00:00Il nous reste une petite demi-heure avec Caroline Iturbide, Christophe Bordet, Georges Fenech, Gauthier Lebrecht, Olivier Guenek.
00:05Elle nous avait manqué Caroline Iturbide.
00:07Mais je suis d'accord.
00:08Je suis très heureux de l'avoir le lundi.
00:10Elle donne de la couleur, de la fraîcheur, de l'élégance également avec vous.
00:16Ça fait une moyenne.
00:17Ça fait une moyenne.
00:19C'est gentil, merci.
00:19Bon, sommes-nous tous sexistes ? Sérieusement, les garçons, sommes-nous tous sexistes ?
00:23Non mais sérieusement, est-ce que vous considérez ?
00:29Arrêtez, sexiste.
00:29Est-ce que vous considérez, par exemple, que dans notre société, les hommes sont privilégiés par rapport aux femmes ?
00:38Par exemple, c'est intéressant d'ailleurs d'avoir un jeune homme aujourd'hui qui vient d'être père.
00:43Est-ce que la répartition des tâches est équitable ?
00:46Est-ce que le choix de celui qui peut mettre sa carrière, entre parenthèses, pour être au service de l
00:54'autre, est-ce toujours dans le même sens ?
00:57Au service de l'autre, au service de la famille plutôt, au service de celui qui vient de naître plutôt
01:03qu'au service...
01:04Oui, mais pourquoi elle, plus que toi ?
01:07C'est ça, le sujet.
01:08C'est ça, le sujet.
01:09Donc, est-ce qu'on est dans une société ?
01:11Le ton accusatrice, il faut arrêter tout de suite.
01:14Parce que ça s'est fait...
01:15Alors, vous voulez que je vous raconte pour comment ça s'est fait ?
01:17Comment ça s'est fait que Héloïse, donc ta femme, ne travaille pas, et que toi, tu travailles huit heures
01:21par jour à l'antenne de...
01:22Déjà, il y a une différence...
01:24Avec ce qu'il gagne, ce serait de l'argent de poste pour sa femme.
01:27Mais tu vas nous dire que c'est un hasard du calendrier.
01:29Ah, ce n'est pas du tout un hasard.
01:30Alors, déjà, il y a une petite différence.
01:32Tu es au courant.
01:33C'est la femme qui porte l'enfant plutôt que le mari.
01:36Donc, déjà, physiquement, évidemment, elle avait envie de s'arrêter plus que ce que la loi prévoit.
01:45Je trouve ça d'ailleurs très peu pour une femme.
01:47En gros, à deux mois et demi, on te demande de reprendre le travail et de mettre ton bébé en
01:52crèche.
01:52Et ce n'est pas moi qui le dis, c'est Marie-Estelle Dupont, notamment, qui dit que c'est
01:55beaucoup trop court,
01:56qu'un enfant n'est pas prêt pour aller en crèche à deux mois et demi,
01:58et qu'une femme n'est pas prête pour reprendre le boulot après deux mois et demi.
02:02Enfin, il y a des femmes qui ont envie de...
02:04Sauf si elle le souhaite.
02:05Elle dit quand même, sauf si elle le souhaite.
02:06Exactement, sauf si c'était la fin de la phrase.
02:08Chacun fait ce qu'il souhaite, et ma femme, elle préférait s'arrêter plus longtemps.
02:13Et puis, elle a cette phrase sans cesse, elle disait, j'étais là pour m'occuper d'autres enfants,
02:17ce que j'ai fait pendant le début de sa carrière, maintenant j'ai envie de m'occuper de mon
02:21enfant.
02:22Voilà.
02:22Est-ce que la société, est-ce que vous diriez...
02:24Alors Georges, par exemple, qui est le plus jeune et puis le plus ancien.
02:27Georges, est-ce que vous diriez que la société quand même a évolué,
02:31qu'elle est moins sexiste qu'elle ne le fût, lorsque...
02:33Par exemple, dans l'Assemblée nationale, vous avez été député en quelle année ?
02:372002.
02:38Bon, il y avait combien de femmes en 2002 ?
02:40Il commençait à y en avoir combien ? Peut-être, je dirais, entre 20 et 30%.
