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  • il y a 35 minutes
Sébastien Chenu, député Rassemblement national du Nord, estime ce vendredi sur France Inter que le garde des Sceaux et "ceux qui l'ont précédé durant dix ans ont une responsabilité et une culpabilité dans l'effondrement de notre institution judiciaire", remise en cause depuis l'affaire Lyhanna. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-debat-economique/le-debat-eco-du-vendredi-12-juin-2026-6844341

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00:01France Inter, Alibadou, Marion Lourdes, le 6-9.
00:07Invité du grand entretien ce matin, nous recevons un député Rassemblement National du Nord, vice-président du RN,
00:14alors que son parti organise aujourd'hui dans l'Essonne son deuxième séminaire de préparation à l'élection présidentielle en
00:21présence de Marine Le Pen et Jordan Bardella.
00:25Question, réaction chers auditeurs au 01 45 24 7000 ou sur l'application Radio France.
00:31Bonjour Sébastien Chenu.
00:33Bonjour Monsieur.
00:33Bonjour Madame.
00:34Merci d'être au micro de France Inter.
00:36Aujourd'hui Sébastien Chenu, il y a les obsèques de Liana qui auront cours à 14h30 à Florence, Liana 11
00:47ans.
00:47Vous avez parlé hier soir, je cite, d'effondrement de l'institution judiciaire.
00:51Est-ce que, comme le président de votre parti, vous demandez la démission de Gérald Darmanin ?
00:57C'est non seulement un effondrement mais c'est une faillite en réalité à laquelle nous sommes en train d
01:02'assister et Gérald Darmanin est un des artisans de cette faillite.
01:07Donc évidemment s'il avait un peu d'esprit de responsabilité puisqu'on nous serine ce terme à tout bout
01:14de champ, nous sommes en responsabilité.
01:15Qu'est-ce qu'on a pu entendre ça dans la bouche des ministres macronistes ?
01:19S'il avait un peu de sens de l'honneur, il remettrait sa démission.
01:22Mais comme le dit Marine Le Pen, mais à quoi bon ?
01:24Pour être remplacé par quelqu'un qui pense, qui est dans la même ligne idéologique, qui pense comme lui et
01:30qui ne fera rien.
01:31Donc vous ne demandez pas sa démission ?
01:32En tous les cas, il devrait être bien inspiré de le faire.
01:37Mais la réalité nous oblige à dire que ça ne changerait rien parce qu'on ne sort pas en fait
01:42dans cette affaire-là, on ne sort pas du responsable mais pas coupable.
01:46En fait tous ces gens-là nous disent je suis responsable du ministère de la Justice mais je n'ai
01:50aucune culpabilité dans ce qui se passe.
01:51Bah si, M. Darmanin et ceux qui l'ont précédé durant 10 ans ont une responsabilité et une culpabilité dans
01:57l'effondrement de notre institution judiciaire.
02:01Alors le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé devant le Sénat prendre dans les tout prochains jours un décret sur
02:05la nécessité de motiver des classements sans suite dans les plaintes concernant les crimes sexuels sur mineurs.
02:11Le gouvernement va proposer au Parlement de continuer à augmenter le budget de la justice en 2027.
02:17On entend votre critique qui peut être légitime du dysfonctionnement de la justice mais jusqu'où allez-vous dans la
02:24volonté de mettre la justice sous tutelle ?
02:26Il n'y a pas de volonté de mettre la justice sous tutelle, il y a une volonté d'avoir
02:30les yeux en face des troupes.
02:31Pardonnez-moi pour l'expression, mais d'abord de sortir du déni.
02:34Le déni d'une société dans laquelle la violence est installée à tous les étages, dans laquelle la violence est
02:40endémique, dans laquelle les mineurs sont mis en cause de façon très importante dans les actes de violence.
02:45Une société dans laquelle les affaires de pédocriminalité, lorsqu'elles ne se sont pas mises sous le boisseau, en tous
02:50les cas je pense à l'affaire du périscolaire à la mairie de Paris, ne sont pas traitées.
02:56Une société, une justice dans laquelle il y a évidemment un manque de moyens parce qu'il y a ce
02:59déni.
03:00Quand vous ne voulez pas avoir la vérité en face, vous ne mettez pas les moyens pour la combattre.
