- il y a 15 heures
Un voyage à travers le Brésil qui met en lumière une francophonie méconnue mais bien vivante, reliant ce pays-continent au reste du monde. De Rio de Janeiro à la frontière guyanaise, rencontre avec des Brésiliens francophones qui montrent comment la langue française tisse des liens inattendus dans leur pays. Destination Francophonie vous propose une rencontre avec des francophones qui nous présentent, en français, leur culture, leurs modes de vie, leurs engagements. L'émission valorise également des projets qui font vivre localement la langue française, une langue vivante, dynamique et en constante évolution. Année de Production :
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00:04Bienvenue au Brésil, bienvenue au Brésil !
00:26Bienvenue à Rio de Janeiro !
00:41Bonjour et bienvenue au Brésil sur cette légendaire plage d'Ipanema de Rio de Janeiro.
00:47Je vous propose de vous faire découvrir un Brésil qui parle, qui vit et qui aime le français.
00:52Alors bien sûr, le Brésil est réputé comme un pays très francophile,
00:55mais j'avais envie de vous présenter des facettes plutôt inattendues de la francophonie brésilienne.
01:00Pour cela, nous allons traverser tout le pays jusqu'en France, à la frontière guyanaise,
01:04pour comprendre comment cette langue française continue de permettre au Brésil de tisser des liens insoupçonnés avec le reste du
01:11monde.
01:12La première étape de notre voyage, c'est ici à Rio de Janeiro,
01:15où l'on ignore souvent que le français est porté par une communauté discrète, mais influente, celle des Libanais.
01:20Et pour me faire comprendre cette francophonie singulière au cœur de la ville merveilleuse,
01:25j'ai rendez-vous avec Katia Chalita.
01:27Elle est bien sûr libanaise, mais elle est aussi la présidente de l'Alliance française de Rio de Janeiro.
01:32Alors, installez-vous confortablement, laissez-vous bercer par le bruit des vagues
01:36et partez avec nous pour découvrir cette autre histoire de la francophonie brésilienne.
01:41Vous êtes prêts ? C'est parti pour un voyage en francophonie au Brésil.
01:47...
02:06Katia est née le 14 juillet.
02:08Un clin d'œil symbolique dans son parcours pour elle qui a toujours entretenu un lien particulier avec la France
02:13et la langue française.
02:15Professeure de français, traductrice et directrice du département de français à l'université de Rio,
02:20elle a aussi animé pendant plusieurs années des émissions comme France Express
02:24et restée branchée sur la chaîne éducative de la télévision nationale
02:28afin de faire découvrir la culture française au grand public brésilien.
02:32Depuis 7 ans, elle préside l'Alliance française de Rio de Janeiro,
02:36l'une des plus anciennes au monde avec ses 140 ans d'histoire.
02:39Si Katia est passionnée par la France, elle reste aussi profondément attachée au Liban,
02:45le pays d'origine de ses parents qui ont immigré à Rio en 1951.
02:49Elle représente d'ailleurs le Liban auprès des instances de la francophonie au Brésil.
02:54C'est donc une femme animée par un amour pour la France,
02:57mais aussi fière de ses racines libanaises que je vais rencontrer.
03:05Salut Katia !
03:06Bonjour Yvan !
03:09Quel plaisir de te retrouver à Rio au centre-ville
03:13et avec ce beau soleil qui a été commandé pour vous accueillir.
03:16On est très heureux de te retrouver.
03:17Et puis cette place, elle est quand même magnifique,
03:19qui n'est pas sans lien avec la francophonie.
03:21Oui, tout à fait, parce que ce qu'on voit ici du point de vue architectural,
03:25c'est une inspiration française très très forte.
03:28Au passage du 19 au 20ème siècle, lorsque Rio commençait à se développer,
03:33les urbanistes à l'époque fassent ce centre-ville complètement influencé
03:37par l'architecture française, les bâtiments qu'on trouve emblématiques à Paris aussi.
03:42Et ce bâtiment, Katia, il me fait vraiment penser à un monument à Paris.
03:45Oui, complètement. Qu'est-ce que tu vois là ?
03:47Il ressemble furieusement à l'Opéra Garnier.
03:50Bien sûr, bien sûr. Et peut-être qu'on se confond.
03:53Écoutez, où est-ce que je suis ? C'est à Paris ou c'est à Rio ?
03:55Mais non, c'est Rio, c'est le théâtre municipal du Rio de Janeiro.
03:58C'est un bijou de notre architecture.
04:00Tu es libanaise, Katia. Comment tu expliques qu'il y a autant de Libanais au Brésil et à Rio en
04:04particulier ?
04:05Tu sais, l'explication se trouve dans l'histoire.
04:07À la moitié du 19e siècle, il y a eu une grande levée de Libanais qui sont venus.
04:14Ils sont partis dans le monde, en fait, et une bonne partie est venue au Brésil.
04:17Et ceci n'a fait qu'augmenter parce qu'il y a eu les fils, les petits-fils, les descendants
04:23de ces Libanais.
04:24De telle sorte qu'aujourd'hui, on a au Brésil presque trois fois la population du Liban.
04:30Ah oui, il y a trois fois plus de Libanais au Brésil qu'au Liban.
04:33C'est incroyable, mais c'est vrai.
04:34Tu me fais découvrir cette communauté libanaise francophone ici à Rio ?
04:39On va le faire, bien sûr. On commence ici par le théâtre municipal.
04:42Avec grand plaisir.
04:42Alors, on va connaître une personne incroyable.
04:45C'est une dame d'Alalashkar.
04:47Elle est maître de ballet, chorégraphe, artiste.
04:50C'est quelqu'un de très bien. Tu vas l'aimer. On y va.
05:04Chorégraphe brésilienne d'origine libanaise, d'Alalashkar est une figure incontournable du ballet au Brésil.
05:10Née à Rio de Janeiro, elle a contribué à l'essor de la danse classique et contemporaine dans son pays,
05:15tout en dédiant sa carrière à la transmission de son savoir,
05:18en particulier auprès des jeunes danseurs issus des populations défavorisées.
05:23Comme Katia, elle maintient un lien très fort avec son pays d'origine.
05:26Elle est membre de l'Académie libano-brésilienne des lettres, des arts et des sciences,
05:31consolidant ainsi son engagement culturel entre le Brésil et le Liban.
