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  • il y a 6 heures
Thibaud Garagnon, 19 ans, un bac pro en poche, attaché opérateur à la SNCF. On le dit sérieux, ponctuel. Un petit matin de septembre 2015, il est le premier à appeler les pompiers pour un incendie dans son immeuble, rue Myrha à Paris. Huit morts dont deux défenestrés. Un suspect arrêté. Puis tous les regards vont se tourner vers le locataire du deuxième étage.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:0114h-15h, c'est l'heure du crime sur RTL.
00:06J'étais réveillée parce que j'ai entendu des cris.
00:08Le cri d'une femme qui criait à l'aide.
00:12Puis j'ai vu deux corps par terre, allongés, ils ne bougeaient plus.
00:17Donc après, les pompiers sont arrivés, ils ont sauvé d'autres terres saines.
00:21Ils ont descendu un enfant, une femme aussi.
00:25Bonjour, Thibaut Garagnon, 19 ans.
00:28Un bac pro en poche, employé à la SNCF, on le dit sérieux, ponctuel.
00:33En septembre 2015, au petit matin, il appelle les pompiers pour un incendie qui ravage son immeuble.
00:39Rue Mira, à Paris.
00:41Huit morts, dont deux défenestrés.
00:43Un suspect aussitôt arrêté, mais un an plus tard, c'est vers le jeune locataire.
00:48Que les regards vont finalement se tourner.
00:50Thibaut Garagnon, l'incendiaire de la rue Mira, l'heure du crime.
00:54La seule émission Radio 100% fait divers, c'est tout de suite sur RTL.
01:05Mercredi 2, septembre 2015, 4h41 du matin.
01:09Les pompiers de Paris sont appelés pour un incendie dans un immeuble au numéro 4 de la rue Mira, dans
01:15le 18e arrondissement.
01:17Huit minutes plus tard, le sergent-chef des pompiers, Nicolas Deville, décrit à la radio une scène d'apocalypse.
01:25Des flammes, des résidents qui hurlent depuis les fenêtres, des corps sans vie qui gisent au pied de l'immeuble.
01:31Une centaine de pompiers luttent contre un sinistre qui a rapidement embrasé tous les étages.
01:36Le bilan est terrifiant.
01:38Huit morts, dont deux enfants.
01:40Les corps d'un jeune homme et d'une jeune femme, qui ont préféré se défenestrer plutôt que périr dans
01:46le brasier,
01:48ont été entreposés dans une laverie pour les cacher des regards.
01:52Les pompiers expliquent avoir été appelés une première fois.
01:56À 2h30 du matin, un locataire au deuxième étage se plaignait d'une odeur de papier brûlé sur place.
02:04Ils ont effectivement trouvé une feuille de papier consumée sous les boîtes aux lettres.
02:08Les pompiers ont éliminé tout risque de reprise.
02:11Selon eux, il est impossible que ce feu-là ait pu redémarrer.
02:16Pour les experts du labo central de la préfecture de police,
02:19le sinistre s'est déclaré dans le hall d'entrée.
02:23Deux poussettes se sont consumées.
02:25Les flammes, par effet de convection, se sont propagées dans la cage d'escalier,
02:30puis ont gagné les étages.
02:32L'origine criminelle ne fait aucun doute,
02:34même si une intrusion extérieure est peu probable.
02:37Il faut un badge magnétique pour pénétrer dans l'immeuble,
02:40et la porte d'entrée était fermée.
02:45Les policiers de la brigade criminelle entendent les résidents du 4 de la rue Mira.
02:50Selon eux, l'immeuble était bien tenu, il n'y avait pas de squatteur.
02:53Thibaut Garagnon, 19 ans, locataire du deuxième étage,
02:57confirme avoir appelé les secours entre 2h et 2h30 pour une odeur de papier brûlé.
03:02Les pompiers lui ont expliqué qu'une feuille de papier avait effectivement brûlé sous les boîtes aux lettres.
03:09Il s'est recouché et s'est rendormi.
03:11Il a été réveillé 2h plus tard, dit-il, par l'odeur de l'incendie.
03:14Il a assisté à la défenestration de deux victimes.
03:18Lui a pu s'en sortir en gagnant un petit toit métallique et descendre le long d'une gouttière.
03:24Le jeune homme attire l'attention sur le locataire du troisième.
03:28Il le soupçonne d'avoir tenté de mettre en jour le feu à son paillasson.
03:33D'autres témoins signalent, eux, la présence d'un type bizarre dans le quartier.
03:37Les pompiers l'ont vu aussi.
03:39Un officier lui a même demandé s'il avait vu quelque chose de suspect.
03:42L'individu a répondu.
03:44Ah bon ? Il y a quelqu'un qui a fait ça ?
03:47En tout cas, il se fera choper.
03:49Le suspect, Mourad Sadi, algérien, 36 ans, sans domicile fixe, est interpellé quelques heures plus tard.
03:55Un témoin confirme qu'il rôde depuis quelques jours autour de la rue Mira.
04:00Mourad Sadi est placé en garde à vue.
04:02Il est confus.
04:03Il raconte qu'il peut avoir des crises.
04:05Il renverse des poubelles.
04:07Il casse des bouteilles.
04:08Mais il dément avoir mis le feu.
04:10J'ai rien à déclarer.
04:11J'assume que je n'ai rien fait, déclare-t-il.
04:14Trois jours après l'incendie, Mourad Sadi est mis en examen et écroué.
04:22Vendredi 2 septembre 2016.
04:25Un an après l'incendie, alors que le suspect, Mourad Sadi, est toujours détenu,
04:29une cérémonie de commémoration est organisée devant l'immeuble de la rue Mira.
04:34C'est le locataire du deuxième, Thibaut Garagnon, petite barbe, lunette, qui a organisé cet hommage.
04:41Il pose la mine grave, quelques tournesols à la main, au milieu d'une poignée de parents de victimes.
04:48Il pose aussi pour les photographes.
04:50Thibaut Garagnon raconte dans le détail la nuit de l'horreur.
04:53On est là pour ne pas oublier.
04:55Ce sont toujours des images qui viennent nous hanter, des cris, des odeurs, déclare-t-il, il ajoute.
05:00On est là aussi parce qu'on se sent abandonné par les enquêteurs, les pouvoirs publics et les assurances.
05:09Thibaut Garagnon, voilà ce qu'il déclare, et qu'il ignore, quand il organise cette cérémonie,
05:14qu'effectivement il est déjà sous surveillance, la brigade criminelle est intriguée par ce garçon
05:20qui faisait beaucoup parler de lui dans l'immeuble, on va y revenir,
05:23et qui semble toujours obnubilé un an après par ce drame.
05:26Il le vit, il le revit et il le raconte dès qu'on lui pose des questions.
05:29Alors là, vraiment, il est très content presque, il jouit presque de ce qu'il raconte, etc.,
05:34de cette nuit de terreur qu'il a complètement marquée, c'est ce qu'il raconte.
05:39On va voir tout ça dans la suite de l'heure du crime,
05:41parce qu'effectivement il va intéresser beaucoup les policiers.
05:44Il faut revenir à l'essentiel, la nuit du 2 septembre 2015.
05:50Bonjour Maître Marc Méchain.
05:51Bonjour, c'est Martin Méchain.
05:53Martin Méchain, voilà, donc c'est rectifié sur ma petite fiche.
05:56Maître Martin Méchain, vous êtes l'avocat de l'une des familles de victimes,
06:01avocat au barreau de Paris.
