Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 minutes
Bruno Retailleau, Marine Tondelier, Sarah Knafo, Olivier Faure, Mathilde Panot, Gabriel Attal et Jean-Philippe Tanguy sont les invités de notre émission "Autorité, justice: quelles réponses au fiasco?". Près d'une semaine après que le corps de la jeune Lyhanna a été retrouvé sur fond de défaillances judiciaires, ces personnalités politiques apportent leurs réponses à cette affaire sur BFMTV à partir de 21 heures.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00L'invité Olivier Faure nous rejoint sur ce plateau, premier secrétaire du Parti Socialiste.
00:04Venez Olivier Faure, rejoignez-nous sur ce plateau.
00:08Ça a l'info d'énoncer le scandale du périscolaire dans une mairie socialiste.
00:14Vous êtes le premier secrétaire du Parti Socialiste.
00:16Est-ce que vous dites collectivement, nous socialistes, nous avons failli ?
00:22Ce que je vous dis ce soir, c'est que vous avez un maire qui a été élu il y
00:27a quelques semaines,
00:27Emmanuel Grégoire, et qui a fait de ce sujet sa première priorité.
00:32Qu'a-t-il fait ? 150 personnes qui étaient au contact des enfants ont été suspendues
00:38sur la base simplement de ce qui avait été révélé par les enfants ou par leurs parents.
00:43Il a mis en place une commission, une commission indépendante,
00:47qui va travailler sur le sujet, faire en sorte que la transparence soit totalement assurée
00:52et permettre donc de rassurer les parents qui ont des enfants qui sont dans le périscolaire à Paris,
00:57et faire en sorte que ce soit en transparent.
00:58– Pardon, Emmanuel Grégoire ne débarque pas à la mairie de Paris.
01:00– Moi, je vous parle du maire de Paris.
01:02– Il était en charge des ressources humaines.
01:04Les socialistes étaient là avant qu'Emmanuel Grégoire n'arrive à la tête de la mairie de Paris.
01:10Je vous repose la question.
01:11Est-ce que vous avez le sentiment que collectivement, les socialistes,
01:14vous avez pu faillir dans ce dossier ?
01:16C'est un échec pour vous ?
01:18– Écoutez, à chaque fois qu'un enfant est victime, c'est un échec.
01:22C'est un échec dont nous devons prendre la responsabilité,
01:24en tout cas la part qui nous incombe.
01:26est loin de moi l'idée de penser que nous avons tout fait parfaitement et partout.
01:31Simplement, ce que j'observe, c'est qu'il y a ceux qui,
01:33quand ils ont le sentiment de ne pas avoir été suffisamment loin dans leur préconisation,
01:38changent de comportement, et ceux qui au contraire s'obstinent.
01:41Et ce soir, sans doute parlerons-nous de ce qui se passe depuis l'affaire de cette jeune Ilyana.
01:46Et la réalité, c'est que malheureusement,
01:48après un scandale qui est un scandale d'État,
01:51eh bien malheureusement, il n'y a aucun changement qui soit rendu.
01:54– Je vous repose la question, vous parlez d'un scandale d'État,
01:58et on l'entend parfaitement, à propos de la chaîne de dysfonctionnement,
02:03d'erreur, de négligence, et aujourd'hui la mort de l'Ilyana,
02:08et la non-condamnation pour le viol d'autres fillettes.
02:11Parlez-vous de scandale du périscolaire à Paris ?
02:14– Bien sûr, il y a eu un scandale du périscolaire,
02:16parce qu'il est absolument insupportable que des enfants,
02:21ceux que nous avons de plus précieux, les vôtres, les miens…
02:22– Mais alors, je vous pose la question de la responsabilité,
02:24c'est-à-dire que c'est une question qu'on a posée à tous nos invités
02:26et nos interlocuteurs politiques depuis une semaine,
02:28la responsabilité du garde des Sceaux, la responsabilité des juges.
