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CNEWS vous propose un rendez-vous 100% politique présenté par Olivier de Keranflec’h du vendredi au dimanche.
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00:00Patrick Bruel laisse l'histoire d'un séducteur qui cachette un prédateur.
00:05Voilà ce que devra déterminer la justice après tous les témoignages que vous venez d'entendre dans ce documentaire avec
00:12les plaintes.
00:13Aujourd'hui le travail de vérité ne fait que commencer et bien évidemment il faut cet équilibre nécessaire entre l
00:19'écoute des plaignantes
00:20mais également la présomption d'innocence de Patrick Bruel.
00:24On va en parler ce soir avec Olivier Benkemoun.
00:26Bonsoir Olivier, avec côté Maître Grégory Lévy, avocat au barreau de Paris.
00:31Bonsoir Pascal Neveu, vous êtes psychothérapeute, directeur de l'Institut français de la psychanalyse active
00:37et Fabien Lecoeuvre, le spécialiste de la chanson française est également avec nous
00:41et on va démarrer justement avec vous puisque vous avez participé à ce documentaire.
00:46Et ce qui est intéressant c'est de rappeler, on va démarrer avec ce phénomène de la bruelle mania.
00:51On l'a vu, c'est dans les années 90, c'est un phénomène tout à fait exceptionnel.
00:55C'est un phénomène de société, on entend même Patrick Bruel dire c'est un phénomène totalement irrationnel.
01:02Oui, il l'a très bien expliqué Patrick Bruel.
01:04Moi j'ai assisté à cette naissance de Patrick Bruel à partir de l'année 82-83, 84 quand il
01:10a fait marre de cette nana-là
01:11qui a été déjà un très beau succès.
01:13Et puis à partir de 87, il fait son premier Olympia rempli en trois jours, en même pas une demi
01:18-heure.
01:19C'est-à-dire que déjà bien avant la bruelle mania qui a démarré réellement à la fin de l
01:23'année 89,
01:24moi j'avais vu ses concerts à l'époque, etc.
01:27Et il avait un truc sur la jante féminine.
01:30Il avait quelque chose que tous les artistes qui ont eu autant de succès que lui n'ont pas forcément
01:35eu.
01:35Et c'est là, moi en tant qu'historien, je peux rappeler les faits parce que que ce soit un
01:39Alain Souchon,
01:40un Laurent Wulzy, que ce soit un Roquevoisin, tous ces gens des années 80-90 avaient beaucoup beaucoup de succès,
01:44vendaient autant de disques que lui, mais n'avaient pas cette espèce d'hystérie collective
01:47qu'avaient eu avant lui un Tino Rossi, un Luis Mariano, un Mike Brandt, un Claude François, un Johnny Hallyday,
01:53un Jean-Luc Lahaye ou un Patrick Bruel.
01:56Et aujourd'hui, on a un garçon qui a un succès auprès des femmes incroyables, c'est Julien Doré.
02:01Vous allez voir les concerts Julien Doré, les filles hurlent ses paroles du début jusqu'à la fin,
02:05mais on n'est plus dans la même époque.
02:07Patrick Bruel appartient à ce qu'on appelle l'ancien monde,
02:10mais l'ancien monde à la fois pour les artistes et l'ancien monde pour les femmes aussi.
02:15C'est-à-dire que les femmes ne s'expriment plus de la même manière dans les salles quand elles
02:18aiment un chanteur.
02:20Moi, je me souviens, j'ai vu Claude-François Surson, j'ai vu Mike Brandt, j'ai vu Lahaye et
02:23Bruel.
02:24Les filles arrachaient les t-shirts, elles se jetaient sur la scène.
02:27Mariano, elles sautaient du balcon du troisième du Châtelet pour aller le retrouver et se casser la cheville ou la
02:32clavicule.
02:33Moi, j'ai vu des trucs intéressants.
02:34Les femmes n'ont plus ce même comportement, heureusement d'ailleurs.
02:37Mais les chanteurs aussi, tout ça, c'était une folie.
02:40Ils avaient toujours deux, quatorze, quinze filles en bas de chez eux.
02:44Elles arrivaient toujours à trouver la nouvelle adresse quand ils se déplaçaient en ville, dans les hôtels, etc.
02:48Alors, attention, le descriptif que je fais, je raconte une époque, je n'excuse en rien.
02:52Je le rappelle bien, je n'excuse en rien ni l'un ni l'autre.
