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  • il y a 6 minutes
Bruno Retailleau, Marine Tondelier, Sarah Knafo, Olivier Faure, Mathilde Panot, Gabriel Attal et Jean-Philippe Tanguy sont les invités de notre émission "Autorité, justice: quelles réponses au fiasco?". Près d'une semaine après que le corps de la jeune Lyhanna a été retrouvé sur fond de défaillances judiciaires, ces personnalités politiques apportent leurs réponses à cette affaire sur BFMTV à partir de 21 heures.

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Transcription
00:00Olivier Faure, notre premier invité tout à l'heure, vous le citiez, c'était Bruno Retailleau.
00:03On parle d'autorité aussi ce soir.
00:05Bruno Retailleau, notamment face aux images du PSG, des violences après le match du PSG,
00:10face à cet exemple et à d'autres, vous accuse.
00:13Accuse la gauche. La culture de l'excuse.
00:15Il dit c'est vous, c'est vous, c'est la gauche qui a créé ce désordre-là en France
00:19en excusant un certain nombre de délinquants, en ne les envoyant pas en prison,
00:22en faisant tout justement pour éviter de les envoyer en prison.
00:25C'est ce qu'il disait tout à l'heure.
00:26Qu'est-ce que vous lui répondez à Bruno Retailleau ?
00:29Est-ce que vraiment je dois lui répondre ?
00:30Est-ce que vous croyez que ce soir je vous donne le sentiment d'être quelqu'un
00:34qui souhaite que les délinquants se baladent, que les pédocriminels continuent leurs agissements,
00:38que rien de tout cela n'est vrai ?
00:40Évidemment. La réalité, c'est que si on parle d'autorité,
00:45et si on parle y compris des événements qui ont eu lieu après les débordements
00:49et les émeutes urbaines qui ont suivi la victoire du PSG.
00:55– Mais là encore, on sait traiter ces questions-là.
00:59Mais il y a une impréparation totale de la part de l'État.
01:03Vous avez là une improvisation totale.
01:05Ce soir-là, en fait, on sait que le PSG peut gagner
01:07et qu'il gagne ou qu'il perde, il peut y avoir des exactions.
01:10Mais la mairie de Paris a demandé à ce qu'il y ait une fanzone.
01:13Pourquoi ? Non pas que les gens qui sont dans la fanzone soient justement ceux qui viennent pour casser,
01:17mais précisément pour pouvoir faire le tri entre ceux qui viennent pour supporter une équipe,
01:22qui viennent finalement faire exploser leur joie dans un lieu qui est déterminé,
01:26et puis ceux qui viennent pour casser.
01:28Il n'y a pas eu de fanzone.
01:30Moi, j'espère que pour la Coupe du Monde qui commence,
01:32on va quand même se poser des questions,
01:34que les élus locaux vont être eux-mêmes interpellés,
01:37qu'on va pouvoir travailler avec eux
01:38et faire en sorte que l'Intérieur, le ministère de l'Intérieur,
01:41puisse travailler avec toutes les mairies de France
01:43pour qu'ils aient la possibilité de savoir comment ils vont gérer ensemble les mouvements de foule.
01:48Il cite une loi.
01:48Il dit qu'aujourd'hui, quand vous cassez un abribus,
01:50quand vous détériorez des biens,
01:53finalement, à la fin, personne ne paye vraiment.
01:55Et il dit qu'en 1981, il y avait une loi
01:58qui était une loi d'une sorte de solidarité collective vis-à-vis.
02:01On prenait les vins qui étaient sur place à ce moment-là
02:06et en fait, ils se partageaient la facture
02:07plutôt que ce ne soit aux habitants de la ville de les payer.
02:10Il dit que ça, c'est typiquement un exemple.
02:12C'est la gauche, en 1981, qui a supprimé cette possibilité-là.
02:15Est-ce que vous vous dites que c'est une bonne chose de l'avoir supprimée ?
02:18Et qu'aujourd'hui, les abribus, par exemple, cassés ce soir-là,
02:20ils sont payés par tous les contribuables ?
02:22Mais ça, ce n'est pas bien.
02:23Mais je vais vous répondre.
02:24Mais je vais vous dire comment on peut faire.
02:26Si ce n'est pas les casseurs qui payent, c'est les contribuables qui payent.
02:28Là, ce n'est pas les casseurs qui payent.
02:29Là, vous dites, en fait, on nace des gens
02:31et puis, au hasard, on prend une tribune entière
02:35dans un stade de foot et puis on dit
02:38c'est la tribune qui paye.
02:39Non mais, enfin, il faut arrêter les conneries.
02:41Pardon, mais enfin, il y a un moment où il faut quand même...
02:43Enfin, le principe même du droit pénal,
02:45c'est l'individualisation de la peine.
02:47Là, vous dites, on tape dans le paquet et puis on verra bien.
02:50Le problème, aujourd'hui, de ceux qui maintiennent l'ordre,
02:53c'est qu'ils ont une logique qui est une logique d'interpellation.
02:55On interpelle le plus grand nombre possible.
02:57Vous savez combien il y a d'interpellations
02:58qui se traduisent ensuite par de vraies actions en justice ?
03:01Très peu.
03:01Pourquoi ?
03:02Parce qu'en réalité, ils tapent dans le tas
03:04et puis rien n'est instruit,
03:06il n'y a pas de documents qui permettent...
03:08Les procès-verbaux sont faits à la hâte,
03:09on n'a aucun élément de preuve
03:11et donc tout ce beau monde ressort aussi sec.
03:13Qu'est-ce qui se passe chez nos voisins britanniques ?
03:15Ça ne se passe pas du tout de la même façon.
03:17Oui, mais ça se passe à la même façon.
03:17Non mais, là, vous voulez un bon exemple.
03:19Les britanniques, qu'est-ce qu'ils font ?
03:21Ben, eux, ils ne sont pas à chercher à taper dans le tas
03:23le soir même de l'événement.
03:24Ce qu'ils font, c'est qu'ils vont tracer, en fait,
03:27des gens qui sont peut-être masqués
03:29au moment où ils rentrent dans le magasin
03:31en ayant cassé la vitrine.
03:32Mais enfin, ces gens-là, ils repartent dans la rue,
03:34on les suit par les caméras,
03:36ils vont dans le métro, ils rentrent chez eux.
03:38On sait exactement identifier ces gens-là.
03:40Et parfois, ça prend deux ans,
03:42mais ces gens-là sont retrouvés
03:43et on est là sur l'impunité zéro.
03:45Eh bien, écoutez, moi, je préfère des gens
03:46qui sanctionnent ceux qui sont vraiment coupables
03:48plutôt que de sanctionner à l'aveugle,
03:51y compris des gens qui sont innocents.
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