00:00Notre quotidien, c'est notre quotidien à l'enfant bleu, mais là, ce que je trouve absolument ahurissant,
00:05je le dis vraiment ahurissant, c'est que la petite Rosa avait été entendue dans les salles Mélanie,
00:10qui d'ailleurs avaient été créées par Gérald Darmanin, et dans cette salle Mélanie,
00:15on a bien vu avec les psychologues que vraiment, elle disait la vérité.
00:18Et en plus de ça, elle a eu les examens médicaux, et on a vraiment constaté qu'elle avait été
00:24abusée de façon régulière.
00:2750 fois, on parle de 50 reprises.
00:29Donc, bien sûr qu'il y a une emprise, il y a une emprise de l'adulte, mais là, il
00:34y avait tout, il y avait tout.
00:35On savait, elle avait même identifié son agresseur.
00:38Et il ne s'est rien passé.
00:40Il y avait l'ADN, il y avait l'agresseur, mais même la petite avait identifié son agresseur.
00:44Qu'est-ce qu'on peut faire, Isabelle Debré ? Vous êtes vraiment au cœur de ces sujets-là.
00:47Qu'est-ce qu'on peut faire pour améliorer le fonctionnement de la gestion ?
00:49Écoutez, en 2023, l'Enfant Bleu a édité un livre blanc, a publié un livre blanc, avec la proposition 14,
00:56allez voir sur enfantbleu.org, où on avait demandé qu'à partir du moment où il y avait la plainte
01:01d'un mineur de moins de 15 ans,
01:03il fallait ouvrir une enquête pénale dans les trois mois.
01:07Là, c'est resté neuf mois, neuf mois sans qu'il y ait d'enquête pénale.
01:11On l'avait demandé en 2023 à l'Enfant Bleu.
01:13Donc, c'est ce qu'il faut faire.
01:14Il faut aller vite.
01:15Pourquoi il faut aller vite ?
01:16Parce que les preuves peuvent disparaître.
01:18Parce que l'enfant, il a parlé, heureusement maintenant, c'est enregistré.
01:22C'est aussi assez nouveau.
01:23Quand je suis arrivé à l'Enfant Bleu, il y a plus de 30 ans, on n'enregistrait pas la
01:26parole de l'enfant.
01:27Maintenant, la parole de l'enfant est enregistrée.
01:28Donc, c'est quand même plus facile.
01:30On n'a pas à faire répéter l'enfant à chaque fois.
01:32Il faut aller vite.
01:33C'est un traumatisme.
01:34Quand un enfant parle, déjà, c'est formidable qu'il parle.
01:37Mais vous vous rendez compte si après, il n'y a pas de suivi ?
01:40S'il n'est pas reconnu comme victime, on le dit souvent, si un enfant n'est pas reconnu comme
01:44victime, il ne peut pas se reconstruire.
01:46Il faut qu'il soit reconnu comme victime.
01:48Il faut qu'il y ait un procès.
01:49Il faut qu'il y ait tout ça.
01:51Après, la suite du procès, on ne sait pas toujours où ça aboutit.
01:55Mais au moins, l'enfant est reconnu comme victime.
01:57Là, la petite Rosa, on l'a laissée tranquille.
01:59On l'a laissée comme ça.
02:00Elle a déménagé, en fait.
02:01Et donc, les magistrats se sont dit, elle est à l'abri.
02:03Ils ne sont pas dits, le pédocriminel, lui, il continue.
02:05Oui, mais là aussi, c'est pareil.
02:07Regardez ce qui s'est passé en Alsace avec le petit garçon qui est resté un an et demi dans
02:12une camionnette.
02:13On s'est constitué partie civile à l'association L'Enfant Bleu, bien sûr.
02:17Dans le domicile familial, une camionnette au milieu de la cour.
02:21Et comment se fait-il que ces enfants passent comme ça ?
02:23Il faut faire du partage d'informations.
02:25Alors, on me dit, oui, mais la CNIL, la CNIL.
02:27Ça suffit, la CNIL.
02:28Désolée, ça suffit.
02:29Il faut absolument qu'on accepte de croiser ces fichiers,
02:32que ce soit la CAF, que ce soit l'Éducation nationale, que ce soit les mairies.
02:35On croise des fichiers pour qu'aucun enfant passe sous les radars.
02:39Merci.
Commentaires