00:00Avec Laurent Tessier, on préparait l'émission à 5h30 du matin, tous les deux pour...
00:05Vous m'avez réveillée.
00:06Cette phrase me fera toujours rire.
00:07Comment ?
00:07Cette phrase me fera toujours rire.
00:09On vous a réveillée, c'est vrai ?
00:10Non.
00:10Qui vous a réveillée ?
00:11Non, non, non, j'ai eu un texto très gentil d'Alexandre, mais c'était tard.
00:14Là, vous n'étiez pas en pyjama ce matin.
00:16J'étais en pyjama jusqu'à quasi... 15h.
00:22Ah, quand même.
00:23Parce que je viens de la bête somme, je tourne une grosse, grosse série pour Netflix et TF1.
00:29Et ce matin...
00:30Vous tournez quoi ?
00:31Je tourne le réseau Corneille, qui est un réseau de résistantes femmes pendant la Deuxième Guerre mondiale.
00:38C'est drôle d'ailleurs, parce que j'ai l'impression que c'est Fabien Oteniente qui vous a mis
00:43le pied à l'étrier de ce type de rôle.
00:45Je m'appelle Mado, pas loin de Blanche, des enfants des Justes.
00:49Là, le sujet est différent, mais c'est 7 jours avant le débarquement de Normandie.
00:53Il y a un gros réseau de ces femmes courageuses qui ont existé.
00:57Mais en ce moment, par exemple, comme il y a 40 degrés, est-ce que le tournage d'ailleurs est
01:02interrompu ?
01:02Non, on a tourné dans un train avec plein de figurants, il faisait 41 degrés.
01:07Mais c'est plus difficile.
01:08J'étais en soubrette parce que je suis déguisée, j'ai des faux papiers pour faire péter des trains, avec
01:15des explosifs,
01:16puisque moi je suis celle qui prépare tous les explosifs.
01:19Mais c'est des conditions parfois extrêmes, si vous étiez habillé...
01:22Et là, tu me disais, ton costume de soubrette était très épais.
01:26Oui, très très épais.
01:28J'ai tourné, on dégoulinait, on a tourné pendant des heures et des heures, avec plein de figurants, personne ne
01:34dit rien.
01:35Les gens ne se rendent pas compte, dans ce métier de cinéma, l'attente.
01:39Moi, j'ai tourné une fois avec Fabien, il m'avait très gentiment demandé de tourner dans 3-0.
01:44Et on fait une scène avec, d'ailleurs, ce comédien qui était merveilleux, qui jouait le président du Pé, qui
01:50est mort.
01:51Qui était un gros comédien de théâtre.
01:53Et puis il y avait Gérard Laron dans la scène.
01:54Mais moi, j'avais été frappé du temps d'attente.
01:57Et puis Samuel Lumières...
01:58Et pourquoi le temps d'attente ?
01:58Parce que tu changes tout !
02:00Jean Gabin disait, pour faire du cinéma, il faut une bonne chaise.
02:03Un bon fauteuil.
02:04Et donc, ça veut dire qu'on attend beaucoup, parce qu'il y a toujours une mise en place.
02:08Et qu'est-ce que vous faites quand vous attendez Mathilde ?
02:11Je fais rire les autres.
02:12Moi, je fais rire un peu.
02:14Quand même.
02:15Et puis, on s'emmerde.
02:17On s'emmerde.
02:18On attend, on parle un peu, pour ne rien dire, souvent.
02:23C'est chaud.
02:24Enfin, on n'a rien à se dire.
02:26Il fait chaud.
02:28Et comme disait le Jadé.
02:29Mais voilà.
02:31Et on se fait chier.
02:32Et je pense qu'on tourne.
02:33Il fait chaud.
02:37Je fais une évocation.
02:40Mais on s'emmerde.
02:42Et qu'est-ce que je disais, du coup ?
02:43Oui.
