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Mission d’information sur l’intelligence artificielle : M. Philippe Baptiste, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace

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00:00:01Merci.
00:00:30Merci.
00:01:01Merci.
00:01:30Merci.
00:02:00Merci.
00:02:35Merci.
00:03:00Merci.
00:03:32Merci.
00:03:33On a le temps de reposer le micro.
00:03:37Je parle avec le micro ?
00:03:40Bonjour, monsieur le président.
00:03:41Monsieur le président.
00:04:00Merci.
00:04:30Merci.
00:05:00Merci.
00:05:37Merci.
00:06:00Merci.
00:06:33Merci.
00:07:06Merci.
00:07:30Merci.
00:08:00Merci.
00:08:30Merci.
00:09:01Merci.
00:09:02Merci.
00:09:04Merci.
00:09:05Merci.
00:09:05Bonjour, Monsieur le Président.
00:09:08Bonjour, Monsieur le Ministre.
00:09:09Comment allez-vous ?
00:09:24Bien.
00:09:24Nous pouvons démarrer, donc ?
00:09:26C'est parfait.
00:09:29C'est bien.
00:09:30Nous avons deux ministres dans la salle.
00:09:31C'est quelqu'un de...
00:09:32On démarre.
00:09:33On démarre.
00:09:34Oui, bon, très bien.
00:09:35Merci beaucoup.
00:09:36Bien.
00:09:38Alors, attendez.
00:09:38Je n'ai pas l'écran complètement.
00:09:42Voilà.
00:09:43Bien, Monsieur le Ministre, bonjour à nouveau.
00:09:47Et puis, pardonnez-moi de communiquer avec vous à distance,
00:09:50mais j'étais à une cérémonie patriotique en circonscription
00:09:53et je n'avais pas le temps matériel de rentrer à Paris.
00:09:54Donc, j'ai choisi ce mode très pratique de communication
00:09:59pour présider l'audition.
00:10:02Bien.
00:10:02Mes chers collègues, nous poursuivons les travaux de notre mission.
00:10:06Tout le monde m'entend ?
00:10:07Ça va ?
00:10:08Pas beaucoup.
00:10:09On m'entend ?
00:10:10Pas beaucoup ?
00:10:11Oui.
00:10:12Je suis d'accord aussi.
00:10:15Alors, les services techniques sont en train d'essayer de monter le volume.
00:10:19Bon, très bien parce que je ne chuchote pas mon propos.
00:10:27Vous me dites quand c'est bon.
00:10:36On va refaire un test.
00:10:38Allez-y, Monsieur Fudeau.
00:10:39On va refaire un test.
00:10:40Oui, bonjour à tous.
00:10:41Est-ce que vous m'entendez ?
00:10:43M'entend-on, comme dirait Lacan ?
00:10:45C'est bien.
00:10:45Oui.
00:10:46Merci.
00:10:47Bon, c'est bien.
00:10:48Parfait.
00:10:48Donc, je reprends ce que je vous disais, Monsieur le Ministre.
00:10:51Je suis désolé d'être à distance, mais je sors d'une sérémonie patriotique
00:10:54et je n'avais pas le temps en matériel de rentrer à Paris.
00:10:56Donc, j'ai choisi la visioconférence.
00:11:00Alors, chers collègues, nous poursuivons aujourd'hui les travaux
00:11:02de notre mission d'information, création, diffusion et acquisition des connaissances.
00:11:07Comment l'intelligence artificielle transforme notre culture et notre éducation.
00:11:13Nous avons la chance d'auditionner aujourd'hui Monsieur Philippe Baptiste,
00:11:17ministre de l'Enseignement supérieur de la Recherche et de l'Espace.
00:11:20Nous vous remercions, Monsieur le Ministre, d'avoir accepté cette audition
00:11:22qui sera d'ailleurs la dernière ou l'une des dernières de notre mission d'information.
00:11:29Après de nous être intéressés aux effets de l'IA sur notre culture,
00:11:31nous avons abordé ses conséquences, ses effets sur l'enseignement scolaire
00:11:35et sur l'enseignement supérieur.
00:11:36Les différentes auditions que nous avons menées nous ont permis
00:11:39de prendre la mesure des bouleversements à l'œuvre.
00:11:42Comme ont pu le confirmer les services du ministère
00:11:45que nous avons récemment auditionné, je pense à la DGCIP en particulier,
00:11:49ainsi que divers représentants d'universités et de grandes écoles,
00:11:53l'IA générative s'est invitée dans les usages des étudiants
00:11:56et y est désormais solidement ancrée, sans retour en arrière possible.
00:12:01Cette génération soudaine de l'IA,
00:12:03cette généralisation soudaine, interroge en profondeur le fonctionnement de l'université selon nous.
00:12:09Quelle place pour l'enseignant alors que chaque étudiant dispose d'un potentiel mentor individuel,
00:12:14d'un précepteur presque, dans son ordinateur ?
00:12:17Et vous avez sûrement entendu parler ou lu le livre
00:12:22intitulé « Ne faites plus d'études » de M. Alexandre qui considère qu'on peut se passer de l
00:12:28'université.
00:12:28Ce qui est une provocation sans doute, mais enfin c'est intéressant quand même.
00:12:32Quelle modalité d'évaluation pour les étudiants alors que l'IA peut produire en quelques minutes
00:12:37un mémoire universitaire, voire une thèse de haut niveau ?
00:12:41Avec Claude, c'est parfaitement possible.
00:12:44Si nous avons évidemment affaire à des opportunités en termes d'accès au savoir
00:12:47et au renforcement des apprentissages, l'IA fait également courir des risques,
00:12:51notamment pour la motivation et l'engagement des étudiants.
00:12:54A ce jour, l'usage de l'IA est essentiellement régulé par des chartes établies par les universités.
00:13:01Quel regard portez-vous sur ce type de pratique ?
00:13:04Quelle est votre conception du rôle du ministère alors que ces technologies évoluent rapidement,
00:13:09rendant difficile une appréhension figée par les pouvoirs publics ?
00:13:12Enfin, et c'est un sujet que nous avons moins abordé au cours de nos auditions,
00:13:17il nous serait utile d'avoir votre point de vue sur les effets que nous imaginons bénéfiques de l'IA
00:13:22dans le domaine de la recherche ?
00:13:24Quelles opportunités offre-t-elle et à quelles conditions ?
00:13:27Monsieur le ministre, je vous cède la parole pour un propos introductif.
00:13:32Puis, dans un second temps, Madame la rapporteure, Madame Calvez,
00:13:35vous posera les questions qu'elle a préparées à votre attention.
00:13:37Monsieur le ministre, vous avez la parole.
00:13:41Merci, merci Monsieur le Président.
00:13:44Merci beaucoup pour ces propos introductifs.
00:13:48Monsieur le Président, Madame le rapporteur,
00:13:51Mesdames et Messieurs les députés.
00:13:53Au début des années 70,
00:13:56quelques chercheurs utilisaient la puissance des ordinateurs de calcul.
00:14:00Nous étions au temps des cartes perforées.
00:14:03Une décennie plus tard, les ordinateurs personnels faisaient leur introduction
00:14:08et tout cela a changé.
00:14:10Je ne vais pas faire toute l'histoire, mais tout cela a changé radicalement
00:14:13des sujets en particulier autour de l'ingénierie.
00:14:16C'est probablement le premier des secteurs qui a été directement touché.
00:14:21Cela n'a pas forcément radicalement bouleversé les mathématiques, la médecine ou le droit.
00:14:27Les règles mathématiques sont les mêmes, le corps humain n'a pas radicalement changé
00:14:30et la fabrique du droit reste largement la même.
00:14:33Mais y a-t-il pour autant un mathématicien, un médecin ou un avocat
00:14:39qui pratique de la même manière qu'avant l'avènement de l'ordinateur personnel ?
00:14:44La réponse est évidemment non, la question ne se pose pas.
00:14:47Ces métamorphoses du quotidien sont venues percuter tous nos usages.
00:14:52La recherche et l'enseignement sont en première ligne de pareilles transformations
00:14:55car ils ont vocation à préparer l'avenir et singulièrement à nous préparer à l'avenir
00:15:01parce que les chercheurs et les étudiants sont, pour des raisons différentes,
00:15:05susceptibles d'être parmi les premiers usagers de ces nouvelles technologies.
00:15:08Et je reviendrai dessus sur les chercheurs dans les laboratoires qui utilisent l'IA
00:15:13et qui sont très précurseurs là-dessus aujourd'hui.
00:15:17Et dernier point, c'est pourquoi, de même qu'ils étaient hier aux avant-postes
00:15:22de la transformation du numérique, aujourd'hui, recherche et enseignement supérieur
00:15:27sont au cœur de la révolution de l'IA.
00:15:29Cela ne veut pas dire qu'on doit être passif et, peut-être juste pour dire,
00:15:35c'est que la réalité, c'est que nous savons aujourd'hui assez peu,
00:15:38je pense qu'il faut être assez modeste, c'est que nous en savons assez peu
00:15:41sur les effets à moyen et à long terme de l'IA
00:15:43et sur la capacité et les modèles d'apprentissage.
00:15:47Je me garderai donc, et pardon, peut-être que mes propos ne seront pas assez tranchants
00:15:52et vous me le pardonnerez, mais je pense que ce souci de modestie
00:15:57dans la pensée et dans l'impact de ce qu'il y a sur nos développements
00:16:03me semble être essentiel.
00:16:04Je ne sais pas ce qui va devenir aujourd'hui.
00:16:06On sent bien qu'on est à l'aune d'un bouleversement qui est un bouleversement
00:16:10qui est probablement très important.
00:16:14Les jugements à leur porte-pièce disant qu'il ne faut plus d'université ou plus d'école
00:16:18et que l'IA demain remplacera tout ça et qu'il faut oublier et révolutionner
00:16:22complètement les pratiques pédagogiques, etc.
00:16:25Pardonnez-moi d'être peut-être un petit peu conservateur sur ce point-là,
00:16:28mais je prendrai ça avec quand même beaucoup de précautions et beaucoup de recul.
00:16:32Si je reviens à mon propos libinaire parce que je suis en train de m'égarer,
00:16:35je ne voudrais pas revenir sur l'histoire de l'intelligence artificielle
00:16:38ni sur les travaux pionniers d'Alain Turing, mais en revanche,
00:16:41il me semble important de rappeler que le terme « IA » est aujourd'hui
00:16:44utilisé dans des sens très différents.
00:16:46A l'origine, il désigne un ensemble de fonctions
00:16:50capables d'imiter certaines formes de cognition humaine
00:16:53comme l'apprentissage, le raisonnement ou la prise de décisions.
00:16:56Mais son usage s'est considérablement élargi pour couvrir aujourd'hui
00:17:01quasiment toute une part ou une grande partie du champ du numérique
00:17:06ou de l'informatique.
