00:01L'invité d'RTL Soir
00:03L'invité d'RTL Soir, c'est le président de la Fédération Hospitalière de France.
00:09Bonsoir Arnaud Robinet.
00:11Bonsoir.
00:12Également, maire de Reims, je le précise, le plan blanc a donc été déclenché pour tous les hôpitaux d'Île
00:18-de-France,
00:18mesure prise également localement pour un certain nombre de CHU à Nantes, à Tours, à Limoges, il y en a
00:23d'autres encore.
00:25Concrètement, le plan blanc, qu'est-ce que ça veut dire ?
00:28Le plan blanc, c'est une réorganisation des services au sein des établissements,
00:31avec des déprogrammations d'opérations et d'actes qui étaient programmés.
00:36Et donc, c'est la mobilisation de l'ensemble des personnels, des agents hospitaliers,
00:41pour faire face à cette recrudescence de patients, notamment venant au CHU pour la prise en charge.
00:46C'est ce que nous avions connu, notamment lors de la période de la crise de la Covid.
00:50Donc, ça veut dire que globalement, aujourd'hui, l'hôpital vit une crise sanitaire qui l'empêche de fonctionner,
00:56d'accueillir bien les malades, de bien les soigner.
00:59Alors non, l'hôpital est mobilisé, l'hôpital est réactif, il s'adapte, il accueille bien les patients.
01:06En tout cas, moi, je tiens à saluer l'implication, l'investissement de l'ensemble des agents hospitaliers.
01:11Mais encore une fois, on le voit bien, l'hôpital est sur-sollicité.
01:15L'activité est très soutenue, notamment en Ile-de-France.
01:19Il y a plus de 75% d'augmentation des appels au SAMU, augmentation extrêmement importante par rapport à les
01:25dernières au même moment,
01:27à peu près 50% au niveau national, avec des passages aux urgences qui augmentent de plus de 30%
01:34dans certains services.
01:35Donc, on le voit, il y a une forte mobilisation des agents hospitaliers, une forte mobilisation des hôpitaux publics.
01:41Mais je le dis aussi, il y a aussi une mobilisation, évidemment, de la médecine libérale, de la médecine de
01:45ville.
01:46Et également, suite à l'annonce de la FHP, également des cliniques privées,
01:51il y a une coordination indispensable entre tous les acteurs de la santé.
01:54Ça veut dire qu'aujourd'hui, il y a des malades qui s'ouvrent, par exemple, de coups de chaleur,
02:00qu'on n'a peut-être pas la possibilité d'accueillir dans un hôpital et qu'on peut envoyer dans
02:05une clinique privée ?
02:07C'est aussi le rôle, vous savez, il y a des urgences dans les cliniques privées.
02:10Je vois ici, je vais prendre un exemple, ici à Reims, il y a une coordination et des liens très
02:16forts entre le CHU de Reims et la clinique privée.
02:19Ils ont la possibilité aussi d'accueillir, c'est aussi bien sûr une démission du privé,
02:23mais ils ont aussi la possibilité d'accueillir des patients dans leurs urgences.
02:27Mais on le voit bien aujourd'hui, c'est encore l'hôpital public qui est fortement sollicité, fortement mobilisé.
02:32Et notamment avec, on le voyait ici à Reims, avec une augmentation extrêmement importante des patients de plus de 75
02:38ans.
02:40Ce sont ces patients aujourd'hui qui représentent, j'allais dire, le gros de ceux qui arrivent dans les services
02:47d'urgence ?
02:48En grande partie, des patients déjà fragilisés, parfois ayant d'autres pathologies.
02:55Et on le voit aujourd'hui, oui, il y a une forte augmentation de personnes de plus de 75 ans,
03:01les personnes âgées.
03:01Ce qui est normal et avec aussi un retard de 48 heures, puisque les signes de la canicule, que ce
03:07soit des déshydratations ou autres,
03:10apparaissent à peu près 48 heures après le pic de chaleur.
03:14Et dans quelles conditions sont-ils accueillis ? Parce que là, effectivement, il y a un certain nombre de témoignages
03:20qui nous sont arrivés ces derniers jours.
03:23Je parle de la température qui règne dans les chambres, dans les services, aussi de la fatigue des soignants très
03:30sollicités depuis plusieurs jours,
03:31parfois du manque de bras, du manque de lits. Dans quelles conditions sont-ils accueillis ces malades âgés ?
03:37Alors, ils sont accueillis de façon très professionnelle et attentive, bien sûr, par les agents hospitaliers.
03:43Mais votre question touche là, cette fois-ci, au sujet des établissements et des équipements de nos hôpitaux.
03:48Force de constater, c'est que nos établissements de santé ne sont pas totalement adaptés à ces augmentations, à ces
03:57fortes chaleurs.
03:58Et ça, ce n'est pas quelque chose d'exceptionnel. Il va falloir s'attendre chaque année à avoir ces
04:02épisodes de canicule.
04:03Et d'ailleurs, nous demandons des investissements extrêmement importants pour l'ensemble de nos établissements.
04:08On a 1 000 hôpitaux publics en France. Il y a plus de 3 000 établissements médico-sociaux, c'est
04:12-à-dire les EHPAD en France.
04:13Ils ont besoin d'investir. Ils ont besoin, je dirais, d'être capables, d'avoir les meilleures conditions pour faire
04:19face à ces chaleurs.
