00:00Oui, alors Bruno Retoio, qui est désormais candidat pour les Républicains à l'élection présidentielle,
00:04veut mettre au banc, dit-il, des nations européennes, l'Espagne du Premier ministre socialiste Pedro Sanchez.
00:09Après notamment cette annonce il y a quelques semaines, une régularisation massive d'un demi-million de migrants sans papiers
00:15pour soutenir, dit-il, l'économie de son pays.
00:17Bruno Retoio craint à juste titre que les immigrés qui vont obtenir des papiers en Espagne n'y restent pas
00:22et traversent ensuite la frontière pour rejoindre la France.
00:24Et il considère que la décision de ce gouvernement espagnol est contraire à l'esprit européen.
00:30C'est très intéressant car à partir de là il en déduit que la possibilité de rétablir les contrôles à
00:35la frontière
00:36est finalement comprise dans le droit de l'Union Européenne au motif qu'il y a un risque de crise
00:40directe.
00:41Donc ça ne serait pas une décision qui brusquerait le respect des traités.
00:44Il faut bien reconnaître que l'Espagne est à contretemps de l'histoire et à contretemps des décisions que prennent
00:48beaucoup de pays européens.
00:49On le sait, l'Union Européenne récemment, via son Parlement, est en train de durcir les conditions
00:53qui permettent de notamment renvoyer des migrants clandestins dans leur pays ou des demandeurs d'asile.
00:59Les travaillistes britanniques, qui sont aussi un gouvernement de gauche comme celui de Pedro Sanchez,
01:03mais eux ont compris qu'il fallait mener une politique anti-immigration dans l'intérêt des travailleurs britanniques.
01:07On le sait, les sociodémocrates danois ont pris aussi la même direction et même la France,
01:11depuis que précisément Bruno Retailleau a été ministre de l'Intérieur, a limité les canaux de régularisation.
01:17L'Espagne, elle, s'engage donc complètement à contretemps de tout cela.
01:20Et au fond, l'idée de rétablir les frontières à la frontière pyrénéenne, les contrôles à la frontière pyrénéenne,
01:26rappelle, il y a quelques années, la crise du Covid.
01:29Au fond, Bruno Retailleau utilise en quelque sorte cette image de la contamination virale.
01:33Le socialisme de Pedro Sanchez doit rester circonscrit grâce aux gestes barrières à l'intérieur de l'Espagne.
01:39Mais ça a des conséquences, cette décision espagnole, sur tous les autres pays
01:44où les migrants peuvent ensuite se rendre, à commencer par la France.
01:47Oui, et ce qui est intéressant, c'est que je crois que ce qui se passe là remet en cause,
01:50au fond,
01:50une idée qui s'était imposée, y compris dans les milieux patriotes en France ces dernières années,
01:54à savoir que seule l'Union européenne était l'échelon adéquat pour combattre l'immigration massive.
01:59Ce que cela nous montre, au fond, c'est qu'on peut le penser à un moment où il y
02:02a une convergence des différents dirigeants européens,
02:04mais à tout moment, si un pays décide de ne plus jouer le jeu, alors l'Union européenne redevient un
02:07risque.
02:08Et d'ailleurs, l'essentiel des combats européens qui ont été menés, y compris ces dernières semaines,
02:11par la droite parlementaire au Parlement européen, consiste plutôt à empêcher l'Union européenne d'aggraver le problème
02:17plutôt qu'à faire en sorte qu'elle soit vraiment une aide pour lutter contre l'immigration massive.
02:21Vous savez, moi j'aime beaucoup cette image de la chaîne dont on mesure la solidité à l'aune de
02:25celle de son plus faible maillon.
02:26Il suffit qu'un seul maillon cède et toute la chaîne, à ce moment-là, est rompue.
02:29Il faut bien avoir cela en tête.
02:31Au fond, la France, si elle veut vraiment réguler l'immigration massive ces prochaines années,
02:34ne doit pas oublier que c'est à l'intérieur des frontières d'un État-nation qu'on commence par
02:37le faire.
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