03:04Mais alors qu'est-ce qu'on fait ?
03:05En toute urgence, d'abord on regarde et on prend acte.
03:07Et c'est que la question des moyens a été posée par Sébastien Lecornet.
03:10On arrête de nier les faits et l'explosion de la violence dans notre société.
03:15Ensuite on met des moyens en face, ça fait dix ans qu'ils sont aux manettes.
03:18Mais il y en a eu quand même.
03:19Il a augmenté beaucoup le budget de la justice, on est passé de 7 milliards à 10 milliards et demi.
03:23Quand vous parlez du budget de la justice, on pourrait parler des prisons.
03:26Parce que si vous voulez avoir une justice qui soit efficace et enfermer des gens pour les protéger, pour protéger
03:31la société de ces gens-là.
03:32Mais le nombre de places de prison a augmenté également.
03:333 500 places construites madame.
03:35Nous sommes à un taux d'occupation qui explose.
03:38Nous avons 25% des personnes incarcérées qui sont de nationalité étrangère.
03:43Donc si vous voulez, Emmanuel Macron avait promis de construire je crois 15 000 places de prison.
03:48En effet.
03:49Nous en sommes à 3 500 de construites en 10 ans.
03:51Et ça prend du temps et vous le savez Sébastien.
03:52Donc quand je parle des moyens, c'est à la fois des moyens pour les tribunaux, c'est à la
03:55fois des moyens pour la pénitentiaire.
03:57Et puis il faut bien le dire aussi, il y a un esprit d'irresponsabilité dans la justice qui conduirait.
04:03Je regardais hier chez vos excellents confrères de France Télévisions à reportage qui disaient que le Conseil supérieur de la
04:10magistrature n'a prononcé qu'une sanction en 15 ans.
04:14Zéro blâme, zéro exclusion.
04:15Le juge Burgaud par exemple de l'affaire Doutreau est toujours quelque part en poste en France.
04:19La magistrate d'Auch qui a instruit, ou plutôt qui n'a pas instruit l'affaire Liana a été promue
04:25il y a quelques semaines.
04:27Donc au bout d'un moment où ce CSM ne fonctionne pas bien, le Conseil supérieur de la magistrature,
04:32où il ne prend pas la mesure des difficultés et des problématiques que peut avoir une décision de justice qui
04:38n'est pas rendue ou qui est mal rendue.
04:40Mais la magistrate d'Auch, elle n'avait pas été saisie de l'affaire Liana puisqu'elle n'a pas
04:43encore été saisie.
04:44Vous parlez de l'affaire précédente, de la plainte du droit d'Auch, elle a demandé au gendarme d'entendre
04:49le principal suspect et ils ne l'ont pas fait.
04:52Madame, ce qu'il faut bien comprendre c'est qu'en réalité dans cette affaire Liana, et on le voit
04:56bien,
04:57même les Américains, une structure américaine, avait identifié l'auteur comme étant un pédocriminel.
05:03Chez nous, le dossier n'a pas bougé d'un centimètre pendant des années.
05:07Résultat, on a laissé un invidu dangereux en liberté, s'en prendre et finalement tuer cette demoiselle.
05:14Il y a plusieurs choses qu'il faut avoir en traite.
05:16Il reste présumé innocent.
05:17Vous avez raison de le rappeler, bien sûr.
05:20Vous avez raison de le rappeler.
05:22Je vais être assez concret.
05:24Non, parce qu'il y a une enquête administrative en cours, ça aussi, il faut le rappeler.
05:28Et on aimerait comprendre, parce que vous avez mis en cause le politique à travers le ministre de la Justice,
05:34vous avez mis en cause les magistrats.
05:37Non, je n'ai pas mis en cause les magistrats, je l'ai mis en cause le conseil supérieur de
05:40la magistrature,
05:41dont je dis qu'il ne fonctionnait pas bien.
05:42Mais est-ce qu'il n'y a pas aussi derrière votre discours une volonté de régler des comptes avec
05:47la justice
05:47quand Marine Le Pen parle d'idéologie chez les magistrats ?
05:51De quelle idéologie s'agit-il ?
05:54C'est un enjeu de société, c'est un enjeu de civilisation le rapport à la justice.