02:56Je ne rentre pas, ce n'est pas mon métier.
02:57Michel-Marie, mon complice, le fait beaucoup mieux que moi en tant que spécialiste judiciaire.
03:01Là où c'est intéressant, Fabien Lecoeur, de vous entendre sur cette époque, c'est peut-être, et c'est
03:05là où je me tourne vers vous, Pascal Neveu,
03:07avec le recul que nous avons aujourd'hui, avec le contexte de la libération de la parole des femmes, très
03:13important,
03:14qui est une avancée aujourd'hui dans notre société, bien évidemment, comment est-ce que vous relisez cette bruelle mania
03:19?
03:20Il y avait aussi tout un mécanisme autour pour entretenir ce phénomène.
03:23Et on se dit peut-être que cela étouffait aussi à l'époque les paroles des victimes.
03:28On était dans une autre époque, c'était une autre histoire.
03:30Alors, ça a un à voir, et à chaque fois, effectivement, on relie tout cela au passé.
03:35Mais certes, on a parlé d'hystérie collective, on en est parlé, et puis également d'autres témoignages dans ce
03:41très beau documentaire.
03:43Mais en fait, il y a une sorte de clivage, du moins, à mon sens, chez Patrick Bruel.
03:50C'est-à-dire que c'est la personnalité qui est un séducteur, il est aimé, il est sexuellement, mais
03:57attirant pour des femmes.
04:00Ensuite, attention, on n'est que des hommes ici sur le plateau, mais en tout cas, ça va amener toute
04:07une machinerie.
04:08Pourquoi cette machinerie ?
04:09Patrick Bruel, et pas avec un autre, pas avec un Florent Pagny, ou un...
04:12Parce qu'il a une personnalité, il dégage un truc.
04:16Alors, il faut savoir qu'un chanteur, quand il est engagé, il fait une télévision, un concert, peu importe, c
04:20'est un regard, c'est une caméra.
04:22C'est-à-dire qu'il y en a qui ont ce pouvoir de séduction incroyable,
04:26qu'un autre artiste qui aura autant de... vendre autant de disques, qui aura autant de succès,
04:29n'aura pas ce côté sensuel, voire sexuel.
04:33Parce qu'on n'en parle jamais de ça.
04:35Regardez...
04:36Il y a ça, et eux-mêmes sont victimes de ça, souvent aussi, dans l'énorme succès.
04:40C'est un sexe...
04:40Il faut le rappeler.
04:41C'est un cycle infernal.
04:42Regardez-le dans tout le documentaire.
04:44À chaque fois, il regarde la caméra, il regarde les gens.
04:47Pardonnez-moi pour le terme qui va être très cru, il pue le sexe.
04:50Ça va amener à une hystérie collective, et effectivement, à des dommages énormes.
04:55Et je pense qu'il est à la fois victime, mais bien évidemment, complice de tout ce qui se passe
05:00actuellement,
05:01de tout ce qu'on...
05:03Voilà.
05:04Il l'a dit d'ailleurs tout à l'heure...
05:05Nous allons y venir, justement.
05:07Il l'a dit, à un moment donné, c'est le public qui me l'a donné.
05:11Et seulement, à ce moment-là, lorsqu'il dit ça, il se victimise également.
05:14Alors ça aussi, c'est intéressant, cette victimisation qu'on retrouve parfois chez beaucoup de prédateurs.
05:20Lui, c'est toute cette vérité que devra faire la justice, puisqu'il y a un emballement.
05:26On est à la mi-mars, il y a des plaintes qui commencent à arriver,
05:30et nous sommes, on le rappelle, dans cette nouvelle ère de la libération de la parole des femmes.
05:34Mais cette affaire, Patrick Bruel, elle va marquer un nouveau chapitre dans cette libération de la parole des femmes,
05:41puisque déjà, nous sommes en 92, entre 90 et 2019, il y a plusieurs plaintes déposées,
05:47mais elles ne sont pas médiatisées.
05:49On les voit d'ailleurs à l'antenne.
05:50C'est simplement le 18 mars 2026, le 12 mars plus précisément 2026,
05:56que Daniela Elsner, directrice générale d'Unifrance, porte plainte pour agression sexuelle et tentative de viol en 97.
06:02Et là, on voit la parole qui se libère, et on voit également l'emballement médiatique,
06:08Olivier Benidémoun, qui ne cessera pas jusqu'à aujourd'hui.