05:43Alors Yvan, regarde ce escalier, regarde comme c'est monumental.
05:48Et comme je t'ai dit à l'entrée, c'est notre opéra.
05:51C'est le théâtre municipal de Rio de Janeiro.
05:53Et on se croirait à l'Opéra Paris.
05:54Voilà, et qui nous attend ? La grande dame du ballet, Dala Alashkar.
05:59Un grand plaisir, Dala Alashkar.
06:03Bonjour, enchantée de vous rencontrer.
06:04Enchantée aussi, bienvenue au Brésil.
06:06Merci.
06:07Quel rapport vous avez avec vos origines libanaise, vous qui êtes aussi brésilienne ?
06:11Qu'est-ce qu'il y a de Libanais en vous ?
06:12L'âme. L'âme est libanaise.
06:16L'inspiration.
06:18La façon de voir les choses.
06:21Beaucoup de cultures des anciens.
06:24Et ici au Brésil, la découverte du nouveau.
06:27Et je mets tout ça ensemble.
06:29Qu'est-ce que la connaissance de la langue française vous a apporté dans votre vie professionnelle,
06:33mais aussi personnelle ?
06:35Ça élargit mes pensées.
06:37Je peux lire des choses qui ne sont pas publiées ici.
06:40Je peux me communiquer beaucoup avec des gens qui sont européens,
06:43qui parlent le français.
06:44D'ailleurs, le Brésil, la deuxième langue au commencement du XXe siècle,
06:48on ne parlait que français après le brésilien.
06:51L'anglais a pris la place, mais il n'a pas enlevé la France de son importance.
06:56Et la langue française est encore la plus belle langue qu'on puisse connaître.
07:03Merci beaucoup, Catherine.
07:04On a fait découvrir d'Halal et puis l'intérieur de ce théâtre municipal.
07:06J'avais jamais vu, c'est magnifique.
07:07C'est notre opéra, c'est quelque chose de génial. On l'adore.
07:11Et maintenant, je vais t'emmener, parce qu'on ne peut pas parler,
07:13de culture libanaise à Rio de Janeiro, au Brésil, sans parler de gastronomie libanaise.
07:19C'est une grande influence à Rio.
07:21Enfin, je vais t'emmener connaître le chef Nicolas Rabe,
07:24qui est libanais et crée des choses, des plats délicieux.
07:27Je me donne l'eau à la bouche, Katia.
07:28Je suis très faim.
07:54Voilà, Yvan. On est arrivés au restaurant Bachar.
07:57Allez, on est au Liban.
07:58Bien sûr.
07:59Bienvenue à Halal Sahla.
08:01Alors, le Liban, le Brésil et le chef Nicolas Rabe.
08:05Bienvenue, Katia, au restaurant libanais.
08:08Bienvenue, bienvenue à Halal Sahla.
08:10Asseyez-vous, s'il vous plaît. On veut préparer quelque chose à manger.
08:14Bienvenue, bienvenue.
08:16Au restaurant, nous retrouvons Sylvia, une amie avocate de Katia, comme elle, d'origine libanaise.
08:21C'est l'occasion d'explorer les liens entre le Liban, le Brésil et la francophonie
08:26chez cette nouvelle génération de descendants libanais.
08:29Donc, Sylvia, dans ta famille, on parle français.
08:31Ma mère parle beaucoup de français avec moi.
08:35Et mon père, il ne parle pas. Il préfère parler en arabe.
08:39Pourquoi c'est important pour toi de maintenir, de garder cette langue française ?
08:43Je suis citoyenne libanaise, mais je suis née au Brésil, mais je pars au Liban tous les moments que je
08:51peux.
08:51Et tu te sens libanaise, brésilienne ?
08:55Je suis plus libanaise que brésilienne, et je suis très heureuse de dire ça.
09:03Et donc, mon cœur est au Liban.
09:05Toi, Nicolas, tu es arrivé quand, ici, au Brésil ?
09:08J'ai arrivé en Rio en 1983, pendant le carnaval.
09:14Ah, et tu es resté ?
09:14Je suis ici.
09:17Donc, ton restaurant, c'est un petit bout du Liban dans Rio de Janeiro au Brésil ?
09:22Oui, c'est le petit Liban dans le cœur du Rio de Janeiro.
09:25Et tes clients, ils sont libanais, mais ils sont surtout brésiliens ?
09:29Non, oui.
09:3180% sont brésiliens.
09:33Et les Brésiliens aiment beaucoup notre nourriture.
09:36Et les goûts différents qui viennent du Liban pour la table, ici.
09:44Et tu as gardé ta langue française ?
09:46Mais toujours, parce que j'ai étudié au Liban dans les écoles françaises.
09:52Et maintenant, je vous aime beaucoup la langue française, c'est très joli.
09:57Merci beaucoup, Nicolas.
09:58Bienvenue.
10:00Bon appétit.
10:01Merci beaucoup.
10:10Alors, ce que j'aime, Katia, quand on se promène comme ça à Rio, c'est des fresques qu'on
10:15a dessus.
10:15Elles sont très emblématiques de Rio.
10:17Très emblématiques.
10:17Ça représente Rio.
10:19Lorsqu'on voit un tout petit morceau, on dit ça.
10:21C'est Rio, c'est Copacabana.
10:22Mais en fait, ici, nous appelons le caos à dents.
10:26C'est un grand trottoir avec les vagues qui représentent Rio.
10:35Ca, c'est Rio.
10:36Ca, c'est Rio.
10:37Ca, c'est Rio.
10:37Ca, c'est Rio.
10:38Ca, c'est Rio.
10:38Tu ne peux pas rater ça.
10:40Et je sais que tu aimes bien ça.
10:42C'est magique.
10:43C'est magique.
10:44On a toute la plage de l'Aimé Copacabana devant nous.
10:47Ca fait une sorte de lettre C.
10:50Carlos Bromond Jadrade, il dit, sur la plage était écrite une ville.
10:54Moi, mon interprétation, c'est qu'il y a le C de Copacabana qui est écrit au
11:00autour de la plage de Copacabana.
11:02C'est très joli.
11:02On se met là ?
11:03Voilà, on se met.
11:03À côté d'une femme.
11:05Oui, c'est Clarisse Lispector.
11:07C'est une des plus importantes écrivaines brésiliennes qui habitait dans le quartier.
