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  • il y a 7 heures
Avec Laëtitia Tanguy, directrice générale de l’association Éloquence de la Différence, Amanda Mayo, chargée de communication et les lauréats du concours d’éloquence :
Maëva Dotsu, Quentin Lourenço, Antoine Roy et Clotilde Marteel

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##FAUT_QUE_CA_CHANGE-2026-06-20##
Transcription
00:00Sud Radio, faut que ça change, Anthony Martin Smith.
00:03Et oui, faut que ça change en ce mois de juin 2026.
00:07C'est l'après-midi, vous savez quoi ?
00:08Il y a un match de demi-finale qui arrive sur Sud Radio.
00:11Stade Toulousain à Racine, à Marseille.
00:13Demi-finale de top 14.
00:15Alors vous ne bougez pas parce que ça va arriver juste après nous.
00:17Mais à mes côtés, Mathéo Lambelot, comment ça va ?
00:20Bonjour Anthony, ça va bien avec vous ?
00:21Écoutez, quand je vous vois aussi grand,
00:23que vous êtes sur une chaise beaucoup plus haute que moi,
00:26je me dis que ça va.
00:27Et je touche pas le sol.
00:28Oui.
00:29Merci, il s'en plaît.
00:31Julie Pressia, qui est de retour sur l'antenne de Sud Radio.
00:34Bonjour Julie.
00:35Bonsoir à tous, bonsoir à la team.
00:36Moi, je touche le sol avec mes talons.
00:38Bon, eh bien, grand bien vous fasse.
00:40On va parler d'éloquence, figurez-vous dans cette émission.
00:44Est-ce que nous pouvons parler ?
00:46Est-ce que nous pouvons prendre la parole ?
00:47Dire les choses telles qu'elles doivent être dites ?
00:50Eh bien, nous en parlons dans un instant avec mon invité,
00:53mes invités même.
00:54Ils sont nombreux.
00:56Ils s'appellent Antoine, Clotilde, Maéva.
00:58Quentin, ils seront autour de notre table en deuxième partie d'émission.
01:03Mais avant, on aura Laetitia Tanguy.
01:05Bonjour, Laetitia.
01:06Bonjour.
01:06Merci d'être avec nous.
01:08Vous êtes directrice générale de l'association L'éloquence de la différence.
01:14Et vous allez nous expliquer dans un instant de quoi il s'agit.
01:17Et puis, vous êtes également avec votre chargée de communication, si je ne dis pas de bêtises.
01:20Amanda, c'est ça ?
01:21C'est ça.
01:22Amanda, alors je n'ai pas votre nom de famille, je suis désolé.
01:25Maillot.
01:25Maillot.
01:25Amanda, Maillot.
01:26Eh bien, écoutez, bienvenue autour de cette table pour l'émission Sud Radio, il faut que ça change.
01:30Eh bien, c'est parti les amis, la story de la semaine avec vous.
01:33Sud Radio, il faut que ça change.
01:35La story de la semaine.
01:36Et c'est ce qu'on appelle se prendre un jingle en pleine face.
01:39Merci à Julien Delmas à la réalisation.
01:41Julie Précia, justement, a-t-on le droit de prendre la parole ?
01:45C'est un peu la thématique de votre chronique aujourd'hui.
01:48Exactement.
01:49Anthony, toi qui donnes la parole, ce soir, je pose la question aux auditeurs.
01:54Je te pose la question qui a le droit d'être entendu.
01:56Eh bien, tout le monde.
01:57Cher ambassadeur de l'éloquence, on est ravis.
01:59Vous symbolisez le meilleur des prétextes pour ne pas seulement parler de handicap,
02:03mais aborder l'accessibilité de la parole.
02:06Hélène Keller, devenue sourde et aveugle à l'âge de 19 mois,
02:09s'est incarnée comme la première femme en situation de handicap diplômée
02:13et nous permet de recaler ce bon vieux proverbe.
02:15La parole est d'argent et le silence est d'or.
02:18La parole et le silence sont indissociables, comme la pluie et le soleil.
02:21Pourtant, avant de nous faire entendre et de parfois confondre la bêtise dans le silence,
02:26il faut détricoter les croyances et pour cela, associer l'action à la parole.