05:58On ne règle pas des comptes.
05:59Oui, il y a des magistrats qui sont idéologisés.
06:01Quand vous avez le syndicat de la magistrature qui fait le mur des cons avec des parents de victimes,
06:06je peux vous dire qu'il ne rend pas service à la magistrature.
06:08Parce qu'il fait porter sur les épaules de tas de magistrats.
06:11Je veux dire, moi je suis fils d'une greffière.
06:13Ça fait des années.
06:14Je connais ce système et je sais l'extrême dévouement et l'extrême difficulté que peuvent rencontrer des magistrats
06:20à exercer honnêtement leurs fonctions.
06:23Mais quand vous avez des syndicats de magistrats qui appellent à voter pour des candidats aux élections présidentielles
06:27ou plutôt à faire barrage au Rassemblement National, soyons clairs,
06:31eh bien je peux vous dire qu'ils laissent peser une suspicion sur la magistrature.
06:35Des choses concrètes parce qu'il faut quand même rentrer dans le concret pour essayer d'aborder les choses.
06:38Par exemple, la loi intégrale que propose le parti socialiste pour lutter contre les violences sexuelles et sexistes
06:44qui prévoit notamment des unités spécialisées, des juridictions spécialisées, un parquet dédié aux violences sexistes.
06:50Oui, mais elle n'aurait rien changé, madame.
06:53Dans le cas présent, elle n'aurait rien changé.
06:54Moi, je veux bien en prendre acte.
06:56On peut faire de la politique fiction, mais si c'était un magistrat spécialisé qui avait été saisi de l
07:00'affaire précédente,
07:01peut-être qu'il l'aurait instruite plus vite.
07:02Cette loi intégrale est peut-être pleine de bons principes.
07:04Elle va fixer d'ailleurs un certain nombre de principes fondamentaux.
07:06Elle n'aurait rien changé.
07:08On va regarder ce qu'il y a dedans.
07:10Mais je veux dire, ce n'est pas efficace.
07:11On peut se gargariser d'un certain nombre d'outils.
07:13Moi, je vais vous proposer des outils.
07:15On a une députée, la députée du Vaucluse, Catherine Rimbert,
07:17qui propose effectivement qu'on puisse faire inscrire au fichier des personnes,
07:22au fichier automatisé, non seulement des mineurs qui auraient été mis en cause dans des affaires...
07:26Des suspects.
07:27Oui, qui auraient été mis en cause dans des affaires de pédocriminalité,
07:31ou en tous les cas de criminalité à caractère sexuel,
07:33mais par exemple qui auraient pu faire appel entre-temps,
07:35et bien qu'ils soient dans les fichiers,
07:36mais également de pouvoir mettre en cause,
07:40de pouvoir faire en sorte que par exemple les professionnels du monde de la petite enfance
07:44fassent la preuve, en tous les cas démontrent qu'ils ne sont pas inscrits à ce fichier.
07:48Je pense que c'est une partie, une partie de la réponse.
07:51Il faut adapter nos outils aussi aux enjeux.
07:53Où commence la présomption d'innocence dans ce cas ?
07:55La présomption d'innocence, elle existe partout et pour tout le monde.
07:58Il n'y a pas de problème avec la présomption d'innocence sur ça.
08:01D'ailleurs, quand je vous dis ce fichier, ce n'est pas une invention, ça existe déjà.
08:04Oui, il existe déjà.
08:05On fait simplement couvrir les possibilités d'inscription à ce fichier.
08:10Le mécanisme, il existe déjà.
08:11Le mécanisme existe déjà, il faut le rappeler.
08:14De nombreuses questions d'auditeurs qu'on va vous poser dans un instant,
08:19mais il y a l'affaire Liana et l'utilisation politique qui est refusée par la famille.
08:25Est-ce que ce n'est pas aussi le temps du recueillement et il n'y a pas une forme
08:29de devoir de réserve à respecter lorsqu'on est responsable politique face à l'intensité de la douleur des familles
08:37et des proches, Sébastien Chenu ?
08:39Mais l'un n'empêche pas l'autre.
08:41Je veux dire, moi, mon rôle de politique, il est d'essayer, c'est pour ça que je me suis
08:44engagé d'ailleurs, de trouver des solutions aux mots de notre pays.