11:11C'est un peu comme toi, une ambassadrice de Rio.
11:12Merci pour l'ambassadrice.
11:14Je crois qu'elle est plutôt ambassadrice de la littérature brésilienne.
11:17Plus que moi.
11:18Pourquoi cette francophonie libanaise est si importante ici dans la ville de Rio et d'une
11:24manière générale au Brésil ?
11:24On a une communauté forte et une communauté qui apporte avec elle la francophonie et la
11:30francophilie qui fait partie des Libanais quand ils sont au Liban.
11:34Et ceux qui sont venus au Brésil, ils ont gardé ça.
11:37Leur langue arabe, mais aussi leur langue française.
11:40Et si on est avec des Libanais, on a la francophonie, on a la présence française.
11:44Donc, j'ai pas de choix.
11:46Tu vois, Yvan, la francophonie...
11:47C'est dans ton sang.
11:48C'est dans mon sang.
11:49Je suis plongée dans la francophonie à Rio, au Liban, partout.
11:54Qu'est-ce qu'elle représente, la francophonie au Brésil ?
11:56C'est un mystère parce que les Brésiliens, même s'ils ne parlent pas le français, même
12:00s'ils n'ont jamais été en France, ils adorent le français, ils adorent la France.
12:04Mais comment expliquer ça ?
12:06Je trouve qu'il y a quelque chose dans les profondeurs de notre culture, dans les profondeurs
12:10de nos sentiments, qui nous lie, qui nous relie à la culture française et à la langue française.
12:15Alors, si tu avais un mot pour définir la ville de Rio de Janeiro, ce serait lequel ?
12:19Ah, devine, beauté.
12:21La beauté, évidemment.
12:22Je sais qu'il y a beaucoup de villes très belles dans le monde, je suis sûre.
12:26Mais les gens disent que c'est une des plus belles villes du monde.
12:30Merci beaucoup, Katia, de me faire découvrir les beautés de ta ville de Rio.
12:33C'est une excellente, pour moi, introduction pour découvrir ton pays.
12:36Pour moi, c'était un grand plaisir, je t'assure.
12:38Voilà.
12:39Merci.
12:39Merci à toi, Katia.
12:46On va quitter Rio, la ville merveilleuse et la plage de Copacabana.
12:50On va continuer notre voyage.
12:51Je vous emmène à Brasilia.
12:53Et pour me faire découvrir la capitale du Brésil, j'ai rendez-vous avec Tanizia.
12:57C'est une jeune femme engagée aux multiples passions, dont celle de la langue française.
13:01C'est une jeune femme qui s'esforgue tout est très belle.
13:17C'est une jeune femme qui s'est buppe, la folie qui l'asent.
13:24Non c'est une jeune femme qui s'esforgue tout est de plus,
13:25Péricain et son femme, qui s'esforgue tout est très ripressé.
13:31C'est à l'université de Brasilia qu'elle tombe amoureuse de la langue française
13:35avant de devenir assistante de langue portugaise à Paris.
13:39Elle a même été l'ambassadrice des anciens étudiants brésiliens en France.
13:43Militante engagée, Tanisia défend le droit des femmes noires
13:46et des jeunes issus des milieux vulnérables.
13:49En périphérie de Brasilia, elle anime régulièrement des ateliers à la Casa Dengo
13:53ou Maison Calin, un lieu de proximité où les femmes victimes de violences
13:57et les personnes trans et LGBT peuvent se retrouver, échanger et se soutenir mutuellement.
14:03Un endroit chaleureux et solidaire, propice à la guérison et à la solidarité communautaire.
14:10C'est aussi une amoureuse de sa ville de Brasilia, inaugurée en 1960,
14:14une ville futuriste conçue par l'architecte Oscar Niemeyer et l'urbaniste Lucio Costa
14:19avec l'ambition de décentraliser le pouvoir du Brésil jusqu'à leur concentrer à Rio de Janeiro
14:24et de créer une ville qui incarne l'avenir.
14:27Bienvenue à Brasilia !
14:33Salut Tanisia !
14:34Salut Yvan, enchantée, bienvenue !
14:37Merci, je suis très heureux de te rencontrer.
14:39Et puis tu m'accueilles sur la plus large avenue du monde ?
14:41Oui, Brasilia Esplanade.
14:43On est sur l'axe monumental ici et puis c'est la cathédrale qui est derrière nous.
14:48Oui, la cathédrale de Nossa Senhora.
14:50Donc c'est une ville qui est très jeune, qui a 70 ans,
14:52qui a été construite pour les fonctionnaires, pour le pouvoir ici.
14:56Oui, le service public est là.
14:58Ici, c'est fonctionnaire public de trois pouvoirs,
15:01des droits, des législatifs et aussi exécutifs.
15:08Alors, tu m'accueilles devant une cathédrale assez étonnante.
15:11On est à des mains tendues ou une couronne d'épines, on ne sait pas, mais...
15:15Oui, toujours comme ça, c'est Oscar Nemaï.
15:18On va la visiter, la cathédrale ?
15:19Oui, on va.
15:20C'est parti, pour la cathédrale.
15:32T'as dit, quand tu rentres à l'intérieur de la cathédrale, c'est étonnant,
15:35tu n'imagines même pas qu'il y a ça quand tu es à l'extérieur.
15:37Ici, c'est une œuvre d'art, on peut regarder les ciels,
15:41mais aussi, il mélange avec les vitraux.
15:46L'intérieur de la cathédrale est spectaculaire,
15:48avec un jeu de lumière fascinant à travers de vastes vitraux colorés
15:52représentant des scènes religieuses.
15:54Ces vitraux, dans des nuances de bleu, de vert et de blanc,
15:58ont été conçus par l'artiste brésilienne Marianne Peretti,
16:00dont la mer était française.
16:02Il crée un effet de légèreté, de verticalité étonnant,
16:06en parfaite harmonie avec ce chef-d'œuvre de l'architecte Oscar Niemeyer,
16:10inauguré en 1970.
16:14Merci pour cette visite, tu m'emmènes où maintenant ?
16:16De rien, on va à l'Université de Brésilien,
16:19un lieu important pour moi.
16:21On y va !
16:22On y va !
16:33Alors ici, Tanizia, on est dans ton université ?
16:36Oui, mon cœur.
16:38Et là, ton cœur, il va plus vite du coup, quand tu arrives ici ?