02:30Alors, suivez-moi, je continue encore un petit peu.
02:32Alterner silence et accélération, c'est l'effet vélo-mobilette.
02:34Je ne sais pas si vous vous rappelez, lorsqu'on bricole son vélo à 8 ans,
02:38pour que résonne un frauduleux bruit de mobilette grâce à des languettes de papier
02:41obstruant les rayons du vélo, mais que l'impression d'avancer plus vite est plus forte.
02:45Le 9 juin, se sont produits au théâtre Mogador des personnes concernées par le bégaiement,
02:49la phasie, l'autisme ou encore la surdité, à l'occasion du concours Tous éloquents,
02:54visant à démontrer que la différence ne les empêcheront pas de convaincre,
02:58d'émouvoir ou de défendre une idée.
02:59Dans notre société, est-ce qu'on écoute davantage les personnes qui parlent vite,
03:03comme moi là actuellement, fort et sans hésitation ?
03:06On apprend à écouter les mots, mais rarement les personnes.
03:08Est-ce que parler, c'est être entendu ?
03:10La communication est l'un des premiers obstacles rencontrés par les personnes en situation de handicap.
03:15Il faut que ça change, il fallait que je le place celui-là,
03:17parce que l'inclusion ne commence pas seulement par une rampe d'accès,
03:20elle commence aussi par notre capacité à écouter des voix différentes.
03:23Rien pour nous, sans nous.
03:25Messieurs, dames, bienvenue.
03:27Chers auditeurs, restez avec nous.
03:28Vous risquez de muscler votre parole au dîner de ce soir.
03:31Merci Julie, Précia.
03:33Vous avez oublié les déficients visuels,
03:34et pourtant ils étaient représentés lors de cette finale, je ne veux pas dire,
03:37mais on voit qu'il y a quand même de l'exclusion déjà.
03:41De l'exclusivité pour toi, pour en parler.
03:44Vous avez oublié que votre animateur, que vous adorez évidemment,
03:48est le même non-voyant.
03:49J'en suis ravi Julie.
03:50Merci, en tout cas, j'ai ce souvenir.
03:52Mathéo, vous l'avez fait ça, vous mettre un morceau de carton ou de plastique
03:55sur le pneu de votre vélo quand vous étiez petit.
03:57Ah non, parce que je le faisais tout le temps.
03:58Moi, je n'ai jamais su bricoler, donc...
04:01Bon, ce n'est pas bien compliqué.
04:03Laetitia Tanguy, on va venir vers vous.
04:06Déjà, vous dirigez cette association qui a été montée en 2022 exactement,
04:12il y a quatre ans, par un garçon étonnant.
04:15En tout cas, moi, qui m'a toujours surpris.
04:17Est-ce que vous pouvez nous raconter un peu l'histoire de votre association et ses objectifs ?
04:21Oui, c'est ça.
04:22Tout est parti, en fait, autour du bégaiement,
04:24puisque notre président fondateur, Mouna Bizri, a lui-même un fort bégaiement.
04:28Et il avait beaucoup de difficultés à s'exprimer.
04:31Il a décidé de relever un défi qui était de participer au concours d'éloquence de son école de commerce.
04:36Et cette expérience a radicalement changé sa vie.
04:39Et il a décidé d'ouvrir un concours à toutes les personnes avec un bégaiement,
04:44d'abord à Paris, puis partout en France.
04:46Et très rapidement, d'autres structures sur d'autres handicaps sont venues vers lui
04:51en lui disant qu'eux, également, avaient les mêmes enjeux, les mêmes problématiques.
04:55Et c'est comme ça qu'il a créé officiellement l'association en 2022, éloquence de la différence.
05:00J'avais été invité à un dîner de gala, une fois, et justement, des candidats à ce concours
05:08qu'il organisait étaient venus prendre la parole.
05:11Je peux vous garantir qu'il n'y avait pas une mouche qui volait.
05:14Même les mouches s'étaient couchées, parce que c'était prenant et incroyablement puissant,
05:20déjà de serait-ce que dans les mots qui sont choisis.
05:22Comment on construit, comment on accompagne vos candidats et vos candidats
05:25qui s'inscrivent dans votre programme pour qu'ils aient un discours qui soit fort, puissant et entraînant ?