06:11Oui, et dans la parole qui se libère, en fait, et on vient d'entendre une série de témoignages,
06:17il y a des choses qui sont communes, en réalité.
06:19C'est la manière dont il va forcer, ces femmes disent qu'il va forcer, il va essayer, il va
06:27vouloir.
06:27Certaines, ils les emmènent par le poignet dans les toilettes.
06:31Encore une fois, ce sont les témoignages.
06:32Mais il y a beaucoup de témoignages qui se rassemblent, qui se ressemblent.
06:35Sabine, que vous avez entendue, qui travaille au Bataclan, raconte de quelle manière il s'est approché d'elle.
06:41Et ce système, cette manière de faire, en fait, on l'entend et on l'entend plusieurs fois.
06:48Moi, ce qui me frappe, c'est la beauté de ce garçon qui a tout, qui a le talent,
06:56qui a l'attraction sexuelle, comme vous dites, qui chante merveilleusement bien,
07:02qui a le succès, quel besoin il a de forcer de cette manière, parfois, semble-t-il, ces jeunes femmes.
07:09C'est la chose, je pense, que les gens ne comprennent pas.
07:13Je suis le premier à ne pas le comprendre.
07:14C'est l'interrogation que vous émettez.
07:17Quand vous avez tout, pourquoi forcer ?
07:19Donc, après, il y a des pathologies.
07:24Tiger Woods, qui est un très, très célèbre joueur de golf,
07:29et, évidemment, a été soigné, a dû s'excuser et était malade, en quelque sorte, de vouloir du sexe.
07:40Tout le temps, ce n'est pas le seul.
07:42Il y a des acteurs à qui c'est arrivé.
07:44Est-ce que Patrick Brouel souffre de ça ?
07:45Est-ce que personne ne l'a vu ?
07:47Est-ce que personne n'a voulu le voir ?
07:48Est-ce qu'on l'a laissé faire ?
07:49Est-ce que lui-même s'est laissé entraîner dans ça ?
07:51Moi, c'est ça que j'ai mal à comprendre.
07:54Après l'emballement médiatique, pour répondre simplement à votre question,
07:57on a voulu écarter, et je le dis, chez CNews, on n'en a pas parlé tout de suite.
08:03Le témoignage de Flavie Fermont fait basculer les choses.
08:06À partir de ce moment-là, il y a une autre écoute.
08:09Elle avait témoigné anonymement auprès de Mediapart.
08:12À partir du moment où elle le dit à visage découvert et face à une caméra ou un micro, les
08:17choses changent.
08:17Et là, nous sommes le 13 mai 2026, et c'est le départ de cet emballement médiatique.
08:22Avant d'aborder le volet judiciaire avec vous, Maître Lévy,
08:26je voulais vous remontrer cet extrait du documentaire lorsque l'attaché de presse raconte
08:30comment Patrick Bruel était entreprenante avec elle.
08:34Et on découvre le rôle de l'homme qui a été chargé par la chaîne de télévision TF1
08:40d'accompagner Patrick Bruel partout.
08:42Là aussi, cela révèle quelque chose, en tout cas, me semble-t-il.
08:45Regardez.
08:47Et au milieu de l'après-midi, l'acteur serait parvenu à se retrouver seul, avec Marie,
08:53dans une chambre d'hôtel qui servait à faire des interviews promotionnelles.
08:57Et il m'a coincée dans le coin derrière la porte.
09:02Vraiment, j'ai commencé à avoir peur, sincèrement.
09:05Et je me suis dit, bon, je parle plus fort.
09:08Parce que je savais qu'il y avait des journalistes qui étaient de l'autre côté de la porte.
09:11Donc j'ai commencé à parler vraiment fort.
09:13Oui, mais il y a le journaliste suivant qui arrive, etc.
09:15Et donc là, je pense qu'il s'est écarté un peu.
09:19J'ai pris la porte, je suis sortie.
09:22Je suis descendue voir la personne de TF1 qui l'accompagnait sur sa tournée.
09:28Et je lui ai dit, j'ai des problèmes avec Patrick.
09:32C'est à ce moment précis que Marine aurait découvert le véritable rôle
09:35de l'accompagnateur de Patrick Bruel sur sa tournée.
09:39Et là, il m'a répondu de but en blanc, je sais, c'est pour ça que je suis là.
09:42Je lui ai dit, oui, mais pourquoi est-ce que tu me laisses seule avec lui, alors ?