08:48Il n'empêche aujourd'hui qu'on peut avoir, et vous m'avez invité sur votre plateau, alors même que
08:52ce sont les obsèques de Liana,
08:53c'est-à-dire qu'on peut parler de la faillite de la justice dans notre pays tout en ayant
08:59une pensée affectueuse et respectueuse pour la famille qui aujourd'hui enterre sa fille.
09:04Mais attention à ne pas déplacer le problème, déplacer encore une fois le regard en disant c'est le temps
09:10du deuil,
09:11et puis après le temps du deuil c'est le temps du silence, et puis le temps du silence fait
09:13qu'on a oublié qu'on est reparti à la case départ.
09:16Moi je ne suis pas pour qu'on reparte à la case départ, je suis pour qu'on change le
09:19cours des choses, c'est le sens de notre engagement.
09:21On l'a entendu, alors Sébastien Chenu vous serez tout à l'heure dans l'Essonne à l'occasion du
09:25deuxième séminaire du Rassemblement National pour préparer l'élection présidentielle.
09:29Une élection, alors c'est assez paradoxal puisque vous travaillez sur le fond, mais avec quel candidat ou candidate ?
09:36Celui que la justice va finalement désigner, car il s'agit aujourd'hui, c'est étrange d'ailleurs dans une
09:41démocratie de dire ça,
09:43il s'agit aujourd'hui...
09:44C'est très étrange, vous en revenez encore à la justice.
09:47C'est la justice qui va permettre ou non à Marine Le Pen de porter les couleurs du Rassemblement National
09:53à l'occasion de cette élection.
09:54Ce qui veut dire que Jordan Bardella ne serait qu'un candidat par défaut ?
09:57Non, Jordan Bardella est le patron de notre parti politique, il est le patron du Rassemblement National, et nous on
10:02n'avance pas...
10:02Mais ce serait un candidat par défaut ?
10:04Ben non, ce serait le candidat du Rassemblement National.
10:06Si Marine Le Pen...
10:07Évidemment, puisqu'on a organisé les choses de telle façon depuis des mois et des années, vous pouvez nous en
10:12donner le quittus.
10:13Marine Le Pen est notre candidate à l'élection présidentielle, et si elle était privée de ce rendez-vous électoral
10:18par la justice,
10:19Jordan Bardella prendrait la relève.
10:21Mais si ce n'est pas le cas, Jordan Bardella assumera à Matignon la politique du Rassemblement National, du programme
10:26de la candidate à l'élection présidentielle.
10:28Mais on voit bien qu'ils ne sont pas toujours sur la même ligne.
10:30Alors il y a la question de la démission de Gérald Darmanin, que Marine Le Pen ne réclamait pas que
10:34Jordan Bardella réclame.
10:35Il y a la question des retraites.
10:37Marine Le Pen, elle veut revenir en arrière sur la réforme.
10:40Jordan Bardella propose un autre type de retraite, avec une fin de l'âge légal, avec une part de capitalisation.
10:47Ça serait les mêmes équipes ?
10:48Ça serait les mêmes personnes qui soutiendraient cette candidature ?
10:50Est-ce que c'est vraiment le même programme ?
10:52Les mêmes équipes, oui, évidemment, puisque c'est le Rassemblement National.
10:55Mais ce n'est pas vraiment le même programme ?
10:57Si, c'est le même programme.
10:58D'ailleurs, ils ont tous les deux été élus et fait campagne, que ce soit en 2022 ou en 2024,
11:02sur le même programme.
11:02Le programme législatif, européen, ils ont fait campagne sur le même programme.
11:05Sur les retraites, on a entendu la différence ces derniers jours.
11:07Sur les retraites, vous êtes en train de me dire que vous avez donc, et j'en suis ravi, compris
11:11ce que Marine Le Pen proposait.
11:12Parce que pendant des mois, on nous a dit...
11:13Elle a défendu pendant des mois et des années le retour en arrière sur la réforme des retraites.
11:17Eh bien, génial, parce que pendant des mois, vous nous avez dit, vous autres, journaliste,
11:20« Ah bon, on ne comprend pas bien ce que veut faire Marine Le Pen. »
11:23Tout le monde a compris et j'en suis ravi.
