00:00Beaucoup de choses. Je repense un peu à l'année qu'on a passée ensemble dans cette émission avec les
00:04Français qui nous regardent et les thèmes qu'on a traités.
00:07Et je crois que s'il y a autant d'émotions sur le sujet de l'IANA, je pense que
00:11c'est au travers de cette affaire, il y a tout un tas de choses qu'on a peut-être
00:13discutées, même dans d'autres sujets.
00:15Mon obsession avec vous, Maxime, ça a été de dire qu'on n'a pas les yeux en face des
00:18trous en matière de priorité aux générations.
00:20On en a parlé en matière budgétaire, on en a parlé en termes de ce que l'école devient, on
00:24en a parlé aussi au travers d'un drame comme celui-là.
00:27Ce qui m'obsède finalement, c'est qu'on entend aujourd'hui M. le ministre de l'Intérieur nous dire
00:30que ce n'est pas un problème de moyens parce que c'est un problème de doctrine, les enfants devraient
00:34être premiers.
00:35Mais il fait partie d'une majorité qui a fait tout l'inverse. J'ai la chance de parler à
00:39pas mal de gens depuis quelques mois qui sont un peu au fait des décisions prises par l'exécutif depuis
00:44quelques années.
00:45Quand on en parle en pleine franchise, en réalité, on a eu une succession d'arbitrages budgétaires pour les personnes
00:50âgées. C'est ce qu'on a fait, toujours.
00:52C'est-à-dire les retraites, etc.
00:53Il me semble. Donc on a privilégié les subventions.
00:56Bref exemple, fin 2025, on discute, le Parti Socialiste négocie avec le centre et la question c'est qu'est
01:02-ce qu'on fait pour avoir une société un peu plus juste ?
01:04Moi, l'argument que j'avais défendu à l'époque, c'est que ces 3 milliards qu'on donne pour
01:07accélérer la mise au repos de personnes qui sont nées en 64 ou en 65,
01:12ça représente à peu près 3 milliards, on pourrait les mettre à la justice.
01:15Ces mêmes 3 milliards, on les met à la justice.
01:17Et là, on aurait accéléré d'autres affaires, je crois.
01:19Parce que je crois que j'écoutais très attentivement la première heure.
01:21J'étais surpris quand même des contradictions.
01:23Je ne pensais pas le dire ainsi, vraiment.
01:25En fait, on a entendu à la fois, il n'y a pas de problème de moyens dans la justice
01:29et une affaire de viol prend 6 ans.
01:32Pardonnez-moi, je ne comprends pas.
01:33On entend en même temps.
01:35Ce qu'a dit Gérard Lamolin, c'est qu'il peut y avoir des problèmes de moyens dans la justice,
01:38il n'y a aucun problème.
01:38Ce qu'il disait, il n'y a aucun problème, il n'y a aucun débat là-dessus.
01:41Ce qu'il disait, c'est que pour l'affaire qui nous occupe tous aujourd'hui et qu'on a
01:44tous en tête,
01:45ce que disait le ministre, c'est que pour lui, ce n'est pas un problème de moyens.
01:47Il y avait les éléments sous les yeux des inscriteurs.
01:49Mais imaginons si ça avait pris 3 ans et qu'on fait moitié moins de temps, ça aurait été trop
01:52tard quand même.
01:52Donc oui, je comprends ça.
01:54Donc, priorité à la jeunesse, on ne l'a pas vue culturellement nulle part, etc.
01:57On ne l'a pas vue dans ce gouvernement et on ne l'a pas vue là.
01:59Sur la question de l'informatique, ce que j'avais noté aussi, c'est qu'on entendait M. le ministre
02:02nous dire
02:04qu'on n'a pas de problème parce qu'on est capable de faire un fichier.
02:07Pourquoi pas faire un fichier ?
02:08Mais là, je me suis dit, c'est quand même une position assez courageuse de prétendre que d'ici 100
02:12ans,
02:13on n'aura pas changé notre traitement informatique de la justice.
02:15Parce que si on dit qu'il n'y a pas de problème informatique, on ne peut pas l'améliorer
02:17avec la machine.
02:18C'est vraiment supposé que ça va être pérenne ce qu'on connaît aujourd'hui.
02:20Je n'y crois pas une seule seconde.
02:21Moi, ce que je pense, c'est que sur une affaire comme Liana, je ne me demande pas
02:24quand est-ce que l'humain prévient la machine, c'est-à-dire quand est-ce qu'on inscrit quelqu
02:27'un dans un fichier.
02:28Mais je me pose la question, est-ce qu'on ne pourrait pas aller plus vite
02:29parce que la machine prévient l'humain qu'il faut aller très vite.
02:32C'est-à-dire que la machine ne doit pas arriver en deuxième traitement.