05:34On parlera après de la finale, justement, où on a vu des comportements du public complètement invraisemblables.
05:40Alors, il faut savoir que le programme, nous, on voit la finale, donc le 9 juin, par exemple, cette année,
05:47mais ça commence très, très tôt, puisqu'on ouvre les candidatures dès le mois d'octobre.
05:51Et c'est un concours qui est ouvert à tous.
05:53Donc, du moment que vous avez le handicap qui sera représenté sur scène,
05:57parce qu'il n'y a que six handicaps, on ne peut malheureusement pas laisser la place à tout le
06:00monde.
06:01Donc, il y a un casting, si on peut dire, pour avoir les candidats.
06:05Et le principal critère, c'est surtout la motivation et de savoir s'engager sur la durée,
06:11parce que c'est un programme qui va durer pendant trois mois.
06:14Ensuite, il y a une grosse période de recrutement des coachs,
06:16puisque les personnes vont être coachées par des bénévoles.
06:19Et ces bénévoles vont être formés par l'association,
06:22notamment sur les retours bienveillants, les critiques constructives,
06:27parce que c'est un programme qui est, certes, le maître mot, c'est la bienveillance,
06:31mais il est surtout très exigeant.
06:34Il ne faut pas croire qu'il ne passe que du bon temps.
06:36Donc, on va former les bénévoles qui vont accompagner les candidats.
06:39Le programme commence officiellement le premier week-end de mars.
06:42Et ils vont suivre des masterclass, donc de manière très classique,
06:46les piliers de l'éloquence, la posture, la voix, le regard, etc.
06:51Et l'autre pan qui est très important, c'est l'écriture du discours,
06:54le choix des arguments, etc.
06:57Mais aussi la confiance en soi, la gestion du stress,
06:59et la capacité à s'exprimer au-delà du handicap.
07:02En fait, le handicap ne doit plus être le critère principal.
07:06Il doit être presque gommé.
07:08On doit voir la qualité d'éloquence des candidats.
07:11Et c'est les bénévoles qui vont accompagner les candidats tout au long de l'aventure.
07:16Au début, ils sont 65.
07:18Puis, il y a les demi-finales qui déterminent
07:20qui va représenter son handicap sur la scène de Mogador.
07:23Et voilà.
07:24Le théâtre Mogador en plein Paris,
07:27qui, ordinairement, est plutôt connu pour accueillir
07:30cette comédie musicale très connue avec un certain Lion, qui est roi.
07:34Julie Précia, je sens que vous avez une question.
07:36Oui, c'est vrai, ça me brûle les lèvres.
07:37Alors, j'en ai une première.
07:38Déjà, comment est-ce que vous définissez l'éloquence ?
07:40Souvent, on confond l'éloquence avec la perfection, parfois.
07:45Donc, peut-être déconstruire ce terme-là.
07:47Comment vous le définissez ?
07:49Puis, une autre question.
07:50Est-ce que...
07:50Alors là, je m'adresse aux personnalités qui sont là ce soir.
07:55Peut-être, est-ce qu'il vaut mieux apprendre par cœur son texte
07:58ou plutôt maîtriser ses idées ?
07:59Vu qu'on les recevra en deuxième partie, on verra notre deuxième question pour après.
08:03Mais déjà, la première question, Laetitia.
08:04Oui.
08:06Et avant de répondre à la question, je tiens à dire aussi
08:09que les candidats écrivent eux-mêmes leurs discours.
08:11Tous.
08:12Peu importe le handicap.
08:14C'est vraiment un travail.
08:15C'est leurs arguments.
08:16Nous, on ne fait que les mettre en valeur.
08:17Mais c'est vraiment un travail qui est réalisé par les candidats.
08:21Donc oui, l'éloquence a toujours un aspect un peu élitiste.
08:24On pense aux avocats, etc.
08:26Comme Bertrand Perrier qui était avec nous lors de la soirée.
08:29Remarquable.
08:29Mais nous, en fait, c'est vraiment, on utilise les techniques d'éloquence
08:34pour aborder cet angle mort qui n'est pas traité aujourd'hui
08:38dans tous les accompagnements qu'on peut connaître autour du handicap,
08:40sur l'insertion, le maintien dans l'emploi.