02:31– Est-ce qu'Anne Hidalgo, est-ce qu'aujourd'hui Emel Gagoua
02:35ont une forme de responsabilité dans le fait de n'avoir pas plutôt mesuré,
02:40parce que ça fait des années maintenant,
02:43mesuré à quel point il y avait une faillite systémique,
02:46il y avait une faillite du système ?
02:48– Moi, je crois que dès lors qu'ils ont compris
02:50qu'il y avait une faillite systémique, ils ont agi,
02:54et ils ne se sont pas restés les bras croisés,
02:56ce qui serait là, condamnable totalement.
02:58Et ce que je vous dis, c'est qu'il y a deux types
03:01de comportement, moi je ne dis pas que les hommes
03:03et les femmes politiques sont infaillibles,
03:05personne ne l'est, ni vous, ni moi.
03:07En revanche, il y a deux types de comportement,
03:09il y a ceux qui se remettent en question
03:10dès lors qu'ils ont connaissance d'un phénomène
03:13qui peut être systémique ou individuel,
03:16et à partir de ce moment-là, ils agissent.
03:17Et ce que je vois, ce que j'observe pour la mairie de Paris,
03:20c'est que dès lors qu'il a été compris
03:22qu'il y avait un problème systémique,
03:23il y a eu une action qui a été menée.
03:25– Une question encore sur, même j'allais dire,
03:28la forme de condamnation ou d'écarté,
03:31on dit le mot, ils sont suspendus.
03:35J'ai rencontré, j'ai été même abordée dans la rue
03:38l'autre jour par une maman dont l'enfant
03:41a été victime à l'école Paul Dubois.
03:43C'est l'un des premiers scandales du périscolaire à Paris.
03:46Et elle a réalisé uniquement récemment
03:48que l'animateur qui a violé son enfant,
03:51ou dont son enfant dit qu'il l'a violé,
03:53mais il y a également là des signes médicaux,
03:55comme pour la petite Rosa.
03:57Eh bien en fait, quand on dit suspendu,
03:59ça veut dire qu'il est payé.
04:00En fait, qu'il est payé à rester chez lui.
04:02Que ça fait des années que cet animateur,
04:04il est payé tranquillement par nos impôts.
04:08Suspendu, ça veut dire en réalité,
04:09pour la plupart d'entre eux,
04:11qu'il continue à être payé.
04:12Est-ce que vous trouvez ça juste ?
04:13– Je ne trouve pas ça juste,
04:15mais est-ce que vous trouvez juste le fait
04:17que l'on puisse en réalité condamner des gens
04:19avant la justice ?
04:20Et nous sommes dans un état de droit,
04:22et donc vous comprendrez assez aisément
04:24que tant que quelqu'un n'a pas été condamné,
04:26on ne peut pas en fait considérer
04:28qu'il est définitivement coupable.
04:29Même si les soupçons qui pèsent sur lui
04:31sont évidemment très lourds.
04:33– Il y a des éléments matériels.
04:34– Même si il y a des éléments,
04:34mais enfin, on ne se fait pas justice au même.
04:36Et le maire de Paris,
04:37ou la maire de Paris précédemment,
04:39n'a pas le droit, y compris,
04:41tout simplement,
04:41de considérer que quelqu'un est coupable
04:43sur la base d'un témoignage.
04:44– Ce n'est pas le maire qui fait la justice ?
04:46– Si mon chiffre est exact,
04:48animateurs qui sont suspendus là,
04:49simplement ces derniers mois,
04:50ils sont toujours payés donc ?
04:51– J'imagine, parce que malheureusement,
04:54même si les soupçons pèsent sur eux,
04:57vous ne pouvez pas,
04:57tant que la justice n'a pas procédé à un jugement,
05:01vous ne pouvez pas condamner par vous-même.
05:03Autrement, c'est qu'on décide que désormais,
05:05la justice se fait à la mairie,
05:06se fait sur la tête de télévision,
05:08se fait n'importe où.