06:02Tout à fait, la famille d'une des victimes décédées malheureusement.
06:05Exactement.
06:07Un mot, Martin Méchain, sur cette nuit d'épouvante.
06:12C'est un des pires incendies qu'il y a eu à Paris.
06:14Et le spectacle, même les pompiers vont être marqués.
06:18C'est un incendie qui fait aujourd'hui le fruit,
06:22enfin l'objet d'études au sein des pompiers de Paris.
06:25C'est-à-dire si ça a marqué les esprits.
06:27Oui, c'est un incendie effectivement qui a des conséquences absolument énormes
06:30et qu'on ne peut pas forcément imaginer au début.
06:33C'est-à-dire que des incendies, il y en a beaucoup, mais des incendies qui provoquent huit morts.
06:36Effectivement, c'est très rare.
06:37Et puis, ce qu'il faut comprendre, c'est qu'on a deux victimes qui se sont défenestrées.
06:42Donc, pour qu'on en vienne à se défenestrer, il faut imaginer l'horreur dans laquelle on se trouve.
06:47C'est qu'en fait, il n'y a pas d'autre possibilité, il n'y a pas d'autre
06:49échappatoire
06:50que de se jeter de la fenêtre tout en sachant finalement ce qui va se passer.
06:54Parce que la réalité, c'est qu'elle ne se défenestre pas du premier étage, évidemment.
06:57Donc, c'est terrible d'imaginer qu'il n'y a pas d'autre option que de sauter.
07:03C'est effrayant.
07:04Je vous l'accorde, c'est effrayant.
07:06Le geste criminel, maître méchant, il ne fait aucun doute.
07:09Tout de suite, on sait, le labo de la police, ils ont l'habitude de ça.
07:13Donc, on voit que ce n'est pas très clair.
07:15Oui, il n'y a aucun doute sur le geste criminel.
07:17Et très rapidement, c'est ancien, donc je ne me souviens plus au bout de combien de jours
07:21on a pu savoir que c'était criminel.
07:23C'était vraiment très rapide, effectivement.
07:25Il n'y a vraiment jamais eu de doute sur ça.
07:27Et puis, très vite aussi, une arrestation.
07:29Alors ça, c'est plutôt rare parce qu'effectivement, ça se précipite quasiment dans la journée de l'incendie.
07:34Et hop, là, on a un suspect qui est vraiment tout là, il est prêt, quasiment.
07:38On a l'impression qu'il est désigné et que l'affaire, elle va se refermer très, très rapidement.
07:43Bonjour, maître Paul Fortin.
07:45Bonjour.
07:46Merci beaucoup d'être avec nous également dans l'heure du crime.
07:48Vous êtes avocat de la famille de Mourad Sadi, avocat au barreau de Paris également.
07:52Alors, Mourad Sadi, évidemment, c'est le suspect qui est arrêté très vite.
07:58Pourquoi il est accusé comme ça, d'un seul coup, cet homme ?
08:00Parce qu'effectivement, il coche toutes les cases.
08:02On se dit, après tout, il traînait dans le quartier.
08:04Exactement.
08:05Alors, je suis l'avocat de Mourad Sadi lui-même, pas de sa famille.
08:07D'accord.
08:07Il a été accusé personnellement et incarcéré.
08:10Et effectivement, en fait, ce qui se passe par rapport à votre question de comment on sait que c'est
08:14criminel, c'est qu'il y a deux départs de feu.
08:16Et donc, un seul départ de feu, on peut se dire que c'est un hasard.
08:18Mais les pompiers qui se déplacent une première fois, on éteint et le feu repart.
08:22Donc, on a la certitude que c'est criminel tout de suite.
08:24Donc, c'est peut-être pour ça que tout de suite, on va absolument trouver un coupable.
08:27Et dans le quartier, il y a quelqu'un qui coche quelques cases, notamment parce qu'il était éveillé cette
08:32nuit-là.
08:33C'est M. Sadi, qui est le SDF de la rue et qui a déambulé cette nuit-là.
08:38Et on le voit sur quelques caméras.
08:40Et donc, d'un seul coup, il intrigue.
08:41Il est en garde à vue.
08:43Bon, ça, à la limite, c'est à peu près normal.
08:44On va le questionner.
08:45Il est placé en garde à vue.
08:46Il est plutôt confus, votre client.
08:48C'est-à-dire qu'il ne sait pas très bien s'exprimer.
08:51Il a une seule certitude, c'est qu'il n'a pas mis le feu.
08:53C'est ce qu'il répète.
08:54Oui, alors, il est confus.
08:56Une garde à vue, c'est quand même quelque chose d'assez déstabilisant.
08:58Une garde à vue, en étant parfaitement innocent, il y a un moment où, au bout de 36 heures, on
09:02dit « c'est pas moi, c'est difficile d'être clair ».
09:04Et effectivement, M. Mourad Sadi, ce n'est pas un parcours de vie rectiligne, où tout est simple, où on
09:10a une vie réglée.
09:11Donc, oui, il s'exprime pas bien que vous, par exemple.
09:14Non, non, non.
09:15Mais il y a une constance, c'est qu'il est innocent.
09:18Et franchement, quand on l'interroge, il n'est pas si confus que ça.
09:21On lui dit « pourquoi vous passez à tel endroit, cette nuit-là ? »
09:25Il dit « vous savez, je suis SDF, la journée, c'est fatigant, la nuit, il y a moins de
09:28monde, c'est mon mode de vie ».
09:30On a quand même beaucoup de réponses qui ne seront jamais démenties par l'enquête.
09:35Eh bien, on va voir ce qui va devenir, évidemment, de Mourad Sadi.
09:38Encore une question pour vous, M. Martin Méchain, parmi les résidents de l'immeuble.
09:43Il y en a un qui sort du lot, quand même, Thibaut Garagnon.
09:46Tout de suite, il se montre partout.
09:48Il est interrogé, d'ailleurs, longuement par les policiers, parce que lui, il a beaucoup de choses à raconter.
09:52Et il n'est pas très bien vu dans l'immeuble, d'ailleurs.
09:54Alors, je ne sais pas s'il n'est pas très bien vu dans l'immeuble, mais je sais qu
09:56'il y a déjà eu des conflits avec l'un ou l'autre des voisins.
10:01Il se montre, effectivement, beaucoup.
10:03Et puis, il se place, mais ça, on en reparlera peut-être plus tard, au moment de la cérémonie de
10:06commémoration.
10:07Donc, on est déjà un an plus tard, mais il se place, alors, dans une position de victime, bien sûr,
10:11parce qu'il est victime de l'incendie.
10:14Il est un habitant de l'immeuble, mais il est surtout dans une forme de complaisance vis-à-vis de
10:18cette position de victime.
10:20Et quand vous disiez tout à l'heure, il jouit, finalement, de cette position, c'est un peu l'impression
10:25qu'il donne.
10:25Et moi, je me souviens, à l'époque, il avait dit des choses publiquement, dans les médias, des choses qui
10:30étaient fausses.
10:31Par exemple, il disait, oui, c'est scandaleux, nous n'avons pas accès au dossier.
10:34Alors, c'est faux, en fait, les victimes qui étaient participées, elles avaient évidemment accès au dossier.
10:37Moi, j'étais l'avocat, déjà, depuis longtemps, de la famille d'Audrey, j'avais accès au dossier.
10:41Et, si vous voulez, c'est ce genre de choses.
10:43Alors, les assureurs ne nous prennent pas en compte, on n'a pas accès au dossier.