00:17:07Le mot est devenu à la fois un concept scientifique
00:17:10mais parallèlement un argument marketing ou un sujet de débat politique
00:17:14sans qu'il soit toujours bien construit.
00:17:17Très souvent, il remplace le terme « logiciel » ou « algorithme » ou « automatisation »
00:17:21qui serait probablement plus approprié.
00:17:24Je ne voudrais pas revenir, évidemment,
00:17:27et m'amuser à redistinguer de manière pédante
00:17:31les différents morceaux qui relèveraient véritablement
00:17:34de l'intelligence artificielle versus les autres
00:17:36parce que, de toute façon, aujourd'hui,
00:17:38ce mot est un mot qui est un peu valise
00:17:40et aujourd'hui est utilisé par tout le monde.
00:17:42Il ne sert à rien d'aller gloser sur l'histoire.
00:17:46On doit le prendre comme ça.
00:17:47Mais je voulais quand même le rappeler.
00:17:49Je voudrais aussi dire que, quand même,
00:17:50derrière l'intelligence artificielle, il n'y a pas de magie.
00:17:53L'IA repose sur trois concepts scientifiques.
00:17:58Le premier, c'est que pour faire de l'IA, il faut des maths.
00:18:02Il faut, en particulier, des techniques d'optimisation.
00:18:06Deuxièmement, des statistiques.
00:18:08Et troisièmement, de l'algorithmique
00:18:10pour pouvoir transformer les théorèmes de maths et de stats
00:18:14en des algorithmes, des codes qu'on peut mettre dans des machines.
00:18:19Donc, derrière, il y a trois piliers scientifiques.
00:18:21Les maths, les stats, l'algorithmique.
00:18:24Et puis, à côté de ça, pour rendre ça opérant, on a besoin de puissance de calcul, évidemment.
00:18:30Ça, c'est absolument fondamental.
00:18:32Et donc aussi d'énergie, etc.
00:18:34Et puis, de puissance de stockage.
00:18:35Donc, on a besoin à la fois de sciences extrêmement fondamentales,
00:18:39mais aussi, évidemment, d'infrastructures qui sont des infrastructures qui sont importantes.
00:18:44Et alors, au risque de digresser un instant, je voudrais rappeler que,
00:18:47évidemment, aujourd'hui, en France, on a quand même une chance extraordinaire.
00:18:50Enfin, deux chances extraordinaires.
00:18:52On a une école de maths qui est excellente.
00:18:54On a aussi une école d'algorithmique et d'informatique qui est très solide.
00:18:59Et puis, à côté de ça, on a aussi, en particulier grâce à notre énergie, une carte à jouer
00:19:03qui est une carte à jouer extrêmement forte autour, justement, des data centers
00:19:07et notre capacité à attirer des investissements grâce au nucléaire, grâce au mix énergétique
00:19:12qui est stable et relativement peu cher.
00:19:14On a une carte à jouer qui est extrêmement forte.
00:19:16Donc, il faut, évidemment, que la France joue la carte de l'IA, mais je m'éloigne un tout petit
00:19:20peu du sujet.
00:19:22En ce qui concerne l'information, quelques principes me semblent essentiels.
00:19:26La rapidité extrême de l'adoption de certains usages de l'IA, en particulier les grands modèles de langage,
00:19:33a eu pour effet de susciter des réactions parfois assez défensives sur le sujet.
00:19:40Évidemment, il y a la question de la détection et de la prévention de la fraude,
00:19:44voire du plagiat quand on parle de science, et ça fait l'objet de nombreuses réflexions.
00:19:48C'est absolument nécessaire, c'est évident.
00:19:52On ne peut pas, évidemment, réfléchir à ce que c'est qu'un enseignement
00:19:55si on ne réfléchit pas à la validation, aux méthodes de validation des compétences.
00:19:59Et donc, évidemment, il faut lutter contre la fraude.
00:20:01C'est absolument indispensable.
00:20:04Mais il faut aussi dire que nos étudiants doivent être formés en intelligence artificielle,
00:20:08c'est-à-dire qu'ils doivent comprendre le fonctionnement, les atouts, mais aussi les limites de ces outils.
00:20:12Et je voudrais insister sur le fait que cette formation, la facilité serait de se dire,
00:20:18finalement, on pourra donner une formation en IA aux étudiants qui font des sciences.
00:20:23Je ne crois pas. Je crois qu'il faut aller avoir, être beaucoup plus ambitieux que ça.
00:20:32J'ai eu moi-même, c'était l'an dernier, j'allais faire des petits cours que j'avais volés
00:20:37à des collègues,
00:20:38avec leur assentiment, dans des lycées pas très loin en Ile-de-France,
00:20:44où je suis allé parler d'intelligence artificielle et où je suis allé présenter
00:20:48quelques méthodes de reconnaissance automatique de caractère à des lycéens qui étaient des lycéens en première.
00:20:53Donc il y avait un bagage scientifique qui était celui d'un élève de première,
00:20:57c'est-à-dire assez modeste.
00:20:59Et on peut présenter des concepts.
00:21:01On ne va pas présenter tous les concepts, mais on peut présenter des concepts.
00:21:05Et au travers de ces concepts, d'abord, enlever le côté magique de ce qu'est l'intelligence artificielle aujourd
00:21:10'hui,
00:21:11essayer d'expliquer un petit peu comment ça fonctionne, qu'est-ce qu'il y a derrière.
00:21:16Et puis, c'est absolument fondamental.
00:21:19Moi, je le crois profondément.
00:21:20Nous vivons dans un siècle qui est un siècle éminemment scientifique et technologique.
00:21:25L'IA n'est qu'un des reflets.
00:21:28Et je pense qu'on doit donner à tous les jeunes, y compris au lycée,
00:21:31et pardon parce que je sors un petit peu de mon périmètre ministériel,
00:21:34mais le ministre de l'Éducation nationale me pardonnera,
00:21:37je suis convaincu qu'il faut leur donner les outils pour comprendre ce monde
00:21:41et pas simplement aux élèves de sciences uniquement.
00:21:45Et ça, c'est vrai aussi à l'université.
00:21:49Voilà.
00:21:50Et puis, il y a des supports qui existent,
00:21:52que ce soit la plateforme PIX dans les ressources de France Université Numérique
00:21:55ou d'autres qui sont mises à disposition des spécialistes du domaine.
00:22:01Par ailleurs, les étudiants doivent pouvoir se poser une question qui, je crois, est fondamentale
00:22:07et probablement on n'aborde pas de manière assez systématique encore à l'université.
00:22:11Et quand je dis à l'université, je prends l'université dans un sens général en premier cycle.
00:22:15Enfin, c'est vrai parce qu'on doit se la poser aussi bien à l'université en BTS, en classe
00:22:19prépa, partout.
00:22:20Qu'est-ce que, en temps des écoles, qu'est-ce que l'IA va changer au métier auquel je
00:22:25suis en train de me préparer ?
00:22:27Et c'est une question qui est abyssale parce que la réponse, c'est j'en sais rien,
00:22:32puisque la vérité, c'est que la plupart du temps, les évolutions sont d'une rapidité telle qu'il est
00:22:37très difficile d'amener des réponses aujourd'hui.
00:22:40Mais cette question, elle est essentielle et je crois qu'il faut avoir ce débat avec les enseignants, discipline par
00:22:47discipline,
00:22:48formation par formation, pour discuter avec les élèves et les accompagner dans cette démarche.
00:22:53Encore une fois, avec humilité, parce qu'il ne s'agit pas de donner des réponses définitives, vu la vitesse
00:22:58à laquelle ces technologies, aujourd'hui, évoluent.
00:23:01Mais faire que, comme certains qui voudraient faire que l'IA n'existe pas et que l'intelligence artificielle serait
00:23:09un nuage qui,
00:23:10comme un nuage bien connu d'il y a quelques années, s'arrêterait aux frontières de l'Hexagone,
00:23:14eh bien non, ce n'est pas comme ça que ça marche.
00:23:17Ce n'est pas vrai, donc on ne peut pas fermer les yeux.
00:23:20Bien sûr qu'il faut vivre avec.
00:23:23Un sujet qui est central, qu'on a très rapidement abordé, c'est celui de l'évaluation.
00:23:26Le travail est déjà en cours dans de nombreux établissements.
00:23:29Nos modèles traditionnels d'évaluation sont secoués.
00:23:33Et moi, je crois profondément qu'il faut avoir une double approche,
00:23:37c'est-à-dire probablement avoir des temps sans intelligence artificielle,
00:23:41c'est-à-dire des temps où, effectivement, on va avoir une formation qui est montrée qu'en fait,
00:23:47on a un individu qui est capable d'autonomie, qui est capable de travailler en autonomie sur son sujet,
00:23:53sans s'appuyer sur une béquille ou un levier pour le rendre plus valorisant que pourrait être l'intelligence artificielle.
00:24:00Et puis d'autres temps où on doit montrer qu'il est capable de mobiliser aussi ses connaissances fondamentales et
00:24:06ses compétences
00:24:08pour utiliser au mieux les outils d'IA d'aujourd'hui.
00:24:11Parce que, enfin, il me semble, et moi c'est mon expérience, et je pense que c'est l'expérience
00:24:14de vous tous,
00:24:15nous avons tous utilisé l'intelligence artificielle, peut-être même monsieur le député, pour faire une QAG.
00:24:21Je dis ça à tout hasard, il n'y a aucune malice dans mon propos.
00:24:30En fait, l'outil est d'autant plus efficace qu'on sait le questionner et le reprendre et mobiliser ses
00:24:39propres connaissances,
00:24:41savoir où on veut aller et le guider et le pousser, et c'est comme ça qu'on en obtient
00:24:45le meilleur.
00:24:46Et donc ça, je pense qu'il faut aussi préparer les étudiants à ce type d'évaluation.
00:24:50Un dernier enjeu concerne l'accès aux outils d'IA.
00:24:53Et sans choix politique assumé, l'IA risque d'accroître les inégalités entre étudiants et entre établissements.
00:24:59Ceux qui auront accès à des outils performants, puis ceux qui seront relégués à des outils un petit peu d
00:25:04'ordre d'eux.
00:25:05Et je pense qu'il faut être très vigilant à ça.
00:25:07Un mot, enfin, sur la recherche.
00:25:09L'intelligence artificielle est déjà partout, il suffit de regarder la liste des lauréats des derniers Nobel.
00:25:14L'IA intervient déjà massivement dans la recherche aujourd'hui.
00:25:18Il y a des pans entiers dans les sciences expérimentales des travaux des étudiants qui aujourd'hui sont considérablement raccourcis.
00:25:25Mais quand je dis raccourcis, c'est gigantesque.
00:25:27Revue de littérature, analyse de données, simulation, génération d'hypothèses, conception d'expérience, analyse d'imagerie.
00:25:37Enfin, tous les sujets sont aujourd'hui touchés.
