00:03C'est l'heure de la chronique Perspective avec Jean Damour. Bonsoir Jean.
00:06Bonsoir Jean-Philippe.
00:07On va revenir sur cet événement survenu cette semaine aux Îles-de-la-Madeleine, à l'île d'Entrée,
00:11cette année qui a dû attendre 12 heures qu'un hélicoptère d'Halifax vienne la chercher pour la
00:16transporter évidemment à l'hôpital des Îles parce que l'Ivan Quinn est en arrêt technique,
00:20il n'y a pas de bateau de relève qui est en mesure d'accueillir une ambulance. Ce n'est
00:23pas la première
00:24fois que ça arrive aux Îles-de-la-Madeleine que la STQ, bon, n'a pas prévu le coup si
00:27on peut dire,
00:28j'aimerais t'entendre là-dessus. C'est désolant et la STQ se comporte aux Îles comme elle se
00:33comporte partout ailleurs au Québec, que ce soit dans le secteur de Rivière-du-Loup avec un déménagement
00:37de traverses ou avec d'autres difficultés. Les Îles-de-la-Madeleine, c'est une situation
00:41particulière. On parle des Îles-de-la-Madeleine, ça le dit, on vit dans un contexte insulaire où on a
00:47besoin de services. La responsabilité de la Société des traversiers du Québec via sa propre loi, parce que
00:52la société c'est une loi, c'est de desservir les Québécois là où ils sont dans un cadre de
00:57sécurité.
00:57C'est son mandat là, c'est écrit noir sur blanc. Alors ça, c'est des genres de choses que
01:01tu peux
01:01prévoir. Alors le bateau est en arrêt technique, mais il faut que tu aies une solution de rechange
01:07rapide en situation de maladie. On vient de le vivre. J'espère, j'ose croire que dorénavant,
01:14c'est le genre de choses qu'on va corriger. Imagine-toi là, attendre 12 heures dans un contexte
01:19d'incertitude où t'es malade ou ça va pas bien. Ça peut arriver demain, ça peut arriver à n
01:23'importe qui.
01:23Alors moi, si je suis un résident des Îles-de-la-Madeleine, je me gratte la tête. Mais la Société
01:28des
01:28traversiers, pour moi, c'est une structure dépassée. C'est une structure qui a fait son
01:33temps et ça devrait revenir au ministère en termes de services pour s'assurer que les
01:37choses se passent bien. Les Îles-de-la-Madeleine, c'est des Québécois comme tout le monde. Ils ont
01:42le droit d'obtenir des services dans des délais normaux, tenant compte du contexte d'insularité.
01:47C'est ça les Îles-de-la-Madeleine.
01:50Le député Joël Arsenault le disait cette semaine, il dit que la STQ prévoit l'hiver,
01:54un hélicoptère, que le bateau ne peut pas traverser. Là, le bateau ne peut pas traverser
01:56parce qu'il est en arrêt technique. On a prévu un navire de relève, mais évidemment,
01:59c'est un navire qui ne peut pas accueillir de véhicules. Donc, puis c'est déjà arrivé
02:04dans le passé que la STQ, même, envoie un hélicoptère, mais oublie d'envoyer l'essence,
02:08le carburant qui va avec.
02:09Société des traversiers du Québec. Non, c'est extraordinaire.
02:13Est-ce que, dans le fond, ça remet encore une fois, tu l'as dit, en question, justement,
02:18la gestion à distance? Parce que sur le terrain, j'imagine qu'on est très loin de Québec.
02:22Bien, la gestion à distance, mais en même temps, c'est leur ADN, c'est leur raison d'exister,
02:27c'est de désenclaver, c'est de transporter les citoyens, c'est de faire en sorte que ce soit efficace.
02:32Tu sais, la moindre des choses concernant les Îles-de-la-Madeleine, c'est de prévoir cet élément-là.
02:37Si quelqu'un est malade, tu sais, ailleurs, sur le territoire d'Alba-Saint-Laurent,
02:41il y a Notre-Dame-des-Septes-Douleurs-Lilles, où il y a un service aussi d'hélicoptères l'hiver.
02:46Mais il faut que tu prévois, 7 jours par semaine, 24 heures par jour, une solution alternative.
02:53C'est ça, le contexte de l'insularité. Et les Îles-de-la-Madeleine, il y a une population quand
02:57même importante là.
02:58On s'en va, on arrive, on est aux portes de la saison touristique, ça risque d'arriver encore.
03:03Alors, je pense qu'il y a un travail à faire, il y a une réflexion à faire quant à
03:06la structure de la société elle-même.
03:08Il faut que rapprocher le service de la population, puis avoir un plan d'évacuation ou un plan d'urgence
03:14à tout moment.
03:16Tu ne peux pas te coucher un soir en disant, ça va bien aller, il n'y a personne qui
03:18va être malade.
03:19Au cas où ça arrive, il faut que tu sois prêt. Alors, on ne peut pas compter sur cette société
03:23d'État-là.
03:24On le voit partout là. Là où il touche un dossier, c'est soit un non-respect des échéanciers, ça
03:29ne va pas bien.
03:30Alors moi, je m'interroge beaucoup. Ce n'est pas la première fois que je le fais.
03:34Et il y a des gens qui sont en autorité qui devront répondre à des questions.
03:38Il y a la PDG, il y a aussi le président du conseil d'administration, M. Tessier-Fleury, qui peut
03:43être invité en entrevue aussi.
03:45Ces gens-là sont imputables. Ils ont été nommés par le gouvernement, ils ont une job à faire.
03:49Et là, on parle de sécurité de notre monde sur le terrain. C'est gros ce qu'on dit.
03:53Ça peut arriver à tout moment, ces situations-là. Alors moi, personnellement, j'ai un enjeu de confiance à l
04:00'égard de cette société d'État.
04:01Merci, Jean.
04:02Bonne semaine.
Commentaires