11:25Oui, notre programme, c'est que lorsque vous avez travaillé à partir de 20 ans,
11:29vous pouvez partir, et que vous avez 40 annuités, vous pouvez partir à partir de 60 ans.
11:33Et à partir de 62 ans, j'y viens sur la borne.
11:37Et à partir de 62 ans, quand vous avez vos 42 annuités.
11:40C'est pourtant Jordan Bardella qui rappelait sur LCI que l'âge de départ ne veut rien dire.
11:46Vous comprenez qu'on se demande qui il faut écouter ?
11:49Le système, la proposition que nous faisons, c'est une réforme de société.
11:52Ce n'est pas une réforme paramétrique.
11:54On ne cherche pas à bidouiller des paramètres pour essayer de faire entrer les gens dans les cases.
11:57Donc, on essaye de faire coïncider la justice sociale
12:00et puis également la simplification d'un système qui est très compliqué.
12:03Pourquoi ? Parce qu'il y a des tas de gens,
12:04notamment lorsque vous avez une carrière hachée,
12:06lorsque vous êtes ouvrier, lorsque vous avez été au chômage,
12:08dans différentes situations, vous ne savez pas à partir de quel âge vous pourrez partir.
12:12Et donc, c'est là que la borne d'âge, elle est utile.
12:14Si demain, on trouve le mécanisme qui permet de ne plus avoir de borne d'âge,
12:17on sera ravi de pouvoir s'en séparer.
12:20Mais aujourd'hui, pour des tas de gens, c'est un marqueur très fort.
12:23Après, il faut trouver le financement.
12:24Mais sur la borne d'âge, les annuités, le financement,
12:27vous savez très bien quelle est notre offre et elle perdure.
12:29Mais donc, les deux candidats sont exactement sur la même ligne,
12:31le même programme, il n'y a aucune différence.
12:33Pas l'épaisseur d'une feuille de papier.
12:35Ben non.
12:35C'est pourtant étonnant puisqu'ils ont deux propositions différentes.
12:38Mais il y a les projections démographiques qui sont alarmistes.
12:41Comment faire sans l'immigration ?
12:43Aujourd'hui est entré en vigueur le pacte européen pour la migration et l'asile.
12:46C'est un pacte qui a été négocié depuis six ans,
12:49approuvé par les États membres qui en ont transcrit certaines dispositions dans leurs droits nationaux.
12:55Comment est-ce que vous maintenez le modèle social français,
12:58le système de retraite par répartition,
13:00sans avoir l'effondrement démographique
13:03qui est annoncé par absolument tous les observateurs et spécialistes de la question ?
13:07D'abord, ce n'est pas une fatalité l'effondrement démographique.
13:09Nous, ça fait des années qu'on dit qu'il faut effectivement une politique nataliste
13:13en faveur de la hausse de la démographie.
13:15Ça fait des années qu'on nous rionnait.
13:16Aujourd'hui, on dit « Ah, mais on est en train de s'écrouler ».
13:18Ça fait 30 ans que j'entends « Ah, il y a des métiers en tension,
13:21il faut faire venir du monde de l'étranger ».
13:22On fait venir 600 000 personnes, 600 000 étrangers par an dans notre pays.
13:26Ces métiers sont toujours en tension.
13:27Ça veut donc dire qu'en réalité, on ne traite pas le problème qui est salarial,
13:31problème de transport, problème de logement,
13:32et qu'on peut faire venir la planète entière.
13:34Ces métiers seront toujours en tension.
13:35Donc, on sait très bien que ce n'est pas la réponse.
13:38La réponse, elle est quoi ?
13:38Elle est d'abord de créer de la croissance.
13:43Il faut aussi les actifs au travail pour payer les retraites.
13:46Il faut faire rentrer plutôt les jeunes sur le marché du travail.
13:48Je rappelle que dans notre pays, on entre sur le marché du travail
13:51beaucoup plus tard, par exemple, qu'en Allemagne.
13:53Donc, maintenir aussi les plus anciens dans l'emploi,
13:56les seniors dans l'emploi,
13:57avoir des boulots à valeur ajoutée importante,
14:00pas les boulots dont la mondialisation macroniste nous a gavés,
14:05les chauffeurs Uber, les livreurs Deliveroo,
14:08qui sont des braves gens qui essayent de s'en sortir pour la plupart du temps,
14:11mais qui sont des métiers à faible valeur ajoutée.