08:43C'est vraiment la prise de parole qui est un angle mort
08:45et qu'on traite via les techniques d'éloquence.
08:48Mais c'est vrai que ça reste un prétexte, l'éloquence,
08:51puisque ces personnes, elles ont des choses à dire.
08:53Et on utilise l'éloquence pour qu'elles puissent formuler leurs arguments
08:57et poser leurs idées.
08:58Madame Ayot, je me tourne maintenant vers vous.
08:59Vous êtes chargée de communication de l'association.
09:01Quand vous avez un concours comme celui-ci,
09:03quel est l'enjeu principalement communicationnel pour faire connaître ce que vous faites ?
09:07Vous cherchez peut-être à avoir plus de soutien financier pour financer vos programmes,
09:12mais peut-être aussi mettre en lumière et en valeur les portraits de chaque finaliste
09:16qui vient sur le plateau du Théâtre Mogador ?
09:20En effet, l'association va chercher toujours des soutiens financiers, mais aussi humains.
09:24On cherche toujours aussi des bénévoles, des personnes qui vont chercher
09:27à partager cette aventure humaine qui est finalement ce concours.
09:33Et surtout, ce qui est très important dans la communication,
09:36c'est de montrer qu'on ne cherche pas des personnes qui savent déjà parler,
09:39qui ont déjà une expérience de la prise de parole.
09:42Elles peuvent venir aussi également, on ne va pas les exclure,
09:46mais l'idée, c'est que toute personne en situation de handicap,
09:49qu'elle aide de l'expérience ou pas, peut s'exprimer.
09:52Parce que nous, on sait qu'ils ne sont souvent pas très écoutés,
09:54mais qu'ils ont toujours des choses à dire,
09:56et tout le monde a quelque chose à dire.
09:58Et l'idée, c'est en fait de les aider à reprendre confiance en eux
10:02et à reprendre confiance dans leur voix,
10:04parce que finalement, parler, c'est exister,
10:06c'est s'exprimer, c'est prendre sa place en société.
10:09C'est ce qu'on va voir dans un instant avec nos quatre finalistes,
10:12malheureusement sur six, qui sont présents,
10:13enfin heureusement d'ailleurs qu'ils sont là.
10:15Merci Laetitia Tanguy, je rappelle, directrice générale de l'éloquence de la différence,
10:19et puis vous, Amanda Maillot, en chargée de communication.
10:22Vous ne bougez pas sur Sud Radio, on revient dans un instant avec nos quatre finalistes,
10:25avec Julie Précia et Mathéo Lambelot également autour de la table,
10:28mais surtout la demi-finale.
10:30Je veux dire la finale, mais pas encore, dans une semaine.
10:32La demi-finale du top 14,
10:35Stade Toulousain, Racing à Marseille.
10:37A tout de suite.
10:39Sud Radio, il faut que ça change,
10:41Anthony Martin Smith.
10:42Et de retour sur l'antenne de Sud Radio
10:44pour cette émission que vous connaissez bien maintenant.
10:46Chaque semaine, il faut que ça change,
10:47avec cette rencontre à venir dans six heures à peu près,
10:51comme dirait Julien Delmas à la réalisation.
10:53Et il voit mon clin d'œil d'ici,
10:55avec Stade Toulousain, Racing à Marseille.
10:58Cette demi-finale du top 14,
10:59vous ne bougez pas évidemment sur Sud Radio,
11:01vous restez à l'écoute tout au long de l'après-midi.
11:03Avec Mathéo Lambleau, toujours autour de la table, n'est-ce pas ?
11:06Toujours, on ne va pas bouger.
11:08Non, vous ne bougez pas à vous de toute façon.
11:09Julie Preciat également,
11:10qui nous a fait une superbe chronique sur l'éloquence.
11:13Avec le clair.
11:14Et puis, nous avons nos quatre finalistes,
11:16dont on parlait en première partie d'émission,
11:18qui ont remporté cette finale du concours de l'éloquence
11:22au Théâtre Mogador le 9 juin dernier.
11:25J'y ai assisté, c'était passionnant.