00:25:42Je dois vous dire, même si je ne peux pas me revendiquer comme chercheur aujourd'hui parce que ça fait
00:25:48quelques années que je n'ai pas publié,
00:25:50il m'arrive encore de temps en temps d'avoir des questionnements et de revenir à mes vieux démons.
00:25:55Et quand il y a quelques mois encore, j'ai voulu tester une ou deux hypothèses, il m'est arrivé
00:26:01d'utiliser, de mobiliser des outils pour générer du code et tester quelques hypothèses.
00:26:08Et j'ai pu faire en quelques heures un travail qui m'aurait pris probablement plusieurs semaines, voire plusieurs mois
00:26:13comme chercheur il y a quelques années.
00:26:15C'est vraiment un outil extraordinaire si on sait bien l'utiliser.
00:26:21La France ne peut pas rester en marge de ce phénomène. Elle est déjà pleinement engagée.
00:26:25La recherche est bien au cœur de la stratégie pour l'IA portée par le Président de la République.
00:26:29La France s'est dotée de neuf clusters IA qui réunissent la recherche de très hauts niveaux et des enseignements
00:26:34de pointe.
00:26:35Nous disposons aussi de capacités de calcul hors du commun avec Jean Zé et Alice Recoque,
00:26:40deux supercalculateurs qui sont des atouts considérables pour nourrir la recherche.
00:26:44Alors pas que pour l'IA, aussi pour tous les gens qui font de la modélisation et de la simulation,
00:26:48mais qu'on peut aussi mobiliser pour l'IA.
00:26:51Nous avons, je crois, des atouts et des appuis solides, mais il faut évidemment maintenir l'effort et en particulier
00:26:57l'investissement.
00:26:58Le dernier point, c'est que comme toute organisation, nous avons évidemment, je parle là de l'administration et de
00:27:06la bonne organisation à la fois des établissements,
00:27:08mais aussi du ministère qui, bien entendu, est une administration qui est par nature améliorable et qu'on peut rendre
00:27:18plus efficace, évidemment.
00:27:19Et il faut évidemment mobiliser les outils d'intelligence artificielle pour cela.
00:27:23Mais j'aurais envie de dire que cette problématique est un petit peu différente parce qu'elle n'est pas
00:27:26spécifique aux établissements d'enseignement supérieur.
00:27:30C'est les mêmes qu'on peut trouver dans toutes les administrations ou dans toutes les grandes organisations.
00:27:34C'est comment est-ce qu'on doit utiliser les outils efficacement.
00:27:37Et évidemment, sur ce point, même si ce point est un peu désagréable, mais il faut quand même le dire,
00:27:43c'est qu'évidemment, il y a une question de financement des outils,
00:27:47mais il y a aussi une question, on espère aussi avoir des gains en termes d'efficacité et en termes
00:27:52d'intensité et de gains du service rendu auprès des usagers.
00:28:00Et les deux doivent être évidemment chiffrés.
00:28:03Voilà, c'était là, en quelques mots, les messages importants que je voulais vous donner dans mon propos liminaire.
00:28:07Et je serai évidemment prêt à répondre à l'ensemble de vos questions.
00:28:11Je crois qu'il ne faut être ni naïf, ni timoré.
00:28:15Il ne faut pas pour autant non plus avoir une vision qui consisterait à dire que tout a changé, qu
00:28:20'on peut tout oublier et qu'on n'a besoin de rien.
00:28:23Et finalement, on peut se reposer sur les outils et tout ira bien.
00:28:25Enfin, ce n'est pas vrai. Je pense que nous sommes à l'aube de bouleversements que nous ne maîtrisons
00:28:30pas
00:28:31et que nous aurons toujours besoin d'une formation d'honnête homme et d'une formation scientifique de base
00:28:36et que les outils d'intelligence artificielle sont de formidables accélérateurs à condition de savoir les piloter.
00:28:44Très bien. Parfait. Merci beaucoup, Monsieur le Ministre, pour ce propos liminaire.
00:28:48Le temps des questions s'ouvre en effet. Madame la rapporteure, vous avez la parole.
00:28:53Merci, Monsieur le Président. Merci beaucoup, Monsieur le Ministre, pour ces propos introductifs.
00:28:58Vous nous avez invités à considérer le potentiel potentiel, c'est-à-dire qu'avec beaucoup de prudence, mais sans
00:29:06naïveté et sans pessimisme non plus,
00:29:08pouvoir mesurer que ça allait bouleverser, qu'on était à l'aube d'un bouleversement pour reprendre vos propos,
00:29:13mais qu'on ne pouvait pas encore en mesurer toutes les aspérités.
00:29:19Je voulais revenir sur... Vous avez souligné que pour faire des IA, on a besoin des sciences fondamentales
00:29:25avec les mathématiques, les statistiques, l'algorithmique.
00:29:27Vous avez aussi parlé et insisté dans la foulée sur les nécessaires infrastructures.
00:29:34Nous avons des atouts en France. Vous avez parlé notamment des supercalculateurs.
00:29:39Mais on voit que dans les usages des IA, dans l'enseignement supérieur, ça va être caractérisé par une tension
00:29:44où d'un côté, on a envie de mutualiser, de développer des communs, mais en même temps, on a aussi
00:29:49l'autonomie des établissements.
00:29:51Alors quel regard portez-vous sur le rôle du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche
00:29:57pour pouvoir inviter à cette mise en commun des atouts et respecter aussi les volontés d'expérimentation des différents établissements
00:30:05?
00:30:05Quelles sont les exigences que vous avez vers ces expérimentations qui peuvent aller jusqu'à la conduction de projets communs
00:30:14ensuite ?
00:30:15Et j'ajouterai à cette dimension une autre. C'est celle des partenariats conduits entre les établissements et des partenaires
00:30:24qui sont économiques,
00:30:25par exemple, qui développent eux-mêmes des systèmes d'IA. On sait qu'il y en a déjà en cours.
00:30:32Et pour le coup, quelles sont les différentes vigilances que vous apportez à ces partenariats publics, privés qui peuvent aller
00:30:43d'un établissement à une entreprise
00:30:45ou un conglomérat d'entreprises ? Quels sont ce que vous pouvez nous dire sur ces avancées et ces espoirs
00:30:51?
00:30:54Merci Madame la rapporteure.
00:30:58Alors, évidemment, on est dans un système où l'autonomie des établissements et l'autonomie des universités et des écoles
00:31:07est extrêmement importante.
00:31:09Et ce n'est pas le ministère qui fixe le syllabus de chaque formation.
00:31:15En ce sens, nous sommes dans un modèle d'organisation qui est radicalement différent de celui de l'éducation nationale,
00:31:23qui pour le coup est très pyramidal.
00:31:35Aujourd'hui, ce que nous avons fait, ce qui a été fait, c'est essentiellement un ensemble d'expérimentations
00:31:41qui ont été financées beaucoup au travers des programmes d'investissement d'avenir.
00:31:45C'est aussi des mises en commun des bonnes pratiques au travers de chartes qui sont écrites
00:31:54ou qui sont en train d'être finalisées avec les différents établissements d'enseignement supérieur.
00:32:00Moi, il me semble qu'il faut qu'on arrive, maintenant que ce travail a été initié, a été lancé,
00:32:07peut-être à l'ambition supplémentaire qui permettrait de garantir que dans chaque formation du supérieur,
00:32:15on ait bien à un moment ou à un autre des modules qui permettent d'expliquer ce qu'est l
00:32:24'intelligence artificielle
00:32:26et à la fois ce que c'est, et si je reprends ce que je disais dans mon propos liminaire,
00:32:30c'est à la fois ce qu'est l'IA et en même temps comment elle va bouleverser demain nos
00:32:37métiers.
00:32:37Et j'aurais envie de dire que ces questions-là, vous devriez pouvoir vous les poser,
00:32:43que vous soyez en agrégation de philo ou en première année dans un BUT de chaudronnerie.
00:32:54Enfin, je veux dire, ils s'en mettent bien sûr d'échelle de quoi que ce soit là-dedans.
00:32:58Enfin, je pense que c'est des questions qu'on devrait avoir à tous les niveaux
00:33:03et je pense qu'il faut qu'on arrive à progresser vers cela en laissant évidemment une autonomie extrêmement forte
00:33:10dans les établissements.
00:33:11Je rappelle que c'est ce qu'on a fait il y a quelques années où aujourd'hui on a
00:33:15des modules qui sont obligatoires
00:33:19dans les formations, le nom du module, je m'échappe, mais autour de Puma et de l'environnement,
00:33:25qu'on trouve dans toutes les formations aujourd'hui et qui sont quelque part de fait rendus obligatoires.
00:33:31Et je pense que c'est bien de faire ça parce que c'est vraiment quelque chose de fondamental pour
00:33:36l'avenir des jeunes qu'on est en train de former.
00:33:39Point sur les outils et sur les partenariats.
00:33:43Alors, moi, je suis toujours très favorable aux partenariats publics-privés.
00:33:47C'est probablement un biais qui est lié à mon propre parcours,
00:33:52mais je pense que les deux mondes doivent pouvoir travailler ensemble de manière étroite.
00:33:57Mais évidemment, il faut être vigilant, à la fois aux questions d'éthique, évidemment,
00:34:03vérifier que les bases d'entraînement des outils, en particulier d'intelligence artificielle,
00:34:08sont pour, quand on va les présenter ou les proposer aux étudiants,
00:34:12eh bien, ils satisfont un certain nombre de critères,
00:34:14en particulier qui ne reproduisent pas des biais qu'on voudrait éviter,
00:34:18qui ne sont pas non plus sur des corpus, qui sont des corpus qui sont limités, etc.
00:34:21Donc, ça pose, effectivement, tout un ensemble de questions.
00:34:24Je pense qu'il faut aussi être conscient du fait qu'on a probablement,
00:34:29sur un certain nombre de sujets qui touchent peut-être plus à la recherche,
00:34:31des questions de souveraineté qui sont liées à ces points-là.
00:34:35Et évidemment, qu'à un moment ou à un autre, on a envie d'avoir aussi des outils
00:34:38qui sont des outils souverains pour aller attaquer des corpus
00:34:41qui ne sont pas forcément des corpus publics et dont on peut avoir besoin,
00:34:44cruellement, dans un certain domaine de la recherche et de l'ingénierie.
00:34:50Merci, M. le ministre.
00:34:53Alors, pour revenir peut-être sur la pédagogie,
00:34:55on a le rôle des professeurs, des enseignants,
00:34:58on a aussi l'émergence des tuteurs d'intelligence artificielle générative
00:35:03qui permet aux étudiants de pouvoir s'adapter à leur niveau
00:35:08et de se progresser selon leur potentiel individuel.
00:35:13Qu'est-ce que ça représente aujourd'hui à votre connaissance dans les pratiques des étudiants ?
00:35:18Qu'est-ce que les enseignants y voient comme avantages ou comme défis ?