02:44Et en fait, je me rends compte que sur une journée énorme, on tourne quand même des heures et des
02:48heures et des heures.
02:49On doit jouer peut-être 30 secondes.
02:53Une minute.
02:54Si on compte le jeu.
02:57Il y a des scènes, si on a du texte, une scène de deux minutes.
03:00Mais tu es d'accord ?
03:01On ne va jouer rien, nous.
03:03Rien.
03:04Donc, quand vous dites en tournée, vous attendez.
03:06C'est ce que vous voulez dire.
03:07On attend.
03:09On joue un petit peu.
03:10Il y a des jours où on a des grosses séquences, des jours moins.
03:13Là, hier, en l'occurrence, c'était plutôt de l'action et tout.
03:15Mais on attend la technique.
03:16On attend sans arrêt.
03:18C'est pour ça que moi, j'aime moins être devant.
03:21Parce que je me barbe.
03:23Mais là, hier, j'ai fait rire dans le train.
03:25Je trouve des idées.
03:27Je ne dirais rien.
03:27Mais je trouve des idées pour faire rire les électros, les machinaux.
03:33Voilà.
03:34Et dans le jeu, vous avez besoin de concentration quand même avant ?
03:39Vous y allez comme ça direct ?
03:40Non, sa façon de se concentrer, c'est de faire rire.
03:43Mais vous savez si vous êtes juste ou pas ?
03:46Vous savez si la scène est bien ou pas ?
03:48Vous avez un regard sur ce que vous venez de faire ?
03:51J'ai une intuition sur ce que je viens de faire.
03:55Si ce n'est pas trop mal, je sais.
03:59Et puis quand ce n'est pas bien, je dis on refait.
04:01Et vous savez si vous pouvez faire...
04:03Je m'en fiche alors maintenant.
04:04Vous vous en fichez ?
04:05Complètement, de savoir si c'est bien ou pas.
04:07Il y a un metteur en scène qui est là pour vous dire
04:09on la refait, tu peux faire ci ou mieux.
04:12Mais est-ce que vous savez par exemple...
04:14Je ne me pose pas de questions moi.
04:15Plus pas.
04:16J'ai l'impression que vous vous en posez.
04:18Vous faites genre, comme on dit.
04:20Non, non, non.
04:21La fille ne se pose pas de questions.
04:22Non, alors je m'en posais Pascal, je ne m'en pose plus maintenant
04:24parce qu'il faut se lancer dans des choses.
04:26Mais Fabien me connaît là-dessus.
04:28Je me lance.
04:29Il faut dire qu'elle a la chance aussi d'avoir la technique.
04:33Quelqu'un que je connais qui est remarquable.
04:36Donc souvent, quand on vient de finir une prise,
04:38on voit dans les yeux de la metteur en scène
04:40ou de la chef opérateur...
04:42On voit si la prise est réussie.
04:45Par exemple, moi j'ai fait des prises
04:46où les techniciens se tenaient les côtes
04:50et je voyais que c'était drôle.
04:52On le sent, quoi.
04:53Quand il se passe un truc...
04:56Ça ne m'étonne pas en tout cas que vous alliez vers des rôles dramatiques
04:58parce que vous avez une capacité à faire naître l'émotion
05:01qui n'est pas si fréquente.
05:03Et ce qu'on demande finalement à un comédien...
05:07Ce qu'on demande à un comédien,
05:09les comédiens qui nous ont le plus touchés,
05:11hommes ou femmes,
05:12c'est des comédiens qui font naître l'émotion.
05:15Et puis il y a parfois des comédiens,
05:17je ne vais pas les citer,
05:18mais ils n'ont jamais fait naître une émotion.
05:20En tout cas, c'est peut-être subjectif chez moi
05:22et puis chez d'autres, ils feront naître des émotions.
05:24C'est super, c'est à mon avis très subjectif.
05:26Il y a des comédiens, des comédiennes qui vous émeuvent ou pas.
