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  • il y a 8 heures
Les Français passent de plus en plus de temps à comparer les prix de leur alimentation. Mais ce qu'ils ignorent, c'est la façon dont les prix sont décidés. Pour le comprendre, la sénatrice Antoinette Guhl a enquêté durant 6 mois et réalisé près 190 auditions. Elle dénonce dans son rapport les surmarges de la grande distribution sur les produits sains et bio. Pour compenser des bénéfices plus faibles sur les produits ultratransformés, la grande distribution a tendance à se rattraper sur les fruits et légumes, notamment le bio avec des marges en moyenne 81 % plus élevées que sur le conventionnel, selon UFC Que choisir.
Une surmarge qui prive certains consommateurs d'une alimentation saine et qui ne profite pas aux agriculteurs. La guerre des prix que se livrent les principales enseignes de la grande distribution aurait même des effets délétères sur l'ensemble de la chaîne alimentaire : près d'un industriel sur trois serait déficitaire. De quoi mettre en danger notre souveraineté alimentaire. Année de Production :

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Transcription
00:21Dans la banlieue de Tourcoing chaque semaine, Fatima a la même habitude.
00:27Je vais récupérer des paniers.
00:30Que l'idée le met à disposition quand la date est proche, quand les légumes commencent un peu à se
00:36ramollir, des paniers à fricassés.
00:38Je sais qu'il n'y a pas beaucoup de paniers à disposition.
00:41Du coup, je préfère y aller le matin pour être sûre d'avoir quelque chose.
00:49Trois à six cagettes maximum de fruits et légumes invendus sont mises à disposition chaque jour par ce supermarché.
00:56Si Fatima parvient à en acheter une, elle aura de quoi couvrir les besoins de ses cinq enfants et de
01:02son mari pour une semaine.
01:03J'ai trouvé vraiment une grande cagette avec, regardez, des fraises.
01:08Ça, on connaît les prix des fraises, c'est une grande cagette quand même.
01:13Alors, j'ai des petites barquettes de champignons bio.
01:18Voilà, ça j'en ai plusieurs.
01:19J'ai des concombres aussi.
01:23Donc vous êtes contente ?
01:24Ah ouais, mais vraiment.
01:25Ah vraiment.
01:26Deux euros pour tout ça.
01:28Il y a beaucoup de produits bio à l'intérieur.
01:30Donc super, je suis super contente.
01:37Ces dernières années, avec l'inflation, le caddie de Fatima a été divisé par trois.
01:42Et la mère de famille a dû s'adapter.
01:45Il faut que je voie ce qui est bon ou pas.
01:48Voilà, ça par exemple, on lave, tout ça, ça s'en va.
01:50Et ça, c'est des champignons bio.
01:54Fatima et son mari vivent avec moins de 2000 euros par mois.
01:58Lui est retraitée, elle, aidante pour sa fille polyhandicapée.
02:03Là, mets-toi bien.
02:04Ça va ?
02:07Elle va prendre son bain et ensuite, elle va dîner.
02:13Les bons légumes et les bons produits pour ma fille, je crois que ça peut l'aider à aller bien.
02:22Manger sainement, c'est quand même un droit fondamental.
02:25Pour être bien dans mon corps, pour que la petite famille se porte bien,
02:30je trouve que ce qu'on pose sur la table, c'est important.
02:35Ah oui, pour bien manger, on sacrifie pas mal de choses.
02:38On le fait, mais c'est pas normal.
02:41Mais se battre contre qui et contre quoi ?
02:44Contre les grosses enseignes ?
02:45Contre qui, en fait, on va se battre ?
02:57Se battre contre la vie chère,
02:59c'est la promesse des enseignes françaises de la grande distribution.
03:03Mais qu'en est-il réellement ?
03:09Pour comprendre comment sont fixés les prix,
03:11il faut se rendre dans les rayons de nos supermarchés.
03:14Car c'est chaque enseigne qui détermine le prix final des produits.
03:17que nous consommons.
03:23Aujourd'hui, nous suivons Audrey de l'Association de défense des consommateurs Foodwatch.
03:28Depuis des années, elle dénonce l'injuste prix de notre alimentation.
