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00:05Smart Cause, c'est notre rubrique mensuelle avec Dift, la plateforme de générosité qui aide des centaines d'associations vérifiées
00:14à collecter des dons,
00:15à la fois grâce au mécénat d'entreprise et à des campagnes de collecte grand public.
00:19Aujourd'hui, je reçois Lionel Rare qui est avec nous en duplex, président de l'ONG Odysseus 3.1.
00:27Alors, je veux bien, bonjour, merci d'avoir accepté notre invitation.
00:30C'est quoi Odysseus 3.1 ? Racontez-nous.
00:34Bonjour, merci à vous.
00:35Écoutez, Odysseus 3.1 est une association de préservation de l'eau qui a été fondée en 2018.
00:42Et pour ce faire, nous nous reposons sur trois piliers, l'exploration, la recherche scientifique et la transmission.
00:49Alors, exploration, ça veut dire quoi quand vous parlez d'exploration ?
00:52Alors, vous savez, l'exploration, c'est simplement un bouton sur lequel on appuie et on se met en exploration.
00:58Ça peut être passer deux jours au parc de la Tête d'Or et plonger au milieu de Lyon, au
01:06milieu de ce lac de la Tête d'Or et explorer.
01:08Ça peut être à la source du Rhône, partir pendant une semaine en mode expédition quasiment polaire,
01:14percer la glace et aller trouver les secrets qui sont à la source du Rhône.
01:20Ou alors, sur les côtes françaises, effectuer des prélèvements sur des munitions immergées qui rejettent des produits toxiques.
01:30Voilà ce que ça peut être l'expédition, l'exploration pour nous.
01:33Alors, on reviendra sur la recherche scientifique, la transmission.
01:35Mais pourquoi le Rhône ? C'est votre région d'origine, tout simplement ?
01:40Oui, alors, on va dire que je suis un fils du Rhône, un fils des Alpes.
01:46Le Rhône est le deuxième affluent de la Méditerranée après le Nil, c'est vous dire son importance au niveau
01:51européen.
01:53Et puis, on a 812 kilomètres qui partent de Suisse jusqu'à la mer.
01:59Et c'est un vrai chemin, c'est le chemin de l'eau douce.
02:02C'est le cycle de l'eau réincarnée à travers un fleuve.
02:07Sa majesté, le Rhône.
02:09On sent que vous êtes un peu amoureux du Rhône.
02:11Faites-nous un peu rêver aussi quand vous parlez d'exploration.
02:14La source du Rhône, il faut remonter jusqu'où ?
02:17Allez, on remonte à la Furca, dans le Valais, en Suisse.
02:19On est à 2400 mètres d'altitude.
02:22Il y a un glacier qui allait jusqu'à Lyon et qui a reculé lors de la dernière période glaciaire.
02:26Et là, derrière un éperon rocheux, s'est formé un lac qui n'avait jamais été ni plongé ni exploré
02:34jusqu'il y a deux ans,
02:35jusqu'à ce que nous décidions à Odysseus de chausser les palmes, de chausser nos tenues d'aventuriers
02:42et d'aller effectuer les premières images et les premiers prélèvements pour des organismes scientifiques.
02:47Et là-haut, je vous dis, à 2400 mètres, on a des images comme si on était en Arctique,
02:53tellement le paysage est lunaire, aride et magique.
02:59Et alors, qu'est-ce que vous apportez ou qu'est-ce que vous espérez apporter aux scientifiques, justement ?
03:05C'est le deuxième pilier, la recherche scientifique.
03:07Oui, complètement. Alors moi, je suis biologiste et écologue sous-marin.
03:12L'un des moyens d'action d'Odysseus, c'est d'être un bras armé de la science.
03:17Nous levons des partenariats avec des entreprises pour apporter des résultats.
03:23Vous savez, monter une équipe comme nous le faisons de scaphandriers professionnels,
03:28de tout un tas de compétences différentes, une équipe pluridisciplinaire, ça coûte beaucoup d'argent.
03:34Beaucoup d'argent pour les laboratoires, pour les universités qui n'en disposent pas forcément.
03:38Donc, on essaie, nous, de réunir les fonds, puis après, de monter notre équipe
03:42et d'apporter de la data, de la connaissance. C'est ce qui manque.
03:46On est dans un monde où on a besoin de chiffres, on a besoin de données.
03:51Et Oudysseus 3.1 apporte ces données aux scientifiques pour qu'ils puissent, après,
03:55appliquer des diagnostics et des préconisations de gestion.
03:59Alors, on voit notre titre, à la recherche de la faune et de la flore sauvage.
04:03Qu'est-ce que vous pouvez ou espérez apprendre, justement,
04:06sur la faune et la flore sauvage autour du Rhône ?