11:26Alors, on a Antoine, on a Maéva, on a Quentin,
11:30et on a Clotilde, qui est à distance.
11:32Et je vais commencer avec vous, Clotilde, si cela vous va.
11:35Vous, vous voulez mettre en lumière et en mots la question de l'aphasie.
11:41Déjà, est-ce que vous pouvez nous raconter brièvement ce que c'est que l'aphasie ?
11:45C'est une lésion du cerveau qui atteint la zone de la parole
11:55suite à un AVC ou un traumatisme crânien.
12:04Et moi, c'est dû à un AVC.
12:06Vous, vous êtes diplômée en psychologie clinique,
12:09vous êtes engagée sportive.
12:10Et alors, vous avez participé à ce concours de l'éloquence de la différence,
12:15vous avez suivi le programme que Laetitia Tanguy a détaillé
12:18en première partie d'émission,
12:20notamment depuis octobre dernier, 2025,
12:23si j'ai bien compris comment ça fonctionnait.
12:26Qu'est-ce que vous en attendiez de ce concours de l'éloquence de la différence ?
12:31J'avais eu du mal avec mon expression
12:37et j'ai décidé que ça suffisait.
12:43Et j'ai pris mon courage à deux mains
12:49et je me suis exprimée.
12:54La différence, c'est que j'ai écrit mon test
12:59et une fois que je l'avais écrit,
13:04il fallait le sortir.
13:06Et c'est un texte qui a beaucoup démonté
13:12et à chaque fois que je le disais,
13:16je pleurais.
13:17Alors, il a fallu du temps.
13:20Il a fallu du temps pour pouvoir vous l'approprier
13:23et pouvoir transmettre les émotions que vous aviez à transmettre.
13:25Je vais me tourner maintenant vers une autre femme,
13:29moi qui m'a fait beaucoup rire,
13:30et qui a fait beaucoup rire aussi le public,
13:32Maëva.
13:33Trouver sa voix
13:33et puis oser prendre la parole.
13:37Ça, c'est ce que vous cherchez à faire.
13:39Vous êtes passionnés de scène et de théâtre.
13:41Vous avez, vous,
13:44racontez-nous un peu
13:44ce qui vous a amené vers ce concours
13:46et de quel handicap
13:48vous avez cherché à parler
13:50autour de votre discours.
13:53Moi, j'ai la Trisomie 21.
13:55Et c'est grâce à l'association Trisomie 21 France
13:59qui m'a conseillé de faire le concours.
14:01Et je me suis lancée.
14:03et j'ai fait deux années d'éloquence.
14:08Et alors, qu'est-ce que vous avez cherché à faire
14:11à travers ce concours de l'éloquence de la différence ?
14:15C'est pour mieux m'exprimer
14:17devant tout un public.
14:191600 personnes, je le rappelle.
14:221616 exactement, si on est pointilleux,
14:24qui avaient dans le public du théâtre Mogador ce jour-là.
14:28Et alors, vous avez ressenti quoi ?
14:31Ça vous a ému ?
14:32J'avais trop d'émotions, mais sinon ça va.
14:35J'avais beaucoup de tremblements.
14:37Oui.
14:37Mais j'ai réussi, je l'ai fait grâce au soutien du public.
14:41Oui.
14:42Et ça, justement, cette émotion que vous avez ressentie,
14:45c'est aussi ce que nous raconte à l'instant Clotilde,
14:48finalement, avec beaucoup d'appréhension.
14:50Finalement, Julie Preciat,
14:53quand on n'a pas de handicap,
14:55prendre la parole sur scène,
14:57ça met toujours le stress à tout le monde.
14:58mais quand on a un handicap en plus ?
15:00Exactement.
15:01Et je me posais justement la question, peut-être,
15:03Maëva,
15:04quand le stress monte,
15:06enfin,
15:07quand justement vous allez monter sur scène plutôt,
15:09quel est votre réflexe ?
15:11Est-ce que vous avez une technique ?
15:12Est-ce que vous avez un petit conseil à partager ?
15:16Je respire à bon coup
15:17et j'y vais à fond.
15:21Ça, on l'a vu.
15:22Avec le sourire, bien sûr.
15:24Le sourire, ça, on l'a ressenti aussi.