16:40Parce qu'ici, j'ai toutes mes mémoires des études après la jeunesse.
16:45Et c'est ici que tu t'es perfectionnée en français aussi ?
16:47Oui, les lettres françaises, et aussi j'avais des amis qui sont étrangères.
16:52Ce contact avec les étudiants étrangers, c'est ce qui t'a donné envie de partir en France ?
16:55Oui, ici, il y a des étudiants de plusieurs nationalités différentes.
17:00Bon, elle a l'air assez incroyable aussi.
17:02Tu me l'as fait visiter ?
17:03Oui, on y va.
17:05L'architecture est vraiment brasilesque.
17:08Oui, c'est oscanibale.
17:21Ah oui, là, je comprends pourquoi tu aimes ton université.
17:24Elle est magnifique, ces immenses cloins, ces fleurs.
17:27Oui, moi, j'aime bien ici.
17:30J'ai plusieurs histoires.
17:32Ma vie a changé ici.
17:34Et aussi, l'université, c'est pour tout le monde.
17:37Elle est assez ouverte.
17:39Tu m'en mets où ?
17:40Et maintenant, je vais te montrer la pièce de prof. Gloria avec les élèves de cours de théâtre.
17:47Ah, bah, bah, bah.
17:48Ok.
17:50Ça joue.
17:52Papai Zumbi, grand diretor de notre monde maravilloso.
17:56Suas funções et poderes sont imensos.
17:58Quand, ou qui veut que ce soit, ou qui veut que ce soit.
18:11Gloria est une figure emblématique de la francophonie à l'université de Brasilia.
18:15Depuis des années, elle initie des générations d'étudiants brésiliens à la langue française en leur faisant découvrir les cultures
18:22d'Afrique francophone.
18:23En mettant en scène avec ses élèves un texte de l'écrivain antillais Patrick Chemoiseau, elle rappelle combien la langue
18:29française relie l'Afrique et les Amériques, marquées par l'histoire douloureuse de l'esclavage.
18:34De cette traversée tragique est née une francophonie métissée et vivante qu'on trouve au Brésil et que Gloria transmet
18:40avec passion.
18:42Je pense que c'est très important qu'on voit que toute cette diaspora des personnes qui étaient historisées ont
18:49été dans l'Amérique du Nord, à l'Amérique centrale, à l'Amérique du Sud.
18:54Et on voit qu'il y a du français en Amérique.
18:56C'est ça que des fois, nos étudiants, ils ont toujours cet imaginaire du français de France.
19:05Mais là, c'est important qu'ils élargissent quand même leur mentalité en ce qui concerne la littérature des langues
19:13françaises.
19:32Ce que j'aime bien en Brasília, c'est qu'en fait, la nature est très proche, c'est très
19:36vert, on entend les oiseaux.
19:38Oui, c'est le projet de Skarni Maya et de tous les ingénieurs qui étaient ici, parce que là, le
19:44but de la ville, c'est d'être libre pour les enfants, pour tout le monde.
19:49La sécurité, c'est génial.
19:52Oui, c'est très ouvert, même là, on est dans une église qui est quand même très belle.
19:56Oui.
19:56Et c'est ouvert.
19:57Oui, tout le monde peut venir.
19:59Oui, c'est ça, c'est une invitation pour tout le monde pour vivre la ville.
20:03Et maintenant, je vais te montrer un autre lié qui s'appelle Praça dos Orichas.
20:08C'est à Brasília que se trouve l'une des plus belles alliances françaises du monde,
20:19construite par Oscar Niemeyer, avant même que la capitale brésilienne soit inaugurée.
20:24Avec son patio fleuri, sa magnifique médiathèque et ses longs couloirs ombragés,
20:29l'Alliance française est un havre de paix entièrement dédié à la langue française.
20:342500 étudiants brésiliens viennent y apprendre le français.
20:38Un programme exceptionnel signé avec le secrétariat de l'éducation de Brasília en 1970
20:44permet également chaque année à 350 élèves des écoles publiques de la ville
20:48de venir à l'Alliance apprendre gratuitement le français.
21:05Chaque mois de mars, à l'occasion de la semaine de la francophonie,
21:09l'Alliance française se métamorphose pour accueillir un événement haut en couleur,
21:13le Bazar de la francophonie.
21:15Toutes les ambassades des pays francophones présentes à Brasília
21:18se donnent rendez-vous pour présenter au public brésilien
21:21leurs spécialités culinaires, leurs artisanats et leurs trésors culturels.
21:26L'événement attire une foule nombreuse et enthousiaste.
21:29Pour l'ambassadeur du Gabon, cette journée est une belle opportunité.
21:33C'est tout à fait normal que nous favorisons,
21:37nous permettons aux Brésiliens de mieux connaître nos pays africains
21:42à travers la francophonie.
21:44Vive la francophonie pour qu'elle aille encore plus loin au Brésil.
21:48De nombreux étudiants de l'Alliance s'impliquent également dans l'événement
21:51en tenant les stands aux côtés des ambassades.
21:54C'est le cas de Guilherme, qui fait découvrir la Slovénie,
21:57un pays auquel il se sent lié par ses origines italiennes.
22:00C'est intéressant pour faire la promotion, la promotion pour que les autres gens puissent tenir une image positive des
22:09pays francophones.
22:10Le plus intéressant de la bazar de la francophonie, c'est la diversité.
22:14Il y a un pays de l'Afrique, de l'Amérique, de l'Europe.
22:17La diversité, c'est la francophonie.
22:20Ce temps fort de la francophonie à Brasilia, on le doit à une équipe très engagée à l'Alliance française.
22:26Pour Judith, la directrice, cet événement fédérateur est une évidence.
22:31L'Alliance française, c'est vraiment le lieu de la francophonie.
22:33Ce n'est pas le lieu d'un des pays francophones, mais le lieu de la francophonie.
22:37Donc c'est vraiment le lieu qui s'impose un peu à tout le monde.
22:39Aujourd'hui, on est dans la fête, on mange ensemble, c'est le partage aussi, rencontrer les personnes, discuter en
22:47français.
22:48Mais c'est avant tout un événement festif.
23:08Natalizia, on est dans un lieu très particulier pour toi.
23:11Oui, ici s'appelle le Praça des Orichas.
23:13C'est quoi les Orichas ?
23:14Les Orichas, ce sont les dillets de la religion noire ici au Brésil.