05:08La réalité, c'est que l'État de droit,
05:10on doit le défendre,
05:11même quand c'est difficile,
05:12même quand parfois,
05:13il y a des dilemmes,
05:14comme ceux que vous posez ce soir,
05:15et qui sont évidemment très difficiles à comprendre,
05:18parce qu'on se dit,
05:18bon, on sait en réalité que ces gens-là sont coupables,
05:21mais tant qu'ils n'ont pas été jugés,
05:23vous ne pouvez pas, vous-même,
05:24prendre la décision de les licencier,
05:26de les renvoyer,
05:27de les suspendre,
05:28y compris leur traitement.
05:29– Olivier Faure,
05:30le drame vécu par Liana,
05:32le fiasco autour de toute cette affaire,
05:33vous parlez de scandale d'État ce soir,
05:35est-ce que vous faites partie de ceux
05:36qui réclament la démission de Gérald Darmanin,
05:38le ministre de la Justice ?
05:39– Écoutez, dans un premier temps,
05:40j'ai considéré que, en fait,
05:42la démission que l'on demande
05:44de manière récurrente, presque rituelle,
05:47avait quelque chose d'assez ridicule.
05:48Mais j'observe maintenant
05:50quelle est la défense de Gérald Darmanin.
05:52Et là, je me dis que, oui, effectivement,
05:54Gérald Darmanin, désormais, doit démissionner.
05:57Pourquoi ?
05:57Parce qu'il a été ministre de l'Intérieur,
05:59il est ministre de la Justice,
06:02il a été responsable de toute la chaîne pénale.
06:04Et malheureusement, aujourd'hui,
06:07la seule chose qu'il fasse,
06:09c'est en réalité de faire porter
06:11la responsabilité sur les magistrats.
06:13La réalité, c'est que c'est le système
06:15qui est en réalité la cause des dysfonctionnements.
06:18Vous avez là, en fait,
06:22un article qui a été ce soir rendu public
06:24par Mediapart,
06:25autour d'un rapport qui a été rendu
06:29au ministère de la Justice dès 2023.
06:32Je vous lis simplement un attendu.
06:35La mission d'inspection écrit,
06:37ces stocks parlant, en fait,
06:38des affaires qui sont non jugées,
06:41non instruites,
06:42peuvent concerner des faits graves
06:43d'atteinte aux personnes n'ayant fait l'objet
06:45d'aucune investigation depuis plusieurs années,
06:50notamment d'agressions sexuelles et de viols.
06:52Alors, tenez-vous bien
06:53que les auteurs présumés
06:55sont identifiés, voire localisés.
06:58Et donc, quand vous avez ce type de rapport
07:00sur votre bureau, que vous n'agissez pas,
07:02que vous laissez en réalité
07:03les services d'instruction,
07:05les services d'enquête
07:07se paupériser au fur et à mesure
07:08avec des membres de la police judiciaire
07:12qui sont en réalité submergés
07:14par les dossiers,
07:15que vous ne faites rien
07:16pour arriver à faire en sorte
07:17que ces gens-là puissent traiter les dossiers,
07:20mais à un moment,
07:21il faut bien qu'il y ait quelqu'un
07:22qui soit responsable politiquement.
07:23Si encore, il avait dit,
07:24je comprends,
07:25non pas je m'excuse pour les autres,
07:27mais je m'excuse parce que
07:28que je n'ai pas fait mon travail
07:29et que je n'ai pas surveillé.
07:31Il parle de ces directives,
07:32mais savez-vous que
07:33toutes les directives
07:34qui ont été publiées
07:35par Gérald Darmanin
07:35sont chaque fois
07:36au lendemain d'une affaire.
07:38Sur le périscolaire,
07:39c'est au lendemain
07:40du scandale
07:41qui a été révélé par la presse.
07:42Mais Gérald Darmanin,
07:42Emmanuel Macron et d'autres
07:43vous répondent à l'affaire Liana,
07:45la priorité faite
07:46sur les enfants mineurs,
07:47elle est postérieure
07:48à l'affaire Liana.
