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00:12Bonjour Raphaël, bonjour Pierre, merci d'être là pour un influencia café, influencia café un peu
00:17exceptionnel puisqu'on n'est là pas pour parler de votre business en cours de votre actualité mais
00:24on n'est pas là pour parler de l'UDECAM et j'ai la chance de ne pas avoir un
00:29mais deux anciens présidents
00:30du DECAM, trois ensemble et je suis ravi d'avoir réussi à monter ce café avec vous deux en même
00:38temps pour parler donc à la fois des 15 ans des rencontres et des 30 ans du DECAM qui seront
00:46célébrés en début de semaine et donc je voulais faire un peu de rembobinage et parler un peu à la
00:53fois de vous souvenir des rencontres, de vous souvenir de l'UDECAM, avoir votre vision aussi sur ce que fait
00:59l'interprofession en ce moment, comment vous l'a jugé puisque vous avez encore des rôles très actifs
01:04dans le secteur, Raphaël à la tête d'Avas en France et en Italie et Pierre qui a multiples activités
01:11mais
01:11qui est toujours président du CSP et qui donc garde un pied actif dans notre univers donc merci à vous
01:17d'avoir débloqué vos agendas et d'être là ensemble ce matin pour un café.
01:22Merci à toi de nous avoir fait signe.
01:25Merci Sébastien.
01:26Alors est-ce que vous avez des souvenirs particuliers des rencontres de l'UDECAM que vous avez introduits ou clôturés
01:34plusieurs fois chacun puisque chacun fait au moins deux à quatre éditions en moyenne, il y a eu une époque
01:42où il y avait une édition en septembre, une édition en mars et puis après une édition seulement en septembre.
01:46Qu'est-ce que vous avez des souvenirs de vos invités ou de la préparation de ces rencontres qui prenaient
01:53en général pas mal de temps l'été avant que ça débarque ?
01:57Moi j'ai le souvenir du mois de juillet 2017 je crois où j'étais vice-président du DECAM et
02:04où Pierre avait lancé un thème
02:06qui était je crois l'influence au féminin, il était en train de préparer ses rencontres, voilà donc moi j
02:12'étais tranquille,
02:13je partais en vacances et Pierre m'appelle et me dit en fait tu sais quoi je pars chez Editis
02:18donc tu dois t'occuper des rencontres
02:21et donc avec Françoise Chambre que j'embrasse et le bureau et bien on a dû organiser les rencontres de
02:29Pierre au pied levé
02:30et je crois que ça s'était plutôt pas mal passé.
02:33Oui ça s'est très bien passé d'ailleurs on va regarder un extrait de toi introduisant ces rencontres
02:40et donc saluant Pierre en espérant qu'il regarde les rencontres de son bureau chez Editis.
02:47Je voulais en cette matinée dédiée aux femmes d'abord penser à un homme, Pierre Comte.
02:55Pierre Comte qui a choisi au cœur de l'été d'approfondir son expérience des médias
03:03en allant s'occuper du plus vieux ou presque média du monde qui est le livre
03:07puisque Pierre comme vous le savez sans doute est à présent directeur général d'Editis en France
03:12donc Pierre c'est 30 ans de contribution à notre univers à différents postes
03:20et donc voilà je pense qu'il aurait évidemment dû être parmi nous, il a été l'inspirateur de cette
03:25thématique
03:27et donc aujourd'hui il est évident qu'il nous manque déjà donc j'avais envie de l'embrasser tout
03:32simplement.
03:33Et puis tu as un applaudissement, je ne sais pas si tu regardes Dailymotion.
03:40J'ai bien aimé la façon dont tu l'as présenté, c'était le projet ou le thème de Pierre.
03:46Alors d'abord les rencontres, ce n'est jamais le président qui en décide le thème.
03:50Il y avait une grosse influence des équipes, de toutes les équipes
03:54et vous savez qu'il y a beaucoup de femmes dans les agences médias
03:58qui aujourd'hui en dirigent beaucoup, elles c'est bien.
04:01Et je pense que c'était une belle idée, un bon timing
04:06et donc j'avais agi sous pression sur cette décision parce que ça n'avait rien à voir avec ma
04:10décision personnelle.
04:11Mais moi je voulais revenir, si tu permets, un petit peu sur l'IDECAM aussi
04:15parce que les entreprises qui composent l'IDECAM, elles sont en compétition constante,
04:21souvent très dures quelquefois.