02:44Mais aujourd'hui, il y en a beaucoup plus.
02:46Je ne sais même pas s'il y en a les 30%.
02:47Vous savez pourquoi ? Il y en a plus.
02:49Parce qu'on a établi une règle.
02:51Si vous ne présentez pas, pour un parti politique,
02:54autant de femmes que d'hommes, vous avez des sanctions financières.
02:57Donc, ça incite effectivement...
02:59Mais ça, c'est une bonne chose ou pas, selon vous ?
03:00Moi, je crois... Je n'y crois pas, cette histoire de parité.
03:04Je pense que les mérites d'une femme, ce n'est pas parce qu'elle est une femme,
03:07c'est parce qu'elle a des qualités personnelles, professionnelles, politiques, voilà.
03:11Je ne crois pas que ce soit une bonne chose.
03:13Mais bon, je suis peut-être un peu ringard.
03:14Ce 50-50...
03:15Moi, je crois qu'un homme est un homme, une femme est une femme.
03:17Oui, bah oui, ça va.
03:18Et je crois qu'on est tous d'accord, Georges.
03:20Non, non, on n'est pas tous d'accord.
03:22Ah, on n'est pas tous d'accord ?
03:22Non, je suis désolé.
03:24Ne vous moquez pas de Georges comme ça ?
03:25Non, mais je ne me moque pas, mais c'est vrai que je pense qu'on a besoin aussi parfois
03:29de vous forcer un petit peu la main, à commencer par les salaires.
03:32Il n'y a aucune raison.
03:33Ça, c'est autre chose. La discrimination, ça, c'est autre chose.
03:35Voilà, il n'y a aucune raison, par exemple, de ne pas payer à niveau d'études égale
03:40et à poste égale, une femme moins qu'un homme.
03:43Tu sais que la moyenne qui est faite chaque année où on dit que les femmes sont moins bien payées
03:46que les hommes, ce n'est pas à poste égale.
03:48À poste égale, les salaires sont quasiment équivalents.
03:52Quasiment, et ils devraient l'être totalement.
03:55C'est la moyenne des salaires des femmes et des hommes à l'échelle du pays.
04:00Donc, ça ne considère pas les postes.
04:02À poste égale, on est à peu près à la même chose.
04:05Il faudrait enlever le « à peu près ».
04:07Convenez, par exemple, moi, j'ai souvent cité,
04:10il n'y a pas une femme qui dirige une entreprise, une CAC 40,
04:14il y en a une ou deux, je crois.
04:15CAC 40, je crois qu'il n'y en a aucune.
04:17Alors, ce qui est amusant, c'est que dans le privé et dans le public,
04:20les choses seront différentes.
04:21Dans le public, elle ne dirige pas quelqu'un.
04:27La fille est toujours actionnaire, majoritaire, etc.
04:32Alors, c'est vraiment un très très mauvais exemple.
04:34Oui, puisque c'est une héritière.
04:36Oui, d'accord.
04:37Elle n'est pas héritière de la plus d'une femme,
04:38et que c'était une femme avant.
04:40Mais elle est héritière, elle ne dirige pas.
04:42Elle est actionnaire, c'est la femme la plus riche du monde.
04:45Elle est née, femme.
04:47Oui, oui.
04:47Femme riche.
04:48Bon, femme riche.
04:49Bon, du coup, de ce fait, plus exactement, vous m'avez...
04:54Je ne sais plus ce que je voulais dire.
04:55Depuis les années 80, les femmes ont pris de l'importance dans la société.
04:59Oui, alors ce que je voulais vous dire, c'est qu'il y a des métiers,
05:03où il y a des endroits où, paradoxalement, ça sert d'être une femme.
05:06Et ça, il faut le dire sans hypocrisie.
05:10Dans nos métiers, aujourd'hui, je pense que c'est quasiment un avantage d'être une femme, Caroline.
05:17En tout cas, il n'y a pas une grande disparité, ou en tout cas, il n'y a pas
05:21une grande inégalité.
05:22Moi, je trouve qu'il y a quand même plein de femmes qui sont à la tête d'émissions hyper
05:25intéressantes,
05:26que ce soit politiques, émissions de société...