07:49Comment voulez-vous
07:50que nous ayons un ministre de la Justice
07:51qui nous explique
07:52en réalité
07:53qu'il a tout bien fait ?
07:54La réalité,
07:54c'est qu'il n'en avait
07:55jamais fait une priorité.
07:57Alors oui,
07:58parce qu'il défend aujourd'hui
07:59très mal son dossier
08:00et parce qu'aujourd'hui
08:01il donne le sentiment
08:02de ne pas avoir compris
08:03ce qu'il se passait,
08:04d'être dans un déni
08:05qui est de lui
08:06un déni systématique
08:08pour un problème
08:09qui est lui systémique,
08:10oui,
08:11Gérald Darmanin
08:11devrait démissionner.
08:12Vous dites
08:13qu'ils n'ont rien fait,
08:14Gérald Darmanin,
08:15Emmanuel Macron, etc.
08:16Vous diront
08:16qu'on a augmenté
08:17les moyens de la justice
08:19plus 30%
08:20depuis qu'ils sont arrivés.
08:21Emmanuel Macron dit d'ailleurs
08:22que ça n'est pas
08:23un problème de moyens.
08:24Donc ils avaient les moyens
08:25de faire ce qu'ils auraient dû faire
08:26dans cette affaire-là.
08:27Le problème, pour eux,
08:28il n'est pas là.
08:28Ah oui,
08:29il est où le problème alors ?
08:30Il est par exemple,
08:31on l'a raconté souvent,
08:32il est par exemple
08:33dans le fait d'avoir
08:34entre les mains
08:34une plainte
08:35avec des rapports
08:36d'examens médicaux
08:37qui sont parlants,
08:38des rapports d'examens
08:39psychologiques
08:40qui sont parlants
08:40et qu'avec ces rapports-là
08:42entre les mains,
08:43personne n'a rien fait.
08:45Personne n'a convoqué
08:45ce Gérôme Barré-là.
08:46Eux vous disent,
08:48je dis ce que dit
08:50Gérald Darmanin,
08:51ils vous disent
08:54individuel.
08:55Mais quand vous avez
08:56en réalité des magistrats
08:57ou des policiers instructeurs,
08:59des policiers judiciaires
09:02qui sont submergés
09:04par l'ombre de dossiers,
09:06vous croyez qu'il n'y a rien
09:07qui peut leur échapper ?
09:08Vous pensez que ces gens-là
09:10sont infaillibles ?
09:12La réalité,
09:12c'est que ça a été dit
09:13précédemment par d'autres que moi.
09:15Vous avez en France
09:17moitié moins de juges
09:19que dans la moyenne européenne.
09:21Pour le nombre de procureurs,
09:23c'est quatre fois moins.
09:24C'est six fois moins
09:25qu'en Allemagne.
09:26Nous avons un budget
09:26de la justice
09:27qui est très inférieur
09:27à tous les budgets
09:29de nos voisins européens.
09:31Et donc,
09:31vous considérez là
09:32qu'ils ont fait
09:33complètement le boulot.
09:34Je ne dis pas
09:34que c'est facile,
09:35je ne dis pas
09:36que c'est simple,
09:36mais je dis que
09:37quand on sait
09:38ce qu'il se passe,
09:39quand on sait
09:40diagnostiquer les raisons
09:41de cet échec majeur,
09:44plutôt que de dire
09:45qu'il n'y a pas
09:46de problème,
09:46de moyens,
09:47on a tout fait
09:48ce qu'il fallait,
09:48etc.,
09:49si on ne sait pas
09:49se remettre en cause,
09:50alors les mêmes causes
09:51produiront les mêmes effets
09:52et c'est précisément
09:53ce qu'il ne le faut pas.
09:54une précision
09:55de rectification importante,
09:56vous disiez,
09:57Gérald Darmanin,
09:58ces consignes
10:00face aux crimes
10:00qui concernent
10:01les mineurs
10:02datent d'après
10:03l'affaire Liana,
10:04c'est faux.
10:05Non,
10:05ce n'est pas faux.