10:47Voilà, il y avait des choses, un petit peu, il était complaisant dans cette position de victime, en fait.
10:53Oui, il se présente un peu comme un porte-parole, finalement, c'est lui qui a la main là-dessus.
10:57Alors que personne ne lui avait demandé.
10:58Et c'est lui qui mène le débat, en quelque sorte.
11:00La police va s'intéresser de plus en plus à ce locataire du deuxième étage.
11:06Thibaut Garagnon, l'incendiaire de la rue Mira.
11:08C'était une simple allumette.
11:10Je ne pensais pas que ça partirait si loin.
11:12Je vais finir en prison ?
11:14L'enquête de l'heure du crime.
11:15On se retrouve dans un instant sur RTL.
11:19Bonne journée sur RTL.
11:27RTL, votre radio.
11:3114h15, Jean-Alphonse Richard sur RTL.
11:35L'heure du crime.
11:37Heure du crime consacrée au drame de la rue Mira à Paris.
11:40Huit morts en septembre 2015 dans l'incendie criminel de cet immeuble en très bon état.
11:45Un SDF interpellé, soupçonné d'avoir mis le feu, il est écroué.
11:49Il nie.
11:50Un an après les faits, un jeune locataire de l'immeuble attire l'attention des policiers.
11:58Le juge d'instruction chargé du dossier de l'incendie de la rue Mira est conscient que les charges qui
12:03pèsent sur le suspect,
12:04Mourad Sadi, sont faibles.
12:05Les experts n'ont pas trouvé de traces de liquide inflammable sur ses mains,
12:09pas plus que sur les vêtements qu'il portait cette nuit-là.
12:12Une cousine de Mourad Sadi, diagnostiquée schizophrène, dit au policier.
12:17Ce n'est pas quelqu'un de violent, il ne l'a jamais été, même en étant malade.
12:22D'autres témoins s'interrogent, eux, sur l'omniprésent Thibaut Garagnon.
12:28Ses accrochages avec les locataires du troisième étage, une famille d'origine africaine,
12:32étaient fréquents.
12:34Ils proféraient des menaces.
12:36Deux résidents affirment que les pompiers ne sont jamais autant intervenus
12:41que depuis l'installation de Thibaut Garagnon dans l'immeuble.
12:44La nuit du drame, c'est lui qui a appelé à deux reprises les pompiers.
12:48Le seul, d'ailleurs, à avoir senti depuis chez lui,
12:51lors de la première alerte, l'odeur d'une simple feuille de papier brûlée.
12:55C'est sa boîte aux lettres, la numéro 13, qui avait été visée.
12:59Le 24 septembre 2015, 20 jours après le sinistre,
13:03il a adressé un curieux mail à la brigade criminelle.
13:07Il souhaitait récupérer ses affaires pour se porter partie civile.
13:11Il a interrogé les policiers sur une lettre qui circulerait avec ses mots.
13:15« Il y a trop de noirs dans l'immeuble, ils périront tous par le feu ».
13:24Mardi 20 septembre 2016, un peu plus d'un an après l'incendie de la rue Mira,
13:29Thibaut Garagnon, 20 ans, est interpellé.
13:31Il explique être arrivé dans l'immeuble cinq mois avant l'incendie.
13:36Il déplaçait parfois les poussettes dans l'entrée parce qu'elles le gênaient.
13:40Il souffre d'un handicap au genou, au détour d'une phrase.
13:45Il admet qu'il a mis le feu à une poussette qui bloquait son chemin.
13:49Cette nuit-là, en fait, il voulait attirer l'attention des pompiers.
13:53Il ne se sentait pas bien, il était seul, il voulait parler à quelqu'un,
13:58il souhaitait être hospitalisé en psychiatrie.
14:00D'abord, il a mis le feu à sa boîte aux lettres, une feuille de papier brouillon,
14:05un prétexte pour faire venir les pompiers.
14:07Ils sont venus, mais ils sont très vite repartis.
14:09Vers 4h du matin, il a eu alors une autre idée.
14:14Incendier une poussette.
14:15« Je croyais que ça avait échoué.
14:17Je me suis rendormi, j'ai été réveillé par l'odeur de la fumée »,
14:21affirme Thibaut Garagnon.
14:23Dans son enfance, il voulait devenir pompier volontaire,
14:26mais il assure n'avoir aucune fascination pour le feu.
14:29Dans des SMS, moins de 4 mois après les faits,
14:33le suspect déclarait pourtant « bandé » sur l'incendie.
14:38Il se présentait comme « pyrophile ».
14:41En garde à vue, le jeune homme se qualifie de monstre, de con.
14:45Je suis désolé, c'était une simple allumette que j'ai mise sur les poussettes.
14:48Je ne pensais pas que ça partirait si loin, dit-il.
14:51Il demande en pleurant « je vais finir en prison ».
14:54Présenté au juge d'instruction, Thibaut Garagnon garde le silence.
14:57Il est mis en examen et croué.
15:03Les parents de Thibaut Garagnon se disent abasourdis par les aveux de leur fils.
15:07Ses proches sont partagés sur son geste.
15:10Son ex-petit ami, qui a partagé son existence pendant 3 ans,
15:13ne croit pas une seconde qu'il puisse être un pyromane meurtrier.
15:16Selon lui, il se serait dénoncé pour faire avancer l'enquête.
15:20Un autre de ses amis, rencontré sur un forum consacré au dessin animé « My Little Pony »,
15:26évoque un garçon secret qui lui avait confié entendre des voix de femme.
15:31Pour Alassane Té, le locataire du troisième étage,
15:35qui était harcelé par Thibaut Garagnon,
15:37ce dernier aurait agi pour des motifs racistes.
15:40Quatre membres de la famille Té ont fini, ont péri dans l'incendie.
15:46Les aveux et les sanglots de Thibaut Garagnon,
15:50mais à ce stade, pas beaucoup d'explications sur ce qui a pu le pousser à provoquer cette catastrophe.
15:54Je le répète, c'est un des pires incendies de la capitale, la rue Mira.
15:59Ce garçon va se confier enfin au juge d'instruction,
16:02puis il va passer par la case des experts psychiatres.
16:04Est-ce qu'il est dérangé ou pas ? On pourrait le penser.
16:07On va en parler dans la suite de l'émission.
16:11Maître Martin Méchain, avocat de l'une des familles de victimes de l'incendie de la rue Mira.
16:20Pourquoi les enquêteurs, finalement, ils se fixent sur Thibaut Garagnon ?
16:25Parce qu'il n'y a pas de témoin direct, personne ne l'a vu mettre le feu.
16:29C'est un locataire, il aurait pu lui aussi mourir dans cet incendie, c'est une possibilité.
16:34Pourquoi, petit à petit, on se rapproche de lui ?
16:37Je vais vous dire les choses clairement, c'est un coup de poker des enquêteurs.
16:41D'accord.
16:42Un coup de poker qu'ils tentent sur leur instinct.
16:45C'est-à-dire que, manifestement, ils sentent que Thibaut Garagnon n'est pas clair
16:49et que son omniprésence et ses déclarations et son attitude peuvent, en tout cas, interroger.
16:55Et donc, ça justifie le placement en garde à vue, ce qui peut être suffisant pour un placement en garde
16:59à vue.
16:59Mais soyons clairs, ce n'est pas du tout suffisant pour une mise en examen et encore moins suffisant pour
17:03une condamnation.