03:34Le Nutella, c'est un produit appel phare de la grande distribution
03:38que les consommateurs ont envie d'acheter
03:40et qui doivent être disponibles dans les rayons.
03:42Les distributeurs ne margent quasiment pas sur ces produits-là
03:46puisque les prix de ces produits sont tellement connus
03:51qu'ils sont à peu près au même prix entre les distributeurs
03:54et donc que les marges vont devoir se faire sur d'autres produits
03:58pour compenser celles qui ne sont pas faites sur ces produits d'appel.
04:04Une fois votre caba rempli de gâteaux, sodas et pâtes à tartiner bon marché,
04:09c'est au rayon des produits frais que votre note de course peut considérablement augmenter.
04:15Les distributeurs vont avoir tendance à marger beaucoup plus sur les rayons des fruits et légumes,
04:21des produits frais, locaux et encore plus sur les rayons biologiques.
04:24On estime qu'aujourd'hui, les marges sur les rayons de fruits et légumes,
04:30ça va être jusqu'à 40% en plus.
04:33Il y a même certains légumes qui vont aller jusqu'à 67%.
04:36Ça montre bien à quel point ces produits les plus sains sont inaccessibles financièrement.
04:42Au moment de régler ces courses, le consommateur de produits frais et sains
04:46aura donc tendance à payer beaucoup plus cher.
04:49On sait par exemple qu'en 2022,
04:51les distributeurs ont acheté pour 18 milliards d'euros de fruits et légumes aux producteurs
04:59et que les consommateurs en caisse ont payé 22,7 milliards d'euros.
05:03Ça, ça montre bien la différence parce que pour des produits
05:07qui ne subissent pas de transformation industrielle,
05:09pour lesquels il n'y a pas d'intermédiaire, à part un emballage,
05:12on ne sait pas en fait expliquer pourquoi il y a cet écart et cette hausse de prix si importante.
05:18Selon quels critères les distributeurs décident-ils des prix ?
05:23C'est cette question qui intéresse la sénatrice écologiste Antoinette Gull,
05:28rapporteur d'une commission d'enquête sur les marges.
05:33C'est vrai que c'est un système, j'allais dire, quasiment perdant-perdant,
05:37en tout cas pour les consommateurs et pour les agriculteurs.
05:41Et pourquoi je dis ça pour les consommateurs ?
05:43Parce que les produits peu transformés sont souvent des produits les plus margés
05:47par la grande distribution.
05:50Et ça, c'est problématique.
05:51C'est problématique parce que là aussi, le consommateur final est un peu biaisé dans son choix.
05:58Parce qu'on va lui proposer des produits ultra transformés, pas très chers,
06:02et des produits sains, non transformés, très margés.
06:06Très margés, ça ne veut pas dire qu'ils sont très chers payés à l'agriculteur.
06:11Ça veut dire que la marge qui est faite dessus va venir compenser l'absence de marge
06:15sur les autres produits très transformés dont nous parlions.
06:18Pourtant, la France tente depuis des années de mettre de l'ordre dans les prix.
06:23Une loi, la loi EGalim, protège même la rémunération des agriculteurs.
06:28Ce que dit EGalim, c'est plutôt que de mettre un prix et de voir à la fin ce qui
06:33revient
06:33l'agriculteur, on va faire la constitution du prix en marche avant.
06:38On va partir de l'agriculteur, du prix de l'agriculteur, et c'est ça qui n'est pas fait.
06:43Ces lois, puisqu'il y a plusieurs lois EGalim, ne sont pas respectées.
06:50Pour comprendre comment la loi française peut être contournée,
06:54il faut plonger au cœur des négociations commerciales qui ont lieu chaque année
06:58entre représentants des producteurs et de la grande distribution.
07:05Monsieur Lambert, bonjour.
07:06L'accès aux boxes de négociations est interdit aux journalistes,
07:10mais nous avons décidé de vous en montrer une reconstitution.
07:14Merci de me recevoir.
07:27Olivier Loriole, ancien de la grande distribution, représente un acheteur d'une enseigne leader dans la guerre des prix bas.
07:35Vincent Tribout, comédien, joue un industriel d'une PME qui travaille avec des produits essentiellement agricoles.
07:43Vous avez reçu nos nouveaux tarifs, donc avec cette hausse, et donc c'est vraiment pas de gaieté de cœur.
