou aux médias de contenu français
12:48qui sont dans une phase de souffrance extrême.
12:54Et il y a un moment, le rôle des agences médias, et ça n'a jamais été aussi le cas,
12:57c'est aussi de défendre notre écosystème parce qu'il est clair qu'un écosystème média
13:04dépendant trop de l'international représente finalement, ou des GAFA,
13:10représente finalement un risque pour notre démocratie.
13:13Et donc on a un rôle sociétal encore plus fort maintenant.
13:17On le clémait avant en disant « attention, vous allez voir ce que vous allez voir ».
13:21Là, on y est vraiment.
13:22Mais est-ce que c'est un vœu pieux ou c'est faisable ?
13:25Est-ce qu'avec les annonceurs internationaux, avec la mondialisation justement des décisions d'investissement médias,
13:30est-ce que les agences peuvent défendre l'écosystème français ?
13:33À partir du moment où elles ont trouvé une solution data qui permette aux annonceurs
13:39de reprendre la main sur leur ciblage avec une data interopérable de A à Z,
13:44quelle que soit la plateforme qu'on utilise, le deal qu'on passe avec les annonceurs,
13:48c'est « une fois que tu m'auras fourni cette data-là, oui, je vais pouvoir jouer mon rôle
13:52sociétal
13:53et reprendre la main sur mon ciblage et donc baisser tendanciellement ma part chez eux ».
13:58Après, il y a la question du prix.
14:01Pour réagir à ça, les GAFA ont fait une stratégie de pricing extrêmement claire.
14:06Là aussi, l'écosystème français s'est super bien organisé sur le sujet de l'attention
14:09parce que dès que tu calcules le coût de la minute attentive,
14:12ça permet vachement de reclalifier les médias de contenu et les médias qualitatifs
14:18par rapport aux médias plus tuyaux.
14:22Et donc, c'est assez logique que la France se soit lancée sur ce sujet-là.
14:25Là aussi, l'interprofession était complètement alignée derrière le sujet de l'attention
14:30parce que c'était la meilleure démonstration qu'on pouvait faire pour défendre notre écosystème.
14:36Et justement, tu es maintenant à la tête de la direction générale de Heroic,
14:41qui est une agence indépendante, qui est à la fois, si je ne dis pas de bêtises,
14:46membre du IDECAM et également membre de l'association des agences indépendantes à la AMI.
14:50Et justement, comment le rôle d'une agence indépendante comme ça,
14:57dans les deux associations d'agences médias,
15:00comment Heroic travaille avec le reste de la profession sur ces sujets-là ?
15:07Heroic a toute sa place dans les deux associations.
15:12D'abord, pour faire corps, il y a un gros sujet qui secoue l'interprofession en ce moment,
15:19qui est l'arrivée dans notre monde des agences médias de l'achat en principal,
15:25qui crée encore une différence négative pour la France par rapport aux autres pays
15:29et qui pourtant fournit un vrai service valorisé qui pourrait compléter notre business model
15:40tout en rendant un vrai service aux annonceurs.
15:43Donc, il y a tout un sujet autour de ça où là, plus on est un agence indépendante ou pas,
15:48on a tous le même sujet.
15:50C'est de valoriser ce métier qui est de transformer un espace publicitaire
15:55en y mettant de la data dedans, en disant, en fait, on transforme un espace publicitaire
16:00pour le rendre plus valorisé.
16:02Et ça, on doit en capter une partie d'une valeur, une partie de la valeur.
16:05Donc, on rejoint l'interprofession sur toutes ces guerres-là de défense de la valeur, etc.
16:10Et ensuite, à l'AMI, étant la plus grosse des agences indépendantes,
16:15c'est comment on s'organise face aux Holco qui sont en train de s'entrefusionner,
16:21qui ont mis des investissements massifs dans la tech pour se doter d'un operating system
16:29que toutes les agences indépendantes ont du mal à suivre.
16:33Et comment, en étant à plusieurs, moi qui rejoins l'AMI là,
16:38c'est l'un des sujets que j'ai envie de mettre sur la table,
16:39c'est est-ce qu'il n'y a pas moyen de s'organiser pour faire des économies d'échelle
16:43pour que cet operating system, cet effort d'investissement technologique
16:48soit plus partagé par les agences indépendantes
16:50pour faire notre métier aussi bien que les grosses,
16:52mais à notre façon, c'est-à-dire avec plus de proximité et plus de conseils.
16:57Alors, revenons justement sur cette, quand tu dis les indeps au sein de l'AMI,
17:03ta carrière a été faite à la fois de grands groupes et d'indépendants,
17:09et l'expérience entrepreneuriale, si je résume assez vite,
17:13WPP, Omnicom, puis Media Plus, puis Media Bronze,
17:19un grand groupe, puis de nouveau un indépendant avec Airwick.