17:03Ce que je veux dire par là, c'est que si Thibaut Garagnon n'avait pas reconnu les faits,
17:09vraiment, il n'y avait pas d'élément matériel.
17:10C'est-à-dire que, je pense qu'ils n'auraient pas été condamnés.
17:13Et donc, c'est un coup de poker qui est tenté par les enquêteurs de la garde criminelle
17:16qui, j'imagine, mène très bien leur garde à vue puisqu'ils arrivent à l'instinct, je pense.
17:23Ils arrivent à le faire avouer en garde à vue.
17:26Et alors, devant le juge d'instruction, effectivement, il ne fait pas de déclaration.
17:30Mais il dit quand même, j'ai déjà tout déclaré.
17:32Donc, il ne revient pas sur ces déclarations de garde à vue.
17:34En tout cas, il semble confirmer ce qu'il a dit en garde à vue.
17:37Et la juge d'instruction le réinterroge très rapidement.
17:40Parce qu'elle se dit, elle le sait, elle n'est pas stupide.
17:42Elle sait très bien que s'il revient sur ses aveux, ça va être compliqué.
17:45Et donc, elle l'interroge.
17:46Elle veut battre le fer tant qu'il est chaud.
17:48Et elle l'interroge extrêmement rapidement.
17:50Dans un dossier criminel, c'est extrêmement rapide.
17:52Quelques semaines après son incarcération.
17:56Et heureusement, il continue à reconnaître les faits.
18:00Et donc, après, on est « tranquillisé », entre guillemets.
18:02C'est incroyable.
18:03Parce que même s'il raconte ensuite des choses,
18:05mais ça, on va en parler un petit peu fantasque.
18:08Donc là, on est...
18:09J'avais besoin de parler.
18:12J'ai mis le feu pour appeler les pompiers.
18:14Il y a d'autres moyens de parler à quelqu'un en direct.
18:17C'est le moins qu'on puisse dire.
18:19Maître Paul Fortin, vous êtes l'avocat de Mourad Sadi.
18:22C'est étonnant parce que Mourad Sadi, à ce stade,
18:25il a passé un an en prison.
18:27Tout le monde l'a oublié.
18:28Il était le pyroman de la rue Mira.
18:30Personne n'y croyait, d'ailleurs.
18:32Il a complètement oublié, cet homme.
18:34Et puis, il va sortir, là, enfin,
18:36lorsqu'il y a eu cette mise à l'examen.
18:38Comment ça se passe ?
18:39Exactement.
18:40Un an de prison, dont je tiens ici à souligner la difficulté,
18:43parce que c'est des parcours de vie compliqués.
18:45Il est isolé, à part les visites de ses avocats.
18:48Il y a ma deuxième confrère, Alexandre-Luc Valton,
18:50dont je donne le nom.
18:51Pas de visite, indigent, pas d'argent qu'il lui a envoyé en prison,
18:56donc vraiment, dans une prison en très mauvais état, qui effrène.
18:59Donc vraiment, une détention extrêmement difficile.
19:02Un seul interrogatoire, où quelque part, on lui pose quelques questions,
19:05mais il n'y a rien de plus contre lui, parce que que voulez-vous ?
19:06Il est innocent.
19:07Ce n'est pas comme si l'enquête avait avancé,
19:09et qu'il y avait des nouvelles choses à lui mettre sous les yeux.
19:11Donc on continue à lui dire,
19:12mais vous étiez dehors ce soir-là, c'est peut-être vous.
19:15Il dit, ben non, ce n'est pas moi, je déambule dans la rue.
19:17Et là, d'un seul coup, la libération, d'un seul coup,
19:20alors qu'il y a évidemment un soulagement,
19:21mais qui n'est pas le bout de la résolution de toutes ses difficultés,
19:25parce qu'il est remis en liberté.
19:27D'un coup, ben oui, il est innocent,
19:28mais on le met, celle-là, devant Freyne,
19:31et on lui dit, débrouillez-vous.
19:32Ben, il est SDF, où il va aller ?
19:34Et la première nuit, quand il sort, elle est encore dans la rue.
19:36Oui, mais il fallait raconter cette histoire.
19:38C'est l'histoire dans l'histoire,
19:39et moi, je suis assez frappé par ça,
19:40parce qu'effectivement, c'est une victime collatérale, lui aussi.
19:42Si le malheureux Mourad Sadi, là, il a perdu un an de sa vie, j'ai envie de dire,
19:48maître Martin Méchain.
19:49Oui, et je voudrais dire que c'est évidemment très important d'en parler,
19:53mais c'est, pour Mourad Sadi lui-même,
19:55mais c'est également révélateur de la personnalité de Thibaut Garagnon,
19:58parce qu'il ne faut pas oublier que Thibaut Garagnon, lui, il sait qu'il est coupable.
20:01Il sait qu'il a mis le feu, en fait.
20:02Il le sait.
20:03Et il sait qu'il y a quelqu'un qui dort en prison.
20:04Il sait qu'il y a quelqu'un qui, pendant un an, reste en prison.
20:06Et donc, il faut imaginer que, tout en sachant ça,
20:10non seulement, il ne se dénonce pas lui-même,
20:12il organise des commémorations, etc.
20:14On pourrait y revenir, c'est un sujet qui est important.
20:17Mais surtout, il sait que quelqu'un dort en prison à sa place.
20:19Et visiblement, ça ne lui fait aucun effet.
20:21Il ne bouge pas.
20:22C'est ce que ça s'appelle du cynisme, tout simplement.
20:26En tout cas, de l'obscurantisme, du cynisme, de la froideur.
20:29Il est étonnant.
20:30D'étranges personnages qui auraient pris le contrôle sur ce suspect.
20:37Thibaut Garagnon, l'incendiaire de la rue Mira.
20:39Superbia est très violent.
20:41Il fait partie de ma personnalité.
20:43L'enquête de l'heure du crime.
20:44Dans quel délire s'est enfermé ce jeune homme ?
20:47Fou ou pas fou ?
20:48A suivre, dans un court instant, sur RTL.
20:51Bonne journée, sur RTL.
21:00RTL, votre radio.
21:03L'heure du crime, présenté par Jean-Alphonse Richard, sur RTL.
21:06Quand on met le feu comme ça, c'est un pyroman, un criminel.
21:09On ne se venge pas sur les gosses, ni sur les gens.
21:12Donc il faudrait que la police trouve vraiment le coupable.
21:15Et qu'il soit puni, en conséquence.
21:18Au programme de l'heure du crime, l'épouvantable est un incendie criminel de la rue Mira à Paris.
21:23En septembre 2015, eu huit morts.
21:25Un premier suspect incarcéré pendant un an.
21:27Ce n'était pas le bon.
21:28Un deuxième locataire a avoué un an après les faits.
21:31Ses explications et justifications sont plutôt confuses.
21:39Jeudi 6 octobre 2016, Thibaut Garagnon est réinterrogé par l'ajuste d'instruction.
21:44Il explique qu'il n'est pas en mesure de comprendre son geste.
21:47Il en garde un souvenir flou.
21:49Il fait part de ses difficultés psychologiques et de sa mauvaise condition physique.
21:55Il n'exclut pas le coup de folie.
21:57Presque deux ans plus tard, Thibaut Garagnon est à nouveau et longuement entendu.
22:01Il se présente alors sous une nouvelle identité.
22:04Il ne serait pas Thibaut, mais Light, l'ami imaginaire de Thibaut.
22:10Il explique que des personnages prennent parfois le contrôle de ses gestes et de ses pensées.