23:21Autour de nous, toutes ces statues représentent ces divinités de ta religion.
23:25Oui, ici c'est un lieu spécial parce qu'ici on peut faire des hommages sans spécifications,
23:32mais c'est un lieu pour l'Oisie, pour l'histoire, etc.
23:36Donc c'est un lieu où tu viens souvent ?
23:38Oui.
23:38On s'assoit là ?
23:39Oui.
23:39Au milieu de tes divinités ?
23:42Oui.
23:45Ton histoire, ce lien que tu as avec l'Afrique, avec tes ancêtres, tu es brésilienne.
23:50Mais si tu es une femme engagée, tout ça, en fait, constitue aussi ton engagement.
23:55Oui, c'est ça.
23:56Et le français, c'était vraiment, vraiment spécial et essentiel pour moi, pour mon histoire,
24:02parce que sans la langue, où je vais ?
24:04La maison des organisations unies, c'est ici à Brésilien, très, très proche de nous
24:09et j'avais le rêve de travailler avec les affaires internationales.
24:14Donc ça, c'est un type d'engagement, mais aussi dans la ville parce qu'on a plusieurs étudiants
24:19qui sont étrangers et les gens qui sont immigrants qui viennent ici, qui parlent français,
24:24qui sont noirs, qui sont d'Afrique.
24:26Donc on a la nécessité d'utiliser les français ici si on veut faire un bon accueil et la politique
24:33et l'éducation.
24:35Pour toi, c'est quoi la chose que tu veux transmettre le plus ?
24:39Je pense que c'est l'importance de l'éducation, mais pas ce côté, ah, l'éducation pour l'éducation,
24:46mais c'est l'éducation pour la vie.
24:48Tu peux sortir, tu peux rentrer de n'importe quelle porte avec l'éducation et avec une langue étrangère,
24:54n'importe laquelle, mais le français, j'aime bien.
24:57Et si tu avais un mot pour définir ton pays, le Brésil ?
25:00Mon pays, le Brésil, je pense que c'est la félicité.
25:05Félicité, félicidade.
25:07Yes, félicidade.
25:09Merci de m'avoir fait découvrir avec beaucoup de félicidade ta ville de Brasília.
25:13Merci Yvan, merci.
25:14Ciao.
25:15Ciao.
25:44Après Rio de Janeiro, la ville merveilleuse.
25:47Et après Brasília, cette capitale futuriste, centre de tous les pouvoirs politiques,
25:52j'avais envie de vous faire découvrir une francophonie brésilienne méconnue en terre amazonienne.
25:57Alors, bienvenue en Amazonie, bienvenue à Macapa, la capitale de l'Amapa,
26:02cette région tout au nord du Brésil, où le fleuve Amazon rencontre l'Équateur.
26:07Ce que beaucoup ignorent, c'est que l'Amapa est certainement la région la plus francophone du Brésil.
26:12Pourquoi ?
26:13Eh bien, tout simplement parce que l'Amapa possède une frontière commune avec la France,
26:19avec la Guyane française.
26:21730 kilomètres exactement.
26:23C'est d'ailleurs la frontière terrestre la plus longue que la France possède avec un pays dans le monde,
26:29et c'est donc le Brésil.
26:30Je vais vous faire découvrir une francophonie de proximité,
26:33une francophonie inattendue, étonnante et pourtant bien vivante.
26:38Et pour me faire visiter Macapa, j'ai rendez-vous avec une personnalité francophone
26:41que tout le monde connaît ici.
26:43C'est Ivan Etch, et elle m'attend tout près du fleuve Amazon.
26:47Alors c'est parti, notre voyage en francophonie à travers le Brésil continue.
27:06Ivan Etch !
27:07Bonjour Ivan, comment ça va ?
27:09Super !
27:11Bienvenue à l'Amapa, bienvenue à Macapa, la capitale de l'Amapa,
27:14cette ville brésilienne très accueillante qui t'accueille aujourd'hui.
27:19Et puis alors là tu m'accueilles devant...
27:21L'Amazon, c'est la première fois que je le vois de ma vie, tu sais,
27:24il est vraiment majestueux ce fleuve.
27:25Ah bon, tu vois, c'est beau.
27:27L'Amazon, c'est le plus grand fleuve du monde.
27:30Si nous sommes juste sur l'histoire.
27:33Et puis tu m'accueilles aussi devant une forteresse très impressionnante.
27:35C'est un monument qui a été construit pour protéger la ville des invasions des autres pays.
27:44Oui, parce qu'à la fin du 19e siècle, beaucoup de pays voulaient s'approprier cette région.
27:49Oui, oui, oui, je crois que tu as déjà entendu parler de la question du contestant.
27:57C'est donc un moment de l'Amapa où il y avait plusieurs pays, y compris la France,
28:05qui voulaient une partie qui est située sur Oyapog.
28:09Et donc cette dispute a été réglée sur un tribunal à Bernard, en Suisse.
28:16En Suisse à Berne. Alors ça, c'est une vraie histoire de francophonie.
28:19Oui, oui.
28:20Donc en fait, il y a 100 ans, l'Amapa a failli devenir française comme la Guyane.
28:25Oui, c'est ça.
28:26Tu sais, il y a même des Amapéens, les habitants d'ici,
28:30qui disent aujourd'hui encore qu'ils allaient préférer être français au lieu des Brésiliens, d'Amapéens.
28:38Est-ce que c'est ton cas ? Est-ce que tu aurais voulu être française ?
28:40Non, ce n'est pas mon cas. Moi, j'adore la France, mais j'aime ma ville, j'aime ma
28:47région, l'Amazonie, j'aime le Brésil.
28:49Je préfère être brésilienne.
28:51Tu me fais découvrir ta ville de Macapar ?
28:52D'accord, avec plaisir.
28:54Génial, on y va.
28:54Oui, on y va.
28:56C'est parti.
29:03Alors, ça y est, Ivanetsch, nous voici au milieu du monde.
29:06Oui, j'aime bien au milieu du monde.
29:09Alors là, Ivanetsch, je suis dans quel hémisphère ?
29:11Je suis dans l'hémisphère sud.
29:12Et toi, donc, au nord ?
29:14Moi, je suis au nord.
29:15Bonjour, madame du nord.
29:16Bonjour, monsieur du sud.