10:05la circulaire
10:06dont on parle,
10:07le 27 janvier 2025,
10:08où il demande
10:08de prioriser
10:10les affaires
10:11qui concernent
10:12justement les crimes
10:12et notamment
10:13les crimes sexuels
10:14chez les enfants.
10:15Il a présenté
10:15114 directives
10:17en 17 mois,
10:18deux par semaine.
10:19Alors déjà,
10:20admettez que...
10:21Qui ne sont pas
10:21du même niveau,
10:22etc.
10:22Qui ne sont pas
10:22du même niveau,
10:23c'est vrai,
10:24mais en fait,
10:25avec des mentions
10:25signalées ou très signalées,
10:27et je vous donne
10:28quand même dans le mille,
10:29la circulaire politique
10:31pénale générale
10:32du 27 janvier,
10:33les mineurs victimes
10:35n'y figure qu'en
10:36deux lignes sur cinq pages.
10:37Deux lignes sur cinq pages.
10:39Vous appelez ça
10:39une priorité, vous ?
10:40Pas moi.
10:41Et donc,
10:42ce qui est vrai,
10:43c'est qu'il y a eu
10:43une circulaire du 8 juin,
10:45du 8 juin 2026,
10:47et qui, elle,
10:48est pressée ailleurs
10:49à l'affaire Liana.
10:49C'est donc la raison
10:50pour laquelle je vous dis
10:51qu'il y a une politique
10:52de communication
10:53chez Gérald Darmanin,
10:54mais il n'y a pas
10:54une politique
10:54de garde des Sceaux.
10:56Et c'est la raison
10:56pour laquelle,
10:57plutôt que de chercher
10:58à se sauver,
10:59il devrait chercher
10:59à sauver nos enfants.
11:00C'est ça que je lui reproche.
11:02Parce qu'aujourd'hui,
11:03on voit bien que sa défense
11:04est exclusivement
11:05une défense
11:05qui est liée
11:06à sa propre fonction
11:07ministérielle,
11:08mais absolument pas
11:09au traitement des cas
11:10qui sont devant nous.
11:11Et malheureusement,
11:12moi, je ne veux pas
11:13qu'on puisse dire
11:14voilà, il y a eu Liana
11:15et puis il y aura
11:16une autre Liana
11:17la semaine prochaine
11:17et puis le mois prochain
11:18parce que nous n'avons
11:19rien fait et rien compris
11:20de ce qu'il se passait.
11:21Donc oui,
11:22nous avons un problème
11:23aujourd'hui dans la justice
11:24parce qu'il n'y a pas
11:25suffisamment de moyens.
11:26C'est la préhistoire,
11:27y compris sur les moyens
11:28informatiques.
11:29Est-ce que c'est une question
11:30de moyens ?
11:31On a parlé des fichiers,
11:32on a parlé effectivement
11:33du nombre de greffiers
11:34ou est-ce que c'est aussi
11:34un problème de,
11:35j'allais dire presque
11:36de philosophie,
11:37de rapport à la peine,
11:39de qu'est-ce qu'on fait
11:40par exemple ?
11:41Je vous pose la question
11:41et on l'a posée
11:42aux autres personnes
11:43que nous avions face à nous.
11:45Qu'est-ce qu'on fait
11:46de ces pédocriminels ?
11:47C'est-à-dire que
11:47est-ce que vous considérez
11:48que la peine,
11:50la prison,
11:50c'est une manière aussi
11:51de réinsérer
11:52avec la possibilité
11:53pour des pédocriminels
11:54une fois qu'ils ont purgé
11:55et leur peine
11:56de retrouver la société.
11:58Est-ce qu'il faut au contraire
11:59qu'ils soient ensuite fichés,
12:01voire même,
12:01comme le propose Sarah Knafow,
12:03de faire comme en Grande-Bretagne
12:04ou en Pologne,
12:04c'est-à-dire que ces fichés
12:05soient publics,
12:06qu'on puisse savoir
12:07s'il y a un pédocriminel
12:08dans notre rue,
12:10à l'école de nos enfants.