04:11Alors, beaucoup, beaucoup de choses.
04:13Vous vous doutez qu'entre la source du Rhône, la furca, au milieu des montagnes,
04:16et puis l'embouchure du Rhône à Saint-Louis, les espèces sont diverses et variées.
04:24On a de tout, aussi bien en faune et aussi bien en flore.
04:28Donc, la variété est absolument extraordinaire, exceptionnelle.
04:34Le Rhône est un véritable corridor écologique.
04:36C'est un marqueur de l'état de santé de notre planète,
04:41de nos milieux continentaux et de nos milieux méditerranéens.
04:44Donc, on est là pour étudier les différents impacts,
04:49étudier quelles sont les menaces qui pèsent sur ces milieux
04:52et tenter d'apporter des solutions.
04:54Alors, on va parler de l'eau, de cette ressource qu'il faut préserver,
04:59avec d'abord un chiffre.
05:00On va rappeler une évidence.
05:02Si notre planète s'appelle la planète bleue,
05:04c'est qu'elle est composée principalement, très majoritairement d'eau, 72%.
05:09Et alors, il y a un autre chiffre que vous allez peut-être nous donner
05:11qui est plus étonnant.
05:14Il y a combien d'eau douce, en fait ?
05:17C'est moins de 1%, c'est ça ?
05:22Oui, alors, 97% d'eau salée, 3% d'eau douce sur la globalité de notre planète.
05:28Et dans ces 3% d'eau douce, une fois que nous avons enlevé les eaux souterraines,
05:32les nappes phréatiques, etc., les glaciers,
05:35il va nous rester en eau liquide dite de surface,
05:38celle qu'on voit, 0,04%.
05:42C'est vous dire si cette eau est précieuse.
05:45Et pourtant, on la voit tellement qu'on a l'impression qu'elle est abondante.
05:49Et on ne ressent pas la nécessité de la préserver.
05:53On l'a oubliée dans les pays riches.
05:56Enfin, il suffit d'ouvrir un robinet et c'est parti.
05:59L'eau cool, est-ce que la prise de conscience de la rareté et de la fragilité de l'eau,
06:08elle existe quand même un peu partout ailleurs ?
06:13Pas vraiment, pas vraiment, Thomas.
06:15Je vais vous donner un exemple d'autres chiffres qui sont parlants.
06:19On a la longueur de la Seine à Paris qui est 15 km à peu près.
06:24Avec deux berges, ça nous fait 30 km de berges.
06:26Allez, on rajoute le canal Saint-Martin, on a à peu près 5 km.
06:30Donc on rajoute 10 km de berges.
06:31Et on rajoute les autres.
06:33On a à peu près 50 km de berges qui circulent dans Paris.
06:36Et vous savez, Thomas, 50 km de berges,
06:38c'est la distance que nous avons entre Saint-Tropez et Cannes.
06:42L'été arrive, on va prendre notre voiture,
06:44on va longer les berges, les côtes françaises,
06:46en regardant en disant « Waouh, qu'est-ce que c'est beau !
06:49Regarde la mer, regarde chérie comment on est bien ! »
06:51Il faudrait qu'on arrive à faire la même chose ici à Paris
06:53en regardant nos bords de Seine et en nous disant
06:56« Waouh, qu'est-ce qu'il y a dessous ? »
06:59Comment peut-on préserver puisque la vie est là ?
07:02Ça, c'est l'enjeu de transmission dont vous parliez.
07:04C'est le troisième pilier.
07:05Quelles actions vous menez en la matière ?
07:07Alors, nous intervenons dans les écoles.
07:10On va du CE2 au CM2.
07:14On va rentrer dans les collèges maintenant
07:15sur des thématiques liées à la gestion des déchets,
07:19le cycle de l'eau, le cycle de l'eau urbaine.
07:21Et on a également publié une bande dessinée
07:26qui relate nos aventures,
07:28destination d'un public un petit peu plus âgé
07:30et qui touche une climatique qui nous est chère,
07:33qui est les munitions immergées
07:36sur l'ensemble de nos mers, océans et lacs.
07:40C'est-à-dire ?
07:41Racontez-moi plus, ça éveille ma curiosité, ça ?
07:43Oui, nous avons été invités à l'UNOC 25,
07:47la Conférence mondiale des océans,
07:48pour porter cette thématique l'année dernière à Nice.
07:52Ce sont entre 3 à 12 milliards de tonnes de munitions
07:55qui ont été déversées à la fin de chaque armistice
07:58par nos armées dans les mers, les océans et les lacs.
08:01On en a dans le lac Léman,
08:02le lac de Gérard, mais dans les Vosges.