00:35:25Quelles sont les réflexions qu'ils ont pu avoir en cours
00:35:29et partager entre eux sur la manière d'intégrer ces tuteurs d'IA générative
00:35:35et plus globalement de pouvoir intégrer les outils d'intelligence artificielle
00:35:40où nombreux nous ont dit qu'il était très utilisé,
00:35:44qu'on pouvait retrouver aussi des copies entières qui avaient sans doute été faites avec l'IA,
00:35:50mais avec un regard critique aussi des utilisateurs.
00:35:53Comment les professeurs peuvent l'intégrer à leur avantage ?
00:35:59Je n'ai pas de chiffres qui pourraient vous aider à mesurer exactement l'ampleur
00:36:07et le taux de recours aux outils d'intelligence artificielle par les étudiants
00:36:11aujourd'hui dans leurs formations respectives.
00:36:14Mon sentiment est que ces chiffres, si on en disposait, seraient écrasants.
00:36:22Je ne connais pas d'étudiants aujourd'hui qui n'utilisent pas à un moment ou à un autre
00:36:29dans ces formations, soit pour résumer ces cours,
00:36:33soit effectivement quand il s'agit d'avoir aussi des outils pédagogiques
00:36:39qui permettent de mieux comprendre tel ou tel point du cours
00:36:42ou comme vous l'avez très bien dit dans votre question,
00:36:46de développer par exemple des QCM pour s'entraîner progressivement.
00:36:51Tout ça, je pense aujourd'hui, est utilisé très largement par les étudiants
00:36:58et probablement avant même l'arrivée au baccalauréat.
00:37:05Aujourd'hui, maintenant pour les enseignants,
00:37:08il me semble que la très grande valeur ajoutée,
00:37:11c'est si on arrive à avoir un enseignant qui est un enseignant
00:37:16qui est le médiateur entre son savoir académique
00:37:19et puis l'outil et arriver à mettre l'étudiant au milieu de ça.
00:37:23C'est là la valeur ajoutée, c'est probablement là qu'il faut porter le travail aujourd'hui.
00:37:28C'est parfois aussi, du point de vue d'un certain nombre de nos collègues enseignants,
00:37:34c'est parfois une remise en cause qui est abyssale par rapport aux positions de savoir
00:37:39et qui n'est pas simple.
00:37:44C'est, je pense, très déstabilisant de voir ça.
00:37:50Je pense qu'aujourd'hui, on travaille encore une fois,
00:37:53c'est un travail qui est fait vraiment sur le terrain,
00:37:56qui est fait à partir de la base
00:37:57et qui n'est pas du tout imposé dans un cadre vertical par le ministère.
00:38:03Vous avez cité l'évaluation et les défis que sont portés sur l'évaluation,
00:38:09la certification des savoirs, des compétences.
00:38:13Quelles sont les différentes façons d'évaluer ?
00:38:16Justement, aujourd'hui, on nous dit, parfois, on utilise des solutions IA
00:38:20pour corriger des copies qui, elles-mêmes, ont peut-être été rédigées avec l'IA.
00:38:26D'autres nous disent davantage recourir à l'oral.
00:38:30D'autres nous invitent aussi, peut-être, à regarder, non pas le produit final,
00:38:34mais le processus qui a été suivi par l'étudiant.
00:38:39Comment avoir connaissance, notamment, de ce processus ?
00:38:42Comment on peut mettre à disposition des enseignants
00:38:45et de l'équipe pédagogique en général
00:38:49les outils pour pouvoir suivre les progressions
00:38:52que l'étudiant aurait faites avant d'arriver au résultat final ?
00:38:56Est-ce que ça vous paraît être des réflexions en cours et à poursuivre ?
00:39:00Ou bien, de manière un peu provocative,
00:39:02je veux dire, en fait, on va avoir du mal à évaluer.
00:39:06Donc, en fait, on n'aura plus de valeur au diplôme donné.
00:39:14Non, je pense que la question de l'évaluation,
00:39:17je me semble être relativement incontournable.
00:39:20Moi, il me semble que l'oral, évidemment, très bien,
00:39:26je pense que c'est indispensable s'il y a des qualités
00:39:29au travers d'une prestation orale qui sont spécifiques
00:39:33et qui sont très utiles. C'est probablement au risque
00:39:37de paraître un peu démodé. Je crois beaucoup aux vertus de l'écrit
00:39:40parce que l'écrit permet de formaliser sa pensée.
00:39:44L'écrit permet de la structurer, de l'organiser.
00:39:48Et notre capacité à écrire quelque chose qui est à la fois court,
00:39:53qui est dense, qui est articulé, ça permet aussi de faire progresser
00:39:57son propre raisonnement. On l'a tous expérimenté.
00:39:59Et donc, on sait à quel point c'est structurant et c'est indispensable.
00:40:05Donc, je pense qu'il faut maintenir des évaluations de ce type-là
00:40:08qui sont parfois des évaluations hors outils.
00:40:12Donc, je pense que ça, il faut arriver à maintenir ça.
00:40:15Et donc, ça, ça veut dire que derrière, il y a tous les dispositifs
00:40:17de lutte contre la fraude, les machins, des lunettes connectées,
00:40:21enfin, bref, tout ça, c'est sûr, il faut le faire.
00:40:24Mais je crois aussi, comme vous l'avez mentionné, le troisième pilier,
00:40:28c'est aussi, et c'est probablement très pertinent dans beaucoup de cas,
00:40:31c'est d'évaluer sur, bon, vous avez des outils d'IA avec vous,
00:40:35vous êtes accompagnés. La question, c'est, vous avez eu une question initiale,
00:40:39voilà votre production, elle m'intéresse, mais ce qui m'intéresse aussi,
00:40:42c'est votre cheminement. Et donc, c'est quelque part aussi, par exemple,
00:40:46c'est la liste, enfin, c'est tous les promptes que vous avez rédigés
00:40:49pour aboutir à une solution. Parce que cette capacité-là,
00:40:53elle en dit beaucoup, justement, sur ce que l'élève a été capable
00:40:58de mobiliser, de faire ou de pas faire.
00:41:02Pour en venir maintenant à la recherche, puisque vous l'avez souligné,
00:41:06on utilise des outils d'IA ou assimilés depuis longtemps,
00:41:12et ça nous permet d'approfondir davantage nos connaissances.
00:41:15Pour autant, viennent se poser plusieurs défis sur la recherche,
00:41:20notamment l'émergence de fausses études, de fausses études scientifiques,
00:41:28et qui viennent un peu noyer les vraies.
00:41:30Comment s'organiser pour que les études, qui sont notamment faites
00:41:36par nos fleurons français, puissent émerger ?
00:41:40Comment on concilie le fait de mettre à disposition un maximum de connaissances,
00:41:44et qui vont se retrouver parfois, sans qu'on ait vraiment l'accord,
00:41:48dans les données d'entraînement aux IA ?
00:41:50Mais comment on fait aussi pour consacrer et voir
00:41:54quels sont les bons vecteurs de la vulgarisation scientifique
00:41:57à déterminer parmi un océan de fausses informations,
00:42:01de fausses sciences, dont les outils d'intelligence artificielle
00:42:04favorisent l'émergence ?
00:42:06Non, alors vous avez parfaitement raison.
00:42:09Les outils d'intelligence artificielle permettent effectivement très facilement,
00:42:13soit de générer des publications, entre guillemets, bidons, bien sûr,
00:42:19mais aussi allègent considérablement la tâche de quelqu'un qui veut rédiger
00:42:23une publication, donc peut encourager parfois, de temps en temps,
00:42:26à des pratiques de multiplication de publications diverses et variées,
00:42:31avec des variantes, etc.
00:42:32Et donc, aujourd'hui, quand j'interroge des collègues qui sont directeurs
00:42:37de revues scientifiques, ils m'expliquent qu'en fait,
00:42:41ils ont vu ces dernières années une augmentation des soumissions
00:42:44à leur revue délirante.
00:42:47Et donc, ça veut dire que derrière, en fait, ça met en tension
00:42:50tout le système qui a été conçu ces 100 dernières années,
00:42:55ou même plus encore, avec le système de publication,
00:43:00avec des relectures par les pairs et une évaluation par les pairs,
00:43:05parce que c'était déjà chronophage.
00:43:08Il y a 20 ans, quand vous étiez chercheur, vous passiez, en gros,
00:43:12je ne sais pas, peut-être 15 ou 20% de votre temps
00:43:14à relire des articles scientifiques pour les évaluations
00:43:18dans les revues ou dans les congrès.
00:43:20Mais avec la multiplication de tout ça, à un moment donné,
00:43:23le système se sature et les gens refusent de faire ce système de review.
00:43:28Et donc, le système est en train de s'effondrer, je ne sais pas,
00:43:32mais en tout cas, est sérieusement, sérieusement, sérieusement questionné.
00:43:36C'est vrai aussi, je fais une toute petite digression,
00:43:39sur, c'est presque, enfin, piquant, je ne sais pas,
00:43:42mais enfin, c'est vrai aussi pour les soumissions dans les appels à projets.
00:43:46Vous savez, quand on, puisqu'il y a une partie de la recherche
00:43:48qui est financée par des appels à projets,
00:43:50que ce soit au niveau national ou que ce soit au niveau européen,
00:43:53nous constatons une augmentation très forte du nombre de soumissions.
00:43:58Pourquoi ? Parce qu'en fait, vous pouvez vous aider des outils d'IA
00:44:02pour très facilement générer un dossier pour déposer une demande de bourse.
00:44:09Donc, ce qui, là aussi, interroge et questionne.
00:44:13Donc, ces questions-là, elles sont posées.
00:44:15Je ne suis pas sûr d'avoir les réponses,
00:44:17et je serais arrogant de vous dire qu'aujourd'hui, je les ai,
00:44:20parce que je pense que personne ne les a.
00:44:22Mais la communauté scientifique doit effectivement, je pense,
00:44:26se ressaisir sur, en particulier, la course à la publication.
00:44:28Ça fait déjà quelques années que ça, on en a conscience.
00:44:33Le CNRS, comme d'autres acteurs, ont signé l'appel de San Francisco,
00:44:40merci, qui, justement, tend à aller dans cette direction.
00:44:44Il consiste à dire que les promotions ne doivent plus se faire
00:44:50exclusivement ou systématiquement sur la base de mesures bibliométriques
00:44:54qui sont devenues trop peu fiables,
00:44:56mais bien sur la qualité des travaux,
00:44:58mais ce qui demande un travail considérable.
00:45:00Parce que, quand vous devez évaluer dans des jurys
00:45:04vraiment le contenu de la publication de chaque auteur, etc.,
00:45:09ça demande une mobilisation qui est gigantesque.
00:45:11Et donc, tout ça questionne profondément notre modèle scientifique aujourd'hui.
00:45:16Pardon, parce que je ne vous réponds pas,
00:45:19je vous réponds plus par des questions ouvertes que par des...