09:46Et effectivement, il est resté avec moi.
09:48Sa mission consistait notamment à protéger les jeunes femmes de Patrick Bruel.
09:56C'est à la justice de déterminer la vérité des faits.
10:00Mais c'est vrai que, Fabien Lecoeuvre, nous nous interrogeons
10:02si effectivement il y avait un homme qui était là pour protéger les femmes
10:07qui étaient au contact de Patrick Bruel.
10:08Nous nous interrogeons comment se fait-il que son entourage, son entourage proche,
10:12à un moment, ne disent pas à l'individu, et même dans d'autres situations,
10:16stop mon coco.
10:17Alors moi, je n'ai jamais entendu dans ces grandes stars comme ça
10:21qui interviennent dans des émissions, des plateaux de télé ou dans des coulisses,
10:24quelqu'un qui accompagnait pour justement l'artiste,
10:27pour l'encadrer, pour protéger les femmes de la rédaction de cet artiste.
10:31Moi, je n'ai jamais entendu ce métier.
10:33Alors, est-ce que ça existe ?
10:35Mais c'est sous Saint-Privoux, c'est très secret en tout cas.
10:37Il y a toujours des accompagnateurs auprès des artistes
10:40qui l'encadrent pour lui dire, voilà, à telle heure tu fais ci,
10:42tu fais ça, tu vas là, tu parles, tu dis ça, tu reviens,
10:44on déjeune, on repart, etc.
10:46Donc, mais des accompagnateurs, il y en a eu.
10:48De là à dire, attention, on avait mis un accompagnateur.
10:50Moi, je n'ai jamais entendu parler de ça du tout.
10:52Et il fait 47 ans que je fais ce métier.
10:55Et que ce soit des Clo-Clo ou des Mike Brandt, il n'y a jamais eu ça.
10:57Alors, peut-être que maintenant, tout ça sort.
11:00Alors, il faut faire attention à l'imaginaire,
11:02ce qu'on peut déformer, parce qu'on trouve des nouveaux métiers
11:05que je n'ai jamais entendu parler dans ce métier, moi.
11:07Franchement.
11:07Donc, je crois qu'il faut être assez prudent là-dessus.
11:10Sans rentrer, moi, je ne veux pas rentrer dans le dossier,
11:11je ne le connais pas.
11:12Bien évidemment, soyez prudents.
11:14C'était l'un des témoignages assez marquants,
11:16d'ailleurs, qu'on pouvait entendre ce soir.
11:17En tout cas, l'une des révélations marquantes,
11:18mais qui peut nous interroger, parce qu'elle ne veut,
11:20sur le rôle de l'entourage aussi.
11:22Mais l'entourage, il est primordial.
11:24À un moment donné, on en parlait tout à l'heure,
11:28mais quand on déconne, on a toujours un ami,
11:31on a toujours un parent, un père, une mère, etc.,
11:34qui nous tapent sur l'épaule et qui nous disent
11:36« Mais arrête tes conneries ! »
11:38Et là, vis-à-vis, ils ne l'ont pas fait.
11:39Moi, ce que je vous disais tout à l'heure,
11:41j'ai l'impression qu'à la fois, il est victime,
11:43mais complice de tout un système.
11:46C'est intéressant.
11:47Là aussi, Fabien Lecoeuvre,
11:49et c'est vrai que cette toute-puissance,
11:50le côté iconique aussi d'une star,
11:52fait peut-être qu'il n'entend plus son entourage.
11:53Vous savez, on appelle ça les intouchables.
11:56C'est-à-dire que dans notre profession,
11:57c'est-à-dire que c'est des gens qui sont tellement dans des sommets,
12:00on ne peut plus rien leur dire.
12:02Heureusement, il y en a qui gardent.
12:03Ils ne sont plus dans la réalité.
12:04Ils ne sont plus dans la réalité.
12:05C'est-à-dire que c'est les intouchables,
12:06ils sont intouchables dans tous les domaines,
12:08c'est-à-dire qu'on ne peut rien leur dire, rien faire.
12:10Ça existe, il y a eu des gens comme ça,
12:13alors quand ça retombe, après, ils sont plus accessibles
12:15et ils tombent moins dans cette espèce de folie
12:17ou cette addiction au sexe, à la drogue ou à autre chose.
12:20Vous voyez qu'il a été capable de payer 500 000 euros de caution ?
12:24Justement, ça fait partie des obligations.