04:21Et nous avons fait une étude, nous à la FHF, comme à Ligaz d'ailleurs.
04:25Il faudrait aujourd'hui consacrer 2 milliards d'euros supplémentaires par an jusqu'en 2050 pour permettre cette adaptation au
04:32changement climatique.
04:33Donc, il va valoir regarder ce qui doit être rafraîchi, ce qui doit être climatisé.
04:38Mais il y a besoin d'investissements extrêmement importants.
04:41Et nous l'avions fait, il y a maintenant 3 à 4 ans à peu près, une proposition au gouvernement.
04:46C'était de mettre en place un fonds vert pour les hôpitaux publics, à l'image de ce qui existe
04:50pour les collectivités.
04:51Parce qu'on savait qu'il fallait s'adapter, qu'il fallait accélérer les choses.
04:55Donc, 2 milliards, une enveloppe de 2 milliards par an, chaque année.
05:01Uniquement pour, j'allais dire, rafraîchir, pas forcément tout climatiser, mais en tout cas, permettre de faire face à ces
05:10canicules.
05:11Il n'y a pas que la climatisation, bien évidemment.
05:13Il y a d'autres méthodes, il y a d'autres choses.
05:15Mais en tout cas, nos établissements doivent aujourd'hui s'adapter à ces fortes chaleurs.
05:20Cette canicule, elle était annoncée plusieurs jours, à peu près une semaine avant son début.
05:27Alors, c'est vrai, on ne connaissait pas son intensité, mais quand même.
05:29Est-ce qu'il y a eu un peu de retard à l'allumage, que les autorités politiques et sanitaires
05:34ont tardé à prendre conscience de la gravité de l'épisode
05:36et surtout des conséquences possibles auxquelles on assiste ?
05:40Alors, les conséquences, bien évidemment, à mon avis, aujourd'hui, on n'a pas de chiffres par rapport aux décès
05:46ou l'augmentation des décès.
05:48On le verra, bien sûr, à la fin de l'épisode caniculaire.
05:53Est-ce que, en tout cas, les hôpitaux étaient prêts, d'une certaine manière ?
05:56Vous savez, l'hôpital public, c'est son rôle de s'adapter à des crises.
06:00On l'a vu pendant la crise sanitaire, on l'a vu, on le voit chaque année au moment des
06:03périodes estivales,
06:04aux périodes hivernales avec les grippes et autres.
06:09Donc, l'hôpital public, lui, sait s'adapter.
06:10Mais on le voit aujourd'hui, c'est vrai qu'on réagit uniquement face à l'urgence.
06:14C'est ça, le vrai sujet, face à l'urgence.
06:16On attend que l'épisode caniculaire arrive pour activer les plans Orsan, les plans blancs, etc.
06:23Et donc, on le dit, nous, avec force, et depuis plusieurs années, il faut anticiper.
06:28Anticiper, c'est s'adapter à ces changements climatiques,
06:31c'est investir dans nos établissements publics de santé comme dans nos établissements médico-sociaux.
06:37Et que ce soit d'ailleurs, également pour nous, les collectivités, c'est exactement la même chose.
06:42Arrêtons d'agir face à l'urgence, prévoyons, ayons des plans pluriannuels d'investissement
06:48sur une période plus ou moins longue pour se donner des objectifs et atteindre ces objectifs.
06:53Aujourd'hui, c'est une crise que nous allons connaître année après année.
06:57Il va falloir donc s'adapter et réagir et anticiper.
07:00En deux mots, en quelques secondes, va y avoir une forme d'inertie de l'arrivée des malades.
07:04C'est-à-dire qu'en gros, la canicule va s'arrêter dimanche soir.
07:07Pour autant, la crise hospitalière, elle ne va pas s'arrêter tout de suite ?
07:11Elle ne s'arrêtera pas.
07:12Même si la canicule s'arrête dimanche soir, nous savons que les conséquences,
07:15en tout cas les signes cliniques, apparaissent aussi 48 heures après.
07:20Donc, la semaine prochaine sera aussi une semaine très chargée pour les hôpitaux.
07:24Et bien évidemment que la crise ou la canicule terminée,
07:27ça ne veut pas dire que l'hôpital public va retrouver, je dirais, son rythme habituel.
07:32L'hôpital public n'est pas forcément en crise.
07:34L'hôpital public a besoin d'être considéré, d'être financé en fonction de ses missions
07:38et surtout de donner une visibilité.
07:40Mais comme à l'ensemble des profils de santé,
07:42c'est pour ça que nous demandons une loi de programmation,
07:45une vraie stratégie sur au minimum 5 ans pour pouvoir financer l'hôpital public,
07:51financer le système de santé, le réorganiser.
07:53Et notamment cette enveloppe de 2 milliards par an, on l'a compris.
07:56Merci beaucoup Arnaud Robinet, président de la Fédération hospitalière de France.
08:00On va marquer une courte pause et puis alors passer à toute autre chose.
08:04L'info coupe du monde qu'on a failli rater.
08:06On va vous parler du mur de Perse.
08:08On sera ensuite avec le patron de Solidaise
08:10qui a pris un gros coup sur la tête avec l'annulation de son festival.
08:14Et puis ce sera le zappeur RTL comme Jacques Vendredi.
08:15A tout de suite.
08:16Sous-titrage Société Radio-Canada
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