22:15Ainsi, il aurait mis le feu à l'immeuble sous l'emprise d'un personnage très violent qui se nomme
22:20Superbia et qui est le serviteur du mal.
22:24Il fait partie de ma personnalité.
22:26Et soutient Thibaut Garagnon.
22:31Mardi 28 février 2017, l'enquêteur de personnalité remet son rapport sur Thibaut Garagnon, diagnostiqué, surdoué dans son enfance.
22:40Le suspect n'aurait jamais vraiment trouvé son équilibre.
22:43En 2008, à l'âge de 12 ans, il a fait une tentative de suicide.
22:46Après l'incendie de la rue Mira, alors qu'il avait décroché un CDI à la gestion du trafic à
22:52la SNCF, il raconte avoir été envahi par les souvenirs du drame.
22:56Impossible pour lui de travailler, il a été licencié.
23:00Ceux qui le connaissent dépeignent Thibaut Garagnon comme une personnalité complexe, agitée, fragile.
23:06Le psychologue le décrit comme un individu immature, instable, en quête d'attention et de reconnaissance.
23:12Devant le psychiatre, Garagnon va de nouveau évoquer son double imaginaire et les personnages fantasmés qui l'entourent.
23:20Le psychiatre est sceptique.
23:21Il pense que le suspect s'abrite opportunément derrière des doubles pour, tout simplement, fuir sa propre responsabilité.
23:30Tous les experts estiment que Thibaut Garagnon peut être jugé, mais il doit être soigné.
23:34Il est placé dans une unité pour personnes vulnérables dans l'attente de son procès.
23:39Il sera sanctionné pour des violences envers d'autres détenus et des menaces à l'encontre d'un surveillant.
23:49Je vais poser la question à nos deux invités.
23:52La même question, je commence par vous, Maître Martin Méchain, avocat de l'une des familles qui a perdu un
23:59membre des leurs dans cet incendie épouvantable de la rue Mira.
24:04Qu'est-ce qu'il faut penser des déclarations progressives de Thibaut Garagnon ?
24:09Au début, il ne parlait pas de personnages comme ça.
24:12Il n'était pas habité par cette fantasmagorie qui tient d'ailleurs de la bande dessinée le plus souvent.
24:17Qu'est-ce qu'il faut en penser ?
24:18Lui aussi, il a tenté un coup de poker, sauf qu'il est certainement moins malin que les policiers de
24:22la vie.
24:22Il est moins bon.
24:23Il n'est moins bon.
24:24Il n'a pas réussi.
24:24En fait, il a tenté de faire croire qu'il avait un TDI, donc un trouble dissociatif de l'identité,
24:30ce qui a été complètement démenti par tous les experts qui l'ont rencontré.
24:35Ce qu'il faut savoir, c'est que les personnes qui ont un TDI, d'abord c'est extrêmement rare,
24:37et puis surtout, ce sont des personnes qui n'en sont pas conscientes et qui ont du mal à en
24:42parler,
24:42qui n'arrivent pas à en parler.
24:43Et lui, il en parle de manière vraiment très, presque très froide, très clinique.
24:49Et cet interrogatoire du 5 juillet 2018, il est vraiment étrange.
24:53Il dit, vous me demandez pourquoi je dis on ?
24:57On ne s'est jamais rencontré, je suis Light, l'ami imaginaire de Fox, Thibaut, samedi.
25:01Mais il n'était pas bien du tout.
25:03On s'est battu parce qu'il ne voulait pas rester.
25:04J'ai pris sa place.
25:05Il s'est réfugié dans son imaginaire.
25:07Et alors ensuite, il déroule toute son histoire.
25:08Et à la fin, si vous voulez, il n'est pas du tout délirant.
25:12C'est-à-dire qu'il raconte des choses qui ne sont pas vraies,
25:15mais il n'est pas délirant.
25:17Et à la fin, quand la juge lui demande de signer,
25:19il demande, je signe comme aurait signé Thibaut ?
25:22Point d'interrogation.
25:23Donc vraiment, il pousse le vice, j'allais dire,
25:25jusqu'à faire croire qu'il pourrait signer autrement.
25:28Et donc, en réalité, ça ne correspond pas à quelqu'un qui aurait un TDI.
25:32Ça correspond davantage, mais lui-même le dit.
25:34Et c'est un peu comme ça qu'il se fait piéger aussi.
25:36Il les appelle ses amis imaginaires.
25:38Mais le TDI, ce n'est pas un ami imaginaire.
25:40Le TDI, c'est vraiment des personnalités différentes.
25:42Maître Paul Fortin, avocat de Mourad Sadi.
25:45Mourad Sadi, je le répète, c'était le premier suspect.
25:47Il a fait un an de prison, il est sorti.
25:49Mais en tout cas, il a fait un an de prison absolument pour rien.
25:52Il n'était absolument pour rien dans cette histoire d'incendie.
25:54Le premier psychiatre, à propos de Thibaut Garagnon,
25:58va dire qu'en fait, en inventant tout ça,
26:01en se créant cette espèce de fantasmagorie,
26:04de personnage, etc.,
26:05cette suite de personnages,
26:06en fait, il cherche à contourner sa responsabilité.
26:09Ça a l'air d'être clair comme de l'eau de roche.
26:12Oui, effectivement, un expert psychiatre peut prendre des conclusions
26:16qui peuvent éventuellement conclure à une abolition du discernement.
26:19C'est peut-être l'enjeu qu'il y a derrière tout ça.
26:21Ça, moi, mon client, à ce moment-là, il était libéré.
26:24Je lui ai parlé de ces évolutions-là.
26:26Bon, il m'a dit, j'y crois pas.
26:29Mais, ensuite, vous savez, Mourad Sadi,
26:31il n'avait pas une animosité pour Thibaut Garagnon,
26:35disproportionnée, à me dire,
26:35ah non, il faut absolument que vous interveniez auprès de la juge
26:38pour que vous fassiez une note,
26:39pour expliquer que tout ça, c'est de la fabulation.
26:42Et pourtant, maître, c'est cet homme qui l'envoie en prison.
26:46Excusez-moi, mais...
26:46Je suis parfaitement d'accord avec vous,
26:48mais ce qu'il faut réaliser quand on côtoie des gens comme Mourad Sadi,
26:52c'est que c'est des vies extrêmement difficiles.
26:54Et on a le sentiment qu'ils ont tellement intégré que le sort s'abat sur eux.
26:59Une fatalité.
27:00Une sorte de forme de fatalité.
27:01Et il n'y avait pas de véhémence à l'égard de Thibaut Garagnon.
27:04Il n'y a pas beaucoup d'excuses dans ces propos, maître Martin Méchain.
27:07Non, c'était...
27:08Dans toutes les auditions, jamais il parle des victimes.
27:11Non, très peu.
27:12Ou alors, de manière très utilitaire,
27:14on sent bien qu'il le fait parce qu'il est un peu obligé.
27:16Et à l'audience aussi, ça a été pénible pour les victimes
27:20parce qu'en fait, il ne parlait que de lui tout le temps.
27:22Il ne parlait que de ses douleurs à lui.
27:24Il ne parlait que de ses problèmes à lui.
27:25Et d'ailleurs, c'est ce qu'indiquent les experts.
27:28C'est qu'il est très complaisant avec ses propres difficultés.
27:31Donc oui, et sur la question que vous posiez à mon confrère
27:34sur le fait de vouloir échapper à sa responsabilité,
27:36c'est très clair.
27:37Il le dit toujours dans le même interrogatoire.