12:27Maître Lévy, aujourd'hui, pour Patrick Bruel,
12:30on le rappelle, quatre mises en examen.
12:33Il est également sous le statut de témoin assisté
12:40pour quatre autres affaires.
12:41Vous voyez en détail les obligations du contrôle judiciaire de Patrick Bruel.
12:46Il y avait une interrogation que j'avais,
12:48c'est que concernant donc effectivement toutes ces obligations,
12:53notamment il a l'obligation de soins.
12:57L'interrogation que j'avais, c'est
12:59est-ce qu'à partir du moment où on a une obligation de soins
13:02lorsqu'on est mis en examen,
13:04ce n'est déjà pas un élément de culpabilité,
13:06en tout cas un élément qui nous montre que les juges se disent
13:09il a besoin de soins ?
13:10Peut-être qu'on a besoin de votre éclairage très précis sur cette question.
13:13Je vais vous répondre par une comparaison très simple.
13:16S'il avait été placé en détention provisoire
13:19dans le cadre de sa mise en examen
13:21et manifestement il a tremblé hier avant-hier
13:24à l'idée d'aller dormir au cachot,
13:27eh bien ça aurait été la même question,
13:29si vous voulez, est-ce que ce n'était pas un aveu de culpabilité ?
13:32La réponse est non.
13:33C'est une mesure préventive.
13:35Au stade de la mise en examen,
13:37l'obligation de soins,
13:39la détention provisoire,
13:41si on extrapole,
13:42ne font pas de lui un coupable.
13:44C'est une mesure préventive
13:46qui n'aura peut-être servi à rien
13:49s'il est relaxé ou s'il est acquitté
13:52à la fin de la procédure pénale.
13:54C'est encore plus grave
13:56dans le cadre d'une détention provisoire.
13:58Là, il aura fait quelques séances
14:00de psychothérapie.
14:03Soit c'est utile
14:04parce qu'il en avait besoin
14:05et les juges d'instruction
14:07et le juge des libertés de la détention
14:08a bien fait
14:09d'introduire cela
14:11dans le contrôle judiciaire.
14:12Soit ça n'aura servi à rien
14:14si, in fine,
14:15il est relaxé,
14:16voire acquitté
14:17devant une cour de justice.
14:18Toujours est-il que pour lui,
14:20c'est le début,
14:22au fond,
14:22de l'enquête.
14:23C'est bien cela
14:24qu'il faut comprendre
14:24puisqu'on a entendu
14:25tous ces témoignages
14:26qui se sont accumulés
14:27depuis notamment
14:28le mois de mai dernier.
14:30Il y a des nouvelles plaintes
14:31qui devraient être
14:32déposées prochainement.
14:34Trois nouvelles plaintes
14:35ont été déposées
14:36pour viol et tentative de viol.
14:37Cela veut dire que
14:39de nouvelles gardes à vue
14:40ne sont pas à exclure
14:41pour le chanteur.
14:42Ne sont pas à exclure,
14:43vous avez parfaitement raison.
14:44Il y a maintenant
14:45et on le sait
14:45quatre juges d'instruction
14:47saisis du dossier.
14:48Ils vont se répartir
14:50l'examen des plaintes
14:52et puis de nouvelles plaintes
14:53arrivent.
14:54Donc, il peut effectivement
14:55être entendu
14:56sous le régime
14:57de la garde à vue.
14:58Il peut être convoqué
14:59par les magistrats instructeurs
15:00pour répondre à des auditions.
15:02Il peut être confronté
15:03à ses plaignantes.
15:05L'instruction démarre.
15:06Elle va durer
15:06un certain nombre de mois
15:08probablement
15:08un an ou deux
15:09peut-être davantage
15:11où il va être
15:13cuisiné,
15:14j'allais dire,
15:14par l'instruction.
15:16C'est le système normal
15:18d'une affaire
15:19ouverte en criminel
15:21puisqu'il y a
15:21une qualification
15:22de viol.
15:23C'est une instruction criminelle.
15:25Ça ne l'empêche pas
15:25de chanter.
15:26Olivier Benquibout.
15:26Ça ne l'empêche pas
15:27de chanter.
15:27Ça ne l'empêche pas
15:28de se produire aujourd'hui.
15:29Ça ne l'empêche pas
15:30de démarrer
15:31sa tournée des Zéniths
15:33au mois d'octobre.
15:34Les concerts de cet été
15:36ont été annulés.
15:37C'était des festivals.