05:28Ce que je voulais vous dire, c'est qu'il y a une volonté des directeurs,
05:32de ceux qui dirigent les chaînes, de rééquilibrer quelque chose
05:35qui a effectivement été déséquilibré depuis des années.
05:39Et c'est presque, dans ces cas-là, c'est un phénomène un peu logique,
05:41de favoriser la place des jeunes femmes, de les avantager.
05:47Moi, je trouve ça plutôt bien, d'ailleurs.
05:48Moi, je trouve ça très bien, et ça ne me choque pas qu'on ait dû vous forcer un petit
05:52peu la main
05:52et le chéquier pour arriver un petit peu à nos fins.
05:56Dans la magistrature, depuis plusieurs années, c'est 80% de femmes
06:00qui intègrent l'école nationale d'administration.
06:02Vous rendez compte ? 80% !
06:03Mais parce qu'elles sont plus brillantes !
06:05C'est comme, on vit le même, c'est pas mal que l'éducation nationale.
06:10Pratiquement, les enseignants sont très...
06:12On reprend ça sur ce qu'avait dit Marie Portolano, où elle parlait de ses enfants.
06:15Elles sont très présentes dans le barreau, vous avez parfaitement raison.
06:17Vous avez un très bien. Vous rentrez au tribunal,
06:20le juge est une femme, le procureur est une femme, la greffière est une femme, l'avocat est une...
06:24Non mais ça pose un problème en termes de représentation de la société.
06:27Alors je suis d'accord avec vous, mais il se trouve qu'elles travaillent mieux.
06:28Là, j'ai souvent cité l'exemple que j'avais l'année dernière,
06:32dans un concours de médecine, il y a eu 140 élèves qui ont été pris,
06:36les 40 premiers, 38 filles.
06:38Mais même dans les classes avant médecine, c'est déjà les filles sont meilleures.
06:42Elles luchent davantage.
06:43Pourquoi vous riez...
06:45Vous avez 100% raison.
06:46J'ai 100% raison, moi je dis plus rien si les femmes sont plus brillantes et plus remarquables.
06:50Mais on le voit en classe, dès le plus jeune âge, on le voit au lycée.
06:53Les meilleurs de la classe, c'est souvent les filles.
06:56En tout cas, vous n'avez pas été très brillants sur ce sujet.
06:58Ah non ?
06:59Ben oui, vous êtes un peu comme ça...
07:01Non mais c'est un peu...
07:02Vous n'avez pas été notre débat avec Caroline.
07:03Non mais c'est un peu sexiste, vous n'êtes pas allé au-delà des généralités.
07:06Ce qui est un peu gênant, c'est qu'on le voit avec les élections municipales,
07:10dans les petites communes,
07:11ils ont eu beaucoup de mal à trouver le même nombre de candidats que les candidats.
07:17C'était très compliqué, parce que les gens ne veulent pas forcément s'engager,
07:20et les femmes ne veulent pas forcément s'engager dans les petites communes rurales, par exemple.
07:24Parce qu'elles ont un travail, une famille, une famille...
07:26Ce qui est intéressant, cette règle est quand même complexe.
07:29On va l'écouter après la pause, Marie Portelaneau.
07:31Exactement, c'est sur elle, c'est sur ce qu'elle dit qu'il faut rebondir.
07:33C'est les enfants, quand ils sont petits, dégenrer une fille qui a clairement plus envie de jouer à la
07:38poupée
07:38que son frère qui a envie de jouer...
07:39Mais c'est lui faire ce qu'elle veut, c'est contre nature.
07:41C'est juste que c'est contre nature que moi, mon fils Gaspard, il ne joue pas avec un poupon
07:45ou une poupée.
07:46Et je ne vais pas lui mettre une poupée dans les mains pour lui dire...
07:47Il adorait les barbies, je peux te dire.
07:49Voilà, pour lui dire, tiens, je joue à la barbie, et comme ça, je vais dégenrer mon fils.
07:53De temps en temps, je vous raconte ma vie, mais je vous jure que c'est vrai,
07:56moi, jusqu'à l'âge de 6-7 ans, j'avais une poupée, j'avais une cuisine,
08:00ça posait, paraît-il, à Noël un souci un jour.