27:38Question du juge.
27:39Sur les faits, avez-vous d'autres choses à dire ?
27:41Réponse.
27:41Pour moi, Fox.
27:42Donc Thibaut n'y est pour rien.
27:44Si Superbia a pris le contrôle, je suis désolé.
27:46Donc sous-entendu, c'est pas moi.
27:48J'ai rien fait.
27:49Allez voir Superbia.
27:50Et donc là, clairement, il est dans la tentative vaine
27:53et un peu puérile.
27:54Mais de toute façon, il y a beaucoup de choses qu'il fait
27:56qui sont puériles.
27:57Il est dans la tentative vaine d'échapper à sa responsabilité pénale.
28:01Cinq ans après les faits, le procès.
28:04Thibaut Garagnon, l'incendiaire de la rue Mira.
28:06Vers 4h20, je me suis réveillé avec cette pulsion de détruire quelque chose.
28:11L'enquête de l'heure du crime.
28:12On se retrouve dans un instant sur RTL.
28:16Bonne journée sur RTL.
28:25RTL. Votre radio.
28:27Carfoum.
28:28L'heure du crime.
28:29Présenté par Jean-Alphonse Richard sur RTL.
28:33Retour dans l'heure du crime sur l'affaire Thibaut Garagnon.
28:36Ce jeune homme est soupçonné d'être à l'origine de l'un des plus dramatiques incendies de Paris.
28:40Celui de la rue Mira en 2015.
28:42Huit morts.
28:43Le suspect a fait des aveux confus, embrouillés.
28:45Cinq ans après les faits, il est jugé.
28:51Lundi 30 novembre 2020, Thibaut Garagnon, 24 ans, cheveux bruns, attaché en queue de cheval,
28:56t-shirt gris à l'effigie de Fluttershy, personnage de la série pour enfants My Little Pony,
29:02est dans le box des accusés de la cour d'assises de Paris.
29:06Je reconnais les faits.
29:07Nous ne pensions pas tuer des gens, dit-il.
29:10La présidente lui demande pourquoi il passe du jeu au nous, Garagnon,
29:14sous le suivi psychiatrique, explique être sous l'influence de Superbia, son ami imaginaire.
29:20Je ne souhaitais pas la mort des victimes.
29:23Je prie tous les soirs pour les familles et les victimes, affirme-t-il.
29:26La cour fait circuler les photos de l'incendie de la rue Mira, dont celle des corps calcinés.
29:32L'accusé haute ses lunettes, s'éponge les yeux.
29:35Je n'avais jamais vu ses photos, murmure-t-il.
29:37A la barre, à la santé, le locataire du 3e se souvient que Garagnon, le voisin du 2e, le harcelait.
29:44Il montait pour un oui, pour un non, pour toquer à sa porte.
29:47Il frappait les murs et le plafond avec une béquille.
29:50Il l'insultait avec ses mots.
29:52Je ne veux pas que des Noirs habitent au-dessus de chez moi,
29:55ou bien quand je vois des Noirs, ça m'énerve.
29:58Dans le box, l'accusé fait non de la tête.
30:05Thibaut Garagnon raconte les faits.
30:07Vers 4h20, je me suis réveillé avec cette pulsion de détruire quelque chose.
30:11Il a alors dévalé les escaliers.
30:13Il avait un briquet.
30:14Il a mis le feu à la poussette, mais il n'a pas vu de flammes.
30:16Il est parti se recoucher.
30:18Je me suis dit que c'était complètement stupide, ce que je faisais.
30:21Ensuite, il a senti la fumée.
30:24Il a vu deux locataires se défenestrer.
30:27Je n'étais pas dans mon état normal.
30:29Si les médecins et les psychiatres m'avaient davantage aidé,
30:33ça ne serait peut-être pas arrivé, affirme-t-il.
30:35Son père parle d'un enfant qui, tout petit, était toujours en colère.
30:39Contre tout, sa mère le défend.
30:41Il était différent parce que précoce.
30:43Nous avons essayé de lui apprendre la bienveillance et l'empathie.
30:46Thibaut Garagnon reprend la parole.
30:49Je m'en veux énormément d'avoir vécu quand d'autres n'ont pas survécu.
30:53L'avocat général ne le croit pas.
30:55Vous êtes en train de faire une mise en scène.
30:57Vous mentez.
30:58Il demande 25 ans de prison à l'encontre de l'accusé.
31:03Et on va voir dans le chapitre suivant à quelle peine va être condamné Thomas Garagnon.
31:09Mais tout de suite, évidemment, on va parler du procès avec vous,
31:11Maître Martin Méchain.
31:13Vous défendez l'une des familles de victimes.
31:15Vous êtes évidemment à ce procès.
31:18On n'a pas du mal à le suivre, Garagnon,
31:21mais il y a une question quand même qui se pose.
31:23Est-ce qu'il est sincère ?
31:25Parce que même quand il raconte les faits,
31:28on a l'impression qu'il y a une espèce de voile de mensonge.
31:32Les seules fois où il est sincère, en fait, je pense,
31:34c'est quand il parle de lui et de ses propres difficultés.
31:37Là, il est sincère, c'est-à-dire qu'il souffre de certaines choses.
31:40Il souffre depuis toujours d'une forme de solitude.
31:43Donc là, il y a une forme de sincérité.
31:45En revanche, dès qu'il s'agit de parler des autres,
31:48ou de ce qu'il a fait,
31:49là, il n'y a plus de sincérité.
31:51On est vraiment...
31:52C'est assez marquant.
31:54Et quand il s'agit d'exprimer des regrets,
31:56alors, il a dû en exprimer.
31:59Je n'en ai pas de souvenirs particuliers,
32:01parce qu'en réalité,
32:02c'est quelque chose qui n'a pas du tout été entendu
32:05par les victimes.
32:06Vraiment, la manière dont ça a pu être exprimé,
32:10ça n'a pas été perçu comme de réels regrets.
32:12C'était toujours cette notion d'utilité, en fait.
32:15Il y a des regrets utilitaires.
32:16On est devant une cour d'assises, évidemment,
32:17que si on reconnaît les faits, il faut regretter.
32:19Sinon, vous allez prendre le maximum.
32:21Et le maximum, c'était perpétuité.
32:23Mais non, il n'y a pas de grande sincérité
32:25chez Thibaut Garagnon.
32:27Et puis, il y a une volonté d'un peu de manipuler.
32:30Alors, il n'y arrive pas,
32:31parce qu'il n'est pas suffisamment armé,
32:35psychologiquement, pour manipuler les gens.
32:37Mais il y a toujours cette tentative.
32:39Comment est-ce qu'il se comporte ?
32:41Vous connaissez bien le système de la cour d'assises.
32:44Il est là.
32:44Est-ce qu'il répond très naturellement aux questions ?
32:46Est-ce qu'il veut prendre la parole ?
32:48Est-ce qu'il est à l'affût de tout ce qu'on pourrait dire sur lui ?
32:52Non, il est plutôt fuyant, si vous voulez.
32:55Il donne l'impression d'être quelqu'un de très timide,
32:57de très rentré en lui,
33:01et relativement fuyant quand même.
33:02Ce n'est pas quelqu'un qui s'exprime avec aisance,
33:08ou dont on sent la sincérité.
33:10On sent que c'est compliqué pour lui, ça c'est sûr.
33:13L'audience a été compliquée pour lui,
33:15mais c'est tout à fait normal.
33:17Et il a eu du mal, je pense,
33:21à convaincre quiconque de ce qu'il disait.
