00:008h10, soyez les bienvenus, Elisabeth Lévy, l'affaire Suzette Bloch, je ne sais pas s'il faut appeler ça comme
00:07ça, en tous les cas c'est Soyez Libres, votre chronique Elisabeth, vous allez tout nous dire autour de cette
00:12panthéonisation de Marc Bloch parce qu'il y a eu les déclarations de Suzette, la petite fille, qui d'une
00:17certaine façon crée la polémique.
00:19Moi je voudrais d'abord parler de Marc et Simone Bloch qui reposent au panthéon et c'est bien là
00:26qu'est leur place, Marc Bloch a été un grand professeur, un historien génial, un marifolement amoureux par ailleurs, un
00:33soldat courageux, un résistant héroïque et un républicain passionné, bref, un grand français qui a littéralement donné son corps et
00:41son âme à sa patrie.
00:42Mais est-ce que Marc Bloch était juif ? Drôle de question me direz-vous et pourtant hier elle était
00:48dans l'air car Suzette Bloch, la petite fille, confusait qu'il soit honoré comme juif, concédait qu'il était
00:55un athée d'origine juive, ce qui ne veut strictement rien dire.
00:58Mais passons, Marc Bloch a-t-il été déchu de sa nationalité, spoliée, pourchassée parce qu'il était athée ?
01:04Je ne crois pas.
01:05Alors, il affirmait, bien sûr, il était français d'abord, il affirmait ne jamais revendiquer son origine, sauf en présence
01:12d'un antisémite.
01:13Et des antisémites, il y en a assez aujourd'hui pour qu'on lui rende son origine et qu'on
01:18n'efface pas le juif en lui.
01:19Alors, soyons honnêtes, Emmanuel Macron n'a pas financé, Marc Bloch a-t-il dit, a été victime de l
01:25'antisémitisme d'État ?
01:28On écoute le président de la République de prendre sa revanche sur l'affaire Dreyfus.
01:32Le cas de Marc Bloch montre que dès qu'il faut s'en prendre à un juif, il se trouve
01:37toujours un préfet pour réquisitionner, un policier pour perquisitionner, un juge pour condamner,
01:43un universitaire pour justifier, un journaliste pour approuver, un voisin pour dénoncer et tant d'autres pour détourner le regard.
01:51Donc le président a été à la hauteur de l'événement, Elisabeth ?
01:54Écoutez, peut-être que je suis assez bon public, disons que...