04:23Je me souviens, Raphaël, patron d'Avasmedia, j'étais patron de groupe M,
04:27c'était chaud entre nos groupes.
04:29Et le conseil d'administration de l'IDECAM était quand même un endroit,
04:34bien sûr, où on définissait une action collective,
04:37mais où aussi on pouvait se parler presque dans un huis clos.
04:40Donc il y a ce conseil d'administration, un peu beyond the curtain.
04:45Et puis il y avait les rencontres qui avaient été créées quelques années précédemment
04:50et qui sont au contraire l'expression collective publique
04:55d'un métier qui jusque-là était finalement plutôt plus discret,
04:59plus discret que les agences de publicité, sans aucun côté péjoratif,
05:02plus discret que les médias, et qui s'affirmait, et qui s'est affirmé.
05:06Et c'était fantastique parce que sur chacune des rencontres,
05:12il y avait vraiment un collectif de conception qui fonctionnait très bien
05:17et qui, je crois, va donner des résultats.
05:20Parce qu'on a toujours eu quand même des plateaux et des débats de qualité
05:24et puis une assistance nombreuse et qui restait les quatre heures à chaque matinée.
05:31Oui, sachant qu'au début, c'était même une journée en pierre.
05:34Et toi, Raphaël, sur justement la façon dont au sein de l'UDECAM
05:40cohabite à la fois la tension concurrentielle et en même temps la démarche
05:44pour faire avancer le métier, comment tu l'as vécu à l'époque ?
05:48Je partage mot pour mot ce qu'a dit Pierre.
05:52Moi, qui ne venais pas nativement du monde des agences médias,
05:59l'UDECAM et en particulier les rencontres, je trouve, ont contribué à faire de ce métier un grand métier.
06:06Alors, c'est arrivé un peu, moi, la décennie où j'ai fait du média,
06:09ça fait à peu près 13-14 ans.
06:10C'est le moment d'une transformation phénoménale où tout d'un coup,
06:13je dirais, tous les acteurs de l'écosystème, annonceurs, y compris médias et agences de pubs,
06:21se sont tournés vers l'agence médias en disant, mais aidez-nous à comprendre ce qui est en train de
06:24se passer,
06:24notamment du côté du digital.
06:26Donc, moi, j'ai eu la chance d'être un peu au cœur de ce système
06:30au moment où on était vraiment l'épicentre de la transformation.
06:34Et je pense qu'il y avait effectivement une compétitivité,
06:40une compétition honnêtement ultra, ultra, ultra forte, parfois presque virile.
06:47Mais je dois dire qu'une fois qu'on entrait dans l'UDECAM,
06:50et en particulier le jour des rencontres où on devait, je dirais,
06:54montrer le visage de ce qu'étaient les agences médias,
06:57il y avait un effet de corps, un sentiment de faire quelque chose de grand ensemble.
07:04Et c'est vrai que je me rappellerai souvent, moi, à mon époque, c'était la salle Vagra,
07:10mais je me souviens quand on arrivait, je dirais, généralement ce matin de septembre,
07:16en haut de l'escalier, je ne sais pas pourquoi, dans mes souvenirs,
07:20il faisait tout le temps beau, peut-être que c'est un peu…
07:22C'est ma nature, on s'en fichait, c'était à l'intérieur.
07:25Mais enfin, pour moi, il faisait beau.
07:26Et tout d'un coup, ça crouillait de monde, tout le monde venait vous saluer.
07:31C'est là que ça se passait.
07:32Et je pense qu'en plus, collectivement, avec tous les grands pros qui s'en occupaient,
07:38on a eu, comment dire, on n'a pas eu la paresse d'en faire juste un pince-fesse.
07:45C'était toujours de très haut niveau en termes d'intervenants français, internationaux.
07:51J'ai un souvenir, c'est la première fois que le tout Paris médiatique a découvert Daniel Kretinsky.
07:56Je me souviens que tout le monde en parlait.
07:57J'ai appelé Valéry Salomon, je lui ai dit, est-ce qu'il serait d'accord ?
08:00Donc, il a fait son coming-out médiatique en France, dans un français absolument exceptionnel.
08:06Deux minutes avant, Louis Dreyfus venait de baiser la bague de Laurent Soli,
08:11que je les embrasse tous les deux.
08:13Mais c'était aussi un moment assez incroyable, un peu à front renversé avec, entre guillemets,
08:20Kretinsky, dont tout le monde se disait, mais qui est-il ?