12:12Bref,
12:13qu'est-ce qu'on fait ?
12:13Est-ce que vous donnez une chance,
12:14est-ce que vous acceptez
12:15de donner une seconde chance
12:16à des pédocriminels
12:17ou pas ?
12:19Parlons plus largement
12:20des violences sexistes
12:21et sexuelles.
12:22J'ai entendu ce que disait
12:23Sarah Knafow
12:23qui parle même
12:24d'avoir un fichier
12:26de toutes celles et ceux
12:27qui sont soupçonnés
12:28d'avoir commis
12:29des actes d'agression
12:31ou de viol.
12:32Mais est-ce qu'elle imagine
12:34simplement ce que ça donnerait ?
12:36Éric Zemmour serait sur le fichier.
12:38Éric Zemmour serait sur le fichier.
12:39Je vous rappelle
12:40qu'il a lui-même été accusé
12:41publiquement par 9 ou 10 femmes
12:43d'agression sexuelle.
12:45Et donc,
12:45il n'a jamais été condamné.
12:46On va être tout à fait précise.
12:47Il n'a jamais été condamné.
12:48Elle dit,
12:49c'est public,
12:49s'il y a condamnation,
12:51en revanche,
12:51il y a un fichier
12:52qui devrait être accessible
12:54par la police et la justice
12:55s'il y a soupçon.
12:56S'il y a soupçon.
12:57Et même,
12:57je crois avoir compris
12:58que pour les employeurs,
12:59c'était sur la base du soupçon
12:59qu'on pouvait effectivement
13:01transmettre ces noms.
13:02Si ce sont des employeurs d'enfants.
13:03Si ce sont des employeurs
13:04où il y a un contact
13:05avec les enfants.
13:06Oui, contact avec les enfants.
13:07Moi, je suis pour que,
13:08je vais être très clair,
13:10moi, je suis pour qu'il y ait
13:10un fichier
13:11qui soit transmis
13:13aux employeurs éventuels
13:14dès lors qu'ils sont
13:15dans un service public
13:16ou qu'il y a
13:17un contact avec le public
13:19pour qu'il y ait
13:19la possibilité pour les employeurs
13:21de savoir à qui ils s'adressent
13:22et de savoir qui ils emploient.
13:24Par ailleurs,
13:25pour tous les employeurs
13:26qui, aujourd'hui,
13:27attendent peut-être
13:28des changements
13:29du côté de la loi,
13:30ils peuvent,
13:31dès à présent,
13:32introduire dans leur contrat
13:33de travail
13:33des clauses de moralité
13:34qui font que,
13:35dès lors qu'ils ont connaissance
13:36de faits,
13:37eh bien,
13:37ils puissent effectivement
13:38les licencier.
13:39Olivier Faure,
13:39l'une des questions
13:40que l'on pose...
13:40Sur la castration chimique,
13:41puisque c'était la question posée.
13:43Non ?
13:43Allez-y, vous êtes pour,
13:44non ?
13:45Vous aurez compris que,
13:47là, on est dans
13:47l'effet d'annonce totale.
13:49En fait, Bruno Retailleau
13:50dit ça,
13:50mais il sait très bien
13:51que c'est impossible.
13:52Pourquoi ?
13:53Parce que c'est sur la base
13:54du volontariat.
13:55Non, non, justement,
13:56il veut lever le volontariat.
13:56Oui, il veut lever le volontariat.
13:57Mais comment il fait ?
13:59C'est ce que je lui posais comme ça.
14:00Il ne vous a pas répondu.
14:01Est-ce que vous l'obligez
14:01à prendre la pilule ?
14:02Il ne vous a pas répondu
14:02parce que, précisément,
14:03il ne sait pas comment on fait.
14:04Moi, ce que je vous dis,
14:05c'est que, par exemple,
14:06il y a une autre possibilité,
14:07qui n'est pas la castration chimique,
14:08mais qui est le bracelet électronique.