05:30Mais moi, qui suis quand même relativement drôle,
05:34enfin j'espère dans la vie,
05:36je crois dans la vie, oui.
05:38Et en fait, je ne me trouve pas très bonne en comédie.
05:42Enfin, je veux dire, je sais faire, mais je ne suis pas une...
05:46Et vous trouvez que vous êtes meilleure dans la...
05:47Je me sens mieux, moi, dans des rôles...
05:51Dramatiques.
05:51Oui, parce que le fond chez moi,
05:56et la fragilité, et la blessure.
05:59Donc en fait, je fais rire dans la vie, mais je...
06:02Alors dans Camping, oui,
06:03parce que j'avais cette scène spectaculaire
06:05dont on me parle,
06:07enfin, dont on ne me parle pas,
06:08dont on me fait les dialogues.
06:10Dans la rue, encore...
06:12Oui, mon mari est un bouffeur de minous.
06:14Mon mari est un bouffeur de minous.
06:15Avec moi, c'est les bulots, avec les autres, c'est les minous.
06:18Bah, il y a Cédé, Gatineau, ça.
06:20Et c'est incroyable, parce que cette scène...
06:22Mais en fait, cette scène,
06:23elle a quelque chose de dramatique aussi.
06:26Mais bien sûr, elle est plus que dramatique.
06:29Parce qu'elle a quelque chose, en fin de compte,
06:30de cette femme est trompée...
06:33Mais c'est horrible, trompée, blessée, bien sûr.
06:35Par bunie, quand même, en plus.
06:36Bah, bien sûr.
06:37C'est rigolo.
06:39Bon, on va parler de Barzodi,
06:40il nous reste une demi-heure,
06:41c'est bien que vous soyez là.
06:42En plus, je trouve que c'est...
06:45C'est agréable de parler avec vous,
06:47de vous interroger,
06:48parce que vous êtes généreuse dans l'interview,
06:51si j'ose dire.
06:51Vous dites des choses, et vous apprenez.
06:53Bah, malheureusement, parce qu'après, on est...
06:55Mais non, mais les gens qui nous écoutent, par exemple,
06:57ils sont contents de vous entendre.
06:58Parce qu'il y a quelque chose de l'ordre de la coulisse,
07:01de la cuisine, comment ça se passe, un docteur,
07:04ils ont envie de savoir des choses.
07:04Oui, mais le problème aujourd'hui, Pascal,
07:06avec les réseaux sociaux,
07:07c'est qu'on fait quand même,
07:08on est beaucoup dans le contrôle,
07:10et on fait beaucoup attention.
07:11Bien sûr.
07:12Sur la canicule, ça peut être pris.
07:14On dit, moi, je préfère chocolat au lait,
07:16le chocolat noir, c'est repris.
07:19Tout est hyper polémique.
07:21Moi, je pense que vous allez faire un malheur sur scène.
07:25J'ai hâte, parce que c'est avec Fabien qu'on écrit.
07:27Je pense que vous allez faire un malheur dans l'imitation.
07:29Ça sera notre...
07:30Mais ceci dit, on touche du bois, il n'y en a pas,
07:33mais c'est à chaque fois, tous les deux,
07:37les enfants des jus, ça a fait une audience incroyable,
07:40et les campings, donc...
07:43Mais parce que Fabien, c'est naître,
07:47c'est faire naître l'émotion.
07:48Parce que dans ces comédies,
07:50ce qu'on aime aussi, c'est être touché.
07:53Et c'est là, le cinéma dont on a parlé dix mille fois,
07:55c'est ce mélange.
07:56On appelait ça parfois les films douces amères
07:58dans les années 80.
08:00J'aimais bien ces expressions qui ont disparu.
08:0217h27, à tout de suite.
08:03Mathilde Seigny, on chante.
08:04À tout de suite.
08:05Sous-titrage Société Radio-Canada
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