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  • il y a 39 minutes
Affaire Lyhanna : les réactions politiques s'enchaînent après la mort de la collégienne et les excuses de Gérald Darmanin à sa famille pour ce qu'Emmanuel Macron a qualifié de « dysfonctionnement inacceptable » de la justice. Alors que les procureurs généraux sont convoqués par le Garde des Sceaux ce lundi matin, l'affaire pousse les partis et leurs candidats pour 2027 à avancer leurs propositions. Sébastien Chenu, député du Nord et vice-président du Rassemblement national est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 08 juin 2026.

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Transcription
00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il est député du Nord, vice-président de l'Assemblée et vice-président du Rassemblement National.
00:07Sébastien Chenu est l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Sébastien Chenu.
00:11Liana avait 11 ans. Liana a été tuée par un homme dont tout indique qu'il aurait dû être mis
00:15hors d'état de nuire depuis longtemps
00:16car déjà visé par des plaintes pour viol ou violences sexuelles sur mineurs, plaintes qui sont restées lettres mortes.
00:21Gérald Darmanin, le garde des Sceaux, a parlé d'un immense échec et a présenté ses excuses au nom de
00:26la justice à la famille.
00:27Et maintenant ?
00:28Vous avez raison, l'émotion est immense. Moi j'ai été dans ma circonscription évidemment tout le week-end
00:32et je peux dire qu'effectivement les Français, en tous les cas ceux que j'ai rencontrés, sont particulièrement touchés
00:40par ce drame.
00:41Ils se sentent tous concernés.
00:43Oui, tout le monde se sent concerné. Tout le monde se dit que ça pourrait être sa fille, sa cousine,
00:48sa voisine, cette petite
00:49et surtout tout le monde se dit que la justice dysfonctionne mais ce n'est pas uniquement un dysfonctionnement.
00:56Et en cela d'ailleurs, la marche blanche n'est pas une réponse.
00:59On le voit bien, la faiblesse de la réponse du ministre de la justice également n'en est pas une.
01:06Et on voit que c'est un drame parce qu'en fait c'est la ruine programmée de notre système
01:11judiciaire
01:12qui est en train de se dévoiler sous nos yeux.
01:15La ruine programmée via le manque de moyens, évidemment.
01:19Plus de 50% pour les moyens de la justice depuis 2017.
01:21D'accord, mais enfin, vous voyez bien qu'on n'y est pas.
01:23On a à peu près, je crois, 10 000 magistrats dans le pays, c'est-à-dire très loin des
01:27autres pays européens
01:29par rapport au nombre d'habitants.
01:30Donc la ruine programmée par rapport au manque de moyens, la ruine programmée par rapport à l'absence
01:34de responsabilité ou de volonté politique, de responsabilité d'une certaine magistrature
01:41qui n'est jamais, lorsqu'elle se trompe, lorsqu'elle ne poursuit pas, lorsqu'elle a été sourde
01:46pendant des années à un certain nombre de plaintes et de signalements, n'est pas responsable,
01:50ne peut pas répondre de ces manquements.
01:54Non, pas vraiment.
01:55Vous êtes comme Bruno Retailleau qui demande un nouvel organisme.
01:58Je vais y venir.
01:59Et puis la ruine programmée aussi, parce que par une justice qui parfois est un tel d'idéologie
02:04et qui aujourd'hui peut amener à des résultats qui ne sont pas satisfaisants en ce qui concerne les poursuites.
02:10Vous me parlez de Bruno Retailleau, moi je fais toujours attention à ces gens qui sont un peu toujours les
02:16monsieur plus.
02:17Il veut une cour disciplinaire de la magistrature avec des citoyens tirés au sort, des magistrats professionnels et des personnalités
02:22qualifiées.
02:22On peut mettre tout ça en débat.
02:24Moi je crois qu'effectivement la première question à se poser c'est pourquoi est-ce que dans le corps
02:27de la magistrature
02:28il n'y a pas de responsabilité ?
