00:00Bah oui, c'est le sujet de cette élection présidentielle, car quiconque veut vraiment changer la France doit en passer
00:06par là.
00:07La réforme des institutions n'est pas une réforme parmi d'autres, c'est LA réforme, le préalable à tout
00:13le reste sans elle.
00:14Rien n'est possible, Gabriel Attal l'a bien compris et le dit noir sur blanc ce matin dans le
00:19JDD.
00:19Il pointe un état affaibli, une administration toute puissante et l'entreçoit au sommet de la République.
00:25Difficile, vous allez me dire, de lui donner tort, un état central qui a perdu la main sur presque tout,
00:31des élus locaux complètement ligotés, incapables d'agir alors qu'ils sont évidemment les mieux placés pour le faire.
00:37Et ce petit monde qui se co-opte entre copains en plus haut poste de l'État, rien de tout.
00:42Cela ne pourra changer sans réforme des institutions, mais il ne faut pas oublier non plus l'éléphant dans la
00:48pièce,
00:48à savoir le Conseil constitutionnel.
00:50C'est lui aujourd'hui le véritable obstacle à toute réforme d'ampleur.
00:54Vous voulez réduire drastiquement l'immigration, il vous censure.
00:58Vous voulez durcir la justice des mineurs, il vous censure encore.
01:01On ne compte plus les réformes de bon sens voulues par les Français, bloquées par ces neuf sages qui composent
01:07l'institution.
01:08Et sur ce terrain miné, Gabriel Attal avance plusieurs propositions.
01:12Oui, avec du concret, un référendum chaque année par exemple,
01:15des questions préparées avec les partis politiques et les partenaires sociaux.
01:18Pour en finir avec la suradministration, un délai maximum de deux mois inscrit dans la Constitution
01:24pour que cette administration réponde enfin aux porteurs de projets.
01:28Sur la haute fonction publique, un spoil système à la française comme aux États-Unis.
01:32Vous le savez, le président élu nomme ses propres responsables à la tête des grandes administrations
01:37pour que les réformes avancent beaucoup plus vite.
01:39sur la décentralisation, une nouvelle organisation territoriale avec le maire comme figure centrale.
01:45Moins de députés, moins de sénateurs.
01:47Et sur la justice, la suppression du juge d'application des peines pour qu'une peine prononcée
01:52soit enfin une peine exécutée et ça jusqu'au bout.
01:55Oui, ça impose de vrais changements, mais qui peut sincèrement affirmer aujourd'hui
02:00que certaines de ces mesures ne sont pas nécessaires au vu du pays sclérosé qui est le nôtre ?
02:05Et quand il va falloir que les candidats à la présidentielle se positionnent ?
02:08Évidemment, et le message sera clair.
02:10Ceux qui esquivent la question institutionnelle nous diront une chose,
02:14que la France, telle qu'elle fonctionne aujourd'hui, leur convient finalement assez bien
02:18qu'ils veulent juste accompagner le mouvement, ou pire, qu'ils mentent carrément aux Français.
02:22Les yeux dans les yeux, leur promettant des mesures finalement inapplicables.
02:27Je crois que les Français en ont un petit peu assez, des paroles en l'air.
02:30Gabriel Attal l'a compris, mais il n'est pas le seul.
02:32Bruno Rotaillot veut reprendre la main sur l'immigration par une réforme constitutionnelle.
02:37Éric Zemmour veut en finir avec le gouvernement des juges en réduisant les pouvoirs du fameux Conseil constitutionnel.
02:43Marine Le Pen, elle, veut donner la capacité de se désobéir aux institutions supranationales quand celles-ci bloquent absolument tout.
02:50En 2027, la France sera face à son destin.
02:53Soit elle se donne les moyens de se reprendre en main, soit elle continue son lent déclin.
02:58La crise institutionnelle a emporté la Quatrième République.
03:01La Cinquième République, c'était justement la réponse du général de Gaulle à cette crise-là.
03:05Si rien n'est fait, elle pourrait bien connaître à son tour le destin de celles qu'elle a remplacées.
Commentaires