14:13Donc, d'un côté, politique en faveur d'un soutien à la démographie.
14:16L'autre côté, politique de croissance,
14:18et non pas de décroissance,
14:19comme certains candidats peuvent évidemment le défendre.
14:22Et puis, nous, nous considérons,
14:24puisque vous avez parlé du pacte des migrations,
14:26qu'en fait, c'est une bombe à retardement.
14:27Si vous voulez, ce pacte des migrations,
14:29c'est la solidarité imposée, forcée.
14:31Mais attendez, il s'agit quand même de filtrer un peu mieux
14:33les entrées, un peu plus les entrées à l'entrée de l'Europe.
14:36Il s'agit aussi de pouvoir, comment dire,
14:39mettre en rétention les personnes dans des pays tiers.
14:42Enfin, c'est des choses que vous avez soutenues,
14:44que votre parti a soutenues.
14:45Est-ce que finalement, l'adhésion à l'Europe,
14:47ce n'est pas une garantie contre l'immigration illégale ?
14:49Non, mais ce qui pose problème dans ce pacte des migrations,
14:51c'est l'obligation d'accueillir.
14:53D'ailleurs, aucun État n'a choisi d'accueillir.
14:56Tous les États ont choisi d'avoir l'amende financière.
14:58C'est un pacte négocié par les États membres
15:01qui l'ont voté dans leur Parlement national.
15:05Donc, c'est en France, pas en France.
15:07Pas encore ?
15:07Pas en France.
15:08Mais c'est facile de blâmer la Commission européenne.
15:11Mais regardez, je ne blâme pas la Commission européenne.
15:13Je vous dis qu'aucun État,
15:14dans ceux qui ont transcrit les dispositions,
15:17aucun État n'a choisi d'accueillir.
15:20Ils ont tous préféré avoir l'amende,
15:22c'est-à-dire une espèce de taxe obligatoire sur l'immigration.
15:25Ça veut donc dire qu'en réalité,
15:26personne n'est convaincu par ce pacte des migrations
15:28et que c'est une bombe à retardement.
15:30Nous, nous revenons toujours sur la même chose.
15:32Il faut demander aux Français ce qu'ils veulent
15:34en matière migratoire.
15:35Tous les sondages indiquent que les Français considèrent
15:37que l'immigration pose un problème.
15:39Le fait migratoire n'est pas géré dans notre pays.
15:42Je vous disais qu'on accueillait 600 000 personnes
15:43sur notre territoire chaque année.
15:45Il faut bien loger ces gens.
15:46Il faut bien leur donner à manger.
15:47Mais ce sont des personnes qui contribuent,
15:49qui payent des impôts,
15:49on en reparle encore, le système des retraites.
15:51Non, madame, ça c'est faux.
15:52Puisque factuellement,
15:53une majorité des étrangers qui arrivent dans notre pays
15:56ne travaillent pas.
15:57Donc ça veut dire qu'ils sont beaucoup plus consommateurs
15:59de la solidarité nationale
16:00que contributeurs à cette solidarité nationale.
16:03Ce sont les chiffres.
16:04Alors, vous êtes parlé justement de solidarité nationale.
16:07Le Rassemblement national se veut un parti
16:09proche des classes populaires.
16:12Il y a une question sur l'application.
16:15Sébastien Chenu, elle concerne l'image de Jordan Bardella
16:18au Grand Prix de Monaco.
16:19Un verre à la main lors du Grand Prix.
16:22La politique, ce sont des symboles.
16:24Et vous le savez très bien, vous qui êtes un bon communicant.
16:27Qu'est-ce qui, dans ce symbole-là, vous semble inapproprié ?
16:31Moi, ce qui me semble inapproprié,
16:33c'est d'essayer d'attaquer des hommes politiques
16:34sur des affaires de vie privée.
16:36C'est-à-dire sur le fait d'aller voir un Grand Prix.
16:37Ce n'est pas de la vie privée.
16:38En l'occurrence, c'est au milieu de centaines de milliers de personnes.