07:55Et si je viens aujourd'hui, c'est pour voir comment, ensemble, on peut aborder ce sujet.
07:59Il n'y a pas de sujet, il n'y a pas de sujet.
08:01Moi, je vous l'ai déjà dit, on est dans une période où même, vous voyez mon boss, vous le
08:05voyez à la télévision,
08:05il vous dit qu'il n'y aura pas de rediscussion des tarifs.
08:09Donc pour 2026, les prix sont figés, on se reverra pour 2027.
08:14Monsieur Lambert, vous savez très bien que s'il y a une hausse inhérente aux transports,
08:21les engrais, les matières premières agricoles ont augmenté.
08:26Non, je vous demande vraiment de...
08:29Vous êtes les seuls à m'envoyer une hausse aussi importante, 3%.
08:33C'est totalement décent, la conjoncture actuelle.
08:37L'autre point, c'est que vous êtes déjà entraîné à ce qui est des crises,
08:43à l'égard de l'Ukraine.
08:45Vous saviez déjà que ça pouvait augmenter très vite.
08:48Mais monsieur Lambert, vous, par rapport à EGALIM, vous êtes bien engagé à pratiquer un tarif juste.
08:57Vous savez que pour nos produits...
08:59Vous êtes en train de me dire, là, une forme de menace,
09:01il y a le fait de dire que vous voulez faire appliquer les codes de commerce.
09:04Alors je vais vous mettre très à l'aise tout de suite.
09:05Faites-le, mon département légal va être ravi de ça,
09:09et en fonction de ça, on verra ce qui se passe.
09:12D'accord ?
09:13Mais n'oubliez pas simplement une chose,
09:14c'est le consommateur qui est en face de vous et de moi.
09:20Là, je suis de nature et craque.
09:23Tu m'as brisé.
09:25Ça va ?
09:26Olivier Lauriol connaît parfaitement ses techniques de négociation.
09:31Il prépare aujourd'hui les industriels de l'agroalimentaire à mieux les affronter.
09:36Une hausse de tarif, quand elle est en partie justifiée par l'augmentation du blé,
09:41des transports, etc., ne doit pas être discutée.
09:44Or, ce n'est pas tout à fait comme ça que les choses se passent.
09:47La grande distribution, elle essaye fondamentalement toujours de jouer,
09:51et c'est la technique de négociation,
09:53de jouer sur le fournisseur pour qu'il ne pense pas que cette loi va le protéger véritablement,
09:58qu'il y renonce de lui-même, en fait.
10:01C'est ça, la stratégie de négociation.
10:03Et de façon à lui laisser penser que là où il espère une négociation normale,
10:10fondamentalement, il n'aura pas.
10:13Au Sénat, nous avons montré cette reconstitution à la sénatrice Antoinette Gull.
10:22Ça correspond à ce qui nous a été dit tout au long de cette commission d'enquête,
10:26et la manière dont cela nous a été relaté, dont les négociations se font.
10:31Je pense qu'il y a une grande violence dans les négociations,
10:35liée au déséquilibre de puissance entre l'un et l'autre,
10:39puisque, bien entendu, lorsqu'une PME se retrouve devant un distributeur,
10:45le distributeur a dans ses mains 40% du chiffre d'affaires de la PME.
10:49Et donc, bien entendu, la PME n'a aucun pouvoir de négociation.
10:53Cette forme d'intimidation, c'est une manière de contourner la loi,
10:56et c'est rendu possible par la concentration de la grande distribution.
11:02Ces dernières années, les grandes enseignes ont même décidé de se regrouper
11:06pour peser ensemble dans les négociations qu'elles mènent face à certaines entreprises.
11:11Des discussions qui ont lieu en dehors des frontières françaises.
11:16Carrefour et Coopérative U négocient aujourd'hui à Madrid, Leclerc, à Bruxelles,
11:22intermarchés aux champs et casinos à Amsterdam.
11:25Ces lieux sont appelés des centrales d'achat.
11:30Un industriel de l'agroalimentaire qui connaît bien les pratiques de ces centrales
11:35a accepté de nous en parler sous couvert d'anonymat.