29:18Voilà, donc ça ici, c'est la marque zéro.
29:19Oui.
29:21On est un petit peu séparés par le milieu du monde.
29:23Oui.
29:24Et il y a un stade aussi, juste à côté.
29:27Oui, le stade qui s'appelle Zéron, à cause des marques zéro de l'équateur.
29:31Donc, dans ce stade, il y a les équipes qui jouent chacune d'un côté.
29:36Et après, à mi-temps, elles changent de place.
29:39Il y a l'équipe du nord et l'équipe du sud.
29:42C'est génial.
29:42Bon, allez, je vais passer au nord, tu passes au sud ?
29:44Oui, d'accord.
29:46Allez, madame.
29:48Hop.
29:49Tu m'emmènes où, maintenant ?
29:50Maintenant, je t'emmène voir mon école bilingue.
29:53On y va.
29:53On y va.
29:54Enfin, je vais voir ton école.
29:55Oui.
30:15Voilà mon école bilingue.
30:17Elle est magnifique.
30:17Avec les trois drapeaux.
30:18Oui, tous les trois drapeaux.
30:20Le drapeau de la France, du Brésil et puis le drapeau de la MAPA.
30:24Raaah, c'est trop bien.
30:26Et maintenant, je t'emmène voir la classe de profs du son.
30:29Les profs du français, ils attendent dans sa classe.
30:31Ah ben, je te suis.
30:34L'école bilingue de Macapá représente un élément clé de l'essor de l'enseignement du français dans l'état
30:39de la MAPA.
30:40Ce projet s'inscrit dans le cadre d'une initiative plus large lancée en 2024 grâce à un accord entre
30:45l'ambassade de France au Brésil et la MAPA.
30:47Cet accord vise à renforcer la présence de la langue française dans l'éducation, en particulier dans les écoles et
30:53les universités de la région.
30:55En effet, ce ne sont pas moins de 120 écoles qui proposent désormais des cours de français, touchant près de
31:0030 000 élèves, un chiffre en constante augmentation.
31:03Bonjour, je m'appelle Riana et j'habite à Oya-Pok.
31:07L'école bilingue de Macapá est un modèle de cette politique ambitieuse.
31:11Avec ses 1100 élèves, l'établissement offre non seulement deux heures de français par semaine, mais aussi des heures de
31:17mathématiques et de sciences enseignées en français.
31:20Un dispositif unique que les autorités locales souhaitent développer davantage dans une région du Brésil si proche de la France.
31:281, 2, 3.
31:30Bienvenue à Macapá.
31:32Ce que j'ai remarqué sur les portes, c'est qu'il n'y a que des noms de pays
31:35francophones.
31:35Oui, c'est parce qu'on veut faire découvrir la francophonie, y compris la francophonie de la France.
31:41Bon, voici la salle d'Edson.
31:43Salut Cameroun.
31:43C'est la salle du Cameroun.
31:45Bonjour les enfants.
31:46Bonjour.
31:48Bonjour Edson.
31:48Bonjour.
31:49Ça va ?
31:49Ça va bien, super.
31:50Est-ce que je peux assister à ton cours ?
31:52Ah oui.
31:52Bon.
31:53A tout à l'heure, Ivanach.
31:54A tout à l'heure.
31:54Je me mets au fond de la salle.
31:56Au revoir.
31:56A tout à l'heure.
31:57Salut.
31:59On va relier le drapeau au nom du pays.
32:03D'accord ?
32:04Toi.
32:05Toi ?
32:06Moi, j'ai choisi un autre, la France.
32:12Brésil, c'est correct ?
32:13Brésil !
32:15Ouais.
32:17Maroc.
32:18C'est correct, Maroc ?
32:20Oui.
32:21D'accord.
32:23Comment est correct ?
32:25Un autre.
32:26Qui sera le prochain ?
32:29Elle sonne ?
32:30Oui.
32:30Il est très vivant, ton cours.
32:32Il est super.
32:33J'adore.
32:33Super, bien.
32:34Félicitations, bravo.
32:35Qu'est-ce que tu as envie de transmettre à tes élèves ?
32:36C'est justement les connaissances, les bases du français.
32:39Parce qu'ils puissent découvrir la Guyane.
32:43Découvrir aussi qu'ils ont la possibilité de sortir d'ici.
32:48Parce qu'ils n'ont pas les moyens de voyager.
32:52Mais ici, ils peuvent voyager aussi.
32:54Ils peuvent découvrir d'autres cultures, d'autres pays qui parlent français.
32:58Et rêver.
33:00Réveur.
33:00Oui, parce qu'ici, on est en fait tout proche de la France, tout proche de la Guyane.
33:04On est si proche.
33:05On voit des gens de la Guyane qui viennent ici passer des vacances.
33:09On entend les français dans la ville.
33:12Il pourrait être intéressant d'être en immersion dans la langue.
33:18Merci beaucoup, Elson, de m'avoir accueilli dans ta classe.
33:21Tes cours sont super.
33:22Et tes élèves sont super aussi.
33:23Bravo, les hommes.
33:24Bravo.
33:25Bravo.
33:25Bravo.
33:26Bravo.
33:29Bravo.
33:37Alors, Ivanec, j'adore cet endroit.
33:39La musique, les gens qui se baignent.
33:41Oui, c'est la plage de Fazendina.
33:43C'est l'endroit pittoresque de la ville.
33:46C'est mon endroit préféré.
33:48Parce qu'ici, tu vois, on est sur l'Amazon.
33:51N'est-ce pas ?
33:52On peut bien s'amuser.
33:54On fait des rencontres avec les amis, etc.
33:56Bois de la caipi.
33:58Évidemment, la caipi arénia.
33:59Oui, oui.
34:00Je vois ton t-shirt.
34:02Journée de la francophonie.
34:03Oui.
34:04Pourquoi la francophonie ?
34:05Pourquoi la langue française sont si importantes dans ta vie ?
34:08Pour moi, la francophonie et la langue française, c'est une langue de partage.
34:13C'est ça, le travail qu'on fait avec tous les accords qu'on a avec notre voisine,
34:19la langue française, puis avec l'ambassade de France.
34:21On construit ensemble des savoirs et ces savoirs, on met à la disposition des autres personnes pour changer leur vie.
34:30Pourquoi aujourd'hui, c'est utile pour un jeune de l'Amapa d'apprendre le français ?