16:42Mais alors, quel est le problème ?
16:43Il est allé voir un Grand Prix automobile.
16:44Je pense d'ailleurs qu'il y a beaucoup de Français
16:45qui aiment bien le Grand Prix de Monaco.
16:49Et alors ?
16:50So what ?
16:51So what ?
16:52Vous savez que la politique, ce sont des symboles.
16:53Que c'est Monaco.
16:55Que ça n'est pas un lieu anodin.
16:56Oui, mais parce que sa fiancée est monégasque.
16:58Que l'image est en contre-plongée
16:59et qu'elle semble être la manifestation de quelqu'un
17:04qui est au-dessus du peuple.
17:05Cette image, elle est ravageuse.
17:06Et on le dit même dans votre camp.
17:08Non, mais écoutez, vous savez bien qu'en réalité,
17:10il est avec une jeune femme qui est elle-même monégasque.
17:13Donc, il passe du temps.
17:15Quand on est amoureux, on passe du temps avec la personne qu'on aime.
17:17Et il passe du temps là où elle réside.
17:19Moi, je ne vois pas trop le problème.
17:20Je pense qu'un politique, il doit être jugé sur ses actes,
17:22sur ce qu'il propose, sur ce qu'il porte comme espérance.
17:26On s'est posé la question.
17:26Pas sur une photo à un grand prix de formulaire, franchement.
17:29Ah bah, dites-le dans ces cas-là à vos militants
17:31et à certains de vos adhérents.
17:32Bah oui, mais je pense qu'ils s'en battent l'œil.
17:34On voulait vous parler, Sébastien Chenu, de la pièce Passport,
17:37qui est un grand succès public en France,
17:39qui a été déprogrammée par le nouveau maire
17:42Rassemblement National de Castres.
17:44C'est son metteur en scène, Alexis Michalik,
17:46qui l'a annoncé.
17:48Est-ce qu'il faut s'attendre,
17:49si le Rassemblement National gagne l'élection présidentielle
17:53l'année prochaine, à des annulations,
17:56de pièces qui ne plairaient pas
17:58dans des théâtres publics
18:00et à ce genre de politique interventionniste ?
18:02Non, mais vous savez, quand on est à la tête d'une mairie,
18:04on a des objectifs, on fixe des objectifs
18:06en matière culturelle pendant l'élection,
18:07on présente un programme en disant, voilà,
18:09moi je souhaite que la culture demain dans ma commune
18:12priorise telle et telle chose.
18:13C'est ce qu'a fait le maire de Castres.
18:14Il a considéré qu'effectivement...
18:16La pièce était déjà programmée, donc il l'a annulée.
18:18Elle a été programmée par ses prédécesseurs.
18:20Il a considéré que ça ne rentrait pas dans ses objectifs
18:21que de valoriser l'émigration.
18:23Cali, qui est un immense auteur et l'un des plus populaires en France.
18:26Ça ne remet pas en cause.
18:27Moi, je suis allé voir sa pièce.
18:28Je connais sa pièce Edmond.
18:30Je ne me trompe pas en disant que c'est lui, d'ailleurs.
18:33Oui, Edmond Rostand, justement.
18:35Mais là, le passeport, c'est différent.
18:36Il s'agit d'un jeune érythréen
18:38qui est laissé pour mort dans la jungle de Calais.
18:40Il n'y a pas d'obligation pour les maires
18:44de financer, d'accueillir, de programmer
18:48toutes les pièces de théâtre.
18:49Ça ne répond peut-être pas à l'obligation, en tous les cas,
18:51que s'est donnée le maire de Castres dans son offre culturelle.
18:54Mais il y a des villes qui accueilleront très bien Alexis Michalik
18:57et il y a des villes qui ont d'autres choix culturels.
18:59Moi, ça ne me choque pas.
19:00Je pense que les maires doivent être libres.
19:01Donc, il est bienvenu partout, sauf Eurérenne ?
19:03Il est bienvenu partout, là où les maires auront envie de le programmer.
19:06Ce n'est pas un souci ?
19:07Alors, il y a la question climatique qui est importante
19:09et qui est posée par de nombreux auditeurs.