15:39Mais la tournée
15:41qui produit
15:42des Zéniths,
15:43qui doit démarrer
15:44le 3 octobre,
15:45me semble-t-il,
15:46elle n'est pas annulée
15:46pour le moment.
15:47Et moi,
15:48je pense qu'il ne va pas
15:49l'annuler.
15:49Vous croyez ?
15:50Il a la volonté,
15:51me semble-t-il,
15:52de ne pas l'annuler.
15:53De toute façon,
15:54il ne se soustrait pas
15:55de la justice.
15:55Il y a le procès médiatique
15:57aujourd'hui qui a lieu.
15:58Il y a l'avalanche
15:59des témoignages
16:01qu'on entend.
16:02Il y a aussi
16:03un certain nombre
16:06de faits de viol
16:07qu'on voudrait lui imputer
16:08qui n'ont pas tous
16:09été retenus,
16:10me semble-t-il,
16:11par la justice.
16:11Il y avait quatre...
16:13Il y avait neuf.
16:14Il y avait neuf qualifications
16:15à l'ouverture.
16:16Ils en ont retenu quatre.
16:18Une a été déclarée
16:19prescrite d'office,
16:20donc c'est trop tard,
16:21on ne peut plus rien faire.
16:22Et puis,
16:23il a été placé
16:23sous le statut
16:24de témoin assisté,
16:25donc un grade en dessous
16:26dans quatre autres faits.
16:28Sur la prescription,
16:30justement,
16:3113 autres affaires
16:32dénonçant des violences
16:32sexuelles commises
16:33entre 1992 et 2028,
16:36les faits sont a priori
16:37prescrits.
16:38Mais on entend
16:38que l'enquête
16:40devrait déterminer
16:41si la prescription
16:42est avérée.
16:43Alors, ça veut dire quoi ?
16:44Ça ne veut pas dire
16:44que finalement,
16:46si les faits ont lieu
16:47à telle date,
16:48on rajoute 20 ans,
16:50là c'est prescrit,
16:51donc on ne peut plus
16:52instruire l'affaire.
16:53Ça veut dire quoi ?
16:55Vérifier que la prescription
16:56est bien avérée.
16:57Eh bien,
16:58ça veut dire techniquement
16:59refaire le calcul,
17:00regarder le point de départ,
17:01c'est-à-dire la date
17:02des faits exactes,
17:04faire le calcul,
17:05l'application
17:05de ces 20 ans
17:07et puis regarder
17:08à quel moment
17:09la plainte
17:09qui est interruptive
17:10de prescription
17:11a été déposée.
17:12mais c'est un peu
17:14plus technique
17:14quand on parle
17:15de notion
17:15de prescription
17:17glissante.
17:18On rentre là
17:19dans une catégorie
17:21particulière
17:21où l'infraction
17:22s'est répétée.
17:23Vulgairement,
17:24on pourrait dire
17:25un serial killer.
17:26À ce moment-là,
17:27la prescription
17:27peut s'allonger
17:28en fonction des crimes
17:29qu'il a commis.
17:30Et Bruel,
17:31dans la mesure où
17:32il y a des infractions
17:33successives
17:34qui semblent
17:36se commettre,
17:37peuvent faire rallonger
17:39cette notion
17:40de prescription.
17:40Donc,
17:41rien n'est acquis.
17:42Les juges d'instruction
17:43ont ce travail
17:43là très technique
17:44de calculer
17:45et de recalculer
17:46l'acquisition
17:47de la prescription.
17:48Et on a vu
17:49en tout cas
17:49un Patrick Bruel
17:50particulièrement
17:51bien entouré
17:51qui est arrivé
17:52lors de sa garde à vue
17:53avec des dossiers,
17:54des dossiers préparés
17:55pour se défendre.
17:57Est-ce que selon vous,
17:58Fabien Lecoeuvre,
17:59puisqu'on sera dans un instant
17:59avec Marineige Martin,
18:01l'une des fans
18:01de longue date
18:02de Patrick Bruel,
18:04vous qui l'avez côtoyé un peu,
18:05est-ce qu'il va remonter
18:06sur scène ?
18:07Olivier Ben Thiemoun
18:07nous dit
18:08effectivement,
18:08il a le droit
18:11le juge lui a pas interdit
18:12en tout cas,
18:13à l'inverse de Jean-Luc Laet
18:14où lui,
18:14on lui avait interdit
18:15de monter sur scène.