02:31Un magistrat n'est pas responsable de ses décisions et ne peut pas en être éventuellement sanctionné.
02:36Encore une fois, il y a le conseil supérieur de la magistrature.
02:38On voit bien que ce n'est pas satisfaisant.
02:40Moi je ne suis pas une justice indépendante, attention, ne mélangeons pas les choses.
02:43Je pense que la justice doit être indépendante mais elle doit aussi dans certains cas pouvoir répondre de ses manquements.
02:49Et ces manquements, ces signalements, maintes fois répétés dans le cadre de cette affaire, sont gravissimes.
02:54Gérald Darmanin a dit qu'il y aurait des sanctions s'il est avéré qu'il y a eu des
02:58fautes ou des responsabilités établies.
02:59L'avocat pénaliste Franck Bertrand a eu ces mots-là sur X hier.
03:02Il ne va pas être bon d'être magistrat dans les semaines à venir, je le pressens.
03:05Les boucs émissaires sont déjà désignés, il faut sauver le ministre.
03:08C'est pour ça que moi je ne crois pas, c'est un effet d'annonce Gérald Darmanin.
03:12Quand il dit qu'il faut vérifier les 70 000 plaintes d'ici au 14 juillet qui concerne les enfants.
03:16C'est un effet d'annonce.
03:17Chacun sait que c'est extrêmement compliqué d'ici au 14 juillet de vérifier 70 000 plaintes pour mineurs.
03:33Alors on fait quoi ?
03:35Mais comme il mettait les autres difficultés, la lutte contre le narcotrafic est une priorité, etc.
03:40C'est vrai ou c'est pas vrai ?
03:41Non mais quand vous compilez toutes les priorités...
04:06Parmi ces objectifs prioritaires, il y a effectivement la question de la protection de l'enfant.
04:09Je vous rappelle quand même que le scandale de la mairie de Paris aurait dû nous alerter, devrait nous alerter
04:15et nous scandaliser de la même façon.
04:18Sébastien Chenu, Mathilde Panot, la chef des députés LFI, a appelé à la démission de Gérald Darmanin.
04:22Est-ce que vous la suivez là-dessus ?
04:23Mais ça c'est de la politique politicienne.
04:25Vous voyez, moi je pense que j'ai zéro confiance et personne ne peut avoir confiance dans le garde des
04:29Sceaux.
04:29J'ai zéro confiance et personne ne peut avoir confiance dans ces gens qui depuis 10 ans en Macronie se
04:34sont succédés.
04:35D'ailleurs parfois à la vitesse de la lumière place Vendôme au siège du ministère de la Justice avec des
04:41politiques qui sont parfois très contradictoires.
04:44M. Dupond-Moretti, M. Darmanin, Mme Belloubet, on a eu des gardes des Sceaux qui ne plaidaient pas pour la
04:50même chose.
04:50Donc aujourd'hui l'idée de dire, comme me dit Mme Panot, la démission d'Armanin, c'est un peu
04:55court.
04:55En fait personne ne...
04:56Il faut faire quoi ?
04:57Pardon mais vous actez l'impuissance, l'impuissance des politiques, l'impuissance...
05:01Il faut faire quoi Sébastien Chenu ?
05:03Parce qu'on a l'impression qu'on est face à une affaire d'Etat, c'est le cas ou
05:06pas ?
05:06Bien sûr, c'est un énorme scandale d'Etat, bien entendu.
05:10La première des choses c'est qu'il faut des moyens pour la justice.
05:13Vous avez dit que la justice a augmenté son nombre.
05:15Ces moyens, c'est une réalité, ça ne va pas assez loin.
05:18Des moyens à la fois dans le recrutement des magistrats, des moyens pour les places de prison.
05:22Vous savez, quand Emmanuel Macron a été élu il y a bientôt dix ans,
05:27il avait promis des dizaines de milliers de places supplémentaires, je crois 50 000 places supplémentaires.