34:33Comme on a la frontière, ils peuvent partir, par exemple, pour faire ses études de master, de doctorat même, en
34:41Guyane française.
34:42Ça leur donne la possibilité de pouvoir partir pour étudier, pour travailler avec le français qu'ils ont appris ici
34:50avec nous.
34:51Alors, Ivanetsch, si tu avais un mot pour définir ta ville de Macapa, ce serait lequel ?
34:55Le mot, je crois que c'est Amazonie.
34:59Amazonie ?
35:00Oui.
35:00Oui, on est devant l'Amazone, aux portes de l'Amazonie.
35:04Voilà.
35:05Alors, tu sais, j'ai très envie d'aller voir comment ça se passe à la frontière entre le Brésil
35:09et la France.
35:10Où est-ce que tu me conseilles d'aller ?
35:12Moi, je te conseille d'aller voir le travail que les profs font dans les écoles de frontière.
35:17Près de l'Oiapoque ?
35:18Près de l'Oiapoque.
35:19Évidemment.
35:20Écoute, un grand merci de m'avoir fait découvrir ta ville de Macapa,
35:23et puis aussi ta passion pour la langue française.
35:25Avec plaisir.
35:26Merci.
35:26Merci à toi.
35:27Avec plaisir.
35:27Merci.
35:28Merci.
35:31Merci.
35:52Merci.
36:01Merci.
36:01Merci.
36:13Merci.
36:15Merci.
36:22Merci.
36:34Merci.
36:43Merci.
36:44Merci.
36:59Merci.
37:07Merci.
37:20Merci.
37:25Merci.
37:26Merci.
37:42Merci.
37:43Merci.
38:04Merci.
38:07Merci.
38:13Merci.
38:22Merci.
38:31Merci.
38:35Merci.
38:36Merci.
38:37Merci.
38:38Merci.
38:47Merci.
38:48Merci.
39:19Merci.
39:20Merci.
39:21Merci.
39:22Merci.
39:23Merci.
39:33Merci.
39:39Merci.
40:11Merci.
40:12Merci.
40:22Merci.
40:23Merci.
40:32Merci.
40:33Merci.
40:33Merci.
40:36Merci.
40:38Merci.
40:39Merci.
40:41Merci.
40:41Merci.
40:41Merci.
40:41Merci.
40:42Merci.
40:42Merci.
40:42Merci.
40:43Merci.
40:43Merci.
40:51Merci.
40:51Le défi, c'est amener nos élèves à la réussite.
41:10Alors, ça s'est bien passé, tes cours ?
41:11Oui, ça a été. C'était un peu fatigant en sport, mais...
41:14Ah, mais tu te débrouilles très bien en son longueur, ça j'ai vu.
41:17Merci.
41:18C'est là.
41:20Cadrena, qu'est-ce que tu aimes dans ton lycée, dans cette cité scolaire ?
41:25Je me sens à la maison ici.
41:27J'aime tout ce qu'il y a ici, toutes les opportunités.
41:30Le sport, la cantine, les profs, les années que j'ai ici.
41:35Ça me fait sentir à la maison.
41:38Tous les matins, tu prends la pirogue, tu passes du côté brésilien au côté français.
41:44Qu'est-ce que tu ressens, qu'est-ce que ça t'apporte dans ta vie ?
41:47Je me sens chanceuse de savoir la diversité, en fait.
41:52Genre, si je vais en France, la personne me demande comment tu vas à l'école.
41:56Les gens, elles sont habituées à aller en vélo, en voiture.
41:58Moi, je vais en pirogue.
42:00C'est une aventure que je vis tous les jours et que je suis vraiment ravie de la vivre.
42:05Tu as deux identités.
42:06Tu as une identité brésilienne, puis une identité française.
42:10C'est une richesse pour toi ?
42:11Oui, c'est une richesse pour moi.
42:14Pouvoir vivre les deux cultures comme si elles étaient une seule, alors qu'elles sont très différentes, malgré ça.
42:20Et pour moi, c'est vraiment une chance, c'est une richesse.
42:22Qu'est-ce que tu as envie de faire après ton lycée ?
42:24J'aimerais devenir médecin, continuer à la médecine pour pouvoir...
42:29Mais ce n'est pas pour moi, en fait.
42:31C'est pour les personnes, c'est pour les gens pour pouvoir aider.
42:34Et principalement, la communauté de Saint-Georges.
42:36Par exemple, dans les petites villes, dans les petites communautés.
42:38Et j'aimerais vraiment aider à sauver des vies.
42:42Bravo, et puis je te souhaite une très belle continuation dans tes études.
42:44Merci.
42:45Et bienvenue en Guyane.
42:45Merci.
42:46On est pas mal en Guyane.
42:49Je ne pouvais pas quitter l'Amazonie sans partir à la découverte de ce fleuve frontière, l'Oyapoque.
42:56Pour cela, je vais retrouver Génival, le tout premier professeur de français de la ville.
43:01Aujourd'hui, ce Brésilien d'origine amérindienne partage avec les touristes les merveilles du fleuve et de la forêt,
43:08entretenant un lien intime et profond avec son environnement.
43:11C'est bien sûr sur les rues de l'Oyapoque qu'il m'a donné rendez-vous.
43:17Eh ! Eh, salut Génival !
43:21Salut Yvon !
43:22Comment vas-tu ?
43:23Je suis très heureux de te rencontrer.
43:25Pareillement.
43:26Là, on est chez toi, on est sur le fleuve Oyapoque.
43:28Voilà, ici c'est le fleuve Oyapoque, comme la ville qui s'appelle Oyapoque aussi.
43:32Et en face de nous, là, c'est la France.
43:33En face, c'est la France.
43:34Cette partie-là, c'est une île qui appartient à Madame Modestine.
43:38C'est une île qui a à peu près 200 hectares.
43:40Et de l'autre côté, c'est le continent français.
43:42Et ici, on est sur un village de pêcheurs.
43:44Ici, voilà. En fait, toute cette rive-là, c'est des pêcheurs qui sont là,
43:48des piroguiers qui font des allers-retours à Saint-Georges.
43:51Mais avant, c'était les orpailleurs qui faisaient tourner la ville.
43:55Oui, les chercheurs d'or.
43:56Les chercheurs d'or.
43:57Donc aujourd'hui, on n'a quasiment plus.