08:23C'est un étranger qui arrive dans le sacro-saint monde et qui, tout d'un coup, a séduit toute
08:28la salle.
08:28Enfin, voilà, il se passait des trucs vraiment, vraiment marquants.
08:33Et donc, c'est des souvenirs très forts.
08:36On avait fait bien Jean-Marie Messier pour raconter quelle était sa vision de la convergence dix ans après.
08:43Absolument.
08:44Ah oui, je me souviens, c'était un moment fort, ça.
08:45Pour savoir s'il avait eu raison dix ans trop tôt ou pas.
08:48Sans doute ne faut-il pas avoir raison trop, trop tôt.
08:51Ou être plus prudent dans sa façon de l'affirmer.
08:53Non, non, c'était un moment assez incroyable.
08:58Et aujourd'hui, est-ce que vous avez le sentiment que l'interprofession continue à se serrer les coudes,
09:07à travailler ensemble, ou le temps fait que la tension, l'économie étant plus difficile,
09:16il est plus compliqué justement de laisser les armes aux vestiaires et de travailler ensemble ?
09:23Je pense que Raphaël est beaucoup plus d'actifs que je ne suis aujourd'hui.
09:29Donc, je vais répondre avec un angle un peu CESP, si tu permets,
09:33puisque c'est ma dernière activité dans le marché, pour dire deux choses.
09:41La première, c'est que les Français, on est fantastiques, on passe notre temps à s'autocritiquer.
09:47On a un marché de l'investissement publicitaire, qui est un marché extrêmement sophistiqué,
09:54qui est un marché avec des systèmes d'études qui ont peu d'équivalents ailleurs,
09:59qui est un marché qui a organisé l'inter-dialogue entre les parties, les annonceurs, les agences médias et les
10:12médias.
10:13C'est aussi un marché où on a des champions des études, comme Médiamétrie, Ipsos.
10:19Et on a créé le marché, a su créer un autre endroit de dialogue, j'ai presque envie d'apaisement.
10:26Apaisement, ça ne veut pas dire s'arrêter, ça veut dire discuter dans le respect des uns des autres,
10:32qui est le CESP, qui à mon sens est très important et correspond à cette volonté de transparence, d'équité,
10:40de respect des autres.
10:42En venant, je réfléchissais, je vais faire rire tout le monde, mais aujourd'hui, est-ce qu'on critique la
10:48ceinture de sécurité ?
10:50Est-ce qu'on critique les contrôles anti-dopage dans le sport ?
10:54Ils ont un coût supporté par les marchés.
10:57Quelquefois, ils empêchent de danser en rond, mais quelle est leur valeur réelle ?
11:02Et nous, on s'inscrit là-dedans.
11:03Et puis après, je voulais rebondir le CESP sur un mot qui est important, qui est l'inter-profession.
11:09Quand j'étais président de l'UDK, ça commence vraiment à dater.
11:17Je ne sais pas à quel niveau d'investissement publicitaire étaient les GAFA, quelle était leur part de marché.
11:23Aujourd'hui, 60 peut-être, quelque chose comme ça, GAFA et assimilé, pardon.
11:30Et aujourd'hui, si je peux me permettre un message, l'inter-profession, bien entendu, il y a les acteurs
11:40historiques de cette inter-profession,
11:43les agences médias, les médias traditionnels, cet adjectif est affreux, et puis les annonceurs.
11:50Et puis évidemment, les nouveaux acteurs ont un rôle énorme à jouer.
11:56Et mon sentiment, c'est un petit peu le sentiment que j'ai évidemment au CESP aussi,
12:01est que finalement, cette inter-profession, elle n'a pas encore trouvé ni son périmètre, ni son harmonie.
12:13Et que c'est sans doute le souhait qu'il faut faire, parce que sinon, on fait poser sur maintenant
12:19la partie minoritaire du marché,
12:22des engagements de transparence et d'équité qui doivent être, je crois, pris partout.
12:31Ce n'est pas facile et ça nécessite un dialogue constant.
12:36Donc voilà, l'inter-profession, aujourd'hui, il faut qu'elle redéfinisse son périmètre, peut-être sa gouvernance.