33:23Les familles, évidemment, de victimes sont là.
33:26Vos clients, je suppose, sont là, à l'audience.
33:30Quand elles ont appris que c'était ce garçon
33:34qui avait mis le feu et qui avait ôté la vie à un des leurs,
33:38comment est-ce qu'elles ont réagi ?
33:39Je pense que c'est vous qui avez annoncé à vos clients
33:42qu'enfin, il y avait un vrai suspect arrêté, j'ai envie de dire.
33:45Oui, parce que depuis un an, je leur disais,
33:47attention, celui qui est en détention,
33:48soit ce n'est pas lui, soit de toute façon,
33:50il n'y a pas suffisamment d'éléments.
33:52Et le jour où Thibaut Garagnon est en garde à vue à vous,
33:55la juge m'appelle, me dit, voilà,
33:56je vous informe que Thibaut Garagnon a avoué les faits,
33:59je vous le dis, parce que je ne veux pas
34:00que vos clients l'apprennent par les médias.
34:01Donc j'appelle immédiatement mes clients,
34:02qui sont en région Nantaise,
34:03donc je ne peux pas les voir physiquement.
34:05Et j'annonce ça au père de la victime décédée,
34:09qui s'effondre en fait totalement,
34:11en me disant, mais maître, mais ce n'est pas possible.
34:14Il y a encore une semaine,
34:16il a organisé la cérémonie de commémoration.
34:18Il y a une semaine, il m'a pris dans ses bras.
34:20Il y a une semaine, il m'a pris dans ses bras
34:22et il nous a envoyé des billets de train,
34:23parce qu'il travaille à la SNCF,
34:24pour qu'on puisse venir à la commémoration.
34:26Et il m'a dit une phrase dont je me souviendrai toute ma vie,
34:29parce que ça fait quelques années maintenant,
34:31mais je m'en souviens comme si c'était hier.
34:32Il m'a dit, il me l'a tué une deuxième fois.
34:36C'est comme s'il me l'avait tué une deuxième fois.
34:38Ça, je m'en souviendrai toujours.
34:39C'est terrifiant.
34:40Et c'est glaçant,
34:41parce que là, on a toute la mesure du personnage,
34:43à travers ses simples propos.
34:45Il les a invités à la cérémonie, etc.
34:47Il était un peu le maître de cérémonie, d'ailleurs,
34:50avec son bouquet de tournesol.
34:52Et puis, voilà, c'est lui qui a tué tout le monde.
34:55C'est vraiment très très frappant,
34:56ce que vous racontez, maître méchant.
34:57Maître Paul Fortin, une petite question pour vous.
34:59Vous êtes l'avocat de Mourad Sadi.
35:01Est-ce que Mourad Sadi est venu à ce procès ?
35:03Non, Mourad Sadi, il n'est pas venu à ce procès,
35:04parce qu'il n'y a pas été convoqué.
35:06Alors, évidemment, pas comme accusé,
35:07puisqu'il était innocent,
35:08et même pas comme témoin.
35:09Et le fait qu'il ne soit même pas convoqué comme témoin,
35:11ça vous montre à quel point
35:12il était quelque part à distance des faits.
35:14Il n'avait rien à dire sur cette affaire.
35:16Il n'en était même pas un témoin.
35:18Et pourtant, il a fait un an de prison.
35:19Et il aurait pu raconter, quand même ?
35:21Dire un petit peu ?
35:21Il aurait pu juste lui rendre,
35:24non pas hommage,
35:25mais en tout cas, lui,
35:26ce que vous dites est très intéressant,
35:31Thibaut Garagnon.
35:31Mais effectivement,
35:33dans notre procédure pénale,
35:34il n'y a aucun moment
35:35où la justice convoque quelqu'un
35:36qui a fait un an de prison pour rien
35:38pour lui dire une forme de
35:40« je vous explique pourquoi vous avez fait de la prison,
35:42je vous explique pourquoi vous avez été innocenté ».
35:43Ça serait salutaire ?
35:44Ça serait salutaire.
35:45C'est le rôle de l'avocat
35:47d'essayer d'expliquer ça à son client.
35:50Après 11 jours de procès, le verdict.
35:52Thibaut Garagnon, l'incendiaire de la rue Mira,
35:55peut m'importer la peine.
35:57Ma peur était qu'il recommence.
35:59L'enquête de l'heure du crime,
36:01je vous retrouve tout de suite sur RTL.
36:03Retrouvez toutes vos émissions en podcast
36:05sur rtl.fr ou sur l'application RTL.
36:08L'heure du crime,
36:09présentée par Jean-Alphonse Richard sur RTL.
36:13Dans l'heure du crime,
36:14l'affaire Thibaut Garagnon
36:15accusé d'avoir commis
36:16l'un des plus meurtriers incendies à Paris,
36:19celui de l'immeuble de la rue Mira 2015.
36:21Le jeune homme a reconnu les faits
36:23sans vraiment les expliquer.
36:24Jugé 5 ans plus tard,
36:26voici le verdict.
36:30Jeudi 10 décembre 2020,
36:32Thibaut Garagnon, 24 ans,
36:33est condamné à 20 ans de prison
36:35aux Assises de Paris.
36:36Il devra se plier à un suivi judiciaire
36:38pendant 12 ans après sa sortie de prison.
36:41Garagnon échappe donc à la perpétuité.
36:44La cour a certainement pris en compte
36:46sa personnalité particulière,
36:48commente l'un de ses avocats,
36:50maître Laurent Thieffry.
36:51L'accusé,
36:52vêtu d'un tee-shirt noir
36:53avec des licornes,
36:55reçoit le verdict sans broncher.
36:57Pas en mots pour les victimes,
36:58son seul regard
36:59est pour sa mère.
37:04Michel,
37:05maire de l'un des locataires défenestrés,
37:07se dit soulagé.
37:08Depuis 5 ans,
37:09nous étions dans la tourmente.
37:11Je sors d'ici avec l'impression
37:12de pouvoir un peu mieux respirer.
37:14Une autre maire de victime
37:16commente,
37:17peut m'importer la peine.
37:19Ma peur était qu'il recommence
37:20et qu'un jour d'autres familles
37:22puissent vivre
37:23ce qu'on a vécu.
37:25J'ai été réveillé
37:26par une forte odeur de fumée.
37:28J'ai commencé à crier
37:30au feu, au feu.
37:31Puis j'ai vu les deux personnes
37:33qui se sont défenestrées
37:35tomber.
37:36Ça a fait un bruit traumatisant.
37:38Je l'entends encore
37:39résonner dans ma tête.
37:40Je m'en doutais déjà
37:41que c'était quelque chose
37:42de criminel.
37:43Le premier incendie qu'il y a eu,
37:45la colère,
37:45énormément de colère.
37:49Thibaut Garagnon,
37:50c'est bien lui
37:50qui parle,
37:51alors qu'on pourrait croire
37:51que c'est un témoin
37:52comme ça lambda,
37:53qui est un habitant
37:54qui aurait été
37:55un rescapé.
37:57Non, c'est bien lui
37:57qui parle l'incendie.
37:58Thibaut Garagnon,
37:59c'est une archive RTL
38:00du 4 septembre 2015.
38:03Maître Martin Méchin,
38:04vous êtes avec nous,
38:05avocat de l'une des familles
38:06de victimes,
38:0720 ans de prison.
38:09Évidemment,
38:09les familles sont soulagées.