18:16Donc non,
18:17il peut remonter sur scène.
18:18Est-ce qu'il aura le mental
18:19pour remonter sur scène ?
18:19Parce que c'est la grande question.
18:20Moi, je le pense.
18:21Je pense que c'est un homme
18:22courageux,
18:23il se bat,
18:23mais vous savez,
18:24le lynchage comme ça,
18:25médiatique,
18:26cette espèce de bashing
18:27Bruel aujourd'hui,
18:28c'est très compliqué
18:28à gérer dans la tête,
18:30surtout si on n'a rien
18:31forcément à se reprocher.
18:32Là, on ne le sait pas
18:33pour le moment,
18:33mais c'est compliqué
18:34de monter sur scène
18:35avec un mental
18:36où on sait
18:37qu'il peut y avoir
18:37des incidents au milieu,
18:39mais je ne le connais pas
18:40suffisamment intimement
18:41pour savoir s'il a
18:42ce mental,
18:43cette force en tout cas.
18:43On va voir Marie-Neige,
18:45Marie-Neige Martin
18:46qui a 70 ans.
18:48Bonsoir Marie-Neige,
18:49vous habitez à Nice
18:50et vous êtes fan,
18:51une véritable fan
18:52de Patrick Bruel
18:53depuis plus de 40 ans.
18:54Vous avez lancé
18:55une pétition
18:56pour défendre
18:57le maintien
18:58des concerts
18:58de l'artiste.
19:00Une pétition,
19:00on le voit,
19:01un peu plus de
19:0110 000 signatures
19:02aujourd'hui.
19:0310 677,
19:05s'il vous plaît.
19:05Très précisément,
19:06donc il y en a eu
19:07encore d'autres.
19:08Contexte très compliqué
19:09aujourd'hui
19:10pour Patrick Bruel.
19:11Quel est l'objectif
19:12de votre pétition
19:13puisque nous le disions
19:14aujourd'hui,
19:15la nécessité
19:16de notre société
19:16d'entendre aussi
19:18la parole des plaignantes ?
19:20Alors,
19:21donc l'objectif
19:22de cette pétition
19:22depuis le début,
19:24c'est de maintenir
19:25qu'il a droit
19:25à la présomption
19:26d'innocence
19:27comme tout citoyen français.
19:28Nous sommes en démocratie,
19:29nous sommes en France.
19:30Moi, j'ai été assistante sociale
19:32pendant plus de 40 ans
19:33avec des médailles du travail.
19:34Je connais très bien
19:35les lois.
19:36Donc, pour l'instant,
19:37comme d'habitude,
19:38il a droit
19:38à la présomption
19:39d'innocence.
19:40C'est pour ça
19:40qu'ils n'arrêtent pas
19:41de signer ma pétition.
19:42Là, ça n'arrête pas,
19:42ça n'arrête pas.
19:43Voilà, parce que
19:44pour l'instant,
19:45attendez,
19:46je trouve que
19:47c'est beaucoup à charge
19:48de ce que vous venez
19:49de diffuser.
19:50Voilà, il n'y a pas du tout
19:51d'objectivité à mon avis.
19:53Voilà, pour l'instant,
19:54vous avez vu,
19:54l'affaire est passée.
19:56Les juges ont été
19:57très efficaces
19:58et très rapides.
19:59Donc, pour l'instant,
20:00de toute façon,
20:00il est innocent.
20:01Donc, il est tout à fait
20:03en droit
20:03de continuer son activité.
20:05Les concerts sont pleins,
20:06nous serons là,
20:07nous serons toutes là.
20:09Vous avez vu
20:09qu'il a été ovationné
20:10au théâtre Édouard VII.
20:12Je ne sais pas
20:12si vous avez vu la vidéo
20:13où il a été ovationné
20:15au théâtre Édouard VII.
20:17On l'a vu.
20:17J'espère que vous avez
20:18vu cette vidéo.
20:19En tout cas,
20:20vous ne l'avez pas diffusée,
20:21malheureusement.
20:22Dommage.
20:22Marineige Martin,
20:23c'est vrai que le documentaire
20:24a commencé par rappeler
20:26la présomption d'innocence
20:27aujourd'hui de Patrick Bruel,
20:29mais il a lui-même
20:30choisi d'ailleurs
20:31d'annuler des dates
20:32de concert,
20:33de ses prochains concerts,
20:34dans un souci d'apièzement.