12:43Et le fait d'avoir deux, peut-être une question plus pour Raphaël,
12:46mais le fait d'avoir deux champions mondiaux comme Avas et Publicis,
12:49deux énormes locomotives dans un même pays, ce qui est assez rare,
12:54en dehors des Américains, il n'y a pas d'autres exemples,
12:57est-ce que c'est un bénéfice ou ça complique les choses pour faire avancer l'inter-profession ?
13:04Moi, j'ai vraiment le sentiment que c'est un bénéfice sur tous les sujets du métier.
13:09On a toujours eu, avec Gauthier, une qualité de dialogue parfaite.
13:14Je peux aussi parler de la ACC, où Agathe et Bertie, par exemple, ont toujours vraiment ramé dans le même
13:23sens.
13:23Donc moi, je dirais qu'il y a vraiment deux choses en France sur les enjeux d'inter-profession.
13:28Il y a le terrain, et le terrain, c'est un peu rollerball, on ne va pas se mentir.
13:34Et puis, il y a le vestiaire, et dans le vestiaire, c'est impeccable.
13:40Et quand c'est trop dur sur le terrain, on est capable aussi de dire que des règles comme ça,
13:44dans le vestiaire, on ne va pas y arriver.
13:47Et puis, on a en face de nous des gens sans qui on n'existerait pas, qui sont les annonceurs.
13:54Mais avec lesquels aussi, il faut qu'on trouve un point d'équilibre pour que ça fonctionne.
14:00Donc, je pense qu'honnêtement, j'ai presque envie de dire, en plus, c'est sympa.
14:07Enfin, moi, je n'ai aucun souvenir de moments tendus.
14:11J'ai des souvenirs de débats vigoureux, mais d'aucune forme de tension qui aille au-delà d'un débat,
14:21je dirais, sur le fond.
14:23Donc, non, non, moi, je pense qu'on s'est bien gérés.
14:27Je pense que...
14:28Ça fait plutôt progresser les sujets plus vite, d'avoir deux gros acteurs qui ont des moyens de le faire
14:33avancer.
14:33C'est aussi très gros. Omnicom est gros. Et puis, si la France peut être de temps en temps un
14:38peu gros, après tout...
14:40Oui, on pourrait rajouter les champions annonceurs français, parce qu'on a des champions mondiaux en France qui sont aussi...
14:48On en a moins, mais on a des champions mondiaux dans les médias aussi, avec Decaux.
14:51Et Decaux, tu as raison.
14:53Donc, c'est vrai, ces gens-là sont des primus inter paresse.
14:58Ils ont un rôle dans les collectifs qui, je rejoins complètement Raphaël, tout en ayant été patron et d'Omnicom
15:08et de WPP en France.
15:10À la fois, ce n'est pas facile sur le terrain d'être contre les deux géants français, mais par
15:16contre, sur la profession, c'est très bénéfique, je pense.
15:21On va revenir peut-être deux secondes sur les thèmes, les grands thèmes qui ont été abordés aux rencontres.
15:26C'est quoi, aujourd'hui, les thèmes qui vous paraissent justement les plus forts, les plus importants ?
15:33Est-ce que vous avez vu des choses majeures ces derniers temps ?
15:38Et quels seraient... Est-ce que vous auriez des idées de thèmes à souffler à l'UDECAM pour les mois
15:46ou les années à venir ?
15:47Moi, je vais d'abord reprendre, je crois que Raphaël est très bien.
15:50Pour moi, les rencontres de l'UDECAM, elles doivent vite parler de quelque chose qui est en train de bouillonner
16:01et qui va conditionner.
16:02Donc, dans cette définition-là, on ne peut pas avoir de vérité.
16:07C'est ça, on vous explique assez, essayer de donner une ligne.
16:13Après, la difficulté, je crois que l'UDECAM y est bien arrivé, pas à chaque fois.
16:20La difficulté dans ces grandes rencontres, c'est finalement que les intervenants aient le courage de parler vrai, de dire
16:32les choses.
16:33Oui, c'est justement une de mes questions. Est-ce que ça a baissé ça ? Est-ce qu'on
16:37a perdu un peu ça ?
16:39Ça, ça ferait un peu, c'était mieux avant.
16:42Mais en tout cas, c'est vrai que c'est difficile.
16:44Est-ce qu'à l'heure des réseaux sociaux, on a plus peur de dire un certain nombre de choses,
16:48parce qu'on sait que ça va être beaucoup plus repris, beaucoup plus viral ?
16:52Est-ce que la parole est un peu plus contrôlée à cause de ça ?