17:23Alors, peut-être c'est un peu tôt parce que tu viens d'arriver chez Airwick,
17:26mais quel est justement ton...
17:29Comment tu passes facilement de ce statut très entrepreneurial, indépendant,
17:36au grand groupe et vice-versa ?
17:38C'est quoi ta recette ?
17:40Ma recette, c'est d'appliquer à peu près où que je sois les règles d'une indépendante.
17:47Quand j'ai quitté Omnicom la première fois,
17:50parce que ça fait deux fois que je la quitte,
17:53j'ai été très fatigué du modèle des grosses agences,
17:57qui est un modèle très piloté par le quarter,
18:02la pression financière,
18:05avec un seigneur qui s'en va, qui a l'occasion de le remplacer par un junior,
18:08voire de ne pas le remplacer du tout,
18:09et avec des grands groupes qui n'ont plus d'autre choix
18:13que d'être le plus gros possible,
18:15que de fusionner le plus possible
18:18pour justifier leur raison d'être.
18:20J'étais très fatigué de ce modèle-là.
18:22C'est l'inverse que j'ai vécu quand j'ai été chez Media Plus,
18:25où là, on partait d'une copie blanche
18:27avec un modèle de rémunération complètement différent,
18:29avec une qualité de service
18:32qui était rémunérée par une rémunération variable beaucoup plus forte.
18:36Et parce qu'on avait une meilleure rémunération,
18:38on y passait plus de temps
18:39et donc la qualité du service était plus importante,
18:41avec la capacité de délivrer ce conseil
18:43avec des gens beaucoup plus seniors
18:45qui venaient de multiples horizons, etc.
18:47C'était le pied.
18:48Sauf que je n'avais pas d'outils
18:49et pas de réseau international.
18:51Et ce que j'ai vécu en allant chez Media Brands,
18:53c'est en fait le meilleur des deux mondes.
18:56Et c'est la raison de notre succès.
18:57On a triplé la taille de Media Brands en sept ans
19:00parce qu'on agissait comme une indépendante.
19:02Mais deux capillais en tant que patron de pays,
19:05de Media Brands, bien que dans un grand groupe.
19:07Et c'est d'ailleurs pour ça que j'ai décidé d'y aller.
19:08J'ai accepté de retourner dans un grand groupe.
19:11C'est quand on m'a expliqué que mes deux capillais personnels,
19:13ça allait être la satisfaction des collaborateurs,
19:15la satisfaction des clients.
19:16La finance n'est que la conséquence de ça.
19:20Parce que les clients, ils restent plus longtemps.
19:22Parce que tout le newbies que tu fais,
19:24c'est ça qui fait ton profit de l'année.
19:25Et ça devient un modèle vertueux,
19:27qui est finalement le modèle des agences indépendantes.
19:30Et ça a marché puisqu'on a triplé la taille de l'agence
19:33avec des clients locaux qu'on a attirés à nous.
19:36Quand je suis arrivé chez Media Brands,
19:38Media Brands, c'était 85% de la marge brute
19:41sur des clients internationaux.
19:42Quand je suis parti, c'est 50-50.
19:44Donc on a attiré à nous des clients français
19:46en profitant des outils que le réseau nous fournissait,
19:51du réseau international que le réseau nous fournissait,
19:55mais en agissant comme une indépendante.
19:56Donc en fait, j'ai l'impression d'avoir été vraiment
19:58comme une indep, mais bien outillée et internationale
20:01pendant les sept dernières années.
20:02et j'ai vu que ça marchait.
20:04Quand j'ai su qu'on avait fusionné avec Omnicom,
20:08je me suis bien dit que ça n'allait pas être mon modèle
20:11et que ça n'allait pas être ce que j'aime faire.
20:13Et que le risque, c'était qu'en se fasse,
20:16qu'en devenant trop gros
20:18et qu'en étant trop piloté par des objectifs financiers,
20:22on en perd cette capacité de sénioriser,
20:24de délivrer du conseil
20:26et d'avoir un modèle plus vertueux
20:28dans nos relations avec les annonceurs.
20:32Et je ne pensais pas que ça allait aller si vite,
20:35mon départ.
20:36Mais à vrai dire,
20:38quand j'ai su qu'il y avait un risque pour moi,
20:41je me suis dit que ce que j'ai envie de faire,
20:42c'est d'être dans une agence,
20:45soit de racheter,
20:46soit de rejoindre,
20:48soit de créer une agence indépendante.
20:50Et si possible,
20:51avec de la pub dedans,
20:53donc un groupe intégré.
20:54Parce que c'est une demande de plus en plus forte
20:56que le digital,
20:57l'arrivée de l'IA,
21:00accélère encore ce besoin d'intégrer
21:03totalement créa, média et digital.
