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  • il y a 14 heures
Dans son édito du 17/06/2026, Paul Sugy revient sur l'adoption de la loi Philippine, mardi 16 juin, permettant l’allongement de la durée de rétention pour certains étrangers en situation irrégulière.

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Transcription
00:00La loi portée par le député Charles Rodwell, qu'on appelle la loi Philippine, a été adoptée hier à l
00:05'Assemblée nationale.
00:06Elle va permettre, cette loi, de mieux surveiller certaines personnes dangereuses.
00:10Oui, on aurait pu nommer cette loi avec un nom technique, mais c'est vrai que le débat public a
00:14immédiatement retenu le nom de Philippine.
00:15Cette étudiante, on s'en souvient, de 19 ans, qui a été assassinée dans des conditions atroces l'an dernier
00:21dans le bois de Boulogne,
00:22par un ressortissant marocain qui était sous le coup d'une OQTF,
00:26et donc qui aurait normalement dû se retrouver dans un centre de rétention pour les personnes dangereuses dans son cas,
00:33mais qui ne l'était pas.
00:34Et donc le texte que Charles Rodwell a permis de faire voter aux députés hier vise à allonger jusqu'à
00:40210 jours
00:40la durée de rétention possible pour des étrangers sous OQTF, mais également condamnés par la justice, donc des étrangers dangereux.
00:48Parmi les autres mesures phares du texte, on peut retenir aussi le fait qu'il y ait une possibilité qui
00:51sera donnée au préfet
00:52de prendre des mesures d'injonction, d'examens psychiatriques pour des personnes qui sont susceptibles de passer à l'acte.
00:59C'est-à-dire, en gros, dont les services préfectoraux, les services de renseignement, ont pu détecter des signes d
01:05'une volonté de passer à l'acte.
01:06Et enfin aussi, ça peut paraître anecdotique, mais ça ne l'est pas.
01:09On va aussi durcir les conditions pour changer de nom lorsque l'on a déjà été condamné, par exemple, pour
01:13des faits de nature terroriste.
01:15C'est un vote qui a été donc remporté haut la main parce que le patron des Républicains, Bruno Retailleau,
01:20depuis longtemps, avait engagé ses troupes aussi dans le soutien à cette loi.
01:22Donc il y avait une coalition entre le centre et la droite. La gauche a voté unanimement contre.
01:27Si cette loi avait été en vigueur, on se posait la question et je vous la pose, Philippine n'aurait
01:31pas été assassinée ?
01:33Non, si cette loi, effectivement, avait été en vigueur, appliquée au moment des faits, son meurtrier aurait été dans un
01:39centre de rétention administrative et il n'aurait donc pas été en mesure de s'en prendre à Philippine.
01:44Et d'ailleurs, les parents de Philippine, Loïc et Blandine de Carlan, ont écrit un courrier que le Figaro a
01:48pu lire hier, dans lequel ils se disent heureux du vote de cette loi.
01:53Ils disent, et je trouve l'expression assez belle, cette loi ressemble à Philippine car elle fait le bien, combat
01:58le mal tout en restant discrète.
02:00Il y a eu un électrochoc après le meurtre de Philippine, ça a fait bouger les choses.
02:05Oui, alors évidemment, on ne peut pas se réjouir du fait que le meurtre d'une jeune fille ait des
02:09conséquences politiques parce que ce meurtre n'aurait jamais dû avoir lieu.
02:11Mais maintenant, compte tenu du fait que Philippine a été tuée dans les circonstances que l'on sait, je tiens
02:16à insister sur le fait que la médiatisation de cette affaire, qui nous est souvent reprochée,
02:20vous le savez mieux que moi Romain, quand les journalistes s'emparent d'un fait divers, tout de suite il
02:23y a un procès en récupération, en instrumentalisation, c'est vrai aussi des politiques.
02:27Mais la réalité, c'est que montrer les faits et laisser vivre l'émotion qui a été très forte, bien
02:32sûr, autour de ces faits, ça peut avoir des conséquences très fortes.
02:36En réalité, on vit, on peut le regretter, mais on vit dans une société d'émotion.
02:39Et l'émotion, c'est ce qui permet aujourd'hui de contourner le verrou du politiquement correct sur certains sujets.
02:44De fait, cette loi était nécessaire.
02:46Et si, non seulement l'émotion autour de la mort de Philippine n'avait pas eu lieu, si les médias
02:52n'avaient pas permis aussi à la société de s'emparer de cette indignation collective,
02:56eh bien, on n'aurait pas pu avancer.
02:58Et donc, c'est aussi à ça que ça sert, de montrer la réalité en face.
03:01Sous-titrage Société Radio-Canada
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