05:31Il y en aura eu au maximum, construit au bout de dix ans, 15 000.
05:35Vous savez que c'est très compliqué de construire des prisons, ça coûte cher, ça prend du temps et que
05:38les mères n'en veulent pas,
05:39quelles que soient leurs éthiques.
05:40Deux choses.
05:40Lorsqu'on a voulu reconstruire Notre-Dame, on a pu faire, entre guillemets, une loi spéciale qui a permis de
05:45s'affranchir un certain nombre de contraintes.
05:48Et deux, je vous rappelle que dans les prisons, 25% des détenus sont étrangers.
05:51Pas d'origine étrangère, 25% ont une nationalité étrangère.
05:55Ils devraient donc repartir dans leur pays d'origine.
05:58Vous savez aussi, Sébastien Chenu, que dans la plupart des cas, les pays d'origine ne veulent pas les récupérer.
06:04Bien entendu, d'ailleurs, ce gouvernement n'a pas eu le discours, la poigne, la fermeté, le bras de fer
06:11nécessaire
06:11pour qu'un certain nombre de pays, dont l'Algérie, puissent reprendre leurs ressortissants délinquants.
06:16Sébastien Chenu, est-ce que vous êtes pour l'interdiction des syndicats de magistrats ?
06:19Edouard Philippe s'en est prêt à la syndicalisation des juges ce week-end.
06:22Il a dénoncé un pouvoir syndical assez important et qui donne le sentiment d'être assez intouchable.
06:25Est-ce que si vous êtes au pouvoir dans un an, vous interdirez les syndicats de magistrats ?
06:30Non, mais je crois que c'est très compliqué en plus d'interdire les syndicats de magistrats.
06:32C'est constitutionnel.
06:33Donc l'idée, ce n'est pas ça, c'est que les syndicats de magistrats puissent faire leur boulot qui
06:38est de défendre un corps.
06:40Mais en revanche, des syndicats qui appellent à voter pour des candidats à l'élection présidentielle,
06:44comme le syndicat de la magistrature, posent un problème dans cet univers de la magistrature,
06:49posent un problème, ça en réalité se tirent eux-mêmes une balle dans le pied,
06:52parce que le mur des cons, ça a décrédibilisé l'ensemble de la magistrature.
06:57Et quand vous signaliez tout à l'heure les propos de Franck Berton, l'avocat,
07:01il peut dire merci au syndicat de la magistrature d'abîmer à ce point la confiance que peuvent avoir les
07:06Français en eux.
07:07Est-ce que vous regrettez d'avoir voté contre une proposition de loi transpartisane
07:10qui prévoyait en octobre une modification pénale du viol pour intégrer la notion de non-consentement ?
07:15Non, pas du tout. Et d'ailleurs, vous savez, on avait eu ce débat qui est un débat très sérieux.
07:18C'est important la prise en compte de la parole des victimes, on se rend compte.
07:21J'allais y venir, mais l'inversion de la charge de la preuve,
07:24grosso modo devoir expliquer que votre partenaire vous avait donné un accord avant toute relation sexuelle,
07:31nous paraissait évidemment très compliqué,
07:33et source de conflits, porteurs de conflits multiples sans rien résoudre.
07:37Donc prenons les choses avec beaucoup de sérieux, beaucoup de distance,
07:40l'accueil de la parole des victimes, que ce soit les femmes, que ce soit les enfants,
07:45la place de la victime dans la procédure judiciaire est primordiale.
07:49Et je pense que, vous savez, il y a quelques années, il y avait un secrétariat d'État aux droits
07:52des victimes.
07:53Moi, j'avais été d'ailleurs membre du cabinet de Nicole Gage,
07:55qui était secrétaire d'État aux droits des victimes, c'était il y a 20 ans.
07:58Eh bien, je pense qu'effectivement, on devrait s'inspirer de ce qui avait été fait il y a quelques
08:01années.