00:45:22Mais la vérité, c'est qu'aujourd'hui, il y a vraiment beaucoup de questions ouvertes
00:45:25et qui sont abyssales.
00:45:29C'est un peu la recherche, c'est de poser une question, une autre question.
00:45:33Je voulais, avant de donner l'opportunité à mes collègues de poser une question,
00:45:37revenir sur l'aspect que j'ai évoqué,
00:45:39qui est la mise à disposition de nos connaissances.
00:45:43En fait, pour les données d'entraînement,
00:45:45est-ce qu'à votre connaissance, il existe des initiatives en France ou en Europe
00:45:49qui, justement, essayent de trier, de faire une curation des données
00:45:54pour qu'elles puissent être transmises comme données d'entraînement ?
00:45:59Quels sont alors les partenariats qui peuvent être faits
00:46:02entre ceux qui développent des outils IA et les instituts de recherche ?
00:46:06Ce travail conséquent qui a pu demander la mobilisation de beaucoup de chercheurs
00:46:11peut être mis au profil du progrès de l'humanité,
00:46:14mais parfois peut simplement enrichir certains acteurs privés.
00:46:17Comment on arrive à concilier ces deux envies
00:46:21par la mise à disposition de publications scientifiques ?
00:46:26Alors, le modèle, de manière générale, de la science,
00:46:32dans le monde occidental en tout cas,
00:46:36je suis prudent parce qu'il évolue très vite,
00:46:38mais c'est une science ouverte, c'est-à-dire dire en gros,
00:46:43je mets de côté des champs très particuliers
00:46:45qui vont toucher, évidemment, à de la recherche
00:46:47qui peut être appliquée sur des questions de sécurité,
00:46:51de défense ou d'ingénierie qui ont un impact économique évident.
00:46:54Donc, évidemment, la situation est un peu différente.
00:46:56Mais la recherche, entre guillemets, de base
00:46:58ou la recherche de long terme académique,
00:47:03c'est une recherche qui est une recherche ouverte
00:47:05où les chercheurs, de manière systématique,
00:47:09non seulement publient, de manière ouverte, leurs travaux,
00:47:13mais aussi mettent à disposition du monde leurs données.
00:47:17Nous essayons d'avoir, au travers des partenariats
00:47:22que nous faisons avec des pays,
00:47:23quand on a des partenariats institutionnels de recherche,
00:47:26nous essayons d'avoir des garanties sur une réciprocité.
00:47:33Et ce qui est plutôt le cas, y compris avec des pays
00:47:37qui sont des pays, y compris avec la Chine,
00:47:39pour dire les choses brutalement,
00:47:42sur des sujets qui sont des sujets fondamentaux amont,
00:47:46on n'a pas vraiment trop de difficultés sur ces questions-là.
00:47:50Et donc, ces données sont publiques pour tous,
00:47:52et donc ça veut dire que tous les modèles les utilisent
00:47:54et les entraînent comme ils veulent,
00:47:56quand ils veulent.
00:47:57C'est pour le bien de l'humanité.
00:47:59Et on a vraiment besoin de ça,
00:48:01parce que si on prend la France aujourd'hui,
00:48:04pèse 2% des publications scientifiques dans le monde.
00:48:10Donc, vous voyez bien,
00:48:11on ne peut pas juste avoir une vision
00:48:14qui serait de dire, en gros,
00:48:15on n'est que franco-français.
00:48:17Ça n'existe pas.
00:48:18On est bien dans un collectif.
00:48:20Donc, on est obligé de faire ça.
00:48:21Maintenant, qu'est-ce qui se passe
00:48:22si des gens ne jouent pas le jeu ?
00:48:25Et ça peut arriver.
00:48:27Et puis, d'autre part,
00:48:28sur un certain nombre de sujets,
00:48:30est-ce que notre modèle n'est pas naïf ?
00:48:32Je vous donnerai un exemple.
00:48:34Aujourd'hui, nous avons un programme...
00:48:38Je vais prendre un exemple dans le spatial,
00:48:40un des secteurs que je connais bien.
00:48:42Nous avons un programme européen
00:48:45d'observation de la Terre
00:48:46qui s'appelle Copernicus,
00:48:48qui récupère des données
00:48:50sur l'état et le fonctionnement
00:48:52de notre planète,
00:48:54que ce soit atmosphérique,
00:48:56température, pression,
00:48:58couleur du ciel,
00:49:00couleur de l'eau,
00:49:02plein de questions comme ça.
00:49:05Et aujourd'hui,
00:49:06l'immense majorité
00:49:08des données de Copernicus,
00:49:11aujourd'hui,
00:49:12sont exploitées par les GAFAM,
00:49:14et par la Chine,
00:49:16qui proposent des outils
00:49:18très efficaces, dédiés,
00:49:21qui utilisent les données Copernicus.
00:49:23Donc, on voit bien
00:49:24qu'on est à la limite.
00:49:25Ça veut dire, quelque part,
00:49:26on s'est mobilisés,
00:49:28on a produit les données de base,
00:49:30les données fondamentales,
00:49:32en européen,
00:49:34complètement ouvertes.
00:49:35Et le dernier kilomètre,
00:49:37qui est le dernier kilomètre numérique,
00:49:38c'est-à-dire,
00:49:39une fois que les données sont sur Terre,
00:49:40l'exploitation,
00:49:42les interfaces, etc.,
00:49:43c'est pas nous qui les faisons
00:49:44parce que nous n'avons pas
00:49:45l'équivalent des GAFAM,
00:49:47et on les perd,
00:49:49entre guillemets,
00:49:49ou, entre guillemets,
00:49:50on n'arrive pas à les valoriser
00:49:52à leur juste valeur.
00:49:55Ça, c'est très...
00:49:55Ça, pour le coup, par exemple,
00:49:56c'est quelque chose
00:49:57qui est très questionnant
00:49:58et très embêtant,
00:49:59surtout quand il y a
00:50:00des services payants,
00:50:01éventuellement,
00:50:01qui se greffent par-dessus.
00:50:05Donc, voilà.
00:50:06Vraiment, il y a une gradation
00:50:07entre la recherche la plus amont
00:50:09et puis les choses
00:50:09qui sont les plus appliquées.
00:50:17Monsieur Chudeau,
00:50:18il n'y a pas de micro.
00:50:19Vous n'avez pas le micro activé.
00:50:23Oui, merci beaucoup.
00:50:24Oui, j'allais vous poser la question
00:50:26à Mme Gentel.
00:50:27Voulez-vous,
00:50:28Mme la ministre,
00:50:29poser une question ?
00:50:37Volontiers, M. le Président,
00:50:38et je vous remercie
00:50:39de me passer la parole.
00:50:41J'avais plusieurs points
00:50:41dans mon intervention.
00:50:42Le premier, c'est d'apporter
00:50:43un témoignage.
00:50:44Pas plus tard que ce matin,
00:50:45j'intervenais,
00:50:46j'auditionnais une professeure
00:50:47d'anglais dans un collège
00:50:50et un lycée,
00:50:51et je voulais rebondir
00:50:52sur ce que vous avez dit
00:50:52tout à l'heure,
00:50:53M. le ministre,
00:50:54et qu'en effet,
00:50:55il ne faudrait surtout pas
00:50:56laisser penser,
00:50:57laisser croire,
00:50:57ni que l'IA est magique,
00:50:59ni que l'IA est réservée
00:51:01à des scientifiques.
00:51:02L'IA est un outil
00:51:03que je sache
00:51:03que nous utilisons tous
00:51:04un lave-linge
00:51:05ou une voiture
00:51:06ou une automobile,
00:51:07et pour autant,
00:51:07nous ne sommes pas tous
00:51:08des scientifiques
00:51:09qui ont utilisé ces outils-là.
00:51:10Donc, je crois que c'est
00:51:11un message à faire passer
00:51:12que l'IA est un outil
00:51:14utile à absolument
00:51:15tout le monde
00:51:16et que tout le monde
00:51:17doit pouvoir y être formé.
00:51:18Et elle a pu développer
00:51:19d'ailleurs des moyens
00:51:20d'observer notamment
00:51:22la progression de ses élèves
00:51:23et de donner de l'enthousiasme
00:51:24à ses élèves
00:51:25dans la dimension
00:51:26d'apprentissage
00:51:27plus que d'emmagasinage
00:51:28de connaissances
00:51:29qui est absolument phénoménal
00:51:31grâce à ces outils-IA
00:51:32sans lesquels
00:51:33les ouvrages
00:51:34et les outils
00:51:34dont elles disposaient
00:51:35ne lui permettaient pas
00:51:36d'être aussi attractives
00:51:37que l'IA peut lui permettre
00:51:38de le faire par exemple
00:51:39dans une présentation
00:51:40ou dans l'organisation
00:51:41ou dans la création
00:51:41même des nouveaux
00:51:42d'une vidéo.
00:51:44Le deuxième point
00:51:45que je voulais évoquer,
00:51:46c'est qu'on est bien
00:51:47en ce moment
00:51:47dans l'enseignement
00:51:48en train de passer
00:51:48de la notion d'évaluation
00:51:50des connaissances
00:51:51de nos jeunes,
00:51:52que ce soit avant le bac
00:51:52ou après un enseignement supérieur,
00:51:54à l'évaluation
00:51:55des compétences.
00:51:56Et c'est là
00:51:56pour rebondir
00:51:57sur ce que disait
00:51:58notre rapporteur tout à l'heure
00:51:59que du coup
00:51:59l'IA doit aussi être là
00:52:01pour nous aider
00:52:02à évaluer des compétences
00:52:03et donc l'IA ne peut pas
00:52:04être la réponse
00:52:05et la solution à tout
00:52:06et il faut vraiment
00:52:07que chacun l'entende
00:52:08et du coup,
00:52:08M. le ministre,
00:52:09je voulais venir
00:52:09sur la notion
00:52:10de vulgarisation de l'IA
00:52:11parce que je crois
00:52:12que l'enseignement supérieur
00:52:13et la recherche
00:52:13ont un rôle à jouer.
00:52:14Vous l'avez dit,
00:52:15l'IA n'est pas magique
00:52:16mais je crois
00:52:16que nous avons aussi besoin
00:52:17de nos enseignants,
00:52:18de nos chercheurs
00:52:19pour aller vulgariser l'IA,
00:52:21l'expliquer
00:52:22à M. et Mme Tout-le-Monde
00:52:24et ça me permet
00:52:24d'aller sur un enjeu
00:52:25de la présence de l'IA
00:52:26dans l'économie.
00:52:28Je voudrais souligner
00:52:28que ne serait-ce
00:52:29que la Corée du Sud
00:52:30a un plan d'investissement
00:52:31sur 5 ans
00:52:32qui s'élève
00:52:32à 71,5 millions
00:52:34de US dollars
00:52:36dans la formation
00:52:37de l'ensemble
00:52:37de leur économie
00:52:38à l'utilisation
00:52:39de ces outils IA
00:52:40sans lesquels demain
00:52:41nous ne pourrons pas
00:52:42progresser de la même manière
00:52:43et avancer de la même manière.