43:59Ici, on peut dire qu'on n'a plus.
44:00Parce que depuis les années 80, la France et le Brésil,
44:03ils vont travailler de manière intense ensemble.
44:05Donc ces orpailleurs, ils sortent d'ici.
44:08Et ce qui fait aujourd'hui tourner la ville,
44:10c'est la pêche et le commerce en fonction de la République
44:12et de plus en plus le tourisme.
44:14Et ça, c'est ton activité.
44:15Voilà. Je t'évite à venir connaître mon bureau.
44:17Ton bureau ? Elle est pas mal, ton bureau.
44:20Allez, moi j'aime bien les noms de ton bureau.
44:21Viens à bord de la pirogue L'œil de Lynx.
44:23L'œil de Lynx.
44:24Celui qui voit tout et très loin.
44:26Tu vois.
44:40Ce fleuve, il fait partie intégrante de la frontière.
44:43En fait, pour nous, ici, qui habitons dans cette frontière,
44:46surtout nous, Amérindiens,
44:47on dit qu'il n'y a pas de frontière.
44:50C'est le fleuve.
44:51Il était toujours là.
44:52Et puis nous, on était là aussi, tu vois.
44:54Bon, mais après, il y a les lois qu'il faut respecter.
44:57Côté français, côté brésilien.
44:59Donc on comprend.
45:00C'est aussi un fleuve qui n'est pas habité
45:03que par des Brésiliens et des Français.
45:04Ah non, non, non.
45:05Il y a les Bimaruones, les Kaliniens,
45:08les Palicoux et les Caripounos.
45:10Alors les Caripounos, ils sont un peu à part
45:12puisque c'est eux qui vont créer une langue à eux
45:15dans cette frontière qui s'appelle le Keul.
45:19Donc on peut prononcer aussi Keul.
45:21Donc ici, on parle français, portugais.
45:24Créole et Keul.
45:25D'accord.
45:26Donc en fait, c'est très mélangé, en fait.
45:28C'est un gros mélange dans cette frontière.
45:30Il y a des Blancs, des Noirs, des Amérindiens.
45:32C'est un gros mélange.
45:39Tu fais quoi, là ?
45:40J'appelle les Toucans, là, pour toi.
45:42On va appeler les Payopayou, aussi.
45:47Payopayou !
45:48Il va nous répondre.
45:55Ah, il t'en a conduit !
45:56T'as vu ça ?
45:57Excellent.
46:06Et là, t'as l'oiseau juste là, regarde.
46:07Ah, il est là.
46:08Tu le vois, là ?
46:09Oui, je le vois.
46:11Petit, mais il chante fort.
46:12Ça, on voit.
46:13Tu connais la différence entre nous ?
46:17C'est que toi, ça se voit que tu es quelqu'un de la forêt et moi de la ville,
46:21parce que toi, t'es à pieds nus.
46:24C'est ça, la sacrée différence.
46:26Et tu m'impressionnes.
46:29On n'avait pas de chaussures, quand on nous... avant.
46:32T'étais petit, tu marchais comme ça dans l'Amazonie.
46:35Sinon, on se faisait des chaussures avec ces feuilles-là, tu vois.
46:40Avec des feuilles comme ça, on se préparait des chaussures.
46:43Mais en fait, tu connais chaque élément de la forêt.
46:46Enfin, c'est ton univers, ici.
46:47Voilà, c'est comme je t'avais dit.
46:49Ici, c'est un peu mon bureau, quoi.
46:50C'est ton bureau.
46:52Je suis ?
46:53Oui.
46:57Hostile !
46:59Il est gigantesque, cet arbre.
47:18Quelle beauté, ce fleuve.
47:20Merci de m'avoir fait découvrir ton univers.
47:24Ici, c'est mon bureau.
47:25C'est ton bureau.
47:26Je trouve qu'il a de très belles vues, ton bureau.
47:29J'aimerais bien venir tous les jours travailler ici.
47:32Quand on est dans ce fleuve comme ça, dans la forêt amazonienne,
47:34qu'est-ce que ça représente pour toi ?
47:36C'est ici que j'amène les gens pour être heureux.
47:39Il y a des gens qui arrivent.
47:40C'est incroyable.
47:41Les gens, ils sont tous comme ça.
47:43Et quand ils repartent, ils ont le sourire à l'oreille.
47:46Tu vois, ça...
47:47Et ils découvrent tout ça, cette beauté qu'il y a dans cette frontière.
47:52Là, c'est la Guyane.
47:53Là, c'est le Brésil.
47:54Et donc, cette beauté que nous avons ici, c'est incroyable.
47:59Donc, c'est quelque chose vraiment de magique.
48:03Toi, tu as été le premier professeur de français au Yapon.
48:05Qu'est-ce que cette langue française t'apporte dans ta vie ici ?
48:09Pour nous, ici, c'est une langue qui va au-delà des frontières.
48:15Tu vois ?
48:15Tu passes d'un côté à l'autre sans problème.
48:18Et la communication, voilà.
48:20Regarde, tu vois là ?
48:22Alors, Génival, si tu avais un mot pour définir tout ce qu'on a devant nous, ce fleuve, cette forêt
48:27amazonienne, ce serait lequel ?
48:29Il ne faut pas aller, il ne faut pas chercher trop loin.
48:30Quand tu regardes qui ça, et quand tu vois la force qu'il y a ça devant l'être humain,
48:37tu ne peux pas définir autrement.
48:39C'est Dieu.
48:41Merci beaucoup, Génival, de m'avoir fait découvrir les beautés divines de ton fleuve et de ta forêt amazonienne.
48:46Merci à toi.
48:47Et voilà, notre voyage en francophonie à travers le Brésil s'arrête ici.
48:52Et vous l'avez vu, de Rio de Janeiro à Brasilia jusqu'ici à la frontière guyanaise.
48:57La francophonie brésilienne est diverse et variée.
49:00Et les Brésiliens ont surtout la langue française chevillée au cœur.
49:05Alors, nous, on se retrouve très prochainement, bien sûr, sur TV5Monde pour une nouvelle destination.
49:08D'ici là, portez-vous bien, où que vous soyez sur la planète francophone.
49:12Comment on dit au revoir ici chez toi ?
49:15À tes brevies.
49:16À tes brevies.
49:17À tes brevies.
49:19Tchao.
49:33Il va nous répondre.
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