15:26Merci d'ailleurs pour ça,
15:27parce que vous nous avez fait vraiment vivre
15:28des moments intenses et particuliers.
15:31Mathéo Lamblou, vous avez une question, je crois.
15:32Vous l'avez dit, ce concours,
15:34vous l'avez fait pour apprendre à parler en public.
15:37Est-ce que ça vous sert encore aujourd'hui,
15:39ce concours d'éloquence ?
15:40Oui, ça me sert beaucoup aussi pour les entretiens d'embauche,
15:43parce que je cherche du travail.
15:45Et vous cherchez dans quoi, comme ça,
15:46si jamais il y a des auditeurs qui recrutent,
15:48des auditrices ?
15:50Dans une résidence autonomie avec les personnes âgées.
15:54D'accord.
15:56Eh bien, écoutez, j'ai quelques idées.
15:58On va voir.
16:00Je vais me tourner sur ma gauche avec Antoine.
16:03Alors, vous, vous nous avez fait rire,
16:05et notamment avec Bertrand Perrier,
16:06qui vous a quand même sacrément allumé sur scène.
16:10Notamment parce que vous aviez décidé
16:12de partir étudier à Londres.
16:14Vous disiez notamment, je l'ai noté,
16:16qu'aller vivre dans un pays étranger
16:20avec une langue étrangère,
16:22on ne vous donnait pas trois semaines.
16:25Oui, effectivement.
16:26Je suis parti étudier en Angleterre,
16:28mais ce n'était pas à Londres,
16:30c'était dans une autre ville
16:31qui était à 50 mètres en train de Londres.
16:36mais effectivement, j'ai étudié en Angleterre
16:38et je suis resté effectivement trois ans,
16:41oui, comme je l'ai dit dans mon discours.
16:43Et Bertrand Perrier avait dit
16:44que vous n'étiez pas resté pour la bouffe,
16:46je le cite.
16:47Oui, je sais, je ne suis pas resté pour la nourriture.
16:50Mais j'avoue, là-bas, les plats,
16:52ils ne sont pas atroces,
16:55mais ils ne sont quand même pas toujours racontants.
16:58On ne va pas se mentir.
16:59Moi, je n'ai rien d'habitude.
17:01Et effectivement, je suis resté un peu
17:03pour mon intérêt spécifique pour la langue anglaise.
17:06Oui.
17:08Et aussi parce que les gens là-bas
17:10sont sympas à l'université.
17:12Oui.
17:12Qu'est-ce que vous êtes allé chercher
17:14dans ce concours de l'éloquence de la différence ?
17:17Ce que je suis allé chercher
17:18dans ce concours de l'éloquence de la différence,
17:20c'est surtout le fait de mieux parler
17:24pour me former dans le monde professionnel
17:27en tant que perso d'autiste.
17:30Et parce que c'était un conseil
17:31que m'avait donné mon école
17:33où j'étudie actuellement,
17:36qui est spécialisé dans l'accompagnement
17:38des personnes autistes.
17:41D'accord.
17:42La question de l'autisme,
17:43vraiment, que vous vouliez défendre sur scène.
17:45Oui.
17:45Et que vous l'avez fait avec Griot, d'ailleurs.
17:47Oui.
17:47Avec nous également, Quentin.
17:50Alors vous, Quentin,
17:51vous nous avez beaucoup amusé
17:52avec des acronymes.
17:55Puisque vous, vous voulez revenir sur scène
17:59sur la question du droit fondamental
18:01et du droit universel de l'homme.
18:05Je ne me trompe pas.
18:07Oui, c'est ça, effectivement.
18:09Enfin, oui.
18:10Plutôt, c'est le sujet, on va dire,
18:12qui m'a été imposé.
18:13Voilà, effectivement.
18:14Donc, faut-il traiter tout le monde
18:15de la même manière ?
18:16Pour être juste qui, justement,
18:17voilà, faisaient appel à des notions.
18:20En tout cas, pouvaient faire appel,
18:21notamment, à travers l'argumentaire
18:23à des questions, notamment, liées aux droits, etc.
18:26Donc, effectivement, j'utilise ces...
18:27Parlez plus près du micro, s'il vous plaît.
18:28Pardon, oui.