38:11Est-ce qu'elles ont compris,
38:13les familles,
38:14ce qui s'était passé ?
38:15Pourquoi ce garçon,
38:16je dis garçon
38:17parce qu'il a 20 ans
38:18au moment des faits,
38:1819, 20 ans,
38:20pourquoi ce garçon
38:21aurait commis
38:22l'irréparable ?
38:24Non,
38:24on n'a jamais vraiment
38:25eu de réponse
38:26satisfaisante
38:26et convaincante.
38:28Peut-être qu'il n'y a pas
38:28qu'une seule réponse
38:30d'ailleurs.
38:30Peut-être qu'il y a
38:31effectivement le conflit
38:32qu'il avait avec un délocataire.
38:33Peut-être qu'il voulait
38:35effectivement
38:36revoir les pompiers
38:37alors qu'il les avait déjà
38:37appelés deux heures auparavant.
38:40Peut-être que...
38:40Alors,
38:41ce sur quoi
38:42les experts sont tous d'accord,
38:43c'est qu'il y a un fort sentiment
38:44de solitude chez Thibaut Garagnon.
38:46C'est la seule chose
38:47à peu près
38:48qu'on reconnaît
38:48entre guillemets,
38:49c'est qu'effectivement
38:50il souffre
38:50d'une forme de solitude
38:52et donc
38:53c'est
38:54la volonté
38:55de se faire remarquer,
38:56la volonté
38:56de se faire passer
38:57pour une victime
38:58parce que
38:58quand il y a un incendie
38:59dans son immeuble,
39:00on est victime,
39:00évidemment.
39:01Donc c'est toujours
39:02dans cette victimisation
39:03parce que,
39:03comme je le disais tout à l'heure,
39:04il est toujours
39:05dans la victimisation.
39:06Donc en fait,
39:06là il se crée
39:07son propre statut de victime.
39:09Sauf que
39:09il y a malheureusement
39:11des gens qui ont été
39:14morts,
39:15il ne faut pas les oublier.
39:16Ça,
39:16ce sont les vraies victimes
39:17de cette affaire
39:17et puis également
39:19une victime collatérale,
39:20c'est Mourad Sadi,
39:21l'homme qui a passé
39:22un an en prison.
39:23On va en dire un mot.
39:25Maître Méchain,
39:26un petit mot
39:26sur vos clients.
39:28Ils reçoivent ce verdict.
39:30Ils attendaient
39:31pour eux,
39:31c'est une manière aussi
39:32de faire leur deuil
39:33en quelque sorte
39:34de cette affaire
39:36bouleversante.
39:37Comment est-ce qu'ils ont reçu
39:39ces années de prison ?
39:40Je ne pense pas
39:40que le verdict
39:41soit une manière
39:41de faire son deuil.
39:42Je pense qu'on ne fait jamais
39:43le deuil de son enfant
39:43en réalité.
39:45D'ailleurs,
39:46il n'y a pas de mot
39:46en français
39:47pour désigner des parents
39:48qui ont perdu leur enfant
39:49et dans quasiment aucune langue.
39:50Il y a quelques langues
39:51mais très rares
39:51dans lesquelles il y a un mot
39:52pour désigner spécifiquement
39:53cette situation
39:54de perdre un enfant.
39:55Je pense qu'il n'y a pas moyen
39:56de faire son deuil.
39:59Je ne peux même pas dire
40:00qu'ils ont été satisfaits
40:00par le procès
40:01parce qu'en fait,
40:02Thibaut n'a apporté
40:03aucune réponse satisfaisante.
40:06Ça a été très douloureux
40:07pour eux de le voir,
40:09évidemment.
40:09Ça a été très douloureux
40:10de l'entendre.
40:12J'allais dire,
40:13ils ont pris acte
40:14de la décision
40:15mais non,
40:16ils n'ont pas fait leur deuil.
40:17Je pense qu'on ne fait pas
40:18son deuil
40:18de la perte d'un enfant
40:19dans ces conditions.
40:20Il est toujours en prison,
40:21Thibaut Garagnon ?
40:22Alors moi,
40:22je n'ai pas de nouvelles
40:22mais j'imagine que oui.
40:23Ayant pris 20 ans
40:24en 2000...
40:25Oui,
40:26a priori,
40:27il est toujours en prison.
40:27On peut toujours avoir
40:28une surprise maintenant.
40:29Vous auriez été averti.
40:30Oui,
40:30c'est-à-dire que dans les procédures
40:31d'aménagement de peine,
40:33lorsqu'un aménagement de peine
40:36est envisagé
40:36sur des faits de cette nature,
40:38enfin sur des faits graves,
40:39les victimes sont avisées
40:40et peuvent éventuellement
40:45sur l'aménagement de la peine
40:48et donc je n'ai pas été
40:49moins informé
40:50qu'il y ait à ce stade
40:51en tout cas
40:52de projet d'aménagement de peine
40:54pour Thibaut Garagnon.
40:56Il est incarcéré en 2016,
40:58en en 2026,
40:59ça fait 10 ans,
41:00ceci dit,
41:01la question va commencer
41:02à se poser.
41:03On commence à rentrer
41:03dans la zone sensible.
41:05La question va commencer
41:05à se poser
41:06mais je pense que
41:08si son positionnement
41:09ne change pas,
41:10ça va être compliqué
41:10parce que s'il a pris
41:11une peine lourde
41:12et c'est une peine lourde
41:13en réalité sur ce type de faits
41:14même si c'est la perpète
41:15qui est encourue,
41:15ça reste une peine lourde,
41:17c'est parce que la cour
41:18a estimé qu'il y avait
41:19une forme de dangerosité.
41:21Maître Paul Fortin,
41:22un petit mot
41:22sur Mourad Sadi,
41:23vous l'avez défendu
41:24au cours de cette affaire,
41:25c'est, je le dis,
41:26le suspect
41:26qui était en premier arrêté
41:28et qui n'avait absolument
41:29rien fait,
41:30il a eu des compensations,
41:31il a obtenu quelque chose
41:32ensuite de la justice ?
41:33Oui,
41:34un an après le procès d'Assise,
41:36quelque part,
41:37cette histoire,
41:37elle commence avec Mourad Sadi
41:38qui est interpellé tout de suite.
41:40On a le temps
41:40de faire toute l'enquête,
41:41toute l'instruction,
41:42le procès de Thibault Garnion
41:43de le condamner
41:44et c'est seulement
41:44un an après,
41:45décembre 2021,
41:46que Mourad Sadi
41:47est indemnisé.
41:48Préjudice moral,
41:4930 000 euros
41:50pour un an de prison,
41:51ça laisse songeur.
41:52Et ensuite,
41:53il s'est retrouvé dans la rue
41:54parce que je suppose
41:55qu'il est retombé SDF.
41:58Effectivement,
41:58puisque cette indemnisation,
42:00elle est venue fort tardivement,
42:01il a d'abord été SDF
42:02et ensuite,
42:03la mairie du 18ème
42:04a pris toute une série de mesures
42:05pour lui trouver un logement
42:06et qu'ils en soient remerciés.
42:07Merci beaucoup
42:08à tous les deux,
42:09Maître Paul Fortin
42:10et Maître Martin Mechin
42:12d'avoir été les invités
42:14de l'heure du crime.
42:14Merci à l'équipe de l'émission,
42:16rédactrice en chef
42:17Justine Vigneault,
42:18préparation Romain Divares,
42:19Valentine Bardet,
42:21réalisation en direct,
42:22Jonathan Griveaux.
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