21:05Et donc,
21:06quelle chance j'ai aujourd'hui.
21:08Donc,
21:08héroïque se cocher toutes les cases.
21:10Héroïque se cocher toutes les cases.
21:11Je me retrouve à la tête d'un groupe
21:12avec du média,
21:14du digital,
21:15de la perf
21:16et une agence de pub
21:18qui a une agilité absolument incroyable,
21:20qui, parce qu'elle ne fait pas partie
21:22des grands groupes internationaux,
21:23a pu prendre une avance sur l'IA
21:26absolument remarquable.
21:28Rien qu'un truc bête.
21:31Quand on est dans un groupe international,
21:33pour adopter un LLM,
21:35il faut que ça passe par le comité Théodule
21:37aux US.
21:38Ce qui fait qu'en permanence,
21:40tu es à peu près sûr
21:41d'avoir deux ou trois versions de retard
21:43dans l'outil de travail
21:44que tu fournis à tes salariés.
21:45Parce qu'il faut que ça passe
21:46par les fourches codines
21:47des comités Théodules, etc.
21:49Dans une agence indépendante,
21:51tu as cette liberté d'action
21:51qui fait qu'au jour 1,
21:53et je l'ai vécu il y a 15 jours,
21:55au jour 1 de la nouvelle version de Claude,
21:57elle est dans les mains
21:58de nos salariés
22:00et donc au bénéfice de nos clients
22:01une semaine après.
22:02C'est juste un exemple de notre agilité.
22:04Mais je crois aussi
22:07que c'est une chance
22:08d'être du côté des indèbres
22:10parce que ces grands groupes
22:13sont quand même en train
22:14de s'organiser pour bien servir
22:15les demandes des grands clients internationaux.
22:17La demande des grands clients internationaux,
22:20c'est quoi ?
22:21Premièrement, c'est très cynique.
22:22C'est maintenant que tu représentes
22:24plus que 40% de ce que j'achète,
22:26au fond, baisse-moi tes honoraires.
22:28Ta valeur est remise en cause.
22:33Et puis, utilise pour baisser tes honoraires
22:37tout ce que tu peux,
22:38l'offshoreisation, l'IA, etc.
22:41pour accompagner cette demande
22:43de productivité ou d'efficacité
22:45qui est devenue le maître mot
22:48chez les annonceurs
22:48depuis la fin de la crise du Covid.
22:52D'un seul coup,
22:53il fallait être productif et efficace
22:54là où avant,
22:55il fallait délivrer du conseil.
22:56Donc ces grands groupes
22:57sont en train de s'organiser comme ça,
22:58ce qui veut dire que des fonctions clés
23:02pour délivrer ton conseil en local
23:03sont en train de s'offshoreiser
23:05dans des pays au salaire moins cher,
23:08en Inde, en Pologne, etc.
23:10Et je crois profondément
23:12qu'un certain nombre d'annonceurs locaux
23:15qui n'ont pas la même demande d'efficacité
23:17mais qui ont toujours la même demande de conseil
23:19se retrouvent perdus dans ces gros mastodontes
23:23et qu'il y a un appel d'air assez mécanique
23:25qui va se créer pour les agences indépendantes,
23:28encore plus si elles sont intégrées,
23:30comme c'est notre cas avec de la pub et du média.
23:32Et nous, on n'est plus une agence à la limite.
23:34On est une plateforme de croissance des marques
23:37alimentée par l'IA
23:37et délivrant un conseil à nos annonceurs.
23:42Peut-être en deux mots,
23:44c'est quoi du coup ta feuille de route ?
23:47On t'a fait venir pour quoi ?
23:51On m'a fait venir pour remettre le groupe ROX
23:57dans une stratégie de croissance
23:59et puis dans une stratégie de vente.
24:01donc il n'est plus question de vendre ROX
24:04avant au moins trois à cinq ans.
24:08Le focus a été très sûr
24:11sur des process de cession de la boîte
24:14qui finalement n'ont pas abouti
24:15et donc les actionnaires se sont dit
24:18en fait, il faut remettre la boîte
24:21dans une stratégie de croissance.
24:23Cette croissance, elle viendra de quoi ?
24:25Elle viendra, ma première priorité,
24:27c'est de mettre notre activité,
24:31notre practice média
24:32au niveau d'investissement technologique
24:34d'une old co.
24:38Parce que ce n'est pas parce qu'on va s'adresser
24:40à des clients français
24:40qu'ils vont avoir moins de demandes
24:42sur la rationalisation de leur plan média
24:44ou sur la traçabilité et l'activabilité
24:47des cibles qu'on va leur recommander.
24:49Donc il y a la même demande technologique
24:50aujourd'hui vis-à-vis de nous
24:53que vis-à-vis d'une old co
24:54parce que c'est devenu la moindre des choses.