14:10Dans l'exécution de la peine
14:12au lendemain de la sortie de prison,
14:13on peut très bien considérer
14:14qu'il y a des bracelets
14:15anti-rapprochement
14:16où on ne peut pas s'approcher
14:17d'une école,
14:18on ne peut pas s'approcher
14:18d'une crèche,
14:18on ne peut pas s'approcher.
14:19Bien sûr qu'il y a des mesures
14:20qui sont possibles,
14:21y compris techniquement.
14:22Olivier Faure,
14:23notre premier invité tout à l'heure,
14:24vous le citiez,
14:24c'était Bruno Retailleau.
14:25On parle d'autorité aussi ce soir.
14:28Bruno Retailleau,
14:28notamment face aux images du PSG,
14:30des violences après le match du PSG,
14:33face à cet exemple et à d'autres,
14:34vous accuse.
14:35Accuse la gauche.
14:36La culture de l'excuse.
14:37Il dit c'est vous.
14:38C'est vous, c'est la gauche
14:39qui a créé ce désordre-là en France
14:41en excusant un certain nombre
14:43de délinquants,
14:44en ne les envoyant pas en prison,
14:45en faisant tout justement
14:46pour éviter de les envoyer en prison.
14:47C'est ce qu'il disait tout à l'heure.
14:48Qu'est-ce que vous lui répondez
14:49à Bruno Retailleau ?
14:51Est-ce que vraiment
14:52je dois lui répondre ?
14:53Est-ce que vous croyez
14:55que ce soir je vous donne
14:55le sentiment d'être quelqu'un
14:56qui souhaite que les délinquants
14:58se baladent,
14:59que les pédocriminels
15:00continuent leurs agissements,
15:01que rien de tout cela n'est vrai ?
15:03Évidemment.
15:04La réalité, c'est que
15:05si on parle d'autorité
15:07et si on parle y compris
15:08des événements qui ont eu lieu
15:10après les débordements
15:12et les émeutes urbaines
15:14qui ont suivi la victoire du PSG.
15:17Mais là encore,
15:19on sait traiter ces questions-là.
15:21Mais il y a une impréparation totale
15:24de la part de l'État.
15:25Vous avez là une improvisation totale.
15:27Ce soir-là, en fait,
15:28on sait que le PSG peut gagner
15:30et qu'ils gagnent ou qu'ils perdent,
15:31il peut y avoir des exactions.
15:33Mais la mairie de Paris a demandé
15:34à ce qu'il y ait une fanzone.
15:35Pourquoi ?
15:36Non pas que les gens
15:37qui sont dans la fanzone
15:38soient justement ceux
15:39qui viennent pour casser,
15:40mais précisément pour pouvoir
15:41faire le tri entre ceux
15:42qui viennent pour supporter
15:43une équipe,
15:44qui viennent finalement
15:46faire exploser leur joie
15:47dans un lieu qui est déterminé,
15:49et puis ceux qui viennent
15:49pour casser.
15:50Il n'y a pas eu de fanzone.
15:52Moi, j'espère que pour la Coupe du Monde
15:54qui commence,
15:54on va quand même se poser des questions,
15:56que les élus locaux
15:57vont être eux-mêmes interpellés,
15:59qu'on va pouvoir travailler avec eux
16:01et faire en sorte
16:01que l'Intérieur,
16:03le ministère de l'Intérieur
16:04puisse travailler
16:04avec toutes les mairies de France
16:06pour qu'ils aient la possibilité
16:07de savoir comment
16:08ils vont gérer ensemble
16:09les mouvements de foule.
16:10C'est une loi.
16:10Il dit qu'aujourd'hui,
16:11quand vous cassez un abribus,
16:13quand vous détériorez des biens,
16:15finalement, à la fin,
16:16personne ne paye vraiment.
16:18Il dit que jusqu'en 1981,
16:20il y avait une loi
16:20qui était une loi
16:21d'une sorte de solidarité collective
16:23vis-à-vis.
16:24On prenait...
16:25Solidarité entre casseurs.
16:26Voilà.