00:52:44L'IA,
00:52:45nous devons la maîtriser
00:52:46et non pas sinon
00:52:47nous la subirons.
00:52:48Et donc c'est vraiment
00:52:49ce message
00:52:49je crois qu'il faut
00:52:50pouvoir absolument faire passer.
00:52:52Et je voudrais
00:52:52en venir à deux points
00:52:53M. le ministre
00:52:54qui est le sujet
00:52:54ça a été un peu abordé
00:52:55du financement
00:52:56je viens d'évoquer
00:52:57la Corée du Sud
00:52:57quelle est la place
00:52:58de l'enseignement supérieur
00:52:59et de la recherche
00:53:00dans la formation
00:53:01de notre économie
00:53:02par exemple
00:53:02aux usages de l'IA
00:53:03peut-on vraiment laisser
00:53:05des officines privées
00:53:06uniquement s'emparer
00:53:07du sujet de la formation
00:53:09à l'IA
00:53:10dans notre économie
00:53:10est-ce que l'enseignement
00:53:11supérieur et de la recherche
00:53:12n'ont pas un rôle à jouer
00:53:13quelle est la place
00:53:14du financement
00:53:15que nous avons aujourd'hui
00:53:16en France
00:53:16dans la recherche fondamentale
00:53:18sur l'IA
00:53:18et par ailleurs
00:53:19dans la recherche appliquée
00:53:21donc quelles sont
00:53:22les modalités de financement
00:53:23et à quel montant
00:53:24si vous les avez
00:53:24cela s'élève-t-il
00:53:25en France aujourd'hui
00:53:26peut-être aussi
00:53:27avec des financements
00:53:27d'ailleurs européens
00:53:29et puis le dernier point
00:53:31que je voulais aborder
00:53:32qui M. le Président
00:53:33l'a évoqué tout à l'heure
00:53:34dans son propos liminaire
00:53:35il a évoqué
00:53:36la notion de charte
00:53:37d'usage de l'IA
00:53:39la charte donne un cadre
00:53:40comment on va l'utiliser
00:53:41mais au-delà de la charte
00:53:42la question qui se pose
00:53:43c'est de la régulation
00:53:45ça a été souvent posé
00:53:46je crois que l'encyclique du pape
00:53:48que j'ai plaisir à vouloir citer
00:53:49aujourd'hui
00:53:50est de ce point de vue
00:53:50extrêmement intéressante
00:53:52et enrichissante
00:53:52et nourrissante
00:53:53et je tiens à souligner
00:53:54qu'il a présenté
00:53:55cette encyclique
00:53:56avec à côté
00:53:56un des acteurs
00:53:57du monde
00:53:58de l'entreprise
00:53:59des outils IA
00:54:00donc quelle est
00:54:02à votre avis
00:54:02la manière
00:54:03dont nous devons avancer
00:54:04aujourd'hui
00:54:04où est le curseur
00:54:05à placer
00:54:06à quel moment
00:54:06devons-nous introduire
00:54:07de la régulation
00:54:08plutôt que simplement
00:54:10en rester
00:54:10à des chartes
00:54:11d'usage de l'IA
00:54:12voilà telles étaient mes questions
00:54:15beaucoup de questions
00:54:19permettez-moi peut-être
00:54:20de reprendre
00:54:21madame la ministre
00:54:22sur le
00:54:23sur le
00:54:23un point
00:54:24que vous avez mentionné
00:54:25pour commencer
00:54:26en faisant la comparaison
00:54:27entre
00:54:29la compréhension
00:54:30de ce qu'il y a
00:54:30et la compréhension
00:54:32de ce qu'est une voiture
00:54:32ou un lave-linge
00:54:33ou un outil technologique
00:54:35j'irai peut-être
00:54:36pas complètement
00:54:37jusque là
00:54:37parce que je pense
00:54:38que la différence
00:54:38fondamentale
00:54:39aujourd'hui
00:54:41une voiture
00:54:42vous mène
00:54:42du point A
00:54:43et du point B
00:54:44d'un point A
00:54:45à un point B
00:54:46avec les risques
00:54:47afférents au déplacement
00:54:47enfin
00:54:48elle vous emmène
00:54:49et quelque part
00:54:51le service
00:54:52qu'elle vous propose
00:54:53est facilement
00:54:54compréhensible
00:54:55et assez indiscutable
00:54:59une intelligence artificielle
00:55:01qui vous appuie
00:55:02qui vous aide
00:55:03elle vous fournit
00:55:05des réponses
00:55:06qui sont des réponses
00:55:07que vous avez
00:55:08beaucoup plus
00:55:09de difficultés
00:55:10à évaluer
00:55:11vous même
00:55:11c'est à dire
00:55:12j'ai une réponse
00:55:13à la question
00:55:13que j'ai posée
00:55:14autant dire
00:55:15que je suis allé
00:55:16de Paris
00:55:17à Montpellier
00:55:19en voiture
00:55:20c'est facilement
00:55:21le constater
00:55:22autant la qualité
00:55:23de la réponse
00:55:24d'une intelligence
00:55:25artificielle
00:55:25à la question
00:55:26que je vais poser
00:55:27c'est très compliqué
00:55:30et c'est d'autant
00:55:31plus vrai
00:55:32derrière
00:55:32comme vous le saviez
00:55:33selon l'entraînement
00:55:34le corpus
00:55:35si je prends l'exemple
00:55:36des LLM
00:55:38aujourd'hui
00:55:39selon le corpus
00:55:40sur lequel vous avez
00:55:41entraîné votre modèle
00:55:43vous allez par exemple
00:55:45reproduire des biais
00:55:46vous allez voir
00:55:47accentuer
00:55:48des biais
00:55:49qui sont des biais
00:55:50qui existent aujourd'hui
00:55:51et donc
00:55:52ces choses là
00:55:53elles sont quand même
00:55:54très difficiles à percevoir
00:55:55et donc c'est pour ça
00:55:57que je crois
00:55:57qu'il est indispensable
00:55:58de former aussi
00:55:59des jeunes
00:56:00non seulement
00:56:01à l'utilisation
00:56:02des outils
00:56:02mais aussi
00:56:03à la compréhension
00:56:04de ce que font
00:56:05les outils
00:56:06et alors
00:56:06on ne va pas demander
00:56:08à tout le monde
00:56:08d'aller faire
00:56:09des maths
00:56:11des stats
00:56:11et de l'algorithmique
00:56:12je comprends bien ça
00:56:14mais par contre
00:56:15démythifier un tout petit peu
00:56:16les choses
00:56:17prendre quelques exemples
00:56:18très concrets
00:56:19montrer ce que c'est
00:56:20qu'un biais
00:56:20montrer d'où ça vient
00:56:23montrer ce que ça peut
00:56:24être produit
00:56:24donc je pense qu'il faut
00:56:25on a besoin d'ouvrir
00:56:26un tout petit peu
00:56:27le capot
00:56:27je pense que c'est
00:56:28vraiment indispensable
00:56:31tout en
00:56:32évidemment
00:56:32avec tout le reste
00:56:33aussi
00:56:33qui va avec
00:56:35et aussi évidemment
00:56:35de s'approprier
00:56:36les usages de l'IA
00:56:37bien sûr
00:56:38mais je pense que
00:56:38les deux vont de pair
00:56:39on ne peut pas juste
00:56:40faire les usages
00:56:41je pense qu'il faut aussi
00:56:41avoir un petit peu
00:56:43d'ambition
00:56:43sur le capot
00:56:46et la technologie
00:56:46qui est derrière
00:56:49sur
00:56:49je vais tout à fait
00:56:50dans votre sens
00:56:51sur la vulgarisation
00:56:53autour de
00:56:54autour de l'IA
00:56:55je pense qu'il y a
00:56:56tout un ensemble
00:56:56de dispositifs
00:56:57qui existent
00:56:58aujourd'hui
00:56:58qui sont des initiatives
00:56:59des uns et des autres
00:57:00en particulier
00:57:01des dispositifs
00:57:03des cours en ligne
00:57:04que ce soit
00:57:04des cours publics
00:57:05ou des cours
00:57:06dans des écoles
00:57:08qui sont des écoles
00:57:10privées
00:57:10mais qui sont de qualité
00:57:11voire de très grande qualité
00:57:12et qui permettent justement
00:57:14d'avancer là-dessus
00:57:15et je pense que oui
00:57:16il faut le mettre plus en avant
00:57:17que ça ne l'est aujourd'hui
00:57:21l'usage
00:57:22de
00:57:23sur la question
00:57:24de
00:57:24l'usage
00:57:25de
00:57:26de l'IA
00:57:27qui serait
00:57:29réservé
00:57:30à des officines
00:57:34oui oui
00:57:35là pour la formation
00:57:36oui c'est ça
00:57:37c'est à dire que
00:57:37la formation
00:57:39la formation
00:57:39à l'usage
00:57:40qui serait réservée
00:57:40à des officines
00:57:43comme vous le savez
00:57:44je pense que vous partagez
00:57:45ce point
00:57:45il y a
00:57:46des entreprises privées
00:57:47qui font de la formation
00:57:48continue
00:57:49et qui peuvent être
00:57:50de très très grande qualité
00:57:51et donc
00:57:51il n'y a pas de
00:57:52il n'y a évidemment
00:57:53pas de difficultés
00:57:54ça nous ramène
00:57:55peut-être au point
00:57:56on risque peut-être
00:57:58de faire une insise
00:58:00sur mon obsession
00:58:01du moment
00:58:02du projet de loi
00:58:03sur la régulation
00:58:04de l'enseignement
00:58:05supérieur
00:58:06privé
00:58:07et qui permet
00:58:08simplement d'affirmer
00:58:09le fait que
00:58:09oui il y a de l'enseignement
00:58:11supérieur privé
00:58:11de très bonne qualité
00:58:12et puis oui il y a eu
00:58:13aussi quelques dérives
00:58:14donc il faut
00:58:15c'est l'articulation
00:58:16entre les deux
00:58:17et je pense que c'est
00:58:17donc pas en opposant
00:58:18forcément ni public
00:58:19ni privé
00:58:20et puis le public
00:58:21doit faire sa part
00:58:22évidemment là-dedans
00:58:23et doit évidemment
00:58:23proposer
00:58:24bien sûr
00:58:24je pense que c'est
00:58:26absolument indispensable
00:58:26sur la part de financement
00:58:28pour la recherche
00:58:29je ne suis pas sûr
00:58:29d'avoir des chiffres
00:58:30qui soient des chiffres
00:58:31consolidés
00:58:31parce que déjà
00:58:33la première chose
00:58:34c'est comme je le disais
00:58:35initialement
00:58:36si vous voulez faire
00:58:37de la recherche
00:58:38en IA
00:58:39sur la discipline
00:58:40il faut des mathématiciens