24:56Donc il nous faut rattraper rapidement
24:59ce sujet-là.
25:00Donc c'est notre sujet prioritaire.
25:01Donc ce que tu disais tout à l'heure,
25:03technologie, data.
25:04Technologie, data et au service de...
25:06Il faut avoir le même niveau
25:07que les grandes...
25:09Sinon tu ne passes pas le premier tour,
25:10tu ne passes même pas le chemistry meeting.
25:11C'est ce que j'ai vu vraiment
25:12toute l'année dernière
25:13quand j'étais chez Media Brands.
25:15Donc on est en train de développer
25:17notre operating system
25:19qui va être un operating system intégré
25:21intégrant la pub.
25:22Donc les gens de la pub
25:25et les gens du média
25:26vont partager le même outil
25:27de travail et de planification
25:29intégrant le processus créatif,
25:31intégrant l'IA
25:32puisqu'on a fait énormément d'avancées
25:34grâce à Versus
25:35qu'on a lancé...
25:37Qui est votre agence IA.
25:37Qui est notre agence Full IA
25:39qui fait des contenus publicitaires
25:41mais aussi des contenus
25:42à destination des réseaux sociaux
25:44et de la content factory
25:45pour les sites web
25:46ou l'optimisation
25:47de parcours de conversion.
25:49Et donc on a
25:49de l'ADCO
25:51native
25:52de très haute qualité
25:54et à coûts très bas
25:56qu'on est capable
25:57de sortir à des coûts très bas.
25:58Remettre la boîte
25:58sur la croissance,
26:00développer techno et data ?
26:01Développer techno et data.
26:03La croissance,
26:03elle passera aussi
26:04par plus d'intégration.
26:06C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
26:07on a la chance
26:08d'avoir ces trois piliers
26:09pub, data et média.
26:10C'est de les faire travailler
26:11plus ensemble
26:12pour aller un pas plus loin.
26:15d'intégrer l'IA
26:16dans tous nos processus
26:17de travail.
26:18Mais sache,
26:18comme je te l'ai déjà dit,
26:19on a déjà plutôt de l'avance
26:21sur le sujet,
26:22vraiment,
26:23mais ça est pour nous permettre
26:24de délivrer un conseil
26:25augmenté.
26:26Et puis la troisième voie,
26:27ça sera l'international.
26:30On a déjà des bureaux
26:32EOX Média
26:33en Allemagne
26:34et à Dubaï.
26:35Dubaï,
26:36on l'a ouvert
26:36juste avant la guerre,
26:37malheureusement,
26:38mais malgré ça,
26:39il continue sous les bombes
26:40à gagner du Newbies
26:41avec un super gain
26:42qu'on a eu cette semaine.
26:44Donc ça,
26:45c'est une super nouvelle.
26:45Et mon objectif,
26:47c'est aussi de continuer
26:47cette internationalisation,
26:49cette internationalisation-là.
26:52Une fois qu'on aura
26:53l'operating system
26:54en France,
26:55il est très facilement
26:56internationalisable
26:57pour nos différents bureaux.
26:58On a le muscle
27:00d'achat digital
27:01depuis Paris
27:02qui peut servir
27:02partout dans le monde.
27:04Et donc,
27:04avec des investissements
27:06pas très importants,
27:08on sera capable
27:08d'avoir des EOX Média
27:10au moins en Europe
27:10assez vite
27:11et donc accéder
27:12non plus seulement
27:13aux appels d'offres locaux,
27:15mais aussi à des appels
27:16d'offres européens.
27:16Donc plutôt avoir
27:17vos propres bureaux
27:18que d'être partenaire
27:20de réseaux
27:21d'indépendants.
27:23Absolument.
27:24Jusqu'à présent,
27:24ça avait été plutôt
27:25des alliances
27:27très opportunistes
27:28en fonction
27:29des appels d'offres.
27:30L'un de mes objectifs,
27:31c'est effectivement
27:32qu'on se constitue
27:33un réseau
27:34avec l'ensemble
27:35de nos dimensions
27:36et au moins en Europe.
27:37Puis ça tombe bien
27:38parce qu'il y a quand même
27:38pas mal de gens
27:39qui, comme moi,
27:40se sont fait sortir
27:42à l'occasion
27:43d'une fusion
27:43qui sont sur le marché
27:44en ce moment.
27:44Donc le marché des talents
27:45dans les différents
27:47est assez facile
27:48à activer.
27:49pour créer le réseau.
27:50Absolument.
27:51Merci Bertrand
27:52pour cette feuille de route.
27:54Tu reviens
27:54dès que tu as
27:55les premiers gains
27:57à nous annoncer.
27:59Et puis,
28:01bon vent
28:01pour ce nouveau chapitre
28:04de ta carrière
28:04chez Heroic.
28:06Merci beaucoup.
28:06A bientôt.
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