19:11Il y a donc l'accélération du réchauffement climatique
19:15et votre parti qui soutient une proposition de loi
19:18examinée hier à l'Assemblée
19:20qui autorise la recherche d'hydrocarbures en Guyane et à Mayotte.
19:23Est-ce qu'il n'y a pas une contradiction
19:24dans l'objectif de réduire les gaz à effet de serre
19:28et d'un autre côté les émissions de CO2
19:30et d'un autre côté de continuer à explorer
19:33et donc à exploiter les hydrocarbures ?
19:36Il faut préciser que cette proposition a été rejetée hier par l'Assemblée nationale.
19:38Alors, deux choses.
19:39D'abord, c'est une proposition qui est portée par le groupe communiste,
19:40le groupe GDR.
19:42Donc, c'est intéressant.
19:43Vous avez vu, nous ne sommes pas des gens sectaires.
19:44Nous sommes capables de soutenir une proposition qui vient de la gauche.
19:47La France n'a pas à culpabiliser concernant son émission de CO2.
19:51C'est aussi ça ce qu'il faut pouvoir commencer par dire.
19:53Arrêtons de faire culpabiliser la France.
19:55Moi, je suis très attentif à ce que propose
19:57et ce que souligne souvent le GIEC.
19:58J'y suis attentif.
20:00Mais je vois aussi, je note du coup,
20:02que la France n'est pas un mauvais élève.
20:04Et puis, c'est une façon aussi d'aider nos Outre-mer,
20:07de les aligner sur cette capacité
20:09à disposer des mêmes outils que les autres
20:11et de les aider.
20:13C'est aussi comme ça que ça a été présenté.
20:15Les maires à l'air et divers droits de Clermont-Ferrand et Toulouse
20:17ont instauré des couvre-feu pendant la Coupe du monde de foot.
20:20L'un pour les moins de 16 ans non accompagné,
20:22l'autre aussi, mais pour certains matchs seulement.
20:24Est-ce que votre parti, est-ce que vous y êtes favorable ?
20:26Je crois que Brian Masson, le maire RN de Caine-sur-Mer,
20:29a instauré la même chose.
20:31Là encore, liberté des maires à gérer leur commune.
20:34Ce n'est pas moi, depuis mon siège de...
20:36Vous pouvez avoir un avis en tant que responsable politique.
20:38Oui, je peux avoir un avis.
20:39Je pense que les maires sont des gens pragmatiques
20:41et qu'ils savent ce qu'ils font.
20:42S'ils considèrent...
20:43Moi, je suis élu de Denain, à côté de Valenciennes,
20:46où il y a eu des énormes problématiques le soir
20:49du dernier match de foot.
20:51Et c'est vrai qu'on pourrait se dire qu'effectivement,
20:53qu'on a affaire des mineurs à cette heure-ci.
20:55Les maires sont des gens pragmatiques,
20:56qui connaissent leur population.
20:58Ça ne gâche pas la fête.
20:59Ceux qui gâchent la fête, ce sont les voyous qui cassent tout.
21:01Eux, ce sont eux qui gâchent la fête.
21:02Moi, je ne veux pas d'un pays, si vous voulez, à la fin,
21:04dans lequel, effectivement, on oblige tout le monde
21:06à rentrer chez soi à 20 heures,
21:08dans lequel on est peur de se balader,
21:09on est peur de sortir avec ses mômes
21:10pour voir un match de foot.
21:12Je trouve ça consternant.
21:13Même quand ça se passe à Nice ?
21:14Non, mais je trouve ça consternant.
21:16Je trouve que les voyous qui cachent la fête
21:18doivent être durement sanctionnés.
21:19Même les supporters de l'OGC Nice ?
21:22Mais écoutez, j'ai entendu sur vos plateaux,
21:24pendant des heures, j'ai entendu,
21:26mais tous ceux qui se comportent mal dans notre pays
21:28doivent être sanctionnés.
21:29Mais j'ai entendu pendant des heures dire
21:30ce ne sont pas des supporters qui sèment la panique
21:32les soirs de match, ce sont des voyous.
21:34Donc il faudrait savoir.
21:35Mais de toute façon, si un supporter se transforme en voyou,
21:38il doit être sanctionné comme un voyou.
21:40Merci Sébastien Chenu d'avoir été l'invité de France Inter ce matin.
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