00:58:42des statisticiens
00:58:43des informaticiens
00:58:44et ça ça commence
00:58:45par les chercheurs
00:58:46les enseignants-chercheurs
00:58:47qui sont aujourd'hui
00:58:48donc ça
00:58:49les salaires
00:58:50de ces gens-là
00:58:51et si j'étais
00:58:52il faudrait presque
00:58:54inclure leur salaire
00:58:55directement
00:58:55c'est la première base
00:58:57vous ne faites pas
00:58:58de recherche en IA
00:58:59si vous n'avez pas
00:58:59ces gens-là
00:59:00c'est la première des choses
00:59:02au-delà
00:59:03donc les chiffres
00:59:03que je vais vous donner
00:59:04sont hors salaire
00:59:05donc il faut toujours
00:59:06être prudent là-dessus
00:59:07il faudrait pouvoir
00:59:08consolider tout ça
00:59:09dans les dernières années
00:59:11on a eu
00:59:12des programmes
00:59:13exploratoires
00:59:16pluridisciplinaires
00:59:16de recherche
00:59:17et en particulier
00:59:18un sur l'intelligence
00:59:19artificielle
00:59:20enfin il y en a eu
00:59:21en fait
00:59:22un qui s'est décliné
00:59:23en trois tranches
00:59:24pour à peu près
00:59:24120 millions d'euros
00:59:26de PEPR
00:59:28il y en a eu
00:59:28un programme
00:59:29France 2030
00:59:29sur des instituts
00:59:31et des clusters
00:59:32d'intelligence artificielle
00:59:34pour un peu moins
00:59:36de 400 millions d'euros
00:59:37on a eu
00:59:39autour de la
00:59:39et on a eu
00:59:40autour de la formation
00:59:41aussi des projets
00:59:42mais je me l'appuie
00:59:42parce que la question
00:59:43c'est en est la recherche
00:59:43pardon
00:59:44j'oublie celui-là
00:59:45et puis après
00:59:45infrastructure de calcul
00:59:47des investissements
00:59:48quand même
00:59:48très significatifs
00:59:49une extension
00:59:51du calculateur
00:59:52Jean Zé
00:59:53en 2024
00:59:53pour 40 millions d'euros
00:59:54avec en particulier
00:59:55des processeurs
00:59:58qui sont dédiés
01:00:00aux applications
01:00:01d'intelligence artificielle
01:00:03Alice Recob
01:00:04qui est prévue
01:00:04en 2027
01:00:05pour un montant
01:00:06qui croit
01:00:07chaque jour
01:00:09qui arrivera
01:00:10à ce stade
01:00:11qui est de
01:00:11560 millions d'euros
01:00:13d'investissement
01:00:14pour avoir
01:00:15un calculateur
01:00:16qui sera
01:00:16un calculateur
01:00:17hexaflopique
01:00:17un des plus gros
01:00:19calculateurs
01:00:20au monde
01:00:21voilà
01:00:21donc il y a
01:00:22tout un ensemble
01:00:22d'investissements
01:00:23qui ont déjà été
01:00:25faits
01:00:25qu'il faut continuer
01:00:26à maintenir
01:00:26de manière
01:00:27extrêmement volontariste
01:00:28et puis au-delà de ça
01:00:29évidemment
01:00:30c'est le soutien
01:00:31au travers
01:00:32des salaires
01:00:32des chercheurs
01:00:33des enseignants
01:00:34chercheurs
01:00:34donc c'est à la fois
01:00:35c'est maintenir
01:00:36l'ambition
01:00:36en termes de recrutement
01:00:37et en termes
01:00:38de
01:00:39et en termes
01:00:40aussi de
01:00:42de package
01:00:42attractif
01:00:43pour ces gens-là
01:00:44parce que c'est des talents
01:00:46qui sont assez
01:00:47assez demandés
01:00:49absolument
01:00:50je vous le confirme
01:00:52dernier point
01:00:53est-ce qu'il faut aller
01:00:54de la charte
01:00:55à la régulation
01:00:55c'est ma conviction
01:00:58personnelle
01:00:59mais nous en sommes
01:00:59pour le moment
01:01:00au niveau de la charte
01:01:03très bien
01:01:03merci monsieur le ministre
01:01:04madame la députée
01:01:05Bergman
01:01:05vous a peut-être posé
01:01:06une question
01:01:07chère collègue
01:01:11merci beaucoup
01:01:12monsieur le président
01:01:12madame la rapporteure
01:01:14monsieur le ministre
01:01:15alors effectivement
01:01:16vous venez de prononcer
01:01:17un mot
01:01:17qui
01:01:18sur lequel je souhaitais
01:01:20engager la conversation
01:01:21précisément
01:01:22le sujet de la régulation
01:01:24vous parliez
01:01:25justement
01:01:25de la régulation
01:01:26de l'enseignement privé
01:01:27et à certains égards
01:01:29on pourrait faire
01:01:30un parallèle
01:01:31sur la question
01:01:32liée
01:01:32à
01:01:35vraiment
01:01:35est-ce qu'on n'est pas
01:01:36arrivé à un stade
01:01:37où la régulation
01:01:38d'un certain nombre
01:01:39de sujets
01:01:40dans le domaine
01:01:40de l'IA
01:01:40devient
01:01:42nécessaire
01:01:43voire impérative
01:01:44on a parlé
01:01:45des données d'entraînement
01:01:48on sait que
01:01:49quand on est chercheur
01:01:50ce qui a pu m'arriver
01:01:50dans une vie antérieure
01:01:52on s'appuie
01:01:53sur un corpus
01:01:54de travaux précédents
01:01:56réalisés
01:01:56par ses pairs
01:01:57PAIR
01:01:59sur lesquels
01:01:59on s'appuie
01:02:00soit pour les discuter
01:02:01soit pour les reprendre
01:02:02à son compte
01:02:03dans sa problématique
01:02:04de recherche
01:02:04et donc il y a
01:02:05une forme de transparence
01:02:07dans cette façon
01:02:08de travailler
01:02:08entre chercheurs
01:02:09et en général
01:02:11on cite ces références
01:02:13et puis alors
01:02:14ça c'est une
01:02:15on va dire
01:02:15que c'est une pratique
01:02:17d'autre part
01:02:18dans notre modèle européen
01:02:19du droit d'auteur
01:02:20on a des contenus
01:02:21intellectuels et artistiques
01:02:22qui sont protégés
01:02:23là pour le coup
01:02:23par le droit d'auteur
01:02:25et on sait
01:02:26que ce sujet
01:02:27nous préoccupe
01:02:28particulièrement
01:02:29en ce moment
01:02:29donc je me pose
01:02:30vraiment la question
01:02:31de cette question
01:02:32de la régulation
01:02:34pour un monde
01:02:35qui serait ouvert
01:02:35à l'intelligence artificielle
01:02:37dont on sait aujourd'hui
01:02:39qu'on ne va pas
01:02:40s'en passer
01:02:40on va continuer
01:02:42à l'utiliser
01:02:43et peut-être même
01:02:44ses usages
01:02:46vont s'étendre
01:02:47mais comme
01:02:48pour toute
01:02:50acquisition
01:02:50de nouvelles technologies
01:02:51ou introduction
01:02:52de nouvelles technologies
01:02:52c'est arrivé
01:02:53pour l'imprimerie
01:02:54c'est arrivé
01:02:54pour le télégraphe
01:02:55c'est arrivé
01:02:56pour plein d'autres domaines
01:02:58on sait que les usages sociaux
01:02:59ne sont pas
01:03:00nécessairement ceux
01:03:02qui ont été prévus
01:03:03par les inventeurs
01:03:04de la technologie
01:03:05et que parfois
01:03:06et même souvent
01:03:07on retrouve
01:03:08cette nécessité
01:03:09de la régulation
01:03:10comment voyez-vous
01:03:11les choses
01:03:11de ce point de vue là
01:03:13merci
01:03:17je ne me prononcerai pas
01:03:19naturellement
01:03:20sur la question
01:03:20de la protection
01:03:21du droit d'auteur
01:03:23je laisserai évidemment
01:03:24la ministre de la culture
01:03:26travailler sur ce beau sujet
01:03:30sur la question
01:03:33de la recherche
01:03:35bon d'abord
01:03:36parce qu'on a beaucoup parlé
01:03:37de régulation
01:03:38je voudrais redire
01:03:39encore une fois
01:03:40à quel point
01:03:42les outils d'IA
01:03:44y compris ceux
01:03:44qu'on a juste
01:03:45aujourd'hui
01:03:46sont des accélérateurs
01:03:48incroyables
01:03:49quand on les utilise
01:03:51de manière
01:03:51évidemment
01:03:52raisonnée
01:03:53évidemment
01:03:54il peut y avoir
01:03:54des dérives
01:03:55tout ça
01:03:55mais ce sont
01:03:56des accélérateurs
01:03:56absolument incroyables
01:03:58en termes de développement
01:03:59de protocoles
01:04:00de recherche bibliographique
01:04:01de questions à se poser
01:04:02donc c'est vraiment
01:04:03c'est vraiment
01:04:06absolument
01:04:06absolument fabuleux
01:04:08c'est des
01:04:09des molécules
01:04:11qu'on va aller cibler
01:04:12qu'on va aller explorer
01:04:13alors qu'on n'aurait pas
01:04:15forcément imaginé
01:04:16que c'était justement
01:04:16celle-ci
01:04:17qu'il fallait aller regarder
01:04:18pour tel ou tel médicament
01:04:20c'est vraiment
01:04:21des choses
01:04:22qui sont incroyables
01:04:23maintenant
01:04:24évidemment
01:04:25il y a des questions
01:04:25de régulation
01:04:26aussi bien des régulations
01:04:28éthiques
01:04:29des barrières
01:04:32au risque
01:04:32de sembler
01:04:33pessimiste
01:04:34il n'y a pas
01:04:35beaucoup
01:04:35de systèmes
01:04:37de technologies
01:04:39qui ont émergé
01:04:40dans le champ
01:04:41de la recherche
01:04:45qu'on a réussi
01:04:46à réguler
01:04:47avec efficacité
01:04:49on a souvent
01:04:50mis des barrières
01:04:51qui sont des barrières
01:04:52nationales
01:04:52ou des barrières
01:04:53européennes
01:04:54qu'on a été
01:04:55les seuls
01:04:56à mettre
01:04:56et puis derrière
01:04:58à côté de ça
01:04:59par effet
01:04:59d'inondation
01:05:00quelques années
01:05:01après
01:05:01on les a supprimés
01:05:02et entre temps
01:05:03on avait pris
01:05:0410 ans de retard
01:05:05les exemples
01:05:06sont nombreux
01:05:07sur la manière
01:05:08dont on a fait ça
01:05:10et je pense
01:05:11qu'il faut
01:05:11être très prudent
01:05:12et c'est vrai