11:38Pour éviter toute représaille, ces propos ont été répétés par l'un de nos journalistes.
11:45Ces centrales européennes sont un moyen pour les distributeurs français
11:51de s'affranchir du droit français,
11:54qui est davantage protecteur de la relation commerciale et des filières agricoles
11:59que le droit d'autres pays européens.
12:03On a des enseignes qui ont des pratiques qui sont assimilables à des pratiques de voyous.
12:08Aujourd'hui, il y a de moins en moins de négociations,
12:11c'est-à-dire qu'on vous soumet un planning de négociation,
12:14on vous soumet une date butoir,
12:17et on vous soumet des sanctions qui sont immédiatement applicables.
12:21Voilà, des arrêts de commande, du déréférencement.
12:24Le fait est qu'à un moment donné, vous avez 25, 30, 40, 50% de vos commandes
12:29qui, du jour au lendemain, s'arrêtent.
12:31Le déréférencement qui entraîne,
12:34lorsque vous travaillez sur des catégories de produits frais,
12:37la destruction de produits,
12:40en fait, c'est de l'humiliation.
12:44Des témoignages comme celui-ci,
12:47la sénatrice en a entendu plusieurs au cours de ses auditions.
12:51Pour avancer dans son enquête,
12:52Antoine Edgul a donc décidé de réaliser
12:54une série de visites surprises à des industriels.
12:58Ce matin, elle a accepté que nous la suivions.
13:02Parmi tous les industriels que nous avons auditionnés,
13:06il a été fait mention, par exemple, de rétorsion,
13:09de beaucoup d'actions de rétorsion.
13:12Donc nous, ce que nous cherchons à savoir,
13:14c'est à objectiver ces actions de rétorsion.
13:16Est-ce qu'elles ont lieu ?
13:18Et si oui, qu'est-ce qu'elles représentent
13:22en termes de chiffre d'affaires pour un industriel ?
13:54Pour nous, la visite s'arrête ici.
13:59Un mois plus tard, Antoine Edgul nous dévoile
14:02les documents qu'elle a collectés au cours de ses déplacements.
14:06Vous voyez ce premier document, par exemple,
14:09c'est un document de déréférencement partiel de produits.
14:13Ce qui signifie déréférencement partiel,
14:16ce qui signifie que le distributeur a choisi
14:19d'enlever un certain nombre de références de ses rayons
14:24parce que la négociation n'avance pas assez vite à son goût.
14:28Voilà, et nous en avons plusieurs de ce type-là.
14:31C'est un sujet qu'il va falloir documenter de manière importante
14:34parce que c'est des pratiques, j'allais dire,
14:36qui s'imposent de plus en plus dans les négociations,
14:40à tel point que j'ai l'impression qu'il y a même une mécanique
14:43qui a été mise en place par les centrales d'achat
14:46pour pouvoir juste appuyer sur un bouton et déréférencer.
14:52Au cours de ses auditions, la sénatrice a obtenu des révélations
14:56de la part de l'une de ses centrales d'achat,
14:59celle de Michel-Édouard Leclerc, basée à Bruxelles.
15:03Nous avons reçu ici le directeur de RELAC, votre centrale d'achat,
15:07qui nous expliquait qu'il ne respectait pas la loi française.
15:10Qu'avez-vous à répondre à cela ?
15:12Alors, d'abord, moi, je respecte la loi française, d'accord ?
15:18Ensuite, on peut contester une loi française sans être un brigand.
15:25D'ailleurs, les lois sont votées souvent avec des majorités faibles.
15:30Et donc, il y a des gens qui sont contre des lois,
15:32quand bien même elles sont adaptées.
15:33Donc, on les applique, mais on n'est pas forcément pour.
15:36Le directeur de RELAC, ici, ne nous a pas dit
15:39qu'il contestait une partie de la loi française,
15:42qu'elle n'était pas adaptée.
15:43Et il nous a dit qu'il ne respectait pas la loi française.
15:46Et si lui, il ne respecte pas la loi française,
15:49cela signifie que vous ne respectez pas non plus,
15:51dans la mise en rayon, des produits
15:54qui, eux, vont aller respecter intégralement la loi française.
15:57Le contentieux qui est en cours, si j'ai bien compris,
16:00c'est de savoir quelle est la législation applicable
16:03à une société qui est basée en Belgique.