20:36Est-ce qu'il ne faut pas attendre ?
20:37Alors, on sait que c'est long
20:38le temps de la justice
20:39pour que la vérité éclate,
20:41au fond,
20:42pour antiner toutes les conclusions
20:43et pour finalement
20:45que peut-être
20:46Patrick Bruel
20:47remonte sur scène
20:48dans un climat plus serein ?
20:50Il a annulé les dates
20:51parce que ces dates,
20:52c'est sur des festivals d'été.
20:54Donc,
20:55ce n'était pas du tout
20:56comme les concerts en salle.
20:57Les concerts en salle,
20:58à partir d'octobre,
20:59c'est lui,
20:59c'est 14 productions,
21:01c'est sa société,
21:02son entreprise.
21:03Voilà,
21:03donc il les maintient.
21:04Il les maintient.
21:05Il a tout à fait raison
21:06parce que ça n'engage que lui.
21:07On sera là.
21:08Patrick Bruel
21:09n'est pas du tout
21:09un prédateur.
21:10Moi, je vous le dis,
21:11pour moi,
21:11ce n'est pas un prédateur,
21:12c'est un phénix.
21:13Et ce phénix
21:17c'est ça.
21:17De toute façon,
21:18il n'a jamais été brûlé.
21:19Donc,
21:20il a tout à fait
21:20les capacités de résilience.
21:21Il pourra tout à fait
21:22monter sur scène.
21:24On sera tous et toutes là
21:26pour l'encourager,
21:27pour l'ovationner.
21:29Plus que jamais.
21:30Plus que jamais.
21:31Merci,
21:31Marinelle et Martin,
21:32d'avoir accepté
21:33notre invitation.
21:34Ce soir,
21:35il était aussi important.
21:35Merci à vous
21:36de m'avoir donné la parole.
21:37Merci beaucoup.
21:39Mais je vous en prie,
21:40c'est normal,
21:41dans ce dossier-là,
21:43d'entendre
21:43tous les points de vue
21:46puisque,
21:47finalement,
21:47pour clore le défi
21:49de la justice,
21:50il est sur ce dossier énorme,
21:51comme dans chaque affaire.
21:53On connaît le contexte
21:53très difficile
21:54en ce moment
21:55de notre justice
21:56pointée du doigt
21:57dans la terrible affaire
21:58Liana.
21:59On a vu que
21:59la justice avait
22:01finalement pris les choses
22:02dans l'affaire Bruel
22:03assez rapidement
22:04en compte.
22:05Et maintenant,
22:05il va falloir
22:05qu'elle fasse son travail
22:07sereinement,
22:07malgré
22:09un déferlement médiatique
22:11qui peut-être
22:11pourra peser
22:12aussi sur les juges.
22:14Tant que vous avez rappelé,
22:15cette dame a eu
22:16parfaitement raison,
22:17qu'il est présumé
22:18innocent.
22:19Et c'est d'ailleurs
22:19le message
22:20que les juges
22:21d'instruction
22:22et que le juge
22:22de liberté de la détention
22:23a bien voulu
22:25recommuniquer,
22:26c'est que le chanteur
22:27Patrick Guell
22:28peut se produire
22:29demain s'il le souhaite.
22:30Il n'est pas interdit
22:32de chanter
22:33dans son contrôle judiciaire.
22:35Il est donc
22:36présumé innocent
22:37et d'un point de vue
22:38artistique,
22:39la justice
22:40lui laisse
22:42lui laisse
22:43dérouler son talent,
22:45si vous voulez.
22:45Donc,
22:46cette présomption
22:47d'innocence,
22:47je pense qu'on ne la rappellera
22:48jamais assez
22:49au cours de cette instruction.
22:51Un grand merci
22:52à tous les quatre
22:52d'avoir débriefé
22:53ce documentaire
22:55sur Patrick Guell.
22:55On rappelle
22:56le travail de vérité,
22:58lui ne fait que commencer.
22:59On rappelle
22:59cet équilibre
23:01nécessaire
23:02aujourd'hui
23:02entre l'écoute
23:03des plaignantes
23:04et la présomption
23:05d'innocence
23:06de Patrick Guell.
23:06L'actualité continue
23:07sur CNews.
23:08C'est Mickaël Dorian
23:10tout de suite
23:10pour le meilleur de l'info.
23:11On se retrouve demain
23:1322h,
23:14100% politique week-end.
23:15Excellente soirée
23:16sur notre antenne.
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