08:03On en a le long de nos côtes françaises.
08:06On a identifié près de 133 sites d'immersion.
08:09Pourquoi ?
08:10Simplement parce qu'une bombe est faite pour exploser.
08:12Et à la fin de chaque guerre,
08:14on a eu des accidents dans les différentes casernes,
08:17dans les arsenaux militaires,
08:18où en fonction de la pression, de la température,
08:21les bombes ont explosé, des blessés, des morts.
08:24Qu'est-ce qu'on fait, chef ?
08:25J'ai une idée.
08:26Oui, c'est pour ça que vous êtes chef-chef.
08:29Ces munitions ont été déversées dans les mers
08:31en se disant qu'on les oubliera.
08:33Et le problème que nous avons maintenant,
08:35c'est la corrosion, l'oxydation de ces enveloppes métalliques
08:39qui provoquent la dispersion des contenants,
08:43c'est-à-dire de la TNT, de la DNT, des météologues,
08:46du cadmium, du mercure,
08:47et j'en passe, autres joyeusetés
08:49qui contaminent nos milieux aquatiques.
08:51Le tableau n'est pas très joyeux.
08:54Je n'oublie pas de m'excuser.
08:55Non, mais il faut aussi être lucide.
08:57Ça peut se récupérer, ou en tout cas,
09:01j'allais dire recycler, sans doute pas,
09:03mais se récupérer ?
09:06Oui.
09:07Alors, on travaille à plusieurs techniques.
09:08Il y a plusieurs techniques pour effectivement
09:10éradiquer cette pollution.
09:11La première, si tout va bien,
09:13si la munition est en bon état,
09:16ça va consister en fait à la récupérer,
09:19la remonter en faisant attention
09:21à tout un tas de paramètres
09:22pour après aller la traiter dans une usine
09:25de recyclage, de retraitement des gaz.
09:28Mais pour beaucoup,
09:29elles sont dans un tel état de détérioration
09:32que nous devons les pétarder sur place,
09:35soit les déplacer,
09:37puisqu'il y a la proximité d'objets dangereux,
09:39des gazoducs ou autres aléas,
09:42et le pétardement provoque en fait
09:44la dispersion des produits.
09:46Donc on est face à une véritable problématique,
09:49une gageur à la fois d'ingénierie,
09:52de technicité et de problèmes sanitaires,
09:56de sécurité sanitaire,
09:57auxquels nous essayons d'apporter des solutions.
10:00Notre but, c'est d'apporter des solutions.
10:02Nous ne sommes pas que des lanceurs d'alerte,
10:04nous sommes là pour apporter un bras armé,
10:07comme je l'ai dit,
10:08et également effectivement des solutions.
10:10Un dernier mot pour conclure quand même
10:12ce partenariat avec DIFT,
10:14la participation au DIFT Challenge.
10:16Qu'est-ce que ça représente pour Odisseus ?
10:19Une bouffée d'oxygène.
10:21Une bouffée d'oxygène,
10:23nous avons 80 membres,
10:25nous sommes toutes et tous bénévoles,
10:27nous arrivons à obtenir des financements
10:29par des entreprises,
10:30dans une situation économique qui est compliquée,
10:32compliquée pour nos entreprises,
10:35qui donne moins forcément,
10:36puisqu'il y a d'autres priorités.
10:37Donc l'apparition de ce partenariat avec DIFT
10:41nous a permis d'avoir ces bouffées d'oxygène
10:44qui nous ont donné l'occasion
10:46de boucler les budgets.
10:47Allez, on a pu mener une opération
10:50d'envergure,
10:51de remontée de déchets à Lyon
10:53grâce à une opération DIFT.
10:56Et je terminerai en disant que
10:57nous en sommes actuellement
10:59à 120 tonnes de déchets
11:01que nous avons remontées.
11:02Chaque premier samedi du mois,
11:04nous organisons les rendez-vous citoyens,
11:05nos équipes de plongeuses et de plongeurs
11:07descendent,
11:08remontent les déchets.
11:10Pendant que l'humanité balance
11:1143 000 tonnes de déchets par jour,
11:14nous, on a fait notre part,
11:15on en est à 120 tonnes.
11:17Mais nous ne sommes pas les seuls
11:18à agir ainsi et tant mieux.
11:20Merci beaucoup Lionel Raar.
11:22On peut donc vous aider
11:23en participant au Deep Challenge
11:25ou alors en allant sur votre site
11:27Odisseus, évidemment.
11:28Odisseus 3.1.
11:30Merci, à bientôt sur Bsmart for Change.
11:32On passe tout de suite à notre débat,
11:35le zéro artificialisation net,
11:37Lausanne.
11:38Sous-titrage Société Radio-Canada