00:03C'est le moment de la chronique Perspective avec Jean Damour. Bonsoir Jean.
00:06Bonsoir Jean-Philippe.
00:07Carte électorale, évidemment, la décision de la Cour suprême cette semaine qui suscite
00:11beaucoup de réactions. Quoi que fallait s'y attendre, on peut dire.
00:15Jugement sur le banc. La Cour tranche et tout à coup, et tout à coup,
00:19ben là on va légiférer à l'Assemblée nationale du Québec. Mais que faisait-on il y a un an
00:24ou
00:24il y a deux ans? Lors d'une chronique précédente, Jean-Philippe, je t'en parlais. L'Assemblée nationale
00:29avec le consentement des partis a des pouvoirs. C'est le législateur. On est là pour changer
00:34des lois ou adopter des lois au Parlement. C'est imprévisible ce qui est arrivé. Alors là,
00:39ben on va vivre avec ça, à moins qu'il y ait justement l'adoption de cette loi-là. Moi,
00:42je suis convaincu que l'ensemble des partis va consentir une modification législative.
00:47Je ne peux pas dire que tu es en faveur des régions, puis en même temps, fermer les yeux
00:50sur la disparition d'un comté en Gaspésie alors que les distances sont énormes. Moi,
00:55je milite en faveur d'un statut particulier pour la Gaspésie, un peu comme ça s'est fait il y
01:00a
01:00quelques années pour les Îles-de-la-Madeleine, à d'autres niveaux, on s'entend là. Mais la Gaspésie,
01:05elle est là où elle est, heureusement. C'est magnifique. C'est grand. Ça fait partie des richesses
01:10de la Gaspésie. Est-ce que le gouvernement se colle à la réalité gaspésienne ou si la réalité
01:14gaspésienne va devoir se coller au Québec? Alors, la question est posée. La réponse va venir dans les
01:20prochaines semaines. Mais le temps presse parce qu'il va rester cinq semaines pour la session parlementaire.
01:23Est-ce que c'est faisable? Et on a perdu du temps. Oui, c'est faisable. Sur le plan législatif,
01:28c'est faisable avec le consentement des partis. S'il y a un parti ou deux qui disent que ça
01:31n'a pas
01:32d'allure et qu'ils veulent, on va respecter le jugement de la Cour suprême, c'est une chose. Mais
01:35moi,
01:36je suis convaincu que l'ensemble des partis, tu sais, l'ensemble des partis va consentir une
01:40modification de la loi qui va permettre de régler cette affaire-là. Tu sais, le phénomène,
01:45pour bien connaître la Gaspésie, le phénomène des distances, l'importance de la représentation
01:51communauté par communauté en Gaspésie, c'est important. Là, il faut que ça se fasse.
01:56Ce n'est pas compliqué. Il faut que le gouvernement légifère modifie la loi de façon à permettre
02:02de conserver nos comtés en Gaspésie. Mais le gouvernement a deux choix. Donc,
02:04peut donner un statut particulier à la Gaspésie ou ajouter deux circonscriptions aussi.
02:08Actuellement, dans la loi, c'est 125. Oui. Mais tu sais, là-dessus, je sais déjà
02:11qu'il y a des gens qui vont monter au barricade dans 10 ans. De 925, on en a assez.
02:15C'est vrai que ça se gère à 125. Cependant, la population du Québec au cours des dernières
02:20décennies a augmenté de façon significative. Tu sais, moi, je ne suis pas contre une représentation
02:26complémentaire pour les régions du Québec. Bien au contraire. Cependant, au moins le
02:32statu quo, dans le meilleur des cas ou dans le pire des cas, c'est selon, c'est au moins
02:37le statu quo. Si on peut ajouter des députés, moi, je ne suis pas contre ça du tout. Mais il
02:42faut trouver une solution. Ce n'est pas vrai qu'on va éliminer un comté en Gaspésie
02:45et que tu vas pouvoir demander à ton député ou ta députée de quelque partie que ce soit
02:49d'être aussi présent et efficace sur le terrain. En région, les gens veulent connaître
02:54leurs députés. Ils veulent lui parler. Ils veulent avoir des échanges. Ils veulent
02:59le sensibiliser aux réalités régionales. Juste en Gaspésie, ce n'est pas la même
03:03réalité partout. Non, ce n'est pas les mêmes aussi. Alors, poser la question, c'est
03:06lui répondre. Mais ce que je déplore, ça va se vivre dans l'avenir. C'est cette
03:10attente-là, entre guillemets, ce laxisme-là de la part des élus. On le savait que ça
03:16allait arriver. Si toi et moi, on le savait, les élus le savaient. Pourquoi n'ont-ils
03:20pas agi avant? Ce n'est pas la première fois que ça arrive dans l'histoire, une affaire
03:22comme celle-là. Parce qu'ils ont adopté la loi 59 pour suspendre le processus électoral.
03:26Ça a été contesté. Ils ont perdu dans la Cour d'appel. Là, ils font dire non à la Cour
03:29d'appel. Mais ils auraient pu faire une loi, finalement, avant. Tout ça pour en arriver
03:32à une simple modification législative. Vois-tu? Tout ce temps, cette intertitude, cet argent
03:39gouvernement qui fait en sorte qu'on se retrouve à la case départ. Alors, la Cour
03:43suprême, dans le fond, interroge les lois existantes. La Cour suprême, je pense, a
03:48bien fait son travail. Puis un jugement sur le banc, c'est rapide. Mais la Cour suprême
03:52avait... a toujours le choix. La Cour suprême est libre de ses échéanciers. Mais il reste
03:58cinq mois avant l'élection. Il ne reste pas grand temps. Puis il reste tout au plus quelques
04:02semaines à la session. Même si la session était terminée, le Parlement peut quand même
04:06être rappelé sur une notion aussi importante. Parlons de ce qui nous concerne. Parlons de
04:11la Gaspésie, de l'importance d'une représentation efficace. Puis ce n'est pas vrai qu'avec un
04:15territoire comme celui-là, que tu peux diminuer le nombre d'élus. Puis d'avoir le même
04:19résultat, c'est tout à fait utopique de croire ça.
04:21Merci, Jean.
04:22Bonne semaine.
04:23Bonne semaine.
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