16:56Est-ce que les débats sont un peu plus aseptisés à cause de ça ?
17:01Je ne sais pas te répondre à ça. Spontanément, je te dirais sans doute.
17:06Ceci étant, s'il faut qu'il y ait une finalité, une utilité, à cet effort quand même,
17:12parce que je fais ça comme si c'était facile de monter une rencontre de l'UDECAM pour notre profession.
17:19Tu passes un mauvais mois d'août.
17:20C'est beaucoup de travail, c'est de l'investissement, c'est les équipes qui déjà travaillent beaucoup.
17:27Donc le rôle des animateurs ou des médiateurs, qui sont souvent d'ailleurs les patrons d'agence dans ces rencontres,
17:34est clé pour arriver à pousser les interlocuteurs à dire un peu le fond de la pensée.
17:39Moi, ce qui me paraît important, je ne dis pas que ce n'est pas fait,
17:44mais je pense que si, dans une rencontre de l'UDECAM, le public apprend des choses,
17:52sachant qu'on a un public averti, qui lit tout, qui connaît tout.
17:56Donc si on arrive à faire en sorte que par la confrontation intelligente de deux intervenants,
18:05par un angle qu'on n'avait pas vu, par je ne sais quel contenu,
18:10les gens qui sortent de là en disant « Ah ouais, je n'avais pas vu le truc comme ça,
18:15en effet,
18:15ou je n'avais pas... »
18:17Tiens, c'est un témoignage qui honnêtement me fait avancer.
18:20Je pense qu'on a réussi.
18:22Si, et je ne dis pas que c'est le cas,
18:24on est dans un moment de convivialité, c'est toujours sympa,
18:28où on est tous heureux d'être contents, d'être ensemble,
18:31ce n'est pas le cas, mais le risque, c'est que, entre guillemets,
18:34l'enveloppe devienne le sujet,
18:37et il faut une lettre dans l'enveloppe, si j'ose dire.
18:39Et donc moi, je crois que ce qu'il faut qu'on...
18:43Moi, je ne suis plus impliqué,
18:44parce que je trouve que quand on a été président, c'est mon rôle,
18:46d'autres l'ont fait différemment.
18:48Moi, je me suis dit, je suis Benoît XVI, je m'en vais,
18:51et puis pour ne pas aussi encombrer le truc.
18:53Donc je suis un peu moins, à part les gros enjeux,
18:57type affaires publiques, choses comme ça, où je m'intéresse,
18:59je suis moins impliqué, mais je crois quand même
19:01que c'est encore un lieu, c'est encore un think tank,
19:04c'est encore un lieu où on aborde des sujets,
19:06où il y a beaucoup de frottements entre des cerveaux forts,
19:11en plus du côté convivial qu'il ne faut pas perdre.
19:13Mais il me semble que ça, c'est assez bien fait,
19:15parce que ce que les agences médias doivent démontrer,
19:18au fond, c'est quoi ?
19:19C'est leur autorité sur un monde très compliqué.
19:23C'est ça qui fait qu'elles sont encore vivantes aujourd'hui,
19:26alors que mille fois, on leur a dit,
19:27les GAFA vont vous manger, les consultants vont vous manger,
19:31les clients vont internaliser.
19:33Bon, tout le monde a tout un peu fait,
19:34et à la fin, on est encore là, vaillant, ou vaille que vaille,
19:39et parce que je crois qu'une grande agence médias
19:43a une forme d'autorité sur un monde qui est ultra compliqué.
19:47Et donc il faut que les rencontres soient un lieu
19:50d'expression de cette autorité sur le fond.
19:55Alors justement, sur cette hyper complexité,
19:57parce que toi, tu dis, on a résisté,
19:59enfin les agences médias ont résisté au GAFA,
20:02à énormément de mutations et de révolutions.
20:04Aujourd'hui, moi, je les trouve plutôt très,
20:08plus que vaillantes,
20:09je les trouve très au cœur de, justement,
20:12de l'écosystème,
20:14très au cœur des besoins des annonceurs,
20:17très au cœur de l'économie générale de l'industrie.
20:22Quelle est ta vision là-dessus ?
20:24Je pense que si on regarde,
20:27si on fait un petit pas en arrière,
20:29on voit quand même que sur six groupes,
20:33il y a quand même un peu des groupes en bonne santé,
20:36des groupes qui sont dans des moments plus compliqués.
20:38Donc, je pense que l'économie des agences,
20:41elle est fragile.