16:05Quand on est en Belgique, il pose la question...
16:10On va vous préciser la question.
16:11La question n'est pas de savoir si RELAC,
16:13effectivement, basé à Bruxelles, respecte ou pas.
16:17La question est de savoir les marchandises
16:19qui transitent et qui sont achetées par le RELAC
16:22et qui reviennent en France,
16:23dans les rayons des magasins français.
16:25Donc là, eux, nous, la question que nous nous posons,
16:28c'est respectent-ils la loi française
16:30et comment est-ce possible
16:31s'ils ont été achetés dans le cadre d'une négociation
16:35qui ne la respectait pas ?
16:36Mais la réponse est claire.
16:38Les représentants de cette société belge
16:40disent qu'ils sont sous le droit belge.
16:45Donc, vous...
16:45Non, mais...
16:47Vous ne tournez pas autour du pot.
16:49Il y a un contentieux.
16:50La justice dira...
16:51Ce n'est pas la question, M. Président.
16:53Si vous ne voulez pas répondre à la question...
16:54C'est ma réponse.
16:55On a compris. D'accord.
16:56On a répondu que vous ne voulez pas répondre.
16:58Merci à vous.
17:01Alors, entre Michel-Édouard Leglaire et vous,
17:03qui a raison ?
17:04Alors, c'est toute la question
17:05de l'extraterritorialité de la loi.
17:07C'est-à-dire que moi, je ne veux pas
17:08qu'on nous impose la loi belge, par exemple.
17:10Il n'y a pas de raison que nos produits
17:12qui sont vendus en France,
17:14dans nos supermarchés,
17:15respectent la loi belge.
17:16Ils doivent respecter la loi française.
17:18D'autant plus, je le dis,
17:20s'ils sont produits en France
17:21avec de la matière première agricole française.
17:23Là, ça devient une évidence.
17:25Dans le rapport, il y a une recommandation
17:26qui n'est qu'une entreprise
17:28qui achète de la matière première agricole française
17:32à 80 %,
17:33qui produit sur le territoire français
17:35et qui vend ses produits en France
17:37doit négocier en France.
17:40Une vingtaine de solutions
17:42a été formulées par la sénatrice
17:44pour rendre notre système alimentaire
17:46plus juste.
17:50Entre autres, un affichage obligatoire
17:52des marges sur les produits non transformés.
17:56Dans les rayons,
17:57une marque a déjà fait
17:59de la transparence sa priorité.
18:25C'est quoi actuellement les producteurs,
18:27ce qu'ils perçoivent, vous le savez ?
18:29Alors, ça dépend de qui achète,
18:30par exemple, Lactel ou Candia.
18:31Ils sont beaucoup plus bas
18:33parce qu'en fait,
18:33on a un accord qui nous lie.
18:35Quel que soit le montant
18:36du prix du lait au cours du lait,
18:37en fait, le prix est garanti.
18:39Il y a un accord
18:39et c'est toujours 54 centimes.
18:42Le point de départ, en fait,
18:43c'est la rémunération
18:44des productrices et des producteurs.
18:46Je vous assure qu'après,
18:47quand vous ouvrez une brique de lait le matin,
18:48vous ne voyez plus
18:48la brique de lait de la même façon.
18:50C'est merci de vous.
18:52Je vous en prie.
18:54Si Eric vante aujourd'hui
18:56les mérites de la marque,
18:58Alors, il y a du demi-écrémé,
19:00ça, c'est du entier,
19:01ça, c'est du sans lactose.
19:02Cet ancien expert en marketing
19:03a d'abord été méfiant,
19:05comme de nombreux consommateurs.
19:07Merci, madame.
19:08Merci pour eux.
19:09Merci, bonne journée.
19:11On a des profils,
19:12comme je l'ai été,
19:12avec le scepticisme
19:14et le doute
19:14de savoir si réellement
19:16on est dans une démarche
19:18qui est certifiée,
19:20enfin, du moins,
19:21qui est garantie
19:21pour le consommateur
19:23et d'avoir la certitude
19:24que les centimes supplémentaires
19:25sont bien fléchées
19:26vers les producteurs.