18:28Pour être sûr qu'on vous entend bien.
18:30Oui, donc, oui, voilà, effectivement.
18:31Oui, j'étais, voilà.
18:32Effectivement, voilà, en fait,
18:34comme j'avais un thème, on va dire,
18:35qui était en lien avec les notions de justice, etc.
18:38Du coup, effectivement, je me suis permis
18:40d'introduire quelques notions de droit.
18:43Alors, vous, je crois que c'est le bégaiement
18:45que vous portiez, c'est ça, sur scène ?
18:47Oui, voilà, c'est ça.
18:49Vous incarniez, pas portiez, mais...
18:50Oui, voilà, effectivement, voilà.
18:51On va dire, enfin, voilà, oui.
18:53Effectivement, c'est effectivement,
18:54on va dire, le bégaiement, moi-même,
18:56il faut dire, enfin, j'ajouterais,
18:58on va dire, enfin, peut-être plus,
18:58on va dire, alors, oui, oui, oui.
19:00Enfin, c'est vrai qu'effectivement,
19:01quand on pense aux difficultés d'élocution,
19:05en fait, on pense tout au bégaiement,
19:06parce qu'on va dire que c'est le trou, peut-être,
19:07qui est le plus connu et le plus,
19:09on va dire, le plus visible.
19:10Mais voilà, en tout cas, moi,
19:12en mon front intérieur, en montant sur scène,
19:13je souhaitais défendre, on va dire, peut-être,
19:16et le bégaiement, mais à la fois également
19:17tous les autres trous...
19:20Du langage.
19:21Voilà, du langage et de l'explication
19:22qu'on peut rencontrer et qui, parfois,
19:24sont un peu moins mises en avant.
19:26Oui.
19:27Alors, Julie Préciel avait une question tout à l'heure,
19:29en première partie,
19:30qui vous était destinée, les amis.
19:33Oui, ma question, c'était...
19:35Je vais vous aussi, même t'arrives,
19:36parlez plus près du micro, s'il vous plaît.
19:39Est-ce que vous...
19:41Déjà, peut-être que pour Quentin,
19:44j'ai une autre question.
19:45Je désobéis.
19:46Mais peut-être la phrase dont vous êtes
19:48le plus fier dans votre discours,
19:50vu que vous portiez une cause noble.
19:53Voilà la phrase qu'il faudrait retenir.
19:56Oui, alors, oui.
19:58Je pourrais du coup, oui.
19:59Je pourrais du coup citer, en voyant,
20:00la phrase de fin.
20:03Merci, au revoir.
20:06Je pourrais du coup citer la phrase de conclusion.
20:08Voilà, en fait, j'ai tout pleinement...
20:12Bien sûr, en le citant,
20:13parce qu'il faut toujours citer ses sources, n'est-ce pas ?
20:15J'ai en fait repris un raisonnement,
20:18on va dire, fait par Victor Hugo,
20:20qui disait, en gros, qu'effectivement,
20:22l'égalité et l'équité étaient une seule et la même chose
20:27et qu'en fait, lui ne pouvait exister sans l'autre.
20:29En gros, c'était un petit peu le sens de ça.
20:31Donc ça, j'en suis assez fier,
20:32parce que je trouvais que,
20:33même si ce n'est pas de moi,
20:34je me retrouvais beaucoup dans ce sens-là
20:36et c'était assez intéressant.
20:38Sinon, voilà, effectivement,
20:40quand je parle,
20:40alors ce n'est pas une situation en particulier,
20:41mais c'est plus, on va dire,
20:43un raisonnement global
20:44quand je parle effectivement
20:46d'une question un peu plus personnelle
20:48sur, notamment moi,
20:50mon rapport aux autres,
20:50mon rapport à mes amis.
20:54Pardon, le temps nous est compté,
20:55Julie, je voulais juste revenir sur votre question.
20:58Ah, tu mets bien ma question.
20:59Oui, mais je vais demander à Clotilde
21:00d'y répondre, peut-être.
21:03Alors moi, la phrase que j'aime bien,
21:08c'était l'autre question, je crois.
21:09Non, non, mais c'est très bien
21:10qu'elle répond là-dessus.
21:11Allez-y, Clotilde.