20:42Et donc, je ne veux pas qu'on sorte de là
20:43en disant, c'est fastoche.
20:45Après, moi, pour te rejoindre,
20:50moi, je parle beaucoup à des clients en disant,
20:52mais est-ce que vous avez encore besoin d'agences ?
20:54Au fond, ils me disent,
20:55peut-être que là, ça, on pourrait faire et tout
20:57sur des petits coins.
20:59Mais moi, tous mes grands clients, les grands,
21:01me disent, je n'ai jamais eu autant besoin d'agences.
21:05Médias et, on va dire,
21:07plutôt concept, stratégie, création.
21:09Donc, moi, il me semble que si
21:12on ne se perd pas dans un business model
21:14qui, finalement, n'est plus tenable,
21:16donc si, je ne sais pas quoi,
21:17comment on gère les choses,
21:18en gros, si on est payé suffisamment
21:19et qu'on est efficient dans nos organisations,
21:23je pense qu'il y a un besoin profond d'agences
21:26parce que le monde est très compliqué
21:28et que pour une marque, c'est très dur.
21:30Je veux dire, aujourd'hui, moi, mes clients,
21:31ils me disent quoi ?
21:31Ils me disent qu'ils vont tous les matins
21:33regarder sur les LLM s'ils sortent encore.
21:36Donc, tout ça, c'est les agences qui peuvent les aider.
21:38D'ailleurs, on a des idées, des solutions, des trucs.
21:40Donc, ce que je veux dire, c'est que je n'ai pas de crise.
21:44À un certain moment, je me suis dit,
21:46est-ce qu'il y aura encore des agences ?
21:47Aujourd'hui, j'ai plus d'outes là.
21:49Ma question, c'est est-ce qu'elles auront
21:50les moyens de bien faire leur métier qui est compliqué ?
21:53Et je sens un peu un décalage
21:55entre un besoin très fort avec des trucs.
21:57On a besoin d'avoir des profils de plus en plus
21:59compliqués, sophistiqués, machin.
22:01Et de l'autre côté, on voit bien qu'il y a plusieurs agences
22:05aujourd'hui mondialement, plusieurs groupes qui souffrent.
22:08Et donc, ça veut dire que l'équation, elle est compliquée.
22:10J'avais été frappé.
22:12J'ai plus d'expérience, finalement, de médias que d'agences.
22:17Mais les médias, comme les annonceurs, comme les agences
22:22sont confrontés avec des séquences de plus en plus courtes,
22:27des enjeux de transformation de leur modèle,
22:30de leur business, donc de leurs équipes, etc.
22:33Et quelque part, indirectement, je rejoins Raphaël
22:38sur le besoin des agences.
22:40Ils attendent de leur agence une traction un peu comme un scout,
22:46comme un pionnier qui les aide dans cette transformation.
22:49Et donc, ils demandent à leur agence de se transformer,
22:51finalement, plus vite qu'eux-mêmes.
22:54Et on voit bien qu'on est à un moment de nouveau charnière
22:58avec ces histoires, pas que médias,
23:01qui arrivent, qui bousculent beaucoup les choses
23:03et où les agences ont une espèce de challenge,
23:06d'adaptation plus rapide que leurs clients.
23:11C'est ça qu'on leur demande, d'être plus dans le coup,
23:14de pouvoir aider leurs clients dans la transformation.
23:17Et donc, ce n'est pas facile.
23:21Donc, il y a une vague après une vague.
23:23Et effectivement, si on reprend, on se met un peu de recul
23:27sur les 20 dernières années,
23:29ou même un peu plus sur remontrer,
23:30en étant un peu provocateur jusqu'à la loi Sapin,
23:33l'adaptation des agences médias,
23:35elle est quand même formidable.
23:39Elle a donné des preuves de ses capacités,
23:42des preuves de la valeur ajoutée
23:44qu'elles amenaient à leurs clients.
23:46Alors, évidemment, on pourrait se dire,
23:48aujourd'hui, ça recommence.
23:49Je ne sais pas pourquoi.
23:51Elles ne relèveraient pas ce nouveau challenge en ce moment.
23:55Merci à tous les deux
23:56pour à la fois ces souvenirs du DECAM
23:59et cette vision des prochaines années.
24:01Merci à tous les deux.
24:02Merci.
24:02Salut Sébastien.
24:04Salut Sébastien.
24:04Salut Sébastien.
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