19:28Donc ça, il faut l'expliquer,
19:29il faut prendre le temps
19:30de l'expliquer,
19:30mais c'est pas impossible.
19:32Ça prend du temps,
19:33c'est de la pédagogie,
19:34ça prend un certain temps,
19:35mais on va y arriver.
19:37En dix ans,
19:38c'est qui le patron
19:39est entré
19:39dans toutes les enseignes
19:40de supermarchés,
19:42devenant la nouvelle marque alimentaire
19:44la plus vendue.
19:46Carrefour a été
19:47le premier distributeur
19:48à y croire,
19:49un pari payant
19:50pour le magasin.
19:52Le lait,
19:53c'est qui le patron ?
19:54Le lait de mie est crémé,
19:55puisqu'on parle
19:55de cette référence-là,
19:56donc il est dans le top 50
19:57de nos ventes,
19:58hypermarchés,
19:59et ce top 50-là
20:00est pris sur les 77 000 références
20:02que j'ai dans un hypermarché.
20:05Ça rend heureux
20:06un directeur de magasin,
20:07ça rend heureux
20:07un producteur
20:08et ça rend heureux
20:09un consommateur.
20:13Dans le modèle économique
20:14de la marque,
20:15pas de budget
20:16pour la publicité.
20:18C'est la clé
20:18d'un prix
20:19qui reste accessible
20:20pour le consommateur.
20:238, 25, 9.
20:26Sophie,
20:27elle aussi engagée
20:28dans la démarche,
20:29a pris l'habitude
20:30de le vérifier.
20:31C'est vrai qu'en hyper,
20:32on n'est pas les moins chers,
20:33mais dès qu'on est
20:34dans des grandes villes
20:35et des petites surfaces,
20:36c'est impressionnant,
20:37on peut être clairement
20:39les moins chers
20:39sur des rayons.
20:40En termes de prix,
20:41on s'aperçoit
20:42que le produit,
20:42c'est qui le patron ?
20:44On dit toujours
20:44c'est plus cher,
20:45c'est plus cher.
20:45En fait, non,
20:46on s'aperçoit
20:46que sur les produits,
20:48comparé à des produits
20:48d'autres marques,
20:49on a le produit
20:50parfaitement bien placé.
20:53C'est qui le patron
20:54est une coopérative
20:56de consommateurs.
20:57Ses membres bénévoles
20:59sont aux commandes
21:00de la marque.
21:01Ce matin,
21:03nous suivons
21:03Sophie et Eric.
21:06« Alors, je pense qu'on est
21:09à côté. »
21:11Ils partent visiter
21:12la ferme
21:12de l'un
21:13de leurs fournisseurs
21:14laitiers.
21:20« Bonjour ! »
21:23« Bonjour ! »
21:24« Alors,
21:25on va vous prendre
21:26deux moelleux,
21:28c'est qui le patron
21:28et deux juifs pour moi aussi,
21:30alors s'il vous plaît. »
21:31« Merci. »
21:35« Étant petite fille
21:36et nièce d'agriculteur,
21:37alors pas producteur de lait,
21:38mais ça me touche
21:40quand même particulièrement
21:42de vraiment soutenir
21:43une démarche
21:44qui littéralement
21:45n'a pas grand-chose
21:46à cacher.
21:47Donc, moi,
21:48c'est vraiment
21:49la partie transparence
21:51et nouveau modèle économique.
21:52En plus, évidemment,
21:53de la juste rémunération
21:54aux producteurs
21:55qui, pour moi,
21:56n'est pas négociable.
21:59C'est des gens
21:59qui nous nourrissent
22:00et le fait
22:02qu'ils ne puissent pas
22:03vivre de leur métier,
22:04ça paraît absurde.
22:06« Pour votre information,
22:08on vous arrive
22:08en garde
22:09de l'épreuve. »
22:13« Dans le limousin,
22:16Bastien élève
22:16une trentaine
22:17de vaches laitières. »
22:20« Allez, venez ! »
22:24« Allez ! »
22:26« Allez, on bouge, là ! »
22:31« À seulement 20 ans,
22:34il est l'un des 2500
22:36agriculteurs
22:36du réseau C'est qui le patron ? »
22:39« Et donc, là, quoi ?