08:02Les grands-parents ont dit, mais qu'est-ce que c'est que cet enfant ?
08:05J'avais des petites voisines qui s'appelaient Christine et Corinne, je me souviens,
08:11et je passais mon temps avec elle.
08:14C'est une meilleure de draguer.
08:15J'avais 6 ans, une meilleure de draguer.
08:18C'est bien d'acheter le naturel, c'est l'enfant.
08:20J'avais une petite dinette, sa dinette, elle avait une petite voisine.
08:23Et j'aime bien vous raconter ma vie de son temps,
08:25et ma mère a raconté, elle avait fait un concours de plage, ma mère, etc.
08:29Et je voulais qu'elle gagne la poupée, et je n'avais pas arrêté,
08:32je m'en souviens très bien, je voulais la poupée.
08:35Et après, il allait offrir la poupée à la voisine.
08:38Mais c'est hyper mignon, mais il y a même des petits garçons
08:39qui se mettent du vernis à ongles, ou qui mettent les talons de leur maman.
08:44Alors franchement, tous les petits garçons
08:46sont entrés dans les chaussures de leur mère, oui.
08:48Ce n'est pas le débat, le débat, c'est pas d'aller contre la nature
08:51d'un enfant.
08:53Mais non, mais ce qui est contre nature,
08:55c'est de le forcer, ce serait de dire à mon fils,
08:58tu arrêtes maintenant de jouer avec tes légos
09:00ou ta bataille navale,
09:02et tu joues à la poupée, c'est ça en fait ?
09:04Pendant 2-3 ans, j'ai joué
09:06à un personnage que j'avais inventé
09:08à 5-6 ans,
09:10Madame Mammouth.
09:13Franchement,
09:14Madame Mammouth,
09:15tu disais quoi,
09:16parce que j'étais passé
09:19avec la 504 des parents
09:21devant un hypermarché
09:23Mammouth à l'époque,
09:24qui écrase les prix.
09:26Et j'avais vu ça, je suis rentré à la maison,
09:28et je me suis dit, j'avais inventé un personnage,
09:30Madame Mammouth, et Madame Mammouth, c'était
09:32commerçante,
09:32tu te déguisais ou pas ?
09:34Non, mais je prenais tous les vêtements de ma mère,
09:36si tu te déguisais, je les exposais,
09:37je mettais des prix dessus.
09:38Ah ouais.
09:40Madame Mammouth.
09:41Je pense que...
09:42Marie-Estelle Dupont, je cours.
09:44Si tant est que j'avais une inquiétude
09:46pour notre renouvellement l'année prochaine,
09:49je sais désormais que nous serons au chômage.
09:51Il est 17h43,
09:53ça n'existe plus Mammouth, je crois.
09:55Non, non, c'est fermé.
09:56Ah oui, bah du coup...
09:58Vous avez fermé la boîte.
10:00Il y avait Record aussi,
10:02il y avait Félix Potin,
10:03il y avait...
10:04Prise unique.
10:06Les Dames de France.
10:07Continent.
10:08Les Dames de France.
10:09Continent, exactement.
10:10On est passé de Continent à...
10:12Un continent.
10:13Un continent.
10:14Non.
10:15Non, non, non.
10:16Non, pas vous, pas ça.
10:18Les Dames de France.
10:19C'était joli, les Dames de France.
10:21Les Galeries Lafayette, ça existe toujours.
10:23Mais les Dames de France.
10:26Moi, j'aimais bien aller aux Dames de France.
10:28Elles étaient rue du Calvaire à Nantes.
10:31Les Dames de France.
10:32Tu vas où ?
10:32Je vais aux Dames de France.
10:34À 6 ans ?
10:36C'est des cours, évidemment.
10:38Vous, évidemment,
10:39si tu vas aux Dames de France,
10:40vous voyez, c'est autre chose.
10:41Vous avez l'esprit de...
10:42Il a bien, lui.
10:44Moi aussi, je vais aux Dames de France.
10:46Je vais aux Dames de France à Pigalle.
10:47Allez, il est 17h44.
10:49À tout de suite.
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