01:05:13que nous
01:05:14européens
01:05:14nous avons
01:05:15un goût
01:05:16si ce n'est
01:05:16une passion
01:05:17pour la régulation
01:05:19dont je suis
01:05:21à titre personnel
01:05:22toujours un petit peu
01:05:24méfiant
01:05:24sur cette question-là
01:05:26surtout quand on est
01:05:26les seuls
01:05:27à le faire
01:05:27donc ça ne veut pas dire
01:05:28qu'il ne faut pas pousser
01:05:29la réflexion
01:05:30sur le sujet
01:05:31mais cette réflexion
01:05:32ne peut se faire
01:05:34j'en suis vraiment
01:05:35profondément convaincu
01:05:36qu'à un niveau
01:05:38mondial
01:05:38ou au minimum
01:05:39avec les deux autres
01:05:41grands acteurs
01:05:42pour ne pas dire
01:05:43les deux acteurs
01:05:44dominants
01:05:45aujourd'hui
01:05:45de la recherche
01:05:46que sont les Etats-Unis
01:05:48d'une part
01:05:49et la Chine
01:05:50de l'autre
01:05:50et je pense
01:05:51que ce n'est pas
01:05:52impossible
01:05:52de les mettre
01:05:53autour d'une table
01:05:53pour qu'on discute
01:05:54de ces questions-là
01:05:55mais soyons
01:05:56très prudents
01:05:57et une régulation
01:05:59qui serait une régulation
01:06:00qu'on ferait
01:06:00que nous
01:06:01dans notre coin
01:06:02exclusivement
01:06:03serait une régulation
01:06:04qui nous affaiblirait
01:06:05alors même
01:06:06que dans le débat
01:06:07scientifique
01:06:07et dans le débat
01:06:08technologique
01:06:09la voix de l'Europe
01:06:10au cours des dernières
01:06:11décennies
01:06:12a énormément
01:06:13perdu de son poids
01:06:14donc je pense
01:06:15qu'il faut faire
01:06:16extrêmement attention
01:06:17à ça
01:06:17et ne pas
01:06:18fragiliser
01:06:18un monde scientifique
01:06:20qui est aujourd'hui
01:06:21en Europe
01:06:21et quand même
01:06:23aujourd'hui
01:06:24il faut y être attentif
01:06:26pour faire les choses
01:06:28avec Pina
01:06:31merci Mme la rapporteure
01:06:33avons-nous encore
01:06:34un peu de temps
01:06:34ou devons-nous conclure
01:06:37vous avez combien
01:06:38de temps
01:06:38M. le ministre
01:06:39je ne sais pas
01:06:44alors on va faire
01:06:46un peu de prospective
01:06:47on en fait depuis le début
01:06:48mais encore
01:06:50il y a quelques jours
01:06:51Gérald Brunner
01:06:52dont on connaît
01:06:52les travaux
01:06:53justement
01:06:53sur l'esprit critique
01:06:54face aux nouvelles technologies
01:06:55soulignait
01:06:57qu'il y a
01:06:58en fait
01:06:59les humains
01:06:59ont externalisé
01:07:00une bonne partie
01:07:01de leurs gestes physiques
01:07:02aux machines
01:07:04c'est une sorte de progrès
01:07:05mais ça a alimenté
01:07:06des dérives
01:07:06par exemple
01:07:07comme l'obésité
01:07:08d'où les abonnements
01:07:09par exemple
01:07:10aux salles de sport
01:07:12désormais
01:07:12on pourrait croire
01:07:13qu'on va faire
01:07:14la même chose
01:07:15avec certaines activités
01:07:16cognitives
01:07:17qu'on confie
01:07:18de plus en plus
01:07:19à l'IA
01:07:19avec un risque
01:07:21d'engraissement
01:07:22de nos cerveaux
01:07:23alors est-ce que demain
01:07:24on va pas avoir
01:07:25des salles de sport
01:07:26pour notre esprit
01:07:27et est-ce que c'est pas
01:07:28la vocation
01:07:29des universités
01:07:30à la base
01:07:30que de développer
01:07:31les humanités
01:07:32qu'est-ce que ça
01:07:33vous inspire
01:07:37non non
01:07:37bien sûr
01:07:38le risque
01:07:39c'est
01:07:40la paresse intellectuelle
01:07:42c'est la paresse intellectuelle
01:07:43de se reposer
01:07:45sur des intelligences
01:07:47artificielles
01:07:47pour
01:07:49répondre
01:07:49à toutes les questions
01:07:50et à tous
01:07:51qui peuvent
01:07:52mais
01:07:53qui peut s'imaginer
01:07:55que demain
01:07:56dans un monde
01:07:57économique
01:07:58qui est celui
01:07:59que nous connaissons
01:08:00où la compétition
01:08:01fait rage
01:08:02du
01:08:03je veux dire
01:08:04que ce soit
01:08:06entre les commerces
01:08:06ou entre les multinationales
01:08:08que demain
01:08:09simplement
01:08:09en utilisant
01:08:11les mêmes promptes
01:08:12que tout le monde
01:08:12sur des intelligences
01:08:13artificielles
01:08:14vous arriverez
01:08:16en tant qu'industriel
01:08:17ou qu'acteur économique
01:08:18à tirer votre épingle
01:08:19du jeu
01:08:19évidemment
01:08:20ça n'a pas de sens
01:08:21vous voyez bien
01:08:22quelque part
01:08:23une utilisation
01:08:24de l'intelligence
01:08:26artificielle
01:08:26de manière
01:08:27stupide
01:08:28c'est une utilisation
01:08:29qui est une utilisation
01:08:30enfin stupide
01:08:30pardon
01:08:31de manière
01:08:32qui n'est pas
01:08:34creusée
01:08:35pensée
01:08:35c'est une utilisation
01:08:37qui est une utilisation
01:08:38générique
01:08:38et donc
01:08:39dont la valeur ajoutée
01:08:40sera mécaniquement nulle
01:08:42enfin au sens
01:08:42pourquoi ?
01:08:43parce que tout le monde
01:08:44répondra de la même façon
01:08:45à la même question
01:08:46donc la valeur ajoutée
01:08:48il restera
01:08:49de toute façon
01:08:50quel que soit le système
01:08:51une valeur ajoutée
01:08:52humaine
01:08:52qui est la manière
01:08:53dont on interroge le système
01:08:54et la manière
01:08:55dont on le domine
01:08:56et donc
01:08:57je pense
01:08:58et ça je pense
01:08:59me semble-t-il
01:09:00que cette vision-là
01:09:01elle est universelle
01:09:02donc il faut apprendre
01:09:03à dominer la machine
01:09:04et il faut apprendre
01:09:05à dominer
01:09:06une intelligence artificielle
01:09:07qui sera de plus en plus
01:09:08efficace en permanence
01:09:10et la dominer
01:09:11ça ne veut pas dire
01:09:11d'essayer de la battre
01:09:12sur son propre terrain
01:09:13parce que ça
01:09:14ce sera très compliqué
01:09:15mais ça veut dire
01:09:16être capable
01:09:16de prendre
01:09:17ces résultats
01:09:17avec le recul
01:09:19nécessaire
01:09:19et ça c'est bien
01:09:21un enjeu majeur
01:09:22et pour ça
01:09:22vous avez besoin
01:09:23de citoyens
01:09:24qui sont des citoyens
01:09:25qui sont des citoyens
01:09:25éclairés
01:09:26et bien une formation
01:09:27humaniste et universelle
01:09:31Merci beaucoup
01:09:32sur l'universel
01:09:35Monsieur le Président
01:09:37Bien mais merci
01:09:38il est venu
01:09:39le moment de conclure
01:09:40Monsieur le Ministre
01:09:41merci beaucoup
01:09:41pour les éclairages
01:09:43apportés à notre mission
01:09:44d'information
01:09:45nous retenons plusieurs points
01:09:47évidemment
01:09:47parmi d'autres
01:09:49vous pensez
01:09:50qu'il faut une formation
01:09:51générale
01:09:52des étudiants
01:09:53de toute discipline
01:09:53et de tout
01:09:54de tout niveau
01:09:56à l'intelligence artificielle
01:09:59au moins pour qu'ils sachent
01:10:00ce qu'il y a un peu
01:10:01sous le capot
01:10:01et comment ça fonctionne
01:10:03vous voulez également
01:10:04développer
01:10:05si j'ai bien compris
01:10:05l'art du prompt
01:10:06qui serait
01:10:07un bon marqueur
01:10:08pour le raisonnement
01:10:09qui conduit
01:10:10à la connaissance
01:10:14je me demande
01:10:15s'il faudrait pas
01:10:15enfin c'est une question
01:10:16c'est pas une question
01:10:17c'est une réflexion
01:10:18il faudrait pas
01:10:19rendre obligatoire
01:10:20un module IA
01:10:21dans les formations
01:10:22comme ça existe
01:10:23comme vous le disiez
01:10:24pour le développement durable
01:10:26enfin quelque chose
01:10:27de cette nature
01:10:29pour ce qui est
01:10:30des pratiques d'évaluation
01:10:31on voit bien
01:10:32elles ont évolué énormément
01:10:34puisqu'on ne peut plus
01:10:35maintenant
01:10:35se contenter
01:10:36de demander un mémoire
01:10:37qui sera probablement
01:10:38rédigé par l'IA
01:10:40c'est le retour
01:10:41du devoir sur table
01:10:42et du stylographe
01:10:43j'ai l'impression
01:10:43et surtout de l'oral
01:10:45probablement
01:10:45c'est intéressant
01:10:46ce sont des pistes
01:10:47que les professeurs
01:10:47vont devoir emprunter
01:10:49et enfin
01:10:50nous avons retenu
01:10:50que vous considérez
01:10:52que l'IA
01:10:52est une aubaine
01:10:53pour la recherche
01:10:53incontestablement
01:10:54qu'elle augmente
01:10:55considérablement
01:10:56les capacités
01:10:59de recherche
01:10:59de nos chercheurs
01:11:01et que c'est une aubaine
01:11:02qu'il ne faut pas laisser passer
01:11:03en tout cas
01:11:03et ce qui est certain
01:11:04c'est que le ministère
01:11:04n'a pas les deux pieds
01:11:05sur le frein
01:11:06ça c'est clair
01:11:08voilà
01:11:09donc merci beaucoup
01:11:10bonne fin de journée
01:11:11et merci aux chers collègues
01:11:12qui ont participé
01:11:13à cette réunion
01:11:14au revoir
01:11:15merci monsieur le président
01:11:17merci monsieur le rapporteur
01:11:18mesdames et messieurs les députés
01:11:18merci beaucoup
01:11:26merci à mesdames et messieurs les députés
01:11:56merci à mesdames et messieurs les députés
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