16:26On prenait les vins
16:27qui étaient sur place
16:28à ce moment-là
16:28et en fait,
16:29ils se partageaient la facture
16:30plutôt que ce ne soit
16:30aux habitants de la ville
16:32de les payer.
16:33Il dit, mais ça,
16:34c'est typiquement un exemple,
16:34c'est la gauche en 1981
16:36qui a supprimé
16:37cette possibilité-là.
16:38Est-ce que vous vous dites
16:39que c'est une bonne chose
16:39de l'avoir supprimé ?
16:40Bien sûr.
16:41Aujourd'hui, les abribus,
16:41par exemple, cassés ce soir-là,
16:43ils sont payés
16:43par tous les contribuables.
16:44Mais ça, ce n'est pas bien.
16:45Mais je vais vous répondre.
16:47Pardon, mais on fait quoi ?
16:48Si ce n'est pas les casseurs
16:49qui payent,
16:50c'est les contribuables qui payent.
16:50Là, ce n'est pas les casseurs
16:51qui payent.
16:51Là, vous dites,
16:52en fait, on nace des gens
16:53et puis au hasard,
16:56on prend une tribune entière
16:58dans un stade de foot
17:00et puis on dit,
17:00c'est la tribune qui paye.
17:01Non, mais enfin,
17:02il faut arrêter des conneries.
17:03Pardon, mais enfin,
17:04il y a un moment
17:05où il faut quand même...
17:06Enfin, le principe même
17:07du droit pénal,
17:08c'est l'individualisation
17:09de la peine.
17:10Là, vous dites,
17:10on tape dans le paquet
17:11et puis on verra bien.
17:13Le problème aujourd'hui
17:14de ceux qui maintiennent l'ordre,
17:15c'est qu'ils ont une logique
17:16qui est une logique
17:17d'interpellation.
17:18On interpelle le plus
17:18grand nombre possible.
17:19Vous savez combien il y a
17:20d'interpellations
17:21qui se traduisent ensuite
17:22par de vraies actions
17:22en justice ?
17:23Très peu.
17:24Pourquoi ?
17:25Parce qu'en réalité,
17:26ils tapent dans le tas
17:27et puis rien n'est instruit.
17:29Il n'y a pas de documents
17:29qui permettent...
17:30Les procès-verbaux
17:31sont faits à la hâte.
17:32On n'a aucun élément de preuve
17:33et donc tout ce beau monde
17:35ressort aussi sec.
17:36Qu'est-ce qui se passe
17:36chez nos voisins britanniques ?
17:38Ça ne se passe pas du tout
17:39de la même façon.
17:39Oui, mais ça se passe...
17:40Non, mais là,
17:41vous voulez un bon exemple.
17:42Les Britanniques,
17:42qu'est-ce qu'ils font ?
17:43Ben, eux,
17:44ils ne sont pas à chercher
17:45à taper en le tas
17:45le soir même de l'événement.
17:47Ce qu'ils font,
17:48c'est qu'ils vont tracer
17:49en fait des gens
17:50qui sont peut-être masqués
17:52au moment où ils rentrent
17:53dans le magasin
17:53en ayant cassé la vitrine.
17:55Mais enfin,
17:55ces gens-là,
17:56ils repartent dans la rue,
17:57on les suit par les caméras,
17:59ils vont dans le métro,
18:00ils rentrent chez eux.
18:01On sait exactement
18:02identifier ces gens-là
18:03et parfois,
18:04ça prend deux ans
18:04mais ces gens-là
18:05sont retrouvés
18:05et on est là
18:06sur l'impunité zéro.
18:07Eh bien, écoutez,
18:08moi, je préfère des gens
18:09qui sanctionnent
18:10ceux qui sont vraiment coupables
18:11plutôt que de sanctionner
18:12à l'aveugle,
18:13y compris des gens
18:14qui sont innocents.
18:15Ça, ce n'est pas de la politique.
18:15Merci, Olivier Format.
Commentaires

Recommandations

BFM
il y a 1 heure