21:12Ah bah oui.
21:13C'est n'importe quoi,
21:14cette émission, ça me va bien.
21:15Allez-y, Clotilde.
21:17On choisit dans quels yeux
21:19on existe.
21:20Ah, très intéressant.
21:23Finalement, c'est quelque chose
21:24que j'aimais bien dire,
21:25que le handicap existait
21:26dans le regard des autres,
21:28pas chez soi-même.
21:29Maéva, vous partagez ça ?
21:31Vous êtes d'accord
21:31avec la phrase de Clotilde ?
21:33Oui.
21:33Et vous, ce serait quoi votre phrase
21:35que vous retenez de votre discours ?
21:40Je vous prends peut-être à des pourrues.
21:41Je vais d'abord demander à Antoine,
21:42peut-être qu'il pourra répondre
21:43et comme ça,
21:44ça va se tendre à réfléchir.
21:45Antoine, la phrase dont vous êtes
21:46le plus fier de votre discours ?
21:48La phrase dont je suis le plus fier
21:50dans mon discours,
21:51c'est surtout...
21:54J'essaie de réfléchir.
21:56J'aime bien l'Angleterre.
21:58Le problème, c'est l'ignorance
22:00parce qu'effectivement,
22:02quand on ne connaît pas quelque chose,
22:03on a tendance à caricaturer
22:06et à résumer un peu grossièrement,
22:09on va dire.
22:09Enfin, pas dans ce sens-là,
22:11juste...
22:12Enfin, on a tendance
22:14à faire un résumé
22:14et à faire des petits raccourcis
22:16et on passe à côté
22:17de choses importantes
22:20qui caractérisent cette différence
22:23et qu'il y avait quelques...
22:25Et c'est pour ça qu'il y avait
22:26quelques clichés
22:27sur certains handicaps,
22:29par exemple.
22:30Bien sûr.
22:30Maéva, vous avez trouvé, vous ?
22:32Non ?
22:32Oser parler
22:33et ma phrase fétiche,
22:35on est capables.
22:37Waouh, bravo.
22:38Eh bien, merci.
22:38On va finir avec ça, les amis.
22:39Je vous remercie infiniment
22:40d'être tous les quatre
22:42venus autour de cette table
22:43chez Sud Radio
22:45dans Faux que ça change.
22:46Merci, Clotilde,
22:47qui est à distance.
22:48J'espère qu'il fait beau
22:49par chez vous,
22:49pas trop chaud.
22:51Mais il fait super beau.
22:52Bon, tant mieux.
22:53Prothésez-vous,
22:54mettez-vous bien au frais.
22:55Pensez à vous hydrater.
22:56C'est très important,
22:57mesdames et messieurs
22:58qui nous écoutez.
22:59Veillez sur vos proches
23:00les plus isolés.
23:01C'est aussi des rappels
23:02essentiels,
23:03mais en ces temps
23:04de forte chaleur,
23:05c'est indispensable
23:06que de s'en rappeler.
23:07Merci, Mathéo Lambelot.
23:08Merci, Anthony.
23:09Merci à Julien Delmas
23:10qui est à la réalisation.
23:12Merci à Julie Précia.
23:13Merci à Laetitia Tanguy
23:14et puis à Amanda Maillot
23:16qui étaient aussi avec nous
23:17en première partie
23:18de cette émission
23:18pour parler de l'éloquence
23:20de la différence.
23:21On retrouve évidemment
23:21toutes les informations
23:22sur le site internet
23:23de l'association.
23:25Et puis, j'espère
23:26qu'on vous verra
23:26l'année prochaine.
23:27Vous ne bougez pas
23:28sur Sud Radio
23:29parce que dans quelques heures,
23:31je le rappelle,
23:32le Stade Toulousain
23:33rencontre un signe
23:34à Marseille
23:35pour cette demi-finale
23:35du Top 14.
23:37Et puis, on vous dit
23:38à la semaine prochaine
23:38et d'ailleurs,
23:39grosse finale de Top 14
23:41la semaine prochaine.
23:41Moi, j'ai une idée
23:42de qui il sera.
23:43On fera des pronostics.
23:44Allez, bonne journée
23:45sur Sud Radio.
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