22:40Tu as la Primochstein
22:40et la Normande
22:41ou tu as de la Normande ? »
22:42« Non, j'ai les deux.
22:43La Noire et Blanche,
22:44la Primochstein.
22:45Et après,
22:45la Normande,
22:46c'est aussi un choix de cœur
22:47parce que j'aime bien
22:48la race. »
22:49C'est la première fois
22:50que des consommateurs
22:51de la marque
22:51lui rendent visite.
22:53« Ça fait plaisir
22:53de voir qu'il y a des gens
22:54qui sont intéressés
22:55par nos métiers,
22:57qui nous aident aussi
22:58à promouvoir
22:59ce qu'on fait,
23:00ce qu'on sait faire.
23:03On laisse le baisser
23:04pour qu'il y ait moins
23:06d'air possible
23:06qui passe. »
23:08Bastien n'a pas encore
23:09de salle de trait
23:09robotisé.
23:10C'est donc manuellement
23:12qu'il doit installer
23:13la machine à traire
23:14sur chaque animal.
23:17C'est manuel,
23:18même s'il s'est assisté,
23:19mais il y a
23:19de la manipulation.
23:21Il faut les brancher,
23:22il faut les installer.
23:23Il y en a
23:2527, 30 à faire,
23:26donc ça prend du temps.
23:28Et demain matin,
23:297h.
23:30Demain soir,
23:307h30.
23:31Et tous les jours
23:32de la semaine,
23:32samedi, dimanche,
23:33compris.
23:34C'est ça qui est important
23:35à comprendre,
23:35c'est qu'il n'y a pas
23:37de week-end.
23:37C'est-à-dire que
23:38s'il veut faire
23:39un week-end,
23:40il faut qu'il trouve
23:41forcément quelqu'un
23:42pour l'aider.
23:42Et ça, c'est un coût.
23:46L'exploitation
23:47s'est transmise
23:48de père en fils.
23:51Le père de Bastien
23:53a travaillé
23:54toute sa vie
23:54pour l'actalis,
23:55certaines années
23:56sans pouvoir
23:57se rémunérer.
23:58C'est en 2019
24:00que la ferme
24:01a rejoint
24:01le réseau
24:01C'est qui le patron ?
24:03Un choix
24:03qui a tout changé.
24:06C'est réconfortant.
24:08Parce que là,
24:09ils nous payent
24:10un prix du lait
24:11qui est aujourd'hui
24:11au-dessus
24:12de notre prix de revient.
24:14Donc, bon,
24:15on a tout à y gagner
24:16et enfin,
24:18on peut continuer
24:19à travailler
24:21sereinement.
24:23Parce qu'en deux ans,
24:24en 2019 et 2020,
24:26j'ai réussi
24:26à refaire la trésorerie
24:28et j'ai pu ensuite
24:30relancer un peu
24:31de l'investissement
24:33que je n'avais pas fait
24:34depuis 2014.
24:37avant,
24:37on ne l'avait pas ça.
24:39Donc maintenant,
24:39c'est à lui
24:39d'avancer
24:43avec ce qu'il sait,
24:44avec ce qu'il a appris
24:44à l'école,
24:45avec les jours
24:47d'aujourd'hui
24:47qui sont différents
24:48d'il y a
24:49quand même
24:50plusieurs années.
24:52Et un prix
24:53quand même
24:53qui reste aujourd'hui
24:55attractif
24:55pour pouvoir travailler.
25:00Si la marque
25:01« C'est qui le patron »
25:01se fait petit à petit
25:03sa place dans nos rayons,
25:05la guerre des prix
25:05entre industrielles
25:06et grandes distributions
25:07continue.
25:09En dix ans,
25:10une ferme sur cinq
25:11a mis la clé
25:12sous la porte.
25:14De quoi mettre en danger
25:15la souveraineté alimentaire
25:16de la France.
25:18Alors,
25:18pour éviter la catastrophe,
25:20la sénatrice
25:21Antoinette Gull
25:21a formulé
25:22une vingtaine
25:23de propositions.
25:25Son rapport
25:27rendu public,
25:28elle espère
25:28que le gouvernement
25:29apportera
25:30des réponses.
25:35Sous-titrage Société Radio-Canada
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