02:34La machine doit arriver peut-être.
02:35C'est-à-dire qu'en 2026, la machine devrait...
02:37La machine...
02:38L'informatique devrait être capable d'alerter...
02:40Appelons M. Mench.
02:42Demandons-lui de faire une solution souveraine avec Mistral
02:45qui centralise tout un tas d'informations
02:47avec une sécurité totale, faisant confiance à nos ingénieurs
02:50et qui soit un outil strictement accessible
02:51par M. Mesdames les procureurs.
02:53Quand vous dites M. Mench et Mistral, c'est l'intelligence artificielle,
02:55le numéro à français de l'intelligence artificielle.
02:56Voilà.
02:58Et il travaille avec déjà certains ministères.
03:01Je pense que la justice doit leur parler aussi.
03:02Peut-être qu'ils le font déjà, qu'on ne nous le dit pas.
03:03Mais il faut évidemment qu'il y ait une solution informatique
03:05qui dise aux procureurs, excusez-nous, il y a urgence là.
03:07En recoupant tout un tas d'informations, en faisant des enquêtes.
03:09Quand on entend le nombre d'enquêtes qui traînent,
03:11qui sont dans les cartons, évidemment que ça ne suffira pas
03:13de simplement dire on multiplie les procureurs
03:15ou de dire simplement disons aux procureurs de commencer par celui-là
03:17quand il y en a déjà trop, ne serait-ce que sur ce seul sujet.
03:19Et enfin, un dernier truc qui m'est venu tout à l'heure,
03:22enfin Maxime maintenant,
03:23c'est sur la question de l'organisation de la justice.
03:27Peut-être que c'est une façon d'ouvrir la question,
03:29mais on a beaucoup vu à la télé aujourd'hui
03:30qui juge les juges, est-ce qu'il y a un moyen de contrôler ce qu'il y a, etc.
03:33En France, on a fait un choix assez ancien
03:35qui est que la justice, elle est indépendante.
03:37Si elle rend des comptes, elle doit répondre au populisme
03:39et c'est très dangereux. Dès lors, il nous faut des experts
03:41capables qui ne rendent pas de compte.
03:43Je ne suis pas sûr de ça. Je ne suis honnêtement
03:45pas sûr de ça. Quand on ne se voit pas,
03:48voilà Maxime, moi je travaille
03:49à l'école de Roi-la-Sorbonne et j'enseigne
03:51à mes étudiants les systèmes anglais,
03:53les systèmes américains et ils font d'autres choix.
03:55Pas bon, mais intéressant.
03:57Le choix américain, ça a été de très très longue date
03:59de dire, comme l'a dit M. Darmanin,
04:01un juge est faillible. C'est quelqu'un qui peut se planter,
04:03il n'y a pas de raison de penser qu'il serait au-dessus
04:05d'un coup de fatigue, etc.
04:07Dès lors, créer des corps
04:09qui sont au-dessus d'un regard
04:11démocratique, c'est forcément
04:13aller vers le mur.
04:16Donc ils vont très très loin.
04:17Concrètement, Kamala Harris, elle était procureure,
04:19elle a été élue en Californie. Ils votent pour leur procureur.
04:22J'imagine un procureur qui fait une erreur pareille.
04:23Très évidemment, c'est rideau au fin de carrière.
04:26Ça pose plein de problèmes
04:27dans le système américain en réalité parce que les élections
04:29s'achètent. Enfin voilà, parce qu'il y a plein de façons
04:31par lesquelles ça pose problème.
04:32Je pose la question des contre-pouvoirs.
04:35Et on réfléchit lesquelles ? Ce que les Français...
04:37Moi, ce que j'entends avec... Bon, on a parlé avant l'émission,
04:39pendant l'émission. Ce que j'entends, c'est un désir de contrôle.
04:41Tout ce qu'on fait aujourd'hui, nous, notre intervention,
04:43c'est de mettre la règle. On a des représentants
04:45à l'Assemblée nationale qui décident d'un maximum
04:47de peine. C'est tout. On ne décide pas du minimum,
04:49on décide du maximum. On ne décide pas d'une peine moyenne.
04:51On peut dire, voilà, on veut que quelqu'un fasse ça,
04:53il fait tant. Et puis parfois, il y a des violeurs, ils font six ans, ils se cassent.
04:55Donc moi, ce que je pose comme question, c'est
04:56est-ce qu'on ne pourrait pas au moins avoir, peut-être pas tout de suite,
04:58le contre-pouvoir, mais au moins l'information ?
05:00Voilà. J'aimerais savoir, j'aimerais un accès public
05:03à des statistiques de la justice, vraiment dans le détail,
05:05pas un fichier imbitable que personne ne peut parcourir.
05:07On voit quelles décisions dans quel cas, etc.
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