08:01On a oublié quelque part la place des victimes dans le processus.
08:04Au chapitre politique, Jean-Luc Mélenchon, ça ne vous a pas échappé,
08:07a tenu son premier meeting de campagne présidentielle hier à Saint-Denis.
08:09Il y avait du monde, environ 10 000 personnes, eux disent 26 000 chez LFI.
08:14Et il a accusé le Rassemblement National de promouvoir un suprémacisme
08:17visant à diviser les peuples en ethnies et en religions.
08:19Vous êtes, paraît-il, des obsédés de la race.
08:23Bon, les excès de Jean-Luc Mélenchon, on les connaît.
08:25Pour moi, Jean-Luc Mélenchon, c'est l'accélérateur du déclin.
08:28C'est-à-dire que c'est le candidat, en fait, des dangers et des vengeances.
08:31Des vengeances vis-à-vis d'un tas de gens,
08:33des vengeances vis-à-vis même de l'histoire de notre pays.
08:36Et qui est obsédé de la couleur de la peau ?
08:39Qui, sans arrêt, parle de français racisés ?
08:41Qui, sans arrêt, parle de privilèges blancs ?
08:43Qui, sans arrêt, parle de minorités visibles ?
08:46C'est Jean-Luc Mélenchon, nous ne parlons jamais de la couleur de la peau.
08:48Un être humain, quelle que soit la couleur de sa peau,
08:51est absolument le même, égal à un autre être humain.
08:54Nous, nous parlons de la nationalité.
08:56Alors, si on ne peut plus parler de l'immigration sans être parlé...
08:59Il s'en prend à vous parce que vous voulez supprimer le droit du sol, si vous êtes élu ?
09:03Oui, nous nous considérons que ça ne suffit pas de naître, évidemment, sur le sol français pour se sentir français.
09:07Vous le supprimerez, purement et simplement.
09:08Oui, nous l'avons déjà dit.
09:09Nous l'avons déjà dit.
09:10Et ça fait partie de notre programme.
09:12Mais, je veux dire, s'il y a un désaccord aussi fondamental sur l'immigration
09:16fait d'adversions politiques des suprématismes,
09:18alors, ne parlons plus d'immigration et considérons que ce n'est pas un sujet prioritaire.
09:22Alors que, je vous le rappelle, l'immense majorité des Français,
09:25y compris des Français de gauche, considèrent que nous avons un problème migratoire.
09:28Mais, vous savez, je me souviens à quelques années,
09:30parce que M. Mélenchon, c'est aussi quand même le champion des reniements,
09:33c'était lui qui disait, est-ce que l'avenir, c'est le déménagement du continent africain ?
09:36Il employait ce mot, hein, déménagement du continent africain sur le continent européen.
09:41Visiblement, pour lui, la réponse est oui.
09:42Ça vous impressionne qu'il y ait eu autant de monde hier à Saint-Denis, devant lui ?
09:44Non, vous savez, moi je me souviens...
09:45C'était quand même assez impressionnant.
09:46Non, mais il sait faire ça.
09:48Il sait faire, mais ils sont à Saint-Denis, ils sont dans leur lieu de force.
09:50Ils sont dans le lieu le plus emblématique des victoires relatives, d'ailleurs.
09:57Oui, mais ça c'est d'autres choses, mais ce que je veux dire, il sait faire...
09:59Vous savez, on a connu des gens qui rassemblaient beaucoup de monde dans les salles
10:02et qui ont fait des petits scores aux présidentielles.
10:03Merci beaucoup Sébastien Chelieu.
10:05Jordan Bardella ou Marine Le Pen ?
10:07Oui, Marine Le Pen est notre candidate, et si elle ne l'est pas,
10:09si elle est privée de cette candidature, Jordan Bardella prendra la relève.
10:11Merci Sébastien Chelieu, c'est venu ce matin sur RTL.
10:13Tout de suite, c'est Philippe Cavri.
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